never with the singer / imogen

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Invité

MessageSujet: never with the singer / imogen   Mer 6 Avr - 17:30

Sa main tremblait presque alors qu’il alignait le rail. Son autre main prenait appuis sur le bord du lavabo des chiottes infâmes du boui-boui de Brixton. La ligne prête, il y approcha son visage, la fit disparaître en une fois. Il mit la tête en arrière et inspira profondément. Ca grattait, c’était pas top. Mais il ferma les yeux. Les effets furent instantanés. C’était plus psychologique qu’autre chose. Rassuré d’avoir sa dose, lui qui avait passé deux heures à installer le matériel sans même fumer une clope. Ce petit moment de paix, dix minutes avant de passer sur scène lui était plus que bénéfique. Soudain, la porte s’ouvrit. Hey, Abberline, ça va être à toi. Dans un mouvement de panique, il avait voulu faire disparaître miroir, paille coupée en deux et poudre blanche. Résultat, le tout était étalé sur le sol. Le miroir était brisé. Sept ans de mauvais sexe pour ta pomme Juju. Ce dernier ferma les yeux un instant. Bordel, on frappe avant d’entrer ! Fit remarquer la voix vaseuse d’Abberline. Le gérant du bar -pas le moins du monde impressionné par la drogue dure qui s’était répandue sur le carrelage- se contenta d’arquer un sourcil. Je te signale qu’on n’est pas dans ta loge, Mariah Carey. C’est mon bar… et mes chiottes. Alors dépêche, ok ? Jules soupira et se contenta d’acquiescer avant de se baisser pour ramasser ce qu’il pouvait de coke pour la remettre précieusement dans le sachet en plastique. En ce qui concerne les débris de miroir, il shoota nonchalamment dedans pour les mettre dans un coin. En réalité, ça ne fit que les éparpiller. Jules se redressa. Il alluma l’eau froide et s’en aspergea sur le visage avant de tomber nez à nez avec son reflet dans la glace. Son teint blafard, ses cernes violacées, ses yeux injectés de sang et ses pupilles dilatées… C’était pas s’il n’était pas habitué, après tout. D’un revers de main, il essuya son nez qui piquait et il sortit de « sa loge ».

Une pinte de bière avalée cul-sec plus tard, le voilà monté sur scène. Quelques applaudissements ici et là l’accompagnèrent. On ne pouvait pas réellement dire qu’il fut acclamé comme la star que la poudre blanche lui faisait croire qu’il était, mais dans sa tête, c’était vraiment plus cool que ça. Un sourire flou aux fêtards du dimanche soir et il attrapa sa guitare. Il n’y avait que très peu de moments pendant lesquels Jules n’avait pas l’impression d’être une sorte de marginal qui finirait par crever dans un caniveau. Quand il jouait dans les bars, ça en faisait partie. C’était tout simplement un autre type qui déconnait avec le public, donnait tout ce qu’il avait et s’amusait lors des solos. La musique c’était la seule chose qu’il avait dans la peau. Enfin, ça et les trois tonnes et demi d’encre sur ses bras. La coke aidait pas mal à foutre une bonne ambiance pendant les 1 heure et quelques que dura son show. Du coup, pour le final, Jules avait même réussit à faire se lever deux trois camés de la table du fond, et les minettes debout devant la scène chantaient en chœurs avec lui. Comme quoi ! On ne pouvait pas dire que Jules s’était fait un nom dans le milieu, mais on commençait à reconnaître le grand truc tatoué qui venait jouer dans les bars undergrounds de Londres. Entre compos persos et reprises mythiques, c’est après un titre des Ramones que Jules lâcha le micro.

Il descendit de scène après avoir précieusement rangé sa guitare dans son étui, clope entre les lèvres. Le barman lui fit les gros yeux, Jules décida tout simplement de l’ignorer en l’allumant avant de se poster au bar avec un grand sourire, toujours un peu vague. Une bière, s’il te plait. Demanda-t-il simplement avant de checker ses messages. L’un était de Poppy, qui s’excusait de ne pas avoir pu venir, un autre d’Elliot qui lui ne s’excusait absolument pas mais signifiait qu’il y avait un dégât des eaux dans le tattoo shop et qu’il devait sécher au sèche-cheveux une bonne partie de la dope qu’il y avait planqué. Le deuxième message dessina un court sourire sur le visage blafard de Jules. Et puis, soudain, le voilà harponné par des bras. Autour de son coup. Genre, une fille qui lui sautait dessus. Personne, absolument personne ne lui faisait des câlins, jamais. La dernière fois que ça lui était arrivé, il avait 10 ans et c’était parce que Mrs Parkson, la nounou, était une pédophile qui avait finit par se faire arrêter dans une colonie de vacances deux ans plus tard. Ooh euh, ok. Marmonna Jules de sa voix vaseuse. Mais quand enfin l’agresseur se recula d’un pas.. Bon ça ne fit pas vraiment tilt dans sa tête parce qu’il ne la reconnu pas sur le coup, mais une seconde plus tard, ça explosait dans son petit cerveau qui bouillait de coke. Oh putain, Imogen. S’écria-t-il avant de faire signe au barman de servir une bière supplémentaire à son amie. Oui, amie. Au final, il en avait encore, enfin, faut croire. Jules n’avait jamais été seul, de toute sa vie. En fait, quand on vient d’une fratrie plus grande qu’une équipe de basketball, on a très rarement l’occasion d’être seul. Encore aujourd’hui il vivait partiellement avec son petit frère. Il avait beau avoir une âme de solitaire, le fait est qu’il avait toujours été bien entouré. Dans son enfance, son adolescence, il y avait toujours eut des personnes avec qui traîner. Imogen en faisait partie. Sur pas mal de point, elle faisait penser à Poppy. C’était le genre de fille avec un sourire contagieux, elle et yeux géants qui étaient en train de le dévisager. Du coup, et parce que c’était totalement incontrôlable, Jules lui retourna son sourire. Eum, qu’est-ce que… toi… ici ? La drogue ça aidait pas franchement à avoir une bonne locution. En fait, ça avait le don de faire fonctionner son cerveau très vite. Et soit ça allait tout simplement trop vite pour que sa bouche suive soit… Je… non c’est cool, vraiment cool. Je veux dire, ça fait combien de temps déjà ? Tu sais que j’ai voté pour toi hein ? Miss « Britain’s got a talent ». Genre 6 fois. Ca m’a fait explosé mon forfait. Ouais j’ai pas un super gros forfait. … Soit ça lui faisait dire plein de choses, pas du tout reliées les unes aux autres. Jules finit par inspirer une bonne fois, histoire de se remettre les idées aux claires. Il tira longuement sur sa clope, aussi, et tendit la bière qu’il venait de commander pour elle.


Dernière édition par Jules Abberline le Ven 15 Avr - 12:14, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité

MessageSujet: Re: never with the singer / imogen   Jeu 7 Avr - 14:35

Comment avait-elle atterit à Brixton à une telle heure? Elle n'en savait trop rien. Tout ce qu'elle connaissait des bars de ce quartier, c'était leur mauvaise réputation et la méfiance qu'ils lui inspirait. Méfiance due aux mises en garde véhémente de sa mère qui lui interdisait de s'y rendre seule, le soir, quand elle était gosse. Tout ce qu'elle connaissait vraiment de Brixton, c'était les évènements un peu artistique, un peu originaux et décalés, auxquels elle avait traîné sa sœur, son coloc, ou d'autres de ses connaissances. Brixton avait une mauvaise réputation parfois, et elle ne s'y aventurait que peu de nuit, mais elle adorait le quartier. Elle adorait l'énergie qu'il dégageait, elle adorait les gens étranges qu'elle avait l'occasion de croiser. Loin de la population un peu trop bourgeoise de Greenwich. Alors non, elle ne savait pas trop comment elle avait atterrit dans ce bar, à une telle heure, mais ce n'était pas non plus si étrange que ça. Elle avait été à cette expo de graph dans un vieux bâtiment défoncé, avait attendu des potes qui étaient toujours en retard, et elle en était sortie à des heures indécentes. Du coup, ils avaient préféré se poser dans un bar du coin pour finir la journée autour d'une bière.

Et franchement, malgré les mises en garde de sa mère et la gueule peu engageante du bar où ils avaient fini par s'aventurer, Imogen n'était pas déçu du voyage. Un petit concert improvisé pour clore la journée culturelle qu'elle s'était offerte, quoi de mieux. Si elle avait parfois des goûts vraiment douteux en matière de musique et qu'elle se déhanchait sans honte sur tous les titres les plus ridicules qui pouvaient passer à la radio, elle avait tout de même la culture musicale suffisante pour être capable d'apprécier ce que certains appelaient avec un peu de snobisme de "la bonne musique". Et dans un bar comme ça, elle savait pertinemment qu'on allait pas lui servir de la pop mielleuse. Ce qu'elle ignorait en revanche, c'est que ce bar moisi pouvait lui servir une des rares personnes qu'elle ne s'attendait vraiment pas à revoir.

Depuis combien de temps avait-il disparu de sa vie? Elle n'en savait plus trop rien. Longtemps. Elle n'était pas douée pour compter, les ans, les mois et encore moins les jours. Il avait disparu. Sans prévenir. Du jour au lendemain. Ce sale gosse qui avait l'habitude de traîner chez elle avec le reste de la smala qui lui servait de famille. Ce sale gosse avec qui elle s'entendait un peu trop bien à son goût. Trop bien parce que, si elle n'était pas du genre à s'inquiéter quand les gens disparaissaient de sa vie, elle s'était inquiétée pour lui. Les gens se connaissaient, se perdaient de vue... C'était la vie après tout, et elle avait suffisamment d'amis pour ne pas se sentir franchement seule, quoi qu'il advienne. Mais la disparition de Jules lui avait mis un léger coup au moral. Peut-être parce qu'il avait toujours eu le don pour enchainer les conneries et qu'elle se demandait s'il ne lui était pas arrivé quelque chose. Peut-être. Mais peut-être aussi, égoïstement, parce qu'il n'y avait plus ce grand type squelettique dans sa vie. Ce grand type un peu con, qui la faisait marrer, et qui la rassurait même sans le vouloir. Elle ne s'en était jamais rendu compte, mais à le voir là, sa guitare entre les mains, sur une scène totalement improbable, ça la frappait de plein fouet : Gosh, il lui avait manqué. Et gosh, il était toujours aussi splendide. Aussi blafard et squelettique, mais il avait cette présence. Et Imogen oublia un peu ses amis alors qu'elle le regardait faire son show, un léger sourire amusé aux lèvres. De toute évidence, il était fait pour ça. Il assurait. Il avait ses fangirls qui reprenaient en coeur les chansons, et Imogen ne pouvait s'empêcher de murmurer du bout des lèvres les refrains quand il se laissait aller à une reprise plutôt qu'à une de ses compositions. Et c'est sur une chanson qu'elle connaissait qu'il conclut le concert. Elle le regarda descendre de scène en trépignant un peu. Et puis elle finit par se décider. Bordel, elle pouvait pas le laisser s'échapper aussi facilement. « J'vous laisse, continuez sans moi, à la prochaine! » Elle leur lance un baiser du bout des doigts, finit d'une gorgée le fond de pinte qu'il lui reste, et se dirige d'un pas décidé vers le bar.

