L'enfer est pavé de bonnes intentions... ◊ Cassie

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MessageSujet: L'enfer est pavé de bonnes intentions... ◊ Cassie   Mer 6 Avr - 11:19

Ses parents allaient le lui payer. Lorsqu’ils lui avaient appris la décision de l’envoyer dans un pensionnat, au début de l’été, elle avait pris l’information à a légère. Des menaces, à cause de ses résultats scolaires, de son comportement, entre autre, elle en avait reçu. Aucune n’avait vraiment réellement abouti, si on ne comptait pas les punitions qu’elle avait pu recevoir. Sa famille déplorait qu’elle n’utilise pas ses talents de réflexions dans ses devoirs, plutôt que dans ses stupides jeux en ligne, sur internet. Elle préférait à la place se complaire dans son insolence et son ironie, son arme favorite. Reese avait même volontairement ignoré les sollicitudes de sa mère à ce sujet. Si elle faisait semblant de ne jamais en avoir entendu parlé, non seulement ça n’existait pas, mais en plus, ils allaient finir par se lasser, et allaient abandonner cette idée, qui une fois de plus serait du même effet qu’un coup d’épée dans l’eau. Ils n’avaient pas mieux à faire que de la faire chier avec ses mauvaises notes ? La rentrée avait néanmoins fini par pointer le bout de son nez, et le début des ennuis avec. C’était bien la première fois que ses parents refusaient de céder à ses jérémiades, caprices, et crises de nerfs répétées. C’était dégueulasse. Par dépit, elle s’était penchée sur la question. Après tout, si c’était pour ne plus avoir ses vieux pour l’emmerder dans les pattes, ce n’était peut-être pas une si grosse catastrophe planétaire, comme elle le pensait. Okay, alors en fin de compte, c’était un putain de cataclysme ! L’espèce de brochure aux graphismes la gerbe, et aux élèves souriantes lui filait personnellement la gerbe. Genre elles devait se fringuer comme cette imbécile, à l’avant de l’annonce ? C’était une école privée de greluches, réputées pour son excellente éduction, voilà ce qui était écrit.

Ouais, des emmerdeurs, quoi.

Ils allaient le lui payer. Elle n’écoutait rien de ce que la directrice, à l’air revêche, était en train de leur raconter, le discours typique des vieilles filles mal baisées qui espèrent régenter d’autres filles, pour qu’elles deviennent mal baisées elles aussi. Toutes les vengeances qu’elle était en train d’élaborer contre ses parents lui occupaient bien trop l’esprit pour ça ! Ses idées valaient celles de la gamine de treize ans qu’elle était, mais à ses yeux, elles étaient machiavéliques, et c’était là l’une de ses maigres consolations. D’office, elle avait pris la décision de n’adresser la parole à personne. Rien qu’à la façon dont ces filles étaient peignées et coiffées, elle n’avait pas envie d’être contaminée. Non mais sérieusement, il allait falloir lui expliquer… Ces étudiantes étaient vraiment là de leur plein gré ?! En les observant, elle dégagea deux catégories : des adolescentes effacées et discrètes, présentes ici parce que les parents désiraient ce qu’il y avait soi disant de mieux pour leurs enfants. Et les autres. Mais alors les autres ! Le dos aussi droit que si elles étaient tirées par le haut à l’aide d’un fil invisible, le menton légèrement relevé, l’air hautain. Rien à voir avec les petites intellos dont on se moquait à l’école primaire. Oh que non ! Ici, avoir la meilleure note que sa voisine était le principal objectif, et l’esprit de compétition, était déjà plus que présent dans la salle. Bonjour l’angoisse.

Euh oui ? Qu’est-ce qu’il lui prenait à l’enseignante ? La directrice venait de partir, et l’autre était déjà en train de débiter son cours, comme si c’était la fin de l’année, et qu’ils étaient en retard sur le programme. Non, mais ils ne plaisantaient pas, elles étaient vraiment en train de faire cours ?! Et toutes les autres qui étaient déjà en train de prendre frénétiquement des notes, comme si c’était leur vie qui était en train d’en dépendre… Qu’est-ce qu’elles avaient l’air connes ! Reese garda résolument les bras croisés sur la poitrine, en signe de rébellion. Non, mais ça allait peut-être aller, elle n’allait quand même pas se fouler l’index le tout premier jour ! Son manque d’attention, paradoxalement, lui permit de distinguer la seule personne qui, comme elle, ne grattait pas la bille de son stylo sur son papier. En fait, plus elle était en train de l’observer, plus elle remarquait de nombreuses similitudes entre elle et sa camarade, qui était totalement en train de se désintéresser du cours. Plutôt crever. La brune dû sentir le regard insistant de Reese sur elle, car elle de détourna légèrement dans sa direction. La blonde en profita pour lui lancer un clin d’œil, à peine rassurée qu’elle ne soit pas la seule à vivre un enfer.

