Jeanne & Erwann | This is the first day of my life

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MessageSujet: Jeanne & Erwann | This is the first day of my life   Jeu 31 Mar - 21:53



This is the first day of my life
Jeanne & Erwann

Il avait passé dix ans de sa vie à attendre le moment où il entrerait de nouveau dans cet hôpital, une blouse de médecin sur le dos, et voilà qu’il y était enfin. Ca faisait un peu plus d’une semaine qu’il faisait officiellement partie du personnel, et pourtant, il connaissait déjà les lieux. Ca n’avait pas tellement changé depuis son adolescence, quelques murs repeints, quelques salles ajoutées, des équipements plus modernes, mais rien d’assez différent pour le perdre. Il en avait passé du temps à se promener entre ces murs, ignorant parfois les interdictions des médecins. Revenir ici lui rappelait le passé, aussi bien douloureux que réconfortant. Cet hôpital avait été sa maison, pendant un temps, et dans son cœur, cette marque était restée gravée. Il retrouvait certain de ses anciens médecins, plus vieux bien sûr, mais toujours là, avec qui il était fier de parler de son parcours, depuis ce temps où il avait bien failli y rester. Il en avait fait du chemin, c’était ce qu’on lui disait. Il ne s’étalait jamais sur son passé, préférant le laisser derrière, si bien que seuls ceux qui avaient été là étaient au courant de sa leucémie. Ce n’était pas spécialement pour garder ça secret mais… Il n'avait simplement pas envie qu’on le voie comme ça.

Aujourd’hui, il avait décidé de faire un tour de la section pédiatrique, pour connaître tous les patients qui s’y trouvaient. C’était peut-être inutile pour certains, mais c’était pourtant très important à ses yeux. Son petit tour le mena à la chambre 204, celle qu’occupait Tobias, dix ans. Il avait déjà eu l’occasion de le voir lors d’un rendez-vous, mais jamais personnellement. Il n’y avait que lui dans la pièce, le moment parfait pour venir. Il frappa à la porte, et entra directement. Après s’être rapidement présenté, et avoir échangé quelques mots, il prit place sur le siège à côté du lit, pour faire plus ample connaissance avec le garçon. « Ca fait longtemps que tu es là ? » Tobias hocha la tête, d’un air abattu. « Quelques semaines maintenant, je m’ennuie. » Il ne pouvait que le comprendre. Passer son temps dans un hôpital, à entendre parler de maladies, à voir passer les médecins et les infirmiers, avec des visites, bien que régulières, tout de même trop rares, ce n’était pas une partie de plaisir. « Tes amis viennent te voir ? Tu as un frère, une sœur ? » Un nouveau hochement de tête et il esquissa un petit sourire. « Oui, j’ai un petit frère ! Il a trois ans, il vient quelques fois avec papa et maman. Et j’ai quelques copains qui viennent, Vanessa surtout, et Richie ! C’est mes meilleurs amis ! » Il se mit à rire, attendri.

Leur discussion dura une bonne dizaine de minutes, avant qu’il ne finisse par lui demander son dessin animé préféré. « Tarzan ! J’adore Tarzan, il est génial ! » « Ah ! Très bon choix, c’est aussi mon préféré ! » Tobias éclata de rire, comme pour lui montrer qu’il avait passé l’âge de regarder des Walt Disney. Et pourtant… « Mais chut, ne le répète pas, on va encore me dire que je suis trop vieux pour ça ! » Ils se mirent tous les deux à rire et, pris d’un soudain élan d’enthousiasme, Erwann se mit à imiter Tarzan, devant l’hilarité du garçon, ignorant les quelques regards qui auraient pu traverser la pièce à ce moment-là. Lorsqu’il en vint à son cri légendaire, Tobias, dans un nouvel éclat de rire, interpela quelqu’un à l’extérieur. « Jeanne ! Jeanne, viens voir, le docteur aussi adore Tarzan ! » Comme s’il venait de prendre conscience que son public ne se constituait plus uniquement de l’enfant, Erwann se stoppa net, avant de se retourner pour faire face à cette fameuse Jeanne, une main dans la poche, l’autre derrière la tête en signe de gêne, embarrassé. « Allez, recommence, recommence ! Jeanne aussi elle adore Tarzan ! » Il lâcha un rire en posant enfin son regard sur l'inconnue qui venait d’entrer dans la pièce. Plus il l’observait, plus son rire se stoppait, et plus son cœur accélérait. C’était ridicule, il n’était pas vraiment de ceux qui croyaient dur comme fer aux coups de foudre, mais c’était comme si une bulle s’était formée autour d’eux alors que ses yeux s’étaient posés sur elle. Il y eut un moment de silence, et Tobias, impatient, finit par lui tirer la manche. « Alleeeeez, montre à Jeanne ! » Il reprit finalement conscience, les joues légèrement rosies, en se tournant vers le garçon. « Non, ça suffit, ah ah ! » Il cacha son embarras dans un rire, en se reculant, sans apercevoir le plateau derrière lui, que son coude heurta malheureusement. Le plateau tomba au sol, malgré ses efforts pour tenter de le rattraper, et il manqua lui aussi, par la même occasion, de chuter. Il se rattrapa tant bien que mal au bord du lit, rouge de honte devant cette femme qu’il ne connaissait même pas, mais qui l’intimidait déjà. A vingt-huit ans, il était toujours aussi manche, et il savait que si sa sœur avait été là, elle se serait moqué de lui, et elle aurait eu raison.

Tobias était hilare, alors qu’il essayait de retrouver un semblant de contenance, en tendant sa main en direction de Jeanne. « Erwann Pearson, je… hm.. Je suis le nouveau pédiatre. Je… J’étais là simplement pour… euh… Faire connaissance ? » Il esquissa un sourire maladroit, béat d’admiration. Elle était belle, trop belle pour ses pauvres yeux, et elle dégageait quelque chose de particulier, une sorte d’aura. Il se sentait pitoyable, son cœur battait la chamade, et il préféra se dire qu’il s’agissait du stress, plutôt que de la présence de cette femme. « Vous… Vous venez le voir ? Je vais peut-être… vous laisser, alors ? » Il bafouillait maintenant. Vraiment, c’en était ridicule. Elle devait le prendre pour un demeuré, et ça ne faisait même pas cinq minutes qu’elle le connaissait. Bien joué.
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MessageSujet: Re: Jeanne & Erwann | This is the first day of my life   Dim 10 Avr - 21:04

