Those new mistakes /feat Cara

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MessageSujet: Those new mistakes /feat Cara   Ven 6 Mai - 19:52

« You rock, ginger head ! »

« Heu, merci... » bredouilla Cassie alors que le jeune homme levait le pouce dans sa direction, tout en marchant à reculons pour retrouver ses amis qu'il avait abandonné pour l'aborder.
Visiblement, il était fan de musique, et ce n'était pas forcément ses cheveux longs, son t-shirt à l'effigie d'un chanteur que Cassie ne connaissait absolument pas ou la guitare qu'il portait dans le dos qui avaient mis la puce à l'oreille de l'étudiante, mais plutôt ce qu'il avait dit lorsqu'il s'était approché : « Waaah t'es la minette dans le clip de Bastille ! Trop cool ! » Il lui avait ensuite demandé s'il pouvait prendre une photo avec lui, et, un peu prise au dépourvue, Cassie avait acceptée de sourire à l'objectif alors qu'il prenait un selfie à ses côtés.

Les bras encore ballants, Cassiopée resta un moment à fixer le dos du garçon qui s'éloignait. C'était la première fois qu'on l'abordait dans la rue de cette façon. Certains de ses camarades d'université l'avaient en effet reconnue, mais sa présence dans le clip de musique était au final passée assez inaperçue, et cela lui convenait très bien. Si elle avait acceptée, lorsqu'on lui avait proposé de participer à ce clip, c'était principalement pour s'amuser. Sortir un peu de sa routine d'étudiante bien sous tout rapport. Ses journées se suivaient, et se ressemblaient : aller en cours, réviser et travailler sur son mémoire, lire et écrire. Être un visage dans un clip de musique avait été plaisant, quelques jours de vacances qu'elle avait apprécié, mais ce n'était rien de plus. Juste une distraction qui avait été bienvenue, mais qui resterait un moment unique qui ne se reproduirait pas.

Aussi restait-elle un peu surprise. Est-ce que les gens célèbres ressentaient ce genre de choses au quotidien ? Marcher dans la rue, aller faire ses courses puis se retrouver soudainement face à un fan qui vous a reconnu et veut vous communiquer son émotion de vous avoir croisée. Damn, c'était vraiment... bizarre.

Cassiopée se força à se secouer, et reprit sa route en direction de son appartement, ses bras serrés contre sa poitrine, le talon de ses bottes claquant contre le bitume, sa jupe courte volant autour de ses cuisses. Si elle devait être totalement honnête, elle devait avouer que son court passage dans ce monde de paillettes et d'apparence extérieure lui avait donné l'impression d'être... et bien, d'être autre chose qu'une fille intelligente. Autre chose qu'une première de la classe, qu'une bosseuse, qu'une Miss-je-sais-tout. Elle avait aimé qu'on s'occupe d'elle et qu'on la pomponne et aujourd'hui, elle faisait davantage attention à ce qu'elle portait, comme le prouvait sa jupe et ses cheveux de feu qui flottaient librement sur ses épaules. Cassie inspira à fond, avant de brusquement rentrer la tête entre les épaules. L'espace d'un instant elle s'était surprise à penser « Ouaaaais... j'suis canon. » avant de se rendre compte du ridicule de la chose. Honteuse, elle baissa la nez sur ses chaussures avant d’accélérer le pas.

Il y avait quelqu'un qui attendait sur le trottoir en face de chez elle, comme elle constata en tournant le coin de la rue. Une jeune femme, brune, qui fixait la maison où Cassie vivait. La rouquine fronça brièvement les sourcils, en remontant le trottoir jusqu'au petit portillon qui menait à sa résidence. Ses yeux clairs détaillèrent l'inconnue. Jolie, assez petite, probablement de son âge. Sans la quitter des yeux, Cassie la contourna, sortit les clés de son sacs et, tout en ouvrant le portillon, se tourna légèrement vers la jeune femme. « Bonjour. » lança-t-elle sans hésitation. Un petit sourire poli étira ses lèvres. « Je peux vous aider ? »
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MessageSujet: Re: Those new mistakes /feat Cara   Jeu 12 Mai - 19:56