Ce qui ne s’arrangea pas par la suite. Enfin, ça n’allait pas aller pour la fille qui venait de lui faire un coup de pute, ça c’était clair. Tandis qu’elle avait trouvé une brèche pour repasser par les dortoirs, lors de la pause déjeuner, et d’y sommeiller le reste de l’après midi, une fille de sa classe, avec la probable intention de la nuire, de la pire des manières possibles. De son air faussement angélique, elle avait annoncé à la prof de chorale que Reese n’avait pas été ajoutée sur la liste des élèves inscrits, et qu’il s’agissait d’une erreur. Voilà qu’elle s’était retrouvée embarquée contre son gré dans cette infecte aventure, sans pouvoir y échapper. Du moins jusqu’à ce qu’elle trouve une solution durable. Et puis cette autre pétasse là, avec son air ravi, comme si on était chez les cow-boy et les indiens, et qu’elle se pensait la reine du Far West. Grave erreur, sale conne. Obviously, le retour de bâton n’allait pas manquer, pas plus tard que ce soir. Reese en profita, alors que tout le monde était en train de bequeter. Les dortoirs étaient déserts, et elle s’arrangea pour se faufiler dans les chambres, en prenant garde de ne pas se faire prendre. C’était toutes de vieilles biques, il y en avait forcément une qui trainait là, quelque part. Quelque chose lui disait que les cheveux doux et soyeux de sa victime n’allaient pas le rester bien longtemps, lorsqu’elle ajouta dans son shampoing, terre, dentifrice, et autres substance destinées à pourrir le produit, comme du lave-vaisselle, par exemple…


- Oooh, you’re gonna love it… murmura t-elle pour elle même, un sourire aux lèvres. Go to hell, bitch.
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MessageSujet: Re: L'enfer est pavé de bonnes intentions... ◊ Cassie   Jeu 7 Avr - 18:09

Cassie a toujours été l’une de ses personnes convaincues que la perfection a bien mauvais goût. Cette ambiance rectiligne, précise et répétitive l’énervait plus que toute autre chose. Le désordre est tellement plus fascinant. Comment, alors, peut-elle seulement espérer contenir ses envies destructives, ne pas laisser resurgir son besoin de discorde? Semer celle-ci est un art et Cassie en est l’artiste.

Sa blouse bien boutonnée, ses cheveux bien noués, son individualité bien dissimulée, elle ne peut s’empêcher de dénoter la hideur de cette école boursouflée d’ironie. Des parents qui paient autant de livres sterling afin que des inconnus malveillants torturent leurs enfants du matin au soir.  Et si seulement ce supplice prenait fin avec la dernière lueur du crépuscule. Cassie n’en espère plus tant. Constamment surveillée, des vigies bruyantes et strictes parcourant les corridors de son chez-soi tout sauf familier. D’autant plus, elle cohabite avec des harpies, toutes plus véreuses les unes que les autres. Et elle ne songe pas qu’à l’acné féroce de certaines pensionnaires, dont le regard violacé lui rappelle les vergers de sa douce Colombie-Britannique, dans lesquels les cerisiers s’épanouissent tous azimuts. Cassie avait découvert, à son grand dam, l’horreur qui anime les âmes de plusieurs jeunes filles de ce pensionnat privé. Et, certes, Cassie a fréquenté toute sa vie le réseau privé, ses habilités d’épellation ayant donné aux établissements dans lesquels elle avait séjourné des réputations splendides. Ce talent l’avait, d’ailleurs, souvent sauvée de l’expulsion, épargnée de la suspension étant donné sa particularité royale. The princess of words avait-elle été rebaptisée dans le cercle plus ou moins intime des concours panaméricain d’épellation. D’autant plus qu’elle discourait aussi bien en français, qu’en anglais et en espagnol, bien qu’à ces langues, son cœur se soit davantage entiché du catalan au son duquel sa mère la berçait, toute jeune. À l’époque où Cassie remportait ses concours, la jeune fillette et ses parents, M. Meyers et Mme Alcàntara s’apprêtaient à s’envoler de Vancouver à Ottawa pour encore une autre compétition, elle s’était évadée du regard de ses parents et s’était rendue à un port d’embarcation en direction de Barcelona, avec espoir. Malheureusement pour elle, les autorités sur les lieux l’avaient reconduite dans les bras étourdis de ces parents. Étrangement, ce sont ces mêmes bras qui, des années plus tôt, avaient accueilli sa réapparition avec soulagement et tendresse, qui aujourd’hui l’ont exilée, l’ont fait prisonnière. Sur le domaine du bon sens et de la rigueur, Cassie n’a qu’une envie, celle grotesque de cracher sur cette assiduité douloureuse qui lui est imposée et qui ruine sa vie. Alors que la directrice défile les règlements de l’établissement, la fille de la discorde prend le temps de noter les interdictions, afin d’être certaine de les enfreindre. Aucune violence psychologique ne sera tolérée. Aucune violence physique ne restera impunie. Toute insulte à l’égard d’un membre du personnel se verra réprimandée. Davantage, le non-respect d’un ordre émis par un enseignant sera suffisant pour condamner la jeune rebelle. La consommation d’alcool ou de psychotropes sur les lieux de l’établissement sera inexcusable. L’absence non motivée à un cours mettrait en péril la réussite scolaire de l’écolière dissidente. Tout retour non-autorisé aux chambres mènera à une détention. Acte de vandalisme, sur la propriété de l’école ou d’une pensionnaire suffira à provoquer la suspension de la criminelle. Enfin, l’évasion s’avère interdite. Voilà quelques défis intéressants à l’intention de Cassie.

La directrice quittant la classe, le postérieur haut et serré, l’institutrice se met à déblatérer son savoir, sa connaissance pointue de la matière, comme si elle désirait prouver qu’elle méritait bel et bien sa position de supériorité. Néanmoins, cette matière, portant sur des notions de mathématiques qu’elle maîtrise depuis des lustres l’ennuie. Si sa joie de vivre n’avait pas été happée par une bourrasque véhémente lors de son envolée vers le Vieux-Continent, Cassie se serait mise à rire de ses momies exemplaires, faisant valser leurs crayons avec une agilité comparable à celles des illustres ballerines russes. Pour Cassie, les rayons plombant du soleil contre la fenêtre s’avère un spectacle d’autant plus captivant, leur mélodie muette se réfléchissant dans leur beauté discrète et anodine.

