« surrounded and sprinkled on all sides by stars »

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MessageSujet: « surrounded and sprinkled on all sides by stars »    Ven 20 Jan - 23:30

on pourrait passer des heures là, à regarder les gens passer par la vitre embuée. c'est jamais bien grand un starbucks, enfin si - peut-être, certains. pas celui-là. le nez sur la rue, comme s'il en faisait partie. mais il y fait bon, et c'est cozy. et ça vit pourtant, comme une partie de ce dehors qui n'arrête jamais. tout semble en ébullition, là, et pourtant c'est comme une pause. au chaud. et une odeur de café qui prend le cœur et le corps. il passe trop de temps là. en coup de vent, le matin, avant ses répétitions. un rêve éveillé. il a besoin de se réveiller. de se rendre compte, a chaque pas que c'est vrai. pas parfait, mais un rêve quand même. quelque chose qu'il avait oublié, qu'on a dépoussiéré. des aspirations qu'on a pu lui rendre, aussi simplement que cela. peut-être donc, quelque chose qu'il a pu mériter. et ses doigts brûlent souvent contre le carton des tasses, comme pour les sentir de nouveau. dans le coin à gauche, le mardi, entre quatorze et quinze heures, et des rires qui résonnent, souvent. et parler pour ne rien dire, car ils savent tout l'un de l'autre déjà, ne se quittent pas. pourtant, il a toujours ces temps là, ils en ont besoin l'un comme l'autre, rudy et lui. un moment pour respirer et lâcher ce qui est incroyable. ne plus parler qu'allemand, juste un moment. être conforté dans l'idée que quoi qu'il en soit, sa place est là.
et un jour comme celui-là, une fois par mois, officiellement. vraiment - plus souvent. une pile de livres, tout juste empruntés sur un coin de table trop étroite. le café est bondé, peut-être à cause de la pluie, peut-être à cause du froid, peut-être à cause de tout. enfoncé dans un fauteuil vert, vestes, écharpes et gants posées en face, ils sont coincés à deux là. il aurait pu s'asseoir un peu plus loin - markus, son soleil, son idéal, pierre précieuse - mais il a bien passé une heure derrière ses albums, dans ses bras. c'est que c'est plus confortable, peut-être. il ne s'en plaindra pas. jamais, vraiment. il n'oserait pas, quand il le fait sourire autant. a cinq ans ( et demi ), et il est toute la chaleur dans un appartement juste à leur taille, un peu serré. l'espoir aussi - de laisser quelque chose derrière lui. quelque chose de bien. une famille. et il remet ses lunettes en place, sans faire attention à la porte qui s'ouvre. encore. juste une seconde, au courant d'air, à fermer le gilet de ce gosse, ce gamin, son gamin. toutes ces choses qu'il n'oublie jamais, qu'il n'a besoin de personne pour faire. il n'a besoin de personne pour tout lui donner déjà. pour, plutôt que de rentrer, ce qui était prévu, céder, encore, et ouvrir une autre histoire, laisser courir ses doigts sur les images, et les mots couler, comme la pluie tombe contre les carreaux. et bien qu'il sache lire presque, ce bout d'homme, intelligent, vraiment, et avec ce même amour des mots qu'il avait déjà à son âge arthur, il lui lira toujours ces histoires. comme il sera là après chaque cauchemar. et il respire ses mots, leurs mots. il ne remarquerait même pas la silhouette la plus familière qui soit si elle s'approchait, enfermé dans sa bulle. la leur, un peu. celle de ce fils qui est son soleil et toutes ses constellations.


Dernière édition par Arthur Hennings le Sam 25 Mar - 18:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « surrounded and sprinkled on all sides by stars »    Mer 8 Mar - 12:48

Il fait froid, le genre de temps de l'hiver profond que Nathaniel adore. L'humidité londonienne ne le répugne pas comme elle répugne d'autres gens. La pluie qui s'abat en trombe sur les toits de la capitale l'enchante par la musique qu'elle dispense et même s'il est gelé et partiellement trempé, l'eau pénétrant la couche faiblarde de son manteau en laine, il se sent bien. Mieux que quand la chaleur se fait écrasante et oppressante, réveille la pollution environnante pour donner mal à la tête et au cœur. Il prend un cours, aujourd'hui. Un cours de reprise, un autre. Il ignore combien de temps va durer la reprise - il s'en fiche, l'important, c'est son principe. Il ne peut s'empêcher de regarder comme pour la défigurer cette main qui fait à nouveau partie de lui et qui lui était étrangère par son insubordination. Il va rejouer, il rejoue - c'est presque l'essentiel, presque tout ce qui compte. Un soupir et le voilà qui s'engouffre dans un Starbucks pour s'offrir le luxe plaisant d'un café trop chaud et trop fort qui fera disparaître le léger mal de tête qui, même lui, ne parvient pas à ternir son humeur.

Il commande quand son attention est alpaguée par une voix familière qui conte - une voix lointaine qu'il reconnaîtrait pourtant parmi mille. C'est Arthur qui se tient là, avec… un enfant. L'esprit embrumé du pianiste ne fait pas tout de suite le lien, sans doute parce qu'il a renoncé voilà longtemps à ses prétentions familiales et à ses idéaux sentimentaux. Il hésite, puis se trouve ridicule d'hésiter alors il s'avance, presque timide, lui l'artiste qui aimait tant se confronter à un public conséquent. « Bonjour Arthur », il lance, tentant de se remémorer de la dernière fois, du dernier éclat de voix, de la dernière tentative désespérée et désespérante.

