I need my right hand man back - Raph&Dorian

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MessageSujet: I need my right hand man back - Raph&Dorian   Mer 23 Mar - 0:44

spring 2015


Dying is easy, young man, Living is harder

Raphael && Dorian.


Ce n'était pas vraiment sur un coup de tête qu'il se trouvait dans ce foutu théâtre. Et la représentation avait à peine suffit à lui ôter cette horrible boule de nerf au fond de l'estomac. Les encouragements et mots doux de Romy n'avaient pas suffit une seconde à le rassurer. Il avait des raisons de s'en faire. Principalement parce que depuis les quelques années qu'il était revenu s'installer à Londres, il n'avait jamais fait l'effort de revenir vers les deux personnes qui avaient toujours été là pour lui quand ils étaient plus jeune. Les deux personnes qui avaient toujours tant compté pour lui. Les deux personnes qui pendant de longues années avaient été toute sa vie. Il était parti sans se retourner. Il avait prétendu maintenir un contact quelconque pendant un temps bien trop court, parce que c'était trop superficiel. C'était trop faux. Parce qu'il avait senti la culpabilité le ronger doucement, et qu'il n'avait pas réussi à le supporter. Alors il avait coupé les ponts, sans prévenir, sans s'excuser jamais. Sans vraiment prendre le temps d'y réfléchir surtout, parce que cela aurait signifié se confronter à toutes les conneries qu'il avait faites. A tous ses regrets. A tout son égoïsme. Alors non, il ne s'était pas attardé sur le souvenir de ses potes d'enfance. Il ne s'était pas attardé dessus parce que celui-ci le hantait bien assez comme ça pour qu'il en redemande. Et quand il était revenu à Londres, il avait fait profil bas. Il n'était pas retourné dans les mêmes milieux. Ses parents n'y habitant plus, il n'avait aucune raison de renouer avec cette vieille bourgeoisie malsaine. Aucune raison et aucune envie. Il avait préféré s'installer à Soho et bosser dans un sexshop. Et il ne pouvait pas vraiment s'empêcher de rigoler quand il y repensait. La puérilité incarnée. Mais c'était tout ce dont il avait besoin à l'époque.

Et depuis il n'osait plus. Souvent, il y pensait. Trouver l'occasion d'aller les voir. Trouver l'occasion d'aller les saluer. Trouver l'occasion de s'excuser pour toutes ses conneries. S'excuser auprès de Charles d'avoir été un tel enfoiré et de lui avoir pourri tant de soirée alors qu'il se droguait à n'en plus pouvoir. S'excuser auprès de Raphael pour cette foutue overdose qu'il avait induite en lui offrant un cachet. En lui offrant un cachet et en lui assurant que tout se passerait bien. Cette overdose qui lui avait valu un sermon de la part de leur ami commun. Cette overdose qu'il ne s'était vraiment jamais pardonné. Trop d'années à hésiter, et à céder à la facilité. A la lâcheté. A abandonner bêtement l'idée de faire ce putain de pas. Il n'avait jamais prétendu être courageux, mais il se surprenait à être aussi lâche. Et il avait fallu qu'elle intervienne. Il avait fallu qu'elle lui fasse remarquer à quel point il était ridicule sans vraiment le formuler comme ça mais en le lui faisant bien comprendre, comme elle savait si bien le faire. Il ne s'était pas étendu sur le sujet pourtant. Il n'aimait pas parler de son passé, même avec elle. Surtout avec elle. Elle n'avait pas besoin de connaître ses écarts, ses erreurs, et ses cures de désintox. Mais il ne pouvait pas vivre avec quelqu'un pendant trois ans et qu'elle ignore tout des moments magnifiques qu'il avait passé quand il était gosse, à improviser avec les deux personnes les plus fantastiques au monde. Il lui avait parlé d'eux donc, mais il n'avait pas vraiment pu lui expliquer pourquoi il avait perdu contact. Ni pourquoi il n'osait pas retourner les voir. Et c'était peut-être mieux ainsi. Parce qu'après tout, ses raisons étaient ridicules. Plus ou moins.

Alors il avait fait les choses bien. Il s'était habillé de manière respectable, comme l'adulte qu'il était. Il avait acheté une place à cette foutue comédie musicale, sur l'affiche de laquelle il avait par hasard lu le nom de De Lacy. Son visage s'était instantanément illuminé. Il s'en rappelait encore. Il avait hésité à l'arracher pour l'emmener avec lui, mais c'était contenté de prendre le tout en photo pour ne pas oublier. Il avait assisté aux Misérables sans vraiment quitter l'orchestre des yeux, et il s'était senti légèrement ridicule, comme une gamine qui ne quittait pas son crush des yeux... Mais ce n'était pas grave. C'était Raphael. Et il pouvait bien être ridicule autant qu'il voulait. C'était sa soirée. LA soirée où il se lançait. Alors il pouvait bien jouer à la jeune fille en fleur si ça lui plaisait, et fixer comme un fanatique le chef d'orchestre pendant toute la représentation. Après tout, ça ne l'empêchait pas d'entendre la musique.

Et une fois le show terminé, une fois que les gens commençaient à sortir, il se faufila en coulisse, avec son éternel talent pour convaincre les gens de le laisser faire ce qu'il voulait. Et puis, il était presque du milieu, on pouvait bien le laisser passer. Ce fut, à son humble avis, la première fois qu'il fut obliger de négocier aussi longtemps pour accéder au backstage. Il fallait bien avouer que son sourire était teinté d'une angoisse incontrôlable qui en gâchait tout l'effet. Mais même avec toute la bonne volonté du monde, il n'arrivait pas à faire autrement. Il sentait le besoin pressant de fumer une clope pour oublier le reste ou de fuir et de rentrer chez lui, mais il savait qu'il n'aurait le droit qu'à un regard dubitatif de Romy, et il ne pouvait décidément pas laisser son angoisse gagner aussi facilement. Après une énième supplique, il put donc aller s'égarer dans les couloirs que composaient les backstages de ce foutu théâtre, avant de demander à la première personne venue de lui indiquer la loge du chef d'orchestre. Première personne qui pouvait aussi bien être Valjean ou Enjolras pour tout ce qu'il en savait, il n'avait pas franchement fait attention à quoi ressemblaient les acteurs. Chanteurs. Artistes. Ou peu importait comment il était sensé les appeler.