Plus tard, une autre lumière pèse contre elle. De quoi s’agit-il? Cassie s’interroge et se retourne vers la beauté blonde qui, elle aussi, visiblement n’a que très peu d’intérêt pour la rigueur imposée. Si elle savait comment, Cassie lui aurait rendu son sourire. Néanmoins, elle se contente d’observer les magnifiques traits de sa camarade. Elle est belle. Rebelle, même. La Canadienne se rend compte qu’elle ne l’a pas encore croisé. Cassie, elle, est arrivée très tôt au mois d’août au pensionnat, question de s’accoutumer, comme si cela était possible, à la vie de détenue. La première arrivée même. Les autres avaient suivies. Néanmoins, cette nouvelle ne devait pas vivre trop loin du pensionnat, comme elle devait s’être installée ici depuis quelques jours seulement. Toute brunette a besoin d’une blondasse et vice-versa, songe-t-elle.

L’heure du déjeuner arrive. Il est temps pour Cassie de faire ce qu’elle fait de mieux : la discorde. Du regard, elle vit la blonde se faire faire un coup bas par l’une des pensionnaires, vicieuse dans sa justice hypocrite. Quelques instants plus tard, alors que la blonde avait déjà disparue, Cassie et son repas se dandinent dans la cantine, croissant la dite mégère. Prête à enfreindre un premier règlement, en vraie héroïne, Cassie soulève son pied, lequel frappe le tibia de l’idiote, entraînant cette dernière dans une chute des plus tragiques, ses pâtes à sauce de tomates recouvrant sa tête et son cardigan, soulevant une nuée de rires retenus parmi les étudiantes. Feignant l’accident, Cassie se penche vers la pauvre effondrée, lui demandant si elle s’est cassé un membre. Lorsque cette dernière lui répond par la négative, la Canadienne lui murmure à l’oreille.

« Too bad, cunt. »

Presque amusée, Cassie observe les amies de la pensionnaire salie la mener à une table à proximité afin de la délivrer de toutes saletés. Cassie en profite pour confier sa version tarie des faits à un membre du personnel, lequel croit en sa bonne foi toute fausse. S’éloignant des lieux de la tragédie, toujours épargnée, la jeune fille s’apprête à compléter son prochain défi.

Aux chambres, Cassie a l’intention de trouver ces pétards qu’elle dissimule dans un trou formé dans son matelas. La journée s’avère plutôt fructueuse. Puis, elle croise cette tignasse dorée, en train de manigancer elle ne sait quoi. Subtilement, elle profite de quelques instants pour observer les mouvements de l’autre rebelle, afin de découvrir son plan. Enfin, elle ose se révéler à sa camarade.

« She might be back soon. I heard she had quite a... dirty accident back there. You better get it on quickly, if you don’t wanna get caught. »
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MessageSujet: Re: L'enfer est pavé de bonnes intentions... ◊ Cassie   Mar 26 Avr - 19:46

Les pensées de Cassie sont pavées d’indifférence. Sans diligence particulière, elle se lève tous les matins, sans passion précise, elle attend le coucher de Soleil, ou plutôt le lever de Lune. Ses envies se font discrètes et n’apparaissent, ne prennent forme que lors de leur exécution, mais, à ce moment, Cassie est déjà anonyme, elle échange sa discrétion pour une solitude, un rejet. C’est sa manière à elle d’être troublée : dans son manque de compassion forcé, obligatoire. Elle n’y peut rien, tout atome de joie l’ayant quitté. Toutefois, Cassie songe qu’elle commence à se répéter, à toujours réitérer la même plainte, pleine et râleuse. Après tout, she’s fucking Cassie Alcàntara. Au diable sa maladie, elle peut bien se loger dans son crâne, pourrir son cervelet, briser ses neurones, Cassie n’abandonne pas. Elle vaincra ce mal, par tous les moyens. Cette énumération d’interdictions, la pensionnaire ne l’a pas traînée pour rien. Si elle les accomplit tous, en une journée, ça la fera sourire. Du coup, le coup de violence physique, les mots inappropriés, le retour incognito aux chambres, Cassie s’en était chargé. Demeurent encore plusieurs défis, dont celui qu’elle avait l’intention d’exécuter dans son infiltration des chambres : fumer un pétard. Toutefois, l’opportunité que lui offre la blondasse lui apparait far more interesting.

Cassie en profite pour admirer à nouveau sa beauté folle. Les mailles dorées de ses cheveux zigzaguent, s’entrelacent, dans un ballet fauve. Son visage enragé et passionné lui rappelle la furie des révolutionnaires. Son corps est séduisant, pour une fillette de leur âge. Cassie se sait bisexuelle et elle embrasse sa nature. Déjà, a-t-elle baisé une vénusté du pensionnat, une dénommée Mimi, dont la saveur caribéenne lui a laissé un appétit tendre et suave dans la bouche. Cette jolie fille, dans toute sa nature, purement londonienne et dissidente, la tente, font fourmiller en elle des envies plaisantes. Elle se promet d’y voir. Après tout, bien que la directrice n’ait songé à prohiber les relations sexuelles sur les lieux de l’école, faute de garçons dans cette prison, une règle coutumière a été bien établie que les oaristys entre adolescentes n’étaient pas quelque chose de tolérer. Au fond, rien chez Cassie ne peut être toléré par cette institution.