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MessageSujet: Re: « surrounded and sprinkled on all sides by stars »    Mer 8 Mar - 13:21

il est des voix qui ne pourront jamais le faire sursauter. en voilà une, toujours la même. perdue, pourtant trop familière. il est de ces voix comme un feu de cheminées, qui tiennent en elles un confort, comme quelque vieille réminiscence. il en reconnaîtrait chaque son, et avant même de lever la tête, une image est là, derrière ses paupières, projections vieille de quelques années. il n'a pas beaucoup vieilli pourtant. et arthur, en levant les yeux, ne peut retenir un sourire. la surprise est là, impossible à ignorer, mais loin des éclairs qui semblent appartenir à une autre vie - il semblerait presque que les vagues se sont calmées après la tempête. loin de tout cela, il se redresse dans son fauteuil.

« nate ? » et la pluie tape toujours contre les carreaux, mais quand quelques sons lui échappent, le temps semble se figer presque. mauvais vieux film, stéréotype usée, et une impression étrange. pourtant il sourit. sans rien appeler un cadeau du ciel, sans rien à négocier. comme une éclaircie. et pourtant, comme quelque chose d'impossible à arrêter, d'impossible à contrôler, ses mains tremblent un peu quand l'album se ferme. et comme au réveil, il secoue la tête, un vague rire à l'esprit, un vague rire aux lèvres. « c'est... » pas les mots, pas d'adjectif. unexpected. inattendu et imprévu, et pas imaginé. il y a pensé quelques fois, à le revoir. à ce qui se passerait. il ne l'aurait pas imaginé comme ça, peut-être. pas dans un monde qui semble aussi calme. aucune animosité dans sa voix. juste cette surprise, juste un peu. il est trop bon à rester sur une note, sur une vague neutralité. « ça fait longtemps. » et il aurait tant de mots, tant de nouvelles à lui jeter, comme si une partie de son cœur, partie en poussières, soit repartie, d'un coup de clé. mauvaise idée.

et on tire sur sa manche, ou un visage semble s'enfoncer, sans un mot. et son attention retombe, une seconde, sur markus. un baiser posé sur sa tempe. plus de bague à son doigt. il a fait son chemin, depuis le temps.
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MessageSujet: Re: « surrounded and sprinkled on all sides by stars »    Mer 8 Mar - 19:01

La surprise l'empêche de voir les signes du changement, qui pourtant sont là, nets devant lui. Il n'a que légèrement vieilli et pourtant les années sont passées sans les épargner, ni l'un, ni l'autre. Plus de bague à son doigt, alors qu'elle y était restée plus longtemps que de raison déjà, sans doute. Plus d'air triste et marqué quand il referme l'album qu'il tient entre ses mains et que Nathaniel tente de reconnaître. « Longtemps, oui. » Pourquoi a-t-il cessé de donner des nouvelles ? Sans doute la douleur était elle trop forte. Il avait besoin, l'égoïste, l'égocentrique artiste, de quelques années de retrait pour faire son deuil, pour haïr le monde entier en paix, pour avoir peur des gens sans même faire semblant. Elle était là, toute trouvée, l'excuse pour se retrancher entre quatre murs et ne plus jamais en sortir, et il l'a saisie comme il le pouvait pour ignorer les gens, les autres, la douleur et le reste. Il ne le regrette pas vraiment ; à s'haïr lui-même, à détester les gens, il aurait fini par détester Arthur, aussi. D'être entier, physiquement en tout cas. D'être l'objet de son désir, ce désir meurtrier l'ayant mené à sa perte finalement.

Alors il ne regrette pas. Ca ne veut pas dire que l'apercevoir ici aujourd'hui est aisé ou ne lui fait rien. Des années de travail, d'opérations et de thérapies lourdes, de médicaments et de dépression, et le revoilà sans rancœur, avec une profonde nostalgie, sans doute. Il n'aime plus ; il enchaine, s'en contente. C'est le seul luxe qu'il peut s'offrir. Frileux, effrayé. « Est-ce que c'est... » il ose à peine demander. Qu'est-ce que cela changerait ? Il ne s'attend pas à ce qu'Arthur ait renoncé à vivre sa vie depuis leur séparation. « Est-ce que tu vas bien ? » choisit-il de demander plutôt.

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MessageSujet: Re: « surrounded and sprinkled on all sides by stars »    Mer 8 Mar - 19:46

Il ne sait pas vraiment quoi faire, assis là. Trop morne, peut-être, trop froid. Mais c'est ce qu'il est, toujours cette façade d'homme réfléchi. Du genre qui ne fond que rarement, même s'il l'a déjà vu fondu. Il ne sait pas s'il serait approprié de se lever, de lui serrer la main, de le prendre dans ses bras. Pourtant, il n'y a pas si longtemps, tout était plus simple. Rien n'était si pensé. Ç'aurait été ses bras, ç'aurait été ses lèvres, et un sourire. Et des murmures, et une douceur, quelque chose à eux, quelque chose d'intime, dans chaque geste. Mais il a bien fallu oublier ces idées-là, il a bien fallu l'oublier lui, pour se reconstruire, au moins un peu. Car il y a tout eux, après la violence. Quelque chose de désesperé, des peurs, des pleurs, des cris, et puis, parti. Un temps. Revenu. Le temps d'excuses. Le temps de rien. Et puis plus rien. Et sur un champ de ruines il a fallu tout reconstruire. Recoller ensemble d'autres rêves qu'il croyait brisés pour redevenir quelque chose, si ce n'est quelqu'un. Et c'est comme si tout lui revenait en un moment, un seul. Une seconde pour que tout repasse dans son esprit.