Joyeux anniversaire Lizziiiiie !!! je hurle presque, entourée de mes collègues, dans la salle de repos. C’est la fin de notre service et nous fêtons les vingt-six ans de notre rouquine préférée. Elle souffle ses bougies et tout le monde applaudit, je suis super contente mais également excitée de voir sa tête quand elle ouvrira son cadeau. On s’est tous cotisés, les collègues ont été généreux et tout le monde a participé. On a réussi à lui acheter… une paire de Louboutin ! Bon, j’y ai mis un peu plus que les autres, mais ça me fait plaisir de lui faire plaisir. Elle en rêve depuis des années et n’a jamais sauté le pas, alors il lui fallait un petit coup de pouce. Surtout que c’est tellement beau les Louboutin… J’en ai quelques paires, je les adore !
Et voilà, ses yeux s’arrondissent en voyant le sac, puis sortant la boîte et en soulevant le couvercle. Je crois qu’elle va se mettre à pleurer et je souris comme une idiote. Mais vous êtes fous !!! Oh god !! J’AI DES LOUBOUTIN !!! finit-elle d’une voix stridente en sautillant sur place. Nous éclatons tous de rire. Je ne sais pas quel prix je vais devoir payer pour avoir ça, mais j’ai comme l’impression d’avoir vendu mon âme au diable ! pouffe-t-elle, et nous avec. Elle fait la tournée des embrassades pour nous remercier et nous mangeons le gâteau. Je dois m’éclipser, ma Lizzie, j’ai promis à Tobias que je lui apporterai un petit morceau de gâteau, je lui souffle au creux de l’oreille. Elle me regarde tendrement et me sourit. Sainte Jeanne… tu lui diras que tes talents de pâtissière sont toujours intacts ! Merci ma belle ! et elle me serre dans ses bras. File auprès de ton Prince Charmant ! finit-elle avec un clin d’œil. Je ris doucement à sa blague qu’elle me sort tout le temps. Je vais tellement voir Tobias, un des patients de l’hôpital, que c’en est devenu une plaisanterie. Du haut de ses dix ans, Tobias était mon patient préféré. Un petit bonhomme adorable qui a eu la malchance d’attraper une sale maladie qui l’oblige à vivre sa vie ici, dans ces murs, au lieu d’aller à l’aventure à l’extérieur. Je l’ai connu il y a quelques années, je l’ai vu grandir ici. Et même si aujourd’hui je ne travaille plus dans le même service, dès que j’ai un moment, je passe venir lui apporter un peu de mon soleil.

Alors je prends une part de gâteau, pas trop grosse car il n’a pas le droit de manger n’importe quoi, et je la pose dans une des assiettes en carton. Encore en tenue d’infirmière, je vais me changer aux vestiaires pour pouvoir partir directement après avoir vu Toby. J’aime quand je prends les gardes dès le matin, tôt, comme ça je sors avant la fin d’après-midi et j’ai du temps pour moi pour le shopping ou visiter des expositions. J’enfile ma robe, l’une de mes préférées, et je vérifie mon maquillage qui a finalement peu bougé, et je sors, direction la chambre de Tobias, en pédiatrie. Sur mon chemin, assiette à la main, je croise plusieurs collègues qui lorgnent sur la part de gâteau. Je les rassure tous en leur disant qu’il en reste plein en salle de repos. Il faut dire que je n’ai pas lésiné sur les quantités, c’est un défaut que je tiens de ma mère. En pensant à elle, je souris, peut-être que je passerai la voir à son travail juste en sortant, ça fait longtemps. Mes talons claquent sur le sol de l’hôpital et lorsque je m’approche de la chambre de Toby, je l’entends rire aux éclats. Instantanément, mes lèvres s’étirent en un sourire heureux. Ca met du baume au cœur d’entendre des rires d’enfants par ici. Je tends l’oreille en m’approchant à pas de loup, restant derrière l’encadrement de la porte. Mais chut, ne le répète pas, on va encore me dire que je suis trop vieux pour ça ! Je ne reconnais pas cette voix, elle n’appartient pas à son père ni à son oncle, que je connais depuis le temps que je connais Toby, et cela m’intrigue. Et tout d’un coup, l’homme se met à imiter le cri de Tarzan et je mets ma main devant la bouche pour éviter d’éclater de rire tout haut. Néanmoins, piquée par la curiosité, je passe la tête dans l’encadrement pour voir qui est ce clown qui fait rire mon Toby. Et je vois une blouse blanche. C’est donc un médecin. Je regarde alors Tobias qui est mort de rire et nos regards se croisent. Jeanne ! Jeanne, viens voir, le docteur aussi adore Tarzan ! Je rentre alors dans la chambre, invitée par le jeune garçon. Je ris avec lui alors que le docteur se redresse et se tourne vers moi, hilare lui aussi. Je lève les yeux vers lui et je me sens happée par sa beauté, soulevée dans les airs et presque sonnée. Mes yeux ne peuvent plus lâcher son visage où j’observe deux adorables fossettes creusées dans ses joues alors qu’il sourit. Mais son sourire se fane alors qu’il me scrute à son tour. Oh my… ses yeux, ce regard… Je sens mon cœur tambouriner jusque dans mes tempes et je me rends compte que je ne respire plus depuis plusieurs secondes. Allez, recommence, recommence ! Jeanne aussi elle adore Tarzan ! La voix de Tobias me fait redescendre sur Terre, je papillonne légèrement des yeux, tâchant en vain de détacher mon regard de Tarzan, enfin du beau docteur. Ooooh laisse-moi être ta Jane !!! Une voix crie dans ma tête et j’essaie de la faire taire. Avouez que la coïncidence est troublante ! Jane, Jeanne, je suis simplement la version française de cette grande épopée amoureuse qui commence - dans mes rêves les plus fous, oui. Alleeeeez, montre à Jeanne ! insiste Tobias. Cette dernière requête me fait finalement atterrir et je me sens tout d’un coup ridicule et me mets à rougir de cette situation et de mes pensées. Doux Jésus… que m’arrive-t-il ? J’ose reposer les yeux sur mon beau docteur, accablée par une timidité soudaine. Peut-être qu’il n’a plus envie de jouer au clown maintenant que je suis là. Il a l’air embarrassé lui aussi. Pourtant, Tobias dit vrai, j’adore Tarzan ! Avec ma cousine, autrefois, nous nous amusions à jouer aux princesses Disney. Jane n’est pas une princesse, mais Tarzan a toujours été l’un de mes dessins animés Disney préférés. Et Jane est si drôle ! Et puis les musiques sont géniales aussi. J’en avais déjà parlé à Tobias. Lui il adore Spiderman, comme tous les enfants. Je lui ai offert une petite veilleuse Spiderman le mois dernier pour son anniversaire.
Non, ça suffit, ah ah ! répond le docteur. Au fond de moi, je suis profondément déçue qu’il ne recommence pas son petit spectacle. Je l’observe toujours, comme si j’avais buggé devant lui, tenant l’assiette avec le morceau de gâteau devant moi. Et là, je le vois faire : le docteur recule et heurte le plateau posé derrière lui qui tombe dans un fracas pas possible. Mes yeux s’arrondissent et ma bouche s’ouvre en grand, mais je ne bouge pas, comme si mes pieds restaient ancrés dans le sol. Et le docteur finit presque par tomber lui aussi, se rattrapant in extremis au lit pour ne pas chuter. Tobias éclate de rire, un rire communicatif qui m’envahit alors. Je mords mes lèvres pour éviter de me moquer du docteur et il m’est plutôt difficile de me contrôler. Dans le même temps, je trouve son air embarrassé complètement craquant et je me sens fondre jusqu’à la moelle. Adorable, vraiment adorable… En plus d’être beau comme un dieu. Dans ma tête, j’ordonne à mon cœur de calmer ses assauts, et je fais presque un pas de recul quand le docteur me tend la main en se présentant. Erwann Pearson, je… hm.. Je suis le nouveau pédiatre. Je… J’étais là simplement pour… euh… Faire connaissance ? Si je le touche, il va se passer quoi ? Peut-être que je ne vais plus jamais vouloir lui rendre sa main ? Imaginez, la honte ! Perdue dans mes pensées, j’écoute à peine ce qu’il me dit et je dois regarder son badge pour y lire son nom. Alors c’est lui le nouveau pédiatre, le « beau gosse » ? Eh bien… les filles avaient raison ! Et grand dieu, il me sourit à présent, j’ai l’impression de mourir. Mes yeux s’écarquillent, je dois avoir l’air d’une folle. Rapidement, je lui serre la main. La mienne est moite et tremblante et je m’empresse de la reprendre pour l’essuyer discrètement sur ma robe. Vous… Vous venez le voir ? Je vais peut-être… vous laisser, alors ? Je ne remarque même pas qu’il bafouille, toute ma concentration est mobilisée pour tenter de lui répondre de façon claire et compréhensible. Je… oui, je suis là pour Tobias, naturellement. Je suis venue lui apporter ça, et je tends la part de gâteau, parce que je lui ai promis et… je regarde Toby, je tiens toujours mes promesses, n’est-ce pas Toby ? L’intéressé tend le bras pour attraper l’assiette, un éclat de gourmandise au fond des yeux. Jeanne, t’es vraiment la meilleure ! Et tu sais, Erwann, c’est elle qui l’a fait ! Jeanne elle fait de super gâteaux, elle m’a fait un beau gâteau pour mon anniversaire et elle m’a offert ça ! et il brandit sa veilleuse Spiderman et je souris immédiatement, heureuse de lui faire plaisir. Je m'approche alors du garçon, frôlant le beau docteur dont j'ai déjà oublié le nom, et Toby m'arrache l'assiette des mains. Je me sens tout de même gênée et je regarde le docteur en précisant N’exagérons rien, je suis loin d’être la meilleure, et ce n’est vraiment pas grand-chose… Je… euh… Je passe une mèche derrière mon oreille, geste qui trahit mon embarras, surtout que le docteur... Pearson - je regarde à nouveau son badge - se trouve à quelques centimètres de moi à présent … c’est normal de faire ça pour les gens qu’on aime. Je regarde Tobias d’un air attendri alors qu’il dévore la part de gâteau. Merci de… de le faire rire comme ça, j’arrive à articuler d’une voix timide, puis je me racle la gorge pour m’aider à me redonner de la contenance. Alors vous êtes le nouveau pédiatre dont j’ai beaucoup entendu parler ? Ma question parait idiote. Et surtout j’espère qu’il ne va pas demander ce qu’on raconte sur lui parce que ma réponse ne serait pas très catholique… Oups.
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MessageSujet: Re: Jeanne & Erwann | This is the first day of my life   Lun 11 Avr - 21:39