Et quand il arriva face à la foutue porte qui semblait être la bonne si l'autre ne s'était pas foutu de sa gueule, il se passa une main nerveuse dans les cheveux, inspira un grand coup, et entra. Inutile de frapper, sinon, il serait tenter de prendre ses jambes à son cou. Quoi que l'envie de voir le visage de Raphael était surement plus forte. Il entra donc, claqua la porte derrière lui sans trop y faire attention, avant de s'y adosser. Les bras croisés sur le torse, il ne put empêcher un léger sourire amusé d'apparaître sur ses lèvres. « He ben Raph, si on m'avait dit que je te retrouverais dans une foutue comédie musicale... » Et bien il aurait sûrement haussé les épaules et serait passé à autre chose, mais là n'était pas vraiment la question. Le Raphael qu'il avait connu aurait pu sans aucun doute avoir une carrière plus glorieuse que ça. Le Raphael qu'il avait connu était un génie. « Mais il faut avouer que c'est une bonne comédie musicale. Sacrément bien dirigée. » Et il conclut le compliment par un léger rire. Il sentait la tension retomber doucement, maintenant qu'il était là. Maintenant qu'il ne pouvait plus faire demi-tour. Maintenant qu'il n'avait plus trop l'impression d'être un lâche. Il sentait la pression retomber et son sourire ravi s'élargir bêtement. Raphael était devant lui. Son Raphael. A portée de main. Et il devait se faire violence pour ne pas aller le prendre dans ses bras directement.
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MessageSujet: Re: I need my right hand man back - Raph&Dorian   Lun 28 Mar - 19:37

Le monde était plat, froid, terne et fade. Pire que tout, il était d’une monotonie morne et sans aucun goût. Rien ne donnait envie à Raphael de se réveiller le matin. Bon, il était obligé donc il avait un putain de réveil qui sonnait à heure fixe tous les jours et qui le ramenait dans le monde des vivants. Il ne se posait pas de question, il ne se demandait même pas ce qu’il avait envie de faire. Il le faisait, et tout ce passait bien. Sa vie n’était pas terrible. Sa vie n’était pas géniale. C’était simplement plat, froid, terne et fade. Il se foutait de savoir que c’était le retour de printemps et que l’on allait pouvoir s’arracher quelques beaux jours à Londres. Il se foutait du retour du soleil et des températures plus douce. Il se foutait du faite qu’Evita touche bientôt à sa fin et qu’il puisse bientôt commencer un nouveau projet. Il se foutait qu’il retourne bientôt mettre en scène les Misérables. Il se foutait de tout, et ça avait dans sa bouche un gout horrible de ferraille, de sang donc.

Si on lui demandait une raison, il ne serait surement pas fichu d’en donné une. Pourtant la réponse était simple. Mais elle était, depuis le temps, trop enterrée au fond de lui, et il n’avait aucunement l’intention de la déterrée. Tout ce bordel étant parfaitement géré par son subconscient, il se trainait une conscience trop lourde et trop vaine qui ne savait plus ce qu’elle foutait dans la vie et comment tout avait déraillé. Et il n’était pas complètement stupide. Il savait bien que son état venait en partie de son mariage. Il savait bien que son mariage n’était plus qu’une ruine. Il ne savait même plus bien pourquoi il tenait encore debout. Il voyait les lambeaux qui servaient de structure à leur relation et il avait juste pitié pour eux. Il ne faisait rien. Parce qu’il n’y avait rien à faire. Parce que toute sa vie semblait s’éteindre dans cette équilibre miséreux. C’était parfois tristement confortable. Il y avait un côté extrêmement rassurant à son immobilisme. Cela ne pouvait pas être pire. Il ne pensait pas franchement au faite que cela puisse être mieux. Mais au moins, il avait atteint un certain statu quo, et il comptait bien en profiter.

Bien sûr, il aurait aimé ne pas avoir à diriger Sasha en Evita. Elle était pourtant parfaite pour le rôle et particulièrement douée, mais elle n’avait quelque part, sans même le vouloir, de cesses de lui rappeler la présence de Noah. Noah était pourtant loin. Enfin peut être pas tant que ça, mais il n’était clairement plus dans ses parages à lui. Voir Sasha lu rappelait sans cesses cette lointaine proximité qui aurait tendance à l’étouffer s’il s’accordait du temps pour y penser. Il ne le faisait pas. Il évitait toute variation d’humeur et étendait sa vie dans ce qu’on appelait communément un ennui mortel. Il plaidait même à ses quelques amis le fameux passage à vide pour exprimer l’état des choses. On en avait tous dans une vie, des moments de creux de vide, plus ou moins long, plus ou moins vide. Raphael savait, au fond, que ce n’était ni un passage, ni réellement le vide, mais comme pour tout le reste, à force de vendre une version de l’histoire il avait fini par y croire. C’était surement ce qui lui permettait de vivre aussi innocemment une vie aussi insipide.

Aujourd’hui n’était donc qu’un jour comme les autres. Et rien ne l’avait préparé. La banalité accablante de la journée l’avait fait traversé les heures avec une tranquillité terrifiante. Il avait géré son boulot comme à son habitude, c’est à dire à la perfection. L’orchestre avait été sublime. Sasha avait été magnifique, exceptionnelle. Rien de surprenant. Tout avait été naturel, logique, comme tous les autres jours, comme hier, et comme demain. Tout le monde avait été à la hauteur, et Raphael avait pu profiter d’être plongé entièrement dans la musique pendant toute la durée du spectacle. Il avait lancé le rythme, maintenu les harmonies, tenus tout le monde en haleine pendant plus de deux heures, et il avait au creux de son estomac un léger sentiment de bonheur. Ou plutôt, un sentiment réconfortant de paix. Il se sentait tranquille et étrangement en paix avec lui même. C’était un sentiment qu’il avait cultivé toute sa vie, pendant son enfance et son adolescence, cette paix qu’il avait lorsqu’il n’y avait que la musique qui tournait dans sa tête et dans ses muscles. Lorsque tout le reste s’effaçait, lorsque lui même disparaissait au profit de quelques notes pures et harmonieuses. La musique avait toujours eu un effet de garde fou sur Raphael, peut être était-ce pour cela qu’il l’avait cultivé jusqu’à l’obsession. Il fallait une folie pour en remplacer une autre.

