sethua ❝ old memories ❞

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MessageSujet: sethua ❝ old memories ❞   Mar 26 Juil - 16:18



SETH & JOSHUA
❝ old memories ❞

Il ne savait pas vraiment pourquoi ses pas l’avaient amené ici. Ou plutôt, il s’en doutait, mais n’aimait pas vraiment y penser. L’anniversaire de la mort de sa mère avait lieu demain, et il y avait cette boule au creux de son estomac, qui ne voulait pas partir depuis une semaine maintenant. Joshua avait tenté de l’ignorer, mais le fait que Lexie, sa grande sœur, soit autant nerveuse que lui, sinon plus, au fur et à mesure que la date rapprochait, n’aidait pas vraiment. Alors il était sorti. Colin l’avait invité à une de ses soirées, encore. Il y avait fait un petit tour, en espérant que cette fois-ci serait la bonne, qu’il parviendrait à se sentir bien en présence de multiples personnes. Bien entendu, son espoir fut vain. Pire encore, avec l’appréhension de l’anniversaire de la mort de sa mère, son stress s’était accentué, et il avait bien rapidement senti la panique monter en lui, comme elle prenait possession de chacun de ses membres, tout à coup. Cette fois-ci, même fredonner une chanson dans sa tête n’avait pas suffi à le calmer, et il était parti presqu’en trombes, avant d’inspirer longuement pour tenter d’oxygéner son cerveau. L’air s’était heureusement rafraichi, et cette constatation le rassura. Au moins, il n’aurait pas à lutter contre la lourdeur et la chaleur londonienne qui, peut-être rare, n’en était pas moins redoutable – pour lui, tout du moins. Et puis ses pas l’avaient amené ici. A Little Venice. Il serait incapable de dire combien de temps il avait bien pu marcher pour rejoindre les berges, à l’autre bout de la ville. Plusieurs heures, probablement. Qu’importe. L’air lui faisait du bien, et même si les souvenirs étaient douloureux, il avait bien fait de venir ici.

Il s’assit à l’endroit même où sa mère les amenait piqueniquer, Lexie et lui, lorsqu’ils n’étaient qu’enfants. Il ne comptait plus les week-end qu’ils avaient pu passer ici durant son enfance, à imaginer un monde nouveau. S’il se concentrait suffisamment, il pouvait même se souvenir de son rire qui s’envolait dans les airs. Qu’est-ce que son rire avait pu être communicatif ! Joshua avait toujours été étrange. Toujours été bizarre. Un peu à l’écart, aussi. Cela n’avait jamais dérangé ses parents, étrangement. S’il s’était fait à ce que Lexie l’accepte exactement comme il était, il avait souvent cherché dans ses souvenirs, un moment où ses parents auraient pu ne pas l’aimer, parce qu’il était différent. Mais il n’y en avait aucun. Peut-être que faire le deuil de sa mère aurait pu être plus simple, si cela avait été le cas. Mais non. Sa mère avait probablement été la femme la plus gentille et tolérante qui puisse exister, et il était certain que le monde avait perdu quelque chose, le soir où elle perdit la vie. Il ne croyait pas au Paradis. Lexie semblait y croire, ou peut-être lui en avait-elle parlé simplement pour le consoler, et lui dire que leur mère était plus heureuse à présent. Il n’y croyait pas. Le Paradis, ce n’était pas quelque chose de tangible. Et Joshua aimait ce qui était tangible, ce qui était logique. Le reste, ce n’était finalement que des songes, des chimères. Rien d’autre. Pourtant, il se souvenait encore des histoires de sa mère, et de comment celles-ci pouvaient lui réchauffer le cœur, lorsqu’il n’était qu’un enfant. Il n’y avait alors plus rien qui n’importait, dès qu’elle se mettait à conter.

Une larme coula sur sa joue, et il ne prit pas la peine de l’essuyer. A quoi bon ? Il savait que d’autres finiraient par rejoindre la première, et ce serait peine perdue. Il ne sut pas exactement combien de temps il resta ainsi, assis au bord de la Tamise, appréciant le reflet de la lune sur celle-ci. A écouter les rires au loin, se mêlant à la musique provenant de cafés. Le bruit était suffisamment loin pour ne pas le déranger, mais suffisamment proche pour qu’il ne se sente pas seul. Bref, ce bruit de fond lui convenait. Il se sentait bien. Il n’était pas nerveux. Il n’était pas angoissé. La boule était toujours au creux de son estomac, mais celui-ci était un peu moins noué. Bref, il se sentait bien. Il se remémorait des souvenirs de sa mère, et puis cela allait mieux. Il n’était pas si étonnant que ça, qu’il soit revenu ici, finalement. Que ses pas l’aient amené ici. Parce qu’il y allait presque tous les ans. Il ne l’avait pas fait l’année dernière, parce que sa sœur et lui étaient partis en vacances durant cette période de l’année. Ils ne partaient jamais en vacances, ils n’avaient pas les moyens. Mais, cette année-là, ils avaient pu. Alors il n’était pas venu. Quelques années plus tôt, alors qu’il rentrait à peine dans l’adolescence, c’était avec son meilleur ami, qu’il venait ici. Et pas seulement lorsque l’anniversaire de la mort de sa mère se rapprochait. Non, ils venaient simplement ici, tous les deux. Parfois, après qu’ils se soient rapprochés, ils s’y embrassaient, aussi. Oui, nul doute que cet endroit était gorgé de souvenirs. Et surtout des bons.
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MessageSujet: Re: sethua ❝ old memories ❞   Sam 27 Aoû - 15:57

La grisaille londonienne s’était temporairement effacée pour laisser place aux couleurs chatoyantes du temps, plus radieux, ces derniers jours. Seth avait envie de profiter de ces balades dans les rues ensoleillées, perspectives d’un nouveau monde s’ouvrant à lui. Les gens alimentaient la vie à Londres, la population ayant choisi comme lui d’accepter la clémence du soleil. Bientôt le rythme effréné des cuisines serait là pour lui rappeler qu’il n’aurait pu le temps de se prélasser dans un parc, ou acheter un café frappé dans le premier Starbucks du coin. Il n’avait pas imaginé dans un premier temps que cette visite coutumière chez son père l’amènerait à un contrat d’embauche dans la ville. Un collègue de son père, qui connaissait un type qui lui même bossait dans un hôtel vers le quartier de Mayfair, qui s’était chargé de le recommander.

Peser le pour et le pour dans la balance, il l’avait fait. Cela faisait des années maintenant qu’il avait construit sa vie autour de la capitale de la France, avec ses premières galères dans le milieu, et les reconnaissances qui avaient parfois suivies aussi. Et puis il y avait eu cette opportunité, qui incluait de tout lâcher, pour commencer autre chose à Londres. Ca allait devoir demander un peu d’organisation, mais il avait dit oui, simplement, parce que le poste était plus intéressant, la paye aussi, et que c’était un bon moyen de gravir les échelons. Des questions, il s’en était beaucoup posé quand il était gosse, et c’était toujours lorsqu’il avait donné un grand coup de pied dans la fourmilière qu’il s’en était le mieux sorti. Il allait devoir se dépatouiller avec son futur ancien chef de cuisine maintenant… ouais, pas tout de suite. Il n’en restait pas moins ravi de cette décision, devenant comme ça un nouveau chapitre de sa vie, sans doute due au fait qu’il ne savait pas du tout où est-ce qu’il allait foutre les pieds, et qu’il allait peut-être le regretter, des semaines plus tard.

Trainer dehors, c’était toujours mieux que de rester cloitrer dans l’appartement de son père. Dès qu’il allait se faire un peu d’argent, il allait devoir trouver une solution, et assez vite, histoire de se trouver un studio ou crécher, même temporairement. Il ne pouvait pas se dire que ça se passait mal, dès qu’il se retrouvait plus de cinq minutes dans la même pièce que son père, mais… ils n’avaient rien à se dire, et ça ne se passait pas non plus forcément bien. Ils étaient finalement deux étrangers qui devaient apprendre à se côtoyer pour ne pas froisser l’autre, mais si pour ça, ça voulait dire être une autre personne qu’il était, autant dire que c’était mort. Il n’était pas mal à l’aise avec la personne qu’il était, simplement parce que c’était comme ça, et que ce n’était pas près de changer. Si ça, son père n’était toujours pas prêt de l’accepter, après tout, c’était son problème. Il savait où est-ce qu’il avait envie de terminer sa promenade, qui durait maintenant depuis plusieurs heures, maintenant que la nuit était tombée. C’était un endroit qu’il avait souvent fréquenté, quand il était ado, c’était Joshua qui le lui avait montré. Il était revenu quelque fois par la suite, lorsqu’il avait déménagé, et qu’il venait en vacances chez son père. D’abord, parce qu’il appréciait ce lieu, empreint de paix et de repos, comme si chaque chose était à sa place, et que c’était là, la seule définition du bonheur. Un endroit qui le raccrochait à son passé aussi auquel il demeurait attaché.