Je ne pouvais en vouloir qu’à mon impulsivité, si je me retrouvais à présent, devant la maisonnette, accolée à une autre. Charmante d’ailleurs. J’essayais de m ‘imaginer la décoration intérieure, la disposition des meubles, les objets susceptibles de s’y trouver. Plusieurs fois, me vint aussi l’idée de rebrousser chemin, et de regagner le métro, telle une ombre évanouie, dont tout le monde aurait ignoré la présence en ces lieux. Je m’étais installée plus loin, ayant déjà tentée de découvrir s’il y avait quelqu’un de présent dans les lieux, après avoir frappé à la porte. L’évidence faite, il ne me manquait plus qu’à attendre. Pourtant, ma présence ici, avait tout d’honorable.

Tout avait commencé avec un livre abandonné dans les transports en commun. Egaré pour être plus juste parce qu’on ne laisse pas derrière soi un roman aux pages légèrement cornées, jaunies par le soleil, signe qu’elles avaient été tournées, nombre et nombre de fois. J’avais rapidement joué du regard pour vérifier si le propriétaire se trouvait encore dans le bus, mais ce dernier c’était déjà envolé dans la foule londonienne.  Je l’avais machinalement glissé dans mon fourre-tout, sans y repenser de la journée. Et la soir, en vidant mon sac, Je m’étais allongée sur mon lit, Jane Eyre en main, pour le feuilleté, d’abord sans grande conviction.  La phrase avait été surlignée pour éclairer le regard, comment y échapper, par rapport aux autres lignes, réduite à l’état de banalité ? "Et c'est toi, esprit, avec ta volonté, ton énergie, ta vertu, que je veux, et non pas seulement ta fragile enveloppe. Tu pourrais de toi-même venir d'un vol léger te blottir contre mon cœur, si tu le voulais ! Saisi malgré toi, tu échapperais à mes embrassements, tu t'évanouirais, telle une essence, avant que je n'aie respiré ton parfum. Oh ! Viens, Jane, viens !" Je l’avais ensuite relu une seconde fois, pour bien comprendre la subtilité des mots, des jeux de la langue. Plus intensément aussi, comme si à chaque nouvelle lecture, un lien invisible était en train de se tisser avec la personne qui avait malencontreusement laissé le livre derrière elle. Pourquoi l’avait-elle surligné, plus qu’un autre passage ? Inspiration, parallèle avec un fragment de sa vie ? Ma curiosité était maintenant assez attisée pour souhaiter en savoir plus, dessinant dans mon esprit ces schémas un peu clichés qu’on retrouvait souvent dans les films à l’eau de rose. Je ne doutais pas que mes recherches allaient vites tourner courts, à part la citation, ce n’était même pas un indice suffisant pour débuter une enquête. Mes désirs de justicière allaient tomber à l’eau.

Ce que je n’avais pas remarqué le matin même, prise dans le cheminement habituel du train-train quotidien, me frappa aux yeux en prêtant attention à la couverture du livre. C’était un bouquin emprunté à la bibliothèque, il y avait même un tampon en début et fin de page, ça devenait évident, après avoir scruté plus lentement les pages. Il suffisait juste de le ramener à l’adresse indiquée pour récupérer le nom, et c’était gagné. Mais un peu facile aussi, me dis-je à la réflexion, surtout qu’un roman de bibliothèque changeait la donne. Rien ne prouvait que c’était le dernier inconnu qui avait mis en avant la citation, et expliquait également la reliure abimée. Jane Eyre trôna plusieurs nuits sur ma table de chevet, avant de finalement suivre mon intuition et gagner la bibliothèque. Les lieux comme ceux là étaient toujours un peu délicats. L’époque où je pouvais passer incognito était révolue, j’avais joué dans une série à succès, forcément ça laisse des traces. Généralement, avoir un look un peu négligé marchait assez bien, et comme j’avais retrouvé ma couleur de cheveux naturelles, ce qui n’était pas le cas dans Game of Thrones, c’est vrai que ça aidait un peu. La casquette vissée sur la tête était aussi un accessoire indispensable, et je me déplaçais rarement sans, pour les endroits et transports publics. Je n’avais pas de plan précis en débarquant dans la bibliothèque, pourtant ce fut comme si j’avais fait ça toute ma vie, lorsque je me présentais à la nana de l’accueil.
 