Il rentra apaisé dans sa loge, avec l’idée de s’assoir à son petit piano droit pour glisser quelques notes. C’était là que s’étendait toute l’obsession, il ne pouvait pas en avoir assez. La paix ne dépassait jamais le moment du spectacle en lui même. Il n’en avait jamais assez. Il commença bêtement par des gammes. Comme s’il n’y avait jamais de fin et jamais de commencement. Comme si malgré son talent il devait sans cesse en revenir au basique. Il y avait simplement quelque chose de réconfortant à faire quelque chose d’aussi mécanique que des gammes. Sa porte s’ouvrit sans prévenir et il souleva ses doigts du tableau, regardant avec attention la personne qui était entrée et avait fermée la porte derrière lui. Cela aurait pu être mille personnes. Ou peut être pas, pas sans frappé, mais beaucoup de personne aurait pu vouloir parler au chef d’orchestre à la fin d’un spectacle. Il n’avait pas prévu à le voir là. Combien de temps est-ce que cela faisait ? Dix ans ? Peut être plus ? Il aurait presque pu ne pas le reconnaître. Non, il l’aurait reconnu même vingt ans après, il en était sur. Dorian était toujours égale à lui même, même avec quelques années en plus. La surprise néanmoins devait marquer son visage tout entier. Pire, il devait avoir l’air stupidement ahuris. Les mots coulèrent sur lui comme s’il ne les avait pas entendu. A vrai dire il n’en avait rien à foutre des mots, il n’était pas vraiment sur qu’aucun mot ne puisse avoir une quelconque importance à ce moment là. Dorian était devant lui, avec la même nonchalance qu’il y a dix ans. Comme si c’était le même. Raphael ne pu s’empêcher de penser que lui non plus ne devait pas avoir l’air bien différent. Un peu plus fatigué peut être. Il se releva maladroitement, se prenant presque les pieds dans ses propres pieds avant de s’avancer vers son ami et de le prendre dans ses bras. « what are you doing here ? » il souffla contre lui, serrant ses épaules presque un peu fort. Il y avait comme une peur dans cette accolade, comme si dès que Raphael la desserrerait Dorian s’évaporerait à nouveau.
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MessageSujet: Re: I need my right hand man back - Raph&Dorian   Dim 3 Avr - 22:57

Il n'avait pas vraiment osé aller prendre Raphael dans ses bras dès qu'il était arrivé. C'était au programme, sans aucun doute, à un moment ou à un autre. Mais il avait préféré lui offrir son éternel sourire et une remarque un peu stupide, et rester là à le regarder. Il n'avait pas vraiment osé parce qu'il n'avait aucune idée de comment Raphael allait prendre son soudain retour. Bien, a priori, ils ne s'étaient pas quittés en mauvais termes, mais il supposait ça en se basant sur les souvenirs qu'il avait du jeune De Lacy, plus d'une dizaine d'année auparavant. Alors non, il n'avait pas osé, parce que s'il avait l'impression d'avoir devant lui le même Raphael qu'il avait un jour cru connaître par cœur, ce n'était pas le cas. Il y avait un peu moins d'innocence dans ses traits, et un peu plus de fatigue au fond de ses yeux. Mais s'il faisait son timide, de toute évidence, son ami ne voyait pas les choses de la même façon, et que Dorian soit le même Dorian ou non, il eut le droit à une étreinte. Une étreinte à laquelle il aurait du s'attendre. Une étreinte qui n'aurait pas du pouvoir le surprendre. Mais une étreinte qui lui coupa tout de même le souffle un instant. Il avait Raphael dans ses bras, enfin. Ou il était dans les bras de Raphael plutôt, parce qu'il avait beau jouer au malin, avoir un sourire moqueur au coin des lèvres et l'air sûr de lui, il restait le plus petit des deux. Il n'avait définitivement pas grandit d'un pouce depuis la dernière fois qu'ils s'étaient vu et Raphael n'avait pas rétrécit. Dommage.

Et il se sentit con. Tellement con. A cet instant précis, avec Raphael contre lui, comme si les années passées s'effaçaient magiquement quand il s'agissait de leur amitié. Comme s'il pouvait disparaître comme il voulait et revenir l'air de rien. Comme s'il pouvait jouer au coin sans se voir reprocher quoi que ce soit. Il se sentit tellement con, et il s'en voulut tellement. Il ne put que rendre son étreinte un peu trop forte à Raphael. Il ne pouvait de ressentir au fond de lui un soulagement immense, d'avoir enfin retrouvé Raphael et d'avoir l'impression d'être à sa place, avec lui. Un soulagement immense et un bonheur sans nom. Mais le semblant de détresse qui transparaissait dans l'attitude de son ami venait entacher ce sentiment. Il n'avait pas le droit d'être heureux d'être là quand il l'avait laissé comme ça. Oh, il ne l'avait pas laissé seul, bien sûr, il l'avait laissé avec Charles, mais de toute évidence, il lui avait manqué. Et l'abruti qu'il était avait fait passé ses craintes en premier, égoïste comme toujours, au lieu de venir le retrouver plus tôt. Au lieu de leur annoncer son retour à Londres quelques années auparavant.

« What are you doing here ? »  Ce ton, cette question, cette étreinte. Il avait toujours craint que Raphael lui fasse la moindre reproche, lui donnant alors envie de se cacher mille pieds sous terre, mais il réalisait que son ami n'avait pas besoin de faire la moindre remarque désobligeante pour qu'il se sente écrasé par le remord. Qu'est-ce qu'il foutait là? Bonne question. Et il ne se sentait pas le courage, là, tout de suite, d'annoncer au chef d'orchestre qu'il était sur Londres depuis bien longtemps mais qu'il n'avait jamais sauté le pas de venir les voir. Qu'il avait fuit, comme le lâche qu'il avait toujours été. « Gosh, Raph... I'm so sorry... » Pourquoi il s'excusait au juste? Oh, pour tout. Les raisons de s'excuser ne manquaient pas de lui venir à l'esprit, alors c'était certainement plus simple de commencer par là. Pour l'overdose, pour avoir coupé les ponts, pour n'avoir jamais été là pour eux, pour avoir fait passer sa santé avant eux, pour avoir été un addict égoïste, pour n'avoir pas été là pour voir mini-DeLacy grandir, pour ne pas les avoir prévenus de son retour... Non, les raisons ne manquaient pas. Et il risquait d'être lâche et de ne plus oser après, alors ça lui paraissait être un bon début. Et puis c'était ce que lui avait recommandé sa psy, s'excuser, comme première étape pour se défaire de son addiction. Dix ans plus tôt. Mais il n'était jamais trop tard pour bien faire.

