some things are quite hard to let go of [blondie & jules]

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MessageSujet: some things are quite hard to let go of [blondie & jules]   Jeu 5 Mai - 6:31


« some things are quite hard to let go of »
[blondie & jules]

La journée fut longue, boursouflée de maux. Des souvenirs peu mélodieux et des douleurs d’estomac, un amalgame peu plaisant pour Blondie, laquelle souffre déjà de son instabilité constante. Réellement, ce caractère impulsif, volontaire ou involontaire, semble l’unique constante de son existence. L’inévitabilité de ses variables peut-elle être, en soi, une forme de stabilité, de continuité logique? Blondie en doute. Néanmoins, elle trouve l’idée, l’image plutôt d’un schéma quelconque, imprévisible, mais cohérent, plus... comment dire? Plus saine? Comme si sa pathologie avait trouvé un rythme, une humeur acceptable. L’imprévisible devenu prévisible. Elle n’en espère pas tant.

Cachée dans le penthouse de ses parents, Blondie contemple les avenues de Westminster avec un calme étonnant. Les gratte-ciels colossaux et l’éclat du béton la laissent froide. Leur beauté n’égale pas les vagues fonçant sur la côte de Reykjavik, le vertige des hauteurs n’inspire en elle aucune adrénaline comparable à celle de la vue du miroir impénétrable de l’Atlantique. Surfer lui manque. Elle retourne à Reykjavik pour deux semaines dans quelques jours. Cela lui fera un bien fou. Retrouver la mer, mais aussi, les landes de l’île de feu et de glace. Le silence de l’îlot, mais le vacarme de la baie des fumées. Les aurores boréales, les geysers, les fjords... Et l’eau de vie, laquelle semble avoir un goût différent lorsque consommée en plein milieu de l’océan. Blondie aussi possède un goût différent, perdue dans l’Atlantique. Une sorte de paix intérieure l’anime, une folie joyeuse et saine l’enivre. Confinée à un anonymat forcé, la volupté des instants apparait et les troubles des souvenirs s’évanouissent. A contrario, ici, à Londres, elle ressent son anonymat comme une clandestinité. Et lorsqu’elle est reconnue, pour son passé d’actrice, elle en vient à souhaiter retrouver ce sentiment criminel. Hit and run, songe-t-elle à chaque fois. Mais que serait Bonnie sans son Clyde?

Cassie lui manque énormément et si peu à la fois. Cassie en colère, Cassie en pleurs, Cassie en détresse, les options sont peu nombreuses. Blondie s’ennuie peu des crises de rage de sa colocataire, laquelle lui reprochera son absence, elle le sait, dès que sa nationalité suédoise franchira les douanes islandaises. Ensemble, se sont-elles promises de chasser le Soleil, de s’élancer à la conquête de ces bonheurs qui leur ont été ravis. Et pourtant, Reykjavik n’a fait qu’enfoncer Cassie dans son spleen. Le spleen de Reykjavik par Cassandra Meyers alias Cassie Iva Alcàntara. Autant qu’elle l’aime, puisqu’elles partagent tant, partagent tout, autant Blondie ne peut plus aider sa détresse autrement. Elle a tout donné, même son bonheur retrouvé, mais ce ne fut pas assez pour son amie brune. Blondie craint de se retrouver comme elle, moribonde, a basket case. Elle a assumé affronter ses peurs, elle, et malgré toute la turpitude de la capitale britannique, il n’y a d’autres options pour Blondie. C’est ici que son innocence et sa joie lui furent ravie, ici qu’elle fut déclarée troublée, ici qu’elle perdit les pédales. Elle doit faire face à ses fantômes, affronter la danse.

Nonobstant sa bonne volonté, ce n’est pas suffisant. Blondie ne peut vaincre sa propre nature. Elle est borderline. Tout sa vie, elle sera toujours borderline, songe-t-elle en recrachant une bouffée de cannabis contre le verre du mur-rideau de l’appartement. Cet endroit, c’est sa cachette. Où elle se réfugie. Certes, elle recherche un logement pour elle-même et un emploi aussi, afin de s’installer définitivement à Londres. Elle n’a pas l’intention de vivre parmi les meubles de ses parents, ceux-ci ne sont pas les siens. Toutefois, le secret de cet appartement lui servira toujours. Sa thébaïde des nuits trop longues, son refuge lorsque tout devient insoutenable... Sa cachette d’elle-même. Et jusqu’à maintenant, elle n’a perdu aucune partie de cache-cache en s’isolant là-haut. Toutefois, elle ne les gagne pas non plus...

Ce soir, elle revoit Jules. Après leur rencontre, les silences étranges, mais pleins, quelque chose l’a poussé à ce qu’ils se revoient. Jules est le miroir déformé d’elle-même et vice-versa. Alors que lui jongle avec son ressentiment, Blondie gère son angoisse. Unis par leur douleur, séparés par leurs malheurs. Blondie veut le revoir. D’autant plus, il lui plait. De tous les côtés. Elle eut la sincère impression en le rencontrant qu’ils ont connectés et qu’il ne l’a traitera pas comme une chatte de ruelle. Qu’ils finissent se réconfortant dans les bras l’un de l’autres, ou nus sous la couette du lit, ou riant aux éclats, ou pleurant à chaudes larmes, la jeune Suédoise s’en moque un peu. S’ils se sentent bien, elle sera heureuse. Après tout, c’est ce qu’elle est venue trouver à Londres. Une béatitude. Une paix avec son passé et son présent. De cesser le siège de ses misères et d’accepter qui elle est née pour être. Les moments passés avec Jules lui ont donné cette impression que leurs douleurs n’étaient pas parallèles, mais qu’elles se croisaient. Peut-être accorde-t-elle trop d’importance à un pressentiment, peut-être celui-ci n’a que quelques idées en tête. Sa foi incertaine la fait trembler. À nouveau les angoisses.

Des pétards bien roulés dans son sac-à-dos, un ou deux comprimés d’ecstasy dans un sachet, Blondie descend les nombreux étages de l’édifice dans l’ascenseur trop rapide, tant qu’elle en perd l’équilibre. Dans les rues, dans le métropolitain, dans les wagons, puis de retour dans les rues, ses doigts se chassent les uns et les autres, se bagarrent entre eux. Tout la stresse : l’idée de revoir Jules, la pensée de dire adieu à Cassie, le choix de vivre pleinement et heureusement. Comment les gens peuvent-ils vivre avec tout ce stress? Tant de pression sur des épaules fragiles et mortelles? Un goût amer se développe dans sa bouche, d’une saveur anxiogène. Ses mains s’engagent dans un ballet effréné, sordide même. Jusqu’à ce qu’elle réalise sa stupeur, devant la porte de l’appartement de Jules. Blondie est sur le précipice de la panique. Et pourtant, elle ne sait pourquoi, ton son corps veut vomir, sa nausée lui dit de fuir, loin, loin, de se jeter d’un gratte-ciel, fuir où elle sera inatteignable.

Blondie respire quelques moments. Ses esprits reprennent leur place. Soulagée, elle cogne à la porte. Après un court instant, Jules lui ouvre. Elle sourit de son mieux.

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