« Markus. Mon fils. » réponse nette a une question avortée. Père. Un titre qu'il a dû gagner, et quelques démons contre lesquels il a dû se battre aussi. Pas seulement les siens, ceux d'un gamin aussi. Il se redresse juste assez pour faire de la place, en face, poussant les vestes sur un accoudoir. Plus de rancoeur. Juste un coeur encore morcelé, et du temps à rattraper. Une main dans ses cheveux, et il se revoit face au miroir. Sûr qu'il a plus de cheveux blancs qu'avant. Sûr que le temps passe. Mais cette pensée il ne la laisse même pas venir à lui. Si Nathaniel n'a rien perdu de sa superbe, il ne lui est jamais arrivé à la cheville quant à quelque apparence que ce soit. Ça n'a jamais été son rôle. L'ombre, toujours. Encore maintenant. Et tout ça est chassé aussi vite que c'est arrivé, consciencieusement. Il n'y reviendront pas à tout ça, même s'il se plairait à l'imaginer. Il acquiesve. Comme on fait aller. Comme des mots qu'on ne dit pas. Une vérité qu'il se refuse à admettre. Qu'il n'est pas pleinement satisfait, mais qu'il se satisfait de compromis. Sauf pour une chose, au creux de ses bras, toujours. Lui n'aura jamais de compromis à faire. Comme Rudy n'en a pas eu besoin. Comme Nate non plus, dans sa carrière. « Et toi ? Du nouveau ces temps-ci ? Enfin... 'ces temps-ci'... Depuis la dernière fois. » Il pourrait rire presque. Mais il se souvient de la dernière fois. De ses propres larmes. Au moins, sa main va mieux. Au moins un peu. Aisé à voir quand il ne semble plus la cacher, pas activement. Et il en a trop dans la gorge qu'il ne saurait pas dire. Et l'eau a beau avoir coulé sous les ponts, il se passe rarement un jour sans qu'il ne lui manque. Quelque chose d'autre à garder pour lui, à oublier d'admettre.
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MessageSujet: Re: « surrounded and sprinkled on all sides by stars »    Sam 11 Mar - 20:51

Son fils. La réponse trouve son écho à l’intérieur de l’esprit de Nate qui se tient là, droit comme un i, son café trop chaud dans sa main tremblante, et cette fois ce n’est plus le poids de la chirurgie ou du handicap qui occasionne cette vibration involontaire, c’est bien le poids de la surprise, de l’étonnement. Il penche un peu la tête et dévisage le petit garçon sans rien dire, d’abord, ne sachant trop que faire de cette information. Il avait acté, à l’intérieur de son crâne, qu’Arthur aurait sans doute refait sa vie, trouvé l’amour et tout le reste – mais il doit bien admettre que ça… Il ne s’y attendait pas. Il serait bien mal placé pour protester cela dit, alors il se contente d’un sourire, une fois qu’il s’est repris, posé là sans autre forme de procès. « Bonjour Markus. Je suis ravi de te rencontrer », il lâche en hochant la tête. Est-ce qu’ils auraient fini par avoir un enfant ensemble si la vie n’avait pas décidé d’être aussi injuste avec eux ? Peut-être. Pourtant, Nate ne peut s’imaginer être père. Il n’y arrive pas, sans doute parce que c’est trop abstrait pour lui, maintenant qu’il est loin de ces souvenirs là.

« Rien de particulier – et tellement de choses, en même temps. J’ai subi des tonnes d’opérations et des années de rééducation mais… » il explique, un peu ému, un peu anxieux, aussi, de savoir si les efforts paieront à terme aussi. « Je peux rejouer, apparemment – en tout cas je vais m’y tenter », il ajoute. Il avale une gorgée de café, n’osant s’asseoir pour ne pas s’imposer ou déranger. La conversation n’est pas très naturelle – elle ne l’est jamais, avec lui. « Et toi... vous ? J'savais pas. Félicitations. Tu t'es marié ? »

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MessageSujet: Re: « surrounded and sprinkled on all sides by stars »    Sam 11 Mar - 22:26

ce doit être un bien étrange tableau qu'on peut observer par delà la vitrine. des mots qui se perdraient presque, comme si les années tombaient d'un coup, couperet las, ralenti. le coup d'un ciseau au cou d'un ruban orné du mot fin. car rien n'est jamais fini, car on ne coupe pas des sentiments en les transformant ainsi en ornements de vieux souvenirs. l'amour n'est juste pas une guirlande à sapin, on n'éteint pas un cœur qui bat aussi facilement que quelques ampoules une fois la saison des fêtes terminée. mais il n'en dirait rien arthur, et il y en a bien un autre qui ne pipe mot, même quand on l'interpelle. un vague sourire, et il ne sert son fils qu'un peu plus fort, le laissant éviter tous les regards du monde. « il est... timide. » plus méfiant que timide, au fond. un peu des deux. à toujours chercher à se rendre invisible. ça lui à pris un temps, déjà, avant de parler, même avec lui, de s'habituer à quelque nouvelle vie. une logique. plus saine.

