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 charlie ❅ keep breathing

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dispo pour un rp ? : yes, always
avatar : caspar lee
age : vingt-quatre ans (24/04)
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relationship status : célibataire
MessageSujet: charlie ❅ keep breathing   Lun 26 Déc - 10:32


charles isaac fitzwilliam
plant your hope with good seeds

introduction
Charlie est le premier des deux enfants de Janice et Isaac Fitzwilliam, grands noms du théâtre londonien. Fatalement, leurs enfants ont suivi leurs pas mais c'est d'abord vers le cinéma que Charlie s'est tourné. Entre films indépendants et productions de la BBC, Charlie s'est retrouvé sur le devant de la scène en quelques années. En 2013, il obtient le rôle de Snape dans la trilogie des Maraudeurs qui marque un tournant dans sa vie, tant professionnelle que privée. Il est tombé amoureux et il a eu le cœur brisé pour la première fois, ce qui n'est pas passé inaperçu. Après des mois d'errances et une fin de tournage catastrophique, Charlie a toutefois remonté la pente (et pas tout seul).

▬ âge : vingt-sept ans (20/01)
▬ nationalité : britannique
▬ métier : acteur
▬ quartier : Camden
▬ orientation sexuelle : homosexuel
▬ statut : en couple
▬ groupe : Single Ticket
▬ avatar : Pierre Niney


en 2006en 2010aujourd'hui
Charlie a dix-huit ans, des projets très précis et une petite-amie qui plaît à ses parents, à défaut de lui plaire à lui. Bree est irlandaise, elle a un joli sourire et elle parle beaucoup, elle sait meubler la conversation lorsque Charlie est à court de mot. Ils se sont rencontrés au cours d'une audition. Ça n'a rien donné pour Charlie, ni pour Bree d'ailleurs et elle a proposé d'aller boire un verre pour fêter ça. Fêter ça, oui. Il ne la comprend pas toujours mais elle le fait rire et elle est gentille. Que demander de plus ? Qu'elle l'attire, peut-être. Qu'il en tombe amoureux, s'il devait être exigeant. Bree, c'est le confort, c'est la sécurité. C'est le sourire fier de sa mère lorsqu'elle présente le jeune couple à ses amis. Bree est adorable, vraiment.

Jusqu'au jour où elle réalise que quelque chose ne va pas.

Charlie a toujours dix-huit ans à ce moment-là et il se consacre toujours aux mêmes projets, courant les auditions, respirant Shakespeare et Pessoa, Beckett et John Wilkes Booth. Il voit Bree deux, trois fois par semaine, pour un café ou pour préparer une nouvelle entrevue avec un metteur en scène. Une routine rassurante, en somme. Il ne réalise pas tout de suite qu'elle est différente lorsqu'ils se retrouvent à Hyde Park, ne réalise pas qu'elle n'a pas pris de café, ne réalise pas qu'elle ne lui sourit pas lorsqu'il l'embrasse. « Charlie. Charlie, il faut qu'on parle » annonce-t-elle mais il ne réagit pas, se contente de hocher la tête en ouvrant son sac. Elle l'arrête en prenant son poignet, si vive qu'il sursaute. « Charlie, regarde-moi, continue-t-elle et elle est si froide qu'il pâlit, tu ne me regardes pas. Jamais. Je ne te plais pas, c'est ça ? Je crois que c'est ça. Non, tais-toi » aboie-t-elle presque lorsqu'il ouvre la bouche. Il la referme, l'ouvre à nouveau, tel un poisson sorti de l'eau sans ménagement. Bree le fixe avec insistance, ses sourcils fins froncés au-dessus de ses yeux d'ordinaire si doux. « Ca ne marche pas. Tu ne me regardes pas, tu ne me touches même pas. Si je ne te prends pas la main, tu ne le fais pas. Et tu ne m'embrasses jamais, même quand on est seul. Ce n'est pas normal, Charlie, pas après six mois passés ensemble. Je pensais que tu avais juste peur, Sam pensait comme moi- » Ah, Sam. Il lève les yeux au ciel, comme sorti de sa torpeur à la mention de la fameuse colocataire de Bree, et il lâche un bref ricanement. « Alors si Sam pensait ça, c'est forcément vrai » articule-t-il froidement. Le feeling n'est jamais passé avec cette fille, malgré les efforts maladroits d'un Charlie désireux d'être accepté et apprécié par les amis de Bree. Après tout, elle n'a eu aucun mal à se faire une place dans son propre groupe d'amis, alors pourquoi pas lui ? Pas avec Sam, cependant. Sam ne l'aime pas et elle n'a jamais cherché à le cacher. « Pourquoi tu te braques comme ça ? Sam ne cherche pas à mal, elle veut juste- » Dear god, est-il possible d'être aussi gourde ? Charlie la fusille du regard, clairement irrité. « Sam ne m'aime pas et tu sais quoi, moi non plus, je ne l'aime pas mais ce n'est pas grave, parce que ce n'est pas avec elle que je sors » Il est peut-être un peu tard pour mettre les points sur les i et vider son sac à propos de l'agaçante colocataire de sa copine, mais Charlie a toujours eu un mauvais timing avec les filles. Et encore, c'est un euphémisme. « Parce qu'on est ensemble, tu trouves ? Je suis quoi, Charles ? La nana à appeler quand tu as besoin de travailler ton texte ? Parce que crois-moi, on a rien d'un couple et je suis fatiguée de te courir après. J'arrête, voilà, c'est dit. J'arrête, j'en ai marre. J'arrête » répète-t-elle, sous le regard vide d'un Charlie à peine surpris. Étonné ? Non, pas vraiment, il sait qu'une telle tirade lui pendait au nez. Pas étonné, non. Soulagé, sans savoir pourquoi. « Très bien. J'imagine que tu ne vas pas m'aider à préparer mon audition de jeudi ? » demande-t-il, regrettant immédiatement d'avoir osé poser la question. Les joues de Bree prennent une teinte rouge vif et elle se lève, son sac dans une main. L'autre vole, vole, vole jusqu'à la joue de Charlie et claque sèchement contre sa peau. Well, he deserves it, probably. Il baisse les yeux sur son texte, ouvert sur l'herbe, blanc sur vert, cherche à se concentrer sur les mots pour effacer la douleur qui irradie sa joue. « Tu es vraiment un abruti, Charlie Fitzwilliam » lâche Bree avant de s'éloigner à vive allure. Il la regarde un instant, conscient de l'image qu'ils doivent donner tous les deux, en plein Hyde Park, à l'heure où les couples se retrouvent, où les mères de famille traînent leur tribu dans l'espoir de la fatiguer. Il doit faire figure de salaud et elle, de la fille au cœur brisé. Tant pis.

