nothing good ever stays with me, absolutely nothing [fabien & maxence]

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MessageSujet: nothing good ever stays with me, absolutely nothing [fabien & maxence]   Ven 8 Avr - 22:31


« nothing good ever stays with me, absolutely nothing »
[fabien & maxence]

Londres a quelque chose d’humide. Évidemment, cela transpire à travers les pluies torrentielles qui secouent la cité frénétiquement. Néanmoins, tous les pores de la ville dégagent une tépidité nouvelle, originale. L’air possède une pesanteur aquatique, les gens semblent suer constamment, une languissante sueur qui se pose contre la ville, assiège celle-ci de son poids. La Tamise qui louvoie en son centre s’écoule au même rythme que les démarches des Londoniens, les yeux rivés sur leurs montres de luxe ou sur les nuages scintillants, le pas véloce ou pointu. Fab se sent perdu en ses rues où les gouttes d’eau perlent. L’urbanisme de Londres n’a rien à voir avec celle de Vancouver. Où était l’océan, où étaient les montagnes et les plages? Nulle part. Une région urbaine, mise à part les parcs tant célèbres. Que nul ne se méprenne, Fab trouve Londres magnifique. Éblouissante. Impressionnante. Trop même, au point que ces murs, hauts et larges, sont intimidants. Fab, du haut de ces quatorze ans, est facilement effrayé par tout ce qui lui rappelle sa petitesse en ce monde. Au milieu des gratte-ciels, il lève la tête aux indolents nuages qui, eux, n’appartiennent à personne. En ce moment, l’adolescent appartient à Londres lui, en est le captif. Pour le meilleur et pour le pire, certes, mais captif tout de même. Londres n’est pas comme Vancouver. Quelle est cet indice plein de fougue qui réside dans les vents de l’ouest? L’eau et la terre qui ne font plus qu’un, mais qui, plutôt que de s’affronter, s’unissent sous la main fragile des humains. Les expéditions dans les forêts vivaces de la Colombie-Britannique, les fugues en voilier sur la English Bay, avec ses amis à boire des poppers ice, les journées interminables de surf à Tofino, de la tiédeur de l’aube jusqu’au réconfort du crépuscule, tout cela lui semble indispensable à présent. Pour la première fois de sa vie, se sent-il peut-être réellement à sa place. L’Ouest. Malgré sa nostalgie, il apprécie tout de même cette première visite en territoire britannique. Nonobstant les premiers avant-goûts que lui inspire la cité, il y trouve tout de même une audace, une sincérité et une maturité, lesquelles sont caractéristiques, remarque-t-il, des agglomérations urbaines du Vieux-Continent. Voilà peut-être ce qui le trouble le plus. La dichotomie occidentale entre l’Amérique et l’Europe. Comme si son âme est trop naïve, trop simple pour les lieux. Du moins, c’est son impression.

Ces parents ont tout planifié. L’itinéraire de voyage, les lieux à voir, les spontanéités à ne pas pouvoir prédire, tout est inscrit, tout est réservé, l’argent comptée, divisée, répartie. Les mécaniques de ses parents font toujours rigoler Fab. Au début du périple, lui ont-ils donné 200 livres sterling, précisant qu’il pouvait ainsi les dépenser à son bon vouloir, à question qu’il ne les embête pas pour en obtenir davantage. Pourtant, ses parents le connaissaient très bien et savaient-ils que jamais ne dépenserait-il autant. À l’exception de ses besoins primaires, Fab n’allait que très rarement acheter. Il se satisfaisait avec naturel du nécessaire. Ce qui lui manque le plus, mis à part les eaux turbides et les collines vierges, sont son piano et sa guitare. La musique qu’il joue le mène toujours par monts et par vaux, tels des rêves tendres et lucides, merveilleux. S’il caressait les touches de piano depuis son plus jeune âge, il s’était mis à tendre les cordes des guitares l’année dernière, lors de son déménagement à Vancouver. Quitter le Québec n’avait pas été des plus faciles. Bien qu’il n’ait eu aucun trouble à faire ses adieux à ses amis, comme il aurait voulu s’enchainer aux prés bordant le Saint-Laurent, dans cette campagne où il avait grandi. Et Montréal. Les joies de l’été montréalais, si vivant, une jungle dans laquelle ses amis et lui raffolaient de se perdre, les festivals les avuant à chaque coin de rues, rendant leurs parents dingues. La guitare lui avait, à ce moment, offert une échappatoire, mais aussi un souvenir. Inquiet était-il de ne pas trouver de nouveaux amis. Le premier mois avait été solitaire, néanmoins, il avait fini par déniché des gens avec lesquels il avait partagé de vrais moments d’amitié. Ariana et Melissa, par exemple, ou encore Trent et Saoirse, et, bien évidemment, Cassie. Voilà une autre personne dont il s’ennuie. Cassie. Si vague et imprécise. L’aime-t-il? L’aime-t-elle? Voilà les questions qui brûlent les lèvres de tous les étudiants de leur école. Cassie et Fab, Fab et Cassie. Un si joli assortiment de prénoms. Après tout, ils sont coquins ensemble. Qu’est-ce qui les prévient?