il savait au fond, pour les opérations. pas chaque détail. mais quelques-uns, glanés, ça et là, par quelques connaissances communes. par une mère qui appelle de moins en moins, mais qui a continué, un temps. comme si ça pouvait arranger quoi que ce soit. « enfin - assieds-toi. » parce que c'est plus simple. parce que c'est plus naturel. parce qu'il ne voudrait pas que ce moment ne soit rien de plus qu'une vague apparition, et que tout disparaisse aussi vite que le hasard qui les a mené là. « c'est bien. que tu puisses jouer-pas les opérations. logiquement. ca a dû... » il se demande un instant pourquoi il n'a pas pris l'option shot dans son café. elle aurait été appréciable. dégoûtante, mais appréciable. c'est que ce sentiment d'étrangeté, face à quelqu'un qu'il connait. qu'il connaissait - si parfaitement, c'est pire que n'importe quelle gueule de bois. et il a laissé celles-là derrière lui, il y a longtemps déjà. il se perds dans ses mots, un peu. il voudrait s'excuser, encore, de ne pas avoir eu la force de rester. mais ça ne mènerait à rien maintenant. « je viendrais. quand tu rejoueras. » comme une certitude. comme une vieille promesse. et il compte bien la tenir. au moins comme un point final. le début d'une nouvelle phrase.

un vague rire s'échappe de ses lèvres alors qu'il lève sa main, juste assez. « j'en ai l'air? non-je... il n'y a personne d'autre. » peut-être qu'il ne mérite pas quelqu'un d'autre. il ne le méritait déjà pas lui. ne le mérite toujours pas. ou peut-être qu'il n'est juste pas fait pour tout ça. les gens. l'amour. et le ton se fait plus bas, plus las. comme un non-dit qui s'échappe. « ni avant, ni après. » pas une promesse. juste une constatation malheureuse.
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MessageSujet: Re: « surrounded and sprinkled on all sides by stars »    Ven 24 Mar - 17:00

Ca lui fait drôle, de le voir là avec un enfant. Un peu comme s'il s'était imaginé que la vie d'Arthur s'était mise entre parenthèses depuis son départ. Ca parait irréel, tout ce bonheur gaspillé à être seul. Le rejet n'est pas un traitement de faveur que Nate a réservé à Arthur seul. Il a aussi rejeté sa mère, son frère, son père et peu à peu, tous ses amis. Il ne pouvait en être autrement, il n'arrivait pas à se comporter normalement, à composer avec le nouvel homme qu'ils auraient eu envie de le pousser à devenir en relativisant. Finalement, le solitaire s'est battu pour s'en sortir. Pour jouer à nouveau. Et si le rêve se brise demain, si finalement les notes sont inaccessibles ou les morceaux trop rapides pour sa main, alors tant pis, il aura fait le maximum. Mais au moins, il n'aura brisé personne en forçant qui que ce soit à le suivre dans sa quête vers la guérison. Arthur voulait une famille, un enfant, et lui, il aurait été incapable de lui donner tout ça. Egoïstement rongé par la haine et le désespoir, par ses problèmes et ses rêves un peu fous.

« Il est mignon », il souligne quand même, sourire un peu timide accroché aux lèvres, lui aussi. Il est un peu impressionné, en réalité. « Je vous enverrai des places. Si tu veux », il précise d'un haussement d'épaules, se décidant finalement à prendre place sur le fauteuil en face de celui d'Arthur, son café toujours à la main - qui ne tremble plus sous l'effort et le laisse plutôt tranquille. « Ca existe, ça ? Avoir l'air marié ? » il demande, un sourire aux lèvres. Et il ajoute, juste à titre d'information, parce qu'il le faut - parce que ça vient naturellement : « Moi non plus ». En même temps - qui aurait-il pu décider d'épouser ? Aucun homme n'a autant d'importance pour lui qu'Arthur.

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MessageSujet: Re: « surrounded and sprinkled on all sides by stars »    Ven 24 Mar - 17:54

il est resté seul un temps. s'y est enfermé. à tenter de se fermer, de suivre des méthodes stupides, celles qui lui avaient été imposées, avant de se laisser penser. c'était simplement impossible d'avancer. impossible de fermer la porte en entier. il avait déjà assez perdu, alors il s'est raccroché à ce qu'il avait, ce qu'il connaissait. à quelques vieux rêves aussi. une famille et un moment pour tout laisser tomber. c'est là-dessus qu'il est retombé. c'est que malgré le doute, et les larmes, il ne sait pas survivre sans avoir quelqu'un à pousser plus loin. c'est comme ça qu'il s'est construit, en s'oubliant. et peut-être que ces années sans personne, vraiment, avec rudy déjà au sommet, avec rien d'autre que ses rêves à lui au fond du miroir, aussi brisés qu'ils puissent être, il s'est retrouvé, au moins un peu. juste assez pour se prétendre parfaitement heureux, comme s'il n'avait jamais fait de compromis. mais cette existence même - sans lui en est un. il ne le dirait pas. ne le dira pas. il réussit à être heureux, si on oublie les moments de mélancolie. et il a un gamin à reconstruire sur qui se concentrer.

et il fait de son mieux pour sourire. comme si tout était parfaitement normal. une journée comme les autres. une rencontre quelconque. n'importe qui. mais n'importe qui n'a pas brisé son cœur avec trop de promesses. n'importe qui n'est pas le reflet de ses regrets. de sa solitude, aussi, dans un monde ou tout semble aller par deux. de ses moments d'euphorie ou il savait s'oublier, aussi. ou il était lui, sans conséquences, sans concession. mais c'est du passé. maintenant, comme avant, comme souvent, il pense. il pense trop. pas un mot plus haut que l'autre, jamais, et même les rires sont calculés. comme s'il avait oublié ces moments de liberté ou il se sentait seulement accepté. il y en a encore des moments comme ça, mais il les compteraient sur les doigts d'une main. mais c'est comme ça. et peut-être qu'il pensait déjà trop, avant, que sa mémoire brouillée ne lui renvoie que quelque chose de plus beau, car quelque chose de perdu. il a toujours été trop prompt à la mélancolie. c'est naturel, chez lui.

