"Happiness consists in realizing it is all a great, strange dream" (Lena & Dean)

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MessageSujet: "Happiness consists in realizing it is all a great, strange dream" (Lena & Dean)   Ven 15 Avr - 22:14

Dean venait de terminer sa journée à l'université. Alors que les autres professeurs se désespèrent des beaux jours qui divisent par trois la présence des étudiants dans leurs cours, lui voyait son nombre d'auditeurs et surtout d'auditrices doubler et se demandait combien de ces jeunes filles étaient réellement inscrites. Bien qu'il ne doute pas de l'intérêt de ses cours et de leur qualité, il devinait que plus de la moitié d'entre elles n'écoutaient (ou alors ne comprenaient, et là était le drame) que la moitié de ce qu'il pouvait bien leur raconter. Cela l'exaspérait d'ailleurs souvent et il se disait qu'il finirait un jour par parler de la guerre froide le torse nu et alors dans la salle il ne ferait pas froid du tout. Évidemment, la situation présentait ses avantages. Passer du collège à l'université avait été comme entrer dans une nouvelle dimension, et même s'il appréciait enseigner aux adolescents, se retrouver face à des rangées de jeunes adultes le regardant avec des yeux de merlan frit lui donnait un sentiment de pouvoir somme toute agréable. En sortant de l'amphithéâtre, Dean se souvint de sa première journée, il y a cinq ans. Il était arrivé à son entretien d'embauche aussi nerveux que l'on peut l'être le jour d'un entretien d'embauche. Il savait que son jeune âge et son peu d'expérience ne joueraient pas en sa faveur, et se préparait déjà mentalement à un refus. Le directeur, un homme à l'air austère et à la mine aussi grisâtre que son costume-cravate, lui serra mollement la main et l'invita à entrer dans son bureau. Une fois assis en face de lui, le visage de l'homme se transforma alors étonnamment en un sourire aussi amical que peut l'être un sourire de la part d'un directeur d'université enfermé dans un bureau froid aux sièges en velours et sentant le renfermé. Plus incroyable encore, le directeur le félicita sur le choix du sujet de sa thèse et lui proposa un poste.
Il se dirigeait à présent vers l'extérieur et jeta un coup d’œil à sa montre. 18 heures. Que faire maintenant ? N'arrivant pas à se décider, il prit le parti de marcher jusqu'à avoir une illumination. Sur le chemin, il croisa des étudiantes installées dans un coin d'herbe qui le regardèrent et chuchotèrent entre elles. Il leur fit un sourire avant de leur lancer, le dos déjà tourné, « Vous devriez être en cours, les filles ! Napoléon n'aurait jamais gagné la bataille d'Austerlitz s'il avait dû compter sur vous  ! ». Il les entendit glousser et se dit que si cela continuait, Oxford finirait très bientôt par voir son taux de popularité diminuer.

Dans les rues de Londres, Dean se sentait maintenant comme chez lui. Les endroits devant lesquels il passait débordaient de souvenirs. En tournant dans un coin de rue, il se rappela y avoir embrassé Lylie. Lylie grâce à laquelle il était arrivé ici, Lylie qui lui avait fait découvrir cette boutique là, et ce restaurant là-bas, en face. A cet endroit précis, il y a sept ans, Dean et Lylie unissaient leur bouche pour lutter contre la grisaille, la déception et le temps qui passe. Sept ans auparavant, il éprouvait de la rancœur envers cette ville qui transformait sa Lylie. Maintenant il se rendait compte à quel point il avait changé lui aussi. Souvent, il lui arrivait de se demander ce qu'il se passerait si la magie du hasard les faisait se rencontrer. Il la croiserait dans un rayon de supermarché, le rayon surgelés (le moins sensuel de tous les rayons de supermarché). Ils se souriraient pour se donner une contenance, gênés d'être surpris une pizza quatre fromages à la main, puis ils échangeraient des banalités avant de partir comme deux nouveaux inconnus. Pris de remords, il se mettrait à courir pour la rattraper. Au rayon conserves, il lui dirait qu'elle est la seule qu'il ait jamais aimée, et que toutes les filles qu'il avait rencontrées depuis ne lui arrivaient pas à la cheville, et veux-tu que notre vie devienne un éternel premier rendez-vous ?