C’était un coin reculé de la ville, non pas interdit, mais qui n’était pas forcément évident d’accès, accessibles seulement par les connaisseurs. Aussi, dès qu’il aperçu une silhouette assise au bord de la Tamise, en plus d’être étonnée, parce qu’à part lorsqu’il était venu en compagnie de son ami, il n’y avait jamais croisé qui que ce soit. Il hésita dans un premier temps à partir, peu désireux de vouloir partager ces instants volés avec quelqu’un d’inconnu, mais aussi frustré de ne pas pouvoir en profiter à son tour. Il détesta quelques instants également cette personne venue en quelques sortes lui voler ses souvenirs qu’il était venu laisser propager jusque-ici. Une poignée de secondes seulement cependant, parce que grâce à une tête soudain légèrement détournée du protagoniste, le contour de ses traits lui parurent familiers. D’abord, il se dit que c’était seulement par habitude. Même à Paris, il avait le sentiment de croiser Joshua un peu partout, dans le métro, à la sortie d’un bar, ou assis à un arrêt de bus, comme si le fait d’attendre que son meilleur ami apparaisse tout à coup allait être miraculeusement réalisé. Mais sauf que cette fois ci… Et si c’était vrai ? Lorsqu’il venait seul ici, il avait souvent imaginé y trouver Joshua. Forcément, puisque c’était lui qui l’avait emmené là en premier lieu. Ce n’était jamais arrivé, laissant son imagination accepter cette réalité. Pourtant, c’était maintenant. Et c’était bien réel surtout. Songer à des retrouvailles n’avait rien à voir avec un moment tout à coup brusquement ancré dans la réalité, et ça, Seth était en train de l’appendre à ses dépends. Il se sentait mal à l’aise tout à coup, sans aucune raison apparente, parce qu’il n’avait normalement rien à se reprocher. Juste le sentiment d’un rendez vous manquer. Occasion donnée à rattraper, là, maintenant, tout de suite.

Sans savoir ce qu’il allait faire, il s’approcha. Comment signaler sa présence ? Héler son ami lui sembla surfait. Il devenait tout à coup le pantin d’un film, sans parvenir un instant à échapper à ce cliché.

- Il y a des habitudes qui ne changent pas, dit-il simplement, le timbre bas, mais assez fort pour se faire entendre, sans surprendre Joshua. Il n’y avait plus qu’à attendre sa réaction.
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MessageSujet: Re: sethua ❝ old memories ❞   Jeu 15 Sep - 14:57



SETH & JOSHUA
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Il était là, le regard fixé sur la tamise qu’il ne voyait pas vraiment, comme il ressassait ses souvenirs. Joshua intériorisait trop, tout le temps. Il était probablement trop rationnel pour son bien, aussi. Alors il analysait chaque souvenir dont il se rappelait. Il analysait ce qu’il avait pu ressentir lorsqu’il était venu pour la première fois à cet endroit, en compagnie de ses parents et de sa sœur. Il s’était senti mal à l’aise, hésitant, comme à chaque fois qu’une de ses habitudes changeaient, et qu’il découvrait quelque chose de nouveau. Ce jour-là, alors qu’il n’était qu’un enfant, cet endroit avait été un lieu nouveau. Il lui avait fallu du temps avant d’y trouver ses marques, avant de s’y sentir assez à l’aise pour considérer les piqueniques comme une nouvelle habitude. Ce jour-là, il avait détaillé le lieu, se sentant encore plus petit qu’à son habitude. Il avait vu sa famille, ceux qu’il aimait plus que tout, auprès de qui il s’était toujours senti en sécurité, s’asseoir sur une grande nappe, dressée pour l’occasion. Il les avait regardés, et s’était demandé ce qu’il devait faire. Ou plutôt, pourquoi il devait le faire. Parce que oui, malgré les apparences, Joshua n’était pas idiot. Bien au contraire, il avait tendance à comprendre assez rapidement les choses, surtout lorsqu’elles étaient tangibles. Donc il avait bien compris que l’on attendait de lui qu’il s’assoit auprès d’eux, à leurs côtés. Mais, pourquoi s’asseoir à même le sol ? Pourquoi ne pouvait-il pas rester debout ? Sa sœur le regarda, fixement, sans rien dire. Elle se demandait probablement pourquoi il ne faisait pas comme eux, bien qu’elle ne le jugerait pas pour cela – elle s’y était probablement habituée, depuis le temps. Le regard de son père se fit un peu plus dur, comme s’il le jaugeait. Probablement était-ce le cas. Mais sa mère ne faisait que le regarder avec toute la tendresse du monde, avec un sourire remontant jusqu’à ses prunelles. Il lui avait rendu un timide sourire en retour. Mais il était resté debout. Il était resté debout jusqu’à comprendre pourquoi il devait s’asseoir. Il était resté debout, et avait commencé à manger ainsi. Puis ses jambes avaient commencé à le lancer. Il commençait à être courbaturé. Il était resté debout trop longtemps, et la douleur se faisait de plus en plus lancinante. Alors il avait compris. Et il s’était assis.

« Il y a des habitudes qui ne changent pas » entendit-il alors près de lui, le faisant sursauter, comme il sortait de ses pensées. Le stress et l’angoisse commencèrent à monter en lui, comme il regarda les alentours, se demandant qui lui avait adressé la parole. La voix lui semblait familière, mais il ne s’était pas attendu à l’entendre. Alors le stress était venu. L’angoisse l’avait oppressé. Sa respiration se coupa un instant, le laissant pantelant, comme il cherchait qui était l’intrus qui lui avait provoqué cette déplaisante surprise, ne comprenant pas que c’était quelque chose qu’il ne supportait, littéralement, pas. Puis ses yeux se posèrent sur la silhouette derrière lui, et il déglutit lentement, reprenant sa respiration, laissant l’air pénétrer ses poumons. Seth. Tout à coup, il analysa la scène qui venait de se passer, en fit l’introspection. Seth avait utilisé une voix basse, justement probablement pour ne pas lui faire peur, pour ne pas lui créer cette surprise qu’il n’aimait pas. Il ne l’avait pas pris dans ses bras pour le saluer. Il ne lui avait imposé aucun contact physique. Il avait simplement annoncé sa présence et, rationnellement, il ne put que constater qu’il l’avait fait de la meilleure façon, de la seule façon qui l’étourdirait le moins. Un sourire orna sur ses lèvres un instant. Il ne se leva pas pour autant, se contentant de tapoter à ses côtés pour l’inviter silencieusement à s’asseoir auprès de lui. Il ne savait pas si Seth l’avait vu ou s’il saisirait son invitation. Il n’en savait rien. Il ne le connaissait plus si bien que ça, après tout. Depuis combien de temps ne l’avait-il pas vu ? Depuis combien de temps n’avait-il pas entendu le son de sa voix ou, simplement, eu de ses nouvelles ?

Il se demanda un instant ce qu’il faisait là, à Londres, à cet endroit plus précisément. Il se demanda alors s’il lui avait manqué, si lui aussi cet éloignement l’avait heurté, blessé. Ou s’il n’avait rien ressenti, trop occupé à s’amuser avec de nouveaux amis. Des amis comme lui, des amis normaux, avec qui il n’avait pas à se poser de questions avant d’agir. Qui ne l’aurait pas abandonné pour une vie sans questionnement, après tout ? Colin lui reprochait suffisamment de ne pas faire d’efforts, quand bien même il en faisait. Peut-être que Seth avait ressenti la même chose, et avait donc préféré s’éloigner, pour passer du temps avec des personnes qui n’avaient même pas besoin de faire d’efforts pour être normales. « C’est bientôt l’anniversaire de sa mort. » répondit-il simplement, d’une voix peu maitrisée, et pourtant si rationnelle. « Alors j’ai voulu venir ici. Enfin non, pas vraiment voulu. Mais mes pieds m’ont amené ici, sans que je le réalise vraiment. » lui expliqua-t-il finalement, haussant brièvement des épaules, ne sachant pas si son explication était claire et compréhensible. Elle l’était pour lui. Peut-être pas pour Seth. « Et toi ? Qu’est-ce que tu fais là ? » se força-t-il à lui demander, d’une manière bien peu naturelle. Parce qu’il ne faisait que s’efforcer à lui retourner la question, comme il savait qu’il était normal de faire, dans cette situation. Il le savait, alors il le faisait, même si cela lui semblait faux, et sonnait d’ailleurs faux. Après tout, il n’avait pas d’intérêt pour sa réponse, alors pourquoi le lui demander ?
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