et il sourit. comme un gamin avec sa meilleure note dans les mains. fier. fier de lui. car il ne pourrait pas s'en empêcher, d'être fier de lui. de ce qu'il a accompli. ses doigts se perdent dans des cheveux un peu trop longs, et sa chemise sera probablement bientôt tâchée de chocolat, à voir son fils s'y cacher comme ça. il n'y prête pas vraiment attention. un tissu, quel qu'il soit, se lave, se reprends. pas des souvenirs. certains lui laisseront toujours ce gout de bile dans la bouche, qu'il ignore pour continuer. « j'en serais ravi. vraiment. tu sais ou tu voudrais jouer ? » vieilles questions trop spécifiques. vieux réflexes. il ne sera rien d'autre qu'un spectateur cette fois. peut-être qu'il n'a même plus le droit d'être fier de lui. de cet homme trop fort. de cet homme qu'il aime un peu trop, toujours. dont le souvenir lui brouille la cervelle parfois. « pas que je puisse t'aider à trouver une salle, ces jours-ci. enfin, si. si le besoin se présente j'ai toujours-je connais toujours des gens. » parce qu'il n'est plus son agent. plus l'agent de personne. maintenant c'est lui qui passe avant. son rêve à lui. chose trop étrange, il le sait. mais il ne pense plus quand il joue. ne pense à rien d'autre qu'aux notes. il ne s'en plaindra pas. jamais. c'est une chance. et il ne retournera pas en arrière. mais s'il peut aider, il le fera toujours. les yeux se baissent, un sourire toujours là, intact, dessiné nettement. plus nettement que des joues d'adolescent rougissant. « c'est peut-être trop tôt, désolé » il prend son temps quand il faut prendre ses décisions. prends son temps avec lui-même. s'oublie. car il en pousse d'autres trop haut. trop vite. peut-être est-ce là son vice.

il en rirait presque, de cette remarque presque anodine, presque stupide. il en rit à peine, à sa façon, sans grand bruit, le regard presque ailleurs, une seconde. « bonne question. c'est à toi que je pourrais le demander. qu'est-ce qui t'as fait demander ça? » il ne veut pas se laisser espérer. pas se dire qu'il y pense encore. qu'il regrette. qu'il l'aurait voulu. il ne peut pas se laisser espérer. se laisser retomber. se laisser regretter. encore. et cet air rieur s'évapore. il aurait juste voulu le voir heureux. complètement. même avec un autre. qu'il ait tout. mais il n'aurait pu tout ravoir, pu tout récupérer. au moins, il fait son chemin. à sa façon. mais il se refuse à se réjouir de le voir seul. comme il se refuse à espérer. il ne s'excusera pas non plus. c'est un sentiment étrange que ce pincement au cœur, qui lui enlève quand même un poids. « et ta famille ? vous êtes en contact ? » il pense à la sienne. à l'orage qui gronde, à ce qu'ils espèrent bénin. il pense aux appels de sa mère, à nathaniel. et s'il a coupé le fil avec eux, s'il a voulu aussi se couper d'eux. il ne peut pas être resté seul, pas comme ça. si. il aurait pu. tout ça l'a brisé après tout. il voulait se reconstruire. seul. c'est bien pour ça qu'ils se sont perdus. alors pourquoi les aurait-il gardé eux? il espère pourtant. car se relever sans appuis n'est que trop compliqué. mais il l'aura fait quand même. il pourrait tout faire cet homme, s'il s'y décidait. il l'a toujours su - toujours dit.

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AS FRIGHTENED AS YOU  •  Somebody hold me too close. Somebody hurt me too deep. Somebody sit in my chair, and ruin my sleep, and make me aware of being alive.
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MessageSujet: Re: « surrounded and sprinkled on all sides by stars »    Mer 29 Mar - 19:12

C’est bizarre, cette distance. Bizarre et normal à la fois, on ne peut pas attendre d’eux qu’ils se comportent comme autrefois, plus maintenant. C’est de sa faute, tout ce gaspillage au fond. C’est lui qui s’est fermé comme une huître, lui qui a pensé qu’il ne s’en remettrait jamais. Ils auraient pu être heureux ensemble, c’était de l’amour qui les unissait, un vrai amour, grand. Mais il a tout fichu en l’air et il ne peut pas vraiment attendre quoi que ce soit aujourd’hui, il n’attend rien, d’ailleurs. Il est content de le voir, ça lui fait chaud au cœur. « Je ne veux pas te demander ça, Arthur. Je vais me débrouiller. Prendre quelqu’un », il ajoute d’un haussement d’épaule. Il ne prétend pas ça pour le faire mousser ou pour faire mine de le complimenter ; il n’a réellement pas envie de demander un tel service à Arthur ; ni même envie de lui faire de la peine.

« Je sais pas. Comme tu es père, je me suis dit que… Tu vois. » Oui, il voit sans doute. Il a eu le courage d’avoir un enfant seul et Nate l’admire pour ça. Il l’a toujours un peu admiré, de toute façon, pour sa force tranquille, pour l’apaisement qu’il déclenchait chez lui, et tout le reste, aussi. Arthur est un homme comme on en fait peu. « Je pensais que peut être tu avais construit quelque chose avec quelqu’un », il ajoute comme pour se justifier, comme un enfant pris en faute. « Avec ma mère, oui. C’est presque redevenu comme avant, mais elle est un peu folle, tu sais ? Enfin, pas plus qu’avant, mais elle oublie les choses. Je crois qu’elle prend de l’âge, et que cette histoire l’a marquée plus qu’elle n’y parait », il précise. Tant de vies brisées par sa faute – ou par celle de l’homophobie, d’ailleurs.