*

Charlie a dix-neuf ans, deux jolis rôles déjà sur son CV, et de bien grandes ambitions. Il vit toujours chez ses parents, se dispute toujours régulièrement avec sa sœur, court toujours les auditions, refuse toujours que son père fasse jouer ses relations. Il veut réussir, oui, mais parce qu'on l'estimera assez talentueux, pas pour le succès de son paternel. Il galère, ne le nie mais tente de garder le sourire. Reste l'hypothèse, la roue de secours, d'aller voir son père si dans cinq, dix ans, il continue d'essuyer des échecs. Peut-être.

Charlie a dix-neuf ans, donc, à peine dix-neuf ans lorsque son téléphone sonne, hurle même, au beau milieu d'un couloir rempli de types comme lui. Ambitieux et angoissés, accroupis sur le sol, penchés sur le même texte. Ils sont tous là pour la même chose et ils affichent tous la même expression outrée lorsqu'ils identifient la source du bruit intempestif. Charlie rougit, s'excuse en bafouillant, tente vainement d'arracher aux tréfonds de ses poches le portable fautif. La sonnerie continue de chanter à tue-tête, sous les regards désapprobateurs, et Charlie, le visage rouge vif, parvient à l'arrêter en décrochant, la voix passant d'une octave à l'autre comme lorsqu'il avait quinze ans. Il décroche sans savoir qui sera au bout du fil, sans avoir vérifié, innocent as ever. Il acquiesce bêtement lorsqu'on lui demande son nom, se reprend, répond dans un murmure. Il connaît cette voix, se souvient de ses graves lors de sa dernière audition. Il s'en souvient et pourtant il a du mal à y croire.

Il a toujours du mal à y croire lorsqu'il raconte à sa sœur la conversation ─ plutôt un monologue, en fait, lorsqu'on sait qu'il n'a quasiment pas ouvert la bouche ─ avec l'assistant du metteur en scène. Jolene lève les yeux au ciel en soupirant, clairement peu intéressée. « Parle moins vite, je comprends que dalle » marmonne-t-elle, au grand dam de Charlie qui s'écrase sur le canapé libre avec un grognement. « J'ai eu le rôle, le premier rôle, bloody hell Jo, keep up ! J'ai eu le rôle ! LE rôle ! » insiste-t-il mais elle n'a pas l'air de saisir l'importance de la nouvelle. Elle hoche la tête, le regard de nouveau rivé sur son magazine. « Félicitations » lâche-t-elle d'un ton monocorde. Well, shit. Il pensait qu'elle serait un peu plus enthousiaste, à défaut d'être heureuse pour lui. Jolene l'a toujours rassuré après chaque refus, chaque promesse d'un coup de fil à venir sans la moindre suite et maintenant qu'il réussit, elle le lâche ? « C'est quoi ton problème, tu es jalouse ? » fait-il, tentant la plaisanterie pour détendre l'atmosphère. Sa frangine est peut-être insupportable la majorité du temps depuis qu'elle a de la poitrine mais elle reste sa sœur. Ils ont toujours été proches, malgré les chamailleries enfantines et les récurrentes jalousies fraternelles. Jolene est sa confidente, sa meilleure amie aussi. La sentir si froide face à son bonheur est profondément déstabilisant et, manifestement, c'était la question à ne pas poser. Elle lui jette un regard noir avant de balancer le magazine ô combien intéressant qu'elle lisait jusque-là dans la direction de Charlie. « Mais ! Jo !. » Elle ne répond pas, ne se retourne même. Elle grimpe les escaliers, martelant les marches de colère, et bientôt la porte de sa chambre claque. Sans raison, sans explication. Et Charlie reste là, son portable à la main, écrasé sur le canapé de bonheur et d'incompréhension.