Et elle se jeta au cou du musicien, sans vraiment lui laisser le temps de voir venir quoi que ce soit. Bon, c'était Jules. Dans ses souvenirs, il n'était0 pas spécialement calins et autres grandes démonstrations d'affection. Mais elle, c'était Imogen, et elle était parfois un peu trop tactile. Et puis elle pouvait bien se le permettre bordel, c'était Jules, c'était... C'était plus qu'un ami d'enfance. Définitivement plus que ça, sinon sa disparition brutale ne lui aurait pas mis un tel coup au moral. Mais ce n'était pas comme un frère non plus. Non. Jules avait une fratrie bien trop imposante pour avoir la place d'y rajouter Imo. Et il s'était passé entre eux des choses qui excluaient définitivement qu'elle ose le qualifier ainsi. Non, c'était juste différent. C'était Jules. Alors elle ne put empêcher un sourire con d'éclairer son visage et finit par reculer d'un pas. Reculer d'un pas en attendant qu'il la reconnaisse, que le message atteigne le cerveau. Oh, il n'avait pas intérêt à l'avoir oubliée. Oh putain, Imogen. Voilà, tout allait bien. Il l'avait replacée. Le sourire d'Imogen se fit légèrement moqueur, mais il lui commandait une bière, alors elle ne ferait aucun commentaire désobligeant sur le temps de réaction Elle se contentait de sourire un peu plus, si c'était un tant soit peu possible. Et le voir sourire lui retira un léger poids des épaules. Tout allait bien. Il avait fuit, sans prévenir, du jour au lendemain, mais elle avait le droit de redébarquer dans sa vie et de le voir sourire. Tout allait bien. Eum, qu’est-ce que… toi… ici ? Elle retint un léger rire, fière de son effet, et attrapa la bière que le barman venait de lui servir en attendant qu'il retrouve comment faire une phrase complète. Je… non c’est cool, vraiment cool. Je veux dire, ça fait combien de temps déjà ? Tu sais que j’ai voté pour toi hein ? Miss « Britain’s got a talent ». Genre 6 fois. Ca m’a fait explosé mon forfait. Ouais j’ai pas un super gros forfait. Et elle ne put s'empêcher de rire à cette remarque. De toute évidence, à le voir dans ce bar, à jouer ce genre de musique, elle n'aurait pas pensé qu'il aurait suivit son parcours dans ce foutu télé-crochet. Et encore moins qu'il l'aurait soutenu elle. Elle n'était pas vraiment une rock-star, malgré les scandales que la presse avait voulu lui coller sur le dos parce qu'elle couchait à droite à gauche. Mais l'intention était touchante, et si elle aurait pu trouver là l'excuse pour lui dire qu'elle aurait préféré qu'il la contacte elle directement plutôt que de lui offrir quelques votes dans cette émission stupide... Non. Parce qu'elle était ravie qu'il ai pensé à elle, à ce moment là. Même si elle ne l'apprenait que maintenant. « Ça fait plaisir de connaître le visage de mes fans. » Le ton était chargé d'ironie et le sourire un peu moqueur. « Désolée pour ton forfait, en tout cas, mais je t'offre la prochaine pour me faire pardonner. » Et elle lui offrait un clin d'oeil en prime. Il avait voté six fois pour elle, elle lui devait bien ça. « Et ce que je fais ici, c'est une bonne question, j'me suis perdue dans Brixton avec des potes et on a décidé de se poser dans le premier bar venu. » Elle désigna du menton la table où elle était installée un peu auparavant, avant de hausser les épaules. C'était le plus con des hasards, et elle n'en revenait toujours pas. « Et je suis plutôt contente de m'être paumée, au final. » Et à nouveau, elle afficha son plus beau sourire. Elle avait du mal à le quitter des yeux, parce qu'elle avait du mal à se dire qu'il était bien là, devant elle. Pas en forcément très bon état, mais elle aurait largement le temps de s'inquiéter pour lui plus tard. Pour l'instant, elle voulait juste savourer le fait d'être retombée sur lui. Et le destin devait surement avoir quelque chose à voir avec ça. « Bordel, je pensais vraiment pas te revoir un jour... Je... Je sais pas, t'avais disparu, j'me suis dit qu'il avait du t'arriver une horreur et que t'étais parti pour de bon! » Oui, elle s'était inquiétée, mais c'était quelques années auparavant, ce n'était pas bien grave. « Bon, le fait que toute la smala ait disparue m'avait rassurée, un peu... Mais putain... » Elle lui appuya du bout du doigt sur le torse, comme pour vérifier qu'il était bien là, en chair et en os, mais surtout en os. « Tu es la révélation de la soirée, Julius. » Oui, Imogen avait un don pour les surnoms stupides, mais pour le coup, il le méritait. Après une telle absence, elle pouvait bien se le permettre. « Et en plus, c'était un bon concert. La perfection incarnée. » Oui, elle le taquinait légèrement, mais elle avait adoré sa musique. Et si elle avait pu, elle aurait elle aussi voté pour lui en grillant son forfait.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité

MessageSujet: Re: never with the singer / imogen   Ven 8 Avr - 8:28

L’étincelle de son regard, son sourire Colgate ou bien seulement la chaleur qui émanait d’elle comme si elle était un foutu soleil ? Allez, savoir. Mais il y avait un truc chez cette fille, qui avait toujours rassuré Jules. Comme cette odeur d’encens et de patchouli, les plaids en patchwork et le poulet vindaloo, Imogen faisait simplement partie d’un pack « calme et sérénité » que la famille Kennedy avait toujours inspiré à Jules et autre Abberline. Là, en voyant ces grands yeux chocolats qui se posaient sur lui, Jules avait l’impression de se revoir, dix ans plus tôt, en train de toquer à la porte des Kennedy. Il portait souvent, dans ces moments-là un œil au beurre noir, Poppy sanglotait, Savannah aussi ou bien c’était Curtis qui avait ses petits poings d’enfant éraflés. Là, Imogen ouvrait la porte et regardait la portée de sauvage, elle les regardait avec ces mêmes yeux, ces yeux doux et rieurs à la fois. Puis il y avait M’dame Kennedy qui finissait par se montrer et tous les faire rentrer en ajoutant deux ou trois couverts sur la table de la salle à manger. C’était les seuls moments où Jules avait eut l’impression d’être dans une famille, une famille normale. Une famille qui ne cogne pas, qui ne vous déchire pas le cœur à chaque regard. Une famille heureuse. Et puis il y avait aussi les fins de soirée dans la chambre d’Imogen, juste tous les deux. Ca aussi c’était un bon souvenir. Bref, de quoi on parlait ?

Jules secoua la tête pour chasser l’objets des fantasmes du lui-de-quinze-ans-aux-hormones-en-folie de sa tête. La coke n’aidant pas, le voilà en train de réfléchir trop vite. Fallait faire quelque chose avant que ça ne devienne gênant. Ah oui, Britain’s Got a Talent ! Ça fait plaisir de connaître le visage de mes fans. Cela sortit Jules de ses pensées perverses et son regard d’un bleu trop clair et parsemé du rouge des vaisseau éclatés pu à nouveau se poser sur sa vieille copine. Il lui offrit un très large sourire. Un vraiment, vraiment, très large sourire. Fan number one ! qu’il s’empressa d’ajouter avant de tirer une grande latte sur la cigarette qu’il avait toujours entre les doigts. Imo et sa bonne humeur naturelle en profita même pour proposer de payer la prochaine tournée. Hm, là elle l’intéressait vraiment ! La prenant au mot, Jules termina sa pinte de bière d’une traite et leva son verre vide vers le barman qui n’était pas très loin. Tu l’as entendu ! lança-t-il joyeusement avant de faire signe avec ses doigts qu’il en prendrait deux de plus. Le barman, toujours un peu blasé par la cigarette de son chanteur du soir, était très certainement entrain de faire la liste de ce qui n’allait pas dans sa soirée. Alors que le barman commençait à préparer la commande, Imogen en profita pour expliquer sa présence ici . Et ce que je fais ici, c'est une bonne question, j'me suis perdue dans Brixton avec des potes et on a décidé de se poser dans le premier bar venu. Jules la regarda en arquant un sourcil, essayant d’abord d’y déceler une blague. Non mais c’est vrai quoi, la coïncidence était trop forte. Voyant qu’elle était on ne peut plus sérieuse, il posa sa main libre sur son cœur, comme frappé par une flèche. Moi qui pensais que t’étais là pour moi ! minauda-t-il. Et malgré la tentative de se rattraper d’Imogen, qui certifiait être ravie de s’être perdue, Jules ne répondit que par un haussement d’épaule désinvolte. Trop occupé à regarder autour de lui, il oublia même de répondre. Ah,  enfin il avait trouvé ce qu’il cherchait ! Sans trop demander la permission, il s’empara du verre de whisky vide de son voisin de tabouret et tapota la cendre de sa cigarette dedans. C’est à ce moment là que le barman refit surface. Deux pintes furent posés devant Imogen et Jules. Le tatoué remercia son serveur en le noyant dans la fumée de sa cigarette, qu’il lui souffla en pleine face. Merci, mon pote ! ajouta-t-il dans un souffle avant de partir dans un petit rire vague. Si Jules et son état mental un peu embrouillé se perdait à droite à gauche, Imogen, quant à elle, restait concentrée sur lui. Tellement, que ses yeux géants allaient bientôt se dessécher si elle ne les clignait pas. Même si Jules regardait dans le fond du verre de whisky volé sa cendre qui tombait, irradiait encore une seconde avant de se faire engloutir par les dernières gouttes de whisky, il sentait le regard de son amie. Ca lui donnait presque envie de sourire. Ca faisait longtemps qu’on ne l’avait pas regardé comme ça. En fait, ça faisait longtemps qu’on ne l’avait pas regardé tout court. Quand il voyait sa sœur aînée, Bonnie, c’était comme si elle regardait à travers lui. Comme si elle refusait de voir ce qu’il était devenu tout simplement. Johanna n’était jamais là, Poppy était en plein déni, Curtis l’évitait et Savannah n’en avait rien à faire. Les amis de Jules étaient tous des drogués qui ne captaient rien… Et puis Angie… Angie elle était plus là. Le cerveau de Jules mit un stop immédiat dès que ses pensées allèrent jusqu’à Angèle. Fallait pas penser à elle, fallait pas. Enfin, le regard d’Imogen, il faisait chaud au cœur. Bordel, je pensais vraiment pas te revoir un jour... Je... Je sais pas, t'avais disparu, j'me suis dit qu'il avait du t'arriver une horreur et que t'étais parti pour de bon! Jules esquissa un sourire avant de se retourner vers elle, la regarder dans les yeux à son tour. Bon, il avait connu pire comme reproche. Parce qu’en général tous les anciens amis qu’il avait recroisé depuis son retour lui avait passé un sacré savon du genre « comment t’as pu partir sans rien dire ? ». Mais Imogen elle était du genre peace dans sa vie. Jules s’était toujours dis qu’elle était née à la mauvaise époque et qu’elle aurait été bien plus heureuse à Woodstock ou bien à San Francisco dans les années 70, à faire des manifs topless pour la paix dans le monde tout en fumant pas mal de weed et écouter du bon rock. Bon, le fait que toute la smala ait disparue m'avait rassurée, un peu... Mais putain... Son sourire s’étira. Et tu t’es pas dis qu’on aurait pu faire partit d’une secte et qu’on s’était tous butés dans les bois ? Bah quoi, toute une famille qui disparaît en même temps, c’est louche non ? D’ailleurs, comme s’il lui avait foutu le doute, elle se mit à le toucher du bout du doigt pour vérifier qu’il ne s’agissait pas juste d’un revenant. Il se mit à rire. Tu es la révélation de la soirée, Julius. Ouais, c’est vrai. C’était le genre de coïncidence qui vous fait vous demander si y a pas un mec là-haut pour diriger la barque. Une connerie du grand Dessein ou bien juste vous faire penser au film avec Matt Damon (ce qui était le cas pour Jules). Et ce genre de révélation, ça s’arrosait ! Du coup, Jules leva sa pinte et incita Imogen à l’imiter, ils trinquèrent joyeusement. Jules vida la moitié du verre d’un trait et posa lourdement la bière sur le comptoir avant de reprendre une taffe de sa clope. Et en plus, c'était un bon concert. La perfection incarnée. était-ce une pointe d’ironie dans sa voie ? Jules arqua un sourcil en souriant. Saleté va ! Pourtant, le tatoué n’était pas peu fière de sa musique, de sa voix, de sa façon de jouer. C’était bien la seule chose pour laquelle il était fière en fait. La seule chose qu’il trouvait pas trop mal. Pourtant, des qualités il en avait d’autres. Il était un artiste, il savait très bien dessiné, il était ouvert un tattoo shop lui-même, tout seul, sans la moindre aide… Mais tout ceci n’était qu’un détail pour lui. La musique était sa véritable passion, depuis toujours. En parlant de ça, Jules se tourna vers Imogen avant d’écraser sa clope dans le verre-cendrier.  Tu sais quoi, ça me touche d’entendre ça de la part d’une super star comme toi. Là, c’était sûr, il y avait de l’ironie. Il était plutôt fière de la réussite d’Imogen. Il avait été ravi d’entendre parler d’elle à la télé ou dans les journaux pendant son heure de gloire. Mais, faut dire que le monde du show-biz, ce n’était pas vraiment sa tasse de thé. A choisir, Jules préférait ses bars miteux aux feux des projecteurs. D’ailleurs, si tu pouvais faire passer le mot à tes potes Jay-Z, Rihanna ou je sais pas qui ? Dis-leur que je suis un bon investissement ! Jules fit un large sourire à Imogen et puis, reprit une gorgée de bière. Les choses revenaient naturellement avec elle. Imo avait toujours été de ces personnes qui mettent à l’aise. De sa voix vaseuse, Jules en finit par poser la question, vous savez celle qui marque le nouveau départ, les retrouvailles ou je ne sais quoi. Alors, comment t’as fais pour survivre sans moi, toutes ces années ? Il partit à nouveau dans un rire un peu vague, impatient d’entendre les vieilles histoires d’Imogen.