- Je voudrais prolonger l’emprunt. Sans lever la tête, elle réclama ma carte d’emprunt. Merde. Bien sûr. Je fis mine de fouiller dans mes affaires dans un premier temps. Euh je suis désolée, je l’ai oublié, je vais pas avoir le temps de repasser ensuite, c’est vraiment pas possible ? Je me composais une mine embarrassée. Ce n’était pas la première fois que ça arrivait, car elle n’insista pas et tendit seulement la main pour que je puisse confier le livre.

- Vous êtes bien Cassiopée Bellamy ? Forcément j‘acquiesçais. Bon. J’avais une partie des infos. Me manquait le reste, mais pas des moindres. Heureusement pour moi, il ne devait pas y avoir de photos stockées dans sa base de données, parce qu’elle ne tiqua même pas. La monotonie avait sûrement eu raison de son job. Voilà, vous allez recevoir par mail, la modification de date de rendu.

- Ok, vous pouvez me dire l’adresse mail ? J’en ai plusieurs, justifiai-je, et pendant qu’elle l’épelait, je redoublais d’efforts pour lui faire croire à des fautes de frappe, jusqu’à lui demander de voir l’écran pour être plus sûre. En me penchant je jetai un vague coup d’œil sur le mail. Ce dont j’avais besoin, c’était l’adresse postale, que me répétais plusieurs fois mentalement pour ne pas l’oublier.

A l’extérieur, je m’empressai de noter les infos sur mon téléphone portable, excitée par ce scénario en train de prendre vraiment forme. En regardant la carte sur internet, je constatais que forcément, ce n’était pas si loin que ça. Que faire ? Y aller ? Non… ? Oui ! Il fallait que je m’y rendre maintenant, sinon, j’allais lâcher l’affaire, en plus, je sentais que j’étais poussée par les bonnes ondes du karma.

Et voilà, maintenant je me trouvais face à cette maison vide. J’avais pris le soin d’ôter ma casquette, et replacer correctement mes cheveux sur chaque côté de mes épaules, trouvant soudainement que ça avait toute son importance, dans cette rencontre. J’enlevai également la veste à capuche un peu trop grande que j’avais revêtu, quitte à avoir l’air plus reconnaissable. J’attendis donc assez longtemps pour avoir ces vagues d’hésitation, avant qu’elle n’arrive. Elle est là. Elle est là. Rester prostrée n’était sûrement pas l’attitude à avoir, en fait c’était plus flippant qu’autre chose. Elle le remarqua, forcément, mais me tendit la perche, que je ne manquai pas.

- Bonjour, m’animai-je, avant de la rejoindre en plusieurs enjambées. Heureusement, mon assurance repris rapidement le dessus. J’ai sonné, il n’y avait personne, je me suis dit que ça coûtait rien d’attendre un peu. Weird. Mais bon, en même temps, il n’y avait pas 15 000 entrées en la matière. Je m’interrompis le temps de sortir le livre de mon sac, et de le tendre à Cassiopée. Je l’ai trouvé dans le bus l’autre jour, c’est dommage d’avoir laissé votre lecture en suspens à cause de ça. Je la gratifiai à mon tour d’un sourire, en attente de sa réaction, pour pouvoir par la suite tâter le terrain.
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MessageSujet: Re: Those new mistakes /feat Cara   Ven 27 Mai - 12:25

La première impression que cette jeune inconnue pouvait donner, debout sur le trottoir, avec sa casquette à la main et l'air évident d'attendre quelqu'un, était assez mitigée. Peut-être était-ce simplement une étudiante attendant une amie, ou son petit-ami, peut-être venait-elle d'emménager dans le quartier, sa présence ici se justifierait donc par un simple désir de découvrir Chelsea.
Ou bien elle pouvait être à la recherche de maisons laissées vides par ses occupants partis en vacances. Son beau visage aurait été un excellent moyen d'éloigner les soupçons.

