JAIMEE ∆ definitely not a good day

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MessageSujet: JAIMEE ∆ definitely not a good day   Mer 27 Juil - 23:20

Je traverse une période difficile. D’habitude, cette période correspond à un autre moment, elle flirte dangereusement avec les jours qui précèdent ou suivent notre anniversaire, quand je prends conscience du désert amical et familial que représente ma vie. William est le seul être humain de cette planète qui me porte suffisamment d’affection pour me supporter. C’est triste mais véridique, mes amis ne se comptent que sur les doigts d’une main, et avoir enseigné toute l’année à Oxford n’a pas changé mes difficultés à entretenir des relations sociales normales. Les gens sont sournois, abjects, finissent par vous planter un couteau dans le dos. Comme mon père, le président de tous les salauds. Il travaille au Casino maintenant, il a récupéré le trophée d’Hastings-Bass sans avoir à se crever à la tâche ou à réfléchir deux secondes avec son cerveau. J’y traine moi aussi maintenant, et je ne sais pas vraiment pourquoi. Après toutes ces années de maltraitance, de fuite, de disputes et de haine, je pensais être passé au dessous du conflit familial qui nous agite depuis que je suis en âge de m’exprimer. Je pensais avoir oublié, avoir mis mon père derrière moi et ne plus lui vouer qu’une haine sans pareille ; William concentrant tous mes efforts et toutes mes envies de famille. Ma mère, je n’en parle même pas. Son caractère faiblard et son incapacité à s’affirmer pour son propre fils, pour ses propres fils, me dégoûte, et si à une époque j’ai pensé que je serais capable de pardonner ou d’oublier le manque de courage, plus le temps passe, et plus l’absence totale d’excuses sortant de sa bouche me révulse. Elle m’a créé comme je suis, et quand elle a réalisé que je ne correspondais en aucun point à sa vision d’une petite vie parfaite, m’a laissé partir sans même tenter quoi que ce soit pour conserver son fils. Elle aurait pu, alors que j’avais quitté, avec – ou grâce à – mon frère, le domicile familial, chercher à me contacter pour m’assurer de ses regrets et de son amour. Mais de suppliques faiblardes en nouvelles rares, nous avons purement et simplement perdu le contact et le silence radio dont elle fait preuve depuis cette époque m’indique clairement qu’elle ne regrette pas grand chose – ou qu’en tout cas, ses regrets sont moins importants et moins déterminants que la peur qu’elle a de mon père. Et pourtant, l’ironie dans tout ça veut que ce sont eux qui m’ont créé comme ça. Malade, plus faible que les autres, que la moyenne. En besoin permanent de la protection d’un frère qui a pourtant le même âge et le même physique que le mien, ce qui ne fait qu’accentuer l’ironie du sort.

J’ai rendez-vous aujourd’hui à l’hôpital. C’est une simple mesure de contrôle, au pire une prise de sang. Je sais qu’ils ne trouveront rien de plus que d’habitude, mais comme à chaque fois que je fais le déplacement, je ne peux m’empêcher de me perdre dans mes pensées et de ressasser tous ces souvenirs qui trottent dans ma tête. Le contrôle n’est pourtant pas particulièrement douloureux, et ça fait des années que j’ai pris l’habitude d’y aller seul. Pour autant, je n’arrive pas à agir autrement que si tout ça était bien plus important. Je me présente à l’hôpital, las. Devant l’accueil principal, je réclame mon rendez-vous et la secrétaire ouvre un énorme agenda épais – j’ai toujours été fasciné par cet agenda, pour être honnête, qui me semble bien peu de son temps dans ce grand hôpital où tout est informatisé. Un jour, j’ai posé la question à celle qui m’a accueillie ici, en m’attendant sans doute à une réponse romantisée de nostalgie. Mais elle m’a simplement indiqué qu’elle n’avait pas la moindre idée de pourquoi son patron exigeait encore d’elle qu’elle prenne son stylo pour écrire à l’encre les rendez-vous de la journée, et sur ces bonnes paroles, elle a