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 people fuck you up [elliot & toni]

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MessageSujet: people fuck you up [elliot & toni]   Mer 8 Juin - 0:39


« people fuck you up »
[elliot & toni]

« Collons ! No m’agraden teus pits. Són tan fotudament plans. »

La jeune femme hurle, comme Toni tire ses cheveux en lui criant des obscénités en catalan, à sa demande. Ses mèches, lourdes et grasses, s’enroulent d’elles-mêmes autour des doigts du garçon. En rigolant, il imagine son visage, lequel il ne peut apercevoir, la pauvre étant à quatre pattes devant lui. Toni la prend bestialement, comme elle le paie pour le faire. Ils se trouvent dans une chambre éloignée, la chambre trop souvent réservée aux cas spéciaux, ces clients qui ne savent contenir leur enthousiasme. Lors de leur premier coït, les râlements bruyants qu’elle pousse surent terroriser le jeune Ibizien, lequel, par soucis de garder son emploi, avait poursuivi l’acte, sans broncher. Par la suite, la cliente avait développé un certain favoritisme pour le Catalan, de sorte qu’elle réquisitionne ses adresses à chaque passage. Encore là, elle le supplie de poursuivre la récitation de ses propos qu’elle imagine lascifs.

« Fote’t, estic avorrit. »

Les mèches brunes et bouclées de Toni collent contre son visage, malgré les coups de tête fréquents qu’il effectue, de manière à les envoyer vers l’arrière, sans succès. Tout son corps sue, sa peau basanée se parsemant de perles brillantes. Le prostitué s’essouffle, ses cuisses s’enflamment, son membre est douloureux. Ses mouvements de va-et-vient ne sont plus coordonnés. Il se concentre, sa respiration retrouvant un rythme régulier. Ses mains agrippent le bassin de la femme accroupie, ses oncles creusent dans sa chair, provocant chez la cliente un soupir de contentement. Puis, sa cadence se décuple et se précise. Son être entier combat son désir de jouir, la bataille étant entre elle et lui. Celle-ci l’incite à poursuivre ses élans, à l’insulter, à la dominer. Déjà, Toni favorise ce phantasme de la nymphomane car, lorsqu’elle insiste pour le dominer, il ne peut fuir son regard pervers. Soudainement, le jeune homme vénal en a assez, cela doit cesser. Ses muscles se contractent, alors qu’il allonge son torse contre le dos de sa cliente. Ses mouvements de hanche s’accélèrent à nouveau, son poids s’écrase contre elle. Le manège dure encore quelques minutes, puis elle pousse un son criard, joue une note assourdissante. Les yeux de Toni se ferme, puis il libère son corps, cesse de retenir ses envies. La jouissance passée, il retire le préservatif, le balance dans la corbeille sans s’appliquer à le nouer, puis se vautre contre les draps trempés, sa sueur se collant à celles de sa cliente, lui inspirant un certain dégoût. Néanmoins, sa poitrine se gonfle et se dégonfle, préoccupée par la recherche d’une cadence saine. Aveuglée par le désir, la femme désespérée dépose sa tête contre le torse de Toni, inspirant à celui-ci une nausée prononcée.

« Fot el camp, bandarra. »

Elle en redemande. Terrifié à l’idée de cette éventualité, Toni lui remémore les frais. Elle hésite, mais en vient à la conclusion qu’elle ne peut se permettre une autre baise. La lourdeur de son crâne le pesant, le jeune homme aux traits ibériques la repousse finalement, saisissant l’occasion pour se revêtir. Elle en fait de même, avant de le quitter, en lui rappelant cruellement leur rendez-vous de la semaine prochaine. Dès qu’elle referme la porte, l’Irlandais ne se gêne pas d’émettre un long et pénible son de dégoût à l’idée de cette éventualité. Il se rend par la suite dans un local clandestin, où son horaire de la semaine prochaine lui est remis, ainsi qu’une enveloppe brune bien lourde. Il fourre le tout dans les poches vides de sa veste d’occasion, puis s’enfuit du casino, tel un voleur dans la nuit.

