Double burger sauce chasseur #VANDERBERGHE

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MessageSujet: Double burger sauce chasseur #VANDERBERGHE   Ven 8 Avr - 1:47

Cela faisait à présent quelques semaines que Sarah vivait à Londres, à Greenwich pour être précise. Elle n’avait pourtant pas encore vraiment pris le temps de se poser entre son installation et son nouveau boulot. Aux dernières nouvelles, le père de Dave Cameron était impliqué dans l’affaire Panama Peppers. On attendait maintenant que Dave Cameron lui-même admette qu’il avait plongé dans des affaires louches. Bref, fallait être sur le qui-vive, du genre prêt à bondir sur l’info toute chaude, et ça, Sarah savait y faire. Seulement voilà, elle avait bien mérité quelques heures de repos. Et quelle meilleure occupation durant son loisir que … quoi, que dites-vous ? Aménager son appartement ? Défaire ses cartons ? Faire des courses ? Penser à acheter un chien ? Faire sa lessive ? Ah non non non. Vous n’y êtes pas du tout. Pourquoi perdre son temps à des choses si futiles ? Elle préférait bien mieux aller s’incruster chez son frère. De toute façon, il adorait ça, elle en était sûre. Ou pas. Mais au fond, ce n’était pas très important. Bref, elle avait sauté dans le premier taxi pour se rendre chez son frère, son petit David, qui créchait à Camden Town. Elle avait même pensé à faire une halte au restaurant chinois pour prendre des nouilles sautées au poulet. Qu’en ferait-elle si David avait déjà mangé ? Bah, ça lui ferait à manger pour le soir, ce n’était sans doute pas plus mal d’ailleurs. Si Sarah était un brin trop protectrice ? Assurément.

Cela faisait longtemps que la jeune-femme ne s’embarrassait plus de formalité pour rentrer chez son frère. En fait, elle ne l’avait jamais fait. Frapper à la porte de la chambre de son ado de frère ? Connaissait pas. Et si on aurait pu penser que ça se serait arrangé en vieillissant, ce n’est fut rien. Elle a toujours réussi à avoir le double des clés, et à agir chez son frère comme si elle était chez elle. Peut-être qu’un jour il en aurait marre d’ailleurs, mais ça, ça ne semblait pas effleurer l’esprit de la journaliste. D’ailleurs, elle franchit la porte sans même annoncer sa venue. La veste sur le porte manteau, son sac dans l’entrée, et son sachet de nourriture à la même, elle jeta un bref coup d’œil pour retrouver son sacripant de frère « Didi ?! » Toujours ce surnom à la noix qui ne quittera jamais son jeune frère, si bien que c’était à se demander si elle se souvenait encore de son prénom. Elle l’aperçut alors de dos, sur la terrasse. Après avoir déposé les raviers de nouilles sautées sur le plan de travaille, elle décida alors de rejoindre son artiste de frère. « L’air mystérieux, le regard dans le vague, la clope au bec … » souffla-t-elle en se glissant sur la terrasse « Je crois que ton personnage déteint sur toi Didi. » Non parce que n’importe qui connaissant le belge savait qu’il y avait tout de même une énorme différente entre lui, et le fameux Sirius Black. Mais quoiqu’il en soit, son petit frère adoré lui avait presque l’air ad … Eh. Attendez une seconde. « T’as pas passé l’âge de me voler mes clopes ? Non mais oh ! » Oui bon, elle avait peut-être un peu trop tendance à s’étaler et à squatter régulièrement chez son frère. Alors oui, il y avait des affaires à elle un peu partout, comme des clopes, mais aussi des bonbons, du maquillage, et elle avait même laissé un pull une fois lui semblait-il. Mais est-ce qu’il viendrait à l’idée de Didi de porter un pull à sa grande-sœur ? Non. Du rouge-à-lèvre ? Non, ou alors elle le connaissait très mal. Bah les clopes c’était pareil. Enfin, non, ce n’était pas parce qu’il fumait les clopes de sa sœur qu’il avait envie de changer de sexe, ça n’était pas lié, mais le fait était qu’il était maintenant assez grand que pour fumer ses propres cigarettes, au lieu de piquer celles de Sarah.