Le fantôme de Lylie l'avait amené devant le Carling bar club, un bar que cette dernière appréciait énormément. Il hésita un instant, devait-il entrer ou non ? Et si elle était là ? Ou s'il était déçu de ne pas l'y trouver ? Dans tous les cas, il pourrait noyer son désespoir dans l'alcool. Ce compromis idéal  lui convenait, et il s'apprêtait à pousser la porte du bar lorsqu'une jeune femme dont le visage n'était pas resté au rayon surgelés passa devant lui sans le voir…

-Lena ! Hé, gamine !
Il adorait l'appeler ainsi car il savait que cela la mettait dans une colère un poil surjouée. Il adorait cette fille tout court, même si ces derniers temps ils se voyaient peu. C'était exactement la fille qui tombait au bon moment, juste avant qu'il ne sombre complètement dans la morosité.
- Tu vas où comme ça ?  Madame a son appart' et son mec alors elle me snobe ?
Il s'approcha d'elle et passa son bras autour de son cou.
- Tiens d'ailleurs comment il va ton… Carles...Carlos c'est ça ? Ça aussi, à coup sûr ça l'énerverait un peu.
T'aurais pas une amie à me présenter par hasard ?
Et il se mit à rire, pour chasser la morosité.
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MessageSujet: Re: "Happiness consists in realizing it is all a great, strange dream" (Lena & Dean)   Dim 24 Avr - 11:21


Lena esquissa un nouveau sourire. Le surnom dont elle avait affublé Dean exerça son petit effet habituel et les chamailleries entre eux reprirent de plus belle. Le professeur partagea néanmoins subtilement son dépit pour ne pas avoir été informé à propos de son petit ami. Il affirma qu’elle perdait la tête en raison de ses sentiments. L’assistante réalisatrice ne l’avait en effet pas confié à Dean mais elle avait eu peur que si elle en parlait trop tôt, le bonheur de cette relation s’effriterait. Quelques semaines plus tard cependant, son couple tenait encore le coup et avait même pris un tournant un peu plus sérieux. « Pas du tout. Je voulais juste prendre le temps, voir si cette relation fonctionnerait avant de le crier sur tous les toits. » Répondit Lena un brin plus sérieuse. Dean n’était pas « tous les toits », elle voulait simplement dire qu’elle n’en avait parlé qu’à son frère. « Et puis, tu n’as jamais aimé les histoires niaises. » La jolie brune avait repris le ton d’humour adopté depuis le début de la soirée entre eux. Dean était devenu un séducteur auprès des femmes après une séparation douloureuse, il ne s’attachait que rarement. Lena avait connu une période similaire après un an de relation sérieuse à l’université avec un garçon qui l’avait finalement trompée. Carlisle était plus ou moins le premier pour qui elle envisageait perspective un peu plus longue que les précédents depuis cette fameuse histoire. C’est pourquoi la jeune femme n’avait jamais jugé son ami sur la façon dont il menait sa vie. Au contraire, Lena s’amusait souvent à le charrier à ce propos. Dean lui rappela que son frère lui disait à peu près tout (bon rappel, si un jour elle voulait garder une chose pour elle, ne pas la dire à Erwann) et il sous-entendit que tout ce qui passait une porte ressortait par l’autre. L’assistante réalisatrice utilisa cette remarque pour le prendre à contrepied dans la plaisanterie. « Non, chut, je ne veux pas savoir si c’est pareil pour les femmes ! » Si elle n’avait pas eu les mojitos en main, elle lui aurait posé une main sur la bouche pour joindre le geste à la parole et le faire taire mais Dean anticipa la réaction et lui ébouriffa les cheveux à la place. « Quand je voudrai ressembler à un hérisson, je saurai qui appeler. » Lança-t-elle en riant et en lui tirant la langue. Il avait beau avoir quelques années en plus qu’elle, ils se comportaient comme deux gamins quand ils étaient ensemble. Lena avait déjà vu plusieurs fois des filles de son âge la regarder avec envie, se demandant comment elle pouvait s’y prendre avec le professeur pour retenir son attention mais elle ne faisait rien de spécial. Il était