honey I'm home w/ Joey

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Invité

MessageSujet: honey I'm home w/ Joey   Mar 12 Juil - 15:02

Fitz n'aurait jamais cru penser ça un jour, mais la routine très tranquille du boulot, métro, dodo, avait du bon. A une époque, il courrait les compétitions et les galas, ne prenant que le temps d'une douche et d'un coup de fil à ses parent entre deux répétitions, and god, it was awesome. L'adrénaline et le rythme effréné de son existence lui avaient toujours semblé épanouissants, agréables aussi et il s'était souvent entendu dire qu'il ne pourrait pas s'en passer. Pourtant, passer huit heures par jour au studio et deux autres dans le métro pour ensuite croiser ses colocataires et aller se coucher à une heure plus que raisonnable sept jours sur sept avait quelque chose de délicieusement reposant. C'était simple, sans surprise et après l'année qu'il venait de passer, Fitz se prenait à apprécier un quotidien monotone. Il savait où il allait, il savait ce qu'il faisait et la seule chose encore capable de le surprendre était l'absence de l'un ou l'autre de ses élèves dans la journée. Ça n'avait rien de fou, c'était bien loin de tout ce qu'il avait connu mais ça lui plaisait.

Bandoulière sur l'épaule et écouteurs vissés sur les oreilles, il monta péniblement les salves d'escaliers menant à l'appartement qu'il partageait avec Joey et les deux autres. Ceux-là, Fitz les connaissait peu, les voyait tout autant d'ailleurs. Joey, en revanche, well. Joey, Fitz avait l'impression de la connaître un peu trop bien. Il gardait ses distances, d'abord parce qu'il se l'était promis et que Fitz n'était rien, sinon constant dans ses décisions. Ensuite parce qu'il savait que ce genre de situations pouvait rapidement tourner au vinaigre. On ne couchait pas avec ses colocataires, on n'en tombait pas amoureux non plus. C'était loin d'être le cas, Dieu merci. Après Salma et leur amère rupture, Fitz n'était pas prêt à se lancer dans la moindre relation de sitôt, pas même si ce n'était que purement physique. Et, yeah, Joey était mignonne, Joey était drôle et il n'avait pas suffisamment bu le soir de leur première rencontre pour oublier quelle sympathique partenaire elle était au lit. Mais on ne couchait pas avec ses colocataires, c'était un genre de règles implicites qu'on ne retrouvait pas sur un contrat de colocation mais qui figurait bel et bien dans les esprits. Et puis ils étaient amis maintenant ou, en tout cas, Fitz voulait le croire. On ne couchait pas avec ses amis non plus. Fin de l'histoire.

Il parvint donc à la porte d'entrée, secouant maladroitement son trousseau de clés pour trouver la bonne. Un juron lui échappa, sous l'oeil réprobateur de la voisine d'en face qui tentait avec force d'injonctions et de soupirs agacés de faire rentrer son stupide chat. La bestiole finissait régulièrement chez eux mais Fitz ne s'était pas franchement pris d'affection pour elle, pas après l'avoir retrouvé au beau milieu du tas de tissus qui avait un temps été sa taie d'oreiller. Anyway. « I'm home ! » annonça-t-il, comme il avait pris l'habitude de le faire. Un peu pour se sentir chez lui, certainement, même si personne ne l'attendait vraiment. Une seule paire de chaussures dans l'entrée, une seule veste accrochée à la patère. Great, Joey était donc seule à la maison – la maison, autre moyen de se mettre un peu plus à l'aise, même si jusque-là les résultats n'étaient pas spécialement concluants – et c'était son tour à lui de cuisiner. Quand bien même aurait-il incombé à Joey de faire le dîner, Fitz l'en aurait probablement empêchée. Par instinct de survie, par nécessité de protéger la population de leur immeuble. Absolument pas parce qu'il aimait cuisiner pour elle ou quoi que ce soit. « Joey ? appela-t-il, une fois débarrassé de sa veste en jean et de son sac, déposé dans sa chambre. On commande ce soir ou je cuisine ? » demanda-t-il d'une voix forte en ouvrant le frigo. Et, yes, it was awfully domestic mais après tout, ils vivaient sous le même toit, il n'allait tout de même pas l'ignorer. Ce n'était pas comme ça qu'on l'avait élevé.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité

MessageSujet: Re: honey I'm home w/ Joey   Sam 16 Juil - 17:03



FITZ & JOEY
❝ honey I'm home ❞

« I'm home ! » Elle entendit sa voix, mais ne bougeait pas. Allongée sur son lit, ses prunelles fixait le plafond blanc. Elle ne s’était pas changée. Toujours habillée de cette robe colorée, qui contrastait tant avec la tenue des autres invités. Pourquoi ce noir ? Granny n’avait jamais aimé le noir. Granny avait toujours aimé les couleurs. Granny avait toujours été une personne pleine de vie. Jusqu’à ce qu’elle soit morte. Jusqu’à ce que son souffle ne s’éteigne, et qu’elle ne soit plus qu’un cadavre. Pâle, froide. A des années lumières de ce qu’elle avait pu être, par le passé. Mais Joey savait qu’elle n’aimait pas le noir. Le noir, c’était bien trop déprimant. Les couleurs, c’était mieux. Alors sa robe était colorée. Et elle ne l’avait pas quittée. Son visage était sans émotion. Elle était fatiguée, éreintée. Mais elle ne voulait pas dormir. Ses yeux ne voulaient pas se fermer, bien trop occupés à fixer ce point invisible, sur le plafond. « Joey ? » Elle se racla un peu la gorge, se relevant doucement. Ignorant le vertige qui le prenait, alors qu’elle posait ses pieds sur le sol de sa chambre. A l’entrebâille de la porte, elle resta silencieuse, le regardant. « On commande ce soir ou je cuisine ? » demanda-t-il simplement, comme une routine qu’elle appréciait. Qui la sécurisait. Alors elle le rejoignit dans le salon, sans un mot. Parce qu’elle n’avait rien à dire. Elle s’installa sur le canapé, dans un soupir, posant ses yeux sur lui, avant de détourner son regard.