*

Charlie a toujours dix-neuf ans et des rêves plein la tête. Les répétitions se passent bien et il a même été approché par un agent, sûrement mandaté par son père. Le paternel a éludé la question mais son fils n'est pas dupe. Il savait que tôt ou tard, le grand Isaac Fitzwilliam, fort de sa renommée et désireux de pousser ses enfants en avant, finirait par mettre son grain de sel dans sa carrière. Il n'aura tenu qu'un an à peine mais c'est déjà un exploit et Charlie a laissé faire, trop heureux pour s'en offusquer. Trop heureux ? Non, pas vraiment, mais l'euphorie de ce premier grand rôle le berce encore, forçant le reste de ses problèmes à rester dans l'ombre. Jolene ne lui parle toujours pas ou, en tout cas, plus comme avant mais il se rassure en se disant que c'est une phase, que lui aussi a fait sa crise d'adolescence et qu'elle en sortira un jour. Sa mère s'inquiète toujours autant, bien plus encore depuis sa rupture avec Bree mais c'est dans sa nature. Son agent prend de plus en plus de place dans son existence mais c'est normal, c'est son job. Tout problème a une solution, aussi temporaire soit-elle.

Mais Charlie finit par exploser, le jour où Dick, l'agent si bien nommé, abandonne les sous-entendus pour lui parler franchement. Ils n'ont pas abordé le problème de sa sexualité jusqu'à présent, se sont contentés de l'évoquer rapidement, comme si ça n'était pas important ─ ce qui a convenu à Charlie, toujours incapable de mettre des mots là-dessus, incapable de se dire homosexuel, même mentalement, même en embrassant à pleine bouche le costumier, ridicule. Mais Dick en a assez de allusions, Dick voudrait parler franchement, Dick a une opinion et, bien sûr, il ne la garde pas longtemps pour lui-même. « Il te faut une fille » lance-t-il un jour, sans préambule, deux cafés en main et un sourire aux lèvres. Charlie lève les yeux de son texte, le regarde dans le miroir de sa loge en fronçant les sourcils. « Une fille, Fitzwilliam. Tu sais ce que c'est ? » Et il ricane, l’œil vif et égrillard. L'abruti. « Tout le monde sait que tu fricotes avec Thad, des costumes » Brad, actually, mais Charlie est pétrifié, incapable de le corriger. Incapable de penser, même. « Tu fais ce que tu veux, moi je m'en fous, du moment que tu restes discret. Il faudrait pas qu'on te prenne pour une fiotte. D'où la nécessité de te trouver une fille. Une nana pas très connue de préférence, encore moins que toi, histoire qu'on soit en position de force pour négocier son salaire et ce genre de détails. T'en fais pas, je gère, tu t'occupes de rien. Juste, fais-moi plaisir, n'emmène Thad nulle part, pas en public en tout cas. Je suis pas magicien, si tu fais une connerie, je pourrai pas rattraper ça. Capisce ? » Brad, putain. Brad, pas Thad. Mais Charlie ne dit rien, n'acquiesce même pas. Il le regarde sourire, avec l'impression qu'un gouffre s'ouvre dans sa poitrine au fur et à mesure que le sourire de Dick s'agrandit. Charlie ne bouge pas, collé à sa chaise par la force de la honte, serrant son texte à s'en faire mal aux doigts, comme un type perdu en mer se raccrochant à un bout de bois trempé. Il est Jack grelottant dans l'eau et Dick est Rose l'égoïste, l'inconsciente, se riant de sa détresse sur sa porte parfaitement capable de supporter le poids de deux personnes. Il ne bouge pas, il ne dit rien, il se contente de laisser son agent filer tandis qu'un goût de bile remplit sa bouche.

Il te faut une fille.

Il faudrait pas qu'on te prenne pour une fiotte.

La voix de Dick résonne dans sa tête, longtemps, et Charlie reste immobile, longuement. Il ignore combien de temps, vraiment, il sait seulement que lorsqu'il bouge à nouveau, ses bras sont endoloris et ses doigts tremblent autour de son texte tant il l'a serré, encore et encore. Il lâche les feuillets, qui glissent doucement sur le sol, et il se redresse, croise le regard de son reflet. Il se regarde, un instant. Une minute, peut-être deux ou dix. Il se regarde et il ne supporte l'air perdu qui s'est peint sur son visage, la mine déconfite que Dick lui a inspiré. Il n'a pas riposté, a à peine relevé le ton méprisant, trop habitué à faire profil bas. Il se force parfois à rire des vannes de mauvais goût, clairement homophobes, de certains camarades de jeu, se force à s'esclaffer de la même bouche qui embrasse plus tard Brad avec engouement. Il baisse les yeux, il ne se bat pas, il se fond dans la masse. Et c'en est assez.

Il faudrait pas qu'on te prenne pour une fiotte.