Et il resserra un peu son étreinte. Ce n'était pas comme si Raphael était en verre ou qu'il risquait de se briser. Et une fois qu'il fut sûr que sa voix ne risquait pas de se briser à un moment ou à un autre, il lâcha un léger soupir avant de répondre à la question que Raphael lui avait posé. Qu'est-ce qu'il foutait là. Il préférait y répondre plutôt que de laisser le temps à son ami de relever son excuse et le ton un peu paumé sur lequel il l'avait prononcée. Son ton un peu paumé qui n'était définitivement pas très courant avec Dorian, mais qui correspondait parfaitement à l'état dans lequel il se trouvait. Mais il était Dorian Carrington, alors il n'allait pas laisser ses émotions le submerger. Et il retrouva aussi vite son sourire en coin et ses yeux rieurs, alors qu'il s'écartait doucement de Raphael pour mieux le regarder. Pour retrouver ce visage qui lui avait bien trop manqué. Il avait plusieurs réponses qui lui venaient à l'esprit, et c'était pas facile de déterminer laquelle était la mieux. Laquelle le ferait pas se sentir trop con. Laquelle paraîtrait le moins hors-sujet. Alors il élimina rapidement le "I was thinking of asking my fiancé about when we would get married, so I wanted to know if you wanted to be my best man". Il avait déjà établi depuis longtemps qu'il n'allait pas avouer à Raphael qu'il était à Londres depuis bien trop longtemps et qu'il avait juste été trop lâche. Alors il se contenta d'une réponse neutre. Presque neutre. « Well I'm here 'cause I'm back in your life. » Et il était fier de lui. Non, il n'avait pas vraiment honte de s'imposer comme ça, sans demander une seconde à Raphael s'il voulait bien de lui, mais la réaction de l'autre ressemblait fort à une autorisation pour lui, de s'incruster dans sa vie sans avoir à s'inquiéter du reste. Il lui avait manqué, sûrement. Même si jamais Dorian n'aurait pensé que ce fut le cas. Raph avait bien trop de choses dans sa vie pour avoir le temps de penser à lui. C'était du moins ce dont il s'était convaincu avant de couper les ponts. Que les deux personnes avec qui il avait passé sa jeunesse ne le regretteraient pas tant que ça. Mais ça n'aurait pas été la première erreur qu'il faisait. « Back in both your lives. » Parce que les retrouvailles avec Raphael commençait suffisamment bien pour qu'il ait déjà hâte de revoir le troisième de la bande. Son Charles préféré.
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MessageSujet: Re: I need my right hand man back - Raph&Dorian   Mer 6 Avr - 15:58


Mon dieu, la sensation d’avoir Dorian dans ses lui avait tellement manqué. Non, c’était quelque chose d’étrange à dire. Et puis les deux amis n’avaient jamais été particulièrement câlin l’un avec l’autre. De toute manière, après dix ans d’absence, Raphael devait avouer qu’il avait du mal à dire avec une parfaite assurance ce qu’ils avaient été. Ils avaient été des amis proches. Les meilleurs amis du monde, comme il aimait se le rappeler. Mais les détails, comme à savoir s’ils étaient câlins, lui échappait complètement. Et ce n’était pas l’important. Le fait est que ça lui été apparu comme parfaitement naturel d’aller le prendre dans ses bras. C’était surement une manière physique de lui dire « oh mon dieu, tu m’as manqué », « qu’est ce que je suis content de te voir », mais aussi « je ne t’en veux pas » ou même « tu es déjà complètement pardonné. » Il se doutait déjà qu’ils n’avaient pas tout à fait la même vision des choses quand à la fin brutale de leur amitié. Il n’en avait pas eu conscience à l’époque. Mais maintenant qu’il avait vécu sa propre rupture avec Noah, il se rendait bien compte qu’il y avait toujours deux côtés bien différent de l’histoire (même si dans son cas présent, c’était plus ou moins lui qui avait écrit, par la force des choses, les deux côtés de l’histoire). Dorian ne pouvait surement guère se rendre compte que Raphael s’était seulement inquiété pour Dorian. Et oui, il avait été triste. Oui, son ami lui avait manqué. Il avait eu du mal à se remettre du départ, un départ qui avait presque sonné comme le glas d’une disparition. Mais au fond, il avait toujours compris. Enfin, il ne savait pas s’il avait compris, ou s’il avait accepté, mais il avait en quelque sorte été en paix avec ce qui s’était passé.

Aujourd’hui, il n’y avait pas le moindre mal à le prendre dans ses bras et à le serrer contre lui comme un vieil ami qui revient au pays. Aujourd’hui il ne ressentait aucune douleur à le voir revenir, à le voir sourire, à le voir faire une boutade, comme avant. Le comme avant sonnait joyeux, brillant et sensationnel. Raphael sentait simplement une brûlure au fond de son estomac qui le sortait de son brouillard ambiant. C’était une chaleur confortable et légèrement euphorique qui ne tarderait pas à le prendre à la gorge si Dorian continuait à le serrer comme il le faisait. C’était un bonheur si inattendu qu’il en devenait trop intense et presque absurde. Il entendit les excuses et il relâcha son bonheur dans un rire pas très fin mais terriblement heureux « No need to be, really » il souffla doucement, une fois le rire écoulé. Après tout, il avait eu plutôt de bonne raison d’agir comme il l’avait fait. Enfin, il avait eu ses problèmes, il avait du penser à lui pendant un moment. Certes ça avait été un plutôt long moment, mais ça arrivait à tout le monde. Cela pouvait se comprendre.

Et puis il n’y a pas de raison de rendre les choses formelles. Elles ne l’avaient jamais été entre eux, et Dorian avait justement su tout rendre simple. Un rire, un sourire, une accolade et ils pourraient repartir comme en l’an quarante. Ou alors il s’emballait un peu trop . Mais il avait cette étrange envie qui grondait dans l’estomac, et les envies ce faisait rare ces derniers temps. Il ne comptait pas réellement l’ignorer. Et si pour une fois, il pouvait faire les choses simplement, il n’allait pas non plus s’en priver. Il n’allait pas faire semblant d’en vouloir à son ami - oui parce qu’il continuait même à l’appeler ainsi même après toutes ses années - alors qu’il ne l’avait jamais fait ne serait-ce qu’une seule seconde. « It’s that’s simple » il souffla presque ébahit et heureux devant la situation « Great. » il sourit doucement, serrant un peu plus son ami dans ce qui était surement la plus longue accolade de tous les temps. Ce n’était pas grave, c’était tout de même une accolade qui rattrapait dix ans d’accolade. Il fallait qu’elle vaille son pesant d’or. Elle pouvait durer une petite éternité. Ou du moins jusqu’à ce que Dorian, finalement, rappelle que non, rien n’était jamais si simple. Raphael, en une fraction, en un tout petit mot se figea contre son ami et répéta mécaniquement « in both our lives… » il se décala rapidement pour reprendre une distance respectable.