La journée se termine, ses parents et lui retournent à leur hôtel. Son père prend un verre avec l’un de ses partenaires londoniens au bar du complexe, sa mère est dans la douche. Lui observe la nuit tombé sur Londres, les lumières tamisés se réfléchissant contre la douce Tamise. Le London Eye brille de mille feux, laissant voir à travers lui l’âme, l’esprit même de la cité. Fab est heureux, en ce moment précis. Depuis un moment, tout lui semble merveilleux, en place. Toutefois, il sent que tout se chamboulera dans très peu de temps. Une épée de Damoclès tranchante et fatale qui pend au-dessus de sa tête, dont il sent la lame séduire le haut de son crâne. La veille, son père, plusieurs scotchs plus tard, avait discuté avec l’un de ses collègues d’un possible déménagement. Étant le premier vendeur de la multinationale, cela annonçait une grande ville. Londres? Non, trop évident. San Fransisco, Houston, Saint-Louis, Boston, Philadelphie, Chicago... New York? Telle est la crainte qui se balance constamment au-dessus de Fab. Tout son bonheur, tous ces gens qui l’entourent, qu’il aime. Ils ne sont qu’éphémères, temporaires. Son cœur déglutit à cette idée.

Soudainement, son cellulaire vibre. Fab penche son regard contre l’écran illuminé. Maxence lui a répondu. Maxence, son cousin de Boston, qui accepte de le voir. L’adolescent n’en croit pas ses yeux. Depuis qu’il a été révélé à la famille que son cousin fut en réalité adopté, un faussé béant s’est creusé entre lui et la famille. Comme s’il croyait être un intrus. Fab ne comprend pas comment Maxence peut se sentir ainsi, mais il n’est pas dans sa peau. Il lui semble tout simplement que, pour lui, la nouvelle de l’adoption n’a rien changé. Bien qu’il réalise qu’il n’est pas celui que la nouvelle concerne.

Subtilement, Fab enfile sa veste de soir et quitte la chambre. L’ascenseur descend les étages avec une lenteur moite. Et s’il manquait cette chance de revoir son cousin? Les portes s’ouvrent, grandes, et sans réfléchir, Fab les traversent et sort de l’hôtel dans la nuit illuminée. Le métropolitain le mène à travers quelques stations, puis il en sort, de retour à la surface. Quelques rues, puis voilà le pub que lui a indiqué Maxence. Fab respire mal, il est nerveux. Non pas pour y pénétrer, ses fausses cartes ne l’ont jamais trahi et son apparence lui donne un air plus vieux. Néanmoins, Maxence est assurément l’une des rares personnes que Fab ne perdra jamais de vue... À moins que son cousin préfère s’éloigner de leur famille...

À l’intérieur de l’édifice, Fab passe par le vestiaire pour y confier sa veste, jetant de frénétiques coups d’œil à la foule, tentant d’identifier Maxence, lequel il n’a pas vu depuis des années. Il est assez surprenant qu’ils se retrouvent à Londres en même temps. Un signe peut-être? Et puis le voilà. Aux bars, parmi ses mates. Une dernière respiration et Fab se lance.

« Hey Max! How are you? It’s been a long time, hasn’t it?
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