Dernière édition par Jules Abberline le Ven 15 Avr - 12:16, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité

MessageSujet: Re: never with the singer / imogen   Lun 11 Avr - 18:47

Il tira une taffe sur sa cigarette en affirmant qu'il était son fan number one et, elle avait beau jouer à la maline, elle crevait d'envie de le tenir à nouveau dans ses bras. Mais Imogen était une jeune femme bien élevée, elle savait se tenir... Ou pas. Mais pour l'occasion, elle n'osait pas. Elle ne pas risquer qu'il fasse une overdose d'elle juste après l'avoir retrouvée. Non. Et elle savait que ça pouvait parfois venir très vite. Quoi qu'au vu de son air maladif, ses yeux légèrement injectés de sang, et son air squelettique, c'était pas forcément de ce genre d'overdose dont elle devait se méfier. Enfin, Jules était un grand garçon. Il était capable de faire attention à sa santé tout seul. Quoi que maman Kennedy n'aurait certainement pas été d'accord sur ce point en le voyant ainsi, avec juste la peau sur les os. Maman Kennedy l'aurait assis à la grande table de son salon, lui aurait servit tous les plats possibles et imaginables, et l'aurait fixé d'un air menaçant jusqu'à ce qu'il se soit gavé et qu'il ai l'air d'être un peu remplumé. Et Imogen espérait pour lui qu'il ne tomberait jamais sur sa mère, parce qu'elle pouvait faire peur des fois, et qu'elle ne lui souhaitait vraiment pas ça. Parce que si tout cela partait toujours d'une bonne intention, il était encore plus facile faire une overdose de Maman Kennedy que de sa fille. Une overdose, ou une indigestion plutôt peut-être.

Mais maman Kennedy n'était pas dans le coin. Et Imogen ne tentait apparemment pas de nourrir Jules de force, mais plutôt de le faire boire, et cela semblait lui convenir alors qu'il vidait son verre et en redemandait un aussi vite. Ce fut le moment où elle se décida à lui expliquer ce qu'elle faisait ici. De toute évidence, la réponse n'était pas exactement du goût de son ami. Monsieur aurait préféré avoir une stalkeuse apparemment. Moi qui pensait que t’étais là pour moi ! L'air faussement vexé de Jules la faisait sourire comme une idiote. Ce garçon était toujours le même. Toujours son Jules qu'elle avait perdu quelques années plus tôt mais qu'elle retrouvait le plus bêtement du monde. Comme on retrouve une télécommande égarée depuis des mois sous un fauteuil de canapé. Mais en mieux quoi. Mais c'est encore mieux si j'ai pas fait exprès! Ça veut dire que c'est le destin. On est fait l'un pour l'autre mon pote. Elle lui faisait sa déclaration alors qu'il rigolait bêtement après avoir soufflé sa fumée dans le visage d'un serveur que sa présence emmerdait déjà suffisamment comme ça. Et si son attitude était sûrement due à quelques substances illicites tout aussi responsables de ses pupilles dilatées et de la pâleur de ses joues, Imo avait surtout l'impression de retrouver le sale gosse qu'elle avait toujours connu et qui l'avait toujours fait rire.

Et tu t’es pas dis qu’on aurait pu faire partit d’une secte et qu’on s’était tous butés dans les bois ? Elle resta un instant con face à cette remarque. Non, elle ne regardait pas assez les émissions sur ce genre de conneries, alors non. Ca ne lui était même pas venu à l'esprit un instant. Elle était une mauvaise amie alors? Elle aurait du appeler les flics? Le fait que la famille Abberline rejoigne une secte n'était finalement pas si improbable que ça. Ces enfoirés de gourous aimaient recruter chez les pauvres et les familles à problème. Et celui qu'ils soient tous assassinés dans des bois... Ohlala. Pourquoi n'avait-elle pas pensé à ça? Décidément, son cerveau présumait un peu trop facilement que tout allait bien. Pour un peu, elle s'en serait voulu. Pour un peu. Mais bon, ils allaient bien apparemment, alors elle n'allait pas perdre son temps à ça.

Non, elle allait perdre son temps à ça. Elle avait mieux à faire. Comme dévisager ce petit con en face d'elle. Ce petit con qu'elle avait tant apprécié. Ami de toujours, puis plus qu'ami. Ce putain de visage qui aurait sûrement été parfait si la drogue ne l'avait pas abîmé. Mais drogués ou pas, ces yeux lui faisaient toujours le même effet. Peut-être était-ce plutôt du à l'euphorie stupide de l'avoir retrouvé. Peut-être était-ce du au fait qu'il avait disparu de sa vie pendant trop d'années, mais Jules était bien l'un des rares mecs dont elle ne s'était jamais lassée. Mais elle avait beau toujours l'adorer même s'il lui manquait une bonne partie de sa vie, ce n'était pas pour ça qu'elle n'allait pas le taquiner quand à sa splendide prestation. Le voir avec quelques fangirls comme ça, ça avait été assez comique. Mais si elle se permettait de se moquer, c'était seulement parce qu'elle savait qu'il gérait. Il gérait et il avait une voix splendide. Ou bien peut-être était-ce elle qui avait un avis biaisé à son sujet... Non. Non, la foule en délire devant la scène confirmait qu'elle n'était pas lui trouver un charme fou. Enfin. A trouver à sa musique un charme fou. C'était ce qu'elle voulait dire. Bien sûr. Quoi d'autre, voyons?

Tu sais quoi, ça me touche d’entendre ça de la part d’une super star comme toi. Et elle ne peut pas s'empêcher de ricaner en finissant sa bière et en en commandant une nouvelle pinte d'un geste. Et bien. Il allait falloir qu'elle ralentisse le rythme si elle ne voulait pas finir la nuit endormie sur un de ces tabourets. Oui, une superstar comme elle. Elle n'avait jamais été dupe de ces émissions télé-crochets qui n'offrent qu'une renommée temporaire avant de laisser les gens disparaître. Elle n'avait pas vraiment été surprise pas l'ambiance pendant la compétition même si celle-ci lui avait clairement pesé sur le moral. Et elle connaissait suffisamment Jules pour savoir que, en principe, ce n'était pas son genre. Lui, il jouait dans ce genre de bar plutôt que de faire la queue comme un idiot pendant une journée dans l'espoir d'être remarqué lors d'un casting débile. D’ailleurs, si tu pouvais faire passer le mot à tes potes Jay-Z, Rihanna ou je sais pas qui ? Dis-leur que je suis un bon investissement ! Et elle manqua de recracher sa bière en rigolant, mais se retient de juste. Putain, tu vises haut toi hein, dit-elle en riant.