Soupçonneuse, Cassiopée ne l'était pas. Chelsea restait un quartier très sûr, où il faisait bon vivre, et elle n'avait jamais entendue la moindre histoire glauque sur ces lieux. En revanche, elle lisait beaucoup trop, et son imagination débordante, un atout important pour les études qu'elle avait entrepris, pouvait parfois l'emmener un peu loin. Si elle ne se méfia pas particulièrement de cette jeune fille qui fixait sa maison avec l'air, véritablement, d'attendre quelqu'un ou quelque chose, Cassie ne put s'empêcher de laisser son esprit vagabonder. Et si elle était porteuse d'un message de la plus haute importance, du genre « vous êtes l'héritière de la dynastie du Royaume Perdu, dans la Dimension voisine de celle-ci, et je viens vous chercher pour monter sur le trône », avec bien sûr une belle musique d'ambiance. L'inconnue serait alors non seulement une messagère, mais également une redoutable guerrière chargée de sa protection. Elle dissimulerait des capacités de combattante, et il y aurait de l'action et même de la magie.

Sauf que, non.

« Je l’ai trouvé dans le bus l’autre jour, c’est dommage d’avoir laissé votre lecture en suspens à cause de ça. » Les yeux de Cassiopée se baissèrent vers la main tendue de la jeune fille, vers le livre qui, effectivement, était à elle -ou du moins qu'elle avait emprunté à la bibliothèque elle ne savait même plus quand- et qu'elle avait de toute évidence oublié quelque part. Dans un bus ? Oui, c'était tout à fait possible.

Confuse d'être prise en flagrant délit d'étourderie, et surtout de s'être laissée aller à imaginer tout un scénario fantasmagorique sur une héroïne et sa protectrice, Cassiopée laissa échapper un rire gêné. « Ah, oui... c'est très aimable à vous de me l'avoir rapporté. » Son geste fut maladroit lorsqu'elle récupéra le livre tendu, et ses doigts butèrent contre ceux de la jeune fille. « Merci. »
L'espace d'un instant, Cassie hésita, puis un sourire plus franc éclaira son visage, dissipant sa gêne. « Est-ce que je peux vous inviter à prendre le thé ? Pour vous remercier. C'est le moins que je puisse faire. » proposa-t-elle en incitant d'un geste la jeune inconnue à entrer.

« Pour être honnête, j'avais complètement oublié ce livre. » avoua-t-elle en posant ses affaires sur sa table avant de se diriger vers la cuisine. « J'aurais sûrement finie par recevoir un courrier de la bibliothèque. Je ne sais même pas pourquoi je n'achète pas mon propre exemplaire, ce serait plus simple. » ajouta-t-elle en haussant le ton pour être entendue. Rapidement, elle mit de l'eau à chauffer, disposa deux tasses et sa collection de thé sur un plateau et revint vers le salon. « Je ne vous ai même pas demandé votre prénom. » fit-elle remarquer. « Ni de quelles façons vous m'aviez retrouvée, d'ailleurs. Vous travaillez à la bibliothèque ? » Car, oui, elle avait peut-être en face d'elle une actrice connue, mais Cassiopée ne regardait pas assez la télévision pour l'avoir reconnue. Persuadée d'avoir affaire à quelqu'un d'aussi « normal » qu'elle, Cassie sourit à la jeune fille en lui tendant une tasse.
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MessageSujet: Re: Those new mistakes /feat Cara   Dim 12 Juin - 14:59