Le contenu du vanity rejoint son texte, se fracassant par terre dans un grand bruit. Charlie peste, grogne, halète et ses joues rougissent vivement, au fur et à mesure que ses yeux se remplissent de larmes. Les grognements se font râles et ses bras finissent par brasser de l'air, maintenant que ses quelques biens sont étalés sur le sol. Il se calme, doucement, tout doucement, et ses yeux quittent le miroir pour se baisser, lentement. Un frisson le secoue, un sanglot lui échappe. Il te faut une fille. Il sait déjà qu'il va dire oui, qu'il va plier. Parce qu'il n'a pas le choix. Parce qu'il n'est pas prêt.
Charlie a vingt-six ans, la tête en vrac et le cœur en miettes. Et pour la première fois de sa vie, il a envie d'en parler. C'est ce qui l'a amené dans ce fauteuil, face à une psychologue bien connue de sa mère. Il est venu de son plein gré, a lui-même téléphoné pour prendre rendez-vous, sans en parler à son agent. Seule Jolene est au courant. Mais passer un coup de fil et se retrouver face à une inconnue prête à l'écouter sont deux choses bien différentes. Il sait pourquoi il est là, sait ce qu'il a à faire. Parler. Et les mots coulent, trop longtemps retenus. Il a du mal d'abord, bégaye un peu, bute sur ses phrases mais le regard attentif, dénué de tout jugement, d'Ann Jones le rassure. Il parle de Lester Sharps et de ses premiers émois, de Bree et de ses déceptions, de ses rares relations trop discrètes. La psychologue hoche la tête de temps à autre. « Mais pourquoi maintenant ? » demande-t-elle un jour, après la sixième ou septième séance. Il s'immobilise et la regarde, interloqué. Elle n'a pas posé de question jusqu'à présent ou très peu, le strict minimum. Comment allez-vous, quand voulez-vous revenir, vous n'avez pas eu de mal à trouver le cabinet. Rien d'important. Pourquoi maintenant, en revanche, a plus de poids. Pourquoi maintenant ? Charlie inspire profondément puis hausse les épaules. « Parce que j'ai compris qu'il ne reviendrait pas. Nevil. Il ne reviendra pas. Et je ne peux pas rester comme ça » Ça semble si simple, expliqué comme ça, mais il n'a pas encore abordé le sujet. Il a déballé l'histoire de sa vie, de ses petits problèmes adolescents, comme pour continuer encore un peu de se bercer de l'illusion que le problème vient de là. Peut-être, un peu, oui. « Parlez-moi de lui » dit-elle doucement, comme si elle pressent que le sujet est sensible. Ou peut-être que Charlie imagine cette douceur.

Il s'enfonce dans son fauteuil, le cœur battant, les yeux perdus dans le vague. Il ne peut pas la regarder, pas maintenant. Voir Ann Jones installée devant lui effacerait la fragile impression que les souvenirs qu'il traverse à la vitesse de l'éclair ne sont que ça, de simples souvenirs, des moments passés et terminés, heureux et douloureux, appartenant à sa mémoire. Il lui explique, à voix basse, lui raconte leur première poignée de mains, le jour de leur première lecture de groupe. Il se souvient de la première blague de Nevil, alors nerveux et maladroit. Ce n'était pas très drôle à l'époque mais Charlie se souvient avoir ri bêtement, et il en rit encore. Il lui raconte comment ils ont sympathisé. Très vite, trop vite, comme s'ils étaient faits pour se rencontrer, faits pour s'entendre. « C'était écrit » fait-il, la gorge serrée. Il secoue la tête, reprend son histoire. Retrouve leur sofa, dans les studios londoniens, et leurs longues siestes devant Doctor Who. Retrouve leur complicité et les regards échangés, lourds de sens, en interview et ailleurs. « J'ai jamais, jamais... jamais ressenti ça avec qui que ce soit. Et j'ai tout foutu en l'air, parce que lui... il ne voyait pas ça, vous voyez ? Non, bien sûr que non. Je m'en suis pas rendu compte tout de suite. J'étais amoureux » ricane-t-il, sans réaliser qu'il vient d'employer le passé. J'étais amoureux. Comme un fou, comme un type désespéré, trop habitué à se cacher pour s'autoriser à ressentir quoi que ce soit.