Alors, comment t’as fais pour survivre sans moi, toutes ces années ? Oh. Ca c'était une question difficile. Oh Julius... fit-elle sur un ton dramatique. Tu devrais savoir à quoi tu t'engages si tu commences à me demander de te raconter l'histoire de ma vie... Elle roula des yeux, but une gorgée de bière.  Tu devrais savoir que je suis capable de parler pour ne rien dire pendant des heures. Faut pas me lancer. Surtout que ma vie doit avoir été bien moins intéressante que la tienne, et je te laisse pas partir avant que tu m'en ai dit plus d'ailleurs. Oui, en gros, elle le prévenait qu'il était pour passer la nuit en sa compagnie. A moins que ce fut une semaine. Au moins. Pour venir à bout des monologues de Imogen mais aussi des questions qui ne manqueraient pas de lui venir sur ces années qu'il avait passé loin d'elle. Franchement, je sais pas comment j'ai fait pour survivre sans toi. C'était beaucoup moins fun. Et puis le plus intéressant de ce qui a pu m'arriver, tu le sais déjà en plus. Le reste, c'est resté ma petite vie tranquille à moi. Mes histoires de mecs, et de filles évidemment, la famille, les potes... Rien de bien passionnant pour un vrai punk comme toi. Et elle lui offrit son plus beau clin d’œil pour accompagner le tout. Avant de se souvenir que non, il n'y avait pas que ça. Oh, attends, ça va te faire rire : je chante dans un musical maintenant. Parce qu'on lui aurait parlé d'aller voir des musicals quelques années plus tôt, elle aurait rit volontiers. Parce que il n'y avait rien de plus diamétralement opposé à la musique que faisait Jules. Et parce qu'il fallait bien qu'elle le lui dise, puisque c'était ça qu'elle faisait de sa vie, et que c'était ça qui lui permettait de survivre en payant les factures. Et elle lui laissait le temps d'encaisser, le temps de se moquer, avant de s'attaquer à son cas. Oh, elle n'allait pas le laisser s'enfuir sans comprendre le pourquoi de sa disparition et encore moins sans avoir le droit à un résumé des quelques années de sa vie qu'elle avait manqué.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité

MessageSujet: Re: never with the singer / imogen   Mer 13 Avr - 13:52

Mais c'est encore mieux si j'ai pas fait exprès! Ça veut dire que c'est le destin. On est fait l'un pour l'autre mon pote. Jules fut forcé de rire. C'était elle qui le contaminait avec sa bonne humeur. Avec sa façon qu'elle avait de tout prendre avec légèreté. Comme si ses yeux de lémuriens étaient dotés d'un super pouvoir. Elle voyait le meilleur chez les gens. Comme l'un de ces filtres instagram qui vous rendent beau et gentil malgré une sacrée gueule de merde. Et puis, elle était drôle avec ses histoires de destin, d'univers ou je ne sais quoi. N'importe qui d'autre aurait pensé que de tomber sur Jules Abberline par pur hasard était plutôt une sacré malchance. Elle y voyait la preuve d'un amour éternelle. Sûrement un coup de ton Dieu-là, l'éléphant des stations service. Jules avait toujours aimé taquiner Imogen sur ses origines indiennes. Et entre Bollywood et leurs Dieux qui ressemblaient à des personnages issus d'un mauvais trip de LSD, tout un panel de blagues plus ou moins politiquement correctes s'ouvraient à Jules. Et après des décennies de se foutre d'elle il avait toujours été incapable de retenir le nom de Ganesh. Après une nouvelle taffe de sa clope, il ajouta en riant : En tout cas, t'avises pas de dire ça à ta mère. Elle va devenir dingue. Elle serait capable de nous marier de force ! Le trop plein d'enthousiasme de M'dame Kennedy au sujet des Abberline avait toujours été un sacré mystère. Une fois, elle s'était mis en tête que Jules et sa fille sortaient ensemble. Et c'était l'une de ses situations où on peine à dire la vérité. Mieux valait qu'elle pense qu'ils sortent ensemble plutôt qu'elle sache que c'était juste un plan cul, non ? Quoi qu'il en soit, Jules restait intimement persuadé qu'en entendant une telle histoire de destin, M'dame Kennedy crierait sa joie en chanson comme ils le font tous dans les films indiens. Jules préférait s'éviter un tel moment. Quoi que, avec le recul et la coke, ça avait presque l'air drôle.

Evidemment qu'Imo n'avait pas pensé une seule seconde à un suicide collectif. Elle vivait au monde des bisounours et des toupoutou où les criminels et les ratés font la ronde avec les nones, enfin au moins une connerie du genre. Devant sa non-réponse qui accompagnait une grande phase de remise en question, Jules esquissa un sourire. T'inquiètes, on a quitté la secte. Enfin, sauf Jo. Je crois qu'elle vit avec eux dans une communauté auto-suffisante au Pérou. Il se remit à rire, fier de sa connerie et surtout avec l'image de sa soeur aînée, poncho sur le dos et chapeau péruvien sur sa soeur entrain de planter des légumes, dans sa tête. Bien qu'il n'avait aucune foutue idée d'où elle se trouvait à l'instant T, il se disait qu'il s'agissait sûrement d'un truc du genre. Jo était barrée, qu'on se le dise. Enfin, Imogen avait l'occasion d'être une meilleure amie en parlant à ses copains du show-biz de la nouvelle star montante des bars undergrounds de Londres. Après tout, Jules n'avait aucun doute sur le fait qu'il ferait une parfaite petite rockstar commerciale. Le côté tatoué avec un petit problème de drogue et une voix chevrotante, ça plaisait aux pré-pubères. Une sorte d'Edward Twilight (ou quelque soit son véritable nom de famille, malgré le fait que Savannah ait raconté dix fois cette histoire de vampire, Jules n'en avait jamais rien retenu) des temps modernes. Au final, il n'était pas très sûr de vouloir percé dans le monde de la chanson un jour. Après tout, il avait vu l'apothéose de Barckley de près, puis sa descente en enfer. Imogen ne dérogeait pas à la règle, malgré son heure de gloire, la voilà en train de fréquenter les bars miteux de Londres plutôt que le Ritz. Et puis, elle n'avait pas tellement envie de lui présenter Jay-Z, la connasse ! Putain, tu vises haut toi hein ! Jules plissa les yeux pour la défier du regard. Attrapant l'une des nouvelles bières qu'elle venait de commander, il leva le verre et avant de boire une gorgée, il répliqua : Je savais que tu prendrais la grosse tête ! blagua-t-il avant de descendre la bière d'un trait.

N'empêche, ces retrouvailles issues d'un pure hasard était peut-être un coup du destin, un gentil coup. Un bon coup -comme l'était Imo, si vous me permettez la blague. Vous savez, si la drogue vous fait complètement planer pendant quelques temps, au bout d'un moment elle ne sert qu'à vous isoler. Et on se sent déprimé, inquiet et obsédé très vite. Ce soir, les choses semblaient plus légères, plus simples, presque biens. C'est donc avec bonne humeur qu'il lui demanda ce qu'elle était devenue. Imogen avait toujours une bonne histoire à raconter. Elle transformait une matin normale en une incroyable aventure, juste avec le ton de sa voix. Oh Julius... Jules se mit la tête dans la paume de sa main libre. Pitiééé... lâcha-t-il dans un souffle. Ce surnom l'avait toujours insupporté. Elle le savait cette traîtresse. Bon, cela dit, elle avertit tout de même Jules du risque qu’il prenait à lui poser ce genre de question. Il haussa les sourcils en signe d’approbation et sembla hésiter un moment. Cependant, il finit par hausser les épaules et termina les derniers gouttes de bière qui vivotaient au fond de sa pinte. Faut croire que j’ai un côté maso. Il ne croyait pas si bien dire. Masochiste, il l’était très certainement. Se faire du mal ça semblait être le seul but de sa misérable existence. Mais là n’était pas la question. Il leva le bras pour attirer l’attention du barman et lui fit signe qu’ils reprenaient une tournée. Il sembla un peu soulé à cette idée, se disant certainement qu’ils allaient mal finir tous les deux. Mais s’ils commençaient à interdire l’alcool à ses habitués, son chiffre d’affaire allait tout bonnement s’effondrer. Il commença donc à préparer les bières supplémentaires pendant que Jules, de plus en plus embrouillé, s’accouda sur le comptoir (ou plutôt s’affala dessus) en regardant son amie, qui se mit enfin à parler. Bah voilà, ça l’étonnait aussi. Elle ne résistait jamais à parler. Tu devrais savoir que je suis capable de parler pour ne rien dire pendant des heures. Faut pas me lancer. Surtout que ma vie doit avoir été bien moins intéressante que la tienne, et je te laisse pas partir avant que tu m'en ai dit plus d'ailleurs. Jules fit un petit sourire. Pourtant, il n’y avait rien de transcendant à raconter. Enfin, si y en avait des choses à dire. Ils étaient tous partis à Oxford. Bonnie s’était mariée. Jo faisait le tour du monde. Il s’était fait une dizaine de tatouages en plus. Et puis Noah était mort. Ca, ça c’était de l’info. Il pourrait aussi se mettre à raconter qu’il était revenu à Londres. Il pouvait raconter comment sa minable petite amourette de lycée avait tourné en un couple destructeur. Raconté que Curtis était amoureux d’Angèle, et qu’elle elle aimait coucher avec son prof de littérature. Raconté qu’elle lui avait fait prendre de l’héro et que maintenant c’était la seule chose qui le faisait se lever le matin. Puis qu’elle avait quitté la ville, comme ça, d’un coup. Il pourrait raconter sa minable tentative de suicide raté dans les chiottes de son loft ce soir-là, encore un truc qu’il avait raté. Et puis comment on s’en remet, comment on continue d’avancer après ça, en laissant son cœur et son cerveau brûler dans l’acide pour se retrouver par n’être qu’une coquille vide de sens et de toute forme de vie. Raconter qu’il avait ouvert son tattoo shop qui servait d’entrepôt pour son dealer de meilleur copain.  Ouais, en fait il y en avait des choses à raconter. Mais au lieu de ça, il haussa les épaules. Y a pas grands choses à dire, la vie quoi. accompagné d’un sourire vague. Mais heureusement la pipeletterie d’Imo eut raison d’elle. Et c’est ainsi qu’elle commença à parler, racontant combien la vie était moins cool sans un Abberline pour vous la pourrir.  Franchement, je sais pas comment j'ai fait pour survivre sans toi. C'était beaucoup moins fun. Et puis le plus intéressant de ce qui a pu m'arriver, tu le sais déjà en plus. Le reste, c'est resté ma petite vie tranquille à moi. Mes histoires de mecs, et de filles évidemment, la famille, les potes... Rien de bien passionnant pour un vrai punk comme toi. Oh, attends, ça va te faire rire : je chante dans un musical maintenant. Jules s’était un peu perdu dans ses pensées. Il était presque sûr d’avoir entendu le mot « musical » mais il du secouer la tête pour se remettre les idées en place. Il allait ouvrir la bouche pour répondre, mais c’est à ce moment-là que le barman offrit la prochaine tournée. Jules poussa donc le verre pour Imogen vers elle et s’empara du sien. Attends, tu peux répéter ? j’ai arrêté d’écouter quand t’as parlé de tes histoires de filles. D’ailleurs, on pourrait revenir là-dessus ? il eut un petit sourire et prit une gorgée de bière. Bon, allez, on laissait le sexe lesbiens de côté -même s’il aurait adoré en entendre davantage. Faut que tu me chantes l’une de tes chansons. Tu sais de ton musical. D’un coup très très motivé par cette idée, il se leva d’un bond du tabouret, manqua même de se casser la figure pendant une seconde avant de boire une autre gorgée de sa bière, une grande. Heeey, Brad, t’as pas débranché le micro ? le barman se contenta d’indiquer du menton la scène pour montrer que les instruments et la sono était encore bien branchés. Y voyant un autre signe du destin, Jules attrapa la main d’Imogen pour la trainer vers lui. Alllleez, chantes pour moi superstar ! L’incita-t-il en riant.[/color]