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MessageSujet: Re: « surrounded and sprinkled on all sides by stars »    Mer 29 Mar - 20:18

arthur est une personne parfois étrange. pas au premier abord, ou si peut-être, parce qu'il est toujours trop tiré à quatre épingles, toujours trop droit, trop net. un sourire et puis s'en va. tranquille, et parfois sans un mot, même s'il n'a jamais eu trop de problèmes avec les gens. mais le plus étrange est peut-être cette tendance à trop donner, souvent, à s'oublier, et ne plus vivre pour lui. et il les a enchaînés, ceux à qui il a tout donné, les uns après les autres, son cœur, son âme, ses rêves et ses larmes aussi. et il le fait toujours, il continue, comme s'il ne savait pas se trouver lui-même sans donner. au moins, cette fois, celui à qui il donne ne pourra pas l'abandonner. mais c'est même là quelque chose qu'il n'ose pas se dire. quelque chose d'irrespectueux, d'irresponsable, de dire à un gosse qu'il est aussi un peu une béquille. parce que sans lui il n'aurait rien. et c'est à lui qu'il pense, sur lui qu'il essaie de se concentrer. sur le livre d'images toujours ouvert sur ses genoux, quand son regard s'y perd, juste une seconde, juste assez longtemps pour se dire qu'il est con. et il ferait tout, toujours pour cet ex, ex quelque chose, ex tout, ex tout court. parce qu'il l'a aimé dans l'absolu, aimé absolument, et il aurait pu continuer sans rien demander en retour.

il continue. et ça lui fait drôle de s'imaginer nate avec un autre agent. ça pique d'une certaine manière, peut-être même plus que de l'imaginer avec quelqu'un d'autre. parce que quelqu'un d'autre aurait pu le rendre heureux sans le remplacer vraiment. mais il ne l'est plus, de toute façon. agent tout court. non, c'est derrière lui, d'être la béquille d'autres contre salaire. il vit pour lui maintenant. au moins, c'est ce qu'il se dit. « je ne te l'aurais pas proposé si ça me dérangeait. vraiment. » et il ferme les yeux.

juste une seconde. secoue la tête à ce qui suit, comme si c'était absurde. et ça l'est, d'une certaine manière. il ne saurait même pas s'imaginer avec quelqu'un d'autre. parce qu'il a beau aimer les gens, les autres, aider, tout ça, amoureux, il ne l'a été qu'une fois. quelque chose d'aussi entier, quelque chose qui l'a rendu si heureux. si malheureux aussi. qui l'a brisé un peu. il ne sait juste pas l'imaginer autrement. c'est un frère, plusieurs fois, peut-être qu'il sera père, encore, mais s'imaginer amant, fiancé de nouveau, c'est comme impossible. le titre lui a été arraché trop rapidement. et aucune thérapie du monde ne pourra changer cette idée trop bête. « non. enfin, je vois pourquoi tu pensais ça, tu n'as pas à te justifier. mais non. » et lui qui trouve toujours sa place sans jamais vraiment s'y poser longtemps se trouve presque mal à l'aise. parce qu'au final, sans étiquette, il oublie trop vite qui il est, peut-être. mais il sourit de nouveau, peut-être quelque chose de moins, réel, peut-être une façade, peut-être qu'un fantôme passe devant son visage. il tente pourtant d'avoir l'air honnête. il n'a pourtant pas envie que le moment s'arrête, et une page du livre se tourne sans qu'il y prête vraiment attention. première fois que son attention, depuis qu'il est là, n'est pas entièrement à markus. c'est que c'est lui son cœur maintenant. et la famille c'est important. et il pense à la sienne de mère. à londres. pas dans les meilleures circonstances. dieu qu'il préférerait la savoir encore à la maison, même si loin. « ça marquerait n'importe qui, une histoire pareille. mais c'est bien que tu aies repris le contact. elle sera heureuse de te voir rejouer, j'en suis sûr... et-peut-être, si elle se fait suivre, ça pourrait l'aider ? enfin. au moins la retrouver un peu, comme elle était. tu penses que ça pourrait être symptomatique ? je veux dire - alzheimer, peut-être ? » et même ses coups de fils lui manquent, à cette presque belle-mère. un peu partie, mais il l'a toujours bien aimée. un peu partie, mais elle aimait son fils. bien entendu que ça l'a heurté. et il s'ouvre peut-être un peu plus qu'il faudrait. « la mienne est à l’hôpital ici. st ann's. » peut-être avec un peu trop de fer dans la voix, comme si c'était une nouvelle comme une autre. mais il ne veut pas se briser face à cela. ne veut juste pas se retrouver dans un état dans lequel nathaniel l'a déjà vu. pas devant son fils, au moins. pas devant celui qui devenu un presque inconnu, et qui l'a si bien connu. mais il le devinera c'est certain.