comme un frère pour elle et en plus elle n’était pas dans une de ses classes. C’était sûrement la combinaison gagnante de leur complicité, en plus de celle qu’il partageait avec Erwann en premier lieu. Parlant de son frère, Dean souligna qu’il l’avait retrouvé tout penaud, comme toujours quand Lena fréquentait quelqu’un. Son aîné avait toujours été surprotecteur, comme elle l’avait été avec lui quand il était malade. C’était comme s’il voulait lui rendre la pareille aujourd’hui, rattraper en puissance dix le rôle de grand-frère pour les années où il lui avait été plus difficile de le tenir. Même si Lena lui avait toujours fait comprendre qu’il n’avait pas à le faire, il s’entêtait pour sa petite sœur. « Il exagère toujours aussi. Lui, s’il pouvait, il m’enfermerait dans un couvent ! Après, il s’étonnera que je ne veuille plus rien lui dire. Mais bon, ça ne changera pas, on ne s’est jamais rien caché. Et je suis sûre que tu as trouvé les mots pour lui rendre son sourire blancheur extra white. » La jolie brune ne manquait jamais de glisser un trait d’humour pour répliquer au professeur qui n’en attendait pas moins. Le sujet des étudiantes revint rapidement sur le tapis et Dean tenta vainement de lui faire croire à son caractère consciencieux. « A d’autres, tu ne me la feras pas à moi. » Il lui demanda alors si elle ne connaissait pas de belles actrices à lui présenter. Lena fit mine de réfléchir une seconde avant de lui répondre mi-sérieusement. « Mmh, peut-être. Si t’es sage. Ce n’est pas gagné. » Elle esquissa un grand sourire. « Je suis sûre que toi aussi tu finiras par trouver. » Ces mots-là seraient la seule allusion sérieuse de la soirée que la jeune réalisatrice glisserait à son ami à ce sujet d’autant qu’elle devait rejoindre le groupe qui l’avait accompagnée. Lena proposa donc à Dean de se joindre à eux à condition qu’il se fasse pardonner en interprétant une chanson du choix de la jeune femme sur scène. Il accepta seulement si elle l’accompagnait pendant la performance dans le cas où aucune amie à elle ne serait libre. « Autant elles pourraient se disputer pour aller chanter avec toi en temps normal, autant pour cette chanson-là, je pense que tu devras te contenter de moi. » Répondit-elle en rigolant, sachant que le suspens quant au morceau l’intriguerait. Quand il saurait ce qu’elle lui réservait… Il déchanterait pour le côté ridicule. Dean plaisanta ensuite – ou en tout cas le formula sous forme de plaisanterie – à propos de son petit ami, menaçant de montrer ce à quoi il aurait affaire s’il dérapait. « Et le mien en guise de bienvenue, tu le veux ? » Elle pouffa. « N’empêche, entre lui et toi, je ne sais pas qui se le ramasserait en premier, le coup de pied au cul. » Vu comment Carlisle était, il pourrait tout autant accueillir Dean de la même façon. « Mais si je devais miser, j’irai quand même pour toi, avec l’effet de surprise de ton côté. » Répondit-elle en riant pour le conforter dans son égo. En vrai, elle le taquinait mais ça la touchait. Malgré le caractère indépendant de Lena, il était toujours plaisant de savoir qu’elle pouvait compter sur quelqu’un en cas de besoin. Et l’amitié que Dean avait instaurée avec son frère était suffisamment puissante pour s’être répercutée entre eux. Lena présenta ensuite le professeur à la table, trois filles dont deux célibataires (ce qu’elle lui précisa en aparté) et deux garçons. Tandis qu’il s’installait et que la discussion reprenait, l’assistante réalisatrice demanda qui souhaitait chanter quelle chanson pour le karaoké afin d’aller les inscrire pour ne pas qu’ils attendent ad vitam aeternam pour passer. « Toi tu ne sauras rien du tout avant le moment venu. » S’adressa-t-elle à Dean, toujours souriante. Elle partit ensuite inscrire tout le monde près de l’animateur de la soirée et revint ensuite s’installer à la table où la conversation allait bon train. Le professeur avait déjà peut-être mis son plan séduction en route; ce ne serait guère étonnant.