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Il n’avait jamais été très séducteur, malgré les efforts de son meilleur ami pour le conseiller, le flirt s’arrêtait souvent au moment où il renversait accidentellement son verre sur la jolie robe hors de prix de son interlocutrice. Sa maladresse, autant dans ses gestes que dans ses mots, réduisait la plupart de ses chances avec les femmes. Il était devenu le sujet de plaisanteries préféré de ses amis à ce sujet, et si, au début, il en riait aussi, plus le temps passait, plus ces blagues l’exaspéraient, bien qu’il les savait justifiées. Sa plus longue relation restait son premier amour, plus de dix ans auparavant, qui avait duré un peu moins de deux ans, avant qu’il ne reparte pour Londres. Suite à cela, jamais personne ne l’avait supporté plus d’un an. Sa dernière relation avec une femme datait de l’an dernier, et elle avait fini par le quitter en lui reprochant d’être trop présent, trop « collant » selon ses propres mots. Il avait fait l’erreur de tomber amoureux de la personnification de l’indépendance elle-même, et n’avait été qu’un ridicule obstacle sur son chemin, qu’elle n’avait pas eu de mal à éjecter. Oui vraiment, il n’était jamais très à son aise avec les femmes. Les enfants, c’était plus simple, plus innocent. Il pouvait être lui-même sans craindre un rejet, puisque la plupart des enfants l’appréciait. C’était l’argument favori de sa mère lorsqu’il disait ne pas vouloir d’enfant, à l’avenir. Il était le cliché du pédiatre, paternel mais trop peureux pour devenir père lui-même. Entendre le rire de Tobias, alors qu’il imitait son personnage de Walt Disney préféré, c’était sa petite satisfaction, son bonheur quotidien. Il lui rappelait Matheo, le patient avec lequel il avait passé le plus de temps dans son ancien hôpital. Il avait eu des nouvelles récemment, le pauvre garçon n’avait pas survécu à sa dernière chirurgie. L’enterrement avait été bien plus douloureux qu’il ne l’aurait avoué. Il lui était toujours difficile de perdre un enfant, lorsqu’il refusait d’établir cette barrière pourtant nécessaire à sa profession. Il se consolait en pensant qu’il avait au moins eu la chance de le connaître, et que de là où il était, l’enfant ne souffrait plus.

Il était en plein milieu de son imitation de Tarzan, pour laquelle il semblait s’être entraîné toute son enfance, lorsque Tobias interpela quelqu’un à l’extérieur de la pièce. Il n’eut pas même encore posé ses yeux sur l’inconnue qu’il s’arrêta, pris d’un fou rire embarrassé alors qu’il se retournait pour accueillir la nouvelle venue dans la pièce. Et alors que ses yeux se posaient sur elle, qu’il tentait de reprendre un air plus sérieux, plus professionnel, son sourire s’effaça peu à peu, prenant la forme d’une moue béate devant la femme qui se tenait à présent devant lui. Elle avait l’allure d’un ange, et l’aura qui paraissait l’entourer ne faisait que confirmer son semblant de vision. Les battements de son cœur s’accéléraient sans qu’il ne puisse les contrôler, happé par la jeune femme. Embarrassé, il ne pouvait cependant pas la quitter des yeux, et ils restèrent là quelques secondes, à se regarder simplement, sans rien dire, avant que Tobias n’intervienne pour lui demander de recommencer son imitation. Il ne l’entendit que d’une oreille, et le garçon dut lui tirer la manche pour qu’il réagisse enfin. Il refusa, soudain plus timide, et alors que tout semblait aller pour le mieux, sa maladresse légendaire le rattrapa. Le plateau qui se trouvait derrière lui, heureusement vide de toute nourriture, tomba au sol, et il l’aurait rejoint lui aussi s’il n’avait pas eu le réflexe, ou la présence d’esprit, de se rattraper au bord du lit de Tobias. Lui, riait aux éclats, et alors qu’il se relevait tout aussi maladroitement, il vit le sourire retenu de la dénommée Jeanne, et comprit immédiatement qu’il venait de perdre toute chance de paraître un tant soit peu intéressant à ses yeux. Après tout, comment elle pourrait s’intéresser à quelqu’un comme lui ?