refermé le gros livre en cuir pour m’indiquer un ascenseur. « Deuxième étage, l’accueil des soins. Vous verrez ma collègue. » Elle me fixe et je bouge rapidement, habitué à la démarche. Je fais de moi ce que l’on attend, pour une fois, et me présente donc devant le deuxième accueil. « Monsieur Hardy » note une petite femme blonde et relativement épaisse que j’ai déjà croisée à plusieurs reprises et qui m’a dans le nez. J’évite de trop me plaindre à ce sujet – disons que j’ai l’habitude que les gens ne me supportent pas, et que quelque part, je les comprends. « Mme Adelaïde ne peut plus vous recevoir. » Elle lance ça de manière sèche et impersonnelle, et je crois pouvoir déceler un sourire de satisfaction sur ses lèvres, et dans son ton, également. Mme Adelaïde est mon infirmière habituelle, une française des îles exilée à Londres pour travailler. Une jolie femme, un peu âgée, et terriblement bienveillante, qui a réussi à me mater dès les premières secondes. « Pourquoi ? » je demande d’un air courroucé, piqué au vif, m’interrogeant sur une phrase blessante que j’aurais pu sortir à cette dernière pour qu’elle refuse de continuer à me suivre – mais il ne me semble pas avoir fait preuve d’une telle maladresse. « Je viens juste pour une maudite piqure de base et un contrôle rapide », je note en soupirant et en croisant les bras. « Je sais pourquoi vous venez, mais elle, elle ne viendra plus. Elle ne travaille plus ici. » Elle me colle un formulaire sous les yeux et ses ongles vernis m’indiquent une porte quelques pas plus loin. « Cette salle, votre nouvelle infirmière arrivera dans 5 minutes, patientez sur la chaise à l’intérieur ». Je prends son foutu formulaire en soupirant et me rends dans la salle, claquant la porte derrière moi avec humeur pour me laisser tomber sur le fauteuil. Ma nuque me fait un mal de chien, comme ma tête, d’ailleurs, comme à chaque fois que la chaleur revient balayer les rues de Londres. Je remplis le formulaire à la hâte, m’interroge sur la possibilité de partir puis me ravise en soupirant, pensant à William qui tient à ce que les meilleurs soins me soient régulièrement prodigués. La porte s’ouvre dans mon dos et je me retourne sans m’armer d’un sourire – arriver ici c’est déjà montré bien trop éprouvant.
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MessageSujet: Re: JAIMEE ∆ definitely not a good day   Jeu 28 Juil - 14:54

La chaleur ne cessait d’alourdir les recoins londoniens. La lourdeur avait perdu cet aspect diffus depuis plusieurs jours maintenant pour trouver cette sorte d’étouffement incessant qui veillait à donner l’impression qu’inspirer était un effort pénible. D’autant plus que cette plaie ne cessait d’accroître un peu plus la fatigue et ce même si l’hydratation était le meilleur moyen pour contrer les symptômes. L’hôpital gonflait de visites à vue d’œil. Bondée à la fois pour des causes d’entorses et autres foulures mais aussi pour certaines crises asthmatiques pour les plus fragiles, il grouillait dans cet espace une activité semblable à une fourmilière en plein essor. Heureusement, l’ensemble du personnel savait palier à cette activité grâce à une organisation déroutante et de plus en plus mécanisée. A croire que les divers résidents étaient de vrais robots, tant leurs agissements étaient à placer sous le signe de la répétition. Les mêmes paroles s’enchaînaient, avec les mêmes réactions, les mêmes gestes aussi laissaient percevoir d’une réelle maîtrise pour ainsi gagner en rapidité. Il fallait soigner le plus grand nombre en perdant le moins de temps possible. La jeune femme détestait ce moment de l’année, tout comme elle pouvait haïr également les périodes de fêtes de fin d’année. Elle avait l’impression d’être dans une industrie dans laquelle le travail devait remplir des fonctions aussi minutieusement que ce qu’une grande entreprise de textile pouvait mener à bien dans sa besogne également. Les êtres humains lui donnaient l’impression