Merde. Il aurait presque oublié ce détail. Non pas que la mort de Charles était quelque chose qu’il avait oublié. C’était simplement quelques que chose avec laquelle il vivait depuis cinq ans maintenant. C’était un vide qui s’était installer si profondément en lui que parfois il n’y pensait simplement plus. Et il ne pensait définitivement pas que des gens puisses ne pas être au courant. Pourtant Dorian n’avait aucune raison de savoir. Il n’y avait simplement pas pensé. La chaleur, le sentiment de bonheur s’enfonça en lui comme une ancre détachée brutalement de son embarcation jusqu’au tréfonds de l’océan. « We should get drinks. » il souffla, en essayant de lui faire le sourire le plus brillant. Il n’avait pas envie de lui balancer ça comme ça, comme une gifle. Il n’avait pas non plus envie de garder ça pour lui. Il n’avait aucune raison de garder ça pour lui. Dorian finirait bien par le savoir. C’était quelque chose d’horrible. C’était horrible à dire, horrible à savoir. Mais il faudrait bien que ça sorte. « You still drink right ? » il demanda, comme prit d’un doute. Il ne connaissait rien au méthode pour contrôler l’addiction. Dorian était addict à la MDMA, pas à l’alcool, mais savait-on jamais, peut être qu’il avait tout coupé. Ca serait gênant… Un verre - plusieurs même - pouvait grandement arranger l’affaire. Et puis c’était bizarre d’imaginer Dorian sans une goute d’alcool. « I’m so glad to see you again. » il lui dit à nouveau en souriant. Il était pourtant plus nerveux, et avait du mal à s’en empêcher. Il détestait les choses compliqués. Pouvait-on revenir à quelques secondes plus tôt, quand tout était terriblement simple ? « I’ve missed you. » il souffla doucement « Let me change my jacket and we can go. » Il n’allait pas sortir avec le queue de pie du chef d’orchestre. Tout de même.
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MessageSujet: Re: I need my right hand man back - Raph&Dorian   Ven 8 Avr - 3:49

Raphael avait écarté ses excuses d'un rire et d'une phrase bien expéditive. Il n'allait pas s'en plaindre. Son psy lui répétait qu'il était extrêmement important qu'il prenne le temps de s'excuser de manière officielle auprès de tous les gens que son addiction avait blessé, il aurait le temps de s'y remettre plus tard. Un jour. Peut-être. Pour l'instant, Raphael lui avait dit qu'il n'avait pas besoin d'être désolé et l'euphorie du chef d'orchestre était communicative. A moins que ce fut la sienne. L'insouciance. C'était l'insouciance de Raphael qui le contaminait. Lui qui avait tellement angoissé au sujet de ses retrouvailles. A la question de savoir comment présenter les choses, comment s'expliquer. Lui qui avait tellement repoussé le jour J. Il se trouvait soudainement tellement con. Tellement con parce qu'il aurait du s'en douter. Il connaissait Raph. Même après tant d'années de perdues, il ne pouvait pas avoir tant changé que ça. Il connaissait Raph, et il aurait du savoir que son silence radio pendant une bonne dizaine d'année lui serait forcément pardonné dès qu'il se serait retrouvé face à lui. Pas besoin d'excuses, pas besoin de grands mots, pas besoin de chercher comment il pourrait expliquer son absence. Raphael n'avait pas besoin d'explication. Raphael connaissait ses problèmes, et il était assez malin pour comprendre. Ou du moins pour accepter. Il était vraiment trop parfait, et il lui avait beaucoup trop manqué. Il accepta la réponse stupide de Dorian avec le ton plus ravi du monde. Il était là parce qu'il revenait dans sa vie? Great. Et cette foutue simplicité prenait Dorian aux tripes. Il aurait pu en crever de bonheur, là, tout de suite. Et il en aurait presque eu les larmes aux yeux. Tellement heureux de retrouver son ami d'enfance, son ami de toujours, qui ne remarqua pas la soudaine tension de celui-ci. Qu'il ne remarqua pas le ton trop mécanique. « in both our lives… »

Ce fut Raphael qui finit par rompre l'étreinte, et Dorian devait bien avouer qu'il lui en était légèrement reconnaissant. Il ne savait pas s'il aurait été capable, lui, d'y mettre fin et ils n'allaient décemment pas rester comme ça toute la soirée, ils auraient fini par être ridicule. Même si le ridicule était le dernier soucis de Dorian à cet instant. Il se savait ridicule. Il avait ce sourire idiot aux lèvres qui refusaient de s'effacer. Et tant mieux. Il n'allait pas se plaindre d'être trop heureux. « We should get drinks. » Il eut un léger rire. Effectivement, ça lui paraissait être une bonne deuxième étape. Il eut un léger rire, mais il avait cru noter, cette fois-ci, quelque chose d'étrange dans la façon dont Raphael l'avait dit. Quelque chose qui ressemblait au "we need to talk" de ses ex quand elles avaient voulu rompre avec lui. Quelque chose d'étrange dans sa façon de le dire et dans son sourire. Mais il écarta vite cette pensée. Non. Il devait être parano. Il était toujours parano. Et Raphael lui avait déjà pardonné, alors il n'avait pas de raison de s'en faire. « You still drink right ? » Il hocha la tête avec enthousiasme. Il lui avait été conseillé d'éviter toute substance addictive bien sûr, et l'alcool en était, mais il aimait bien ne pas suivre les règles à la lettre. Et pour l'instant, ça n'avait pas semblé poser trop de problèmes. Mais le simple fait qu'il ai pensé à vérifier... Raphael était vraiment trop parfait. « Of course, I still drink. Don't worry about me. » Il ne voulait pas que Raphael s'inquiète de ses addictions. Il voulait juste boire une bière tranquillement. Parce qu'il aimait ça, et qu'il en avait besoin, souvent, pour tenir la marée. Parce que c'était le meilleur moyen de rattraper son retard, sur tout ce qui avait pu se passer à Londres.

« I’m so glad to see you again. » Il souriait, et il avait l'impression qu'ils auraient pu se répéter ça pendant longtemps. Leur accolade qui aurait pu sembler s'éterniser un peu trop l'avait dit bien mieux que leurs mots ne le pouvaient. Mais Dorian comprenait le besoin de le formuler. Parce qu'il se battait pour ne pas inonder Raphael d'un flot de niaiseries toutes plus improbables les unes que les autres, venant de lui. Un flot de niaiserie improbable et surtout sans rien d'original. Des excuses, des mots doux, et simplement le besoin de lui faire savoir qu'il était tellement heureux d'être là. Rien que les mots ne sachent vraiment dire avec brio. Du moins pas ses mots à lui. Alors il se contenta de répondre à Raphael, sans s'emporter. Difficile. « Me too Raph, me too. » Le ton légèrement rêveur de Dorian disait tout ce qu'il y avait à dire. Il n'aurait jamais osé rêver revoir Raphael un jour. Alors que c'était si simple. « I’ve missed you. » Et cela lui mis un petit coup au cœur. Parce qu'il s'en voulait. Il s'en voulait tellement de ne pas être revenu plus tôt d'avoir traîné, d'avoir été le pire des trouillard, d'avoir avant tout pensé à lui et à ce qu'il risquait, comme toujours. « Let me change my jacket and we can go. » Mais il suffisait que Raphael poursuive pour qu'il fasse avec. Avec sa culpabilité qui le rongeait bêtement. Il était habitué de toute façon, il y repenserait plus tard, quand il n'aurait rien de mieux à faire. Pour l'instant, il préférait afficher un léger sourire en coin. « Long time since i had you undress just for me. » La réflexion n'avait rien d'intelligent, mais ça le faisait marrer. De se rappeler eux, leur dortoir quand ils étaient gosses, et sa manie à lui de toujours sortir ce genre de conneries plus grosses que lui. Bon. Ce n'était pas la même chose. Ce n'était pas leur chambre d'internat. Et Raphael ne faisait que changer de veste. Mais il ne put s'empêcher de ricaner doucement. Oui, il se trouvait hilarant même s'il était bien souvent le seul de cet avis. « I hope you know some nice pubs nearby..? » Il fallait avouer que, il avait beau connaître certains quartiers de Londres comme sa poche, ce n'était pas le cas de celui-ci. Et s'il avait un très bon instinct pour trouver trop facilement des bars sympathiques, peut-être que l'expérience de Raphael valait mieux que son instinct. Parler d'aller boire un verre lui avait donné soif, et il n'avait définitivement pas envie de tourner en rond pendant quinze ans dans les rues du west end.
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MessageSujet: Re: I need my right hand man back - Raph&Dorian   Sam 23 Avr - 15:55

