(maynard) j'ai trouvé l'arme soeur

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MessageSujet: (maynard) j'ai trouvé l'arme soeur   Sam 21 Mai - 17:51

je t'aime tellement que
je vais te faire la peau
Insouciance enfantine, le cœur léger dans la poitrine. Il a l’air d’un angelot tombé du ciel, tout sourire et auréole de lumière. Les têtes se tournent, se détournent, les regards s’attardent sur les lèvres rouges, sur les dents blanches qui se plantent dans la chair vermillon de la pomme. Et puis, il y a ceux qui voudraient se noyer dans les grands yeux couleur ciel ensoleillé d’une belle journée d’été, azur tout droit sorti de carte postale paradisiaque à l’autre bout du monde, loin bien loin de la grisaille de Londres. Beauté stridente, symétrie parfaite des traits, un regard et on serait prêts à lui donner le bon Dieu sans confession, chuchoter à l’oreille les plus sombres secrets, tous les squelettes terrés dans les armoires. L’intime conviction qu’une si belle créature ne peut être que l’œuvre du bien, du barbu derrière les nuages, ou de tout autre puissante figure tirant les ficelles de ce bas monde. On oublie que le Diable est maître des déguisements, qu’il se drape d’artifice pour mieux séduire et corrompre, que lorsqu’on voit les cornes pousser et les sabots claquer, il est déjà trop tard, l’âme est coincée à jamais entre les griffes crochues. Et derrière le faciès séraphique, derrière la peau de satin, gît le monstre assoiffé de carmin. Le dédain masqué dans le céruléen, tous le dégoût envers les mortels si communs. Il n’y a que Lui qu’il supporte, Lui et ses grandes mains douces contre sa peau, Lui et ses lèvres roses qui se marient trop bien aux siennes, Lui et sa belle maison et toutes les liasses de billets qui attendent trop sagement derrière les murs trop épais d’une banque ennuyante. Alors, Alceste s’est glissé entre les murs blancs de l’hôpital, dérobé une de ces blouses blanches qui lui confère un air intelligent, tout ça pour lui faire une jolie surprise, un cadeau spontané. Sauf que le bureau de Maynard est déjà occupé par un autre quand il arrive à sa porte, un autre qui sort avec un sourire trop large, un souffle légèrement saccadé et les cheveux un peu désordonné. Un autre qui passe juste devant Alceste sans vraiment le voir. Il se fait violence pour ne pas tendre la patte pour le voir trébucher tête la première, nez en sang et visage ruiné. Et l’autre se rend compte de rien, ne sait pas encore qu’il va payer le prix fort, ne se doute pas qu’Alceste a bien retenu le nom sur la blouse ou qu’il a déjà imaginé de quelle façon il voudrait le découper en morceau. La colère qui dévore les entrailles aux côtés d’une nouvelle sensation, comme des flammes crépitant de haine. Une vile créature olivâtre aux prunelles rougeoyante qui répond au doux nom de jalousie.