de se transformer en chiffres ou en ordre de passage, rien de plus. Et ce caractère relationnel de sa profession venait toujours à lui manquer lorsque ces périodes étaient à leur plus grand boom. Stressée comme pas deux, Jaimee avait l’impression d’être sans arrêt à l’affut du moindre évènement imprévisible, son caractère professionnel faisait qu’elle tenait en exergue cette alerte pour ainsi se rendre le plus disponible possible. Malheureusement, il lui venait d’oublier qu’elle n’était qu’une humaine et la fatigue arrivait parfois à se frayer un chemin bien prompt alors qu’il lui arrivait de s’endormir pendant ses pauses. Néanmoins, elle tenait le coup, parce qu’elle aimait son métier mais également parce qu’il lui était nécessaire et primordial d’aider les personnes dans le besoin. Beaucoup y verraient ici les dédales des premières années d’une profession, les volontés les plus droites pour ainsi se fourvoyer en voulant admettre un monde meilleur, cependant une part de la jeune femme était certaine que toute cette idée ne changerait pour rien au monde. Peu importe l’habitude, peu importe le quotidien répétitif, il n’en restait pas moins que son étier savait toujours lui offrir des moments uniques et particuliers, dont elle savait en saisir l’instant pour ainsi recharger sa conviction première. Le sourire d’un patient rassuré, les larmes d’une mère dans le même état, entendre un autre patient faire de l’humour alors qu’il ne croyait plus en rien, toutes ces petites choses veillaient toujours à raviver la flamme bienveillante qui se situait dans le cœur de la jeune femme, pour ainsi lui insuffler le courage de continuer et d’aller de l’avant. Bien évidemment tout n’était pas toujours aussi joyeux, il advenait que les tragédies puissent percer elles aussi une journée qui avait pourtant bien commencé. Mais là encore, il fallait retrouver le courage pour continuer. Et puis, il y avait toujours la vie privée pour retrouver un semblant de vie normale et pourquoi pas songer à autre chose. D’ailleurs, il lui semblait que cette dernière lui offrait des occasions bien surprenantes, dès lors qu’elle pouvait croiser la route de celui qu’elle désignerait toujours comme son patient préféré. Maxence et elle, donnaient à présent plus l’impression d’être de véritables amis, plutôt que d’entretenir cette relation professionnelle qui les enfermait chacun derrière des frontières différentes. Peut être allaient-ils trop loin d ‘ailleurs ? Jaimee préférait ne pas se poser de questions pour l’instant, il était plus important que tous les deux gagnent de cette amitié plutôt que d’oser croire en de quelconques tourments qui les guettaient. Bien au contraire, sa présence était toujours signe de légèreté et il y avait toujours cette petite part de liberté qui incitait la jeune femme à croire qu’il était lui aussi content de partager un moment avec elle. La roue tournait surement et pour une fois, elle lui paraissait clémente à son égard. Elle espérait juste que le temps qui s’écoulerait lui serait favorable, mais pour cela, il n’y avait qu’à attendre pour le savoir. Un soupir s’échappa doucement d’entre ses lèvres alors que son sourire se tarissait petit à petit. La grande bâtisse de l’hôpital se présentait devant elle et l’angoisse lui revenait à mesure qu’elle reprenait conscience de la journée et la nuit à venir. Les responsabilités lui tombaient dessus, et quelque part elle en était satisfaite, car cela prouvait de son sérieux concernant son travail. Néanmoins, il persistait cette appréhension quant au service auquel elle serait rattachée pour la journée. Pas d’urgences, pas de pédiatrie, voilà qu’elle se voyait affectée aux soins palliatifs. Non pas qu’elle ne connaisse pas les attraits de ce secteur, elle y avait participé de nombreuses fois, mais il arrivait que parfois il se passe des choses qui mettaient son sang froid à rude épreuve. Une réaction à un traitement, où parfois à un simple stress, il