Tout pouvait repartir comme avant. Ils n’avaient pas besoin de s’attarder sur des excuses à rallonge. Ils n’étaient pas là pour perdre du temps sur ce genre de chose. Ils savaient. A un moment, ils avaient été suffisamment proche pour pouvoir se comprendre à demi mots, ou du moins c’était comme ça qu’ils avaient voulu voir leur amitié. Lorsqu’on avait vécu dans la même chambre d’internat de leur onze ans à dix sept ans, cela faisait un lien tout à fait particulier… Ils étaient comme deux frères. Et justement parce que Raphael n’avait jamais eu de famille bien fonctionnelle, il accordait la plus grande importance à celle qu’il s’était trouvée à l’internat. Et dans son idée de la famille, on était bien au dessus de la rancune et des excuses. Et il y avait rien qui n’était pas pardonnable dans une accolade sincère. Et c’était fait. Tout était pardonné, tout pouvait repartir comme avant. Eventuellement, Dorian pouvait lui raconter ce qu’ils avaient fait pendant dix ans. Il avait surement des histoires merveilleuses à raconter. Dorian avait toujours été celui qui avait le plus de chose à raconter. Raphael, lui était le plus discret. Charles, était entre les deux. Mais Charles aujourd’hui, n’était plus là, et Raphael se mordait la lèvre rien qui d’imaginer que son ami pouvait ignorer cette donnée. C’était absurde. Il vivait avec cette absence depuis si longtemps. La mort du troisième frère l’avait rongé depuis si longtemps, tout comme l’absence de Dorian avait laissé un vide certain, un vide qui ne s’était jamais complètement rebouché, qu’il lui paraissait presque improbable que l’un puisse ne pas être au courant. Pourtant, c’était évident, Dorian n’avait strictement aucune raison de savoir. A moins de les avoir espionné - ce qui aurait été assez difficile à avaler - Dorian n’avait aucun moyen de savoir pour Charles - il ne pouvait pas l’avoir senti, certes ils étaient tous très proche les uns des autres, mais pas comme ça. Les conneries de jumeau ne marchait pas avec les très bons potes d’internat, même avec les meilleurs.

Mais le départ de Charles rendait les choses étranges. Raphael aurait voulu repartir comme avant. Il aurait voulu oublié dix ans d’un coup et faire comme s’ils ne s’étaient jamais perdu de vue. Il aurait voulu entendre la vie de Dorian comme si ça avait été une histoire fabuleuse. Il aurait raconté la sienne comme si c’était un mauvais rêve, et puis ils auraient repris le tout comme deux adolescent. Mais c’était loin d’être possible. Ils avaient bel et bien vieillit. Ils étaient loin des adolescents qu’ils avaient été - et peut être que c’était pour le mieux - et la vie leur était réellement passé dessus. Elle leur avait pris Charles. Et elle leur avait joué d’autres tours. Ils avaient changés, et Raphael avait l’impression que dans toutes les choses qu’ils avaient à rattrapé, peu était vraiment bonne. Cela ne l’empêchait pas de sourire, cela ne l’empêchait pas d’être heureux. Il l’était d’ailleurs plus qu’il ne l’avait jamais été ces derniers mois. Mais l’évocation de Charles avait teinté ses retrouvailles d’une lourdeur. Il avait du mal à se maintenir dans l’insouciance lorsqu’il savait que dès qu’ils se seraient assis à la table d’un pub et qu’ils auraient trempé leurs lèvres dans leur bière, il faudrait qu’il lui avoue la vérité. Il n’avait jamais dit ce qui était arrivé à Charles à voix haute. C’était un sujet qui n’avait plus eu sa place dans sa famille, il n’en avait jamais parlé en dehors. C’était resté une cicatrice à l’intérieur de lui, une qu’il avait même pas pris la peine de refermer, qui respirait d’elle même, qui continuait de saigner parfois, et qui se rappelait parfois de manière cruelle. C’était un sujet qu’il avait enterré, une croix qu’il portait lourdement, un sentiment écrasant de culpabilité. Il détestait l’idée de devoir le dire ne serait-ce qu’une fois. Mais il devait bien ça à Dorian, c’était son frère à lui aussi.

Il sourit comme un con à la remarque de son ancien camarade de chambre. C’était complètement absurde venant du plus hétéro - seul hétéro - des trois compagnons. Il se demandait s’il l’avait su à l’époque… « I hope you enjoy this. » il souffla amusé tout en retirant sa veste de chef d’orchestre en queue de pie et en fouillant dans son placard pour trouver quelque chose de plus confortable. « I bet you have so much to tell me. » il ajouta, surtout parce que le silence l’ennuyait. Dans le silence, il pensait à la conversation à venir. Dans le silence, il devenait nerveux. Et puis ils avaient effectivement dix ans de leur vie à rattraper. Il fut rapidement rhabillé - parce que ça ne prenait pas mille ans de renfiler une veste - et se retournait vers son ami « No, I work here and never go out to get a drink… » il souffla en roulant des yeux « who do you think i am ? A saint ? » il ajouta en riant. Et on savait que Raphael n’avait rien d’un saint, et puis les endroits ou l’on pouvait boire de l’alcool, meh c’était le genre d’endroit que tout le monde devait connaître.