Parler de leur seul et unique nuit est laborieux. Il cherche ses mots sans oser regarder la psychologue, bute sur les tournures, se reprend une, deux, quinze fois. Même deux ans après, il a du mal à comprendre comment il a pu être si bête, si aveugle. Si imprudent avec la seule amitié sincère qu'il ait jamais connu. « Ensuite, il est mort, lâche-t-il, laconique. Et je ne saurai jamais si... s'il m'a pardonné ou si, je ne sais pas, si les choses avaient vraiment changé. Je ne saurai jamais » Et ce n'est même pas tout le problème, how pathetic. « Et David est arrivé. Je pensais pas pouvoir tomber plus bas mais de toute évidence, je m'étais lourdement trompé » Il ricane, tente de garder bonne figure. Là aussi, il a merdé, vraiment merdé. Rationnellement, il sait ─ et il le savait déjà à l'époque, ce qui rend toute l'affaire encore plus ridicule ─ que Vanderberghe n'y est pour rien, qu'il n'a pas demandé à être le sosie parfait d'un mort, bien au contraire. Rationnellement, Charlie sait qu'il n'avait aucune raison de lui en vouloir autant, aucune raison d'être aussi, well. Aussi irrespectueux ─ à défaut d'autre terme. « J'ai merdé, pas vrai ? » fait-il, d'un ton piteux. « Je ne suis pas là pour vous juger, Charlie » rétorque la thérapeute, à juste titre certainement. Il acquiesce mollement, pas convaincu. « Je sais que j'ai merdé, reprend-t-il avec plus de conviction, je l'ai vu et, je sais pas, j'ai pété un plomb. C'était comme revoir Nevil mais ce n'était pas lui. Mais physiquement, la ressemblance, je vous jure... j'ai dérapé » Et encore, c'est peu de le dire. Peut-il vraiment parler de dérapage, quand ses conneries ont duré plus d'un an et demi ? Quand il est allé jusqu'à rechercher la compagnie de David, sciemment, sobrement ? Quand il a essayé de l'embrasser et d'obtenir plus, toujours plus ? Un dérapage, ouais. Tu parles. « J'ai bien cru qu'on arriverait jamais au bout de ce tournage. Le dernier film, précise-t-il, les yeux dans le vague. C'était insupportable. J'étais insupportable. Franchement, il aurait dû me casser la gueule. Ou me poursuivre pour harcèlement. Je sais pas comment il a fait pour se retenir. Dieu sait que je n'ai pas cherché à le faire » Euphémisme, nom masculin : atténuation dans l'expression de certaines idées ou de certains faits dont Charlie Fitzwilliam est définitivement responsable. Merde, merde, merde. Il n'est pas sensé dire tout ça, si ? « Je ne l'ai pas revu depuis, mh, je sais pas, six, huit mois ? Et contre toute attente, ça fait du bien. Je me suis accroché à son visage en pensant que ça m'aiderait, bêtement. Parce que tant que je l'avais sous les yeux, Nevil n'était pas vraiment parti, je crois. Et j'ai compris » Il lui en a fallu, du temps, mais il a compris, il en est certain. Nevil ne reviendra pas, pas sous les traits de David, pas sous les traits de quelqu'un d'autre. Nevil ne reviendra pas, jamais. Nevil est mort et Charlie n'a plus qu'une chose à faire : vivre.

*

Charlie a toujours vingt-six ans, bientôt vingt-sept en fait, et le bureau d'Ann Jones n'a pas changé. Elle non plus, d'ailleurs. Elle l'observe toujours avec un grand calme, sans chercher à le pousser à la confession. Cyniquement, il se dit que c'est par intérêt financier mais après l'année qu'il vient de passer, il est plus qu'heureux de lui signer des chèques, serait tout à fait d'accord pour mettre plusieurs zéros dessus. « J'ai rencontré quelqu'un » finit-il par dire, après dix minutes d'un silence gênant. Si elle ne vit pas sous un rocher perdu au fin fond de la campagne anglaise, elle est déjà au courant. Sa rencontre avec Victor n'est pas passée inaperçue ─ quel plaisir d'être une figure vaguement publique quand on découvre ses frasques amoureuses en première page du Sun ─ et son coming out non plus. Mais ça ne l'empêche pas d'ouvrir de grands yeux et, d'un signe de tête, de lui demander silencieusement de continuer. « Il s'appelle Victor, il est... intéressant » Ce n'est certainement pas le premier adjectif qui lui est venu en tête la première fois qu'ils se sont vus mais il aurait bien du mal à traduire à voix haute le flot de pensées inspiré par Victor, confortablement installé dans son siège côté hublot, lui proposant avec un grand sourire de rejoindre le mile high club et de passer son séjour en Suède chez ses grand-parents ─ le tout dans la même bloody phrase. « Il est mannequin et, Jesus, j'ai du mal à le suivre parfois, il ne tient pas en place et il est incapable de reconnaître qu'il a tort. Il est capable de m'appeler à trois heures du matin parce qu'il a trouvé des arguments pour me contredire à propos d'un truc stupide dont on a parlé la veille. C'est ridicule » Ridicule et infiniment séduisant. Pas le coup de fil au beau milieu de la nuit, évidemment, mais Victor est fascinant et, bien sûr, Charlie est tombé dans le panneau, avec grand plaisir. Il ne comprend toujours pas pourquoi ce type s'intéresse à lui, ni comment ils ont pu rester ensemble aussi longtemps. Six mois ne représentent rien dans une vie mais pour Charlie qui n'a connu que des expériences amoureuses catastrophiques, six mois sont l'équivalent d'une éternité, si ce n'est plus. « Vous souriez » remarque Jones et il hausse un sourcil, sans comprendre. « Vous souriez, répète-t-elle, c'est la première fois que ça vous arrive, depuis que vous m'avez parlé de votre sœur. Vous souriez » Oh, well. Charlie baisse la tête, sentant ses joues se réchauffer, signe du traître rougissement. « Je... je suppose que c'est parce que je suis heureux ? » La phrase sonne comme une question et lui-seul peut répondre. Il soupire et se redresse, croisant le regard patient de sa thérapeute. « Oui, je crois que c'est ça. Je suis heureux » fait-il, avec plus de conviction cette fois. Heureux. Le chemin a été long et le résultat est encore fragile, il le sait. Il suffirait qu'il recroise le chemin de Vanderberghe pour que ─ mais ça n'est pas arrivé. Et il ne sera pas seul cette fois. Il ne se laissera pas avoir. Ou, en tout cas, il peut l'espérer.
Charlie a quatorze ans, des rêves plein la tête et un sac plein de bouquins sur le dos. Il est en retard, pour ne rien changer aux bonnes habitudes, et il manque de s'étaler de tout son long sur le sol en ouvrant la porte de la salle de classe où il aurait dû entrer il y a déjà dix minutes. Il se rattrape à la première table sous le regard moqueur de ses occupants. Ses joues prennent une teinte rouge vif, ses genoux s'entrechoquent mais il tient bon, les mains à plat sur la table. « Eh bien, bonjour monsieur Fitzwilliam. Quelle remarquable entrée » commente le professeur, du ton suffisant de celui qui ne laisse rien passer. Surtout à Charlie, en fait, mais le gamin ne relève pas, il ne fait pas encore attention à ces choses-là. Il rougit de plus bel et bafouille quelques mots d'excuse que lui-même a bien du mal à comprendre. « Asseyez-vous Fitzwilliam, vous êtes ridicule » glapit l'autre, clairement irrité. Il se pince l'arrête du nez avec un soupir et Charlie file, file, file vers le fond de la classe. Il aime la littérature pourtant, encore plus depuis qu'ils étudient Hamlet, mais c'est au fond qu'il passe son temps, coincé entre la fenêtre et Lester Sharps. Lester est sympa, Lester est drôle et Charlie a beau adoré le théâtre, Lester est plus intéressant qu'Hamlet pour le moment.