En un regard, il avait eu l’impression de la connaître, comme si, plus que son simple regard, il avait sondé son âme, et quelle âme ! Il ne l’avait pourtant jamais vue dans les parages, elle devait être de la famille de Tobias. Il osa lui tendre la main pour se présenter, bafouillant légèrement bien malgré lui, en lui adressant un sourire un peu trop niais à son goût. Elle mit quelques instants à réagir, mais lorsqu’elle lui serra la main, il sentit comme un courant électrique le parcourir. Elle la retira bien vite et il détourna le regard en direction de Tobias, comme s’il venait de se souvenir de la présence du garçon. Il demanda alors à la jeune femme si elle était venue lui rendre visite, regrettant immédiatement son ton si peu assuré et sa question presque rhétorique. En réponse, sa voix, douce et claire, perça le silence. Elle avait si adorable, cette femme. Ca tenait à peu de choses : la lueur dans ses yeux, la douceur de sa voix, la finesse de ses traits, sa façon de sourire… Il fit de son mieux pour détacher son regard d’elle lorsqu’elle montra ce qu’elle avait dans la main, une assiette en carton sur laquelle trônait une part de gâteau qui semblait tout droit sorti d’un four pâtissier. Lorsqu’elle se tourna vers Tobias, il en fit de même, touché par l’intention de cette Jeanne à l’égard du garçon, dont le visage s’illumina d’un nouveau sourire, alors qu’il chantait les louanges de la jeune femme en brandissant une veilleuse Spider-man qu’elle lui avait apparemment offert. Il éclata de rire et s’éclaircit la gorge pour parler d’une voix claire et distincte, plein d’enthousiasme. « Wow, t’en as de la chance ! Une veilleuse Spider-man, et une part de gâteau fait maison, c’est que tu es gâté dis-moi ! » Jeanne s’approcha de Tobias pour lui donner l’assiette, qu’il s’empressa d’attraper.

La distance qui les séparait s’était réduite, et il pouvait sentir son parfum de là où il était. Et Dieu, ce qu’elle sentait bon. Il ne put s’empêcher d’humer le parfum une nouvelle fois, avant qu’elle ne se retourne pour lui faire face, et qu’il s’écarte légèrement, le rouge lui montant aux joues malgré lui. Elle rectifia en toute modestie les propos du garçon, et il ne put retenir un petit sourire attendri en l’entendant dire qu’elle faisait ce genre de choses pour les gens qu’elle aimait. « Mon côté pédiatre vous dirait qu’il faut faire attention… Mais moi, je trouve que c’est une attention adorable. Et puis, ce gâteau a l’air délicieux, en plus de ça ! » Oui, si délicieux que Tobias n’avait pas perdu une minute avant d’en prendre une bouchée. Il y eut un instant de silence pendant lequel ils observèrent l’enfant, puis elle le remercia, lui, de le faire rire. Il baissa la tête en lâchant un petit rire, touché, en se frottant l’arrière du crâne, comme il le faisait si souvent face à un compliment qu’on lui adressait. « Oh c’est… Je fais de mon mieux. Il faut apporter de la vie par ici, entendre parler de toutes sortes de traitements, de résultats médicaux, et de précautions à prendre toute la journée, c’est… » Il prit un instant pour réfléchir, puis abandonna sa phrase d’un haussement d’épaules. « Entendre un enfant rire, c’est ce qu’il y a de mieux. » Il esquissa un léger sourire, et fit quelques pas vers la sortie, prêt à les laisser seuls, conscient de n’être que le médecin, et non l’ami, ou la famille. Et pourtant, une nouvelle fois, la voix de Jeanne fendit le silence, et il se retourna. « Co-Comment ça ? Qui vous parle de moi ? C’est en bien j’espère ! Si ce sont de vieux pédiatres, ne les écoutez pas, ils radotent de vieilles histoires et profitent du fait de me connaître depuis bien plus longtemps pour en raconter de belles sur moi ! » Il se mit à rire, puis baissa la tête, l’impression de paraître ridicule ne quittant pas son esprit. « Qu’est-ce qu’on dit sur le nouveau pédiatre de l’hôpital ? » Il passa sa main dans son cou, un peu gêné de poser la question à un proche d’un patient, mais il n’avait pas pu s’en empêcher.
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MessageSujet: Re: Jeanne & Erwann | This is the first day of my life   Sam 7 Mai - 7:17

Je ne peux m’empêcher de sourire quand Tarzan fait mine de s’émerveiller devant la veilleuse Spider-man que j’ai offerte à Toby. Une scène attendrissante qui me fait penser que cet homme doit déjà être père. Sa façon d’être avec Tobias va dans ce sens. Son ou ses enfants doivent être très heureux avec un clown pareil en guise de père. C’est exactement comme ça que je m’imagine le père de mes futurs enfants.