Sur ce, il attrapa Dorian par le bras, comme si établir un contact physique presque constant était ce qui lui permettait d’être bien sûr de la réalité. Bien sûr du faite qu’il était là, avec lui, et qu’il n’allait pas s’évanouir la seconde suivante. « Let’s go. » il souffla doucement avant de l’entrainer en dehors de la loge. Ils furent bientôt en dehors du théâtre, dans les rues, puis rapidement dans l’un des plus petits bars de Soho. Raphael n’aimait pas forcément le monde, et il avait trouvé avec le temps un petit bar beaucoup plus intime ou l’on pouvait s’assoir en terrasse, coincée au milieu d’un îlot Londonien, à l’abris du bruit et du vent. Certes, lorsqu’on entrait on se disait que ce n’était pas trop le genre de Raphael, principalement parce que la musique était très rock, presque hard rock par moment, mais il avait eu l’habitude de venir là avec Noah, et il aimait le côté intime et calme de l’endroit, et il s’était dit que Dorian apprécierait la musique. Après tout, c’était Dorian qui lui avait fait écouté du Rock planqué dans un placard quand ils étaient jeune. « Will this pub do ? » Il devait avoué qu’il n’avait pas remis les pieds dans ce pub depuis sa rupture avec Noah, mais bon, cela convenait bien à Dorian, il avait décidé de mettre ça de côté. « They have good beer. » il souffla en s’asseyant en terrasse et en sortant une cigarette « Can I smoke ? » il souffla, même si Dorian lui avait demandé de ne pas s’inquiété, il ne pouvait pas s’en empêché, et il avait besoin de demander.
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MessageSujet: Re: I need my right hand man back - Raph&Dorian   Mar 6 Sep - 14:04

« I bet you have so much to tell me. » Oh oui, des choses à raconter, il en avait un paquet. Le problème était de savoir s'il trouverait le courage, la foi, de les raconter. Il était lâche, il le savait, et toutes ses bonnes résolutions ne changeait pas grand chose à l'affaire. Dire à Raphael qu'il était à Londres depuis un moment n'était pas dans ses forces. Pas toute suite. Pas maintenant. Peut-être après quelque verre cependant. Et puisque le meilleur des chefs d'orchestre proposait, ça tombait plutôt bien. Il ferait confiance à l'alcool pour dénouer les langues, obscurcir son jugement, embrumer son cerveau et lui donner un brin de témérité qui, au vu de sa couardise habituelle pourrait passer pour du simple courage. Il verrait bien. « No, I work here and never go out to get a drink… who do you think i am ? A saint ? » Il roula des yeux a son tour en riant doucement. Oui, non, il ne prenait pas raphael pour un saint. Certainement pas. A moins qu'il ai totalement changé depuis leurs jeunes années. Même s'il n'avait jamais été le pire de la bande (Dorian revendiquait le titre sans aucune fierté), il n'avait pourtant pas été en manque.  

Et il se laissa embarqué par Raphael, attrapé par le bras et ravi de suivre le mouvement. Il jeta un dernier coup d'oeil à la loge. Oh, il aurait le temps de revenir ici. Il n'avait pas l'intention d'abandonner Raphael à nouveau. Et il était de ces personnes qui n'ont aucun horaire de travail. Il pourrait se permettre de venir l'ennuyer à la sortie de ses spectacles comme bon lui semblait. Parce que c'était parfaitement le genre de Dorian de venir s'installer dans la loge de son ami et de l'attendre bien trop régulièrement pour aller boire avec lui à la fin de ses spectacles. Mais ce n'était pas le problème du moment. Déjà parce que ce n'était pas un problème, et aussi parce que pour l'instant il suivait Raphael jusqu'à un bar de son choix. Et s'il ne faisait aucun doute que Raphael avait du goût, Dorian n'aurait pas pensé qu'il l'emmènerait dans un endroit comme celui-ci. « Will this pub do ? » Il opina. Oh, il n'était de toute façon pas bien difficile en matière de bar, tant qu'il y avait de quoi boire, mais pour le coup, celui-ci n'était pas juste acceptable. Il avait l'air bien. Voire très bien. De la musique comme Dorian aimait (quoi qu'il aimait tous les genres de musique, ce n'était pas très dur), une ambiance plutôt tranquille, pas trop de monde. Non, il n'aurait pas vraiment pu demander mieux, si proche du théatre. Il ne savait pas comment Raph avait découvert ce petit bijou, mais c'était une très bonne découverte. « Anything will do. And this one seems perfect. » Il opina pour confirmer ses dires. Tant qu'il avait Raphael à ses côtés, il ne chipoterait pas sur l'endroit où il l'emmenait.

« They have good beer. » Il ricana doucement. Oh, il faisait confiance à son ami sur le sujet, mais celui-ci le connaissait définitivement un peu trop bien. Oui, lui vendre la bière était le meilleur moyen de lui vendre l'endroit. Même s'il n'avait pas besoin de ça, en vrai. Ils s'installèrent en terrasse, et Dorian sourit à la question de son ami. S'il pouvait fumer? Bien sûr. Et décidément, Raphael était la personne la plus attentionné du monde. Il opina. « Don't worry about me. I still drink, I still smoke. I've basically only stopped what's illegal... That might not be the best way to do it, but I can't stop all of it. » Il se connaissait bien trop. L'angoisse de ne plus pouvoir boire, et de ne plus pouvoir occuper ses mains avec une cigarette ne pouvaient pas rendre sa sobriété plus simple. Cela ne ferait que le pousser un peu plus au bord du gouffre. Alors non, il n'avait pas abandonné ses vices. Il regarda donc Raphael allumer sa cigarette, posant ses coudes sur la tables et installant sa tête dans les paumes de ses mains. Oh oui, il allait regarder Raphael. Il allait regarder ce visage qu'il avait trop connu et qui n'était pas si différent qu'à l'époque. Ce visage qu'il reconnaissait sans mal, mais qui pourtant avait changé. Il y avait tout ces petits détails qu'il n'arrivait pas nécessairement à identifier. Raph avait vieilli. Comme lui, sûrement. « So. Tell me about you. What's new? What's up with directing a small musical? And is Mini-DeLacy fine? She must be soooo grown-up now. Well, not grown-up, but teenager... Not too hard to deal with it? » Il était sûr qu'il avait manqué plein de choses, et il préférait que Raphael lui parle de lui, de sa famille, de sa vie, plutôt que de se confronter à l'idée de parler de lui-même. Ca viendrait. Mais il préférait si possible avoir ingurgité une petite pinte de bière d'ici là.

D'un geste de la main, il attira d'ailleurs un serveur jusqu'à leur table. Autant commencer maintenant, tout de suite. Ils avaient certes tout le temps qu'ils voulaient, et il n'allait pas laisser Raphael lui échapper, plus maintenant... Mais ce n'était pas la question. Il avat beau être plus qu'à l'aise avec Raphael, aussi à l'aise qu'il l'était dix ans plus tôt, comme s'ils ne s'étaient jamais perdus de vue... Et bien malgré tout, la culpabilité le bouffait légèrement de l'intérieur. Et quoi de mieux pour oublier tout sentiment de culpabilité que le joyeux sentiment de liberté qui allait de paire avec l'alcool. Choisir sa bière fut plutôt rapide, Dorian n'était pas du genre à prendre trois ans pour choisir ce qu'il voulait. Et une fois qu'il s'était décidé, il détourna son attentin du serveur pour se concentrer sur son ami, le yeux brillant. Oh, oui, il voulait tellement en savoir plus. « Tell me everything. » Même si everything était un peu vaste, au moins, il serait sûr de ne rien manquer. Totalement aveugle qu'il était au possible malaise de Raphael. Probablement parce qu'il avait perdu l'habitude de le voir et de décoder chacun de ses changements d'expression. Probablement parce qu'il était trop occupé à s'angoisser bêtement dans un coin de son crane pour faire vraiment attention au reste.
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MessageSujet: Re: I need my right hand man back - Raph&Dorian   Dim 2 Oct - 12:50


Il avait du mal à y croire. Avoir Dorian sous les yeux étaient quelque chose d’absurde. C’était quelque chose d’incroyable. Mais parce qu’il avait du mal à y croire, il avait du mal à exactement savoir comment réagir ? Oh, bien sûr, il était heureux. La question n’était pas là. Il bondissait de joie. Mais ce n’était plus exactement un sentiment qu’il avait l’habitude de ressentir ses derniers temps. Il ne voulait pas se plaindre. Il n’avait pas envie de se dire malheureux. Il n’avait en réalité pas envie d’y penser. Généralement il se débrouillait plutôt bien. Il avait réussit à avoir une vie normal. Oh rien n’était bien folichon. Rien n’était bien horrible non plus. Il s’était anesthésié pour ne pas avoir à penser au négatif. Il vivait sans penser, emplissant son cerveau de note de musique. Mais l’arrivée de Dorian dans sa vie - à nouveau - s’il devait être des notes de musique il serait une entrée en fanfare, un rugissement majestueux d’une symphonie. Mais Dorian était aussi son lot de souvenir, son lot de souffrance, son lot de regret, et tout ce qui suivait. Oh bien sûr il n’en voulait pas à Dorian. Il avait fait ce qu’il pouvait. Quoique Dorian ait pu faire pendant ses dix années, Raphael était content pour lui. Le monde de la musique tel qu’ils l’avaient expérimenté au collège, lycée, et même début d’étude supérieur ne convenait pas à Dorian et Raphael était bien content qu’il s’en soit sortit. Certes, à cause de ça, il avait perdu l’un de ses meilleurs amis. Mais le simple fait de le voir aujourd’hui, d’avoir pu le serrer dans ses bras lui faisait dire que peut être tout n’était pas si perdu que ça. Ils avaient grandis ensemble, ils s’étaient développé comme des frères, et visiblement ce n’était pas dix ans d’absence qui pouvait changer tout ça. Quoiqu’il en soit, Raphael était heureux de voir Dorian. Et Dorian avait l’air bien, il avait l’air en meilleur santé, il avait l’air souriant - ça il l’avait toujours été. C’était une bonne chose. Ca provoquait des relents de chaleur dans son coeur. Ca le poussait à sourire bêtement. Mais surtout - et malheureusement - revoir Dorian lui rappelait cruellement que Charles n’était plus là. Ca lui rappelait aussi que Dorian ne le savait probablement pas. Que Dorian ne le savait pas, sinon de qui aurait-il parlé en disant « vos deux vies ». Il savait qu’il ne parlait pas de Jane. Il n’avait jamais bien aimé Jane. Mais il n’y avait plus de vie à retrouver pour Charles, et il ne savait pas comment le lui annoncé. Il n’avait pas parlé de Charles depuis sa mort. Il avait enterré l’idée quelque part, et s’il était obligé de vivre avec, il ne voulait pas y penser. Les mots ne devaient pas être dur à trouver, et pourtant il lui brulait déjà la gorge. Surtout dans cette ambiance qui était si légère et si heureuse. Devait-il tout planter comme ça ? Pour le simple principe d’honnêteté ? Surement. Il n’avait pas été assez honnête dans sa vie, ça lui avait souvent jouer des tours, de mauvais tours.

Mais il avait seulement envie de rire avec Dorian, de se souvenir du bon vieux temps, des conneries qu’ils avaient fait, des soirées sans but sinon celui de s’amuser. Mais c’était inutile non ? Si Charles n’était plus là ? Il rit quand même à la remarque de Dorian. Il n’avait pas à être content que son ami fume et bois toujours… Et pourtant, ça lui donnait l’impression qu’il n’était pas si différent, qu’il n’avait pas trop changé. Quand bien même il n’avait jamais été définit par la drogue à ses yeux ou quoique ce soit de la sorte. « As long as your happy » il souffla avec un sourire « you look happy » il fit un petit sourire joyeux. Oui il était définitivement heureux de le retrouver. Lui, à l’inverse, fumait nerveusement. Oh ça ne ternissait pas vraiment les sourires qu’il faisait à son vieil ami de toujours. Mais il se demandait à quoi il ressemblait. Est-ce que Dorian était déçu de le retrouver ainsi ? Il sourit aux questions qui avaient indéniablement leur place. Mais qui était sans doute un peu futile face à ce qu’il avait à dire. « Evita is not a small musical » il souffla en roulant des yeux doucement, un début de rire sur ses lèvres, au fond de sa gorge. « And Maggie is fine » il souffla « she is sixteen… and probably the most adorable teenager you could imagine » il lui fit un sourire. Oui il n’y avait pas de doute, il aimait vraiment sa fille, de tout son coeur. Et bien sûr, sa vie aurait été différente s’il ne l’avait pas eu. Mais il avait du mal à vraiment regretté de l’avoir dans sa vie. Elle le rendait si heureux, par moment.

Pour ce qui était du reste, il attendit que leur verres arrivent. Il avait besoin de boire pour le dire. Ou de boire pour faire passer la nouvelle. « I need to tell you something » il souffla faiblement, regardant le fond de son verre. « About Charles » il se pinça la lèvre « It’s not nice » il tendit son verre pour tchiner avec Dorian « I thought… I could just tell you… And we’ll get back at being so happy to see eachother again ? » il lui fit un petit sourire « Because i missed you » il souffla doucement. Est-ce qu’il était niais là tout de suite ? Ou est-ce que c’était normal ? Après dix ans ? « And i’m really happy to see you again. » Meh, on allait dire que c’était normal. Il avait envie que ça soit normal.
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