Il lui adresse un sourire compatissant lorsque Charlie arrive à sa hauteur et il hausse nonchalamment les épaules, l'air de dire qu'il ne faut pas s'en faire. Un art, chez Lester Sharps. Ça et l'aviron, et évidemment Charlie est admiratif. Lui a déjà bien du mal à tenir sur ses jambes sur la terre ferme, alors manier une rame sur l'eau, quelle idée. Il sourit à son tour, encore rouge, sourit gentiment, même s'ils ne sont pas vraiment amis. Il aimerait bien, mais Lester est l'un de ces garçons populaires qui ne fréquentent guère les membres du club de théâtre. On ne se mélange pas, à Holland Park, on respecte ses limites. Sauf en classe, où le placement souvent aléatoire des tables est laissé au bon vouloir des professeurs, pour le plus grand bonheur de Charlie.

*

Charlie a quatorze ans, des rêves plein la tête et le cœur plein de regrets, un sac plein de bouquins sur le dos, une lèvre éclatée et un pantalon déchiré aux genoux. Ses jambes sont lourdes, ses mains tremblent mais il garde la tête haute en passant la porte de la maison familiale. A ses côtés, Jolene ne dit rien. Elle se contente de lui jeter des coups d'oeil inquiets de temps en temps, l'a fait tout le long du chemin entre l'école et la maison. Ses questions muettes, Charlie les entend, il sait ce qu'elle pense. Il sait qu'elle a entendu des choses mais elle ne dira rien, pas s'il ne parle pas d'abord. Leurs parents ne sont pas là et Juliette, leur au pair, a probablement le nez dans la lessive. Il file à l'étage sans un mot, tandis que sa sœur annonce leur retour. Plus tard, il parlera. Peut-être.

Plus tard arrive vite, trop vite, sous les traits de sa petite sœur déboulant dans sa chambre qu'il n'a pas fermé à clé. Grossière erreur. Elle le toise avec hauteur, exigeant des réponses sans poser la moindre question. « Qu'est-ce que tu veux ? » marmonne-t-il, depuis son lit, planqué derrière son édition cornée de La Chambre des Secrets. Sa voix n'est pas aussi assurée qu'il le souhaite, pas aussi cassante qu'il l'espérait. Elle grimpe sur le lit à ses côtés et s'appuie contre lui, cheveux blonds lui caressant la joue. « Lester Sharps vaut pas le coup, Charlie » murmure Jolene avant de tourner la page, sans se soucier de savoir s'il a terminé ou non sa lecture. Parce qu'elle sait sans aucun doute qu'il ne lit pas.

Et elle a raison. Lester Sharps ne vaut pas le coup. Pas le coup d'aller le voir, dans les vestiaires. Pas le coup de s'attarder sur son sourire, pas le coup de se méprendre dessus non plus. Lester Sharps ne vaut pas le coup. Certainement pas d'en parler, ni de se faire casser la gueule par la moitié de l'équipe d'aviron.