La manigance de sa camarade s’achève. L’ironie dans le ton de sa voix amuse presque Cassie et l’aurait certainement fait si elle avait pu être amusée. Les commissures immobiles, la pensionnaire est alerte aux propos de la criminelle, dont elle semble devenir la complice. Dans ce cas, l’Anglaise pure sang devra lui rendre l’appareil. Celle-ci l’encourage à quitter les chambres. Cassie s’apprête à la suivre, mais avant toute chose, s’assoit devant son lit et plonge sa main dans un trou très mince du matelas, en sortant son ravitaillement en cannabis, puis, dissimule un petit pétard dans l’oreiller de la parfaite dont la tignasse n’aura plus jamais le même éclat, thanks to Cassie and the blond girl. La Canadienne s’échappe à son tour, aux côtés de son acolyte. Bonnie and Clyde font-ils, songe-t-elle alors que sa partenaire de crimes s’épouvante face à l’horreur des lieux. Les faussetés, les illusions, les délires sont l’essence même de ces corridors, des classes aux doctrines véreuses, des professeurs dogmatiques à souhait. Au sein de ce cirque des tortures, elle et la dénommée Reese feront parties de la catégorie familièrement appelée : les projets. Les projets sont ces filles inattentives, elles ne sont pas assouplies, pas apprivoisées. Toutefois, la direction croit pertinemment que leurs efforts disciplinaires mèneront à la réhabilitation de ces pauvres patientes. À cette heure, sans même avoir pris le temps de rencontrer son cœur et d’examiner ses défectuosités, la jeune fille du Canada sait qu’un dossier sur son cas trône déjà en amont de la paperasse professionnelle de la directrice. Cassie a toujours été un projet. Dans toutes les écoles où elle grandit, toujours avait-elle été stigmatisée, catégorisée. Intruse dans le milieu scolaire, mais trop brillante pour en être excusée. Qui d’autres, à son âge, parlait quatre langues, lisait Tolstoï, Marx, Rousseau, Sartre et de Sade et lançait des répliques dignes des sages ancestraux nippons à qui veut bien l’entendre?

« We can’t really blame ‘em, can we? The world is a place full of wrongness. These people just are wronger than most of us. Thus, it’s our duty to be right. »

Cassie observe la réaction de la blondasse. Celle-ci ignore ce dans quoi elle s’est engagée. La journée de Cassie est loin d’être achevée et il lui reste beaucoup à faire ici avant de s’évader. Reese l’épaulera. Après tout, entre rebelles, les questions ne se posent pas. Plus tard, Cassie attire sa récente alliée dans un placard. Bien que plusieurs idées passent dans sa tête, l’heure n’est pas aux batifolages. Plus tard, possiblement. Ce que ce placard a de particulier, c’est cette fenêtre haute laquelle donne accès au toit. Cassie raffole des toits. C’est un peu sa manière de baptiser une école, de témoigner de ce lien conflictuel entre elle et le bâtiment, de trouver la manière de grimper en son sommet et d’observer le ciel zigzaguer dans tous les sens, alors qu’elle, dans son corps chimique et puérile, gire contre le centre de la Terre. Cassie tourne sa tête afin de plonger son regard dans celui de Reese et l’inciter à la suivre.

« Come on. Live a little. » susurre-t-elle.

Les adolescentes s’installent sur le toit, dissimulées des regards inavertis. Cassie s’étend contre la brique, le ventre face au ciel. Elle tire de ses poches un pétard et un briquet. La combustion a lieu, l’inhalation suit. Un souffle de fumée s’extirpe de sa bouche. Allongée ainsi contre le toit, elle ressemble à s’y méprendre à une cheminée. D’un mouvement de main, elle incite Reese à venir la rejoindre, se prélasser avec elle. Sa main se tend afin de proposer à sa nouvelle camarade le pétard tout feu tout flammes.

« Have you ever smoked spliff? »

Elle laisse sa tête se détendre, ses yeux se clore. Le vent frais et tiède de septembre tambourine contre sa tempe. Malgré tout, elle n’est toujours pas heureuse. Ce vent frais et tiède de septembre qui tambourine contre sa tempe, n’est pas celui de sa forêt boréale, mais celui de Londres, d’un pensionnat sec et répugnant. Même la beauté de Reese ne l’inspire pas autant que ce qu’elle pourrait lui inspirer dans un décor sauvage.

« It’s Cassie, by the way. »
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MessageSujet: Re: L'enfer est pavé de bonnes intentions... ◊ Cassie   Lun 9 Mai - 22:15

Reese. Quel joli prénom, songe Cassie. Le trouble qu’elle ressent est très différent de celui de Cassie, mais leurs origines se révèlent similaires. L’adolescente devine que sa camarade est perdue dans ces corridors rigides et imperméables, que son existence en soi s’est avéré jusqu’à même temps une série de murs de plus en plus froids et coriaces. Les limites de son monde se raccourcissent, se durcissent, inlassablement. Cassie éprouve de la pitié pour sa nouvelle amie. Au moins, elle a connu les courses étourdies et interminables en forêt, les baignades spontanées dans les rues de la Colombie-Britannique, complètement azimutée, enivrée. Encore aujourd’hui, Cassie chérit les souvenirs de son enfance heureuse, tel l’épisode pendant lequel elle et ses amis avait usurpé le bateau à moteur du père de l’un d’eux, afin d’aller faire la java sur l’English Bay. Ils avaient bu des Poppers Wild Ice et déniché un microscopique pétard qu’ils s’étaient partagé avec beaucoup de fébrilité. Ou encore, cette fois où, elle et trois de ses amis les plus proches avaient sauté dans un autobus de nuit en direction de Banff, sans alerter personne de leur évasion soudaine. La surprise et l’exaspération de leurs parents avaient été colossales quand leurs progénitures les avaient appelé avec un ton coupable, leur révélant qu’ils n’avaient pas assez d’argent pour revenir à Vancouver, après avoir tout flambé afin de faire un parcours en téléphérique, puis se prélasser dans des sources naturelles d’eau chaude. Presque heureuse à l’idée de ces souvenirs, Cassie ne peut s’empêcher toutefois de se morfondre à l’idée qu’elle ignore dorénavant comment réanimer cette allégresse qui, naguère, accompagnait son esprit lors de ses folies. Aujourd’hui, elle n’éprouve qu’un immense regret de ne pas s’être enfuie alors qu’elle en avait la chance. Au contraire, pendant un instant, elle avait même été charmée par l’idée des excès qu’elle pourrait se permettre, maintenant libérée du joug parental. Certes, sa réaction initiale quand ces parents lui avaient annoncé qu’elle allait vivre à Londres dans un pensionnat, avait été la colère, un mépris naissant à la vue du visage de ses parents. Toutefois, les possibilités de discorde l’avaient séduite. Voilà pourquoi elle n’avait pas fui. Et voilà d’où jaillissait son regret aujourd’hui. Dès que son pied s’était déposé sur le sol anglais, sur la terre où elle est née, sur ce continent dépassé et sénile, un dégoût brûlant s’était échappé d’elle tous azimuts, pour tous êtres et toutes choses. Bref, peut-être le trauma de Reese était-il semblable, ou non. Assurément, Cassie la regarde inhaler la fumée de cannabis pour la première fois et la trouve remarquable.

« They wanted me to disappear. To vanish and never come back, at least, not the way I was. They got their first wish. »

Sa nuque se détend, sa cervelle se décompresse, ses pensées ralentissent et leur fréquence diminue. Ses poumons sont imbibés de la saveur de l’herbe, si savoureuse et si voluptueuse, que ses narines goûtent à chaque respiration. Caressant le moment qu’elle apprécierait presque, si elle ne demeurait pas hantée par poids invisible, Cassie écoute le récit de Reese, déjà enveloppée dans une agréable transe. Un ouï-dire lui a déjà susurré que plus les gens sont malheureux, plus rapidement les stupéfiants agissent sur eux. Presque instantanément, à la suite de la première inhalation, Cassie se sent transportée, comme secourue d’un cadre rigide. Elle s’évade de la toile dont elle fut faite prisonnière. La fumée qu’elle recrache est si abstraite, si délicate, synonyme de cet état fugace qu’elle n’atteindra jamais tout à fait. Alors qu’elle termine la dernière bouchée du pétard, elle le balance loin de sa vue et s’étire contre le béton clair et frais du toit du pensionnat, l’une de ses mains tâtant même la texture de ce qui pour Reese et elle fait maintenant office de sol, alors que pour d’autres, il s’agit de leur ciel impénétrable.

« It sucks to be born sometimes. » conclut-elle aux mots de la blonde.

La compassion de Cassie à l’égard du malaise de Reese se manifeste dans le regard qu’elle pose contre elle. Sa quête d’identité, de personnalité, d’originalité résonne de tout son corps, à l’image d’un diapason. Seulement, celui-ci ne rime pas avec la musique de ce monde débile. Alors, elle est présumée brisée. Leurs défauts de fonctionnement sont notifiés et persécutés. Cassie’s been there. She knows.

Elle se soulève, quittant le confort de sa pose allongée, s’approche de Reese et dépose une main contre l’épaule de celle-ci. Ses yeux plongent dans les siens, alors qu’elle l’incite à rendre une promesse.

« Don’t let them change you. Don’t go. »

Voilà le conseil même qu’elle aurait voulu recevoir de la part de quelqu’un capable de voir et d’identifier sa douleur. Jamais Cassie n’aurait cru rencontré quelqu’un de son genre dans de tels lieux de droiture et d’homogénéité. Réalisant l’intensité gênante du moment, elle se retire et s’éloigne, affiche un sourire qu’elle veut vrai, malicieux et mince. Aussi rapidement qu’il est apparu, il disparait, son absence de sincérité ne lui permettant pas de tenir cette grimace mensongère davantage longtemps. Cassie se retourne vers le son de l’autoroute au loin et détache sa queue de cheval parfaite, ébouriffe ses cheveux. Derrière un réservoir sur le toit, un sac est rempli de vêtements osés, presque déchirés. Sans gêne, l’adolescente se dévêtit afin d’enfiler un pantalon noir meurtri de déchirures et une camisole grisâtre, trouée et ample. Elle ajoute des bracelets de plusieurs couleurs, dont plusieurs en forme de bâton lumineux dont le mélange des réactifs ne produit plus d’éclairage. Néanmoins, Cassie apprécie leur vivacité. Enfin, elle enfile une veste de cuir ébène. Puis, l’adolescente balance à Reese le reste du sac, afin qu’elle se serve, si l’envie lui prend de la suivre.

« I dare you to follow me. We’re gonna have fun. And a shitload of pizzas, of course. »

Une gigantesque benne à ordures est sise contre un mur. De là, il est aisé pour les filles de s’y élancer, puis de retomber au sol.

« We are lucky, sometimes, they leave it opened. »

Il y a une ouverture dans la clôture, très évidente. Cassie s’en approche, avant de se retourner vers Reese, une idée en tête.

« There’s a door to the nursery there. They have pills, painkillers. We should get some, shouldn’t we ? »
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MessageSujet: Re: L'enfer est pavé de bonnes intentions... ◊ Cassie   Mer 1 Juin - 16:07

Elle n’arrêtait pas de s’interroger, se demandant lorsque les herbes allaient suffisamment embrumer son esprit pour qu’elle traverse cet état cotonneux, qui, c’était le cas de le dire, vendait du rêve. Se faisant, elle ne réalisait pas qu’un mince filet voilé s’était déposé devant son regard, altérant sa vision. Agissant comme un filtre, ce dernier augmentait son temps de réaction, et faisait flotter chacune de ses pensées, devenues éphémères, stagnaient à la surface, avant de s’évaporer complètement. Inconsciente du phénomène, cela ne l’empêchait pas de trouver de la légèreté partout en elle, comme si le putain de poids qu’elle portait en elle H24 n’était qu’un lointain souvenir qu’elle avait inventé. A quoi bon penser à ses parents, à quoi bon parler d’eux, qu’est-ce que ça changeait ? Ils n’étaient pas là, ils ne la critiquaient pas, ils ne la jugeaient pas, et ça c’était bon. Elle n’avait de compte à rendre à personnes, surtout pas à ces autres petites connasses en bas, alors qu’elle était si haut. Elle se demanda comment elle avait pu trouver ses problèmes insurmontables, quand elle pouvait juste les envoyer valser d’un bon coup e pied. Ils lui reviendraient dans la gueule dans un moment, tel l’effet boomerang, mais rien qu’elle ne puisse pas affronter pour l’instant. Ironiquement, c’était un bol d’air pur qui s’immisçait dans sa tête, devenue comme un ballon d’hélium qu’on aurait percé. Son mur n’en était plus vraiment un. D’ailleurs de là où elles se trouvaient, avec Cassie, il n’y en avait pas un pour l’empêcher de progresser.

Elle haussa mollement des épaules lorsque Cassie qu’elle regrettait parfois de subir ce monde qu’on leur avait imposé sans choisir. Elle détestait la terre entière, mais elle comptait bien leur faire à tous un gros fuck, à eux, et leurs idées préconçues, ça, ça n’avait pas changé. Toutefois, elle n’avait pas de mauvais souvenirs de son enfance, et au contraire, souvent elle se demandait comment celle-ci avait disparu, et comment. A cette époque, elle avait toujours eu le sentiment d’un bonheur inébranlable, ponctué de petits désagréments, mais pas assez puissant pour mettre à mal sa bonne humeur général. Et puis un jour, elle avait commencé à devenir de plus en plus morose, exaspérée, incomprise aussi. Pourquoi ? Comment ça avait. Elle ne l’avait jamais voulu, et toutefois, elle ne pouvait pas s’empêcher d’être en lutte constante avec sa famille, qui attendait d’elle ce qu’elle n’était pas. Le comportement de Cassie, ses paroles, tout ça la rassurait. Elle n’était pas un problème, elle n’était pas LE problème, puisqu’elle n’était pas la seule à se retrouver dans cette position qu’elle pouvait encore plus brandir comme légitimité. Cassie ne se braquait pas à l’écoute des paroles de Reese. Elle les argumentait. Cette bataille constante qu’elle menait avec tout le monde n’avait pas lieu d’être avec la brune, parce qu’elle se transformait en allié. Elle ne s’enflammait pas comme le soleil impétueux et colérique que portait Reese en elle, sa désinvolture, étant sa propre forme de révolte et de dégoût face à cet entourage qui n’était définitivement pas façonné pour elles.  

La drogue la fit frissonner lorsque Cassie écourta la proximité qu’il y avait entre elles deux. Ses sens étaient autant endormis qu’ils réagissaient avec vigueur dès qu’ils se trouvaient sollicités par surprise. Elle ne s’en ému pas plus que ça.

- Oh, don’t worry for that, elle sourit avec un air perdu, dont elle ignorait tout, se baladant sur son visage. I have hard head, dit-elle, et pour illustrer son propos, elle se tapa la tête de ses phalanges.

Comme Cassie s’écarta, elle suivit machinalement le mouvement, en se redressant légèrement dans sa direction, tandis que celle ci ôtait ses vêtements pour en adopter d’autres, dissimulés dans un sac, lui même bien caché.

- Ok, so you have a lot of surprises in you hat. There are an another rabbit maybe ? Pendant que sa nouvelle copine lui laissait troquer son uniforme à son tour, elle observa son nouveau look, qui renforçait son attitude. You look like a different person, you’re a truly badass ! plaisanta t-elle.

Elle enfila à son tour un short en jeans élimé, mis en avant par des collants résilles troué à l’avant d’une des cuisses. Par dessus un tee-shirt trop grand pour elle, laissant entrevoir ses sous vêtements. Elle avait été encore une fois partagée l’espace d’un instant. Elle l’avait trop l’habitude d’être une contestataire et de montrer sa force de caractère en effectuant des refus. L’envie de s’échapper quelques heures lui faisait trop envie pour avoir l’idiotie de refuser cette invitation en or. Elle retomba lourdement sur la benne à ordures, sa souplesse étant diminuée par les substances illicites.


- What are we waiting for ? Elle s’élança, après la suggestion de Cassie, tout en essayant de réfléchir à une procédure pour récupérer leurs cachets en toute discrétion, ce qui en l’état actuel des choses n’était des plus évident. You know exactly where there are ? Autant savoir avec précision ce qu’il en était, histoire de ne pas perdre de temps.

Elle entrebâilla la porte, tendit l’oreille pour vérifier que tout était calme à l’intérieur. Elles se faufilèrent dans une sorte d’antichambre, et elle chercha le regard de son amie, pour qu’elle lui donne plus de directives. Il y avait une étagère où était entreposée toutes sorts de substances, dont ce qu’elles recherchaient. Reese n’hésita pas à se servir, peut être avec un peu trop d’entrain, étant donné que ses réflexes étaient faussés. En se retournant ses hanches tapèrent un carton rempli de tout un tas de bricoles, qui bascula sous le choc, révélant leur présence. Il y eu des éclats de voix, une chaise qui racle, dans le probable bureau d’à côté. Reese s’extirpa de là tant bien que mal, avant qu’elles ne prennent toutes les deux la porte de la sortie.