Mon imagination avait eu le temps de faire son petit bout de chemin, concernant le propriétaire du livre. Intuitivement, j’avais souhaité que cela soit une fille, et ses traits s’étaient dessinés dans ma tête, sans pour autant réussir à donner une véritable expression. Il n’en restait pas moins des particularités que j’avais décidé : élancée, les cheveux châtains, virant ver le clair, l’expression rieuse, enchantée de voir son livre lui revenir entre les mains. J’attendais quelque chose de précis, tout en essayant de me convaincre du contraire, mes espoirs d’une reconnaissance étant cependant plus marqués qu’un pessimisme naissant, me permettant au contraire de garder les pieds sur terre. L’échange serait peut être bref, banal, comme n’importe quelle entrevue qui était représentée dans le quotidien, et qui n’avait rien à voir avec les scènes de film, qui paraissent anodines, mais qui vont bouleverser la vie d’une héroïne. C’était possible, c’était véridique pourtant, et j’en étais persuadée puisque je m’étais retrouvée dans cette situation fortement similaire avec Gaby. A ce moment là, est-ce que j’aurais pu seulement imaginer la suite de notre amitié d’abord, notre relation plus intime ensuite ? Les événements se ressemblaient trop pour ne pas vouloir y croire, pourtant, il est bien connu que la foudre ne frappe jamais deux fois au même endroit.  

Mes élucubrations cessèrent, et ce fut tant mieux, lorsqu’enfin, l’inconnue se montra. C’était bien elle, enfin, c’était bien une fille, et sa silhouette, totalement différente de celle que je m’étais figurée me laissa perplexe un instant ou deux. Plus petite, longue chevelure rousse, tâche de rousseur. Ce qui lui conférait un certain charme, il fallait en convenir. J’avais raison sur un point, c’était une fille, comme ça aurait pu être un garçon, finalement, peu importe, non ? Forcément, comme j’avais créé mon propre roman, il ne ressembla en rien à ce qui se passa au départ. Sa première réaction me donna l’envie de m’enfuir, sitôt l’ouvrage remit, pour faire disparaître notre échange, et le rendre comme ça, irréel à tout jamais. En replaçant une mèche derrière mon oreille, je m’apprêtai à lui lancer un dernier sourire d’adieu, lorsqu’elle entama sa proposition d’invitation. J’avançai à sa suite, tout en notant là encore un moment que j’avais déjà connu, avec une personne différente, mais par là même qui me laissait entrevoir une porte de sortie. Le temps de prendre mes marques, je la laissai s’afférer tout en regardant autour de moi. La déco d’une maison reflétait l’était d’esprit de l’habitant des lieux, et j’aimais de cette façon découvrir sa personnalité.

- En regardant les pages, j’ai pourtant eu l’impression qu’il a été lu des dizaines et des dizaines de fois, confiai-je, et en parlant, je réalisai l’idiotie de mes propos. En même temps, c’est bête puisque c’est un livre de bibliothèque. C’est logique. Plus ça allait, plus je réalisais que ma démarche de départ était vaine et incongrue. C’était peut être la personne d’avant, et même encore d’avant, qui était passionnée par le roman. Ne sachant où me mettre, je n’attendis pas que la rousse me le propose pour m’asseoir, et comme ça, me donner une nouvelle contenance. Je m’appelle Cara. Je ne relevai pas, mais la question me paraissait presque bizarre, parce que je crois que ça faisait longtemps qu’on ne me l’avait pas demandé.

Je lus les différentes appellations de thés proposés par mon hôte, tandis qu’elle m’interrogeait de nouveau. Je finis par en choisir un, japonais, avec de la fleur de cerisier notamment.

- J’ai trouvé le roman dans les transports en commun, ensuite j’ai vu qu’il avait un tampon de la bibliothèque, je suis allée là bas pour récupérer les dernières infos. C’était là que ça se corsait. Je n’avais ni envie de mentir, ni de passer pour une psychopathe,, mais si je ne choisissais pas bien mes mots, il y avait moyen pour que je ne puisse même pas le gouter, ce thé. J’ai juste raconté deux trois bêtises à une des filles de l’accueil pour avoir l’adresse, je ne savais pas vraiment comment retrouver le chemin jusque ici sinon. Je haussai les épaules, avec un nouveau sourire, un peu penaud. D’ailleurs je préfère dire que vous n’auriez jamais du me laisser rentrer ici ! rigolai-je en me disant qu’avec un peu de chance, comme ça, ça allait détendre l’atmosphère au lieu de la plomber. J’espérais juste qu’elle n’allait pas regretter sa décision. Je sais pas, on voit ça que dans les films normalement, j’avais envie de voir ce que ça pouvait aussi donner en vrai. J’arrêtais là les explications pour l’instant. Plus je papotais, plus j’avais l’impression que m’enfoncer là dedans me décrédibilisait.
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MessageSujet: Re: Those new mistakes /feat Cara   Dim 26 Juin - 0:01