Alceste l’a attiré dans la grande demeure, dans ces beaux quartiers qui ouvrent les yeux émerveillés, la grande villa dans laquelle il s’est immiscé depuis un mois déjà. Le voilà, l’autre, le rival, tenu dans le creux de ses griffes. C’était presque trop facile, même pas eu besoin de le suivre, de le comprendre, il était déjà comme un livre ouvert devant ses yeux. Il suinte l’arrogance à plein nez, toute sympathie supprimée pour laisser la place à l’ambition écrasante. Alceste n’a besoin que de caresser l’ego dans le bon sens du poil, enrobé ses mots de miel et de quelques sous-entendu crasse qu’il noie dans les verres d’alcool qui dégringole dans sa gorge. Tant et si bien qu’il ne remarque pas le mauvais nom inscrit sur la porte, trop occupé à chercher sa peau chaude sous les doigts. Alceste pousse le vice jusqu’à lui ouvrir la chambre du maître des lieux, dans le grand lit aux draps soyeux. Là où le vrai spectacle peut commencer, l’excitation commence à grimper, pas pour le corps chaud entre les jambes, mais pour la lame froide cachée sous l’oreiller. Alceste frappe au moment où l’autre s’y attend le moins, la lame pénètre dans le flanc droit, pour ne pas abréger son divertissement, pour ne pas le tuer tout de suite. Alceste veut voir la peur dans les prunelles, veut entendre le cri de douleur, veut voir la sublime réalisation de l’autre quand il comprend que son moment est venu, que ces dernières secondes sur cette terre se feront dans la souffrance. Mais y’a toujours la colère de l’amant trompé, le désir de vengeance pour lui faire payer à Maynard aussi. Il veut ruiner les beaux tissus de grandes giclées carmins d’une carotide sectionnée bien vite, de la mort qui vient faucher bien vite. C’est beau, tout le sang qui se déverse, sentir le corps perdre sa vie si proche de lui. Ça aurait presque pu le faire jouir, si la colère n’avait pas été là, pour planter le couteau de nouveau, même si cela ne sert plus à rien, jusqu’à ce qu’un semblant de calme ne revienne. Le téléphone qu’il attrape, deux boutons suffisent pour l’appeler Lui, toujours confortablement assis dans son bureau, ne se doutant de rien. « May… Faut que tu reviennes… Au plus vite… J’ai fait une connerie… J’ai besoin de toi… Dépêches toi… » Fausse panique dans la voix saccadée, un ou deux sanglot simulé, des années de cours de théâtre à remercier. Il n’y a plus qu’à attendre que le piège se referme, que la porte s’ouvre sur sa scène sanglante. L’enfant roulé en boule au pied du lit, fausses larmes pleins les yeux, comme un pauvre animal traumatisé. « May… Je suis désolée… Il m’a attaqué et… » La voix se noie dans les pleurs, les yeux qu’il fait semblant d’éviter alors que le corps couleur cramoisi s’avance trop vite contre ses bras, comme pour chercher son réconfort. Alceste profite encore que la ruse soit en place, que Maynard ne voit pas le couteau qu’il sert encore entre les doigts.

(c) AMIANTE
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MessageSujet: Re: (maynard) j'ai trouvé l'arme soeur   Lun 6 Juin - 22:33

sale petit
bâtard amoureux
T
rain-rain quotidien, rite rôdé, périple glanant les jérémiades des patients, sanglots au son creux qui périssent dans l’errance des couloirs trop blêmes. L'ennui au cœur, les carcasses cacochymes qu'il cède au désamour de sa profession, à la démission larvée de son serment et à hardiesse des jeunes années des carabins dressés à remédier aux maux de la société. A grand renfort vaillant, en escomptant détrôner les plus grands qui, eux, se gaussent du haut de leur piédestal, tour d'ivoire que même les plus hardis ne parviendront pas à faire s'affaler. Le bon docteur en à vu processionner par dizaine sur le parvis de son opulent cabinet, des envieux, des motivés ainsi que les ambitieux du même gabarit que lui, paré à reléguer ses principes pour gravir les confins du succès, jusqu'à l'apogée des rois, la sacro-sainte vallée des monarques aux escarcelles blindées de monnaie. Les fameux billets, porte d'accès aux félicités du monde qu'on accorde pas à la plèbe noyée dans la pauvreté et la précarité. Maynard ne doit rien à quiconque, il s'est fait seul, à la viveur de ses abatis et à la sueur de son audace et au hasard, un peu, aussi. Le bellâtre s'est pourtant décati, fleur fanée dans sa neurasthénie, ultimes sursauts d'un spleen frénétique aujourd'hui éteint. Il pourrait se repaître de la jouvence qui découle de ses internes, gladiateurs reclus dans une fosse aux lions, prédateurs prêt-à-tout pour arracher une belle note et une douce exégèse du battoir du vétéran, finauds aux stratagèmes roués d'un roublardise aussi savamment réfléchie que dégradante. Praticien coutumier des plus éminentes turpitudes, il l'a vu se faufiler au loin, la canaille à la convoitise démesurée, aux œillades prolongées, aux pitances cliniques partagées autour d'une patte qui brique sa quille pour prouver son affection simulée. Jeu de mains, jeu de vilains, qui se déploie dans une saynète obscène, l'âgé vautré dans son fauteuil matelassé faisant face au jeunot agenouillé, pieu de lorgner ses faveurs. L'arme gobée à pleines bouchées, novice aux lippes maladroites qui concèdent quelques morsures involontaires sous le joug de la gaucherie des mandibules. La pogne agrippe à la tignasse sous l'envie qui escalade la pétiole turgescente qui s'enfonce dans sa gorge moite, conquérante à en torpiller son système pulmonaire, refrénant tout arrivée d'air dans ses bronches étouffées. C'est peut-être ça la victoire sur la vie, ricaner en sombrant dans sa place accablant la goule de son interne d'une queue trop impétueuse. Le docteur se berce encore un peu, coule un peu plus fin fond, s'éternise un peu trop longuement dans ses chairs et met finalement un terme passe-temps à peine palpitant sans même prendre soin de côtoyer la petite mort. La pogne qui tapote la bajoue rougie sous le labeur finissant par le renvoyer paître à ses autres besognes, son rapport émargé en son fief. 

