it's not love if someone doesn't love you back [cassie & jules]

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MessageSujet: it's not love if someone doesn't love you back [cassie & jules]   Jeu 5 Mai - 19:36


« it's not love if someone doesn't love you back »
[cassie & jules]

Coincée dans les bras de Curtis, Cassie ferme les yeux, avec une tendresse, un calme qui lui est peu commun. Elle approche de ses lèvres son pétard, inhale le parfum des cendres, puis souffle la fumée contre les cieux. Puis, ses bras se tendent vers ces mêmes distances, avant de choir contre le matelas de son copain. L’étreinte n’est pas gênante, l’attachement de Curtis n’est pas intolérable. Toutefois, ils ne sont certainement pas agréables. S’il s’avait qu’elle le trompe constamment, avec garçons et filles, qu’elle sort la nuit, danser dans les boites jusqu’à l’aube. Le pire, le plus atroce, c’est qu’elle est incapable d’éprouver de remords. Sa tête repousse le siège des émotions, sans gêne, sans difficulté. Et pourtant, a-t-elle tenté de sentir un ressentiment envers sa propre personne, un regret face à ses actions illicites. Mais rien. Quand elle plonge ses yeux dans les prunelles naïves de Curtis, rien ne jaillit. Rien n’explose, rien ne surgit, rien ne bondit. Ce n’est qu’un garçon tendre dont les caresses, les baisers et les trémolos l’accueillent incessamment. Avec toute la générosité dont un garçon est capable pour une fille qu’il a dans l’œil. Cassie voudrait se sentir mal du fait qu’elle ne peut lui rendre. Néanmoins, elle n’arrive pas à vaincre son indifférence. Elle y est assujettie. Alors, ses paupières se closent, son corps se cale dans celui de Curtis et sa tête cesse de tourner. Le monde redevient plat, lent et serein, l’espace d’un moment furtif pendant lequel elle se sent presque bien. Toutefois, Cassie ne se sent jamais bien. Jamais. L’oiseau ne peut être heureux au sol, le poisson souffre en dehors de l’eau. L’allégresse a quitté Cassie, happée comme une proie naïve par un prédateur, un ennemi invisible. Seulement, peut-être que le confort, le bonheur de la Catalane n’est pas un lieu, mais fut bien un temps. Son enfance. Ce moment achevé, révolu, peut-être tout espoir est mort, le trépas de sa joie, inévitable et irréversible. L’idée de cette éventualité suffit à la plonger dans une déprime à nul autre pareil.

Éprise d'une envie d'air frais, elle se dégage des bras endormis de Curtis. Le doux ronflement de celui-ci, aussi délicat et voluptueux semble-t-il, la laisse froide. Et dire que moins d’un an auparavant, la jeune Cassie aurait pu tomber en amour avec un garçon de son genre, charmant, doux, bon. Toutefois, le pieu dans son cœur l’empêche de respirer, cliniquement morte-vivante. Ses pas nonchalants la guident à l’extérieur. Sa tête résonne au rythme saccadé de la ville, selon des sons douloureux. Sans gêne, elle poursuit l’incinération de son pétard aux yeux de qui veut bien la voir. Après tout, à quoi bon mentir dans Brixton? De toute manière, à Brixton ou à Kensington, à Chelsea ou à Nothing Hill, personne ne la voit. Invisible aux yeux de tous, même à ceux de ses propres parents qui ne voient pas sa détresse. Bien qu’elle prétende apprécier cet anonymat, Cassie ne peut le supporter. Elle aimerait tant que quelqu’un comprenne sa détresse, la voit pour ce qu’elle est réellement. Pas une crise d’adolescence, pas une exploration de son aphrodisie, mais bien un mal. Un mal qu’elle craint être incurable et qui la mènera inévitablement dans sa tombe.

Ses pensées dérivent à nouveau vers Curtis. Ce garçon formidable, étincelant, auquel son corps s’enlace, mais son être se refuse. Mis à part lors de leurs ébats, Cassie se sent davantage mal à l’aise en sa présence. Leurs silences, leurs sommeils mêmes sont inconfortables. Elle sait pourquoi. Évidemment. L’amour est vide. Sec. Une larme dérive contre sa joue à cette pensée, qu’elle s’empresse d’essuyer, honteuse. Elle sait que les gens pleurent d’amour et la voilà, elle, qui pleure de son absence. Pleure en songeant au vide qui l’habite. Un vide béant, une vacuité aigre. Ses larmes lui inspirent une nausée vive, un dégoût humide. Comme si elle se retrouvait aux confins de l’océan forcée à nager, sans jamais voir la côte. Épuisée depuis ce qui lui semble être des siècles, parfois, la noyade semble la seule voie de secours...

Le vent froid la pousse à se réfugier à nouveau à l’intérieur. Secouant ses mains contre ses bras, elle tente de réchauffer sa peau frêle. Dire qu’elle est née dans cette ville, Londres. Pourtant, rien ne lui est plus inconnu. Aucune parcelle de cette cité ne lui est familière. C’est la savane urbaine où elle s’est échouée, oiseau aux ailes brisées. Les cieux sont inaccessibles et doit s’y résoudre. Ah et puis.

Nonchalamment, elle se redirige vers la chambre de Curtis. Une sieste la plongera loin de ses ennuis, loin de ses maux, songe-t-elle. Quand elle sommeille, elle s’imagine courant à travers les forêts boréales de son enfance, les appels effrénés de celles-ci à leur dryade égarée. Dans ses songes, elle y court par monts et par vaux, enjambant les ruisseaux et les crevasses. Sa course la mène jusqu’au territoire du Yukon, ensoleillé de mille feux pendant le cycle estival, puis vers le cercle polaire. Le froid, le chaud n’existent plus, se confondent. Et le voilà. Son bonheur, juste sous ses yeux, scintillant. Puis, comme ses doigts se tendent vers cette image abstraite, la réalité la secoue, ses paupières s’énervent. Les gemmes de ses rêves disparaissent et leur brillance aussi. Le monde réapparait, terne, dans sa sincérité délavée.

Une porte est entrebâillée. Cassie reconnait la chambre de Jules, le frère de Curtis. Ses prises de cocaïne, elle les a observées à quelques reprises. Et si, plutôt que de sommeiller et d’être brutalement happé de ses rêveries, elle se laissait voguer au rythme d’un autre stupéfiant, plus brusque, plus violent? Aussi, le grand frère a cette... bestialité, cette rage qui attire Cassie. Le partage d’une ligne de cocaïne serait une bonne occasion pour fantasmer sur ces muscles tatoués, sa négligence presque criminelle et sur sa personnalité décadente. Décidée, elle jette un coup d’œil à la chambre de Curtis. Celui-ci est toujours bien endormi.

Cassie ouvre la porte et tombe sur Jules.

« Hi. What are you doin’ ? »
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