- Come on, let’s go ! s’exclama t-elle, ne pouvant masquer le fou rire dont elle était prise. Heureusement le trou de la clôture n’était pas très loin, et elle plongea dedans sans réfléchir, égratignant le genou gauche au passage, et trouant un peu plus les collants qu’elle portait. Sans s’attarder, elle se redressa pour se mettre à courir à vive à l’heure et mettre le plus de distance possible en elle, et le pensionnat de l’enfer.
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MessageSujet: Re: L'enfer est pavé de bonnes intentions... ◊ Cassie   Dim 12 Juin - 4:28

La démarche de Reese amuse presque Cassie. De voir cette ingénue pénétrer les locaux avec une assurance incroyable, mais une aisance discutable, s’avère un spectacle divertissant. Si divertissant que la Catalane préfère observer les compétences de sa nouvelle amie en matière de cambriolage, plutôt que de s’en charger elle-même. Enfreindre les règles procure chez elle une sensation intense, tant qu’elle ne saurait la décrire, tant l’émotion se révèle être ineffable. La discorde, encore et toujours. Si Londres lui offre un nouveau terrain de jeu, cette idée n’est pas suffisante pour lui faire oublier sa maison, l’ouest, le Nouveau Monde. Ces idées ne cessent de la hanter depuis son arrivée, la hantise n’étant pas même assez puissante pour illustrer les maux qu’elle subit, la torture l’étant. Le plus atroce s’avère que ces parents se révèlent être ses bourreaux. Si, quelques mois plutôt, la bêtise de Reese dans cette situation l’aurait amusé, l’aurait fait rigoler, Cassie se contente de l’observer, les bras croisés, divertie tout au plus. Elle a tout perdu, cette pauvre fille, les horizons interminables de l’Amérique et du Pacifique, mais aussi, toutes ces personnes qu’elle a connues. Depuis son arrivée à Londres au début de l’été, elle n’a fait que de nouvelles rencontres, ne croisant personne qu’elle connaissait préalablement à son exil, qui en est tout à fait un. À huit heures d’intervalle de tout ce qu’elle connait, de la Cassie du passé. Si elle mimique observer les actions de Reese avec un mélange de désintérêt et de moquerie, en réalité, elle est davantage éprise par la douleur de ses souvenirs heureux, lesquels semblent dorénavant appartenir à une autre personne, à une autre vie.

Si le bruit que Reese émet accidentellement n’incite pas Cassie à remuer un poil, l’énervement dans la pièce adjacente sait fait résonner en elles mille et un réflexes, son instinct s’emparant de d’elle avec une folie dont elle est à la fois la victime et la coupable. Ses jambes s’élancent vers la sortie de secours, puis elle se glisse entre l’ouverture dans la clôture, Reese et leurs trouvailles à sa suite. Plongeant dans la forêt qui auréole le pensionnat, les adolescentes foncent vers le son familier et ronronnant de l’autoroute. L’adrénaline nourrit Cassie d’une symbiose avec le moment qu’aucune drogue ne peut lui procurer. Ce picotement dans ses cuisses, à force de courir, de fuir, la fait autant souffrir qu’il la fait jouir. Cet essoufflement surpasse celui de ses meilleures baises et de loin. Son haleine va et vient suivant une cadence sporadique et passionnée. Même si le pire qu’elle risque se révèle être la retenue, son talent académique faisant d’elle une perle indispensable au pensionnat la prévenant de l’expulsion, elle se sent tout de même en danger, tout son corps se mettant en alerte, sa volonté se décuplant, son esprit s’envolant. Pourtant, plutôt que de lui procurer ce bonheur que la fuite a su lui procurer il y a de cela quelques années, aujourd’hui, celle-ci ne sait qu’accélérer sa rage, sa rancœur. Elle ne fuit plus par ennui ou par arrogance, mais bien par vengeance et par désespoir, rendant l’exercice d’autant plus frustrant, mais dans un certain sens, d’autant plus stimulant.

Enfin, sentir l’âme de Reese poursuivre la sienne dans cette course effrénée et délirante au milieu des brindilles aide à tranquilliser son esprit, à éloigner également ces malheurs. Après tout, vivre ses péripéties avec un visage familier à ses côtés pourrait adoucir leur teneur affligeante. D'autant plus que la Londonienne blonde, depuis leur rencontre fortuite, ne s’est pas montrée rebutée ou même outrée par le dégoût de Cassie pour l’institution qu’elle fréquente ou même ce monde dans lequel elles sont ligotées. Cette attitude sait d’autant plus la charmer, de sorte que, malgré ses maux, la Catalane sait reconnaître que le moment qu’elle passe à fuir l’enfer et ses vilains dans les bois demeure d’une certaine manière vif, suffisamment vif pour que son sang se pompe de manière irrégulière, voire inusitée, sensation dont elle raffole, surtout maintenant que son quotidien de prisonnière ou de damnée ne lui permet plus toujours une telle évasion. Soudainement, les jeunes filles tombent sur un fossé, les séparant de l’autoroute. Victorieuses sont-elles, songe Cassie. Celle-ci sait qu’un arrêt d’autobus ne se trouve pas très loin et saura les mener au métropolitain de la capitale. Elle incite Reese à la suivre.

« I’m telling you, we are gonna find the best pizzas in London are eat the shit out of them. » s’exclame-t-elle.

Cassie ment légèrement dans ces promesses, étant donné qu’elle-même déteste se gaver. La nourriture est une réalité trop fondamentale et obligatoire pour elle. Sans bouffer, les êtres crèvent et ça l’énerve. Sans être atteinte de troubles alimentaires, loin de là, son plaisir, elle le trouve dans des sensations qu’elle juge mélioratives, excitantes, exacerbées. Les drogues et l’alcool lui offrent ces plaisirs. La nourriture? Très peu. Néanmoins, elle se fera un plaisir d’observer sa nouvelle amie se goinfrer, surtout étant donné l’appétit que le cannabis creusera en elle d’ici leur arrivée à Londres. Soudainement, le souvenir des pilules usurpées réapparait dans l’esprit de Cassie, laquelle les saisit gentiment des mains de Reese.