T
ant d'efforts pour un prosaïque morceau de papelard. Maynard reboutonne son futal, fuyant dare-dare son office enfin révolue par un régal à peine partagé. Hâte de se défaire de cette tôle aux barreaux manquants et de regagner l'enfant démon qui fait cogner de nouveau son battant dans sa poitrine, d'apposer ses lippes contre les siennes et d'enlacer ses phalanges aux siennes pour ne faire qu'un. Alceste titanesque fragment du renouveau de l'homme moribond, le seul et l'unique qui à su le faire renaître d'une existence agonisante. Maynard s'égare dans les artères bondées du centre-ville à la quête du présent idéal pour se faire absoudre de sa tromperie ignorée, adultère des deux compères qu'ils s’amnistient mutuellement dans le sang et le stupre. Une échoppe de coutellerie rachitique, niché entre deux boutiquiers ou il étale sa fortune, dépense sans compter dans un coffret massif ou s'abritent quatre somptueuses lames en argent massif de collection selon les dires du négociant. Si seulement il savait. Du temps d'égaré pour combler les gigantismes désirs du badin qu'il est déjà temps de recouvrer son cachot doré pour le service du soir. Mais la thébaïde est rompue par les lamentations hachées sous les sanglots et les palabres tremblantes du plus beau. Ni une, ni deux, il décolle sans tarder, soucieux tant Alceste ne l'est jamais d'habitude, paumé dans l’inconscience de sa jeunesse qu'il lui rappelle tant les siennes à son âge. Le maître des lieux, cadeau accoudé au bras ne tarde pas à recouvrer sa demeure, théâtre d'une scène rougie qui se dévide sous ses quinquets. L'organe se fait plus présent, tambourinant dans son poitrail non pas de peur devant le numéro de mort qui découle mais uniquement d'exhaler devant cette exhibition macabre encore bouillante accomplie par le démon. Maigre et nu diable ensanglanté qui vient se lover contre la chemisette déjà bigarré du méfait. Il n'a besoin que d'une vue sur leur plumard sanguinolent d'un macchabée tiède qu'il a apprécié bien vivant quelques heures auparavant. « Dommage il avait du potentiel. » Le docteur saisit vite, génie aiguisé avec le temps alors sa pogne s'accapare délicatement sa mâchoire tâché du sang de l'imprudent pour venir y planter ses dents trop abusives sous couvert d'un baiser quémandant la miséricorde. « Mais sa bouche n'équivaut pas la tienne. » Des paroles aux actes sa bouche s'empare de la sienne, la détenant comme on détient le monde, un diffus moment qui n'appartient qu'à eux. « Cadeau. » Deux pas de poupe pour étendre ses battoirs et lui remettre son présent en s'attendant au pardon sans doute un peu trop aisément sans s'affoler plus que de raison de l'algarade qui réside au cœur du logis.  
(c) AMIANTE
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