Un sourire apparait sur son visage, alors qu’il s’engouffre dans la subterranéité de Londres. Avant de recevoir son paiement, il n’avait plus d’argent pour se payer des titres de transport, du coup, il marchait énormément, sous les rayons cuisants du soleil d’été. Utiliser les transports en commun est dorénavant un luxe qu’il lui est maintenant abordable. Les tunnels se mettent à rugir, puis un métro apparait. Un wagon ouvre ses portes devant lui. Toni s’assure d’abord qu’il ne connait personne dans ledit wagon. Après tout, il a connu beaucoup de gens lors de son année scolaire dans la capitale britannique, individus qu’il ne peut se permettre de recroiser, par soucis de sécurité. Enfin, il y a aussi Fab. Néanmoins, celui-ci ne doit absolument pas être avisé de la présence de Toni à Londres. Les dangers qu’ils encourraient seraient trop élevés. Et, bien que le jeune Catalan ait pris des décisions discutables ces dernières années et agit de manière parfois odieuse au cours de sa courte existence, jamais ne mettra-t-il la vie de Fab en péril. S’il y a bien une seule émotion dont il est convaincu, c’est son amour pour son ancien colocataire. À chaque arrêt, chaque station souterraine, son être se tend, ses jambes se raidissent, prêtes à fuir si un visage connu traverse les portes automatiques du wagon. Arrivé à destination, il s’en sort sans croiser personne. Après tout, au beau milieu de la nuit, les usagers sont en bien moins grand nombre, heureusement pour lui.

Il traverse Camden Town, sa musique éclectique attribuant un son au décor de la nuit. Les néons psychédéliques caractéristiques de l’audace du quartier le charme autant qu’au premier jour. Toni se souvient comment, adolescent, ces rues et tant d’autres devenaient son domaine, son évasion prenant un sens réel alors qu’il vagabondait entre les lieux les plus irisés de Londres. Les couleurs des rues n’ont pas perdues leur ampleur, mais le Catalan a peut-être égaré la sienne.

Il enfonce sa nouvelle clef dans la serrure de la porte et pénètre dans l’appartement qu’il occupe nouvellement. C’est avec surprise qu’il aperçoit son colocataire éveillé... Son nom lui échappe, quelque chose comme Ethan? Ellis? Ah, Elliot! Toni lui envoie son sourire caractéristique, doté d’un charme machiavélique. Instinctivement, sa main se dirige vers le réfrigérateur, duquel il extirpe une bouteille de bière froide, d’un troupeau qu’il a acheté il y a quelques jours, le ruinant définitivement. Heureusement, il est à nouveau plein aux as. Il s’installe sur le canapé, sort une série de billets de son enveloppe, les balançant à Elliot, lequel est préoccupé par la préparation de sachets de cocaïne.

« Cheers mate! » conclut-il en décapsulant sa bouteille, la trinquant à la santé de son nouveau colocataire.
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MessageSujet: Re: people fuck you up [elliot & toni]   Mar 21 Juin - 19:21

La carte du Royaume-Uni ne ressemblait pas à grand-chose. Une espèce de triangle, saboté par l’indépendance, lourdement gagnée, des irlandais. Minutieusement, le guitariste dessina un ovale distinct pour former un îlot censé représenter l’Irlande du Nord. A côté, quelques centimètres plus loin, s’étendait déjà un plus vaste territoire triangulaire. Il s’appliqua à créer une frontière écossaise, au nord. Puis trop penché au-dessus de son œuvre pour la voir correctement, il traça en tremblotant une ligne de séparation imaginaire du Pays de Galles, à l’ouest du chef-lieu politique qu’était l’Angleterre. Un large sourire étira ses lèvres, et il referma son sachet de cocaïne. Si les musées contenaient de tels travaux d’artistes, ils seraient bien plus fréquentés, croyez-moi. Ses doigts s’emparèrent d’un billet orangé, à l’effigie de la douce reine du Commonwealth, que Dieu sauvera peut-être un jour. Par où commencer ? Toutes les côtes lui faisaient de l’œil ! Elles étaient si belles en plus, à croire qu’il n’avait pas étudié la géographie sans raison. Il roula soigneusement la tête de sa majesté avant de s’attaquer avec excitation au sniffage du Royaume-Uni. L’épreuve fut redoutable. Longer les côtes jusqu’à ce que plus rien ne subsiste à son assaut divin. Il surmonta le défi avec fierté, le nez suintant d’un liquide brunâtre, qu’il essuya vaguement du coin de sa manche autrefois blanche avant de s’effondrer au fond de son siège, bras croisés derrière sa tête, sourire comblé aux lèvres.

Ses paupières se rouvrirent sur des yeux noisette embués. Ses poings tapèrent un peu trop vivement sur la table taguée, comme la majorité des murs de l’appartement, et dont la crasse semblait incrustée à l’intérieur depuis des années. Ses pieds lacés de converses noires gribouillées au marqueur prirent appui sur quelques mégots qui surplombaient le parquet du salon/salle à manger/entrée/cuisine/chambre d’ami de son petit appartement miteux de Camden. Le lieu tirait pâle mine depuis qu’il y avait emménagé, il y a déjà deux ou trois années de ça. Les propriétaires avaient eu la gratitude d’habiter sur le continent américain, et donc de ne pas pouvoir voir la ruine qu’était devenue l’ancien domicile de leur fils, qui s’était pendu dans le salon/salle à manger/entrée/cuisine/chambre d’ami. Ou peut-être dans la salle de bains, il ne savait plus vraiment. A moins que cette histoire ne soit qu’une pure invention, d’une nuit de beuverie trop intensive ? Sinon, on s’en foutait. Le loyer de la propriété était étonnamment accessible pour son emplacement, en plein centre du district de Camden, a à peine quelques mètres de la station de métro Camden Town. Il pouvait profiter depuis sa fenêtre de la rue centrale animée. Contrairement à la majorité des londoniens dans sa situation financière, il vivait seul chez lui, sans colocataire. Il en avait eu beaucoup, bien sûr, mais ils ne restaient jamais longtemps. Parfois, l’agence qui ne pouvait le mettre dehors faute de clause satisfaisante au moment de la signature du contrat à son aménagement, parvenait à faire ranger l’appartement pour convaincre une âme naïve de s’y installer en sa compagnie. Hors, bien souvent, au bout de deux jours, la personne s’enfuyait. Lui ne s’en portait pas plus mal. En fait, il s’en fichait royalement, tant qu’il pouvait remplir le dessous de la deuxième latte devant la porte des toilettes d’un peu de came. Le plus gros de sa réserve était caché dans un petit local désert à quelques rues d’ici, mais il était toujours plus pratique d’avoir une cachette sur place, ne serait-ce que pour sa propre consommation. Le reste, bien évidemment, était destiné à la vente. Et c’est cette tâche qu’il devait préparer maintenant. Le junkie laissa le bout de parquet en travers de la pièce pour sortir un grand sachet de poudre. Il récupéra ensuite, du côté cuisine de la pièce à vivre, un grand stock de petits sachets plastiques. En fond sonore, il lança une playlist de titres rock, qui le faisaient se trémousser et chantonner quelques paroles, plus ou moins correctes. Il n’y avait, ni besoin d’avoir le QI d’un génie, ni d’avoir la pleine possession de ses moyens physiques pour peser un peu de poudre et la glisser dans un sachet refermable. Il ne possédait au moins pas l’un des deux, c’était certain.

La porte s’ouvrit. Enfin, c’était une évidence puisqu’on rentrait rarement autrement dans une pièce, mais Elliot ne le vit pas. Il était bien trop absorbé par son karaoké endiablé pour entendre quoi que ce soit. Sauf que lorsqu’une silhouette pénétra dans son champ de vision, il fit tomber sa cigarette fumante de ses lèvres de surprise. Le type lui faisait un grand sourire, et il avait des clés dans les mains. Mieux encore, il lui légua beaucoup trop de billets en liquide d’une enveloppe pour faire un travail honnête, et s’installa sur son canapé avec une bière. SON canapé. Leur canapé, peut-être ? Le dealer n’avait pas acheté la moindre bière ces derniers jours, c’était impossible qu’il ait sorti ça de son (leur ?) réfrigérateur. Sinon il en aurait bu déjà plusieurs.

« Cheers mate! »

Pris d’un énorme doute, complètement dérouté, le musicien se leva, sourcils froncés. Ses yeux naviguèrent entre le nouveau venu et ses trop nombreux sachets de cocaïne pour qu’il puisse prétendre n’être qu’un honnête consommateur, comme pour vérifier qu’il pouvait disparaître quelques secondes sans que rien ne bouge. Finalement, d’un pas décidé, il alla jusqu’au frigo, qu’il ouvrit pour découvrir une armée de soldats verts à l’intérieur, n’attendant que d’être dégustée. Ses yeux se reposèrent sur l’homme assis sur le sofa. Il traversa à nouveau la pièce à grandes enjambées, seul avantage à faire 1m90, pour ouvrir la porte de la salle de bains. DEUX brosses à dents. Complètement paniqué, il chercha à nouveau les pupilles noisette de son colocataire. Pour ôter tout doute pouvant persister, il ouvrit à la volée la porte de la chambre qu’il pensait jusqu’alors inoccupée. Il lui sembla défaillir, sa voix trop aigüe révéla une surprise que personne ne pouvait plus soupçonner.

« When the fuck did you arrive?! »

Bordel, c’était quoi ces manières de s’installer comme ça, sans prévenir ? A moins qu’ils ne se soient déjà rencontrés auparavant ? Alors c’était bien leur canapé … LEUR canapé … Et leurs bières. Il retourna jusqu’au malheureux réfrigérateur, qui n’avait pas travaillé autant depuis des semaines, pour se servir. Son briquet fit office de décapsuleur avant de retrouver sa fonction première pour rallumer sa cigarette abandonnée.

« So you live here, right? We’ve already met before? »

Elliot fut brusquement prit d’un éclair de panique en regardant le contenu trop illicite de la table, et la latte grande ouverte. Il ramassa le tout en deux mouvements, offerts par l’énergie débordante d’une ancienne carte du Royaume-Unis, et jeta le contenu dans la planque. Il la referma à la hâte en tapant fort dessus, comme si jamais le visiteur, qui habitait là, ne pourrait plus la rouvrir.

« You saw nothing, dude, right? »

L’ancien maître des lieux revint pour ramasser les billets, découvrant par la même occasion le bordel qu’il avait mis autour de lui ces derniers jours, sans le commenter. Puis, comme pour se montrer bienveillant, il allégea ses poches pleines d’un sachet de cannabis. Un genre de welcome gift.

« You smoke? »

Puis, se détendant un peu, il s’effondra à ses côtés, au fond du canapé, pour rouler le joint. Honnêtement, ce mec était carrément baisable. Il aurait pu tomber sur pire.

« So what’s up, buddy ? »
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MessageSujet: Re: people fuck you up [elliot & toni]   Lun 19 Sep - 20:10

Toni s'emballe. Il y a quelque chose d'électrisant dans l'air de Londres. Jamais ne s'en serait-il douté. Puis, il y avait vécu, plus jeune. Dans cette baraque à Little Venice. Et maintenant, le gosse de quatorze ans est devenu un pétard dans la vingtaine. Il savoure cette terrifiante liberté. Et chaque fois que la terreur l'emporte, il baise ou s'enivre. Ou n'importe quoi d'autre. Tant qu'il se défonce complètement. Qu'il épuise son énergie. Certains le diraient à la dérive. Toni préfère se voir cabré. Car tout étalon l'est. C'est ce qui fait la différence entre lui et tous ces bêtes castrées.

Cet Elliot dont il avait entendu les louanges lui paraît être un personnage saugrenu, pour ne pas dire weird. À le regarder zigzaguer comme ça dans l'appartement, un certaine panique lui serrant la gorge, alors qu'il énonce sa surprise, Toni comprend dare-dare que son emménagement lui est sorti de la tête.

« You are really fucked aren't you? At least you probably were when I arrive. I was with your friend, I don't remember his name, or who he was. Your drummer? Or your dealer friend? I can't say. A whore I know told him I needed a place to stay, incognito, and here we are today. I arrived like what? Four days ago perhaps? Or is it four nights... Anyway, yeah, you were there, we met, but I realise now you were to fucked to remember. And so, each time I came here, you were either asleep or out, so. That's pretty much it. I'm Toni. »

Tout ça ennuie un peu Toni. Le récapitulatif. Les présentations. Il espérait ne pas avoir à revenir sur le sujet. Les questions, il ne souhaite pas qu'elles soient posées. Encore moins qu'il doive y répondre. Lilian et Norman. Laia. Le ciel, la mer et la merde. Il ne veut pas avoir à en parler. Surtout pour sa sécurité. Mais aussi pour d'autres trucs.

Il rigole en voyant Elliot dissimulé avec empressement son stock. Toni sourit indolemment tout en approchant le bec de sa bouteille vers ses lèvres dures, glissant la bière dans sa gorge. Il acquiesce à la demande de son flatmate d’être discret d’un joyeux haussement des sourcils. Lorsque celui-ci extirpe un sachet rempli de jolis herbes, le Catalan ricane, soudainement très heureux.

« I do everything. » répond-t-il avant de boire quelques goulées supplémentaires de sa boisson, anticipant déjà le pétard à venir.

« Not much, I fucked this nympho at work today. She's totally mental. I can say that since I'm clinically mental. »

Il s’agit là d’un mensonge, mais Toni s’en balance, s’en moque. Certes, il avait fréquenté quelques psychologues ici et là, sous l’obligation parentale. Tous avaient dénoté sa nature, mais jamais n’avait-il fait l’objet d’un diagnostic. Heureusement ou malheureusement. Encore une fois, il s’en moque. Il est Toni, le gaillard des nuits, le pirate d’Ibiza, et bien d’autres choses. Mais chose certaine, il n’est pas Antoni MacMahon. Tout du moins, il ne l’est plus... Si cette personne a simplement existée. Des fois il en doute, des fois, il en est certain. Ces certitudes ne demeurent jamais les mêmes très longtemps toutefois. Cette pensée le frustre. Il déteste cette indécision, l’incompréhension de sa pensée. Il calle le reste de sa bière avant de déposer la bouteille dans un tas d’ordures qui jonche déjà le sol, s’amusant du caractère piteux du monticule. Le flat, il s’en moque un peu aussi. Il a seulement besoin d’un endroit où dormir parfois, manger de temps en temps, mais se cacher à n’importe quel moment. Sa cachette de crasse et de bière.

« So you sell cocaine. For how long, 've you been? Perhaps I bought from you as a teenager. »

Les souvenirs de cette époque sont si souvent les plus allègres auxquels Toni peut songer. Les filles et les garçons étaient si beaux à cette époque, tous étaient si jeunes, Toni aussi. Il n’avait que quinze ans, il jouissait de chaque moment, mais surtout, il ne pensait jamais. Il ne réfléchissait jamais, oui, mais au-delà de cela, jamais il ne pensait. Il n’existait que la fête, les amis, les lumières, la musique et ces émotions enflammées. S’il ne pensait pas, c’était bien parce que sa survie ne reposait que sur son instinct. Ce qu’il voulait faire, il le faisait. Ce qu’il ne voulait pas faire, il ne le faisait pas. Voilà ce qu’il accomplissait avec brio. Vivre. Voilà aussi l’apothéose de l’adolescence. Tout lui était permis, le monde n’était qu’un énorme terrain de jeu dont il gagnait la partie, vainqueur. Qu’il s’agisse de danser toute la nuit ou de se perdre en forêt, Toni pouvait. Ce souvenir, ce sentiment, cette sensation lui manque.

Elliot lui tend le pétard, que Toni s’empresse d’inspirer. Automatiquement, ses muscles se détendent, sa respiration se ralentit, ses pensées s’évaporent. Le voilà, presque replongé dans son passé. Après quelques baisers donnés au joint, il retend ce dernier à Elliot, vêtu d’un sourire reconnaissant. Il s’étend sur le canapé, fermant les yeux quelques moments, afin de profiter de ce silence calme et apaisant. Rares sont ces moments depuis qu’il a fui Ibiza. Alors, il en savoure l’éphémérité. L’instant passé, il interroge doucement Elliot.

« Where are you from, Elliot? Somewhere far away? Have you been anywhere else than London? »

Le pétard se glisse à nouveau entre ses lèvres. Le plafond lui rappelle étrangement le ciel d’Ibiza. Il imagine les sons des guitares et les vagues de la Méditerranée, complétant le décor analeptique. Entre l’écoute des réponses d’Elliot et sa divagation, Toni ignore s’il est triste ou heureux. Est-ce là de la nostalgique, de la mélancolie? Il n’a jamais très bien su le dire.

Soudain, une figure dans la pièce le distrait, le fait sourire. Il en épie les courbes et les cordes avec une attention toute particulière, comme charmé. Son imagination se tait, l’instant d’un moment, alors qu’il s’adresse à Elliot.

« Is that guitar yours? Do you play? »

Puis, il insiste.

« Play something. I wanna hear you. »
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MessageSujet: Re: people fuck you up [elliot & toni]   Mer 21 Sep - 17:33

Complètement défoncé ? Non, il n’était que dans son état normal. Quelques années auparavant, il se défonçait, sur une balançoire du square du quartier, regardant les étoiles divaguer en se balançant, cheveux au vent. Il avait quatorze ans, il fuyait l’enfer de son quotidien pour des paradis artificiels. Ce sentiment d’apaisement, il aimerait le ressentir à nouveau. La légèreté et la naïve quiétude de l’herbe de son adolescence, il ne cesse d’en rêver. Aujourd’hui, il ne se droguait plus que pour combler l’angoisse et la peine infligées par le manque. Piégé dans ce nouvel enfer, il se contentait de survivre dans le flou de son existence.
Le junkie ne répondit pas à la tirade, dont la longueur dépassait d’ailleurs très nettement sa capacité de concentration actuelle. Il se contenta d’un salut de la main tout en s’avachissant sur le sofa.

« I’m Elliot, El, thingummy, I don’t care. »

Présentations faîtes, passons aux choses intéressantes, parlons plantes vertes. Les secrets de son nouveau locataire n’avaient pour l’instant rien à craindre.

« Not much, I fucked this nympho at work today. She's totally mental. I can say that since I'm clinically mental. »

Un froncement de sourcil intrigué suivit la remarque du jeune homme. Dans quel travail pouvait-on coucher avec des nymphomanes comme ça ? C’était une reconversion envisageable ça. Continuant de rouler, il ne releva pas la tête. Son interlocuteur enchaîna.

« So you sell cocaine. For how long, 've you been? Perhaps I bought from you as a teenager. »

Alors c’est comme ça qu’il l’imaginait ? Le dealer un peu abruti, renvoyé de son école, qui a passé sa vie sur un trottoir à échanger de la merde contre des bouts de papier ? Il n’était pas à blâmer, évidement qu’il était compliqué d’imaginer ce qu’il avait été en le voyant ce soir. La star adulée, VIP dans tous les quartiers, trop riche pour compter, criblé de lettres de fans et musicien reconnu. Sa période de gloire étaient comme un rêve, il ne s’en rappelait déjà plus très bien, il s’était perdu dans les dédales des prisons où on l’avait trop souvent enfermé. Seuls Google, quelques vieux disques encore en vente et les playlists nostalgiques d’anciens adolescents pouvaient encore témoigner de son existence.

« What’s your job, dude? »

Un briquet nargua son visage pour quelques secondes et ses lèvres crachèrent une fumée opaque.

« When you were a teenager, I had the best job ever. Not this shitty life. Perhaps you gave me money. »

Il ne lui en voulait pas, il était le seul fautif, celui qui avait tout ruiné avec brio. Le gamin avait l’air à l’aise, son aîné lui sourit vaguement en récupérant provisoirement son bien. Il l’écoutait.

« Where are you from, Elliot? Somewhere far away? Have you been anywhere else than London? »

Sous ses cheveux désordonnés, le jeune Elliot Barckley se promenait dans les rues calmes du quartier résidentiel de Sevenoaks. Les images se brouillèrent, il rouvrit les yeux pour découvrir sa bonne vieille guitare. Il voulait l’entendre.

« Shut up »

Le joint retrouva brutalement son propriétaire, il se leva. Ce petit con l’avait obligé à penser, à se rappeler. Il n’aimait pas ça, des flashs de mélancolie remontaient à la surface, lui donnaient la nausée.

« Type my fucking name on Google. »

Le bâton entre ses doigts n’était plus que cendres, il lui rendit son indépendance à l’entrée de la cuisine. Le trentenaire ouvrit frénétiquement toutes les portes des placards. Il s’arrêta sur une bouteille au contenu transparent, elle indiquait vodka. « Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse. » avait sagement fait imprimer le talentueux Musset. Ses dents cognèrent contre le verre, le liquide pur lui brûla la gorge. Il ne grimaça pas. Rien ne pouvait plus le faire chanceler, ni des questions débiles, ni l’infâme boisson au goût de désinfectant qu’il emporta avec lui dans la pièce voisine.

« How much? How much, the blowjob? »

De sa main libre, il attrapa sa guitare aux cordes un peu rouillées pour retourner s’asseoir sur le canapé. Il lui fit un signe de tête provocateur.

« One, two, maybe three songs? »

Il gratta quelques accords, rectifia l’accordement. Ses doigts couraient maintenant tous seuls sur cordes, malgré la torpeur naturelle qu’impliquait son état.

« Want to play a game? »

Sa tête désigna le nouvel élément sur la table. Un jeu sans alcool ne méritait pas d’être considéré comme un divertissement. Sa colère s’était envolée aussi vite qu’elle était venue.

« I never left my country. »
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