Lorsque nous nous trouvons en face à face rapproché, je sens la terre se dérober sous mes pieds. Je ne réponds vraiment plus de moi, je me sens complètement idiote et gênée, je ne sais plus où me mettre, que faire, que dire, où regarder. Mon dieu, cela fait bien longtemps qu’un homme ne m’a pas fait cet effet-là. D’ailleurs aucun homme ne m’a jamais fait cet effet-là, le docteur… Pearson – zut je ne vais pas arriver à retenir son nom – me chamboule. J’ai beau essayer de freiner le rythme des battements de mon cœur, rien n’y fait. Seigneur dieu, venez-moi en aide !
Entendre un enfant rire, c’est ce qu’il y a de mieux. Sa conclusion m’arrache un léger rire - charmé - que j’étouffe bien malgré moi. Oui, le rire d’un enfant est la plus douce des mélodies, surtout quand on les aime, comme j’aime mon petit Tobias. Je lève les yeux dans ceux du beau docteur mais je ne résiste pas bien longtemps. Il est bien trop charmant pour que je continue à le regarder, je sens toutes les cellules de mon corps danser la valse, et, pour une raison que j'ignore, me vient en tête la chanson de la Belle au Bois Dormant. I know you… I walked with you once upon a dream…
Je ne sais pas pourquoi cette chanson me vient soudainement en tête, mais machinalement je regarde mon prince charmant, enfin le docteur Pearson, et des papillons virevoltent au creux de mon ventre. Il fait chaud dans cette chambre, je meurs de chaud. Vous n’avez pas chaud ? Je demande sans vraiment réfléchir, un peu prise de panique. Cela me donne l’occasion de m’éloigner de lui, peut-être que ça me fera du bien. Lui aussi s’éloigne, vers la sortie. Mon être me somme de lui demander de rester, mais ma tête refuse. J’invente une excuse bidon pour poursuivre la conversation et ainsi le retenir un peu : parler de lui. Bonne idée Jeannette !
Mais cela a l’air de le surprendre. Et je me pince les lèvres quand il pose la question que je redoutais. Dois-je lui mentir ? Lui dire la vérité ? Le problème c’est que je ne sais pas mentir ! Je le regarde un peu ahurie, les lèvres entrouvertes, faisant alors fonctionner mon cerveau à pleine allure. Je finis par remettre une mèche, pourtant parfaitement rangée, derrière mon oreille. Euh… J’ai entendu dire que vous étiez… beau ? A tomber ? Une nouvelle cible à atteindre pour nombre d’infirmières ? Aaahhh… Très professionnel et attentionné envers les patients. Je le regarde d’un air gêné et je me tors les lèvres pour retenir les mots qui finissent pourtant par sortir. Et-que-vous-étiez-très-mignon, je finis à toute allure d’une voix presque inaudible. Doux Jésus, qu’est-ce que je dis ? Je me mords les lèvres pour éviter d’en dire davantage et je fixe brusquement le sol, comme si le lino était soudain devenu la meilleure attraction de cet hôpital. Mon cœur a entamé une course folle et maintenant j’espère qu’il va quitter la pièce parce que je me sens terriblement mal. La voix de Tobias que j’avais presque oublié résonne alors dans la chambre. Bouaaahahahaaaaa ! Tobias rit, la bouche pleine de gâteau. Jeanne est amoureuse !!! J’écarquille immédiatement les yeux à la prononciation de ces mots et je me retourne vers Tobias, puis ma tête fait un quart de tour pour regarder le docteur, avec toujours mes yeux grand ouverts. Dis quelque chose, Jeanne, dis quelque chose… Mais non ! Pas du tout ! Je me mets à rire, plus gênée que jamais, prenant un air faussement détaché. Ah les enfants, ça peut en dire des bêtises… Il est mignon… Un sourire de plus, crispé celui-là, et Tobias renchérit. Mais si ! En plus moi je trouve que vous allez bien ensemble, Jeanne ! Et là j’ai simplement envie de creuser un trou dans le fameux lino pour m’enterrer dans la seconde. Je me racle la gorge, prenant mon courage à deux mains pour poursuivre. Donc vous avez dit que les « vieux pédiatres vous connaissaient depuis bien plus longtemps »… Je fronce alors les sourcils, tentant de comprendre. Vous êtes nouveau ici, comment cela est-ce possible ? Bien rattrapé, Jeannette… J’espère seulement qu’il va répondre rapidement afin de détourner la conversation.
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MessageSujet: Re: Jeanne & Erwann | This is the first day of my life   Jeu 12 Mai - 1:29



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Jeanne & Erwann

Elle avait l’air d’un ange. Il n’avait eu besoin que d’un seul regard pour comprendre que son nom l’obséderait pour un long moment. Jeanne, un prénom peu commun par ici, puisqu’il était l’équivalent français de Jane, et rendait sa prononciation délicate pour la plupart des anglais. Un prénom qui lui faisait penser, un peu naïvement, qu’ils étaient faits pour s’entendre. Elle avait sans doute des origines françaises, peut-être même qu’elle était elle-même française, même si l’absence de l’accent distinctif dans les mots qu’elle prononçait le faisait en douter. Toujours était-il qu’elle semblait avoir le plus beau prénom du monde, en cet instant. Face à elle, il perdait déjà ses moyens, éliminant selon lui toute chance de séduire la jeune femme. Elle brillait beaucoup trop pour lui, il était comme ébloui. Alors qu’elle passait tout près de lui, il pouvait sentir son parfum, et ne put s’empêcher de le humer aussi discrètement qu’il le pouvait. Elle sentait bon, un parfum de douceur, ce qui semblait la décrire le mieux. Son cœur battait la chamade et il avait bien du mal à respirer lorsqu’elle était si près. S’il faisait chaud ? Sans doute un peu oui. Il lâcha un sourire et passa éternellement sa main sur sa nuque en signe de gêne, avant d’hocher un peu la tête. « Ah, euh… si, sans doute. » Tobias ne fut pas long à répliquer, l’embarrassant un peu plus encore. « J’ai pas chaud moi ! » Il éclata de rire, et Jeanne et lui s’écartèrent.

Il comptait sortir, les laisser seuls, un peu à regret, mais il n’était pas de la famille, après tout. Sauf qu’elle retint une nouvelle fois son attention. Alors comme ça, on parlait de lui ? Il s’imaginait déjà ses collègues, et anciens médecins, raconter des anecdotes ridicules à certains collègues qui se seraient empressés de le raconter aux autres, il savait à quel point les rumeurs pouvaient se répandre vite dans les couloirs d’un hôpital. Il n’aurait cependant pas pensé que quelqu’un de totalement extérieur au système puisse être au courant. Embarrassé, il demanda ce qu’on disait sur lui, avertissant la jeune femme de ne pas écouter les vieux racontars de ceux qui le connaissaient d’avant. Elle semblait gênée d’en parler, elle aussi, sans qu’il n’en comprenne la raison. Il attendit patiemment la réponse, petit sourire craintif aux lèvres et lorsqu’elle lui répondit enfin, il fut soulagé d’entendre que ce n’était que ses aptitudes professionnelles dont tout le monde parlait. « Oh ! Eh bien je… » Il n’eut pas le temps de continuer sa phrase qu’elle enchaîna sur une dernière remarque qui le déboussola totalement. Il se demanda alors s’il avait bien entendu, devenant petit à petit écarlate, passant ses doigts dans sa chevelure en baissant la tête, toujours plus, un sourire empli de gêne. « Je me disais bien que ce n’était pas de moi dont on parlait ! » Il lâcha un rire, persuadé qu’il ne pouvait être le sujet de ce genre de discussion, lorsque Tobias s’esclaffa, clamant comme l’enfant qu’il était que ‘Jeanne était amoureuse’. Il ne savait plus où se mettre. Elle non plus, apparemment. Elle tentait de se défendre alors qu’il se faisait tout petit. Lorsqu’il affirmait que Jeanne et lui iraient bien ensemble, il lança un regard à l’intéressée, sans empêcher un petit sourire en coin de percer, avant de se retourner vers Tobias, en rigolant, un doigt pointé vers lui. « Eh, fais attention, toi, ou je te pique ton gâteau ! » Il était plus rouge que jamais, et le garçon l’avait certainement remarqué, mais n’eut le temps que de prendre un air interloqué avant que Jeanne n’enchaîne sur un autre sujet, au grand soulagement d’Erwann…