En retournant dans la cuisine pour chercher l'eau chaude, Cassiopée songea qu'elle n'avait pratiquement jamais de visiteurs. Elle avait pourtant un bel espace pour recevoir des amis, et il lui était arrivée d'accueillir des camarades de Cambridge pour travailler un examen, mais même ce cas précis était arrivé assez rarement. En transvasant l'eau chaude de la bouilloire dans la théière, elle se demanda pourquoi elle n'était pas du genre à inviter sans arrêt des amis à venir s'amuser chez elle. Pourquoi n'organisait-elle jamais de soirées, comme le faisaient parfois les autres étudiants ?

C'était bien le moment d'avoir ce genre d'introspections. Cassie secoua la tête et revint au salon.

« En regardant les pages, j’ai pourtant eu l’impression qu’il a été lu des dizaines et des dizaines de fois. En même temps, c’est bête puisque c’est un livre de bibliothèque. C’est logique. » La jeune inconnue semblait vouloir s'excuser, aussi Cassie l'observa-t-elle tout en s'asseyant et en versant de l'eau chaude dans les deux tasses. Elle s'appelait Cara, un joli prénom, qui allait avec le physique avenant et délicat de la jeune fille. En fait, Cassiopée la trouvait assez sympathique, et c'était agréable d'avoir quelqu'un qui n'était pas là pour réviser chez elle.
« J’ai trouvé le roman dans les transports en commun, ensuite j’ai vu qu’il avait un tampon de la bibliothèque, je suis allée là bas pour récupérer les dernières infos. J’ai juste raconté deux trois bêtises à une des filles de l’accueil pour avoir l’adresse, je ne savais pas vraiment comment retrouver le chemin jusque ici sinon. » Et bien, Cara avait de la ressource. Au lieu de simplement laisser le livre où elle l'avait trouvé, dans le bus, elle était non seulement retourné jusqu'à la bibliothèque, avant de carrément se pointer chez la dernière personne à l'avoir emprunté pour le lui rendre en main propre. C'est ce qui s'appelait avoir le sens du service.
Ou être un peu bizarre. A la remarque qui suivit, Cassie réalisa qu'elle venait de penser exactement la même chose : on ne voyait ce genre de situations que dans les films. D'un regard, elle jaugea Cara. Si elle était une folle furieuse, Cassie pensait pouvoir prendre le dessus. Puis elle se traita d'idiote de se laisser, une fois de plus, emporter par son imagination. En même temps, Cara semblait être aussi rêveuse que Cassie pouvait l'être. Avec un sourire, elle se pencha en avant et lui fit une grimace complice. « Tu as bien fait de venir. » confia-t-elle. « J'aurais dû acheter mon exemplaire il y a longtemps. » ajouta-t-elle dans un soupir. Après avoir mis un sachet de thé dans sa tasse, Cassie s'enfonça dans son fauteuil. « Surtout que j'ai fait des annotations dans celui-ci, et ça m'étonnerait qu'ils apprécient, à la bibliothèque. » grimaça-t-elle. « Mais pourquoi est-ce que je n'auras pas dû te laisser entrer ? Serais-tu une malade en quête d'une nouvelle victime ? Parce que j'ai pris des cours de self-défense au lycée, je te préviens. » Et avec un nouveau sourire elle retira son sachet de thé qu'elle déposa dans une soucoupe, puis porta la tasse à ses lèvres.