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MessageSujet: Re: Double burger sauce chasseur #VANDERBERGHE   Jeu 14 Avr - 23:23

David n'avait jamais été queqlu'un de très matinal. Pas vraiment. Il était de ces gens sensés qui aiment dormir et ne se lèvent avant dix heure que quand il ne peuvent vraiment pas faire autrement. Mais quand il devait se lever tôt, il avalait trois cafés, et il le supportait plutôt bien. Généralement. Mais là, il avait la sale impression d'avoir enchaîné deux nuits blanches après avoir couru un demi marathon. Au moins. Alors certes, la réunion aux studios s'était faite aux aurores mais ce n'était pas la première du genre. Les tortionnaires qui leur servaient d'employeurs semblaient apprécier ce genre de plaisanteries. Ils en avaient vécu plusieurs, des réunions au lever du jour, mais il n'était jamais rentré aussi épuisé chez lui, à midi, ensuite. Ce n'était pas non plus du à l'inefficacité incroyable du chauffeur de taxi qui avait semblé décidé à lui faire visiter Londres de long en large, et contre son gré. Non, faire le tour de la ville aux frais des producteurs n'était pas vraiment un problème. En d'autre circonstances, il aurait même pu somnoler dans ledit taxi. Alors non, le pitoyable chauffeur ne pouvait être tenu pour responsable de son état de fatigue avancé. Le seul responsable était Fitzwilliam. Fitzwilliam qui s'était imposé dans la voiture alors que David avait déjà bouclé la ceinture de sécurité. Fitzwilliam qui ne s'était pas contenté d'ignorer David, contrairement à ses bonnes habitudes. Fitzwilliam qui avait apparemment trouvé bien plus marrant de faire friser l'apoplexie à David. Plus marrant et aussi sûrement plus efficace pour se débarrasser de lui.

Il aurait définitivement pu supporter ce bien trop long voyage en taxi à travers les bouchons londonnien s'il n'avait eu Fitzwilliam à ses côtés. Il aurait pu le supporter s'il n'avait pas eu à être sur les nerfs tout du long. Parce que c'était inévitable, par principe, avec Fitzwilliam. Quand celui-ci avait toujours profité de chaque moment qu'ils étaient contraints de passer en compagnie l'un de l'autre, pour lui faire savoir qu'il ne l'appréciait absolument pas, et qu'il ne l'apprécierait jamais. Ne pas apprécier étant un bien sympathique euphémisme. Mais quand l'autre se décidait soudainement à se montrer presque aimable et finissait par lui faire quelques remarues déplacées, ça n'en était que plus épuisant. Alors une fois qu'il s'était retrouvé enfin seul dans le taxi, il avait avec lassitude laissé le chauffeur les traîner bien trop lentement jusqu'à chez lui, avant de sortir sans lui adresser un regard. Il était retré dans son appart, avait rangé ses chaussures et son manteau mécaniquement, avant de se traîner jusqu'à sa terrasse comme un zombie. L'air frais aiderait à lui rafraichir le cerveau et le réveillerait peut-être un peu. Comme il l'avait prévu, un paquet de clope trainait sur la table, et il en piqua une sans trop s'inquiéter de savoir ce que sa soeur en penserait. Parce qu'il ne fumait pas souvent, lui, qu'il avait rarement de paquet chez lui, et qu'il n'avait franchement pas le courage de redescendre sans acheter maintenant. Pour le coup, la mauvaise manie de Sarah de laisser ses affaires traîner chez lui était bienvenue.

Il réagit à peine quand elle débarqua à son tour sur la terrasse. Elle arrivait toujours à l'improviste, et cela faisait un moment qu'elle n'arrivait plus à le surprendre « L’air mystérieux, le regard dans le vague, la clope au bec … Je crois que ton personnage déteint sur toi Didi. » Si seulement. Si seulement Sirius Black pouvait déteindre sur lui. Outre le passage à Azkaban et le trauma qui allait avec, c'était un personnage fantastique. Et qui rougissait sûrement beaucoup moins facilement que lui. Et qui n'aurait sûrement jamais eu le moindre problème pour répondre à Servilus. Associer Fitzwilliam à ce surnom ridicule lui arrache un sourire un peu trop narquois pendant une seconde. Sourire qui disparut alors que sa sœur le sortait de ses pensées. « T’as pas passé l’âge de me voler mes clopes ? Non mais oh ! » Hein? De quoi est-ce qu'elle parlait? Son regard se posa sur la clope entre ses doigts. Ah, ça. Il grommela quelque chose d'incompréhensible. En temps normal, il lui aurait sûrement fait remarquer qu'elle n'avait qu'à ranger ses affaires si elle ne voulait pas qu'il en profite. Après tout, si c'était dans son appartement, c'était à lui, non? « Je t'en rachèterais » Oui, en temps normal, il aurait argumenté. Mais ce n'était pas en temps normal. Il était fatigué, et il connaissait suffisamment sa sœur pour savoir qu'elle avait toujours le dernier mot. Alors non, il ne se sentait pas de la contredire juste pour le plaisir de la contredire. Pour seule provocation, il se contenta de tirer une longue bouffée su cette cigarette qui ne lui appartenait pas. Il soupira légèrement avant de se rendre compte qu'il n'avait toujours pas vraiment salué sa sœur. Il leva donc les yeux vers elle avec un léger sourire. Un sourire un peu trop fatigué, mais l'effort était là. Parce qu'il était au calme, il était finalement rentré chez lui, il était avec sa sœur adorée, alors il pouvait bien faire l'effort. Surtout qu'après avoir fumé une clope et entamé une seconde, il commençait presque à se détendre. Il était certain d'avoir retrouvé une couleur de peau humain, l'air frais aidant. Il avait toute l'après-midi pour se caler dans son canapé et s'abrutir en mettant à la télé l'émission la plus stupide qu'il pouvait trouver. En attendant, il pouvait bien prendre le temps de papoter avec la meilleure des sœurs. Ça lui changerait les idées. « T'as passé une bonne matinée alors? Tu te plais bien à Londres? Pas trop pressée de rentrer à Bruxelles? » Oui. Il enchainait les questions, mais il préférait juste éviter que sa sœur ne lui retourne la question quant à sa matinée. Parce qu'il voulait juste oublier cet épisode du taxi le plus vite possible.
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MessageSujet: Re: Double burger sauce chasseur #VANDERBERGHE   Sam 16 Avr - 21:11

Son frère la connaissait suffisamment bien que pour savoir que Sarah ne s'embarrassait plus des formalités depuis longtemps. Ce qui expliquait le fait qu'il réagit à peine à son entrée - qui était pourtant plutôt soignée pour une fois. Mais la journaliste ne tarda pas à pressentir qu'il se passait quelque chose. Peut-être la fatigue ? Il était certain que Didi n'était pas du genre à se lever avec les poules, il ne l'avait d'ailleurs jamais été. Là où Sarah était capable de se lever aux aurores sans râler, son frère avait généralement besoin de quelques heures de sommeil supplémentaires. Qui pourrait l’en blâmer ? Après tout, la terre était divisée en deux types d’individus : ceux qui se levaient tôt, et ceux qui n’y arrivaient pas. Sarah faisait partie de la première catégorie, son petit frère adoré de la deuxième. Ma foi, c’était comme avoir un frère handicapé : il n’y pouvait rien et ça le rendait d’autant plus attendrissant. De toute façon, quoique fasse son frère, elle ne pouvait ni le lui reprocher, ni prétendre que c’était mal, ni le critiquer. Le syndrome de la grande sœur qu’elle appelait : même si un jour David en venait à tuer quelqu’un – ce qui avait tout de même peu de chance d’arriver – Sarah le défendrait en disant que l’autre n’avait qu’à pas mourir. L’objectivité made in Sarah Vanderberghe. Mais cette objectivité toute relative savait reconnaître quand Didi n’allait pas bien. Il n’allait pas bien. Enfin, il n’était pas en train d’agoniser, encore heureux, mais quelque chose n’allait pas. Sinon, il n’aurait pas simplement dit « Je t'en rachèterais » quand la journaliste l’accusa de voler ses clopes. Si tout allait bien, il lui aurait répondu quelque chose du style « fallait pas les laisser chez moi. » et il aurait eu raison. Mais il ne l’avait pas fait, ce qui était suffisant pour inquiéter la grande sœur protective – peut-être un peu trop – qui sommeillait en Sarah. Les symptômes de la grande sœur protective étaient par ailleurs facilement identifiables : lèvres pincées, sourcils froncés, regard inquisiteur, et un silence un peu trop prolongé que pour être parfaitement naturel – il était de notoriété publique que Sarah avait du mal à rester plus de 0,5 seconde d’affilée silencieuse. Et la longue bouffée de cigarette qu’il injecta tout droit en direction de ses poumons ne suffit pas à rassurer la jeun-femme. Pire, le sourire fatigué qu’il lui adressa en guise de salutation (mieux vaut tard que jamais, n’est-ce pas ?) acheva de la convaincre qu’il s’était passé quelque chose. Cependant, il la devança en lui posant une ribambelle de questions. « T'as passé une bonne matinée alors? Tu te plais bien à Londres? Pas trop pressée de rentrer à Bruxelles? » Oh. Ouais. C’est vrai qu’elle avait éventuellement oublié de prévenir David qu’elle ne rentrerait pas à Bruxelles. Oups comme on dit. De toute façon, là n’était pas la question ! Sa situation – le fait qu’elle ait démissionné de la RTBF, qu’elle soit en instance de divorce, tout ça – n’avait pas la moindre importance si son frère n’allait pas bien « Ouais ça va ! Je sais pas si je vais pouvoir rester longtemps ceci dit, les journalistes sont à fond sur l’affaire des Panama Peppers, tout le monde veut savoir si David Cameron a fraudé ou pas donc bon, on va dire que c’est pas mal stressant » faux, elle avait suffisamment d’années de journalisme derrière elle que pour ne pas être stressée. C’était la routine de toute façon, et elle était de toute façon née pour ça. « Je sens qu’on va me garder ici pendant un moment encore ! » ça, c’était pour justifier le fait qu’elle risquait de légèrement s’éterniser à Londres. Oh, elle finirait bien par expliquer à son frère qu’elle ne comptait pas retourner à Bruxelles, mais pas pour l’instant. Et puis, si elle pouvait avoir un boulot stable à Londres d’ici là, ça l’arrangerait, histoire de pouvoir faire l’impasse sur ses infidélités et autres conneries. « Mais inutile d’essayer de me lancer sur ma matinée, ma vie, mes amours et mes emmerdes. » Lâcha-t-elle en prenant à son frère l’une de ses propres cigarette. Elle l’alluma d’un geste expert tout en s’appuyant sur la rambarde du balcon. « Qu’est-ce qu’il se passe ? » À nouveau, les formes étaient passées à la trappe. Elle aurait pu lui faire une longue introduction, lui dire qu’elle voyait que quelque chose n’allait pas, que s’il voulait, il pouvait se confier à elle. Le fait était qu’un tel prologue était inutile : David savait qu’il pouvait lui parler de tout, il savait également qu’elle serait toujours là pour lui. Par dessus tout, il savait que ça ne servait à rien d’essayer de se débarrasser d’elle. « T’as des emmerdes avec le boulot ? Avec une meuf ? Avec un mec ? Faut que j’aille refaire le portrait à quelqu’un ? Dis-moi tout chouchou ! Puis c’est pas comme si j’allais te laisser le choix de toute façon. » Là, c’était une formalité, parce que David était parfaitement au courant qu’il n’avait pas le choix. Personne n’avait jamais le choix avec Sarah Vanderberghe.  
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MessageSujet: Re: Double burger sauce chasseur #VANDERBERGHE   Mer 27 Avr - 22:50

Il aurait presque cru à une victoire. Il aurait presque pensé qu'il avait réussi à dévier la conversation. Éviter de parler de lui. Parler d'elle plutôt. Parce qu'elle était une journaliste passionnée et que sa vie était forcément passionnante. Elle était aussi sa seule source d'information. David n'avait jamais été trop du genre à regarder le JT, écouter les infos, ou à lire les journaux. Il ne s'y était mis qu'une fois que sa sœur s'était lancée dans cette voix, et il se limitait à ce qu'elle, elle faisait. Elle était sa seule source d'information, et elle aimait en parler. L'affaire Panama Papers, il en avait vaguement entendu parlé. Par elle. Il n'avait pas encore été chercher plus loin. Mais il acquiesça avec son plus bel air concerné, et un sourire au coin des lèvres. Il adorait la voir prise par une affaire, aux aguets, passionnée. Et il adorait qu'elle fasse l'effort de passer le voir, même quand elle avait deux tonnes de choses à faire. Même quand elle avait son travail qui l'attendait, et des tas de news brûlantes à partager. « Je sens qu’on va me garder ici pendant un moment encore ! » Il tira une nouvelle bouffée sur sa cigarette. Evidemment qu'ils voudraient d'elle longtemps. Ce n'était pas n'importe qui. C'était Sarah Vanderberghe, journaliste hors pair. La question n'était pas là. La question c'était de savoir quand elle, elle voudrait rentrer. Et il voulut lui demander si son mari, lui, n'avait pas envie qu'elle rentre, mais elle l'interrompit. « Mais inutile d’essayer de me lancer sur ma matinée, ma vie, mes amours et mes emmerdes. » Il fronça le nez à cette façon dont elle écartait un sujet de discussion pourtant si intéressant. Pas qu'il s'inquiète vraiment de ce que pensait son beau-frère. Sarah faisait bien passer sa carrière avant son mariage si ça lui plaisait, il n'allait certainement pas la juger. Mais il préférait définitivement parler d'elle plutôt que de parler de lui-même. De toute évidence, Sarah ne partageait pas son point de vue, au contraire. « Qu’est-ce qu’il se passe ? » Il se contenta de hausser les épaules. Lui qui avait cru s'en être sorti, avoir bien détourné l'attention. Non, il s'était mis le doigt dans l’œil jusqu'au coude. « T’as des emmerdes avec le boulot ? Avec une meuf ? Avec un mec ? Faut que j’aille refaire le portrait à quelqu’un ? Dis-moi tout chouchou ! Puis c’est pas comme si j’allais te laisser le choix de toute façon. » Il ricana. Il ricana d'une façon étrange. Il ricana avec une lassitude bizarre. Parce que malgré son envie de se planter dans son canapé jusqu'à la fin de sa vie, Sarah arrivait à le faire rire. Avec sa bonne volonté et son dévouement. S'il fallait refaire le portrait de quelqu'un, elle était toujours volontaire. Il adorait sa sœur, même s'il n'avait définitivement plus besoin d'une protectrice alors qu'il avait déjà trente ans.

Alors il se contenta de hausser les épaules à nouveau. Il n'y avait pas grand chose à dire. Il ne savait même pas comment expliquer sa fatigue écrasante. Comme si son cœur avait battu trop vite pendant trop longtemps et qu'il avait décidé de faire la grève pour un moment. Comme si subir les remarques de Fitzwilliam lui faisait le même effet que de courir un marathon. Sans les bénéfices pour la santé. Au contraire. L'autre acteur allait juste finir par le rendre cardiaque. « Rien... Rien d'important, vraiment. » Oh, il n'avait pas prévu de cacher quoi que ce soit à sa sœur. Il n'avait pas non plus prévu de mentir à Sarah (parce qu'il en était de toute façon incapable). Il lui avait déjà raconté ce qui s'était passé au Claridge's, il n'était plus à ça près. « Juste que je me suis retrouvé à partager un taxi avec Fitzwilliam. Tu sais, l'acteur de Rogue. » Évidemment qu'elle savait. Mais cela ne présageait rien en fait. Parce que c'était un peu le silence radio, depuis le Claridge's, depuis la première du film. David avait évité d'aborder le sujet. D'autant qu'il n'avait pas eu de raison. Ils ne tournaient pas encore, et il n'avait donc pas revu Charlie. Si ce n'était à un tournage étrange au milieu de l'été, pour une journée particulière, où l'ambiance avait été bien trop glaciale entre eux. « Et évidemment, c'était le taxi le moins rapide de tout Londres, tu connais ma chance. » Et à nouveau, il haussa les épaules, tirant une nouvelle taffe. « Mais rien d'important, vraiment. Je pourrais même dire que... ça s'est bien passé. Étrangement. » Il était épuisé. Mais Charlie ne lui avait pas reproché d'exister. Pour une fois. Charlie n'avait quasiment pas eu ce foutu ton agressif qu'il employait bien trop souvent quand il lui parlait. Alors oui, il aurait presque pu dire que ça s'était bien passé. Il n'avait pas besoin que Sarah aille casser les rotules de l'autre acteur. Vraiment pas. Il aurait des ennuis avec les producteurs sinon. Et pour ce qui était de lui refaire le portrait, Fitzwilliam était très bien comme il était, s'il fallait être honnête.