« Tu diras rien ? » Jolene soupire en l'entendant. Oui, Charlie sait ce que ça veut dire. Les parents vont s'inquiéter, poser des questions. Maman va déplorer qu'il ait le visage marqué pour sa prochaine soirée, Papa va sourire, un peu gêné. Charlie les connaît par cœur mais que pourrait-il leur dire ? Qu'il a cru que le capitaine de l'équipe d'aviron avait envie d'être un peu plus que son ami ?

*

Charlie a quinze ans, la tête dans les nuages et le sourire aux lèvres. Il rase souvent les murs, dans les couloirs du lycée, et baisse la tête lorsqu'il croise le regard de quelqu'un, mais une fois au club de théâtre, la vie est un peu plus facile. Peut-être parce que James est un ami de ses parents, peut-être aussi parce que personne ne ricane lorsqu'il s'emmêle les pieds dans son costume ou rate une marche. La première fois que c'est arrivé, Charlie s'est arrêté, déjà rouge comme une pivoine, attendant les rires et les moqueries, mais il n'a rien entendu, juste Ann lui demandant s'il comptait la rejoindre un jour ou non. Pas de moquerie, pas de jugement, rien. Le paradis.

Charlie a quinze ans, donc, et c'est le soir de la première. Ses parents sont dans la salle, Jolene aussi. Ses grands-parents ont fait le déplacement, ses oncles et tantes aussi. C'est important, le théâtre, chez les Fitzwilliam, même le théâtre amateur. Charlie jette un coup d'oeil discret depuis les coulisses, un grand sourire fendant son visage d'une oreille à l'autre en découvrant sa famille au grand complet étalée sur deux rangées de mauvais sièges en plastique. « Stressé ? » chuchote Ann, à sa droite. Charlie acquiesce, souriant toujours. « Terrifié » confirme-t-il d'une voix tremblotante. Elle serre sa main libre puis l'entraîne loin du rideau, loin de la salle, pour un dernier pep talk de leur metteur en scène. « Tout va bien se passer » prédit la jeune fille, feignant l'assurance. Parce qu'il sait qu'à l'intérieur, elle est loin d'être aussi sûre d'elle qu'elle le paraît, il sait qu'elle est morte de peur. Parce que lui aussi, là, tout de suite. Son cœur tambourine dans sa poitrine, si fort que tout le monde peut certainement l'entendre autour de lui. Ses joues sont rouges, ses mains sont moites et il a presque envie de fuir à toutes jambes. Presque. Seulement il a travaillé pour être là, travaillé encore et encore, travaillé inlassablement sous le regard tendre de sa mère, sous celui, plus critique, de son père. Il a travaillé et il ne va pas baisser les bras maintenant. Parce que tout va bien se passer, right ? Right.

Et tout se passe bien, ou presque. Marlene oublie deux répliques mais personne ne s'en rend compte, Charlie est en retard sur l'une de ses entrées mais là encore, ça n'a guère de conséquence. Tout va bien, tout est bien rôdé et bien filé, et la pièce glisse, glisse, glisse. Charlie a presque du mal à réaliser que c'est fini, une fois retourné en coulisses. Ce sont les cris de ses camarades qui le ramènent à la réalité et il sourit, hébété, écrasé par l'étreinte d'Ann qui s'accroche à son cou comme à une bouée de sauvetage. Sans prévenir, elle plante un baiser retentissant sur ses lèvres et Charlie la regarde un instant, éberlué, avant d'éclater de rire. Elle rit aussi, à gorge déployée, et le serre fort, fort, fort. « C'était génial, oh god, c'était génial. T'étais génial, j'étais géniale, c'était génial, balbutie-t-elle dans son oreille, et le public, god, le public Charlie, il était là pour nous et- ok, qu'est-ce que Sharps fout ici ? » Wait, what? Sharps, as in Lester Sharps ? Charlie jette un coup d'oeil par-dessus son épaule et il se raidit, laisse Ann retrouver la terre ferme. Ses bras retombent le long de ses flancs et il toise son camarade de classe avec méfiance. Ils ne se sont pas adressés la parole depuis ce fameux jour dans les vestiaires, ne se sont même pas regardés depuis que Charlie est revenu au lycée, le visage tuméfié et le cœur en miettes. Et Lester Sharps n'est pas réputé pour être un grand fan du club de théâtre, alors que fait-il ici ? « Mh, je, je peux te parler Charlie ? » fait-il, curieusement mal à l'aise. Muet, Charlie acquiesce et, après un bref regard pour Ann, il s'éloigne, Lester sur ses talons.

Il s'arrête un peu plus loin, à l'écart de l'euphorie de ses amis, loin du bruit des célébrations diverses et variées. On crie, on hurle, on chante et il sourit en apercevant Ann rejoindre le reste de la troupe, un grand sourire aux lèvres. Le sien s'affaisse un peu lorsqu'il croise à nouveau le regard de Lester. « Je voulais m'excuser pour, enfin... tu sais, ce qui s'est passé l'année dernière. J'ai pas très bien réagi et les gars de l'équipe sont très, enfin... je suis désolé » marmonne le grand échalas, clairement gêné. Charlie inspire profondément, le cœur tout affolé. Il y a presque un an que ce désastre lui est tombé dessus, avec la violence des coups de l'équipe d'aviron. Un an qu'il a laissé ça de côté, sans en parler et non sans mal. Ses parents ont essayé de comprendre, de démêler le mensonge qu'il leur a servi pour expliquer son visage tuméfié. Un an qu'il a appris à raser les murs et à ne croiser le regard d'aucun garçon, en dehors de ses amis et de ses camarades du club de théâtre. Un an qu'il joue la comédie du bonheur adolescent et tout allait très bien jusque-là. « C'était un malentendu » articule-t-il, s'efforçant d'avoir l'air affable et détendu. Lester relève la tête, surpris. « Je sais pas ce que tu as cru comprendre mais c'était un malentendu. Un simple malentendu » répète Charlie, avec plus de conviction cette fois. L'autre fronce les sourcils, des questions défilant dans ses yeux. « Les gars pensaient que tu, enfin, comment dire ? Que tu avais des sentiments pour moi ou un truc du genre » Well, shit. Charlie secoue la tête, un sourire forcé étirant douloureusement ses lèvres. « Lester, ce n'est pas parce que toutes les filles d'Holland Park te courent après que les garçons vont s'y mettre aussi. Pas moi en tout cas. Je ne suis pas gay, pas du tout » s'entend-t-il expliquer, presque comme s'il n'était pas là, comme s'il observait la scène de l'extérieur. Ce n'est pas lui qui parle, pas vraiment. Si ? « Oh. Tu es sûr ? Enfin, non, désolé, c'est bête, je t'ai vu embrasser Ann en plus, c'est con » Lester laisse échapper un bref éclat de rire embarrassé. « C'est juste que... j'ai réfléchi à tout ça, depuis le temps et j'étais pas sûr, je savais pas si j'avais- ce que je veux dire, c'est que je regrette vraiment ce qu'ils t'ont fait. Et je sais pas si tu es au courant, mais je ne traîne plus avec ces types-là. Parce que je ne veux pas, je ne peux pas être ami avec des gens qui seraient prêts à me casser la gueule s'ils me connaissaient vraiment. Donc, ouais. Je suis désolé pour ce qu'ils t'ont fait et je suis désolé de ne pas m'y être opposé, c'était lâche et débile mais... mais je savais pas. Tu vois ? » Oh. Trop d'informations d'un coup. Beaucoup trop. Charlie se contente de cligner des yeux une, deux, trois, dix fois, sans répondre, abasourdi par de tels aveux. « Je voulais pas te gêner, désolé » ajoute Lester et Charlie ne peut retenir un sourire amusé, secouant la tête tristement. « Je ne suis pas gêné, c'est pas ça... je sais pas » Si, il sait. Il sait très bien. « Merci » reprend-t-il, la gorge sèche. Que dire de plus ? Rien, sans risquer de se contredire. Rien, parce qu'il n'est pas prêt à le dire. Pas prêt du tout. Quelle ironie que Lester Sharps, of all people, le soit, lui.  



─ pseudo/prénom : scarlett glasses/Julia ─ âge : vingt ans. ─ fréquence de connexion : every day i'm ttring  WHAT A FACE !   ─ comment avez-vous découvert ticket to ride et qu'en pensez-vous ? ─ inventé ou pévario ? Inventé, inspiré par mon besoin de ne pas réviser mon bac en terminale (y'a longtemps, oui, mais moins longtemps que mes copines alors ça va)  ─ code : autovalidation ─ crédits : Shiya (av), thatfrenchhelper@tumblr (gif), Ingrid Michaelsen/Keep Breathing (titre), Mumford & Sons/Thistle & Weeds (sous-titre).

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MessageSujet: Re: charlie ❅ keep breathing   Lun 26 Déc - 15:53

Reee
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MessageSujet: Re: charlie ❅ keep breathing   Lun 26 Déc - 17:47

CHRISS

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MessageSujet: Re: charlie ❅ keep breathing   Lun 26 Déc - 18:22

T'AS MIS MON VIEUX GIF POURRI DANS TA PRESA ET MOI QUI PENSAIS QUE PERSONNE N'UTILISERAIT JAMAIS CES TRUCS MOCHES FAITS A GRANDS COUPS D'INSTAGIFFER. J'AI HONTE.
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MessageSujet: Re: charlie ❅ keep breathing   Lun 26 Déc - 18:37

EXCUSE YOU, tes gifs sont la seule ressource que j'ai avec Pierre en dehors des six pauvres gifs de lui aux Césars que j'ai fait, alors oUI JE LES UTILISE EVIDEMMENT QUE JE LES UTILISE btw je suis trop contente que tu sois là

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MessageSujet: Re: charlie ❅ keep breathing   Mer 28 Déc - 14:08

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MessageSujet: Re: charlie ❅ keep breathing   Mer 28 Déc - 14:17

comme t'es bô

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MessageSujet: Re: charlie ❅ keep breathing   Mer 28 Déc - 21:37

lovelove
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MessageSujet: Re: charlie ❅ keep breathing   Mer 28 Déc - 21:57


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