Dernière édition par Lena Pearson le Dim 29 Mai - 23:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: "Happiness consists in realizing it is all a great, strange dream" (Lena & Dean)   Sam 30 Avr - 10:50

Dean poussa un grognement. Elle l'avait encore appelé Oncle Dean. A chaque fois que Lena le nommait ainsi, il se souvenait de son vieil oncle, celui que l'on a tous dans sa famille, qui fait des boutades gênantes à tout bout de champ en poussant du coude le voisin. L'oncle gentil mais un peu encombrant. Il prit un air offensé. « Hé bien en attendant on lui parle plus beaucoup à l'oncle en ce moment ! L'amour te fait perdre la tête ma grande ! » dit-il en esquivant de peu le coup que Lena essayait de lui donner. Tous les deux étaient habitués à ce petit jeu qui se déroulait à chaque fois qu'ils se rencontraient. C'était comme une sorte de rituel pour Dean. Cela participait à créer autour de lui tout un monde rassurant dans lequel il se sentait enfin à sa place. Lorsqu'il avait rencontré le frère de Lena quelques années plus tôt, il venait de se séparer de Lily et ne connaissait personne à Londres hormis quelques collègues. En se rapprochant d'Erwann, il avait appris à connaître Lena et n'avait jamais pu la considérer autrement que comme sa petite sœur. C'était d'ailleurs la seule personne appartenant à la gent féminine avec laquelle il avait créé un véritable lien d'amitié, son rapport avec les femmes étant toujours faussé par une ambiguïté latente. Il lui était d'ailleurs arrivé de se demander, un jour où il sortait avec Lena, s'il avait vraiment déjà eu une relation amicale avec une femme sans que celle-ci évolue dans un rapport de séduction rendant impossible tout retour en arrière. Il ne restait pas ami avec des femmes plus d'un mois. D'ailleurs, son unique amie ne manquait pas une occasion de lui adresser des remarques bien tournées à ce propos, qu'il acceptait à défaut de pouvoir nier. De son côté, Dean avait l'habitude d'insister pour que la jeune femme s'amuse et se trouve un petit ami, conseils qu'il se gardait bien de lui délivrer lorsque son frère était dans les parages. Il savait le drame que cela créait chez Erwann de savoir sa sœur accompagnée. Mais en tant que meilleur ami, il se devait de protéger également la sœur et prenait à cœur la mission dont il se sentait investi. Et puis, il savait que Lena pourrait se confier plus facilement à lui sur ce sujet, étant donné les réactions un peu exagérées dont était capable le frère lorsqu'il s'agissait de sa sœur. Dean préféra donc attendre un peu et tâter le terrain au sujet de ce Carlisle avant de risquer de mettre les pieds dans le plat. Il ne fallait pas la braquer tout de suite…
«  Bien sûr que les nouvelles vont vite, tu oublies que j'habite sur le même palier que ton frère ! Tout ce qui passe par une porte ressort par l'autre, ma grande ! » Il posa son poing sur le haut du crâne de son amie et lui ébouriffa les cheveux dans un geste brusque de franche camaraderie, ne remarquant même pas que la jeune fille avait failli renverser ses mojitos. « D'ailleurs, à propos, je te remercie de me l'avoir laissé tout déprimé. C'était pas drôle à voir. Enfin, tu sais comment il est. » rajouta-t-il, avec un petit sourire amusé. Depuis qu'il connaissait Erwann et Lena, Dean avait l'impression d'avoir trouvé une famille. Dans les premiers mois qui suivirent son arrivée, souvent l'envie lui avait pris de tout quitter et de repartir dans son pays d'origine, aux États-Unis, à Salt Lake City. Il ne pensait pas avoir sa place à Londres, et aucun lien particulier ne l'obligeait à rester. Son arrivée dans la ville était devenue pour lui le symbole de son échec amoureux. Il n'avait pas imaginé une seconde qu'il créerait des liens d'amitié si solides avec un anglais. Il détestait les anglais, puisque son ex petite amie était anglaise ! La logique était imparable. L'accent anglais, qu'il trouvait auparavant si mignon, était devenu une offense à son cœur brisé. Cependant, la vie a parfois prévu pour nous des plans qui dépassent de loin notre entendement, et sa rencontre avec son meilleur ami lui avait fait comprendre qu'il n'en avait pas encore fini avec l'Angleterre. Il s'était dit que finalement, nous sommes toujours au bon endroit au bon moment. C'était encore la même évidence qui l'avait ramené à une toute autre réalité ce soir, alors qu'il se sentait sur le point de céder aux appels nostalgiques de souvenirs douloureux, grâce à la rencontre fortuite de son amie. Il éclata de rire lorsque celle-ci évoqua encore une fois – comme toutes les fois – ses étudiantes. « Mais je suis un professeur consciencieux, moi Madame, je ne fréquente pas mes étudiantes ! Ou du moins dans de très rares occasions qui exigent de moi le plus grand professionnalisme. »Dean aimait mentir ostensiblement. « Allez, tu ne vas pas me dire que tu ne connais pas une ou deux jolies actrices célibataires qui rêveraient de me rencontrer ?! » Il haussa les épaules pour manifester son incompréhension. Les occasions d'avoir une relation avec ses étudiantes s'offraient à lui chaque jour mais il commençait à se lasser de sa position d'homme tout-puissant face à de jeunes demoiselles en admiration. Lena n'avait pas manqué de lui rappeler insidieusement qu'il avait déjà passé la barre de la trentaine et cela commençait à envahir de plus en en plus souvent ses pensées. Il se mettait à désirer une relation sérieuse, bien qu'il ne fasse part de ses envies à personne. Dean ne se sentait pas légitime lorsqu'il s'agissait de parler des relations de couple.
