i'm a fucking waste of space [cassie & esther]

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MessageSujet: i'm a fucking waste of space [cassie & esther]   Sam 16 Avr - 17:40


« i'm a fucking waste of space »
[cassie & esther]

La semaine qui vient de s’écouler n’avait pas été de tout repos pour Cassie. Les disputes, les mauvais coups, les retenues, les réprimandes, les plans d’évasion, échoués et réussis, s’étaient compté par dizaines. Son enseignante de sciences avait tenté de raisonner la jeune élève troublée et turbulente, en la confrontant, voulant soi-disant percer le mystère, l’aura de secrets et de maux auréolant la blasée et lasse Cassandra Meyers. Pourtant, nulle intrigue ne subsiste. La déchéance de Cassie est née au sein de ses murs, ou plutôt au sein de ses barreaux. Le pensionnat, de plus en plus devient sa maison et cela effraie Cassie. Voilà, entre autres, pourquoi elle tente de fuir tous les soirs vers Londres. Au moins, cette ville est sans mur, sans barreau. Cassie s’y promène avec aisance, y louvoie les courbes qu’elle désire, enfreint même les règles réduisant sa liberté. Pour l’instant, rien n’égale ce sentiment, cette seule vive illusion qu’elle ne sert pas de pantin à un système qui lui donne la nausée. Allait-elle réellement voir ses futurs jours s’écouler dans une banque, à desservir des prêts à des clients et des investisseurs heureux, alors qu’elle-même n’aura toujours pas réussi à ranimer un sourire sur ses lèvres tièdes? Elle a tant de difficultés à se résoudre à cette éventualité, laquelle risque de devenir réalité, plus les jours passent, plus elle s’endort chaque nuit avec le tourment que son sommeil n’est qu’un trop court aléa entre deux séances de torture. Sa mère lui a toujours répété que, lorsque nos rêves deviennent notre seul échappatoire, c’est qu’il est temps de changer de décors. C’est ironique que ce soit cette même femme qui, de consent avec son père, l’ait enfermée en ces lieux morbides... Néanmoins, ce qui terrorise Cassie, c’est cette idée, croissante, omniprésente, qu’un jour, elle remerciera ces parents de l’avoir exilée de ses forêts boréales afin de la cloîtrer au sein de la monarchie urbaine, condamnée à servir au nom de l’étiquette et de la courtoisie... Mais la jeune fille n’appartient pas à la noblesse, elle est une pèlerine sans foi, une vagabonde parmi les barbares, une gitane vivant selon la bohème. Le cri de l’horizon l’appelle, la happe tous les jours principalement à l’aube, comme si l’idée de la monotonie à venir s’avère trop acerbe, et au crépuscule, au son duquel elle songe fréquemment que disparaître dans la nuit lui permettrait de ne pas laisser de traces. Quelle belle fin à un conte aussi tyrannique que sa vie sous le joug du pensionnat. Cassie disparaissant tel un mirage sous la caresse de la Lune, sa nouvelle déesse fauve. Voilà une éternité qui lui plairait.

Ce jour-là, Cassie a enragé la direction. Avec brio, cela dit. Avec l’espoir mythique d’être renvoyée, afin de retrouver le silence de la flore britanno-colombienne. Son cours de théâtre. Pour Cassie, cet art avait toujours été synonyme du plus vil des agréments. Imaginer être quelqu’un d’autres, échapper aux rimes perpétuelles et prévisibles de leurs propres quotidiens, afin de donner naissance à une créature fauve des plus illusoires. Voilà ce que Cassie s’était mise en tête de faire. L’examen final arrivé, elle entame son monologue muet, devant la proviseure, dérangée spécialement pour l’occasion. Presque amusée par l’hilarité de sa saynète, Cassie saisit la bombe aérosol sise dans les coulisses et débute en marquant le mur de la scène d’un graffiti, provoquant des cris de stupeurs à peine étouffés dans le public. L’œuvre de vandalisme, très peu professionnelle laisse lire : rules. Le titre de sa pièce. Chaque lettre, peinte à la peinture aérosol reluit sous l’éclairage.

« Rules. A conceptual monologue about their void of purpuse. » dit-elle, face public, s’avançant vers les spectateurs horrifiés.

Cassie saisit le pétard coincé entre sa jupe et sa hanche et le briquet qui le côtoie, afin d’incendier le cannabis sous les yeux ahuris de tous. Personne ose applaudir, incertains s’il s’agit d’effets spéciaux prenant part au spectacle ou encore si la jeune interprète les nargue à fond. Toutefois, l’odeur du chanvre incinéré flotte rapidement jusqu’aux narines de la proviseure, laquelle bondit et rugit, courant vers les coulisses afin d’interrompre le spectacle, soi-disant dépravé. Voyant son atelier expérimental approcher son tumulte final, Cassie élance ses dernières répliques, avant de détaler.

« You know, fuck’s just another word. Like cunt. Or wanker, or tosser, or bollocks, or pussy, or shit. Words can’t be ruled, only brainwashed morons can. »

Les rideaux se ferment sous un torrent de huées. La proviseure fixe Cassie, munie d’yeux assassins. Cassie s’en moque. Son concept a choqué, comme tous les concepts controversés choquent avant d’être acclamés. La jeune pensionnaire se met à courir vers la sortie de secours derrière les coulisses, alors que la proviseure la poursuit, criant son nom de manière enragée.

« Fuck you! And fuck rules! »

Une heure plus tard, la voilà à nouveau en cavale dans la cité de Londres. Anonyme parmi la foule, elle sait exactement où elle désire se rendre. Jamais ne s’est-elle aventurée dans le quartier de Stonebridge, favorisant s’énerver au sein des quartiers chauds de la métropole. Pourtant, il est temps qu’elle visite sa cousine, Esther. Jamais ne l’a-t-elle connu. Et ici, au sein de la zizanie anglaise, elle s’avère sa seule famille. Ses parents l’ont informé que la dénommée cousine vit dans ce quartier et y travaille dans un restaurant tout coquet. Après s’être renseigné sur le nom du dit bistro, Cassie s’était promis d’y rendre une visite. Après tout, Esther est la seule personne sur tout ce continent l’ayant connu avant qu’elle perde la capacité de sourire. Ce spleen en est plus qu’un, cette déprime en est plus qu’une, quelque chose de fondamental s’est modifié chez Cassie. Et elle en souffre...

Elle entre dans le bistro typiquement londonien. Jetant quelques regards au hasard, Cassie tente de trouver Esther. L’adolescente s’assoit contre une banquette, puis aperçoit enfin sa cousine, qu’elle reconnait immédiatement grâce aux photographies qu’elle a pu voir d’elle. Quand celle-ci s’approche de Cassie afin de prendre sa commande, la jeune en cavale s’élance.

« Hi Esther. I’m Cassie, John’s daughter, your cousin. Do you remember me? »
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