…Ou pas. Il avait donc gaffé. Il détestait parler de son passé de malade. Son sourire s’effaça, et il laissa passer un silence avant de sourire à nouveau et de la regarder. Il fondait. Il ne devait pas la regarder, c’était presque une torture de voir une femme aussi belle. Quelque chose se passait entre eux, quelque chose d’indescriptible et d’incroyable. Il savait que s’il racontait sa rencontre, et ce qu’il avait ressenti, la plupart de ses amis se moqueraient encore de lui en criant qu’il était beaucoup trop romantique pour un homme. Il détourna alors le regard avant de répondre. « Eh bien… Disons que j’ai fait un petit séjour à l’hôpital quand j’étais jeune, moi aussi… » Ca ne servait à rien de mentir, pas vrai ? Une nouvelle fois, sa main parcourut l’arrière de son cou. « Mais… Ce n’est pas une chose dont j’aime vraiment… discuter. » Il n’avait pas honte, il était même fier de son passé, de ce qu’il avait traversé, mais il détestait voir le regard des autres se transformer un peu lorsqu’il en parlait, comme s’il était plus méritant que les autres, comme s’il n’avait pas eu les mêmes chances. C’était pour ce genre de raisons qu’il gardait ce fait secret parmi ses collègues. « Peut-être qu’on pourra en parler… une autre fois… ? » Il se pinça la lèvre inférieure d’avoir osé sous-entendre qu’il espérait la revoir. Tobias n’en avait pas perdu une miette. « Le Docteur Tarzan il en pince pour Jane ! » La référence le fit éclater de rire, à vrai dire. Pour le reste, le rouge lui remonta aux joues et il ne put reposer les yeux sur la jeune femme, se concentrant sur le garçon. « Tu tiens à ton gâteau ? Parce qu’il a l’air si excellent que si tu continues je risque vraiment de le garder pour moi ! » Il cacha son malaise dans un éclat de rire, conscient pourtant que Tobias n’était pas loin de la réalité. Pas loin du tout.
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MessageSujet: Re: Jeanne & Erwann | This is the first day of my life   Dim 29 Mai - 17:57

Je ne sais pas pourquoi je suis allée dire qu’il faisait chaud… Quand je suis stressée, je n’ai plus de filtre à mes lèvres et mes pensées sortent telles quelles. Je suis drôlement embarrassée… Surtout que j’ai l’impression que je suis la seule à avoir chaud, sa réponse m’a que peu convaincue… Et voilà que le petit Tobias finit de m’achever. Ce n’est que moi qui ai chaud, troublée par ce pédiatre si merveilleux. Oui, merveilleux, vraiment. Je le regarde et je ne sais plus sur quelle planète j’habite. Ses deux adorables fossettes quand il sourit, j’en ai le cœur qui palpite de plus bel. Mon dieu, mon dieu…

Et pour arranger ma situation, je lui avoue de but en blanc qu’il a la réputation d’être bel homme par ici. Toutes les infirmières sont à ses pieds et il a l’air de l’ignorer totalement. J’écarquille les yeux légèrement quand il affirme ne pas être la personne dont on parle entre nous, les infirmières. Et instinctivement, je le rectifie. Ah si, si, c’est bien de vous qu’il s’agit, vous êtes… j’arrive à me stopper avant de dire des bêtises. Enfin pas des bêtises, mais la pure vérité, mais une vérité qui me trahirait. Sauf que, contre toute attente, c’est Tobias qui me trahit ! Lui que je chéris, dont je prends bien soin depuis des années. Un couteau dans le dos ! Comment les enfants arrivent-ils à nous cerner aussi bien, nous les adultes ? Je me rattrape comme je peux, de manière très maladroite et je meurs de honte encore une fois. Doux Jésus… Que m’arrive-t-il ? Ce beau docteur me met dans tous mes états, je suis incontrôlable. Ca fait palpiter le cœur, ça donne chaud, ça émoustille, ça montre que oui, les coups de foudre sont réels et je viens d’en vivre un. Il est tout ce que j’attendais, cette fameuse rencontre qui vous fait vous envoler bien haut dans le ciel. Je me dis que j’ai eu raison d’y croire, et de ne pas me « contenter » d’une banale rencontre comme celle avec le professeur qui vient donner des cours aux enfants, Dean quelque chose, j’ai déjà oublié son nom. Erwann Pearson, voilà le nom qui va rester gravé en moi, le nom qui me hantera pendant un moment… Et soudain la peur m’assaille. Et s’il restait gravé en moi comme un fantôme, quelque chose que je désirerai pour toujours sans jamais pouvoir le réaliser ? Il tiendra compagnie à Alex… il fera partie de mes regrets.
Mon visage se ferme alors et la tristesse m’envahit. Je soupire. De désespoir. Mes yeux observent toujours le beau docteur qui ne doit sûrement pas vivre la même chose que moi en ce moment. Il doit se dire que son interlocutrice est bien gourde…

Eh, fais attention, toi, ou je te pique ton gâteau ! Il menace Tobias, qui l’a bien mérité à vrai dire, et la scène me rend mon sourire. Cette phrase me sauve d’une honte suprême, c’est fort gentleman à lui de me sauver de cette situation. Alors j’enchaîne sur une question le concernant. J’essaie de prendre un air intéressé et intelligent, mais je crains de ne paraître que stupide et niaise, en admiration devant sa beauté alors qu’il me répond. J’essaie de me concentrer sur ses mots et non sur ses adorables fossettes et son sourire à tomber, et ses yeux qui brillent… Je souris, gênée, me rendant compte à quel point je suis ridicule. Mais mon sourire se fane immédiatement lorsqu’il m’avoue avoir été patient ici alors qu’il était enfant. Eh bien… Disons que j’ai fait un petit séjour à l’hôpital quand j’étais jeune, moi aussi…   Oh… fais-je alors sans réfléchir, pleine de compassion. Mais… Ce n’est pas une chose dont j’aime vraiment… discuter. Oui, c’est compréhensible, s’il a été ici pendant longtemps - ce qui est fort probable si les vieux pédiatres se souviennent de lui, car ils en ont vus, des patients ! – c’est qu’il s’agissait d’une maladie grave et cette expérience n’est pas forcément celle qu’on aime raconter ou juste dont on aime se souvenir, et certainement pas d’en parler à une inconnue. Je fais une petite moue désolée, j’ai la sensation d’avoir creusé un peu trop profond. Mais à ma surprise, il enchaîne par Peut-être qu’on pourra en parler… une autre fois… ? Mon visage s’éclaire et ma bouche forme un « O », accentué par un Oh ! bien sonore. Il veut me revoir ? Je comprends bien ? Et comme un éclair, ça me frappe : bien sûr que non. C’est simplement une manière de me congédier, un peu comme quand un garçon vous dit « je t’appelle ! » et qu’on sait pertinemment qu’il ne le fera jamais. Oh… je répète, pleine de déception, cette fois. Et Tobias continue son petit manège, mais je n’ai plus le cœur à espérer à présent. Je souris faussement à sa remarque. D’ailleurs, la réaction du docteur Pearson démontre bien ma conviction. Tu tiens à ton gâteau ? Parce qu’il a l’air si excellent que si tu continues je risque vraiment de le garder pour moi ! Il le menace à nouveau puis éclate de rire pour me sauver à nouveau, pour m’éviter de trop rêver à son sujet. Je sais qu’il est célibataire, Lizzie me l’a dit, mais pourquoi je serais son genre de femme ? Il pourrait avoir des filles bien plus sophistiquées que moi, bien plus intelligentes, bien plus sûres d’elles. Bien plus lucides, aussi. Il est bien trop parfait pour moi, et puis pourquoi le destin me sourirait à nouveau ? Alex était sûrement celui qui m’était destiné, mais je n’ai pas su profiter de ce cadeau. Le docteur Pearson est le cadeau de quelqu’un d’autre, de toute évidence. Et maintenant j’ai envie de pleurer, c’est horrible. Mais mon sourire n’a pas quitté mes lèvres. Je regarde Tobias rigoler avec le docteur et nerveusement, mon rire se joint aux leurs. Si seulement ce cher Tobias pouvait avoir raison… Je regarde Dr Tarzan comme s’il était un prix d’une tombola – et au jeu je ne gagne jamais – et mon cœur se fissure. Je regarde alors Tobias, un sourire aux lèvres Mais Toby, dis-moi… Si je suis Jane et qu’il est Tarzan, tu es qui, toi ? Un petit singe ? Mon sourire s’accentue en attendant sa réponse qui arrive immédiatement. Il s’esclaffe. Mais je suis pas un singe, Jeanne ! Et je ris. Il est si mignon quand il dit ça, avec cet étonnement dans la voix, comme s’il croyait que je pensais vraiment qu’il était un singe. Adorable. Mais… hier je t’ai vu manger une banane ! Tu mens ! je renchéris, morte de rire. Mais !!! Et il se tourne vers le docteur d’un air sérieux Dis-lui que je suis pas un singe ! Ca ressemble pas à moi, un singe ! Et puis il est pas malade, le singe, dans Tarzan ! Je regarde le docteur, attendant sa réponse avec avidité. J’ai une subite envie de lui dire « Toi Tarzan, moi Jane… » et je me vois très bien amie avec les singes dans la jungle. Tarzan et moi, nous vivrons d’amour et d’eau fraîche, nous ferons des bébés et ce sera merveilleux. Mon cœur s’emballe à nouveau, mon instinct me pousse à me rapprocher de lui mais je lutte – difficilement - contre ce magnétisme.