persistait toujours cette sorte d’appréhension à chaque fois qu’un patient quittait le cabinet dans lequel elle était assignée, tant elle ne savait pas si ce patient allait se sentir mieux ou pas. Les médecins classaient cela sous la note des aléas de la médecine , il n’en restait pas moins que Jaimee n’aimait pas cette impression de cobaye qui passait entre leurs mains pour ainsi vérifier si tel ou tel traitement était plus approprié. Il en fallait certes, mais c’était là, le talon d’Achille de son métier. Prenant son courage à deux mains, l’infirmière passa en premier lieu dans les vestiaires afin de retrouver sa fameuse blouse avant de monter en direction du second étage. Bien sûr son amie et collègue en profita pour la charrier, un petit rituel qu’elles tenaient à bien remplir toutes les deux avant leurs prises de services. Arrivée à bon port, Jaimee croisa l’infirmière en chef du service. « Salut Patsy, ça va ? » « Chaudement, j’espère que toi ça va par contre, parce que t’en as un pas facile au bout du couloir. » Jaimee se pinça les lèvres tout en haussant les épaules avant de regarder dans le cahier des charges tout en prenant considération du dossier sur le dessus de ce dernier. « Tu sais qu’il m’en faut beaucoup. » Sérieuse, la jeune femme ne détachait pas son regard des diverses informations qu’elle recueillait petit à petit pour ainsi étudier au mieux les raisons pour lesquelles ce monsieur Hardy se présentait dans ce service. Elle sentit cependant la main de sa collègue tapoter sur son épaule, comme pour lui insuffler du courage. « Il était avec Adélaïde, alors il doit être exigeant. » Son ancienne collègue était réputée dans tout l’hôpital pour être très professionnelle et maternelle avec ses patients. Un exemple à suivre selon Jaimee qui fut coupée dans sa réflexion par la remarque de la petite femme blonde. « Tu n’imagines mêmes pas. » Cette remarque suscita une réaction de la part de Jaimee qui se mit à sourire de plus belle alors que ses yeux constataient de la profession du jeune homme. Ah oui… Maintenant elle imaginait très bien les exigences de ce dernier, et c’est en refermant le dossier qu’elle contourna le bureau pour prendre le chemin en direction de la porte. Comme à l’accoutumée, Jaimee toqua de brefs coups contre cette dernière et tourna la poignée tout en resserrant le dossier contre sa poitrine et en pénétrant la pièce. « Monsieur Hardy ? » Elle laissa l’occasion au jeune homme de prendre connaissance de sa personne et s’empressa de franchir le seuil. « Bonjour, je suis Jaimee Lockwood, votre nouvelle infirmière. J’ai cru comprendre que ma collègue s’attachait à ce qu’elle s’occupe toujours de vous, j’espère être digne de reprendre ses affaires alors. » Elle lui présentait sa main pour qu’il la lui serre, une politesse qu’elle s’attachait à donner à chacun de ses patients, surtout lorsqu’ils seraient amener à se voir fréquemment. Elle échangea un sourire avec le jeune homme qui lui donnait plus l’impression d’être aussi aimable que ce que sa profession laissait présager. « Alors dîtes-moi, est-ce que vous aviez des habitudes avec elle ? Ou est-ce que vous voulez qu’on en crée des nouvelles ? Je préfère vous le dire tout de suite, je sais que ce n’est pas une partie de plaisir pour vous et je sais que vous voulez en finir le plus rapidement possible. Donc je vous laisse choisir ce qu’il vous convient le mieux. » Gardant toujours le dossier contre elle, la jeune femme inclina la tête en direction du formulaire qu’elle voyait et tendit sa main en guise d’invitation. « Je peux y jeter un coup d’œil ? » Elle voulait simplement montrer qu’elle était professionnelle et que lui mènerait la visite comme il le souhaitait. Après tout, elle ne faisait que son métier et si cela pouvait être bénéfique dans un camp comme dans l’autre autant en profiter. Son sourire se forma délicatement sur ses lèvres alors qu’elle attendait patiemment que monsieur Hardy lui réponde.