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MessageSujet: Re: « surrounded and sprinkled on all sides by stars »    Mer 12 Avr - 12:00

Nate ne sait pas quoi répondre à cette proposition. Leur collaboration l’a, après tout, mené au sommet de sa gloire, avant qu’un idiot ne lui prenne tout simplement parce qu’il en avait décidé ainsi, simplement parce qu’il n’aimait pas sa personnalité. Ca devrait lui passer au dessus, après toutes ces heures de thérapie, toutes ces années de guérison, mais il n’arrive pas vraiment à se détacher, à oublier. Pire, à pardonner, aussi. Il n’arrive pas à comprendre que de telles choses arrivent dans une société actuelle qui devrait protéger les siens sans considération pour leur orientation sexuelle. Cela dit, là n’est pas le sujet – il ne sait pas vraiment quoi répondre à Arthur. Accepter sa proposition est tentant parce que personne ne le connait aussi bien, mais la perspective lui parait aussi dangereuse. Dangereuse parce qu’il est cet homme dans sa vie, parce que Nate ne peut pas prétendre qu’une relation de travail pure et dure pourrait remplacer ce qu’ils ont perdu, ce qu’ils ont vécu, autrefois. « Je vais y réfléchir, merci de ta proposition, en tout cas », il répond simplement d’un nouveau haussement d’épaule. « Ca me touche ». Il n’ajoute rien qu’un regard vague tandis qu’ils changent de sujet pour aborder leurs mères respectives.

« Désolé, pour ta mère. J’espère que ça va », il murmure, sans trop savoir quoi dire, il n’a jamais été très bon pour gérer les mauvaises nouvelles, les nouvelles tristes. Et la réaction des gens. « Je ne sais pas ce qu’elle a, peut être alzheimer, oui, ou alors peut être qu’elle a vécu trop triste et qu’elle essaye d’oublier un peu sa vie », il marmonne, convaincu que sa mère est capable de s’inventer un monde pour s’échapper. Pas qu’elle ait été particulièrement violentée ou malmenée. Elle a juste toujours été triste, d’aussi loin qu’il se souvienne. A l’aimer passionnément, à lui transmettre son amour de la musique – mais triste.

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MessageSujet: Re: « surrounded and sprinkled on all sides by stars »    Mer 12 Avr - 13:44

il ne sait pas vraiment pourquoi il a laissé échapper ça. pas pour ruiner l'ambiance, en tous les cas. il ne veut faire de mal à personne, surtout pas à lui, de nouveau. voudrait même éviter d'en parler, s'il pouvait. il l'oublierait et ne dirait plus rien. s'imaginerait que sa mère est toujours à la maison, que tout va bien dans le meilleur des mondes. mais il a arrêté de prétendre il y a quelques temps, en quittant un travail qui lui prenait trop de temps en lui volant trop d'âme. qu'il avait appris a aimer pourtant. et qui lui revient comme une bouffée de nostalgie. il reste calme, stoïque, toujours. mais il ne cache plus rien. il en a trop ravalé, trop longtemps. s'est trop enfermé, au point d'étouffer. parce qu'il fallait suivre les règles, suivre ce qui était attendu. il n'est pas sa propre priorité, mais au moins, il a appris a être honnête, entièrement, tant avec lui-même qu'avec le reste du monde. a s'ouvrir, un peu plus. assez pour survivre. il s'appuie toujours sur d'autres, son ambition ne s'étends pas pour le couvrir, mais il ne se laisse plus noyer. plus autant. il l'espère, au moins. mais il y a de ces choses qu'il devrait peut-être réapprendre a taire, à garder. pour lui. et sa voix se fait plus faible encore. « j'espère aussi. » perdu, perdre ses repères le perd. c'est lui qui les crée ces repères d'habitude. mais là, a presque quarante ans, il ne sait plus ou il en est, malgré les étiquettes qu'il peut se coller sur le coin du crâne. c'est difficile à associer au futur, un passé, quand on a du mal à se reconnaitre.

et il lui faut bien se reprendre, se redresser, juste un peu plus droit. plus fidèle a l'image qu'il avait, à une époque. droit dans ses bottes, toujours. il l'est toujours, quoi qu'il puisse dire, essayer de se laisser aller. il a toujours cette même apparence. il s'éclaircit la gorge avant de parler de nouveau. une main dans les cheveux. mal à l'aise, juste un peu. peut-être le sujet, peut-être markus juste là, peut-être de le revoir, la situation en elle-même a quelque chose de perturbant, qui l'empêche de penser presque. mais malgré cela, il ne veut pas le laisser partir sans certitude de le revoir. trop de situations, de sentiments conflictuels au fond. mais il ne veut pas se laisser tomber dans quelque piège. l'amour lui manque, mais l'aura trop brisé. les autre trop brisés tous les deux, peut-être, plus physiquement pour nate, au moins. et il voudrait pouvoir empêcher ces restes d'affection, de plus que, d'espoir, peut-être, de lui nouer la voix. « au moins elle t'as toi. » il faut penser à respirer, se concentrer sur l'air même. sur le café froid qu'il se vide dans la gorge. l'idée semblait bonne, de l'inviter à rester, de lui parler. il est toujours aussi beau, même si les années ne l'ont pas épargné non plus. mais il reste le même, d'une certaine façon. il s'est reconstruit. tous les deux, lui aussi. mais il ne sait toujours pas faire le lien. « c'est tellement... étrange. » il l'admet au moins. et l'amoureux des mots n'en a plus a offrir, plus a poser sur ce qu'il ressent à ce moment précis. et son cœur se repose, semble s'arrêter de battre. « de te revoir je veux dire. mais - c'est bien. il faudrait... » que tu reviennes dans ma vie et n'en parte plus. que quelqu'un t'empêche de refermer la porte. que tout soit moins confus, redevienne aussi simple que ça l'a été, aussi simple que comme tout s'est construit. « j’espérais qu'on se recroise un jour. vraiment. qu'on reprenne le contact. » une vérité. il retient le reste. c'est qu'il y en a trop dans sa tête. il a toujours eu les mots. pas là. plus là. il perd ses moyens face à lui. dieu sait que ça lui est déjà arrivé. dans un temps, dans une vie qui semble tout autre maintenant.