La sonnerie de mon téléphone me fait sursauter et je me trouve un peu confuse face à mes deux princes charmants. (oui, Tarzan peut être un prince charmant !) J’attrape vite l’appareil dans la poche de mon trench et je vois la photo de mon frère et moi qui s’affiche sur l’écran. Je sais qu’il a beaucoup de travail alors lorsqu’il m’appelle, je préfère répondre, si moi-même je ne suis pas au travail. Je montre l’appareil à Tobias et le docteur Pearson, sans penser qu’ils peuvent ainsi admirer ma belle photo de mon frère qui me fait un bisou sur la joue et où je fais une belle grimace (je me rappelle de ce moment, j’étais morte de rire ! Qu’est-ce qu’on avait rigolé ! C’est maman qui nous a pris en photo comme ça) et je m’excuse. Je dois prendre cet appel, pardon… Je m’éloigne de quelques pas, comme si ça allait changer quelque chose pour le son, et je réponds, le sourire dans la voix, parce que c’est mon frère. Julian ! Quelle surprise ! Tu n’es pas au travail ? Eh non, sache que j’ai pris ma fin d’après-midi pour préparer à ma petite sœur un repas dont elle va se souvenir ! Je souris de plus belle. Julian adore cuisiner, mais à la maison, c’est plutôt moi qui m’y colle, puisqu’il travaille beaucoup pour la boîte de papa. Il faut dire que c’est lui qui va prendre la relève dans quelques années. Oooohhh, un dîner ? Que me vaut cet honneur ? Tu as quelque chose à m’annoncer ? je demande d’une voix coquine et espiègle. Il a peut-être ENFIN trouvé quelqu’un et va me l’annoncer ? Je serais la plus heureuse des sœurs ! Ah, t’aimerais bien, hein ! me répond-il  avec un ton intrigant. Je ris, amusée. Je te dérange pas là ? me demande-t-il alors. Oh non non, pas du tout, tu ne me déranges jamais, tu le sais bien. Super ! Je voulais savoir si tu avais des vœux pour le menu. Ooooh c’est gentil ça. Mais tu sais quoi ? Surprends-moi ! Tu es à la maison, là ? je demande, en continuant notre conversation, comme si j’étais seule dans la pièce. Tu veux que je rentre pour qu’on prépare à deux ? Non non non, si tu as terminé, sors, fais des trucs pour toi, fais-toi plaisir. Tu pourras m’aider si jamais je n’ai pas terminé quand tu rentres, mais ça devrait aller. Il est vraiment trop gentil, mon frère, non ? Sans m’en rendre compte, je me suis retournée pour regarder le docteur. Je suis en train de m’imaginer présenter mon frère à Erwann… je deviens folle. Mais je suis sûre qu’ils s’entendraient bien ! Un feeling, comme ça. Je souris à la proposition de Julian de sortir me faire plaisir, et mon sourire s’accentue en voyant le docteur. Pfiouuuu qu’est-ce qu’il est beau. Ca me fait rougir aussi. Parfait ! Je réponds à mon frère, satisfaite. On se voit ce soir à la maison, alors. Bisous ! En fait, maintenant que je vois le docteur, j’ai hâte de raccrocher pour pouvoir me concentrer sur lui. Mon cœur n’a toujours pas arrêté de battre à toute allure. Julian m’embrasse et raccroche et je remets le téléphone dans ma poche de trench. Je souris à Erwann et Tobias et je demande Alors… On en était où ?
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MessageSujet: Re: Jeanne & Erwann | This is the first day of my life   Ven 10 Juin - 14:17



This is the first day of my life
Jeanne & Erwann

Ce qu’il pouvait paraître idiot face à elle. Son sourire d’imbécile, sa maladresse et ses espèces de bafouillages n’arrangeaient rien à son cas, le rendant plus bête encore. Il était persuadé que Dean aurait ri en le voyant agir de la sorte. Lui aurait sorti le grand jeu de séducteur, sans doute, pour lequel la plupart des femmes tombait, et qu’il était lui-même incapable de sortir sans avoir l’air totalement ridicule. Son cœur mourait d’envie de craquer pour cette jolie brune, lorsque sa tête lui répétait que ça ne lui apporterait que du malheur, sachant qu’il n’avait aucune chance de la faire tomber sous son -supposé- charme. Ainsi, lorsqu’elle lui raconta qu’il avait la réputation, en tant que nouveau pédiatre, d’être ‘mignon’, selon ses mots, il ne put s’empêcher de penser à une blague. On l’avait sans doute confondu avec Dean, arrivé quelques temps plus tôt, sur ses conseils, pour aider les enfants à étudier durant leur séjour à l’hôpital. Et alors qu’il confiait à la jeune femme la certitude qu’il ne s’agissait pas de lui, sa confirmation suffit à lui faire monter le rouge aux joues, et il n’osa lui demander de continuer sa phrase. Il ne savait pas quoi dire, le souffle presque coupé, il se contenta de sourire, joignant à ça un rire d’embarras, en baissant la tête alors que Tobias glissait déjà un commentaire sur les propos de Jeanne. Si seulement, pensa-t-il, contraint de constater au vu de la réaction de Jeanne qu’elle ne pouvait décemment pas tomber sous son charme. Lui-même embarrassé, il menaça gentiment le garçon en plaisantant, lorgnant un peu jalousement la part de gâteau que Jeanne avait offert à Tobias.