Dernière édition par Jules Abberline le Ven 15 Avr - 12:19, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité

MessageSujet: Re: never with the singer / imogen   Jeu 14 Avr - 1:54

Elle sourit doucement à l'évocation de Ganesh par Jules. Elle pourrait être offensée, mais ce n'est tellement pas son genre... Imogen avait toujours été bercée là-dedans depuis sa plus tendre enfance, et sa mère avait tenu à ce qu'elle soit au point sur la culture indienne. Alors elle avait beau toujours y croire, par habitude autant que par envie, elle comprenait parfaitement que ce ne soit pas toujours facile à suivre pour un blanc débarquant là-dedans. Mais franchement, si c'était un coup de Ganesh, il faudrait qu'elle voit à retourner au temple, un de ces jours. En tout cas, t'avises pas de dire ça à ta mère. Elle va devenir dingue. Elle serait capable de nous marier de force ! Le rire de Jules se fit communicatif et Imogen ne put s'empêcher de rire à l'idée que sa mère l'apprenne. Oh oui. Elle tenterait de la convaincre. Mais il fallait la comprendre aussi. Imogen ramenait rarement ses conquêtes à la maison, et les rares fois où elle l'avait fait, c'était les garçons avec qui elle avait espéré avoir une "vraie relation" et qui l'avaient faite souffrir. Et la brune ne pouvait s'empêcher de se dire que, décidément, c'était un peu effrayant que la relation la plus saine qu'elle ait eu ait été avec Jules. Mais bon. Le Jules était un garçon fantastique, alors c'était sûrement pour ça.

Elle tenta un moment de s'imaginer Jo au Pérou, mais non. Jo avec un poncho alors? Non, toujours pas. Il y avait quelque chose qui clochait dans cette image, et tant mieux, parce qu'avec l'autre qui se marrait comme un idiot, elle ne l'avait pas pris au sérieux un seul instant. Mais elle notait dans un coin de sa tête. Un jour, si elle recroisait Johanna, elle lui offrirait un poncho. un truc bien classique et bien moche. Juste pour voir à quoi ça ressemble. Elle pouvait presque imaginer Jules avec ceci dit. Et ce n'était pas du meilleur goût qui soit. Mais ça allait plutôt bien avec le surnom qu'elle s'acharnait à lui donner depuis des années. Pitiééé... Bon, apparemment, il n'appréciait toujours pas qu'on l'appelle Julius, le petit. Tant mieux. C'était pas vraiment fait pour lui plaire. Imogen aimait déformer les prénoms, pour le meilleur mais surtout pour le pire. Elle n'avait jamais fait ça pour embêter qui que ce soit, mais la réaction de Jules lui avait presque manqué, depuis le temps. Elle ne s'arrêta pas pour remarquer qu'il commendait à nouveau des bières. Ce garçon était décidément parfait. On avait d'habitude tendance à lui faire remarquer qu'elle descendait ses verres comme un trou, mais lui avait la décence de boire aussi vite qu'elle. Et ça, ça valait toute la reconnaissance du monde. Reconnaissance qu'elle lui prouvait en répondant avec beaucoup de bonne volonté à sa question par une mise en garde. Comme si elle avait besoin de se faire prier. A sa remarque sur le fait qu'il avait du avoir une vie passionnante, il se contenta de la réponse la moins crédible du monde : Y a pas grands choses à dire, la vie quoi. Ce n'était pas son sourire qui allait rattraper le coup. Certes, elle aurait pu fondre devant le sourire de Jules, si il avait vraiment tenté d'être convaincant, mais pour le coup, elle n'était pas dupe. Juste la vie. Ce n'était pas une réponse dont elle se contenterait sagement. Mais elle aurait le temps d'y revenir plus tard. Elle avait sa vie à raconter avant. Autant faire les choses dans l'ordre.

De toute évidence, Jules avait été déconcentré sur la fin par l'arrivée des bières, mais elle ne lui en tiendrait pas rigueur. Qu'on arrête de l'écouter un moment lors de ses monologues, c'était courant. Attends, tu peux répéter ? j’ai arrêté d’écouter quand t’as parlé de tes histoires de filles. D’ailleurs, on pourrait revenir là-dessus ? Elle ricane en attrapant sa nouvelle bière à son tour. Oui, non. Elle était partageuse, mais s'il avait voulu en savoir plus, il n'avait qu'à avoir été là au bon moment. Ce serait sa punition pour l'avoir lâchement abandonnée, tiens. Non, elle n'avait jamais vraiment prévu de le punir, mais c'était une bonne excuse pour éviter de s'égarer en histoires vaseuses. Excuse qu'elle allait finir par oublier si elle continuait de boire à ce rythme. Faut que tu me chantes l’une de tes chansons. Tu sais de ton musical. Ah. Bon. Au moins, elle savait qu'il avait écouté jusqu'au bout. Mais de toute évidence, il était encore ce genre de garçon persuadé que ses idées sont des idées de génie. Heeey, Brad, t’as pas débranché le micro ? Elle se colla une main dépité sur le front, en le regardant tout de même avec un air amusé. Elle ne pouvait pas s'en empêcher. Il pouvait faire le con autant qu'il voulait, elle ne pourrait s'empêcher d'avoir envie de rigoler avec lui. Alllleez, chantes pour moi superstar ! Elle renvoya ses cheveux dans un mouvement de tête exagéré, façon L'Oréal. Parce que s'il l'appelait superstar, elle pouvait prétendre. Tu sais que j'ai le personnage le plus déprimant du monde. Si jamais je te chante une chanson des Misérables, je vais avoir quelques suicides sur la conscience en fin de soirée... Elle ne mentait même pas. Elle ne disait pas totalement la vérité non plus, mais il n'avait pas besoin de le savoir. Imogen n'avait généralement pas besoin de se faire prier pour se donner en spectacle, mais de toute évidence, le public de Jules n'était pas le genre à apprécier sa musique à elle.

Mais il ne serait pas dit qu'elle était du genre à refuser un challenge. Elle pourrait toujours chanter les chansons d'amour de sa chère Eponine, spécialement dédicassées à Jules. Et elle aurait le droit à la colère des nanas qui avaient prévu de le ramener dans leur lit prochainement. Pas touche à Julius, il était à elle pour la soirée. Elle ne le laisserait pas s'enfuir avec la première blondasse venue. Alors non, elle n'était pas du genre à refuser un challenge, mais elle n'allait pas le laisser s'en sortir aussi facilement que ça. Mais, si tu veux. Elle attrape sa bière, en boit une bien trop longue gorgée. Il faut qu'elle se rafraichisse la gorge si elle veut chanter après tout. Je te chante tout ce que tu me demandes. Mais avant, tu me racontes vraiment ce que tu as fait de ta vie sans moi. Voilà. Si Jules n'avait pas l'air d'être trop prêt à lui raconter sa vie, elle n'allait pas lui laisser le choix. Elle était comme ça, Imogen, elle savait faire sa chieuse. Allez, love, n'importe quoi, tu peux le faire! Pourquoi tu as disparu du jour au lendemain, ce que tu fais de ta vie maintenant, où l'histoire de... ce tatouage. fit-elle en touchant un tatouage sur son avant-bras qu'elle était sûr de découvrir pour la première fois. Oui. N'importe quoi. Il pouvait lui raconter n'importe quoi, de la pire confession à l'anecdote la plus inutile. A dire vrai, si elle avait envie de savoir ce qu'il devenait, elle voulait encore plus juste entendre sa voix. Il avait une belle voix le Jules. Et avant de l'entendre à nouveau, elle ne s'en était pas rendu compte, mais putain, qu'est-ce que cette voix lui avait manqué.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité

MessageSujet: Re: never with the singer / imogen   Ven 15 Avr - 11:18

Grand drame de la soirée : Imogen ne semblait pas avoir envie d'en dévoiler davantage sur ses expériences avec les filles. Jules fit une petite moue boudeuse quand il le comprit. C'est vrai qu'il l'aurait bien fait parlé un peu plus, voire décrire une scène, voire lui montrer en direct, voire lui proposer de participer. Aaah bah voilà, on n'y arrivait. Son cerveau méchamment attaqué par la coco commençait le faire se sentir un peu à l'étroit dans ce caleçon. Il sourit à cette pensée, se disant qu'au final mieux valait stopper la discussion maintenant. Il serait toujours temps de lui demander plus de détails plus tard, dans un autre endroit, avec moins de public. Le coup d'oeil en direction des chiottes fut si furtif, que Jules ne s'aperçut même pas qu'il l'avait fait. Au lieu de ça, une autre idée était venue s'implanté dans son crâne d'artiste amoureux de la musique sous toutes ses formes. Et si ce n'était qu'une vieille chanson de musical qu'elle pouvait lui proposer, alors soit. Après tout, Barbara Streisand était plutôt cool. Mais quand Jules soumit cette idée, on ne pouvait pas dire qu'Imogen était vraiment partante, vu son soupir de désespoir. Enfin, c'était ça ou bien elle le trouvait pathétique à tanguer sur place comme s'il était en pleine mer déchaînée. Heureusement, l'appellation "superstar" eut raison d'elle. Mouvement de cheveux à la l'Oréal et sourire solaire. Jules était presque sûr d'avoir gagné la partie. Il était là, à un mètre d’elle, toujours entrain de lui tenir la main pour l’entraîner sur le devant de la scène. Mais voilà, elle sembla se dégonfler à nouveau. Tu sais que j'ai le personnage le plus déprimant du monde. Si jamais je te chante une chanson des Misérables, je vais avoir quelques suicides sur la conscience en fin de soirée...   Jules soupira avec un sourire pleins de bons sentiments. Il jeta un coup d’œil autour de lui, et se rapprocha d’elle, toujours sans lui lâcher la main. Regarde où on est, y aura des suicides d’ici la fin de la soirée quoi qu’il arrive tu sais. Ca c’était même sûr. Nous ne nous trouvions pas vraiment dans l’endroit le plus hype de la ville et la plupart des personnes ici présentes étaient de vieux habitués qui ne connaissaient rien d’autres que ce bar. Des désespérés avec une cinquantaine bien tassée qui commençaient toutes leurs phrases par « De mon temps » et les terminaient avec des marmonnements d’ivrognes indéchiffrables. Les autres étaient des hipster en quête d’encanaillement et des gamines avec un grave problème relationnelle avec leur père ( Jules était surpris de ne pas y croiser Savannah d’ailleurs). Histoire de convaincre Imogen un peu plus, il ajouta, d’un air très, très intéressé. Et puis, ça a l’air cool ça Les Misérables, ça parle de quoi ? Bon, c’était le gamin déscolarisé qui parlait là. D’ailleurs, un type juste à côté de lui lança un regard outré. Choqué que quelqu’un sur cette foutue planète puisse ne pas connaître cette œuvre. Bon, pour dire vrai, ça disait vaguement quelque chose à Jules. Il était quasi sûr d’avoir étudié ça dans  un cours de littérature, il y a des années. Une histoire de gamins déprimés, peut-être qu’il y avait du kung fu dedans. Ou peut-être pas. C’était pas un film ? Et puis voilà, à coup de regards et de prise de main intempestive, Jules aurait presque finit par la convaincre. J’ai dis presque.  Je te chante tout ce que tu me demandes. Mais avant, tu me racontes vraiment ce que tu as fait de ta vie sans moi. Jules soupira, lâcha sa main. Pourquoi elle voulait savoir. Il n’y avait rien de neuf, rien de beau à raconter en tout cas. Sa vie avait toujours été une succession de déceptions, de désillusions, de violence, de coups. Un uppercut de l’univers en permanence. Elle devait bien le savoir, ça. Leur foutue amitié était basée sur la détresse des Abberline, sur leur furieuse envie d’échapper à un père violent et zéro perspective d’avenir. Des années plus tard, il en était toujours au même point, entrain de lutter pour survivre. Lutter pour vivre, en fait. Lutter pour inspirer de l’oxygène sans que ça fasse mal, se reconstruire après avoir été tant de fois brisé par les phalange de son père, brisé par l’amour malsain d’Angèle. Brisé d’avoir toute une tripotée de frères et sœurs accrochée à sa cheville. Jules lui lança un regard lourd de sens, presque suppliant. Fallait pas qu’elle fasse ça, fallait pas qu’elle gâche ce moment. L’univers les avait réunit, elle se souvenait non ? Fallait profiter de l’instant, sans poser de questions. Mais elle n’était pas facile à convaincre la petite. Yeux bleus ou pas, elle voulait ses réponses. Allez, love… Jules pouffa de rire tout en passant une main dans ses cheveux, mal à l’aise. …n'importe quoi, tu peux le faire! Pourquoi tu as disparu du jour au lendemain, ce que tu fais de ta vie maintenant, ou l'histoire de... ce tatouage. Jules soupira, capitula. Il jeta un œil au tatouage qu’elle montrait, l’ours sauvage et agressif d’inscrit sur son avant-bras. Il est vrai que ces dernières années, il n’avait pas lésiné sur les tatouages. Jusqu’à son départ à Oxford, il avait déjà fais pas mal de dessins sur sa peau. Les inscriptions sur ses doigts en premier, le « mum » sur le poignet, et puis, doucement, son bras gauche s’était couvert de têtes de morts colorés, fleurs psychédéliques et pieuvre acidulée. Ces dernières années, hanche, torse, jambes et bras droit s’étaient également remplis d’un tas de gribouillis. Son regard se perdit au détour des souvenirs liés  à chacun d’entre eux. D’un air vague, il remonta les yeux sur Imogen. Je sais que ça a l’air super étudié tout ça. La vérité, c’est que j’ai choisi ce dessin parce que je l’aimais bien. avoua-t-il pas sincère pour un sous. Il se souvenait du jour où il avait fait ce tatouage. C’était deux jours après les obsèques de son père. Il l’avait dessiné lui-même sur son carnet à dessin et l’avait fait faire par un tatoueur de confiance. Il ne savait pas vraiment si tout ceci avait un rapport avec son père. C’était vrai dans un sens, il avait dessiné ça sans trop y réfléchir après pas mal de hash. Peut-être que cet ours, qui avait l’air si effrayant, c’était Noah. Sûrement, y avait forcément un lien. Peut-être qu’il avait besoin de sentir la menace, près de lui. Une sorte de syndrome de Stockholm, connerie du genre. Enfin, le regard perdu de Jules, qui revivait la scène, n’avait pas trompé Imogen qui croyait de moins en moins à ses confidences. Jules s’approcha donc d’elle, encore un pas plus près. Il jeta un regard fuyant à Imogen et puis, sans prévenir, lui piqua son verre pour en boire une gorgée. Il sentait ses grands yeux d’extraterrestre sur lui. Il ferma les yeux une seconde. On était à Oxford. c’était la première chose qu’il disait sur ce qui lui était arrivé ces dernières années. Le lieu où ils avaient tous déménagé, ça c’était de l’information inédite. Alors il demanda à Brad un nouveau verre (enfin deux, fallait la faire boire cette petite) et le temps d’attendre son verre, il regarda sa vieille copine. Bah quoi, elle avait ce qu’elle voulait. Bon, ce n’était pas l’info du siècle mais c’était déjà un début, n’est-ce pas ? Il sortit également une nouvelle cigarette, parce que Jules sans clope c’était comme Churchill sans son cigare, ou Chaplin sans son chapeau. On lui servit sa bière, il la prit dans une main sans pour autant y toucher. Ok, on va jouer à un jeu. T’aimes toujours autant ça ? Les Monopoly et trivial poursuit interminables de la famille Kennedy, Jules en avait soupé ! Là, il but la première gorgée, et continua : Ca s’appelle, une chanson contre une question. Tu vas voir les règles sont pas si compliquées. en fait, tout était dans le titre. Il lui fit une large sourire et indiqua avec son verre la scène.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité

MessageSujet: Re: never with the singer / imogen   Ven 15 Avr - 14:01

Jules n'avait pas été touché par l'idée que ses chansons pouvaient déprimer la moitié de la salle, et elle s'en doutait un peu. Elle ne s'était pas vraiment attendue à ce que ça marche. C'était Jules, après tout. Et quelques ivrognes dans un bar n'étaient certainement pas le premier de ses soucis. Elle eut un sourire amusé quand il lui demanda ce que racontaient les Misérables, et encore plus en voyant la tête outrée de ce type derrière. Oui, c'était bien Jules et il ne savait pas dans quoi il s'embarquait. Mais il y tenait. Il faisait même l'effort de s'y intéresser un minimum. Qu'il ne connaisse pas, au fond, ce n'était pas bien choquant. Oui, Imogen avait vu le film à sa sortie, mais elle ne s'était vraiment intéressée à l'histoire que quand elle avait décidé de passer les auditions pour le rôle d'Eponine. Non, les comédies musicales n'avaient jamais été son truc, et c'était bien pour ça qu'elle trouvait ça très drôle qu'elle en fasse partie maintenant. « Ça parle de révolution, et de gamins qui meurent. » Voilà comment elle pouvait résumer tout ça. Parce que tous les personnages intéressants mourraient. Surtout le sien. C'était un vrai drame, d'ailleurs.

Mais quand elle lui réclama une anecdote, le voilà qui soupira et lâcha sa main. Il lui offrit un regard suppliant et elle aurait presque cédé. Ah, elle ne se rappelait vraiment pas qu'elle était aussi faible face à lui. Peut-être était-ce juste parce qu'il lui avait trop manqué. Trop d'années sans Jules et ça devenait difficile de dire non à ces foutus yeux. Elle craquerait presque, mais si il y a une chose à laquelle elle était douée, c'était être une petite chieuse. Quand elle voulait quelque chose, elle savait ne pas lâcher. Elle aurait pu se dire que si, vraiment, il ne voulait pas en parler, elle pouvait bien le laisser tranquille. Mais pas tout de suite. Si elle n'insistait pas un peu, il allait croire qu'elle avait perdu son mordant, et il ne l'aimerait plus autant. Non? Je sais que ça a l’air super étudié tout ça. La vérité, c’est que j’ai choisi ce dessin parce que je l’aimais bien. Une moue dubitative passa sur les lèvres d'Imogen. D'un côté, c'était tout à fait possible, mais de l'autre, elle ne voulait pas y croire une seconde. Surtout avec son air trop paumé, trop mal à l'aise... Suffisamment inconfortable pour qu'elle ne râle même pas alors qu'il boit une gorgée dans son verre. On était à Oxford. Elle lui offrit un sourire presque satisfait. Monsieur savait se faire prier. Imogen le regarda commander deux nouvelles bières avec un léger sourire en coin, avant qu'il ne lui fasse la proposition du siècle. Ok, on va jouer à un jeu. T’aimes toujours autant ça ? Elle hocha la tête avec peut-être un peu trop d'enthousiasme. L'alcool commençait à taper légèrement. Ca s’appelle, une chanson contre une question. Tu vas voir les règles sont pas si compliquées.

Et il lui indique la scène avec son verre. Il aimait un peu trop avoir le dernier mot. Such a tease... Mais s'il voulait jouer à ce jeu-là, elle pouvait jouer. « Tu commence déjà à tricher avec tes demi-informations... Mais t'as de la chance que je t'aime et que tu m'aies manqué hein. » C'était bien pour lui faire plaisir. Même si elle était persuadée qu'il continuerait à trouver le moyen d'éluder ses questions. Fourbe qu'il était. Elle attrapa tout de même sa bière, but une gorgée, inspira... Bon. Quelle chanson? Ah oui, celle-là. Elle se pencha rapidement vers Jules avant de se lancer. « Tu sais que j'aurais pu faire autre chose que chanter, pour avoir des informations, hein? » Le ton était un peu trop charmeur alors que ses doigts glissaient sur ce foutu tatouage pour lequel il lui avait servit une histoire bien trop peu crédible. Définitivement, la bière commençait à faire son effet. Même si ce n'était clairement pas un mensonge. Mais elle laissa Jules en plan sans lui laisser le temps de réagir et se dépêcha de rejoindre la scène. Elle n'était pas vraiment dans l'ambiance avec sa jupe courte, ses talons de princesse, son haut un peu trop coloré, et son sourire flamboyant. Elle n'était ni dans l'ambiance du bar, ni dans celle des Misérables, mais elle n'était de toute évidence plus à ça près. Elle attrapa le micro, vérifia rapidement qu'il était allumé et offrit un clin d'oeil à Jules avant de commencer. « Hello tout le monde, moi c'est Imo et je viens vous casser les oreilles avec "On My Own" des Misérables. Si ça ne vous plaît pas, veuillez adresser vos plaintes à Jules Abberline. Spéciale dédicace, love. » Elle avait fait l'effort de pas l'appeler Julius, elle était vraiment quelqu'un de bien. Même si elle lui servait du "love" à tour de bras parce qu'elle avait la fâcheuse tendance d'appeler tout le monde comme ça. Et que si elle voulait se mettre quelques fangirls à dos, quoi de mieux?