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MessageSujet: Re: « surrounded and sprinkled on all sides by stars »    Sam 15 Avr - 20:34

Il est un peu gêné, Nathaniel, il faut dire que mine de rien, Arthur l’impressionne un peu – pas parce qu’il est vraiment impressionnant, mais parce qu’il lui rappelle une période qui est derrière eux, une période sombre et triste, et qu’il ne peut s’empêcher de dire qu’il est à l’origine d’un beau gaspillage, mine de rien. Peut être qu’ils auraient tenu – il ne saura jamais. S’il était resté, s’il avait été plus courageux, si le deuil avait été moins long, moins difficile. Qui sait ? Il se souvient de ces instants terribles où l’angoisse ne le lâchait jamais, ou il paniquait à la seule idée de se promener dans la rue. Plus que son couple, Nathaniel a eu du mal à assumer son homosexualité, pendant longtemps. Assez longtemps pour se sentir vraiment seul. Ces moments sont derrière lui, mais de temps en temps, le traumatisme se fraye un chemin dans ses rêves pour revenir l’embêter comme il se doit, sinueusement. Il ne s’en remettra sans doute jamais vraiment, il ne peut qu’essayer de bâtir du neuf sur les ruines défrichées de sa vie d’avant. Et tant qu’à faire, il aimerait autant qu’Arthur en fasse partie – parce qu’il a toujours fait partie de lui, d’autant qu’il se souvienne, et que s’il s’est perdu un temps, il peut affirmer sans se tromper qu’il s’est retrouvé désormais. Un peu, au moins un peu.

« C’est bon de te revoir aussi. Je suis content de voir ce que tu fais de ta vie ». Il parle essentiellement de l’enfant – il ne peut pas vraiment juger du reste. Mais c’est déjà important, cet enfant qui lui éclaire un peu le visage. C’est déjà un signe du fait qu’il n’est pas devenu complètement fou par le chagrin, qu’il a réussi à mener sa vie, aussi ; Nate ne voulait pas l’avoir traumatisé, lui aussi. « Il faudra qu’on se recroise », il ajoute, plus bas, doucement, un peu pudique, timide. Sa personnalité a changé, évidemment, avec toutes ces années de deuil et de convalescence. « Je t’enverrai des places de concert, et je dirai à Maman que je t’ai vu. Elle sera contente, je crois que… » Il interrompt sa phrase et se mord un peu la lèvre, presque nerveux. « Je crois que tu lui manques ». Ce qui est sans doute une façon de lui dire qu’il lui manque à lui aussi. Déguisée, pudique et masquée.

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MessageSujet: Re: « surrounded and sprinkled on all sides by stars »    Sam 15 Avr - 23:55

il ne sait pas vraiment ou il en est. ou il est, c'est bon, il peut encore mettre le doigt dessus à ce moment-là. ne se perds pas trop. mais trouver quoi dire, quoi faire est compliqué face à lui. il le renvoie à d'autres idéaux. à des choses qu'il a enterrées et dont il ne s'imagine pas entendre parler de nouveau. et au fond, il ne sait pas comment réagir. perdu, entre cette envie de le revoir, de l'avoir dans la vie, de nouveau, vraiment, comme avant, ou pas tout à faire comme avant, et ce gout amer dans sa gorge, qui lui a piqué les yeux trop longtemps. c'est qu'il a changé de route trop de fois. a dû se reconstruire trop de fois. mais au fond, ce n'est pas de sa faute, à nate. il n'a personne sur qui poser le blâme. personne qui soit vraiment identifié. et il se raccroche à ce qu'il a. markus maintenant. il écoute, c'est certain, mais il lui faut un temps pour répondre.

un temps d'analyse presque, alors que le livre se referme comme de lui-même, poussée par une main impatiente, trop petite. l'heure de rentrer. ce n'est peut-être pas plus mal. d'avoir le temps de penser, un peu. « ce serait bien, en effet. je... je t’appellerais ? » si son numéro marche toujours. ou juste un sms. peut-être moins étrange, informel, l'air de rien. il n'est pas trop bon avec l'informel, mais les mots le connaissent, surtout à l'écrit. « je me libérerais pour venir te voir. promis. et- » et sa mère aussi. et tout ce qu'ils ont perdu. il ne sait appréhender rien de ce qui est en train de se passer. il ne sait juste pas. il est juste apte à se laisser tomber sans y penser, parce qu'il a besoin d'un moment. d'une pause. de savoir ce qui est en train de se passer. et il n'arrive pas à le définir, comme il n'arrive pas à se définir lui-même. et il ne sait pas quoi répondre à ça, toujours pas. les mots en cachent d'autre, il le sait bien. et il se noierait bien de nouveau dans ses yeux, mais il évite son regard. tire sur sa veste, l'air de rien. « je serai heureux de la revoir si elle est là aussi. enfin - je suis sûr qu'elle ne manquerait ça pour rien au monde. » à mots couverts, tout est dit. lui non plus. s'il ne peut plus l'avoir, il veut au moins le revoir jouer. c'est comme ça qu'il est au plus haut. c'est là qu'il est heureux.

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