« Je me joins à vous mais je te préviens que s'il n'y a pas une seule de tes amies qui soit libre, tu chanteras en duo avec moi ! Et tu te sentiras ridicule à côté de la bête de scène que je suis ! » Il attrapa le mojito que lui servit le serveur et marqua un temps d'hésitation.« Au fait ton Carlisle est venu avec toi ? Mon coup de pied-au-cul risque de lui souhaiter la bienvenue ! »  Il sourit à la jeune fille et ajouta, tout en regardant suspicieusement les personnes attablées dans la salle : « N'y vois rien de personnel n'est-ce pas… Que ce soit lui ou un autre, c'est la même chose. Qu'il sache à quoi s'attendre si jamais il fait un pas de travers. »  Dean savait qu'il en faisait légèrement trop, mais il appréciait particulièrement les situations théâtrales.
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MessageSujet: Re: "Happiness consists in realizing it is all a great, strange dream" (Lena & Dean)   Dim 29 Mai - 23:02


Lena esquissa un nouveau sourire. Le surnom dont elle avait affublé Dean exerça son petit effet habituel et les chamailleries entre eux reprirent de plus belle. Le professeur partagea néanmoins subtilement son dépit pour ne pas avoir été informé à propos de son petit ami. Il affirma qu’elle perdait la tête en raison de ses sentiments. L’assistante réalisatrice ne l’avait en effet pas confié à Dean mais elle avait eu peur que si elle en parlait trop tôt, le bonheur de cette relation s’effriterait. Quelques semaines plus tard cependant, son couple tenait encore le coup et avait même pris un tournant un peu plus sérieux. « Pas du tout. Je voulais juste prendre le temps, voir si cette relation fonctionnerait avant de le crier sur tous les toits. » Répondit Lena un brin plus sérieuse. Dean n’était pas « tous les toits », elle voulait simplement dire qu’elle n’en avait parlé qu’à son frère. « Et puis, tu n’as jamais aimé les histoires niaises. » La jolie brune avait repris le ton d’humour adopté depuis le début de la soirée entre eux. Dean était devenu un séducteur auprès des femmes après une séparation douloureuse, il ne s’attachait que rarement. Lena avait connu une période similaire après un an de relation sérieuse à l’université avec un garçon qui l’avait finalement trompée. Carlisle était plus ou moins le premier pour qui elle envisageait perspective un peu plus longue que les précédents depuis cette fameuse histoire. C’est pourquoi la jeune femme n’avait jamais jugé son ami sur la façon dont il menait sa vie. Au contraire, Lena s’amusait souvent à le charrier à ce propos. Dean lui rappela que son frère lui disait à peu près tout (bon rappel, si un jour elle voulait garder une chose pour elle, ne pas la dire à Erwann) et il sous-entendit que tout ce qui passait une porte ressortait par l’autre. L’assistante réalisatrice utilisa cette remarque pour le prendre à contrepied dans la plaisanterie. « Non, chut, je ne veux pas savoir si c’est pareil pour les femmes ! » Si elle n’avait pas eu les mojitos en main, elle lui aurait posé une main sur la bouche pour joindre le geste à la parole et le faire taire mais Dean anticipa la réaction et lui ébouriffa les cheveux à la place. « Quand je voudrai ressembler à un hérisson, je saurai qui appeler. » Lança-t-elle en riant et en lui tirant la langue. Il avait beau avoir quelques années en plus qu’elle, ils se comportaient comme deux gamins quand ils étaient ensemble. Lena avait déjà vu plusieurs fois des filles de son âge la regarder avec envie, se demandant comment elle pouvait s’y prendre avec le professeur pour retenir son attention mais elle ne faisait rien de spécial. Il était comme un frère pour elle et en plus elle n’était pas dans une de ses classes. C’était sûrement la combinaison gagnante de leur complicité, en plus de celle qu’il partageait avec Erwann en premier lieu. Parlant de son frère, Dean souligna qu’il l’avait retrouvé tout penaud, comme toujours quand Lena fréquentait quelqu’un. Son aîné avait toujours été surprotecteur, comme elle l’avait été avec lui quand il était malade. C’était comme s’il voulait lui rendre la pareille aujourd’hui, rattraper en puissance dix le rôle de grand-frère pour les années où il lui avait été plus difficile de le tenir. Même si Lena lui avait toujours fait comprendre qu’il n’avait pas à le faire, il s’entêtait pour sa petite sœur. « Il exagère toujours aussi. Lui, s’il pouvait, il m’enfermerait dans un couvent ! Après, il s’étonnera que je ne veuille plus rien lui dire. Mais bon, ça ne changera pas, on ne s’est jamais rien caché. Et je suis sûre que tu as trouvé les mots pour lui rendre son sourire blancheur extra white. » La jolie brune ne manquait jamais de glisser un trait d’humour pour répliquer au professeur qui n’en attendait pas moins. Le sujet des étudiantes revint rapidement sur le tapis et Dean tenta vainement de lui faire croire à son caractère consciencieux. « A d’autres, tu ne me la feras pas à moi. » Il lui demanda alors si elle ne connaissait pas de belles actrices à lui présenter. Lena fit mine de réfléchir une seconde avant de lui répondre mi-sérieusement. « Mmh, peut-être. Si t’es sage. Ce n’est pas gagné. » Elle esquissa un grand sourire. « Je suis sûre que toi aussi tu finiras par trouver. » Ces mots-là seraient la seule allusion sérieuse de la soirée que la jeune réalisatrice glisserait à son ami à ce sujet d’autant qu’elle devait rejoindre le groupe qui l’avait accompagnée. Lena proposa donc à Dean de se joindre à eux à condition qu’il se fasse pardonner en interprétant une chanson du choix de la jeune femme sur scène. Il accepta seulement si elle l’accompagnait pendant la performance dans le cas où aucune amie à elle ne serait libre. « Autant elles pourraient se disputer pour aller chanter avec toi en temps normal, autant pour cette chanson-là, je pense que tu devras te contenter de moi. » Répondit-elle en rigolant, sachant que le suspens quant au morceau l’intriguerait. Quand il saurait ce qu’elle lui réservait… Il déchanterait pour le côté ridicule. Dean plaisanta ensuite – ou en tout cas le formula sous forme de plaisanterie – à propos de son petit ami, menaçant de montrer ce à quoi il aurait affaire s’il dérapait. « Et le mien en guise de bienvenue, tu le veux ? » Elle pouffa. « N’empêche, entre lui et toi, je ne sais pas qui se le ramasserait en premier, le coup de pied au cul. » Vu comment Carlisle était, il pourrait tout autant accueillir Dean de la même façon. « Mais si je devais miser, j’irai quand même pour toi, avec l’effet de surprise de ton côté. » Répondit-elle en riant pour le conforter dans son égo. En vrai, elle le taquinait mais ça la touchait. Malgré le caractère indépendant de Lena, il était toujours plaisant de savoir qu’elle pouvait compter sur quelqu’un en cas de besoin. Et l’amitié que Dean avait instaurée avec son frère était suffisamment puissante pour s’être répercutée entre eux. Lena présenta ensuite le professeur à la table, trois filles dont deux célibataires (ce qu’elle lui précisa en aparté) et deux garçons. Tandis qu’il s’installait et que la discussion reprenait, l’assistante réalisatrice demanda qui souhaitait chanter quelle chanson pour le karaoké afin d’aller les inscrire pour ne pas qu’ils attendent ad vitam aeternam pour passer. « Toi tu ne sauras rien du tout avant le moment venu. » S’adressa-t-elle à Dean, toujours souriante. Elle partit ensuite inscrire tout le monde près de l’animateur de la soirée et revint ensuite s’installer à la table où la conversation allait bon train. Le professeur avait déjà peut-être mis son plan séduction en route; ce ne serait guère étonnant.
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