The room where it happens - Fitzberghe

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MessageSujet: The room where it happens - Fitzberghe   Jeu 7 Avr - 19:37

No one else was in the room where it happens

Charlie && David.


Le tournage avait repris. Pour la première fois, il participait vraiment à une grosse production. Pour une fois, il n'était pas lâché au milieu du projet avec pour mission de se rattraper aux branches comme il pouvait. Il n'était plus le nouveau. Plus vraiment. Oh, bien sûr, tout le monde connaissait son histoire. Certains estimaient encore qu'il n'avait rien à foutre sur ce plateau et qu'il n'avait été choisit que pour sa belle gueule. Peu importait que la critique ai ou non fini par approuver la façon dont il avait pris le relai, après la mort de Nevil. Pour certains qui avaient décidé de ne pas l'apprécier no matter what, peu importait l'avis de la critique. Pour d'autres, David semblait avoir fait ses preuves et il rencontrait plus de sourires aimables que lors du tournage du film précédent. Pour certains, il n'était plus juste la roue de secours, et il était un acteur qui avait sa place au milieu de ce cast. David n'était pas encore convaincu par l'idée, mais il finirait par s'y faire. Les petits projets qu'il avait enchainé pendant la pause entre les deux films avaient sûrement un peu aidé en ce sens. Sa sœur qui s'était temporairement installée sur Londres aussi. A force de la supporter, il avait finit par arrêter de nier le fait que, peut-être, il se défendait en tant qu'acteur. Peut-être valait-il quelque chose. Et peut-être que ces années à avoir les derniers rôles de productions toutes plus moisies les unes que les autres, ça n'était que du manque de chance. Peut-être. Pas encore sûr. Son rôle était son rôle. Sa loge était sa loge. Et il était à sa place, même s'il n'en avait pas toujours le sentiment.

La réussite et la renommée commençaient à devenir des choses inévitable dans sa vie, et ça avait quelques avantages non négligeable. Avant tout un appart à lui et non plus une colocation où sa chambre était à peine suffisamment grande pour qu'il y trouve la place de mettre un lit. Le déménagement avait été la première délivrance. Ensuite, il mangeait ce qu'il voulait sans trop se poser de questions et abusait parfois des livraisons à domicile sans pour autant que son banquier ne l'appelle tous les deux jours. Il avait pu retourner sur le continent, voir sa famille un peu, ses anciens amis. Il avait l'impression que sa vie s'engageait sur la bonne route. Il ne ramait plus comme un dingue pour réussir à tenir jusqu'à la fin du mois.

Alors le tournage avait repris et il passait la plupart de ses journées aux studios. A croire qu'il avait la poisse, et que la personne responsable du planning faisait partie de celles qui ne l'appréciaient pas, parce que ses scènes étaient un peu réparties n'importe comment. Pas bien grave. Ce n'était pas comme si il avait mieux à faire de sa vie de toute façon. Les serveurs du plus proche Starbucks ne lui demandaient même plus son nom quand il venait. Mais peut-être était-ce parce que sa tête commençait à apparaître en couverture de certains magazines (que sa sœur prenait le soin de ramener chez lui dès qu'elle avait le temps) plus que parce qu'il y revenait tous les matins. Ou peut-être un peu des deux. Mais au moins, à force de vivre dans les studios, il avait eu le temps de sympathiser toujours un peu plus avec ses collègues. Pour le meilleur, et pour le pire. Le pire étant les irruptions impromptues que William avait pris l'habitude de faire dans sa loge. David adorait vraiment l'acteur de Longbottom qui par son amabilité spontanée contredisait l'idée que l'antipathie de Fitzwilliam lui venait de ses gênes. Ou alors de son autre côté de la famille. David adorait vraiment William, mais celui-ci débarquait avec les contenus les plus embarassants que les fans avaient plus partager en ligne. William lui faisait découvrir avec une bonne volonté décoiffantes les magies de l'internet, comprenant fanfictions, crackships, et autres fanarts. Il avait commencé violemment avec une foutu histoire de taxi, mais il ne s'était pas arrêté là. Il semblait voir cjez David un manque de culture qui l'ennuyait au plus haut point et auquel il devait absolument s'efforcer de pallier. Et David constatait que son idée de se forcer à être atrocement gêné pour ensuite en être débarassé marchait presque. Il cliquait a présent sur les liens stupides que Will lui envoyait sans la terreur des premières fois. Non, il n'allait pas se liquéfier et disparaître juste en lisant ça. Et si William ne débarquait pas en trombe dans sa loge pour constater sa réaction, alors qu'il était en pleine lecture, peut-être même ne rougirait-il pas.

Alors, pour la forme, il pouvait prétendre que son rapprochement avec Will était pour le pire, mais il n'aurait jamais réellement pu le penser. Et s'il se sentait mourir de honte quand l'autre insistait pour qu'il lise alors qu'il était dans la même pièce, ces foutues histoires, les irruptions de William dans sa loge donnaient un peu de vie à ses journées. Les irruptions de William faisaient partie de ces quelques détails qui le faisaient se sentir bien plus à sa place que lors du premier tournage. Qui lui donnaient presque l'impression d'être à sa place dans ce casting composé d'acteurs fantastiques.

Et quand son téléphone vibra pour lui indiquer qu'il avait un message de Will, il ne prit même pas la peine de le lire dessus. Il savait ce que c'était, du moins vaguement, et il attrapa sa tablette pour ouvrir lire ce que l'autre lui racontait. Evidemment, le message se concluait pas un lien. "Hey! This one should make you blush less, it's a cute one. I promise, nothing trashy. You'll see, your fans can be sooooo romantic sometimes. It's almost cute." Un bref sourire éclaira les lèvres de David, alors qu'il ouvrait le lien. "The room where it happens." Rien de trop parlant. Il laissa la tablette charger la page, bien installée sur son support au milieu de sa table basse. Il reprit deux secondes où il s'était arrêté dans son bouquin, corna la page, et le pose sur le coussin du canapé, juste à côté de lui. Il lui fallait un café, avant toute nouvelle lecture. Malheureusement, il avait fini le sien et n'avait plus de quoi en faire. Il attrapa vite fait une écharpe, son porte-feuille, et quitta sa loge le temps d'aller chercher de quoi survivre. Pas besoin de fermer, il n'y avait rien à voler, vraiment. Si ce n'était une réserve de livres d'occasion, une nintendo ds perdue sous un coussin de canapé, et une tablette qui trônait sur sa table. Non, il n'avait pas franchement amélioré le style de la pièce, si ce n'était avec un cactus ridiculement laid que Sarah avait absolument voulu lui prendre. Pour qu'il prenne exemple et sache se défendre. Il n'avait même pas essayé de débattre.

Il était presque de retour à sa loge quand il vit un nouveau message de William s'afficher sur son téléphone. "Having a sulk? Come on man, you can't say it wasn't a bit romantic... Oh wait, did i say romantic? i meant OBSCENE" Le tout suivit d'un smiley indiquant clairement que William se foutait de sa gueule. Comme s'il avait besoin de sous-titre. Il leva les yeux au ciel, ne pouvant empêcher un léger sourire d'apparaître sur ses lèvres. Cette mission café l'avait donc sauvé d'une très mauvaise surprise et d'un nouveau risque de crise cardiaque. Tant mieux. Il remis son téléphone dans sa poche, alors qu'il rentrait dans les studios. Il fut un peu surpris de trouver sa porte entrouverte, mais peut-être Will était venu s'assurer qu'il ne boudait pas vraiment. Quoi que non, Will n'était prévu sur aucune scène aujourd'hui. Il l'aurait appelé avant. Et il rentra dans sa loge pour y trouver Charlie. Charlie Fitzwilliam. Why? Son regard se posa instantanément sur la tablette qu'il avait laissé au milieu de sa loge. Merde. Et il ne pouvait pas se précipiter dessus pour la planquer, ça aurait été légèrement suspect. Alors il se contenta de prier pour que Charlie ne s'y soit pas intéressé, de maudire William, et de jouer aux innocents. « Hi Charlie. You need something? » Le ton aimable, et presque le sourire aux lèvres. Presque seulement. Bordel, si seulement il avait su ce qu'il y avait dans cette foutue fanfiction.
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MessageSujet: Re: The room where it happens - Fitzberghe   Ven 8 Avr - 2:03

Le tournage avait repris, trop vite, beaucoup trop vite. Charlie avait l'impression que quelques jours à peine s'étaient écoulés depuis cette fameuse réunion au petit matin et le retour dans les studios, probablement parce qu'il avait été trop occupé à étaler ses petits problèmes personnels sur le divan bien trop confortable de l'une des nombreuses amies de sa mère. Au début, l'idée de déballer des choses aussi intimes pour des oreilles qui passaient tant de temps à écouter la voix de sa mère lui avait déplu profondément. Elle avait eu beau parler de secret médical, professionnel or whatever she called that, il n'avait pas cru le docteur Maguire. Il avait été terrifié par l'idée qu'elle fasse une bourde, même minime et qu'il finisse par voir débarquer sa mère pour de plus amples explications sur ce qu'il avait besoin d'exprimer. S'il avait eu envie qu'elle le sache, il serait allé la voir elle, pas un médecin. Mais elle ne pouvait pas l'aider, probablement parce qu'elle faisait partie du problème. C'était d'elle que découlait toute cette stupide histoire de répression, elle qui avait prononcé la première le mot phase, elle qui avait dit que ça finirait par passer, transformant une toute petite confidence faite à quinze ans par un môme mal dans sa peau en horreur qu'il fallait cacher à tout prix. Elle avait beau être comédienne, adulée par les uns, jalousée par les autres, prétendument ouverte d'esprit, souriante en toute situation et touchée par les grands malheurs du monde, elle n'en était pas moins une grande hypocrite. Alors non, il ne voulait pas qu'elle sache et il avait mis du temps à parler au docteur Maguire. Toute une séance même. Il était resté planté là, sur le fauteuil qu'elle réservait aux patients venus prendre rendez-vous ou dans le besoin d'un siège devant le montant de ses honoraires lorsque venait la signature d'un chèque. Il s'était tu pendant une bonne heure et il l'avait écoutée tenter de le rassurer avant qu'elle ne finisse par se taire elle aussi. Le silence, loin de l'apaiser, lui avait fait prendre conscience du ridicule de la chose. La séance suivante, il avait parlé. Timidement d'abord puis les mots lui étaient venus naturellement, retenus depuis bien trop longtemps. Il avait évoqué les vestiaires du lycée et les chuchotements dans son dos, le regard courroucé de sa mère lorsqu'il lui en avait parlé, sa discrétion ensuite, sa volonté de sembler normal, sans grande importance, les dîners organisés par ses parents avec l'une ou l'autre de leurs protégées, toutes plus vieilles que lui généralement, et Nevil et leur complicité, les sourires et les regards de connivence, les bêtises et les instants où la frontière entre jeu et réalité avait été des plus flous, sa mère encore, Nevil toujours, Nevil, Nevil, Nevil. Et puis David. Il avait pilé sur le nom, s'arrêtant net, comme incertain, comme s'il n'était pas sûr qu'il devait en parler. Pourtant, il devait en parler, il n'avait pas le choix après la dernière fois. Ses phrases s'étaient faites plus lourdes alors sur sa langue, butant contre des obstacles invisibles qu'il s'imposait tout seul. Il y avait une notion presque tabou dans ce qu'il avait à dire, parce que c'était malsain. Profondément, purement malsain. C'était bizarre de faire une fixation sur ce type, sur son visage, sur la manière dont il parlait, sur la façon dont il bougeait. Bizarre et nocif pour sa santé mentale. Il avait bien compris que malgré tout ce qu'il avait pu se dire, toutes ses méthodes d'auto-persuasion, il avait continué à rechercher la présence de Nevil, pendant un temps du moins. Il ne comprenait pas pourquoi il avait continué à s'entêter, jusqu'à ce que Maguire pose quelques questions terriblement incisives. Elle devait en voir tous les jours, des types comme lui, désorientés, voire complètement paumés. Elle avait certainement l'habitude mais le ton très calme qu'elle avait employé n'avait pas plu à Charlie. Pourtant, ça ne l'avait pas empêché de revenir la séance suivante, ni celle d'après, ni toutes celles qui avaient suivi. Il savait qu'il avait de la chance qu'elle ait accepté de le voir si vite et si souvent, et il savait aussi qu'il le devait à sa mère, plus qu'à son job ou ses beaux yeux. Mais le tournage avait repris, la réalité l'avait rattrapé et bientôt, sa petite routine maison, psy, dodo était partie aux oubliettes.

Il avait beau ne pas s'être tourné les pouces entre la fin du second du tournage et le début du nouveau, Charlie avait la curieuse sensation d'avoir perdu le rythme. Il était exténué mais c'était presque agréable. Il rentrait tard le soir, vidé, à peine capable de se défaire de son jean et de rouler sur son lit, et repartait tôt le lendemain après une douche et un café salvateur. C'était éreintant mais c'était bon. Par moment, il parvenait même à se retrouver, se surprenant à rire avec les maquilleuses sur la taille de ses cernes, à partager un moment de complicité avec l'un ou l'autre des techniciens qu'il avait déjà croisé plusieurs fois au cours de sa carrière. C'était bref, presque trop fugace pour qu'il soit à fait convaincu que ça allait durer. Et chaque fois qu'il se retrouvait seul après l'un de ces instants de normalité retrouvée, la crainte de retomber la submergeait, imposante et réprobatrice, comme s'il n'avait pas vraiment le droit de sourire et rire à nouveau après tout ce qui s'était passé. Pas avec Nevil seulement mais avec David aussi. Il l'avait croisé, une ou deux fois, mais il ne s'était pas arrêté. Il ne fallait pas. Pour le bien de tout le monde et, égoïstement, le sien d'abord, il avait ignoré l'autre acteur sans trop d'effort. Ses conversations avec le docteur Maguire sur le sujet le terrifiaient au plus haut point et il ne se faisait pas suffisamment confiance pour faire face à Vanderberghe sans déraper, quelle que fut la connerie que son esprit détraqué réussirait à inventer cette fois. Il se tenait à l'écart et récitait ses lignes, patientant silencieusement entre deux prises, rasant les murs lorsqu'il savait l'autre sur le plateau. Et peut-être, oui, peut-être bien qu'il s'était laissé distraire une fois, manquant sa réplique au grand dam de Tamsin et de Katharine Lawrence, tout ça parce le Belge était là lui aussi. Ça n'arriverait plus, il se l'était promis. Par bonheur, ils n'avaient pas ou peu de scènes en commun, et Charlie n'était pas encore parvenu au moment fatidique où il devrait se tenir devant lui, sous l’œil de la caméra et du reste du crew. Cette perspective l'angoissait mais il avait bon espoir que ses séances avec son psy, entre temps, parviendraient à l'apaiser d'une certaine manière.

Il avait décidé de rester loin, oui, mais c'était sans compter sur le destin et son sens de l'humour des plus malsains. Ce n'était pas l'une des nombreuses assistantes en tout genre qu'on avait décidé d'envoyer annoncer à Vanderberghe qu'il devrait retourner ses scènes du jour le lendemain. Ou une partie, peut-être. Charlie n'avait pas vraiment écouté, à partir du moment où il avait compris ce qu'on attendait de lui. Was he a bloody owl or something? Ne pouvait-on pas lui envoyer un mail au lieu de lui demander, à lui, d'aller papoter comme de vieux copains ? Will aurait été mieux placé pour le faire, puisqu'ils s'appréciaient, le Belge et lui. Mais non, c'était Charlie qu'on venait voir pour transmettre un message. Le sort s'acharnait avec une rare ironie.

Il n'avait même pas essayé de dire non pourtant, de prétendre qu'il avait mieux à faire ou simplement qu'il n'en avait pas envie. Parce que c'était le cas, il n'avait absolument aucune envie de se retrouver en tête-à-tête avec David. Après leur sympathique petit voyage en taxi ‒ yikes ‒ il n'était pas sûr de savoir comment se comporter. Il ne s'était pas seulement ridiculisé ce jour-là, non, il s'était complètement perdu et il ne voulait plus jamais ressentir ça. Plus jamais. Il s'était donc traîné, aussi lentement que possible, jusqu'à une loge qu'il ne connaissait que trop bien. Ce n'était plus le nom de Nevil qui était inscrit sur la porte mais ça ne changeait rien au malaise que ressentit Charlie en frappant. Il réalisa en une seconde que c'était bien la première fois qu'il n'entrait pas là sans prévenir. Lorsque le tournage s'était déplacé à Londres, il avait pris l'habitude de débarquer à toute heure du jour ou de la nuit sans s'embarrasser de la moindre convenance, que Nevil soit là ou pas. Sa propre loge était longtemps restée inoccupée, à la réflexion, puisqu'il passait tout son temps dans celle-ci. Du moins jusqu'à l'année dernière, jusqu'à ce stupide accident, jusqu'à ce que David débarque à son tour. David qui, par ailleurs, ne semblait pas être dans sa loge. Il était physiquement impossible qu'il sache qui se tenait derrière la porte. Aussi Charlie exclut-il rapidement de sa tête l'hypothèse qu'il ait décidé de l'ignorer à son tour ‒ non pas que ce ne fut déjà pas le cas. Agacé, il insista, frappant à nouveau. Pas de réponse. Peut-être avait-il eu la riche idée de faire une sieste en pleine journée ou d'écouter de la musique dans un coin, un casque sur les oreilles et un bouquin dans les mains, noyé dans un autre de ses pulls immondes. L'image lui venait bien trop facilement, damn. Décidé à ne pas rebrousser chemin bredouille, Charlie poussa la porte, main crispée sur la poignée. Vide, la loge était absolument vide. Où était donc passé cet abruti ? Ses affaires étaient là, il n'était donc sûrement pas loin. Irrité de devoir rester dans cet environnement vaguement familier, Charlie se glissa à l'intérieur en refermant derrière lui. Dieu que ça avait changé. Ce n'était plus la loge de Nevil, ni officiellement, ni en terme d'atmosphère. Seul le vieux sofa avait résisté au décès de son ancien propriétaire. Il eut soudain l'envie de s'y asseoir mais s'abstint, conscient que ce n'était pas une bonne idée s'il espérait se sortir un jour de cette rancune furieuse qui l'habitait au quotidien. Ne pas penser à Nevil, pas volontairement, ne pas chercher à s'en rapprocher. Excellent credo. Il n'avait même pas eu besoin de son psy pour le concocter. Croisant les bras, il s'appuya contre le mur et tâcha d'éviter du regard ce maudit canapé. La tâche était loin d'être aisée. Il avait l'impression que le meuble prenait bien plus de place à présent qu'il l'avait remarqué. Aussi s'employa-t-il à fixer la table basse, dans l'espoir d'y trouver un semblant de quiétude. Une tablette, probablement celle de Vanderberghe, trônait au milieu, toujours allumée. Et, non, Charlie n'était pas d'une nature curieuse. Il respectait la vie privée d'autrui, bien trop au fait de son caractère précieux. Il n'était pas curieux. Et il n'avait pas non plus envie de jeter un coup d’œil, pour savoir à quoi David occupait ses pauses.

C'était sensé être innocent et tout à fait bref. Un regard sans conséquence. Il s'écarta aussitôt, avant de réaliser qu'il venait de lire son nom et celui de l'autre dans la même phase. Les mots s'alignèrent dans sa tête et il fronça les sourcils sans comprendre. Qu'est-ce que cet imbécile pouvait bien lire d'aussi, well, cru ? Ce n'était certainement pas un script, la coïncidence aurait été trop belle. Pour en avoir le cœur net, Charlie se pencha à nouveau avant de prendre l'objet entre ses mains. Oh. Il laissa ses yeux vagabonder librement sur les lignes qui s'offraient à lui et man, he should have never came here.

‟ (...) He gasped loudly as the other actor started to take him deeper and deeper. He could feel him hum against his flesh, almost smiling around his cock. That little shit. Charlie released him with a loud, obscene pop and looked up, grinning widely.

"That little blush of yours is so bloody cute" he smirked, his hand stroking his lover lazily. His loud laugh rang in David's ears.

"Shut up" he said with a weak voice.

"Oh yeah? Make me" Fitzwilliam shot back. (…) „

Pour un peu, il en aurait lâché la tablette. Blême, il se redressa, les paupières papillonnant un instant. Fermer les yeux n'aurait servi à rien. Il n'était pas sûr de pouvoir un jour effacer ce qu'il venait de lire. Il savait que les fans s'adonnaient à ce genre de, well, passe-temps, que ce soit avec des personnages ou la vision qu'ils avaient des interprètes dans la réalité. Il le savait, oui, mais il avait toujours mis un point d'honneur à rester à l'écart de tout ce qui se rattachait de près ou de loin à une quelconque réalité. Qu'on écrive sur son personnage ne le dérangeait, les fans le faisaient bien avant qu'il n'obtienne le rôle de Rogue. Qu'on écrive sur lui, en revanche, le mettait quelque peu mal à l'aise, surtout avec ce genre de récits. L'extrait qu'il avait lui suffisait amplement.

La question qui se posait surtout, c'était bien pourquoi Vanderberghe avait-il ouvert cette page précisément ? Ce n'était pas normal. Absolument pas normal et Charlie ne parvenait pas à trouver une explication. Tant pis, il n'en avait pas besoin, il ne voulait pas savoir. Tant pis aussi pour le message de Katharine aussi, le Belge n'avait qu'à être là au bon moment. Il fallait que Charlie déguerpisse avant que le locataire actuel ne revienne. Déglutissant avec difficultés, il s'empressa de reposer la tablette à sa place et veilla à ne pas, surtout pas toucher l'écran. Par dégoût, par peur de fermer involontairement la page puisque de toute évidence, Vanderberghe s'était arrêté en pleine lecture. Il ne fallait surtout pas qu'il soupçonne sa visite, de quelque manière que ce soit.

Charlie s'apprêtait à sortir lorsque la porte s'ouvrit. Il s'immobilisa, crispé, et retint le soupir qui lui monta aux lèvres lorsqu'il croisa le regard de David. Merveilleux. Voilà qui complétait parfaitement ce moment ô combien perturbant. Génial. L'autre lui sourit presque aimablement, comme si tout était tout à fait normal ‒ mais quand est-ce que les choses avaient été normales entre eux ? Yeah, probably never et après ce qu'il venait de lire, Charlie doutait vraiment de pouvoir un jour se comporter normalement avec ce type. « No, nothing » répondit-il simplement. Probablement pas la chose à dire. Difficile d'expliquer pourquoi il se trouvait là sans donner la moindre raison. Et, certes, par pure esprit de contradiction, il n'avait pas envie d'expliquer le pourquoi du comment de sa présence. Vanderberghe n'aurait pas dû vagabonder dans les studios en laissant ses lectures érotiques en évidence. Dans le cas contraire, Charlie aurait pu faire un effort. Mais pas maintenant. Pas après ce qu'il avait lu. God, il avait l'impression d'entendre à présent l'extrait dans sa tête, déclamé lentement par le mec qu'il avait en face de lui. God, so much for feeling better.

Il songea un instant à s'en aller malgré tout, quitte à pousser l'autre sur le côté. De toute manière, il le prenait déjà certainement pour un dingue, alors il ne relèverait probablement pas. Mais les mots tournaient et retournaient dans sa tête, alignés aux côtés des siens, des vrais, des insanités qu'il avait pu raconter par pure provocation en deux occasions. C'était trop. Trop quoi, il n'en savait rien et, dans le fond, il n'avait pas envie de savoir mais c'en était trop. La tablette semblait appeler son regard, à corps et à cris et, involontairement, il baissa les yeux pour y jeter un coup d’œil. Wrong idea. David était là, à le regarder, et maintenant, il savait probablement qu'il avait lu, lui aussi. « That blush of yours is so bloody cute » récita-t-il, en articulant savamment. Il haussa un sourcil accusateur. Inutile de reculer, l'autre avait probablement compris et, quelque part, si, Charlie voulait savoir. Il voulait comprendre pourquoi David s'occupait avec ce genre de textes. « And you'd think I'm the one who has issues, reprit-il, détachant chaque mot, what the fuck is your problem mate? And don't tell me you read this to prepare yourself for the fans or summat. You could literally choose anything, with anyone but me. And yet you choose to read this? What the fuck is your problem? » répéta-t-il, sentant la colère poindre. Oh, ce n'était pas bon signe, vraiment pas, et pourtant il se sentait déjà incapable de se contenir. Pas alors que l'autre avait eu l'audace de lui sourire avec une vague cordialité.

Sans réfléchir, il saisit la tablette à nouveau et fit défiler quelque peu la page, en quête d'un passage encore plus horrifiant. « I'm telling you, you're the one with a bunch of problems. Seriously, marmonna-t-il avant de se redresser, un rictus moqueur aux lèvres. You go all innocent school boy on me when I'm acting like a bloody tool and then you read this? Ah, this, this is golden! » s'écria-t-il en pointant l'écran de sa main libre. Il tremblait presque, animé par une rage sourde qu'il ne se souvenait pas d'avoir un jour éprouvé. « "I could tie you up" Charlie said mischeviously. "I could tie you up and rim you slowly, lick you till you're shaking, wreck you till you start screaming my name and forget yours" he added right next to his ear » lut-il, d'un ton glacial. Il inspira profondément, pestant mentalement contre l'air qui lui manquait. Son doigt tremblait sur l'écran, amenant la page à remonter puis à descendre. Craignant de faire tomber la tablette, il l'abandonna sur le sofa derrière lui, sans la moindre délicatesse. Il se tourna de nouveau vers l'autre et ses yeux tombèrent sur le café qu'il avait à la main. It had to be a joke. Ah, tiens, fallait-il que monsieur soit à l'aise pour avaler son lot de cochonneries en privé. Charlie secoua la tête, les dents plantés dans la lèvre. Il releva les yeux, le souffle court et les joues un peu trop rouges. Chacun son tour de rougir, apparemment. « Don't fucking tell me you went to get a bloody coffee to read this. So what, you need to be comfortable to picture you and me going at it? Can't you read 50 Shades of Grey like everyone else? » ironisa-t-il sans la moindre joie. S'il avait cru que leur balade en taxi avait été le moment le plus gênant de toute sa vie, well, Charlie s'était lourdement trompé. Mais au moins cette fois, non, ce n'était pas de sa faute. Il y avait du progrès, si on cherchait à voir le bon côté des choses.

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❝ weight of days lost holding you down. you'll look for me but i won't be found. the blue birds flutter in my chest. oh, they want to sing. you'll have to break me open to hear anything, before the world dies at my door. i'll break the sky, for you and i are going nowhere. kiss goodbye a dozen times before we give them. why do i need anyone else, when i can break the sky myself ❞ (gabrielle aplin | panic cord)
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MessageSujet: Re: The room where it happens - Fitzberghe   Dim 10 Avr - 22:02

Quand Charlie lui avait répondu d'un ton un peu trop froid à sa question des plus innocentes, il n'avait pas été vraiment surpris. La scène lui paraissait un peu déjà vue, même si ce n'était pas la même situation. Lors du dernier tournage, Charlie était retourné dans la loge du défunt acteur de Sirius Black, en ignorant que celle-ci avait été réattribué au nouveau campant le rôle. Et si David ne doutait pas que l'information était passée, peut-être qu'avec le commencement du nouveau tournage, il avait eu besoin de revenir dans cette foutue loge où David ne se sentirait jamais vraiment chez lui. Peut-être avait-il voulu y revenir juste un moment pour les souvenirs, ou quoi que ce soit. Ce n'était pas bien important. Ce n'était pas bien grave. David avait de toute façon décidé qu'il ne cherchait plus à comprendre la façon dont fonctionnait Charlie, et ce depuis un moment. Alors il n'allait pas pousser la réflexion plus loin que ça. Seulement, il ne s'y était pas attendu le moins du monde. Sinon, il n'aurait certainement pas laissé sa tablette en évidence comme ça, sur cette table basse. Sinon, il ne serait pas parti si innocemment se chercher un café. Et quand il vit le regard de Charlie s'égarer vers la tablette, il ne put s'empêcher de blêmir légèrement. Crap. « That blush of yours is so bloody cute » And that blush of his came back.

Il commençait à être habitué au fait de rougir devant Fitzwilliam, il semblait presque que c'était devenu une réaction récurrente et inévitable lors de leurs derniers échanges. Parce que Charlie semblait trouver un certain plaisir à le mettre mal à l'aise. Mais cette fois-ci ce n'était pas pareil. Cette fois-ci, Charlie n'avait rien fait. Si ce n'était débarquer dans une loge qui n'était pas la sienne et ce à l'improviste, mettre son nez dans les affaires de David, et lui réciter ce que le jeune homme présumait être une réplique de la fanfiction. Charlie n'avait rien fait, et il le savait. C'était lui. Lui qui était parti comme un idiot en laissant ce genre de conneries à la portée de tous. Il aurait pu accuser William, bien sûr. Il aurait pu. Mais il s'était prêté au jeu de l'autre acteur. Et la façon dont ce dernier avait commencé à lui envoyer des liens tous plus atroces les uns que les autres l'avaient beaucoup amusé, bien qu'il n'ai pas lu le quart des textes qu'il avait reçu. Il était prêt à s'infliger beaucoup de choses pour s'habituer à passer au delà de sa gène, mais il avait ses limites. Et si William était très à l'aise avec ce genre de contenu, ces histoires lui mettaient bien bien trop d'images en tête dont il se serait volontiers passé, aussi il préférait s'arrêter dès que les choses devenaient un peu trop graphique pour lui. Alors il aurait pu blâmer William, mais non. C'était lui qui avait cliqué sur le lien avant de laisser sa tablette à la disposition du premier venu. Le premier venu étant Fitzwilliam, pour le coup.

Et s'il avait l'habitude de rougir devant Fitzwilliam, ce n'était pas la même chose que les fois précédentes. Ce n'était pas le même sentiment. Il ne rougissait pas par pudeur, il rougissait comme un gosse qu'on prend la main dans le sac. Et c'était bien pour ça qu'il ne pouvait pas accuser William. Parce qu'il avait ce putain de sentiment de culpabilité qui le prenait à la gorge. Et c'était bien pour ça qu'il se préparait au pire venant de Charlie, parce qu'il l'avait clairement mérité. Pour une fois. Il n'aurait jamais du laisser ça là. Il n'avait jamais voulu que l'acteur de Snape voit ça, et surtout pas en sa possession. « And you'd think I'm the one who has issues, what the fuck is your problem mate? And don't tell me you read this to prepare yourself for the fans or summat. You could literally choose anything, with anyone but me. And yet you choose to read this? What the fuck is your problem? » Quel était son problème. C'était bien là la question. Il n'arrivait pas à empêcher cette foutue culpabilité alors qu'il tentait de se convaincre lui-même qu'il était innocent. Innocent parce qu'il n'avait fait que cliquer sur un lien avant d'aller se chercher un café. Innocent parce que il n'avait pas lu cette histoire et qu'il n'était certainement pas responsable de ce qu'elle contenait. Mais non. Il n'avait jamais été très doué pour l'autopersuasion et ce n'était de toute évidence pas le jour pour une grande avancé en la matière.

Et il reprendrait presque une couleur normale quand, après avoir suffisamment rougit, il blêmit soudainement en voyant Charlie attraper la tablette. Les deux effets s'équilibreraient presque, si ça ne lui donnait pas surtout une teinte un peu maladive. Il voudrait dire quelque chose. Il voudrait l'arrêter là tout de suite, lui expliquer qu'il n'a rien lu de tout ça, et qu'ils repartent chacun de leur côté, continuant à s'ignorer le plus simplement du monde. Mais Charlie ne lui laissait pas franchement l'occasion d'en caser une. Et toute tentative de David de l'interrompre était de toute évidence infructueuse. Il tentait nerveusement de petits mouvements de main en direction de la tablette qu'il aurait aimer pouvoir briser dans l'immédiat avant de la mettre au feu. Des tentatives à peine visibles tant il les abandonnait aussi vite. Du moins certainement pas perceptible par Charlie qui était parti sur sa lancée. Il n'écoutait même plus vraiment le reproche précis que l'autre pouvait lui faire. Trop occupé à regarder avec horreur cette invention du diable qu'était la tablette. Il ne pensait même pas une seconde à dire quelque chose pour sa défense, tant, tout ce qu'il voulait, c'était récupérer son bien et que Charlie oublie tout ça.

« Ah, this, this is golden! » Il ne comprit pas tout de suite avant de voir que Charlie allait... Il allait vraiment lui lire ça. God no... « "I could tie you up" Charlie said mischeviously. "I could tie you up and rim you slowly, lick you till you're shaking, wreck you till you start screaming my name and forget yours" he added right next to his ear » Le ton glacial contrastait à merveille avec la teneur des propos, et David en aurait été presque reconnaissant. Ça lui évitait d'y penser d'une autre manière. Ça lui évitait d'avoir une quelconque image dans la tête. Celle-ci viendrait plus tard. Mais il n'en avait pas besoin là. Pas maintenant. Pas tout de suite. Pas alors qu'il regardait Charlie comme un idiot, d'un air un peu trop perdu, avec ses joues qui reprenaient leur magnifique teinte cramoisie qui allait apparemment devenir leur couleur par défaut. Il avait enfin le temps de dire quelque chose alors que Charlie semblait peiner à trouver de l'air. Il avait enfin le temps de dire quelque chose, mais il était trop paumé, sur le coup, pour trouver la moindre réponse à cette citation des plus... originales. Non. Il n'était jamais tombé sur ça. Tout bonnement parce qu'il arrêtait de lire ce que William lui envoyait quand il savait que ça allait tourner ainsi. Et il se félicitait de ne pas s'y être risqué. Les fans savaient décidément formuler les choses de manière originale. Il crut sentir son coeur recommencer à battre quand Charlie se décida à laisser tomber la tablette sur le sofa. Il n'aurait le droit qu'à un extrait du genre. « Don't fucking tell me you went to get a bloody coffee to read this. So what, you need to be comfortable to picture you and me going at it? Can't you read 50 Shades of Grey like everyone else? »

Un coin de son cerveau avait noté la rougeur des joues de Charlie. Un coin de son cerveau avait noté la colère sourde dans sa voix qui ne ressemblait pas à celle à laquelle il s'était habitué. Un coin de son cerveau avait noté l'ironie amère avec laquelle l'autre avait conclu sa splendide tirade. Mais seulement un coin de son cerveau. Le reste était bien trop occupé à trouver comment expliquer la situation à Charlie. Comment calmer le jeu. Et surtout comment ne pas se mettre en de plus mauvais termes avec l'autre acteur qu'il ne l'était déjà. Après tout, l'idée que Fitzwilliam puisse l'estimer un jour, il avait fait une croix dessus depuis qu'il l'avait rencontré, mais ils avaient un film à tourner, une promotion à assurer... Et David ne pouvait pas se permettre que tout cela soit encore plus compliqué que la fois précédente, simplement parce qu'il avait laissé une stupide tablette allumée dans sa loge. « I... » Il n'avait pas besoin de chercher très loin ce qu'il pouvait bien dire après tout. Il pouvait se contenter d'expliquer simplement la situation. Très simplement. « I did not read this thing. » Il soupira, se passa une main sur le visage. Bon. Il fallait surement qu'il fasse mieux que ça. « Ok, I intended to try and read it... » Il s'arrête un instant. « Well... No, not exactly... I mean... » Il s'embrouillait bêtement. Et sans raison. Et il sentait la rougeur de ses joues reprendre le dessus. Il inspira comme pour retrouver le fil de ses pensées. « It's just a mail that i received. I opened it. I guess I wouldn't have read this thing as far as you have. I would have stop when it started to get... You know. So, no, I don't read this kind of things. » Il ne pouvait pas vraiment se permettre de balancer William sous le train. Quoi que si, il aurait pu. Mais la dernière fois que Charlie avait évoqué son cousin en sa présence, c'était sur un ton un peu trop agressif. Et il préférait éviter d'ajouter un sujet qui fâche dans la conversation. Quoi que. Il aurait surement du s'arrêter là mais il avait la désagréable impression de mentir. What did "this kind of things" meant? Parce qu'il en avait lu, des fanfictions. Il en avait lu des fanfictions où il se retrouvait étrangement en couple avec Fitzwilliam. Il s'était juste préservé des contenus trop crus pour lui. Alors il fallait qu'il se débarasse de cette foutue amertume sur sa langue. Il baissa le regard vers son café. Oui, il devait avoir l'air con. Il avait l'habitude. « And I really don't get it. I don't get you. You're the one who talk to me about things like this the fans could do and... And you're the one with the innuendos and straight-up weird offers... » Il tenta de finir sa phrase. Il tenta de trouver une façon de ponctuer la chose... Mais non. Il ne voyait pas. Il était juste paumé. Il avait juste envie que Charlie s'en aille et le laisse boire son café en paix pendant qu'il retournerait à son livre. Celui-ci était safe, au moins. Celui-ci, il le comprendrait au moins.
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MessageSujet: Re: The room where it happens - Fitzberghe   Mar 26 Avr - 2:19

Il aurait dû sentir que cette situation tournerait au vinaigre avant même de se trouver dans cette foutue loge. Au moment même où on lui avait demandé d'aller trouver Vanderberghe, il aurait dû comprendre qu'il allait finir par se mettre dans de sales draps une fois de plus et ce, métaphoriquement en plus. Non pas qu'il aurait aimé jouer la chose au sens littéral, malgré tout ce qu'avait pu dire sa psy. Il aurait dû refuser catégoriquement, tempêter, taper du pied même. Il aurait dû jouer les divas plutôt que d’acquiescer docilement dans un soubresaut de masochisme. A croire qu'il était devenu un expert dans l'art de prendre de piètres décisions.

Pourtant le sombre monde de la fanfiction ne lui était pas inconnu. Il savait que ça existait, par centaines de milliers. Il savait que les fans aimaient ça, que ça leur permettait de prolonger un peu le plaisir d'être dans un autre monde, de compenser aussi la frustration qu'apportait parfois leurs œuvres favorites. Il était tout à fait conscient du caractère graphique de certains récits, il en avait lui-même parlé au Belge quelques semaines plus tôt. Et pourtant here he was, rougissant après une lecture vaguement indécente. Mais après tout, entre avoir conscience d'une chose et l'avoir sous les yeux, il y avait tout un monde. En l'occurrence, il avait surtout évité de penser à la moindre œuvre de fiction les impliquant, David et lui. Elles existaient, obviously, mais c'était une partie d'internet qu'il préférait ignorer royalement. Il en allait de sa santé mentale et il ne s'agissait pas le moins du monde d'une quelconque exagération. Il n'avait pas eu besoin de quelques phrases d'une ou d'un fan que la perspective de deux acteurs ensemble dans la vraie vie inspirait, seulement de quelques verres et d'une bonne dose de frustration malsaine. Mais il s'était promis d'arrêter les conneries, de mettre ces visions pour le moins indécentes dans un coin de sa tête et de les y laisser pour une durée indéterminée. Fat chance obviously.

Lire cette stupide fanfiction n'était évidemment pas la décision la plus mature qui soit mais Charlie avait à présent l'habitude des mauvaises décisions. Et même s'il travaillait là-dessus, well, old habits die hard and all that. Il était conscient de la nécessité de s'en défaire mais restait la satisfaction de voir Vanderberghe mal à l'aise. De plus, cette fois, il n'était pas tout à fait à l'origine de sa gêne. Charlie avait peut-être eu la riche idée de lire cette fanfiction, mais ce n'était pas lui qui amené la chose sur le tapis. Il s'était contenté de tomber dessus et de la balancer de nouveau, avec violence. Il avait presque envie de les crier, ces mots, ces phrases indécentes, de les hurler for all to hear. Qu'on réalise qu'au moins, cette fois, il n'était pas le fautif. Pas vraiment. Pas tout à fait.

Parce que si, bien sûr qu'il était responsable. Il aurait pu laisser cette foutue tablette de côté et prétendre ne pas y avoir jeté un coup d’œil, il aurait pu, oui, il aurait dû, certainement. De toute manière, il s'agissait du dernier volet de la trilogie et même si la légende voulait que la Grande-Bretagne ne compte que douze acteurs ou presque, il y avait de fortes chances pour qu'il ne recroise plus la route de David Vanderberghe de sitôt. Il suffisait de l'éviter, de jouer les co-stars distantes mais polies. Charlie en était capable, c'était son métier après tout. Jouer la comédie, prétendre, mentir. Mais avec ce type-là, il avait du mal, malgré les quelques progrès qu'il pensait avoir fait grâce à sa psy et ses honoraires exorbitants. Des progrès, oui, mais pas assez pour qu'il décide de jouer les adultes cette fois. Quelle pitié, franchement.

A croire que c'était plus fort lui, plus fort que le bon sens et la dignité. Pas sûr qu'il soit encore question de sauver la face, l'honneur ou les apparences, à ce stade-là, et il n'essayait même pas, comme si ça n'avait pas vraiment d'importance. Or, si ça avait vraiment été le cas, il n'aurait probablement pas tiqué en comprenant ce que le Belge avait décidé de lire dans la quiétude de sa loge. Il n'aurait pas relevé, tout comme il ne faisait pas attention aux débordements d'affection les plus grivois de certains fans. Mais ce n'était pas le cas, parce qu'au fond et d'une manière aussi étrange que malsaine, ce que l'autre pensait comptait. Ce qu'il faisait comptait. Goddamnit.

Il s'appliqua à réguler sa respiration, conscient qu'il cherchait l'air trop rapidement, trop bruyamment aussi pour avoir l'air calme. Not that he cared mais il était préférable de ne pas faire une syncope devant David, with their fictional selves going at it like rabbits sur l'écran allumé de la tablette. Les poings serrés le long du corps, Charlie ne sourcilla pas devant le manque d'éloquence de l'autre acteur. Par habitude peut-être ou parce que cette fois, ça n'avait rien de drôle, même en cherchant bien. C'était irritant, qu'il s'entête à bredouiller en rougissant en toute situation. Et pour de simples explications, surtout. Explications ô combien innocentes que Charlie ne trouvait guère satisfaisante. « A mail, répéta-t-il lentement, you actually expect me to believe that someone sent you that stuff. What for? So you could have a good laugh over it?  » Cette perspective était déplaisante, sans qu'il sache très bien pourquoi. Aucun rapport avec sa sexualité, l'avis de sa mère sur le sujet l'ayant considérablement endurci. Il savait qu'on se moquerait, il savait pertinemment que dès l'instant où il annoncerait son coming out, des plaisanteries en tout genre circuleraient, plus ou moins blessantes. Ce n'était pas ça, le problème, et ce n'était pas franchement le moment pour se plonger dans ce genre de réflexions. Il attendrait d'avoir le cul collé contre un divan pour s'y risquer et, de préférence, pas sur un canapé qui avait connu Nevil et son sens de l'humour ridicule. C'était un coup à s'enfoncer un peu plus dans la confusion et ça, Charlie n'en avait pas besoin, pas alors qu'il commençait à y voir un peu plus clair.

Did he, really? Il avait cru que signer des chèques à plusieurs zéros à une parfaite inconnue l'y pousserait, vraiment. Et jusque-là, ça avait paru fonctionner. Jusque-là, il n'avait pas eu trop de soucis à admettre que, oui, effectivement, il n'était pas dans son état normal depuis plusieurs mois. Après tout, reconnaître l'existence d'un problème était la première étape pour le résoudre, right? Right. Seulement aujourd'hui, Charlie avait la désagréable impression d'avoir rebroussé chemin, sans pour autant oublier ce qu'il avait pu dire et entendre dans le bureau de sa psy, concernant David. Et face à ce dernier, c'était légèrement problématique –– understatement of the bloody century.

Il suivit son regard sur ce stupide café, goutte d'eau qui faisait déborder le vase de cette situation ô combien agaçante. Bien sûr que David était allé se chercher un café, après tout, mieux valait être à l'aise pour ce genre de lectures. Quel foutu imbécile. Et il avait encore le culot de lui balancer ses petites erreurs de parcours en plein visage. Charlie écarquilla les yeux, immobile pendant un instant. Quelques secondes, tout au plus, à hésiter entre éclat de rire et grognement agacé. Il finit par opter pour un faible soupir, secouant doucement la tête avec incrédulité. « Yeah, well, and you're the one who lectured me with a scandalized face and yet you end up reading about me sucking your dick, répliqua-t-il, hautain. Sounds a bit hypocrital, don't you think? » ironisa-t-il en avançant d'un pas. Jusqu'à présent, ce genre de raisonnements reposait surtout sur son besoin de se débarrasser de toute culpabilité. Rendre David responsable de tous les maux aurait pu devenir un sport, à une époque pas si lointaine. Aujourd'hui, toutefois, la colère était différente. Fondée peut-être. « And you would have never, ever read this, you sure? Why was it still on when I came in, uh? Why didn't you turn off the bloody thing as soon as you realized what it was? Because let me tell you mate, if I ever read something that steamy about me and someone I kind of know, I would probably throw my phone away. But no, you just left it here and you went to get a bloody coffee. Why? What is so bloody appealing in this, this, this thing? » Thing. A défaut d'autre mot. A croire que la colère avalait son vocabulaire, en même temps que son bon sens. « Go ahead, tell me why someone who obviously has your email address, so probably a friend of yours, right? Why would one of your friends think you'd like to read a work of pure fiction involving way more than a blowie in the loo at a bloody party » reprit-il, avec un nouveau pas. Ses mains tremblaient un peu et il avait du mal à rester droit, agité par l'envie de secouer cet imbécile qui, une fois de plus, parvenait sans le vouloir à le faire sortir de ses gonds. De toute évidence, Charlie était loin d'en avoir fini avec la thérapie.

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❝ weight of days lost holding you down. you'll look for me but i won't be found. the blue birds flutter in my chest. oh, they want to sing. you'll have to break me open to hear anything, before the world dies at my door. i'll break the sky, for you and i are going nowhere. kiss goodbye a dozen times before we give them. why do i need anyone else, when i can break the sky myself ❞ (gabrielle aplin | panic cord)
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MessageSujet: Re: The room where it happens - Fitzberghe   Mer 27 Avr - 3:18

To blush or not to blush, la question ne se posait plus vraiment. Et ce depuis longtemps. Comme à son habitude, David était joliment cramoisi. A essayer de se dépêtrer bêtement avec des explications stupides sur le pourquoi du comment. Sur pourquoi il était là, comme un idiot, café à la main, alors que sa foutue tablette était restée allumée. Allumée avec ça à la vue et au su de tout le monde. La réponse était simple : personne ne venait l'ennuyer habituellement dans sa loge. A part William, qui était responsable de tout ça, et quelques techniciens qui avaient sûrement mieux à faire que de fouiner n'importe où. Personne ne venait l'ennuyer habituellement dans sa loge, alors non, il n'avait pas songé à ranger sa tablette. Surtout quand il ignorait le contenu du lien qu'il avait ouvert avant de s'absenter. Le fait qu'il l'ai laissé au vu et au su de toute le monde lui paraissait après tout la meilleure preuve de son innocence. La meilleure preuve de ce qu'il affirmait, qu'il n'avait absolument pas lu ces mots que lui avait répété Fitzwilliam. Que lui avait répété Fitzwilliam sur un ton bien plus froid que celui que lui accordait surement les auteurs. Un ton suffisamment froid pour l'empêcher de réagir de quelque manière que ce soit. Un ton suffisamment froid pour l'empêcher de s'emballer. Bless this. Le ton glacial autant que le regard meurtrier de Fitzwilliam, qui l'aidaient à garder les pieds sur terre, et son imagination à sa place. Pas d'images malvenues qui n'auraient que rajouté à la rougeur de son teint. Et il n'en avait pas besoin. Pas quand il était de toute façon aussi peu crédible, même en s'en tenant à la plus simple des vérités.

« A mail, you actually expect me to believe that someone sent you that stuff. What for? So you could have a good laugh over it?  » Il resta un instant interdit. Il n'avait définitivement pas de bonne réponse à cette question. Il avait lui-même eu du mal à voir le côté comique que pouvait y voir William. Il n'avait pas vraiment cherché à le comprendre. William avait un humour suffisamment particulier pour qu'il n'ai pas envie de s'y risquer. William avait un humour suffisamment particulier pour aimer lire ce genre de choses, même le concernant. Pourquoi il continuait à lui en envoyer? C'était une bonne question. Peut-être parce que David n'avait pas pensé à lui demander d'arrêter. Si Will en riait? Peut-être. Sûrement. Si David en riait? Non, pas le moins du monde. Et encore moins maintenant. Mais il n'allait probablement pas essayer d'expliquer quoi que ce soit à Charlie. Pas quand ses questions avaient l'air plus rhétoriques qu'autre chose. Pas quand il n'était déjà pas capable de s'expliquer à lui-même pourquoi il lisait les fanfics de Will tant que celles-ci s'avéraient raisonnables. Il n'allait pas tenter d'expliquer ça, non. Alors il se contenta de rappeler à Charlie qu'il était le premier à avoir mentionner ce genre de chose. Ce genre de chose et bien pire. « Yeah, well, and you're the one who lectured me with a scandalized face and yet you end up reading about me sucking your dick. Sounds a bit hypocrital, don't you think? » Il aurait pu répéter qu'il n'avait pas lu ça. Mais il était à nouveau en train de s'étouffer tout seul comme un idiot, et il préféra tenter de maîtriser sa respiration, sa salive, et le reste de son corps en général. Maîtriser son corps et se refuser de faire un pas en arrière alors que Fitzwilliam en faisait un en avant. Ne pas reculer. Comme s'il était hors de question de montrer le moindre signe de faiblesse. Très drôle quand il savait que son visage était d'un rouge joliment soutenu. Mais non, ne pas reculer. Parce qu'il était innocent et qu'il n'allait pas se laisser impressionner.

Il ne fut même pas tenté par l'idée d'interrompre Fitzwilliam dans son monologue. Sa liste de questions un peu trop agressive. Il ne fut même pas tenté sûrement parce qu'il savait que ce n'était pas possible. Il n'était pas capable d'interrompre qui que ce soit, il avait déjà du mal à s'exprimer quand c'était à son tour. Et quand Fitzwilliam en eu finit avec cet étrange interrogatoire qui ne semblait pas appeler de réponse, il fit un nouveau pas en avant. Et si David ne put s'empêcher de se redresser légèrement, il ne fit toujours pas de pas en arrière. Il avait songé un instant à aller chercher ledit mail sur son téléphone pour le coller sous le nez de Charlie, prouver la véracité de son histoire, son innocence, et tout le reste. Balancer William sous les roues du camion, par la même occasion, sans trop s'en inquiéter. Will était sûrement capable de supporter les reproches éventuels de son cousin avec son éternel détachement, à n'en pas douter. Mais il ne le fit pas. Parce qu'il ne devait rien à Fitzwilliam, à la réflexion. Des excuses, il en avait fait bien plus qu'à son tour. Il n'allait pas s'excuser de ce qu'il faisait sur son temps libre. Et encore moins de ce qu'il ne faisait pas sur son temps libre. Il n'allait pas rédiger une thèse pour l'autre acteur, lui expliquant avec soin pourquoi non, il ne lirait pas ça précisément ou pourquoi il lisait des fanfics à l'occasion, pourquoi c'était sur sa tablette, pourquoi celle-ci n'était pas éteinte, ou pourquoi Will lui envoyait ce genre de conneries. Il avait déjà dit la vérité à Fitzwilliam, et s'il ne voulait pas l'entendre, ce n'était plus vraiment son problème. Il n'allait pas s'acharner à s'expliquer quand, de toute évidence, l'autre acteur aimait particulièrement le blâmer pour tout et surtout pour rien, et trouverait la moindre occasion pour lui faire des reproches.

Alors oui, David avait pris la bonne résolution depuis le début d'apaiser les tensions autant que possible. De ne pas se mettre plus à dos que nécessaire les gens qui avaient décidé un peu arbitrairement de le détester. Ne pas se mettre sur leur route, ne pas risquer d'avoir une discussion avec eux, ne pas se faire voir ou se faire entendre, et surtout s'excuser quand les choses devenaient un peu compliquées. S'excuser, et s'enfuir. Sauf qu'il avait essayé de s'excuser de nombreuses fois avec Charlie, et que ce n'était jamais vraiment concluant. Sauf qu'il ne pouvait pas s'enfuir parce que c'était sa loge. Sa foutue loge où, à la réflexion, Charlie n'avait rien à faire. Alors non. S'excuser et s'enfuir n'était pas une solution, pas cette fois-ci. S'expliquer non plus. Puisque l'autre semblait décidé à ne pas croire sa version des faits. La situation était trop absurde pour être crédible. Il tenta un instant, dans sa tête. Non. Charlie n'y croirait jamais. Mais surtout, David ne lui devait aucune explication. Non. Surtout pas après ses propositions déplacées. Il avait du mal à s'en convaincre, mais il n'avait pas le choix. S'il voulait garder la tête haute encore un peu. Encore un peu, le temps que Fitzwilliam se décide à quitter cette loge qui n'était pas la sienne. Parce que s'il croyait sur parole Will quand celui-ci lui affirmait que son cousin était mauvais joueur, ce n'était pas une raison pour le laisser gagner. Et David ne pouvait décemment pas lui donner cette satisfaction alors qu'il avait tort. Pour ce qui était de préserver la paix des ménages, celle-ci lui semblait de toute façon ruinée, et ce de façon durable. Le point de non-retour avait apparemment été dépassé à un moment. Il n'avait pas bien compris quand, il savait juste qu'ils étaient au delà.

Le bref soupir qui lui échappa était surement mieux qu'une explication tordue et confuse. Ce qui serait de toute façon la seule chose dont il aurait été capable, pour répondre à ces quelques questions qui n'attendaient de toute façon pas de réponse. Un soupir, et il se pinça l'arrête du nez, tenant son foutu café d'une main. Foutu café qui allait finir par être froid. Il aurait mieux fait de le boire sur le chemin. Ça lui aurait sûrement simplifié la vie. Quoi de plus symptomatique d'une mauvaise journée qu'une "discussion" avec Fitzwilliam et un café froid, il ne voyait pas bien. C'était sûrement pour ça qu'il avait abandonné. Things couldn't get worse. L'embarras avait quitté légèrement ses joues maintenant qu'il était à l'abri du fait que Charlie se remette à lui citer quoi que ce soit. Maintenant qu'il était passé au delà de sa gêne et de son besoin de s'expliquer pour se faire simplement à l'idée que, quoi qu'il dise, Fitzwilliam ne lui pardonnerait pas ça. Quoi qu'il fasse, ils passeraient les prochains mois de tournage à se fuir comme la peste, si ce n'était déjà le cas, et à trouver toutes les excuses du monde pour ne pas se retrouver dans la même pièce. « So I'm the hypocrite here? » Un nouveau soupir lui échappa. Sa mâchoire se serra brièvement alors qu'il mettait de l'ordre dans ses mots. Pour un peu, on aurait pu trouver que son ton s'était fait moins confus. Pas agressif, non. Juste neutre. Peut-être un peu trop las. « Why would one of my friend think I want to read this? I don't know but, well, I don't know why one of my co-star thinks that I'd like to follow him in the loo for... » Crap, il n'était même pas capable de le dire. Il pinça les lèvres brièvement. « I guess I just don't get why people thinks that sending me or telling me some totally inapropriate stuff is so funny. » Il sentit son poing se serrer un peu plus autour de sa tasse de café et s'efforça de souffler. Non, ce n'était pas parce que la gène s'en allait doucement qu'il fallait qu'il s'énerve bêtement. « I didn't ask you to pop in here and to read it, right? So... » Can't you just get over it? Il retint les mots avant qu'ils ne passent ses lèvres. Non. La formulation ne serait pas passée. « you could just forget about it, okay? » A peine mieux. Il n'y croyait pas une seconde. Mais l'espoir fou de sortir de cet échange en un seul morceau et d'avoir encore le temps de savourer son café avant qu'il ne refroidisse le poussait à négocier et à trouver un quelconque compromis. Pour un peu, il aurait même proposé de jeter la tablette à la poubelle, mais c'était Internet. Le geste aurait sûrement été parlant, mais peu convaincant. Pour ce qui était de promettre à Fitzwilliam qu'il ne lirait rien, puisque l'idée avait l'air de tant l'ennuyer... Il aurait pu. Mais l'autre ne croyait pas ses explications et il n'allait certainement pas croire quelques promesses dans le vent. Et puis il lisait bien ce qu'il avait envie de lire, après tout.
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MessageSujet: Re: The room where it happens - Fitzberghe   Sam 28 Mai - 16:03

Il pensait avoir repris sa vie en main ou, du moins, qu'il était sur le point de le faire. That was the whole point of spending his time talking to a shrink, right ? Right. Preuve en était que Charlie était loin, bien loin d'avoir son existence – et par là, il fallait d'abord entendre ses réactions et, surtout, sa colère – sous contrôle. C'était amusant, d'une certaine manière, ce besoin irrépressible de retrouver la maîtrise de ses émotions, chose qu'il n'avait recherché jusque-là. Pourquoi, puisqu'il était un garçon calme et réservé, un peu empoté, mais qu'on considérait comme un brave type, le genre de bon copain qui peut tout entendre et qui s'amuse d'un rien. Ce n'était plus lui, plus vraiment – plus du tout, more like. Tout ça parce qu'un imbécile heureux avait jugé nécessaire de devoir faire lui-même une cascade insignifiante. C'était ça, le point de départ de toute cette merde, right ? Pas l'arrivée de Vanderberghe dans le cast, pas vraiment – mais si, un peu. Malgré toutes ses discussions avec une psy qu'il ne payait que trop cher, malgré tout ce temps, ça continuait à poser problème. Le voir là, grand échalas mal à l'aise, mec qui avait tout du poisson sorti de sa mare et balancé dans l'océan, l'agaçait. Et, oui, oui, oui, peut-être que Charlie avait eu tord de se tourner vers lui dans un moment de faiblesse – l'alcool, franchement, rien de plus – et peut-être qu'il aurait pu retenir quelques réflexions hasardeuses, peut-être qu'il aurait pu se tenir dans ce stupide taxi. Peut-être bien, peut-être pas. C'était fait, maintenant, et il n'allait certainement pas revenir dessus. Ni s'excuser. Ce n'était pas le problème. C'était David, le problème, David et son air de faon perdu, David et son stupide café certainement froid, David et sa stupide tablette. David et ses amis bizarres qui avaient l'air de trouver amusant l'idée qu'une adolescente puisse les imaginer ensemble, in every sense of that bloody word.

C'était David, le problème – et décidément, non, ses séances chez le psy n'avaient guère d'utilité. Il allait annuler la prochaine, c'était décidé.

Mâchoire crispée et poings serrés, il s'efforçait bêtement de reprendre sa respiration sans grand succès, horripilé par la gêne si calme, si silencieuse de ce mauvais sosie de Nevil Munroe. Peu importait, dans le fond, qu'il n'ait pas recherché ce genre de lectures de lui-même. Les mots étaient là, brillants sur l'écran. Ils étaient là et ils étaient dans la tête de Charlie, tournant et retournant comme une mélodie malsaine et entêtante. Ils étaient là et ils ne partiraient probablement pas. Pas avec des dizaines d'heures dans le cabinet d'une femme qui passait sa vie à écouter les autres, ni même avec des litres d'alcool – à la réflexion, en parler était une solution plus raisonnable que de chercher à en noyer le souvenir, his track record with alcohol and David Vanderberghe being what it was. Les mots étaient là, crus, osés, imprimés dans son crâne et avoir le Belge en face de lui n'aidait guère à la concentration. Surtout pas à l'oubli.

Il plissa les yeux, sceptique, curieux de savoir ce que l'autre trouverait à dire pour tenter d'apaiser la situation. Là-dedans non plus, le taux de réussite n'était pas bien élevé. C'était trop tard pour les explications, les excuses. Charlie avait lu et Charlie n'oublierait certainement pas de sitôt.

Mais David ne chercha pas à s'excuser, ni même à se dérober et, un rien désarçonné, Charlie fronça les sourcils sans comprendre. Yes, you are. Trois mots simples, une phrase toute bête qui attendait, toute prête, sur le bout de sa langue, mais sa répartie s'envola en fumée, happée dans le soupir du Belge. Get a grip, se morigéna-t-il mentalement. Ce n'était pas lui, après tout, qui avait eu l'audace de lire des cochonneries sur l'un de ses camarades de jeu – et encore, le mot était faible. Et pourquoi revenir sur cette honteuse soirée, soudain ? Quel était le foutu rapport entre Charlie, ivre mort et souffrant probablement d'un certain manque d'attention – to put it mildly – et l'un de ses prétendus amis à l'humour douteux ? Charlie secoua la tête, pas certain de suivre le raisonnement – ou, plutôt, convaincu de ne pas suivre – et à en juger la mine de David, il y avait clairement eu un problème dans le fil de ses pensées. Great. And he was supposed to be the sane one? Imbécile.

Ça l'avait probablement chamboulé, pour qu'il y revienne sans cesse. Charlie avait déjà conscience qu'il aurait du mal à oublier ce triste épisode, mais comment était-il sensé s'atteler à la tâche si on ne cessait de le lui rabâcher, encore et encore ? Il avait fait une erreur, fine, il pouvait y survivre. Ça ne signifiait pas pour autant qu'il était agréable d'en entendre parler à la moindre occasion. Il ouvrit la bouche pour intervenir, la referma aussitôt – sans raison, vraiment. Toutefois, il aurait dû dire quelque chose, avant que l'autre ne lui demande d'oublier. Oublier. La bonne blague. « I'm supposed to forget? » articula-t-il lentement en se désignant d'une main avant d'éclater de rire. David se moquait de lui, il n'y avait pas d'autre soution. « I'm supposed to forget? répéta-t-il, incrédule, colère perçant sous le calme qu'il s'efforçait de conserver. When you're clearly still hung up on something I said after I had a few too many drinks? You gotta be kidding me » souffla-t-il en secouant la tête. Une blague. C'était une blague. Une autre. Une parmi tant d'autres. « Does that still bother you? reprit-il, sans doute plus agressif que nécessaire. That I said that, that night? Get over yourself mate, it had nothing to do with you. I was drunk, I was lonely and I was horny. There, I said it. And you know what? The only reason I told you I'd blow you in the bloody loo is that even after all this time, I still see him when I look at you. And no, I can't help it. I know you're not him and I know he's dead. He's not coming back, he's not you and you're not him, believe me, I know that. So get over yourself, I don't fancy you, I don't want to have anything to do with you » C'était la vérité, pure et simple – alors pourquoi ce besoin d'insister comme s'il devait s'en convaincre ? Il était sûr de lui. Au moins à quatre-vingt pour cent. Mais dans le fond, c'était soit rassurant, soit terrifiant, tout dépendait du point de vue. Et pour être honnête, Charlie ne savait pas lequel valait le mieux. « And you know what? reprit-il, pour s'arracher lui-même à une réflexion dangereuse, avançant à nouveau sans réellement s'en rendre compte. I didn't even want to come here, they sent me. I didn't ask to come and see you. I'm not stalking you and I don't spend my days wondering what you're doing or where you are. Or reading some dirty fic about you mapping my body with your bloody mouth or some crap like that » Pourquoi parler de sa bouche, pourquoi, pourquoi, pourquoi. Pourquoi alors qu'elle était là, juste là, à quelques centimètres à peine – and when did he move over here? Il n'était pas sensé être là, devant David, ni même dans cette loge. Il n'était pas sensé le regarder ni regarder ses lèvres. Il n'était pas non plus sensé lui faire des propositions tendancieuses après un verre de trop et, well.

Le problème résidait donc dans de très mauvaises décisions. Ou d'impulsivité. Question de point de vue, encore une fois.

Il aurait dû se tirer, filer à toutes jambes, ne serait-ce qu'au moment où il avait réalisé que la loge était vide. But here he was, attrapant l'autre par le col sans se soucier du café, de la porte qui pouvait s'ouvrir à tout moment ou, hell, de toutes convenances. Objectivement, il n'avait rien à faire là, dans cette loge trop pleine de souvenirs. Objectivement, ses mains n'avaient rien à faire là, serrant ce pull dont il se serait volontiers moqué dans d'autres circonstances. Objectivement, sa bouche n'avait rien à faire là, écrasant des lèvres inconnues. Well, au diable l'objectivité.

Get a goddamn grip.

God. Ce n'était pas Nevil et il n'était pas en train de rêver, ni même de cauchemarder. Ce n'était pas Nevil et il était tout à fait réveillé, tout à fait sobre aussi. Ce n'était pas Nevil et il n'avait rien à faire là. Brutalement, Charlie recula aussi vite qu'il avait avancé, relâcha le pull et son propriétaire aussi soudainement qu'il les avait agrippés. Le souffle court, le teint rouge vif, il écarquilla les yeux, les bras flasques le long de son corps. Vidé, complètement vidé. S'écoula-t-il une heure ou une seconde avant qu'il n'ouvre la bouche, Charlie aurait été bien en peine de le dire. De toute manière, ça n'avait pas d'importance. « I'm, I... I don't, I didn't mean to, I... you're right, let's, let's forget about this » lâcha-t-il, la voix rauque. Il fallait partir maintenant. Déguerpir et aller s'enterrer loin, très loin de là. Les producteurs n'auraient qu'à lui trouver un remplaçant. Après tout, ils avaient fait un si bon travail avec ce type-là.

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❝ weight of days lost holding you down. you'll look for me but i won't be found. the blue birds flutter in my chest. oh, they want to sing. you'll have to break me open to hear anything, before the world dies at my door. i'll break the sky, for you and i are going nowhere. kiss goodbye a dozen times before we give them. why do i need anyone else, when i can break the sky myself ❞ (gabrielle aplin | panic cord)
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