Elle était là, ses jambes pliées, ses genoux touchant son ventre. Et elle n'avait pas vraiment faim. Alors elle soupira. Elle ne savait pas ce qu'elle ressentait, elle se voyait bien mal lui en parler, mettre des mots sur ces sentiments qu'elle connaissait si bien, maintenant, après toutes ces années. D'ordinaire, elle utilisait le sarcasme. Ou l'ironie. Elle aurait dit « Ce n'est qu'une personne de plus que j'enterre. C'est presqu'un rendez-vous annuel avec les croque-morts. » Puis elle aurait forcé un sourire, et un rire se serait échappé. Un rire triste, mais un rire quand même. Elle posa ses yeux sur lui, ses iris appréciant sa peau ébène. Elle n'avait toujours pas répondu à sa question. Elle n'avait pas faim. Mais elle savait que si elle le lui disait, alors il s'inquiéterait pour elle. Elle ne lui en avait pas parlé. Lorsqu'elle avait reçu ce coup de téléphone, lorsque la voix de sa sœur, de sa jumelle, de son double pourtant si différent, avait atteint son oreille, pour lui annoncer la nouvelle. Elle ne lui en avait pas parlé. Parce qu'il n'y avait rien à dire. Sa grand-mère était morte. Ce n'était pas comme si c'était une surprise, comme si elle ne s'y était pas attendu. Des années qu'elle avait Alzheimer, après tout. Des années qu'elle s'y était préparée. Fitz était son ami. Elle n'avait pas beaucoup d'amis. Probablement parce qu'elle couchait avec eux. Elle avait couché avec Fitz, aussi. Bien sûr. Forcément. Elle couchait avec tout le monde. Mais il était devenu son colocataire. Il était devenu son ami. Et il s'inquiétait pour elle. Voila pourquoi elle ne lui en avait pas parlé. Parce qu'il se serait inquiété. Alors qu'elle allait bien. Elle était habituée. Pas son premier enterrement, loin de là.

Elle lâcha un autre soupir, le fixant, tout en ne le regardant pas. Les yeux dans le vide, ses pupilles comme attirée par sa peau qu'elle n'avait, étrangement, pas envie de toucher. Comme si elle avait de se brûler. Ou de le brûler, plutôt. « Tu ne devrais pas t'occuper de moi. » dit-elle simplement, ne répondant pas réellement à sa question. « Ou tu vas mourir, toi aussi. »  reprit-elle dans un souffle, se demandant si c'était à lui qu'elle disait ses mots, le mettant en garde, ou si elle le disait pour elle, comme si elle annonçait un simple fait. « Tu vas finir par m'abandonner, toi aussi. »  Nouveau souffle, et une larme perla au coin de son œil, sans qu'elle ne le réalise vraiment. « Tout ceux qui s'occupent de moi finissent par mourir, par m'abandonner. »  Elle repensait à son père, qui était parti, sans se retourner, lorsqu'elle était petite. Ses souvenirs de lui restaient flous, surtout qu'elle n'en avait jamais réellement parlé, parce que Romy n'aimait pas y penser. Elle repensait à sa mère, aussi, qu'un terrible accident leur avait arrachée. À sa tante par alliance, assassinée peu de temps après. A son grand-père, mort dans son sommeil. La belle mort, comme on le disait. Même s'il était trop jeune pour mourir, au moins il n'avait pas souffert. Puis Romy qui l'avait abandonnée. Romy qui ne voulait plus lui parler, qui ne voulait plus la regarder. Romy qui la détestait. Elle l'avait mérité. Elle avait tout gâché. Simplement parce qu'elle avait eu peur de la voir l'abandonner. Ironique. Et maintenant sa grand-mère. Sa grand-mère qu'elle avait tant aimée. Elle repensait aux séries de vieux qu'elle se forçait à regarder avec elle, même si elle s'ennuyait. Elle repensait aux sourires complices qu'elles partageaient. Elle repensait à tous ces souvenirs qui l'assaillaient. Nouveau soupir, nouvelle larme. « Je ne veux pas que tu meurs, toi aussi. Je ne veux pas que tu m'abandonnes. »  Puis d'autres larmes qui piquèrent ses yeux. Mais elle n'y fit pas réellement attention. Peut-être était-ce pour cette raison, qu'elle avait simplement haussé des épaules nonchalamment, lorsqu'il lui avait dit qu'ils ne recoucheraient pas ensemble. Parce qu'elle avait su qu'il s'occuperait d'elle. Qu'il les remplacerait un peu, finalement. Et elle n'avait pas voulu le faire fuir, lui aussi.
Revenir en haut Aller en bas
 
honey I'm home w/ Joey
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» honey i'm home w/ jace
» 05. "Run, Joey, Run !"
» Fan club Chi sweet home ! SWEEEEEET ! =D
» Go big or go Home ~ ! [Terminer]
» Joey Miles [ E.C ]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Ticket To Ride :: flood & hors-jeu :: this train terminates at morden :: ARCHIVES 2016-2017-
Sauter vers: