Living is easy, with eyes closed. [Caleb]

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MessageSujet: Living is easy, with eyes closed. [Caleb]   Lun 6 Juin - 1:19

Evey sort de chez sa psy en claquant la porte, à ses cils perlant des larmes de colère. Cette pute refusait de lui donner quoi que ce soit de plus fort que les anxiolitiques standard. Ça la mettait en rage. Elle perdait son temps avec elle. Ces putain de cachetons n’avaient pas plus d’effet sur elle qu’un verre d’eau sur un incendie. Elle voulait réapprendre à vivre comme avant, se reconstruire une vie sociale, dormir normalement sans avoir peur de ce qu’il pourrait arriver. Elle voulait apprendre de nouvelles choses, redevenir celle qu’elle était avant et même mieux que celle qu’elle était avant. Elle descendit l’escalier en trombe, songeant un instant à ne jamais revenir chez cette connasse à lunettes qui avait l’air de ne rien comprendre à ce qu’elle vivait. Elle devait trouver un autre psy, plus compréhensif, plus ouvert, moins prompt à lui faire des leçons de morale. Alors qu’elle sortait dans la rue, la manche de sa robe couleur rouille se coinça dans la poignée de la porte et elle faillit tomber en arrière. En jurant, elle dégagea le tissus et repris sa marche entêtée. Elle s’était doutée que la psy ne voudrait rien entendre, aussi elle s’était renseignée, et on lui avait donné un nom. Enfin, un surnom. Quelqu’un qui pourrait lui obtenir ce dont elle avait besoin en attendant de trouver un autre psy. Elle l’avait contacté, prévoyant un dose suffisante d’herbe et surtout des cachets qu’on ne pouvait normalement obtenir que sur ordonnance. Se doutant de son échec, elle avait prévu une rencontre peu après ce rendez vous qui avait évidemment foiré. Aussi, elle serrait contre elle son sac afin qu’il ne se balance pas au rythme de ses enjambées enragées, ayant peur que son portefeuille beaucoup trop fourni ne s’en échappe. Les semelles de bois de ses bottines claquaient contre les pavés de la rue du quartier chic où elle avait ses sessions. Elle s’obligea entrer d’une traite dans le métro, ce lieu qui l’angoissait tant, mais en ce milieu de mercredi après midi, les lieux étaient plutôt vides et calmes. Il n’était pas assez tard pour que la Victoria Line soit à craindre, et c’était tant mieux. Elle s’assit sur l’un des nombreux sièges vides d’un wagon alors que celui ci partait vers Brixton. Depuis cette nuit-là, elle avait soigneusement évité les quartiers où elle pouvait risquer quoi que ce soit. Pourtant, aujourd’hui, elle se jetait droit dans la gueule du loup. Mais tant pis. Elle avait tant besoin de passer quelques instants sans angoisses. Et puis, elle s’était renseignée, n’avait pas donné le nom d’un médicament au hasard. Elle savait ce qu’elle voulait, ce dont elle avait besoin. Et l’herbe… Ne pouvait que la détendre.
Elle pianotait nerveusement sur ses genoux, tout son corps tendu à l’extrême par le stress. Contacter un obscur dealer et aller le rencontrer dans un quartier plus ou moins dodgy n’était pas vraiment le style habituel d’Evey. Mais elle aurait probablement fait n’importe quoi pour que son état soit un peu plus normal. Elle sortit au bout de quelques stations, et le ciel blanc plein de nuages lui fit cligner des yeux. Elle mis ses lunettes de soleil rondes au bout de son nez, consciente de l’ironie de son geste alors qu’il n’allait certainement pas tarder à pleuvoir. Mais ses yeux un peu trop sensibles à la lumière étaient prompts à lui faire mal, aussi elle préférait prendre ses précautions. Elle alluma une cigarette sur le chemin entre la station et la rue qu’elle cherchait et, étant un peu en avance, pris le temps de se balader dans le quartier, profitant de l’ambiance sonore hétéroclite du lieu, entre musiques de différentes origines et accents divers et variés. Finalement, personne ne semblait faire attention à elle, les habitants s’étant probablement habitués à la présence de jeunes aux looks vaguement vintages, vaguement étranges. Elle préférait néanmoins ne pas agiter son portable sous le nez des passants, et le consulta ainsi rapidement en le sortant à peine de sa poche. Il allait bientôt être l’heure. Elle passa au niveau du marché, humant les diverses odeurs qui donnaient au quartier son côté vivant, mélange de senteurs d’iode, d’épices, de fruits et de fleurs variés, qui elles mêmes se mêlaient au parfums des échoppes de street food aux multiples origines. Pour une personne aux origines aussi plates qu’Evey, cette ambiance légèrement fouillis était plus qu’agréable, et elle se sentait même mieux ici que parmi la working class blanche britannique dont la normalité et la peer pressure l’ennuyaient et l’oppressaient.
Elle secoue la tête et se sort de ses pensées. Etre en retard n’est peut être pas la meilleure chose à faire en rencontrant pour la première fois un dealer. Sa mère insiste depuis toujours sur le fait que la première impression est importante. For bien, songe Evey dans un coin de sa tête, avoir des bonnes relations avec une personne qui trempe dans un business plus ou moins louche pourrait en effet être important. Mais Evey avait pris des précautions et elle arriva à l’heure prévue au lieu du rendez vous, à l’angle entre une rue marchande assez large et une rue plus petite. C’est tellement cliché, se dit-elle, est-ce qu’on va faire le deal dans une ruelle sombre sous un porche ? Elle ne peut s’empêcher d’avoir un demi-sourire alors qu’elle croise les bras, attendant plus ou moins patiemment. Elle réalise à cet instant qu’elle doit également tout avoir d’un cliché ambulant. La robe couleur rouille, les collants noirs dans des bottines, le gilet lâche d’une couleur sombre et la sacoche vintage au côté, le tout avec un chapeau sur l’arrière du crâne et des lunettes de soleil ronde, une clope en bouche. Elle doit avec l’air d’une hipster dépressive, très probablement. Elle soupire, se disant que c’est sûrement un peu ce qu’elle est, lorsqu’elle voit quelqu’un qui semble manifestement s’approcher d’elle et regarde dans sa direction. Elle retire ses lunettes et fait un sourire cripsé à l’homme qui se trouve en face d’elle. Il est plutôt grand, mais n'a pas, contrairement à elle, tout les atouts du cliché d'un dealer, malgré l'absence de sourire sur son visage. Il mesure bien une dizaine de centimètres de plus qu'elle, ce qui a l'effet de faire perdre le reste de ses moyens à la jeune fille.

« Hi, uh, i'm Evey. I'm really not used to this, soooo where do you wanna go ? »

Voilà. Bravo. En cinq secondes et deux phrases, tu viens de ruiner ton effet et de montrer à quel point si ce mec décide de t’agresser tu ne sauras pas quoi faire. Tu viens de passer de « potentielle habituée qui ne s’en laissera pas compter » à « novice naïve et impressionnable. » Quel tour de force.
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MessageSujet: Re: Living is easy, with eyes closed. [Caleb]   Dim 19 Juin - 20:51

C’était le genre de requête qui faisait généralement du bien aux affaires, les têtes pensantes ne crachaient jamais dessus. Quant à Caleb lui, pour s’échapper un peu du climat anxiogène du casino, il ne disait pas non pour faire le job, quand tout ceux qui trainaient normalement dehors pour faire le job, étaient pris. Le casino ne se limitait pas à son enceinte, et avait même le monopole de la drogues et autre substances de plaisir sur la ville. C’était un fait à la fois avéré et acquis, mais que tout le monde gardait sous silence, comme une sale maladie. Le client s’était manifesté au dernier moment, quantité correcte d’herbe, rien qui ne nécessite qu’on se bouge le cul au premier abord. Les pilules demandées et qui faisaient jolies dans le paquetage, en revanche, ça valait bien le déplacement, et c’était sûrement pas le moment de rater l’opportunité. Caleb se rendit dans la salle ils s’approvisionnaient. Un type au visage émacié, qui s’occupait des commandes lui fit signe de sa main osseuse de s’approcher, lui fila un paquet enveloppé dans du papier kraft, tout ce qu’il y avait d’apparence banale. Ce n’était ni plus ni moins qu’une grosse enveloppe finalement. Pas d’infos précises sur la personne concernée, juste un lieu de rendez-vous. Caleb hocha vaguement la tête, il n’était pas du genre loquace de toute façon, et le mec encore moins. Ils n’étaient pas dans leur intérêt commun de rester là à deviser.

Quand on connaissait la réputation du casino de Londres, et sa clientèle, on pouvait se douter de l’étendue du panel proposé concernant les substances illicites. Evidemment les activités douteuses étaient habilement dissimulé par le gérant. Ce mec, Hardy, lui faisait penser à un personnage de film, le connard qui insulte tout le monde, alors qu’on le voit finalement très peu, et qui tient quand même les couilles de tout le monde entre ses mains. Ces cachetons, qui pouvaient en avoir besoin ? Déjà, quelqu’un avec de la thune, étonnant que l’affaire ne se soit pas conclut dans l’établissement, car ça ressemblait bien au profil des nenettes allumées en recherche de sensations fortes. Au fil du temps, Caleb commençait à connaître les subtilités des différentes médocs qu’ils pouvaient se procurer et qu’ils revendaient ensuite, et clairement ceux là, c’était pas seulement pour calmer  un simple petit mal de ventre. Ca devait être le merdier dans la vie de l’inconnu concerné.

Il n’était pas là pour jugé de toute façon, il n’en avait rien à foutre. Il était juste là pour faire la transaction, et à la revoyure. Apparemment, c’était un nouveau client, la première fois qu’il passait par eux, il y avait deux options : soit ça devenait quelqu’un de régulier, qui avait trouvé le bon filon après plusieurs recherches, et qui allait pas passer sa chance. Soit c’était un coup occasionnel, et le gars allait disparaître dans la nature ensuite, car c’était l’exception, il était en rade, et il avait urgemment besoin d’être dépanné. D’après Caleb, c’était plutôt ce cas de figure. Il tourna à l’angle de la rue, sans vraiment prêter garde où il allait. Il commençait à connaître le quartier par cœur. Il bifurqua ensuite du côté d’une ruelle beaucoup plus étroite, et qui puait la pisse de chat, et pas que, par la même occasion. Il y avait déjà une silhouette qui se dessinait. Il n’en fit rien, mais il ne s’attendait pas spécialement à voir une nana aussi frêle que celle là, jeunette aussi, elle ressemblait presque à une ado. Putain, il espérait pas, dans le fond c’était pas son problème, mais même si c’était ironique, il avait quand même un minimum de valeur. Pourquoi il s’était obstiné à se retrouver face à un camé trentenaire et désespéré, alors que voir la gamine n’avait en fait rien d’étonnant, il n’en avait pas franchement la réponse, son imaginaire ayant pris le pas sur le reste. Il arriva à sa hauteur, déjà pour confirmer avec elle qu’ils étaient bien là pour la même chose. Y manquait plus que ce soit une paumée qui cherchant son chemin, non y’avait pas écrit saint bernard sur sa gueule.

Ok. Bon. C’était la bonne, même si elle avait tout l’air de pas vraiment savoir ce qu’elle faisait. C’était vraiment con de sa part d’ailleurs, maintenant qu’on y pensait, de se jeter comme ça dans la gueule du loup, dans une allée coupe gorge comme celle-là, et avec son gabarit.

- Come on. Let’s go. Il lui fit un signe de la tête pour lui proposer de le suivre, en même temps, il se doutait qu’elle ne ferait pas la fine bouche. C’était pas son délire de procéder comme ça, à la sauvette comme s’il était coupable. C’était certainement pas le boulot le plus ouf de la terre, mais au moins s’il pouvait ne serait-ce qu’un peu échapper au gros cliché dégradant, en général il se démerdait pour que ça se passe dans de bonne conditions. Ils commencèrent à marcher tous les deux côte à côte. Faire la conversation le faisait chier royalement, mais il pensait à un endroit un peu à l’écart, à l’aspect moins hanté que celui ci pour faire la transaction. En général il ne serait pas gêner pour la fermer et faire le chemin en silence, mais ça aurait été dommage quand même qu’elle se barre. You’re eighteen or over ? demanda t-il sans plus de détour. Elle pouvait toujours lui mentir, c’était peut être même sûrement ce qu’elle allait faire, mais au moins il se donnait bonne conscience. Ensuite, c’était sa merde à elle, et il allait pas se proposer pour l’aider à la remuer. You know what you want ? Autre précaution, et puis elle pouvait pas changer d’avis de toute façon. Demander, c’était déjà conclure le marché. Don’t worry, I prefer to choose an other place. Not really more fun, but the disgusting smell in less. Il lui jeta un nouveau regard de biais. Clairement, elle détonna dans le paysage livide, et pourtant, à y regarder de plus près, son expression cadavérique n’était pas spécialement plus joyeuse.
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