Il ne s’était pas réellement rendu compte, avant qu’elle ne pose la question, qu’il avait laissé passer un indice sur son passé. Non pas qu’il niait avoir été patient ici, mais il s’était toujours dit que cela resterait un maximum secret. Il préférait ne pas revenir sur cette période difficile de sa vie, sachant où il en était aujourd’hui. Sa question le désarma quelque peu et son sourire se fana malgré lui, pour un temps, avant de répondre vaguement, sans donner trop de détails sur la durée réelle de ce fameux séjour. Il ne sut comment prendre son oh plein de compassion. Il fut tenté de le prendre mal, sa fierté de son côté, mais devant le visage de la jeune femme, il en fut incapable. Elle avait quelque chose de si particulier dans son regard, ou bien était-ce une aura qu’elle possédait, qu’il eut même envie de se confier à elle, un peu plus tard, peut-être. Il alla jusqu’à l’inviter d’une façon détournée, s’armant de courage contre sa timidité maladive, et vit la surprise dans les yeux de Jeanne autant que dans son expression. Il fut cependant bien déçu de ne pas la voir réagir plus que ça. Elle n’avait sans doute pas envie de l’entendre raconter sa vie, ni de le revoir. Evidemment, se dit-il. Elle ne pouvait pas s’intéresser à lui, qu’était-il allé imaginer ? Il baissa la tête en se frottant la nuque, un sourire déçu aux lèvres alors que Tobias renchérissait sur une remarque qui eut le mérite de lui redonner le sourire. Ce gamin avait un don pour ça, songea-t-il. Il le menaça à nouveau de lui prendre son gâteau, se concentrant sur lui plutôt que sur la déception qu’il venait d’essuyer, ses éclats de rire dissimulant sa gêne, malgré le rouge qui lui montait aux joues. Les enfants semblaient tellement plus perspicaces que les adultes. Ou était-ce peut-être qu’eux n’avaient aucun filtre ? Jeanne avait sans doute tout compris, mais n’osait sans doute pas le repousser clairement. Oui, ce devait être ça.

Il s’efforça de ne pas la regarder jusqu’à ce qu’elle reprenne la parole et Erwann ne perdit rien de l’échange entre l’enfant et elle, riant en même temps qu’elle face à la réaction de Tobias. Lorsqu’il lui demanda de confirmer qu’il n’était pas un singe, il sourit malicieusement, et fit mine de l’inspecter de plus près. « Attends… Fais-moi voir… Eh, c’est pas des poils de singe que je vois là, sur ton visage ? Dis-moi, tu ne cacherais pas une banane sous ton oreiller ? » Il lâcha un rire alors que Tobias se défendait comme il pouvait, et recentra son regard sur Jeanne à quelques pas de lui. Il se fit alors silencieux et se contenta de la regarder, effaçant tout bruit, tout mouvement, autour de lui. Elle avait une beauté hypnotisante. Il savait pertinemment que ce serait son cœur qui l’emporterait, que malgré tous ses efforts, il aurait bien du mal à la sortir de son esprit à partir de maintenant. Il avait eu un électrochoc, ce genre de choses qui n’arrivent que rarement, voire jamais. C’était sans doute ça alors, le coup de foudre. Certes, ce n’était probablement pas réciproque, mais en la voyant là, si jolie dans sa simplicité, il en vint à ne pas s’en soucier. Il passerait sans doute piteusement son temps à l’observer si elle repassait par là, sans rien dire, parce qu’après tout, ce n’était pas très correct d’avoir une quelconque relation avec un proche de patient, et lorsqu’il ne pourrait plus la revoir, il essaierait de tourner la page sans être réellement sûr de pouvoir entièrement la chasser de son esprit. Une petite part de lui espérait malgré tout qu’il y ait une petite chance.

Il était encore dans ses pensées lorsque le téléphone de Jeanne sonna. Elle leur montra l’écran de son téléphone, en s’excusant pour prendre l’appel. Il eut juste le temps de voir la photo qui indiquait la personne qui appelait. Un homme apparemment. La photo montrait déjà un lien fort entre eux, il lui embrassait la joue et elle grimaçait. Il ne voulait pas faire de conclusions trop hâtives, mais cette photo… Elle avait l’air heureuse dessus. Elle s’éloigna alors sans qu’il ne puisse en voir plus, déjà intrigué par cette photo, sentant que son cœur se briserait bien vite s’il avait le malheur de s’accrocher à elle. Il ne voulait pas écouter, vraiment, mais c’était plus fort que lui. Il se tourna vers Tobias pour lui lancer un petit sourire et glissa quelques regards en direction de Jeanne, analysant les bribes de conversation qu’il entendait. Julian. Dîner. Quelque chose à annoncer. A la maison. Préparer à deux. Il baissa la tête avec un petit sourire blessé. Pas de doute, elle avait quelqu’un dans sa vie, un homme, quelqu’un d’assez important pour qu’ils vivent ensemble. Il jeta un nouveau coup d’œil à la jeune femme. La façon dont elle souriait, elle rougissait même. Il baissa à nouveau les yeux lorsqu’ils croisèrent ceux de Jeanne. Elle avait l’air heureuse, elle avait l’air amoureuse. Elle venait de lui exposer son bonheur en plein visage et il ne sut plus où se mettre après ça. Imbécile, crétin ! Ne cessait-il de penser. Il avait été tellement bête ! Une femme comme ça, bien sûr qu’elle avait quelqu’un, bien sûr qu’un autre la rendait heureuse. Lui ne la connaissait que depuis quelques minutes, que déjà, son cœur le lançait. Lorsqu’elle raccrocha et se rapprocha d’eux, leur demandant où ils en étaient, il ne sut plus quoi répondre. Gêné, blessé, il n’en lâcha pas son sourire pour autant, par fierté peut-être, et fit quelques pas vers la sortie. « Je devrais partir, j’ai des patients qui m’attendent, je suis déjà bien en retard… » Tobias ne tarda évidemment pas à objecter. « Mais non reste !! T’as toujours pas montré Tarzan à Jeanne ! » Il glissa alors un regard à l’intéressée, sourit, et baissa la tête. « Désolé, ce serait pour une autre fois, je vais… » En reculant, il heurta l’encadrement de la porte de plein fouet, et porta sa main gauche à son épaule droite en essayant de ne pas paraître trop ridicule. « …m’en aller ! » Il s’arrêta sur le pas de la porte pour s’adresser à Jeanne avec un sourire. « Ravi de vous avoir rencontrée, désolé de partir si vite je… on… on se reverra peut-être. Bonne journée ! » Il s’extirpa ensuite, rouge de honte après le spectacle qu’il venait d’offrir. Son épaule lui faisait mal, et son cœur s’en était retrouvé bien amoché. Quelques minutes avaient suffi pour qu’il se blesse.

THE END
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