« Reese, you funny fool. These are like all aspirins. Oh wait! Oh fuck, congrats, you hit the jackpot Reese, look at that. You stole some Xanax. »

Balançant les autres boîtes dans le fossé, Cassie brandit les BZD devant les yeux de sa partenaire d’aventures. Elles sont maintenant arrivées à l’arrêt d’autobus. La Catalane s’empresse d’ouvrir la boîte et d’en sortir quelques comprimés, afin de la dissimuler par la suite sous son pantalon, une dame s’approchant de l’abris-bus. L’adolescente dépose alors leur précieux butin dans les mains de Reese.

« Take these two, you’re gonna have an awesome kick. »

Cassie elle-même en gobe deux, les envoyant directement dans le creux de sa gorge. Au même moment l’autobus arrive. La jeune fille sort de sa poche quelques pennies, de manière à payer pour leur trajet jusqu’à Londres.

« Since you took care of the pills for me, I’m paying you the bus ride. Only this time though. » souligne-t-elle à la blague, se surprenant elle-même de son usage de l'humour.

Les deux adolescentes se dirigent vers le fond de l’autobus. Impatiente, Cassie attend le début des effets, excitée par leurs effets qu’elle prédit. Son audace est attisée, plus rien ne l’empêchera ce soir de se défoncer.

« Tonight, we're going out. Soy completamente loca. »
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MessageSujet: Re: L'enfer est pavé de bonnes intentions... ◊ Cassie   Mar 12 Juil - 14:32

Putain que c'était jouissif. Elles courraient toutes les deux comme des dératées et Reese n'avait aucune idée si oui ou non, Cassie savait si elles avaient une direction précise où se diriger. Elle n'allait pas s'arrêter pour lui poser la question, son but étant de mettre le plus de distance possible entre elles et cet institut de merde. C'était encore plus satisfaisant de savoir qu'elles avaient manqué de se faire prendre, mais d'être quand même passé à travers les mailles du filet. C'était quand même bien connu que plus on essayait d'enchaîner quelqu'un, plus il allait mettre tout en œuvre pour ne pas se laisser emprisonné ! Elle regardait droit devant elle, les yeux plissés, sans regarder où est ce qu'elle foutait les pieds, ce qui lui valut de trébucher une ou deux fois, mais qui n'entraîna aucune chute. Reese était une énergumène en la matière, mais Cassie, elle, semblait être déjà sortie des rangs depuis bien longtemps, malgré leur âge somme toute assez jeune. Mais ça c'était pareil. Qui avait décrété un jour que certaines activités n'étaient réservées qu'à une certaine catégorie de personnes répondant à des conditions arbitraires ?! Débile. Elle ne supportait pas de se faire infantiliser de cette manière, comme si elle était trop bête pour comprendre tout ça parce qu'elle n'avait pas cent sept ans. Pour être toute vieille, dégueulasse et ridée ? No way. Et mêlez vous de votre cul aussi. Elle se laissa glisser avant de faire un dernier grand saut, en arrivant vers cette pente qui les conduisait vers la vie humaine. La vraie.

- Who do you think I am ? Pour une fois, elle peinait à masquer son excitation, rappelant l'adolescente qu'elle était, malgré son look et l'expression de son visage qui lui donnait un air plus âgé. I stole since I have... You know what, I don't ever remember when ! Ce qui était loin d'être vrai parce qu'elle n'avait pas toujours été cette horrible enfant pas sage qu'elle était devenue à présent.

En grimpant dans le bus, elle se sentit prête à aller conquérir le monde, ou au moins Londres, ce soir. Elle avait discrètement enfourné elle aussi sa consommation, attendant les effets, et s'installa dans le fond du véhicule, à moitié désert.

- Okay, so you know nice places in London ? I'm listening. Elle s'affala un peu plus sur son siège, tandis que le bus s'arrêtait à un nouvel arrêt laissant entrer un groupe de trois garçons, visiblement plus vieux, qui s'installèrent non loin d'elles.

La conversation forte qui se jouaient à côté des deux filles lui permit sans hésiter de tendre l'oreille, attirant son intérêt. Ils évoquaient un entrepôt en banlieue de Londres, abandonné au premier abords, mais où une soirée était organisée dans les sous sols. Il n'y avait que le conducteur, deux autres passagers concentrés sur la musique de leur mp3, et elles deux, qui semblaient sans doute trop innocentes pour oser les dénoncer. S'ils savaient. Reese se redressa, laissant ses cheveux s'exciter de chaque côté de ses épaules, s'appuya sur le siège devant elle, pour les interpeller.

- Come on guys ! Are you serious ? We're going there too ! Let's go together, elle ne jeta pas me moindre regard à Cassie, pour ne pas vendre son mensonge. Elle n'avait plus qu'à suivre. You're in ? Demanda t-elle a l'attention des trois garçons. Elle se sentait prise d'une énergie nouvelle, qui n'était pas être pas sans rapport avec les substances qu'elle avait ingurgité un peu avant.

Espérant avoir botté en touche, elle chuchota plus bas à Cassie, avec un ton victorieux :

- Party is already here ! Elles s'étaient trop engagées sur la route des nouvelles expériences pour manquer la moindre occasion, surtout que la petite troupe qu'elle avait accosté paraissait être intéressée, et ramenaient leurs fesses sur des assises, plus près d'elles. Pretty nice, really, minauda t-elle, auprès de sa copine. Il n'y avait plus qu'à laisser le temps tourner. En leur faveur, bien sûr.
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L'enfer est pavé de bonnes intentions... ◊ Cassie
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