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MessageSujet: Re: JAIMEE ∆ definitely not a good day   Jeu 15 Sep - 0:17

On frappe à la porte et je ne prends pas vraiment la peine de me retourner – pourquoi faire ? Découvrir une nouvelle infirmière ? Une nouvelle personne pour s’occuper de mon pauvre cas et de mon corps que je ne maîtrise pas ? Je déteste cette situation, cette maladie, cette faiblesse insupportable qui a fini par me caractériser avec les années. Il n’y a qu’à ouvrir les yeux pour constater les différences physiques entre mon frère et moi pour comprendre que je suis celui de nous deux qui a un problème. Il n’y a qu’à constater que je ne suis même pas capable de me battre avec une femme sans finir alité pendant des jours parce que je parviens difficilement à m’en remettre. J’observe l’infirmière qui rentre et ne peux m’empêcher de me demander si elle n’est pas un peu jeune pour s’occuper de moi – je serais de toute façon définitivement plus à l’aise avec une femme plus vieille. C’est comme ça, j’ai toujours eu du mal à me confronter au regard des autres, mais particulièrement des gens qui semblent jeunes – de mon âge, en somme. Sans doute parce qu’au delà de mes 15 ans, mes années de lycée n’ont été qu’une suite infernale de jugements et de railleries, et que mon incapacité chronique à me montrer aimable ou patient ont bien rapidement eu raison de mes amis éventuels. Heureusement que William était là pour prendre ma défense en toutes circonstances et m’assurer une forme d’immunité étrange par sa popularité. Ses amis n’ont jamais osé s’en prendre à moi, préférant de loin martyriser Adrian Fletcher qui ne souffrait pas du même privilège – son orientation sexuelle n’aidant définitivement pas les railleries à se calmer. Ca me fait bizarre, de penser soudainement à Adrian. Nous renouons peu à peu contact, même si c’était objectivement peu gagné à priori. Après avoir couché avec mon frère, il lui a aussi brisé le cœur et la situation aurait logiquement dû conduire à ce que je ne lui adresse plus jamais la parole. Mais je ne suis pas ingrat – si difficile que je sois – je sais qu’Adrian a joué dans mon intégration à Oxford, s’il n’est pas même le seul à l’avoir permise. Alors je lui ai offert un déjeuner pour le remercier, et alors que le temps passe, il semble me haïr un peu moins au fil des jours. C’est difficile sans doute pour lui de comprendre pourquoi j’agis de la sorte. Quelques fois, je me dis que j’aurais dû encourager son couple avec William plutôt que de m’y montrer si réfractaire. Peut être que j’aurais pu profiter de la situation pour enterrer vraiment la hâche de guerre avec Grayson et faire de lui un ami. Maintenant, la situation est redevenue comme à son habitude, Adrian et Christopher sont mariés et ne tarderont sans doute pas à avoir des enfants, une famille parfaite dans leur monde parfait. Je ne peux pas m’empêcher de ressentir de la jalousie, et cette même jalousie me pousse à détester Chris à défaut de pouvoir bénéficier de sa présence. Je ferme les yeux, m’agace-moi même de ne pas avoir été capable de dépasser un foutu coup de cœur datant de mes 15 ans. Je suis vraiment un idiot.

Ces pensées n’ont cependant que très peu de place dans ma journée et je tâche de me reconcentrer sur la nouvelle infirmière qui entre dans la pièce. Elle semble aimable – la fille dehors a dû la prévenir que je n’étais pas facile, j’imagine. « Bonjour », je réponds en acquiesçant tandis qu’elle m’explique qui elle est. « Pas d’habitudes particulières, non. Je lui signalais simplement les anomalies ou moments difficiles de la semaine », j’explique en haussant une épaule. Je ne sais pas si elle me demandait de faire ça pour l’intérêt médical de la chose ou simplement pour être gentille avec moi et substituer un éventuel psychologue que j’ai toujours refusé de voir. A quoi bon aller se faire dire qu’on est fou, qu’on a un père aussi taré que nous ou autre ? Peu d’intérêt selon moi. « Je tiens un carnet, mais… » J’hausse une épaule et dépose le carnet sur la table sans grande conviction. « Pas certain que ça serve, de toute façon. Je fais ces visites de contrôle pour faire plaisir à mon frère, c’est lui qui s’occupe de moi. Personne n’a jamais vraiment réussi à m’aider cela dit », je note, un peu sec, en lui donnant le formulaire qu’elle me réclame et qui retrace des informations de base sur moi, sur les effets de mes traitements et mon sentiment général s’agissant de ma santé. « Je vous en prie », j’ajoute en acquiesçant. Autant prévenir et ne pas lui laisser espérer que je puisse être un patient charmant ou agréable. Je suis un cas, tout le monde le sait, un cas pour lequel personne n’a jamais réussi à rien – ce qui bien entendu n’a pas contribué à me rendre plus aimable.




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