there’s something inside you, it’s hard to explain + lena

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MessageSujet: there’s something inside you, it’s hard to explain + lena   Jeu 7 Avr - 17:29

Son stylo posé sur le stencil, il avait terminé depuis longtemps le modèle de son client. L’unique de la journée. Cependant, il y avait une autre raison qui poussait Jules à rester dans l’arrière-boutique. Il approcha son briquet de la pipe à crack et ferma les yeux une seconde le temps d’inhaler la fumée. Dix minutes plus tard, les soupirs mêlés aux insultes de son client forcèrent Jules a revenir dans la pièce principale. Sur le fauteuil de dentiste qu’il avait dérobé quelques mois plus tôt, la réplique vieillissante d’Elvis Presley s’impatientait. Jules lui adressa un sourire vague, stencil à la main.  Il ignora les ronchonnements de son client et vint simplement s’installer sur le tabouret à roulette et commença à préparer le matériel. Pour être honnête, le salon ne marchait pas des masses. Bon, beaucoup de personnes passaient le pas de la porte, mais il s’agissait pour la plupart de ceux d’Elliot. Et avoir des drogués en manquent prêt à se prostituer pour une dose ne mettait pas franchement en confiance toutes les lycéennes en rébellion qui pourraient avoir envie de se tatouer une papillon qui s’envolait de leur cul histoire de faire enragé leur père. Aujourd’hui, malgré les plus de dix-huit heures, seul Elvis bis s’y était aventuré. Il inspectait actuellement le dessin demandé, non sans émettre quelques réserves. Jules, dont l’esprit embrumé par le crack, répondait avec une lassitude extrême : Ouais, t’inquiètes, je corrigerais ça directement en tatouant. Il n’en avait en réalité aucune intention. Jules n’avait jamais été du genre à s’investir dans quoi que ce soit. Ce salon de tatouage, c’était Elliot qui en avait eu l’idée. Un bon moyen d’entreposer sa drogue, organiser ses deals et blanchir son argent. Et puis, y avait aussi le côté « on va te changer les idées » mais franchement, ce n’était pas comme si Elliot était la générosité incarnée. Donc c’était surtout le truc de la drogue et du fric et des deals. Quoi qu’il en soit, Jules n’attachait pas une grande importance à ce salon de tatouage, ni même à fidéliser la clientèle. C’était simplement, un bon endroit où traîner.

La clochette accrochée à la porte – qui rendait l’endroit encore plus crappy qu’il ne l’était déjà – retentit. Jules ne l’entendit même pas. En effet, il avait des écouteurs dans les deux oreilles et remuait en rythme la tête tout en tatouant. En général, c’était plutôt les clients qui apportaient de la musique quand ils savaient que le tatouage allait durer des heures. Jules préférait en avoir pour lui. Au moins ça lui évitait de faire la conversation. Sauf que voilà, le client se mit à bouger en donnant un coup de coude à Jules (ce qui était une idée particulièrement merdique étant donné qu’il était entrain de le tatouer, mais passons). Du coup, Jules fit tomber un écouteur, un peu soulé et regarda son client. Quoi ? Ragea-t-il. Elvis se contenta d’indiquer la porte du menton. Y a ta petite copine qui veut te parler. Jules fronça les sourcils. Ma…quoi ? Sans attendre de réponse il se retourna.

L’espace d’une seconde, il pensa à Angie. Après tout elle était la seule fille qui avait eu un jour le titre de petite amie. Du coup, tout son estomac s’était serré d’un coup et il avait l’impression d’avoir une sorte de bouffée de chaleur ou un sentiment d’oppression horrible. Mais alors que ses organes allaient se liquéfier complètement, il s’aperçut rapidement qu’il ne s’agissait pas d’Angèle. Son cerveau fut rassuré, son cœur lui se brisa pendant une seconde. Oh. Salut. dit-il simplement. C’était Lena. C’était, la copine de Lisle, c’était… juste une fille qui n’avait aucune raison de se trouver ici. Après tout, Stockwell devait être le dernier quartier au moins où elle aimerait trainer. Elle n’avait ni la tête d’une toxico prête à tout pour sa dose ni même celle d’une fille accro aux aiguilles d’encre. Mais elle était là, dans la lumière de l’entrée. Jules la regardait. Enfin, la dévisageait semblait être un terme plus exact. Il la scrutait de haut en bas comme s’il s’agissait d’une hallucination. Ce qui n’était pas une hypothèse totalement folle puisque Jules avait souvent eut des hallucinations. Mais si tel était le cas, il ne savait vraiment pas pourquoi il hallucinerait sur une fille qu’il n’avait vu qu’une fois dans sa vie, à une soirée minable dans l’appartement d’un musicos. Silence. Ils étaient juste là, en train de se regarder. D’un coup, Jules fit tomber le deuxième écouteur de son oreille et se tourna vers son client, tatouage à moitié fait sur son bras. Euh, ok si on faisait une pause ? Tu peux, aller au chiotte ou, te dégourdir les jambes ou… Elvis haussa nonchalamment les épaules. Non, non, tout va bien. Jules soupira. Non mais ce mec ne comprenait rien aux sous-entendus ou quoi ? Le tatoueur se contenta donc d’inspirer tranquillement tout en reprenant la cigarette qui fumait tranquillement dans le cendrier pour en tirer une longue taffe. Puis il s’empara de son paquet et l’envoya à son client. Bah, vas fumer une clope alors. A l’extérieur, pas de clope à l’intérieur. Le client regarda Jules, puis la clope qu’il tenait entre ses doigts noueux, puis Jules. Enfin, ça sembla faire tilt dans sa tête. Il sortit un long « ooooh » et se leva tout en piquant le paquet de Jules pour aller s’en griller une devant le salon. En passant devant Lena, il se contenta de lui faire un large sourire pervers, ce qui fit hausser les yeux de Jules au ciel. Enfin seuls, Jules reprit une taffe. Il ne savait pas trop ce qui le rendait autant… mal à l’aise. Ou plutôt captivé. Un mélange des deux, sans doute. Enfin, Jules se craqua les doigts, un peu engourdis par l’heure de tatouage qui venait de s’écouler. Euh, désolé. Les clients ici sont parfois.. relou. Désolé ? Désolé ? Il venait de s’excuser de quoi là ? Non parce que, les excuses c’était vraiment pas sa spécialité. La dernière fois qu’il s’était excusé c’était auprès de Bonnie et ça donna plutôt un truc du genre « désolé, mais je ne suis pas désolé, t’es qu’une emmerdeuse, fous-moi la paix. » Jules se leva enfin du tabouret sur lequel il siégeait et fit quelques pas vers Lena, mais pas beaucoup. Il se contentait d’être là, debout, au milieu de son salon. Tu as besoin de quelque chose ? La logique voulait qu’elle veuille une tatouage, après tout, on était dans un salon de tatouage. Mais, il semblait que la logique n’est pas vraiment sa place ici.


Dernière édition par Jules Abberline le Ven 15 Avr - 12:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: there’s something inside you, it’s hard to explain + lena   Mer 13 Avr - 20:43


Le doute avait cet étrange pouvoir sur les gens, il s’incrustait en eux comme une faiblesse, une forme d’hésitation, une suspension de mouvement qui donnait à vos adversaires l’occasion de vous détruire, rapidement et simplement à cause de vous. Lena doutait rarement, du moins jamais devant quiconque, dans la mesure du possible. Elle était un être déterminé et prenait généralement ses décisions en un quart de seconde en s’y tenant la plupart du temps. La jeune femme s’obstinait, encore et encore, sans jamais flancher devant qui que ce soit. Aujourd’hui pourtant, elle n’était pas certaine de ce qu’elle voulait, ni de qu’elle comptait faire. En marchant en direction de la boutique de tatouage, dans ce quartier que l’on pouvait au mieux qualifier de peu amène, Lena s’engouffrait dans un monde inconnu mais qui ne lui déplaisait pas pour autant. Intriguée par l’étrange personnage qu’elle avait rencontré lors d’une soirée en compagnie de son petit ami actuel, il lui avait inspiré suffisamment confiance pour qu’elle saute le pas. L’assistante réalisatrice désirait depuis longtemps déjà se faire un tatouage, cependant elle n’avait jamais osé l’envisager plus concrètement avant. Après en avoir vaguement parlé à Carlisle, la jolie brune avait pris son courage à deux mains lorsqu’elle était rentrée de sa journée au travail pour débarquer sur les lieux à l’improviste et demander quelques informations supplémentaires qui ne l’engageraient somme toute encore à rien. D’un geste rapide, Lena ouvrit la poignée de la porte menant à la boutique et s’introduisit à l’intérieur tandis que la clochette de l’entrée résonna bruyamment à son passage. Pour le côté discrétion, on repassera. Personne dans le coin. La jeune femme entendit des éclats de voix à l’arrière et s’avança de quelques pas, songeant qu’elle aurait sans doute mieux fait de prendre rendez-vous plutôt que de déranger Jules en plein travail. À quoi avait-elle pensé sérieusement ? Alors qu’elle s’apprêtait à s’éloigner vers l’entrée, la voix mélodieuse de l’Abberline l’interpella. « Salut. » Répondit-elle tout aussi simplement, un sourire encourageant aux lèvres néanmoins. C’était comme si la mélancolie émanait de lui comme une chape de plomb, lourde et insensible, reflétant un cœur aphone qui s’étendait à tous ses membres, Jules semblait perdu, perdu dans ce qu’il traversait, tout comme de trouver Lena dans son salon. Sous le couvert de sa surprise, il réagit cependant pour se « débarrasser » momentanément du client dont il s’occupait à l’arrivée de l’assistante réalisatrice. Le tatoueur la regardait comme un mirage semblable à une oasis dans le désert et bafouilla quelques mots tandis que le gros balourd pervers s’éloignait vers la porte. Lena ne lui accorda aucune attention et reporta son regard sur Jules, ne relevant pas cette interruption dont elle était la cause. Si elle avait dérangé, le jeune homme n’aurait certainement pas mâché ses mots pour le lui dire. Après réflexion, elle avait finalement l’impression d’être arrivé au bon moment pour lui permettre de souffler dans son travail. « Sois pas si gêné. Ce n’est pas le premier endroit où je croise des gens bizarres tu sais. » Rétorqua Lena amusée, lorsqu’il s’excusa de l’attitude de son client. Elle n’était pas venue ici pour plomber l’ambiance de son lieu de travail, juste pour glaner quelques informations. « Je ne parle pas pour toi, bien sûr. » Nouveau sourire chargé d’humour. Elle avait souvent eu le don de désamorcer des situations d’apparence embarrassantes et de détendre l’atmosphère mais elle ne connaissait pas encore suffisamment Jules pour s’en rendre compte ou non dans le cas présent, elle fonctionnait juste ainsi spontanément. « La question à mille dollars. Enfin, si ça pouvait revenir pour moins que ça, ce serait cool… » Lena rit de nouveau, Jules s’était levé de son tabouret et l’écoutait visiblement intéressé par la raison de sa visite impromptue. « Tu t’en doutes, je viens pour un tatouage. Lisle m’a parlé de tes dons, tu lui en as fait plusieurs, je crois ? Ça fait longtemps que j’aimerai en avoir un et je voudrai sauter le pas. » Après des mois de réticence acharnée, l’assistante réalisatrice avait rendu les armes pour faire confiance au chanteur, un peu à l’image de la confiance qu’elle devrait aussi accorder au tatoueur qui lui graverait sur la peau un dessin intemporel. Elle devrait s’abandonner aux mains tremblantes d’un garçon qui semblait compléter un peu trop bien son âme d’un naturel solitaire même si la sienne ne l’était plus vraiment depuis quelques semaines.
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