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MessageSujet: Re: Double burger sauce chasseur #VANDERBERGHE   Mar 21 Juin - 13:10

Les choses avaient toujours été très claires : personnes ne touchait Didi. Cette recommandation avait beau avoir l'air dépassée à présent que David avait passé la trentaine, elle n'en restait pas moins d'actualité dans les faits. Du coup, sa menace de "refaire le portrait à quelqu'un" était parfaitement valide, puisque Sarah n'aurait pas hésité à se rendre chez un parfait inconnu pour lui flanquer un coup de poing dans le visage. Elle était comme ça la brune, tout à fait rationnelle. À défaut d'avoir un nom en tout cas, elle avait déjà droit au rire de son cadet. Enfin, au ricanement plutôt. Bon, c'était un bon point, même si ça ne voulait pas pour autant dire qu'il avait dépassé le stade du regard perdu dans le vague. Au moins, il réagissait de manière plus habituelle, et ça avait pour effet de rassurer Sarah. « Rien... Rien d'important, vraiment. » Eh bien, ce rien d'important avait pourtant l'air de miner l'acteur, ce qui ne présageait rien de bon, quoiqu'il en dise. « Juste que je me suis retrouvé à partager un taxi avec Fitzwilliam. Tu sais, l'acteur de Rogue. » Oh. Oui. Oui, Sarah savait parfaitement qui était ce Fitzwilliam. D'ailleurs, l'évocation du nom de l'acteur lui fit froncer les sourcils. La dernière fois que David lui en avait parlé, c'était pour une sombre histoire de fellation, dont Sarah n'avait toujours pas trop saisi le principe. Autant dire qu'elle se méfiait légèrement du fameux Rogue. « Et évidemment, c'était le taxi le moins rapide de tout Londres, tu connais ma chance. Mais rien d'important, vraiment. Je pourrais même dire que... ça s'est bien passé. Étrangement. » À d'autre Didi, avait-elle envie de lui répondre. Elle poussa un léger soupir tout en secouant la tête. Elle attrapa son propre paquet pour en tirer une cigarette qu'elle coinça entre ses lèvres à son tour, comme pour se donner le temps de réfléchir, de comprendre. Sarah réfléchissait toujours à tout allure, à un peu tel que c'était parfois très fatigant. Aussi avait-elle parfois besoin de prendre quelques secondes pour faire le tri dans ses pensées. Elle rangea dans un coin de sa tête toutes les éventuelles menaces de mort à l'encontre de l'acteur, lesquelles pourraient - qui sait ? - un jour lui servir. Pas maintenant apparemment. Elle balayait aussi toutes les questions qui consistaient à demander à David de lui dire ce qui n'allait pas, puisqu'il venait de lui répondre que ça allait. Voilà qui réduisait pas mal les possibilités « Bon, admettons que je te crois » commença Sarah en tirant sur sa cigarette « Admettons que le trajet se soit bien passé, et que Fitzmachin se soit comporté de manière décente pour une fois » Fitzmachin, parfaitement. Elle n'allait tout de même pas se fatiguer pour un mec qu'elle ne connaissait même pas et qui, jusqu'ici, ne lui avait pas fait une très bonne impression. « Tu peux m'expliquer pourquoi tu tires une gueule jusque par terre ? » Sarah dans toute sa délicatesse. Mais après tout, n'avait-elle par raison ? Elle savait reconnaître quand son petit frère n'allait pas bien. C'était son petit Didi après tout, et il aurait beau essayé de la rassurer sur ses états d'âme, il n'y parviendrait jamais. Si elle était trop protectrice ? Sans doute un peu, elle l'admettait volontiers, mais très franchement, elle s'en moquait. Son frère n'était pas comme elle, il ne pouvait pas balayer les sentiments (les siens ou ceux des autres) d'un simple revers de la main, comme Sarah le faisait si bien. « J'aime pas te voir dans cet état, tu le sais bien. Alors si tu n'as pas envie de me voir sortir d'ici à toute allure pour aller demander des explications à Bidule-là, tu vas devoir me dire ce qui te tracasse exactement. » Si elle en était capable ? Elle en était capable. Si elle le ferait ? Seulement si son frère la mettait au défi. Sinon, non, elle n'allait tout de même pas jouer à ce petit jeu, tout de même. C'était plutôt histoire de faire réagir David, histoire de lui faire cracher le morceau. C'était son boulot après tout, faire parler les gens. Elle aurait sans doute fait une flic hors pair d'ailleurs ! « C'est encore en rapport avec cette histoire de pipe ? » S'il y avait un prix pour le manque de tact, il serait très certainement attribué à la journaliste, mais qu'importe. Il n'y avait aucun tabou entre les deux. Et puis, si David avait envie de faire des pipes à des artistes arrogants et désagréables, c'était son probable. Sarah n'était certainement pas la personne la mieux placée pour le critiquer, ni même pour le juger, de toute façon.
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