« Et en fait, tu es étudiante ? Parce que je prends le bus pour aller à Cambridge et à la bibliothèque, est-ce que tu étudies là bas aussi ? »
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MessageSujet: Re: Those new mistakes /feat Cara   Ven 15 Juil - 19:52

Ok. Sa tête me suffit pour saisir qu’elle s’interrogeait. Sur moi, évidemment. Une pirouette ne pourrait pas vraiment m’aider à m’en sortir cette fois-ci, et à part un sourire piteux à offrir, je ne voyais vraiment pas ce que je pouvais faire de plus. Le sens du civisme et du rendre service avait disparu. Je ne pouvais pas vraiment lui en vouloir, notre société s’était forgée ainsi, même si ça n’avait pas toujours été le cas. Difficile de changer les mentalités, surtout dans de grandes villes, comme celle de Londres. Même à L.A, qui m’avait aidé à avoir ma petite notoriété, je l’étais toujours sentie comme une individu parmi les autres, en zigzaguant dans les rues de la ville, où personne ne se connaissait. Je me cherchais peut-être actuellement des excuses, mais on ne pouvait pas nier une forme de vérité qui me fit un instant culpabiliser, bien que cela soit inutile, car seule une prise de conscience collective était en mesure de faire changer les choses. Mon geste restait intéressé, plus ou moins, je ne savais pas trop, j’étais juste propulsée par cet avide désir d’en connaître un peu plus à propos de cette interlocutrice, avec qui j’avais forcé notre rencontre. Je noyai ce flot continu de pensée, en mimant les mêmes gestes qu’elle, choisissant un parfum proposé de thé, pour le laisser tremper dans l’eau bouillante de ma tasse. Je voulais croire en cette entrevue, me convaincre que cette dernière allait changer ma vie, seulement, cette fois, j’en avais conscience. Ce n’était pas parce que je prenais les choses en main, que ça n’allait pas marcher.

- J’ai encore eu jamais de victimes, enfin, je compte pas en avoir ! Je sais pas, maintenant, l’hospitalité, ça étonne les gens tellement ça arrive peu souvent. Moi la première d’ailleurs. Tu pourras pas me montrer tes talents en termes de self-defense, je crois.

En tout cas, la conversation avait l’air de se débloquer un peu, se faire plus naturel aussi, ce qui m’aida à me détendre, sans m’en rendre compte. Après tout, je n’avais rien à perdre, à part peut être un semblant de dignité, mais si on partait dans l’optique qu’on ne se reverrait jamais après aujourd’hui, ce n’était pas si grave que ça.

- Ah oui, j’ai vu pas mal de citations mise en avant dans le livre. Je ne sais pas si c’est toi, glissai-je discrètement, en me disant qu’en lui tendant la perche, elle me donnerait les infos dont je manquai, sans passer pour une nana un peu dérangée. Parce que ce n’était pas la personne que j’étais, entendons-nous bien.

Je pianotai sur la tasse de thé, faute de pouvoir la prendre. Elle était brulante.

- Non pas du tout, commençai-je à lui expliquer. C’est vraiment le plus grand des hasards, si j’ai retrouvé ton livre. Comment avancer les choses ensuite ? Je n’étais pas comme Tamsin, ne me posant aucune question et revendiquant mon statut d’actrice. J’aurai aimé être comme elle et réussir à me poser si peu de questions, ce qui aurait d’ailleurs évité des situations comme celle-ci. Pourtant, je n’avais pas à rougir de ma carrière, j’en étais même plutôt fière, alors quoi, est-ce que ça faisait tout de suite de moi une prétentieuse ? Il y en avait qui s’en vantait pour moins que ça ! Il fallait croire que mon passé m’avait fait reconsidérer pas mal de choses, et prendre beaucoup de recul aussi. Comme avoir du mal à réaliser que j’étais plus connue que je ne le pensais. Aux states en tout cas. La preuve la rouquine ne paraissait pas connaître mon visage, difficile à dire, si je devais m’en offusquer ou non. Je bosse dans le cinéma depuis plusieurs années. Je donne des cours aussi. Mais pas à Campbridge ! Tu fais quelles études ? J’avais une forte idée de sa réponse, mais c’était quand même plus polie de poser la question.
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