Quoi de mieux? Et bien lui dédicacer une tragique chanson d'amour. Ce n'était pas franchement de sa faute, Eponine n'avait que ce genre de répertoire. Alors oui, elle aurait pu chanter autre chose. Elle connaissait les paroles des autres chansons aussi bien que les siennes... Mais si elle avait promis du déprimant à Jules, au moins, il n'était pas question de quelqu'un en train de mourir dans celle-ci. C'était un bon point. Pas trop de spoilers, en plus. Évidemment, elle se donna à fond. Il s'agissait d'Imogen Kennedy. Elle aimait bien se donner en spectacle, sinon elle n'aurait jamais fait ce métier. Elle se donna à fond, sans même lancer un regard en coin à Jules, mais sans pouvoir empêcher un léger sourire amusé de flotter sur ses lèvres. Non, décidément, ça ne collait vraiment pas à la chanson, et ça ne collait vraiment pas à l'endroit. Et quand elle eut finis, elle reposa le micro, effectua une légère courbette, et se dépécha de rejoindre Jules. Pour reprendre une gorgée de bière déjà, et lui offrit un sourire satisfait ensuite. « Bon, après, a cappella, c'est pas non plus l'idéal. Je t'inviterais à venir nous voir, si jamais t'as une soirée où tu n'as rien de mieux à faire. » Elle imaginait mal Jules venir la voir, mais elle aurait adoré. Elle adorait toujours quand sa famille ou ses potes venaient la voir, et Jules ne dérogerait pas à la règle. « Donc, nous disions... Oxford? Sympa. » Oh, non, elle n'avait pas perdu le fil. Elle avait chanté, et maintenant, c'était à son tour. « T'as été à l'Université là-bas? Je t'avoue que j'ai testé moi, l'université, et ça a pas franchement été un succès. Bon, yavait des trucs funs et... » Elle s'arrête avant de se lancer dans des anecdotes stupides. Mince. Ce n'est pas à elle de parler. Chut. Elle doit savoir ce que lui a fait à Oxford avant de vraiment perdre le fil. « Université, donc? » Et elle boit une nouvelle gorgée de bière. Boire pour se taire, c'était la solution. Quoi que. L'alcool la rendait un peu trop bavarde. Plus qu'elle ne l'était déjà.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité

MessageSujet: Re: never with the singer / imogen   Lun 18 Avr - 11:32

Ça parle de révolution, et de gamins qui meurent. Jules arqua un sourcil et fit une petite moue approbatrice. Ouais, c'est ce qu'il disait, ça avait l'air sympa cette histoire. De toute façon, il préférait des trucs du genre à un remake de High School Musical sur les planches. Les bons sentiments, ça n'avait jamais été son fort à Jules. C'était Imogen qui allait faire tâche dans le décor. Alors certes, elle chantait très bien et elle avait sûrement une carrière qui lui tendait les bras à Broadway. Mais elle était tellement solaire qu'elle allait mettre du bonheur dans la situation la plus dramatique qui soit. Jules s'étonnait que les casteurs ne l'aient pas vu. Enfin bref, aussi étonnant que ça soit de la retrouver dans un musical déprimant, Jules n'en oubliait pas moins son envie de découvrir ce style. Il n'en avait jamais écouté de toute sa vie, mais s'il y avait bien une personne qui pourrait lui faire aimer, c'était Imo. Elle ferait aimer un arc-en-ciel à un aveugle celle-là. C'est donc avec pas mal d'entrain que Jules répondit : Tu vois, deux de mes sujets préférés, je suis sûr que ça va être super chouette ! Il se perdit dans un petit rire. En fait, il n'avait jamais rien lu ou écouté ou même vu à propos d'une quelconque révolution, autant qu'il n'avait absolument aucune idée de ce que pouvait être la vie au XIXe siècle, et encore moins en France. D'ailleurs, c'est où la France ? Bon, alors certes il n'était pas inculte à ce point, mais tout ça pour dire qu'il en avait toujours eut rien à foutre aussi bien de la révolution, que de la mort de Cosette et plus encore des musicals. Mais il aimait l'art sous toutes ses formes possibles et imaginables.

En parlant de ça, Imogen se prit de passion pour l'un des tatouages de son vieil ami, demandant alors son histoire. En réalité, elle cherchait simplement à grappiller quelques infos, n'importe quoi. C'était sa mission de la soirée. Jules était chiant parfois, dans le genre pas loquace du tout. Il n'aimait pas parler en fait, il ne savait pas bien parler. Il était maladroit, mal à l'aise et pour dire la vérité, il s'en foutait aussi pas mal. Alors il restait silencieux, parlant en monosyllabe ou bien avec ironie. Une fois qu'on y était habitué, on ne s'en occupait plus trop. Mais depuis toutes ces années sans l'avoir vu, Imogen n'était pas prête à laisser couler. Voilà pourquoi Jules lui proposa un contrat en or. Chanson contre question, ça ne se refusait pas, si ? Tu commence déjà à tricher avec tes demi-informations... Mais t'as de la chance que je t'aime et que tu m'aies manqué hein. Jules leva les mains pour clamer son innocence. Alors, déjà il ne trichait. Il avait juste décidé de lui livrer une information avec une importance moindre. Mais le fait qu'il soit à Oxford, c'était quand même de l'info. Et c'était vrai. Alors franchement, elle n'avait pas de quoi se plaindre. Jules prit donc tranquillement une gorgée de bière, sans trop se sentir coupable d'être si dur en affaire. Ce qu'il ne comprenait toujours pas, c'était que les femmes sont toujours les plus douées. Au même moment, Imogen se pencha vers lui et d'une voix doucereuse, elle ajouta : Tu sais que j'aurais pu faire autre chose que chanter, pour avoir des informations, hein? Et voilà, Jules avala de travers et se mit à tousser comme un bleu. Faible espèce qu'est celle des hommes ! Le "sexe fort", mais bien sûr ! Jules calma ses quintes de toux et regarda Imogen s'éloigner vers la scène, très clairement fière de sa connerie. Un sourire avait fendu le visage du tatoué, et certes, il la regardait avec un peu trop d'insistance. Bah en même temps, elle avait planté la graine dans son esprit perverti, et maintenant, voilà, il y pensait. Foutue nana !

Elle monta sur scène d'un pas sautillant et presque pompette. Jules, accoudé contre le comptoir la regarda faire avec intérêt. S'il avait eut des pop-corn ça aurait parfait. Bon, il perdit un peu son sourire quand elle assura que toutes les réclamations devraient être adressées à Jules, qui était désormais quasi-sûr qu'un type finirait par lui foutre un pain dans la gueule avant la fin de la soirée. Fumant tranquillement sa cigarette, il écouta les premiers sons mélodieux qui s'échappaient de la bouche de Kennedy. C'était un peu comme cette fois, où il avait pris du LSD et qu'il avait clairement vu la musique. Bah là, ça lui faisait le même effet. Bon il n'avait pas de trip hallucinatoire mais c'était comme s'il pouvait voir ces petites notes s'échapper d'elle pour flotter dans l'air et colorer cet endroit lugubre. Et même si les paroles étaient aussi poignantes que désespérantes, le visage illuminé d'Imogen réussissait à faire fondre Jules. C'était joli. Il en était incapable de détourner les yeux de cette fille. Cette fille dans un bar, cette fille avec le micro. Il la regardait faire l'idiote, rire entre deux vocalises et faire de grands sourires et clins d'oeils à son fan numéro un tout en chantant les paroles dramatiques d'une fille dépressive avec deux trois problèmes de couple. Jules riait à chacun de ses sourires ou trémoussement de fesses. Et enfin, la fin de la chanson. Elle salua son public. Jules applaudit doucement des deux mains, par contre, un vieil habitué applaudissait dans le fond du bar avec toute la force qui lui restait dans ses bras décharnés. Cependant, le groupe de groupies de Jules, les blondasses, se contentèrent de commander un autre Mojito sans regarder Imogen. Cette dernière d'ailleurs, rejoignit son vieux potes d'un pas enjoué. Enfin, c'est plutôt sa bière qu'elle rejoignit vu qu'elle se jeta dessus pour en boire une large gorgée. Bon, après, a cappella, c'est pas non plus l'idéal. Je t'inviterais à venir nous voir, si jamais t'as une soirée où tu n'as rien de mieux à faire. Jules la regardait encore. Quand je vous disais qu'il n'arrivait pas à détourner son regard d'elle, c'était toujours vrai. Il esquissa un sourire. Des soirées de libre, il en avait des tas. En fait il n'avait jamais rien eut à faire. Donc bon ! Je regarderais dans mon agenda plaisanta-t-il. Cependant, et aussi bizarre que cela puisse paraitre, ça ne le dérangerait pas de venir la voir sur scène. C'était bien, cette musique. C'était pas forcément le style de Jules mais il n'était pas fermé d'esprit contrairement à ce qu'on pouvait penser. Et puis ça pouvait être drôle de la voir déguiser entrain de donner la réplique. D'ailleurs, parce qu'il n'avait toujours pas fait de compliment, il ajouta à demi-voix : J'ai bien aimé... je t'assure ! dit-il avec conviction, même si elle ne semblait que le croire à moitié. Pas tant avare en compliment qu'on pouvait le penser, elle enchaîna rapidement sur un autre sujet, celui qui l'intéressait vraiment : Donc, nous disions... Oxford? Sympa. Jules haussa les sourcils et regarda enfin ailleurs. Se réinstallant confortablement sur son tabouret, il noya son regard bleu dans sa bière à moitié vide. Ouais, non, ce n'était pas terrible Oxford. Je ne le dirais jamais assez mais Jules était un londonien. Il était né ici. Ce qui voulait dire qu'il était génétiquement programmé pour haïr n'importe quelle autre ville. Alors non, Oxford, ce n'était pas terrible. Là-bas, ça avait été la déprime sévère. Jules était déjà un type fragile sur le plan émotionnel, un écorché vif. Si on le prenait pour un type inintéressant et sans trop de délicatesse et de sentiments au premier abord, sachez que c'était tout le contraire. Comme un grand brûlé, sa corps était à nu, à vif. C'était comme s'il ressentait tout dix fois plus fort que les autres. Alors forcément, déménager de sa ville natale loin de sa petite copine, ça l'avait plongé dans un état de léthargie dépressive. C'est là que la drogue était devenue un vrai problème. Tiens, parlant de ça, l'envie d'aller sniffer un petit rail lui traversa l'esprit. Ce n'était jamais bon quand ça lui revenait en tête, parce que ça voulait dire que ça ne sortirait plus de son crâne jusqu'à ce qu'il ait eu ce qu'il voulait. Son petit sachet de coco, caché dans la poche intérieure de sa veste en jean le démangeait. Mais il ignora pour le moment cette pensée pour se concentrer sur Imogen, ne voulant pas risquer de gâcher de telles retrouvailles organisées par Ganesh en personne ! T'as été à l'Université là-bas? Je t'avoue que j'ai testé moi, l'université, et ça a pas franchement été un succès. Bon, yavait des trucs funs et... Jules pouffa de rire, croyant à une blague. En fait personne ne lui avait jamais demandé s'il était allé à l'université de sa vie. Parfois on lui demandait s'il était allé à l'école tout court, mais personne n'avait jamais pensé qu'il pouvait avoir voulu se lancer dans le supérieur. Du coup il ne prit même pas la peine de répondre et s'intéressa plutôt aux détails que son amie lui avait envoyé : Alors la fac hein ? Raconte, ces soirées pyjamas avec les nanas de ton campus, c'est aussi cool qu'on le prétend ? Sauf que voilà, la miss semblait décidée à faire parler Jules. Aussi commençait-elle à se rendre compte qu'il n'arrêtait pas d'enchaîner sur autre chose et d'éluder toutes ses questions. Merde, Jules se pensait un minimum discret. Il but tranquillement une nouvelle gorgée de bière et fuma la dernière taffe de sa clope avant qu'elle n'aille rejoindre la précédente au fond du verre de whisky. Université, donc? Répéta-t-elle intraitable. Jules pouffa de rire et regarda Imo pour y déceler la vanne. Mais non, elle était sérieuse. Ah, c'était une vraie question ! Nouveau rire. Jules avait résolument décidé de noyer son envie de cocaïne par beaucoup d'alcool vu qu'il recommanda une tournée. J'ai même pas fini le lycée, j'vois pas ce que je serais allé foutre à l'université. En attendant la prochaine tournée, il termina cul-sec sa pinte et la posa d'une main lourde sur le comptoir. Ses mouvements étaient devenus moins assurés, moins contrôlés. Un léger tournis l'accompagnait. Et puis il avait des fourmis dans les mains, mais ça il ne savait pas trop d'où ça venait. Pauvre Imotèèèèpe ! Ta seule question et tu la gâches lamentablement. se moqua-t-il gentiment en enroulant un bras autour des épaules de sa vieille copine dont il venait juste de se rappeler le surnom débile qu'il lui avait trouvé à l'époque pour contrer le "Julius". Il était descendu du tabouret d'ailleurs, avait fait quelques pas incohérents avant d'être soutenu par Imogen. Car oui, la prendre à moitié dans ses bras en s'accrochant à ses épaules semblait être un geste de soutient pour elle. En fait, c'était plutôt pour lui. C'est pas grave, tu trouveras sûrement un autre moyen de me soutirer des infos. T'auras une autre chance, t'inquiètes. Rassura-t-il, impatient de voir jusqu'où elle pouvait aller pour en savoir un peu plus sur la vie passionnante de Jules Abberline, ces six dernières années.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité

MessageSujet: Re: never with the singer / imogen   Mer 27 Avr - 1:08

Bon, ce n'était pas l'ovation des grands soirs, mais ce n'était pas le silence de mort qu'elle avait craint. Et puis elle s'était promis de ne pas s'en inquiéter, quoi qu'il en soit. Ce qui comptait, c'était Jules qui applaudissait calmement dans son coin. Et le petit vieux qui avait l'air fan aussi, mais ça c'était autre chose. Au petit vieux, elle se contenta d'adresser un clin d’œil quand à Julius, elle faisait profiter de sa présence inimitable. Sa présence inimitable, un petit commentaire en direct sur sa propre performance, et son côté sale gosse assoiffée qui se jette sur sa bière, évidemment. Et elle fit même mine de ne pas remarquer le regard légèrement insistant de Jules. Ce regard trop perçant qui lui rappelait beaucoup trop de chose. De choses qu'elle n'avait pas besoin de se rappeler là, tout de suite. Oh non, il ne l'aurait pas aussi facilement avec ces putains d'yeux qui lui avaient toujours fait beaucoup trop d'effet. Je regarderais dans mon agenda. Et elle rigola doucement, comme si de rien n'était. C'était peut-être être la superstar, mais c'était lui qui avait un emploi du temps trop compliqué pour lui confirmer dans l'immédiat. Elle aurait presque pris un air outragé. S'il n'acceptait pas immédiatement, elle pouvait en conclure qu'il n'avait pas aimé, et elle pouvait même se vexer. Et ça prétendait être son fan number one? Mais non, Imogen n'était pas une superstar, et encore moins une diva. Elle comprenait plutôt bien que d'être enfermé dans un théâtre pendant toute la durée du spectacle pouvait être pesant. Surtout quand le style de la musique n'était pas son fort. Non, elle n'imaginait pas vraiment Jules dans un théâtre, mais cela pouvait s'avérer franchement drôle. J'ai bien aimé... je t'assure ! Et il y avait un semblant de conviction dans sa voix qui fit que, finalement, Imogen décida de prendre ça pour un oui. Il viendrait. Elle n'allait plus trop lui laisser le choix. Elle n'aimait pas laisser des choix à Jules, il risquait trop de se débiner. Elle en était sûre. Elle noterait elle-même sur son prétendu agenda qu'il lui réservait une soirée.

Mais elle avait plus important. Plus important que de traîner Jules à voir une comédie musicale. Et le plus important en question, c'était de mener son enquête. Son enquête sur ces années manquées, sur ces années perdues, sur ces années sans Jules pour lui remonter le moral quand elle n'arrivait pas à ramener une fille chez elle et qu'il n'était pas occupé ailleurs, sur ces années sans ces putains d'yeux pour lui faire un effet de dingue quand elle n'avait pas envie de chercher plus loin. Ces années sans les Abberlines dans leur ensemble, aussi. Parce que si elle avait une affection toute particulière pour celui-là, elle adorait également le reste de la fratrie. Mais Jules n'était pas un suspect très bavard. Suspect de quoi? Bonne question. Mais il avait définitivement plus une tête à tenir le rôle dudit suspect que d'un quelconque témoin. Donc oui, suspect. Et pas coopératif avec ça. Alors elle poursuit bêtement ses questions. Alors la fac hein ? Raconte, ces soirées pyjamas avec les nanas de ton campus, c'est aussi cool qu'on le prétend ? Oh, si seulement. Si seulement il savait. Gosh, elle aimerait bien lui raconter, mais elle aurait surtout adoré qu'il soit dans les parages. Parce qu'Imogen avait toujours été du genre partageuse, et qu'au final, il n'y avait rien de mieux que l'Université pour "partager". Mais non. Elle n'allait pas se laisser distraire par son sourire et ses beaux yeux. Non, elle n'était pas de ce genre là. Imogen Kennedy était une détective hors pair, ne lâchant jamais le sujet principal. Mais voilà. Imogen ne lâchait jamais le sujet principal, mais Imogen se perdait pourtant très facilement. Elle suivait un très bon fil de pensée, mais le fil faisait souvent des nœuds. Et à penser à ses splendides années universitaires au cours desquelles les cours n'avaient définitivement pas été sa priorité, elle s'était de toute évidence perdue sur le mauvais chemin. Jules pouffa de rire quand elle lui demanda très sérieusement s'il avait eu l'occasion de fréquenter l'Université. Ah, c'était une vraie question ! Et la remarque la fit réfléchir deux secondes. Et elle prit une moue ennuyée. J'ai même pas fini le lycée, j'vois pas ce que je serais allé foutre à l'université. Ce n'était pas faux. Elle connaissait Jules. Ce n'était définitivement pas le genre à suivre un grand parcours universitaire. Mais que voulez-vous, peut-être les déménagements brutaux et imprévus changeaient les gens, ça valait toujours le coup de poser la question, non? Non. Définitivement pas. Pas quand les réponses étaient données au goutte à goutte, très peu convaincantes, et monnayées avec ça. Erreur de débutante. Pauvre Imotèèèèpe ! Ta seule question et tu la gâches lamentablement. Une moue boudeuse vint rapidement remplacée le sourire de la demoiselle. Un peu à cause de ce foutu surnom qu'il avait retrouvé - et pour le coup, il méritait qu'elle l'appelle Julius jusqu'à la fin des temps - et un peu parce qu'elle avait été assez bête pour gâcher sa question si difficilement gagnée. Enfin, difficilement...

Mais elle retrouva un peu trop vite son sourire alors que l'autre faisait quelques pas titubant et l'utilisait comme support. Pas sûre qu'elle soit bien efficace pour l'aider à marcher droit. C'est pas grave, tu trouveras sûrement un autre moyen de me soutirer des infos. T'auras une autre chance, t'inquiètes. Elle ricana légèrement en lui envoyant un gentil coup de coude dans les côtes. « Mouais... Je sais pas trop... J'ai pas encore eu de preuve que yavait vraiment des choses passionnantes à savoir... » Elle jouait à la difficile. Parce qu'elle savait que la moindre anecdotes l'intéresserait. Oui, elle était une détective presque professionnelle, à en croire ses dires, mais elle n'était pas trop regardante quant aux infos qu'on lui communiquait. Elle le regardait de toute façon avec ces yeux un peu trop rieurs. « Mais je tiens à dire. L'université. T'aurais du y aller, même sans t'y inscrire. » Oui. Elle avait vécu beaucoup de choses lors de cette période de sa vie. Alors oui, elle tenait à faire savoir que sa question n'était pas forcément si stupide que ça. Comme si elle était rattrapable. Pas vraiment. « Ah, tu aurais été avec moi, tu aurais compris. Ça aurait été tellement... fun. » Elle resta un instant pensive, mais ce n'était pas le moment de s'imaginer quoi que ce soit, alors elle préféra rouler des yeux avec un sourire moqueur, avant de le pousser contre le bar. Elle n'eut aucun mal à parvenir à ses fins, monsieur n'était pas bien stable. Le pousser contre le bar où elle reposa son verre à bière qu'elle venait de finir cul-sec. « Anyway. Je ne tomberais pas dans ton piège, Julius. » Elle du lever un peu la tête pour accrocher son regard à nouveau. Du haut de ses quinze centimètres de talons, ce n'était pas rien, mais cela faisait bientôt vingt ans qu'elle avait abandonné l'idée de faire la même taille que lui. Mais petite ou pas, ça ne l'avait jamais empêché de prétendre lui tenir tête. Et elle posa un doit accusateur sur son torse. « Tu m'appâtes avec des promesses de récits d'aventures, tu essaies de me faire monnayer des réponses, mais au final je ne suis pas sûre d'avoir quelque chose à y gagner. » Elle plissa les yeux avec un léger air de défi, mais le sourire amusé sur ses lèvres otait toute crédibilité à la chose. Oh oui, elle était d'humeur à enchainer les pires conneries du monde pour la soirée. « Certes. J'ai fait des erreurs. » Et c'était assez rare qu'elle l'admette, alors il avait intérêt à en tenir compte. « Mais je t'ai chanté la sérénade, alors j'ai bien le droit à une petite anecdote. Allez. Pour moi. » Et elle était un peu trop collée à lui alors qu'elle lui faisait ses plus beaux yeux de chien perdu. Mais ce n'était pas sa faute, son propre équilibre n'était pas des plus assurés même si elle ne voulait pas vraiment l'admettre. Et puis après tout, il était le premier à s'être imposé dans son espace vital en s'appuyant sur elle. Elle avait bien le droit de s'accrocher à lui à son tour. Et elle n'allait pas se plaindre d'avoir une bonne excuse pour ça.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: never with the singer / imogen   

Revenir en haut Aller en bas
 
never with the singer / imogen
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» [ PM] Discussion devant le feu (Imogen)
» (f) IMOGEN POOTS ●● Elinor Bracken (libre)
» Caleigh-Ann Fitzgerald | Imogen Poots
» Sikatris tranblemantè a la toujou. Se kounyea a na p wè gwosè katastrof la.
» Présentation LiSa

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Ticket To Ride :: flood & hors-jeu :: this train terminates at morden :: ARCHIVES 2016-2017-
Sauter vers: