JEG ♥ I know you, I walked with you once upon a dream...

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MessageSujet: JEG ♥ I know you, I walked with you once upon a dream...   Mar 22 Mar - 23:57


Jeanne E. Gilmore
   You'll love me at once, the way you did once upon a dream...

   
introduction
Je m’appelle Jeanne Emma Gilmore, née le 3 décembre 1991 à Los Angeles. Je suis anglo-américaine mais j’ai un prénom français parce que maman ADORE la culture française. Elle connait plein de choses sur ce magnifique pays. Et elle m’a passé le virus !

Je crois au Prince Charmant, je sais qu’il se cache quelque part… Un jour, son GPS le mènera jusqu’à moi ! Je pourrai enfin fonder ma propre famille et aimer mes enfants comme mes parents nous aiment, mon frère et moi. Ma famille est vraiment unie, même si papa travaille beaucoup. Vous connaissez les chocolats Aurora ? Eh bien c’est ma famille. C’est mon arrière-grand-père qui a fondé cette chocolaterie, tout près de Londres, en 1900. Avant d’être la firme internationale qu’elle est aujourd’hui, cette chocolaterie était simplement une belle preuve d’amour pour mon arrière-grand-mère prénommée… Aurora ! C’est trop mignon, non ?

A 13 ans, je suis venue habiter à Londres, laissant derrière moi ma vie californienne ainsi que mon meilleur ami Alex, aujourd’hui au paradis. Depuis sa mort, j’ai décidé de croquer la vie à pleines dents, de vivre sans regrets et de tout faire pour être heureuse et rendre les gens autour de moi heureux. Je travaille à l’hôpital où je suis infirmière. Tout se passe très bien et c’est un peu ma deuxième maison. Que ce soit mes collègues ou mes patients, ils ont tous quelque chose à m’apporter et j’ose espérer que moi aussi !

   ▬ âge : 24 ans (en 2016)
   ▬ nationalité : anglo-américaine
   ▬ métier : infirmière
   ▬ quartier : Notting Hill
   ▬ orientation sexuelle : hétéro
   ▬ statut : célibataire
   ▬ groupe : Travel Card
   ▬ avatar : Lily Collins

   

   en 2005en 2009aujourd'hui
Avril 2009

       « Alors, comment est la neige, Patate ? » j’envoie à Alex. Je sais qu’il est parti à Aspen pour sa semaine de vacances, avec sa famille. Je souris en l’imaginant là-bas, à draguer tout ce qui bouge. Alors je m’empresse d’ajouter une autre remarque par texto. « Combien sur ton tableau de chasse ? » je rigole comme une idiote. En quatre ans, il a bien grandi et aujourd’hui, nous avons dix-sept ans et Alex est devenu… un homme ! Je dois avouer qu’il est plutôt beau garçon. Il me raconte souvent ses amourettes et je lui raconte les miennes. Notre relation n’a pas changé, sauf qu’on se voit moins. Heureusement il y a Skype ! Et j’ai hâte d’être à cet été pour retourner le voir en Californie. A cette idée, je soupire, ferme les yeux, et je me projette là-bas, sous les palmiers, le soleil réchauffant ma peau. J’entends même l’océan et j’arrive à sentir son parfum aussi. Un sourire béat éclaire mon visage et c’est mon portable qui vibre qui me sort de ma rêverie. « Elle est bonne ! Méga bonne ! » je lis sur mon écran. Et je réponds illico « La neige ou la pauvre fille qui s’est prise dans tes filets ? ». « Je te laisse deviner… » me répond-il, et j’émets un petit rire. Je suis sur mon lit et j’attends que le dîner soit prêt. « Toujours pas la bonne ? » je lui demande, m’inquiétant pour sa consommation excessive de jolies demoiselles. « Nope, mais je sais qui c’est. Et toi, tu roucoules toujours avec Machinchose ? » je soupire d’exaspération. « Thomas. Et non, c’est terminé depuis hier. Il n’avait pas d’humour, le pauvre » je réponds en repensant à ma rupture. C’est moi qui l’ai éconduit. « Oh… Tu veux venir me rejoindre ? » Aaaahhh si seulement ! « Je ne suis pas en vacances, MOI ! » Et je renvoie immédiatement un petit smiley qui pleure. « Dommage… J’aurais pu te montrer qui c’était… » Je fronce les sourcils, je pianote sur mon clavier et je reçois un autre sms avant d’envoyer le mien. « J’y retourne, la neige n’attend pas. Bon appétit ma Jeannette ! » Et là, plus intéressée que jamais, j’envoie mon message. « Qui c’est ? Elle est à Aspen ? Tu l’as rencontrée ? Atwood, raconte-moi TOUT !!! C’est qui l’heureuse élue ???? »

Je descends manger et une heure après, je vérifie mon portable. Pas de réponse. Il le fait exprès pour m’agacer, je suis sûre ! « Tu t’es transformé en bonhomme de neige ? Réponds ! C’est quiiiiiiii ??? » Je souris en pensant que mon agacement doit le faire rire. J’attends mais toujours pas de réponse. Je finis par aller me coucher, laissant toujours mon portable allumé, au cas où. Et justement, en pleine nuit, le téléphone se met à vibrer. Ensommeillée, je réponds comme je peux en voyant le nom d’Alex s’afficher. « Ah ! Tu veux enfin me dire qui c’est ? » je demande, toujours aussi impatiente. Mais c’est la voix de la mère d’Alex qui me répond. « Jeanne, c’est… c’est Annie. » Je me redresse immédiatement sur mon lit, le cœur battant. Ca n’est jamais arrivé que sa mère lui prenne son téléphone. Et je l’entends qui se met à renifler, la voix tremblante, elle reprend. « Alex a… il a eu… un... un accident. Et... » Ma bouche s’entrouvre et je sens que la nausée arrive. « C’est grave ? » je réussis à sortir à toute vitesse. Et Annie éclate en sanglots. J’ai l’impression de mourir durant le court laps de temps où elle ne me répond pas. Je porte ma main à la bouche, secouée par le choc de la nouvelle. « Jeanne, je suis désolée… Alex n’a pas… survécu, il… il est… Oh mon dieu… » finit-elle dans un souffle. Je reste muette et mes yeux se sont déjà remplis de larmes. Dans ma tête tourne en boucle « c’est pas possible, c’est pas possible, c’est pas possible… » En sanglots à mon tour, la voix inondée de larmes, je demande « Qu’est-ce qu’il s’est passé ? » et elle m’explique qu’il a eu un accident de ski, il a perdu le contrôle pour éviter une collision et il est parti sur le côté, est sorti de la piste et a dévalé la pente pour finir dans des arbres. Je regarde l’heure sur mon réveil et il est 4h58. Après avoir raccroché, j’ai eu l’envie de mourir à mon tour. Péniblement je m’extirpe du lit pour aller frapper à la porte de la chambre de mes parents. Je rentre alors que mon père allume sa lampe de chevet. En voyant ma tête, mes parents comprennent immédiatement que quelque chose ne va pas. Je finis en sanglots entre eux deux et après une minute, je réussis à leur expliquer la situation.

Deux jours plus tard, je revois la Californie. Mais elle n’a plus le même éclat. Son soleil est parti, Alex n’est plus de ce monde. Mes lunettes de soleil sont là non pas pour me protéger des dangereux rayons, mais pour cacher mes yeux bouffis par les pleurs. Ce sont les jours les plus tristes de toute ma vie et j’ai du mal à envisager ma vie sans lui, sans Alex. Ma famille, toute aussi triste que moi, fait le maximum pour me soutenir dans cette épreuve. Mais rien n’y fait. Après l’enterrement, c’est encore pire, car je sais qu’il ne reviendra pas, jamais. Deux semaines passent, j’ai perdu quatre kilos, je n’ai plus rien qui me fait envie. Rien de comestible, rien de distrayant, rien qui puisse m’intéresser un tant soit peu. Rien. Je gis sur mon lit, la boîte de mouchoirs près de moi. Je ne sais pas quel miracle mon corps arrive encore à produire des larmes tant j’ai pleuré. Mon frère rentre dans ma chambre et s’approche de moi doucement, posant sa main sur mon visage pour me donner un peu de tendresse. « J’ai quelque chose pour toi, soeurette » je me retiens de lui dire que ça ne m’intéresse absolument pas. Et là il sort un carnet et un stylo. « Je ne sais pas si ça peut t’aider, mais j’ai pensé que ça pourrait. Je sais qu’il te manque… et que lui parler te manque. Alors je me suis dit que tu pourrais peut-être écrire dans ce carnet comme si tu lui parlais ? Je sais qu’il ne te répondra pas, mais… quand tu retourneras là-bas, tu pourras peut-être lui lire quelques passages ? Tu sais, il voudrait vraiment que tu ne t’arrêtes pas de vivre, le connaissant. Alors remplis ces pages, ce n’est pas en restant ici que tu vas pouvoir lui raconter quoi que ce soit. » Mon frère me sourit tendrement et je le regarde, indécise. Je ne sais pas si c’est une bonne idée… Il finit par me déposer un baiser sur le haut du crâne et ajoute « Si tu n’en veux pas, tu peux toujours le jeter » et un clin d’œil plus tard, il s’éclipse, me laissant seule face à ce carnet vierge que je regarde quelques minutes. Tremblante, je finis par saisir le stylo et de mon autre main, j’ouvre à la premier page. Une hésitation, un battement de cœur manquant, et la plume touche le papier. « Ce n’est pas juste, Alex. Comment tu as pu me faire ça ? Qu’est-ce que je vais devenir sans toi ? »

Et les trois premières pages se remplissent de bleu, je suis prise d’une frénésie d’écriture, tout sort enfin et je sens que ça me fait du bien.
Juin 2009

       « Salut Alex ! » je dis doucement, face à la pierre tombale où est inscrit le nom de mon meilleur ami. La journée est chaude, j’ai mis ma petite combi short et mes yeux humides sont cachés derrière les verres teintés de mes lunettes. Un chapeau retient mes cheveux. « J’espère que tu vas bien, là-haut. J’imagine que tu leur donnes du fil à retordre ! » Un sourire s’entend dans ma voix. Je ne me sens même pas stupide de parler à une pierre tombale. « Ta mère m’a donné ça aujourd’hui, elle l'a trouvée dans tes affaires en faisant le tri » et je lui montre une enveloppe toute froissée avec mon nom et mon adresse dessus. Mon adresse de Londres. « Tu l’as mise dans un de ces états ! Tu voulais pas me l’envoyer ? » J’attends une réponse qui ne viendra jamais. « Tu… Tu m’autorises à la lire aujourd’hui ? J’ai besoin de te lire, Alex. Tu sais, je relis nos sms de temps en temps, ça me fait du bien. Tu arrives encore à me faire rire, tu sais… » Une larme roule le long de ma joue et elle vient s’échouer sur le coton blanc de ma combi. Je déchire délicatement l’enveloppe, souhaitant ne rien gâcher, comme si tous les souvenirs d’Alex devaient rester intacts, et je tire la feuille, toute froissée elle aussi. « On la lit ensemble ? » je propose tout bêtement. Je regarde la date, il l’a écrite fin novembre 2008. Je me racle la gorge et je commence.

« Joyeux anniversaire Banane ! » je me mets à rire alors que l’envie de pleurer me prend. Mes yeux se remplissent immédiatement de larmes et c’est la voix cassée que je continue mon récit.

« Aujourd’hui tu as 17 ans, ma vieille ! J’ai hâte d’être à Noël pour venir fêter ça avec toi. Tu me manques, tu sais ! En plus Mme Sherbazky est de plus en plus chiante avec moi. T’es plus là pour prendre ma défense, ma Jeannette ! Que ferais-je sans toi ?

La vérité, c’est que… ben pas grand-chose. Tu n’imagines pas à quel point tu es importante pour moi. Tu sais, on n’a jamais vraiment parlé de la première lettre que je t’ai donnée, si tu te rappelles, le jour de ton départ pour Londres. Je pense que j’ai pas été aussi clair que je l’aurais voulu, ou alors, dans ta délicatesse légendaire, tu as voulu m’épargner un bel échec sentimental… Je crois que les lettres, c’est mon truc. Je sais pas trop si c’est parce que c’est « romantique » ou si c’est juste parce que j’ai trop peur de te le dire en face.
Aujourd’hui t’as dix-sept ans, ma Jeannette, et j’aimerais bien te souhaiter beaucoup de bonheur et beaucoup d’amour là-bas à Londres, mais le truc c’est que t’es là-bas, justement. Et que le bonheur et l’amour que je te souhaite, il est forcément ici, avec moi. T’es partie il y a trois ans et demi, j’ai pensé que c’était peut-être une bonne chose pour moi, mais la vérité c’est que ça n’a rien arrangé du tout. Ce que je ressens pour toi est toujours aussi fort, je dirais même plus fort encore qu’autrefois.

Je rêve souvent de toi, tu me manques. Toi, ta bouille, tes blagues pourries, ta voix, ton parfum, ton regard, ton toucher. Ca me rend malade. Je sais pas pourquoi je te dis ça là dans cette lettre… Je comprendrais si tu ressentais pas la même chose, et rassure-toi, ça ne changera rien entre nous, ni à ma vie. Je continuerai d’emballer les filles, tu continueras de chercher ton « prince charmant », un jour je tomberai sur une fille extra qui t’arrivera peut-être à la cheville… On sait jamais ! J’aurais juste aimé que ce soit toi, ça aurait été plus simple.

En fait, c’est pas très malin ce que je fais. Si ça se trouve, tu vas même plus vouloir que je vienne à Noël ! Tu feras pas ça, dis ?! Je veux dire, toutes ces années à te supporter pour en arriver là, ce serait bien con, non ? haha

Encore joyeux anniversaire Banane, je te souhaite de bien fêter ça. J’espère que ce cadeau te plaira.
Tu me manques.

Je t’aime,

Alex
»


Je viens de me rendre compte que j’ai arrêté de lire à voix haute à partir de la moitié de la lettre, dévorant ses mots. Et une fois terminée, je lève les yeux vers la pierre tombale et je reste sans voix, la bouche bée, la fixant simplement, comme si c’était Alex qui se tenait devant moi. Mon cœur s’est mis à battre plus fort et plus vite. Cette révélation me surprend, même si les paroles de mon frère me reviennent en tête. Je n’avais pas compris le sens de ses mots dans sa première lettre. Je ne pensais pas qu’il était… amoureux de moi. Et… je ne sais que penser de tout ça…
« Alex, je… je comprends pourquoi tu n’as jamais envoyé cette lettre. Mais… mais pourquoi tu me l’as pas dit ? Je sais pas… peut-être que ça aurait pu marcher ? » Il m’est arrivé d’être jalouse de quelques une de ses conquêtes dernièrement, mais je pensais que c’était simplement parce qu’elles me piquaient mon meilleur ami. Parce que j’avais peur qu’il m’oublie à cause d’elles. Sauf que c’était tout l’inverse. Et si j’avais compris à l’époque ? Peut-être que ça aurait été très différent, peut-être qu’il serait venu à Londres au lieu d’aller à Aspen, pour ses vacances, peut-être qu’il serait toujours en vie. Peut-être que je serais heureuse comme jamais… Peut-être que le prince charmant était sous mon nez depuis toute ma vie. Et je ne le voyais pas.

« C’est trop tard… » je murmure le cœur lourd. « Tu n’es plus là, Alex. Tu m’as laissée toute seule. Mais… mais je ne t’en veux plus. » Je suis en paix, enfin presque, aujourd’hui. Je me ressaisis et je continue de lui parler pour lui expliquer mon projet pour cet été. « Tu sais quoi ? Avec mon frère on entame un tour du monde pendant les vacances d’été. Je t’emmène avec moi, t’inquiète pas, comme prévu. Et je t’écris tous les jours ! Je veux te montrer que ma vie est remplie de belles choses que même sans toi, j’arrive à les apprécier. C’est… c’est pas facile tous les jours, je vais pas te mentir. Mais je fais de mon mieux. » Et je lui explique alors les étapes de notre futur périple, à mon frère et moi. Un tour du monde qu’on continuera lors de nos prochaines vacances. Je suis complètement excitée et à la fois anxieuse. Et puis triste de ne pas pouvoir le faire avec Alex alors qu’on en avait déjà parlé de ça, l’an dernier. Il aurait dû le faire avec moi, mais mon frère pense que c’est une bonne idée de tenter cette aventure avec sa petite sœur.

Août 2012

Les portes automatiques de l’hôpital s’ouvrent et je souris bêtement quand je franchis les portes. C’est mon premier jour de travail officiel en tant qu’infirmière. Je suis contente et fière d’avoir réussi à atteindre ce but, ma famille aussi est fière de moi, mon petit-ami également. Mes voyages à travers le monde m’ont beaucoup inspirée pour transmettre aux autres tout mon amour et ma bienveillance, ceux en Afrique notamment. Ca déchire le cœur de voir dans quel état se trouvent certains enfants, là-bas. J’en ai parlé à maman, elle s’est davantage investie dans des causes humanitaires pour l’Afrique, avec le fonds de solidarité de l’entreprise. J’aimerais faire plus, j’aimerais avoir le pouvoir de changer complètement les choses, malheureusement cela ne se fait pas d’un coup de baguette magique.
Cet hôpital, je le connais bien, j’y ai fait mon année de stage lors de ma troisième année d’études. Mais y entrer aujourd’hui en tant que titulaire, c’est un autre sentiment. Ce soir, je rejoins Will au restaurant pour fêter ça. Will, c’est mon petit-ami depuis trois mois. Je n’ai jamais tenu aussi longtemps avec un garçon, alors on verra bien jusqu’où ça nous mènera, mais je l’aime bien. Il se rapproche de mon idéal, alors j’espère que je ne me suis pas trompée. Mon frère ne l’aime pas trop, mais ce n’est pas bien grave. Il s’habituera…

Janvier 2013

En fait non, il ne s’est pas habitué. Et moi non plus, d’ailleurs. Avec Will ça a capoté juste avant Noël. C’est mieux comme ça, allons-nous dire…
En tout cas, je me dis que les relations amoureuses, c’est terminé pour moi ! Et puis je n’ai pas le temps. Mon travail me demande beaucoup d’investissement – sujet de discorde entre Will et moi – et avec mes horaires de cinglés, qui arriverait à supporter ça ? Je devrais me trouver un infirmier ou un docteur calé sur les mêmes horaires que moi. Autant dire que c’est mission impossible ! Mon Prince Charmant devra attendre encore un peu avant de trouver sa Princesse.
Aujourd’hui j’emménage dans ma nouvelle maison, je suis toute excitée ! Mes parents l’ont achetée pour mon frère et moi, c’était notre cadeau de Noël. Elle se trouve à Notting Hill, l’un des quartiers que j’affectionne particulièrement. Je sais que je suis très chanceuse d’être née dans une famille très aisée, mais ça ne fait pas de moi quelqu’un de méprisant et j’ose espérer de méprisable. Au contraire. C’est étonnant le contraste au sein de notre famille. Nous vivons avec beaucoup d’argent, dans de belles demeures, mais nous savons également la valeur de la vie et la gentillesse et la politesse et l’altruisme ont toujours fait partie de nos piliers. Je ne m’habille pas uniquement chez des créateurs, je ne conduis pas de Porsche, je n’affiche pas ma fortune, j’ai un travail qui implique de laver d’autres personnes, de me plier en quatre pour leur bien-être. Je suis heureuse d’avoir été éduquée de la sorte. Heureuse aussi que mes parents ne m’aient pas mis la pression concernant la voie que j’ai choisie. Mon frère prendra la succession de la firme, sans aucun doute, mais jamais ils ne m’ont poussée à être médecin, par exemple, alors que je souhaitais devenir infirmière, vous savez, simplement pour la renommée de la famille. Ils s’en fichent et ne veulent que mon bonheur et mon épanouissement. Et si un jour j’ai la chance d’avoir ma propre famille, c’est ainsi que je compte la faire grandir. Mais bon, comme je disais, c’est pour dans un moment encore ! Aujourd’hui, place à ma carrière, si je puis dire.

Mars 2016

« Jeanne, t’es au courant ? » je regarde ma collègue avec un air intéressé. « De quoi devrais-je être au courant ? » je demande alors que je me change pour rentrer chez moi. Il est 22h, je suis fatiguée mais contente de ma garde. « Il y a un nouveau pédiatre à l’hôpital, parait qu’il est canon ! » je souris poliment, comme si ça m’intéressait. « Ah oui ? Eh bien tu vas pouvoir passer à l’attaque ! » Il faut dire qu’elle est un peu désespérée depuis des semaines. Sa dernière relation remonte à plusieurs mois et, je cite, « elle n’en peut plus ! ». Que devrais-je dire alors ? Personne depuis plus d’un an. Que des essais ratés - pourtant j'y ai mis du coeur - j’ai définitivement jeté l’éponge et j’ai revu mes rêves à la baisse parce que je me suis rendue compte que mon conte de fée n’était pas pour tout de suite. L’espoir s’est un peu évaporé. On a tous sa moitié quelque part, parait-il. Et si la mienne était morte il y a sept ans ? Je me pose souvent cette question quand on en vient à parler d'amour. Voilà, je vais devoir composer avec. Fort heureusement, mon métier, ma famille et mes amis m’apportent tout l’amour dont j’ai besoin. Il est inutile de partir à la recherche de l’âme sœur.
« J’y compte bien ! En plus, Lizzie s’est renseignée, elle sait de source sûre qu’il est célibataire. Imagine Jeanne ! Un pédiatre ! Je vais pouvoir me la raconter… » elle rigole et je souris avec tendresse. « J’espère sincèrement que ça marchera pour toi, tu mérites d’être heureuse, et apparemment sortir avec ce pédiatre a l’air de pouvoir te rendre heureuse » je réponds, pleine d’empathie. « Je vais aller traîner du côté du service de pédiatrie en sortant ! » ajoute-t-elle en ne rigolant qu’à moitié. Elle m’amuse beaucoup et je referme mon casier doucement. « Bonne chance, alors, tu me diras si tu as vu le beau gosse de pédiatrie ! J’attends de tes nouvelles ! » Je lui fais un clin d’œil amusé et je quitte l’hôpital.

Quand je rentre, mon frère n’est pas là. Il m’a laissé un mot sur la table de la cuisine avec un morceau de gâteau. « Pour te féliciter de ta journée, Sis. Je sais d’avance que tu as bien travaillé. Je rentrerai tard, ne t’inquiète pas. »
Son petit message me fait sourire. J’habite avec mon frère depuis qu’on a emménagé dans la maison. Mais il va bientôt partir pour avoir son propre appartement. Je vais me sentir bien seule ici, dans cette grande maison. Peut-être que je pourrais partir à la recherche d’un(e) colocataire ? C’est une idée qui me trotte dans la tête depuis quelques jours. Idée à creuser… Si la solitude me pèse. En montant dans ma chambre, je passe devant les cadres affichés dans le couloir, et je nous vois, Alex et moi, à l’âge de dix ans. Mon cœur se serre et, épuisée, je file me coucher.


Juin 2005

       La chaleur est déjà bien présente à Los Angeles. J’ai une terrible envie d’aller à la plage avec mon frère et Alex, qu’on puisse aller jouer dans le sable, se sauter dessus, et courir le plus vite possible jusqu’à l’océan. Mais aujourd’hui, c’est un jour un peu triste pour moi. Les palmiers, les 30°, le soleil, les allées et venues entre la porte de ma maison et celle d’Alex, nos fous rires, tout ça c’est terminé. Parce que dans exactement dix-huit minutes, nous partons pour Londres, pour y habiter. D’un côté je suis excitée par ce changement de vie, et puis je m’approche un peu de la France, mais je n’ai pas envie de quitter Alex, si seulement je pouvais l’emporter avec moi dans ma valise…
Alex, c’est mon voisin. Il est dans ma classe à l’école et on se connait depuis qu’on est bébé. Et même qu’on s’est mariés quand on avait cinq ans ! Mais c’était pour rire, parce que Alex, c’est mon meilleur ami et que JAMAIS je ne pourrais me marier avec, beurk !
Je regarde par la fenêtre de ma chambre, assise sur le rebord de ma fenêtre. J’observe une dernière fois la vue qui s’offre à moi, la vue que je connais pourtant par cœur, treize ans que j’ai la même. Notre immense jardin à la pelouse verte et bordé de fleurs, il va me manquer. L’odeur de ces fleurs va me manquer. J’espère que maman en mettra des pareilles dans notre nouvelle maison. Je ne l’ai pas encore vue, d’ailleurs. Juste en photo. C’est dans le centre de Londres, c’est une maison complètement différente. Et plus petite aussi, là-bas ils n’ont pas trop de place, apparemment. Elle n’est pas très loin de la maison de Granny. Je suis contente de pouvoir la revoir, surtout que depuis la mort de Grand-Père, elle doit se sentir bien seule. C’est pour ça qu’on part à Londres, parce que papa doit aller diriger l’entreprise là-bas, pour prendre la succession. Ici, c’était seulement en attendant. Mais les chocolats Aurora n’attendent pas ! Vous les connaissez sûrement, tout le monde les connait. C’est mon arrière-grand-père qui a fondé l’entreprise qui aujourd’hui est mondialement connue. A l’école, je me suis fait plein d’amis grâce aux chocolats de papa. Je me mets à sourire bêtement en y repensant. Sauf Alex, il n’aime pas le chocolat, lui. C’est bizarre de ne pas aimer le chocolat, vous ne trouvez pas ? C’est TELLEMENT boooon !

« Jeaaaaanne !!! » maman hurle dans l’escalier. Je descends immédiatement, jetant un dernier regard à travers la vitre. Alex est là, en bas des marches, et mon cœur se serre immédiatement. Il me regarde d’un drôle d’air et je ralentis mes pas jusqu’à lui. Je me pince les lèvres et je finis par pousser un long soupir. « C’est l’heure » je fais d’une petite voix. Je m’approche alors de lui, le cœur tellement comprimé que j’ai l’impression qu’il va imploser. Et je me jette dans ses bras, éclatant en sanglots. Maman est à côté et nous observe. « Jeanne… vous allez vous revoir dans même pas un mois ! » fait-elle d’un ton amusé. Mais ce n’est pas drôle du tout, parce que un mois, c’est long ! Et qu’il va venir seulement pour deux semaines de vacances à la maison. Et qu’après il va devoir repartir à Los Angeles ! Vous vous rendez compte ?! Comment je vais survivre, moi ?
Je m’écarte alors d’Alex et je vois que lui aussi est en train de pleurer. Et quand nos regards se croisent, on finit par éclater de rire, nous sentant ridicules à pleurer comme ça. Puis il reprend un air sérieux et me tend une enveloppe. « Tiens, c’est pour toi. Mais tu la liras plus tard » me dit-il d’un ton peu sûr de lui. « Je… je vais y aller, Jeanne. Je vais vous laisser terminer ce que vous avez à faire et… on se voit dans vingt-sept jours ! » un sourire vient illuminer son visage et je ne peux résister à sourire moi-même. Je prends l’enveloppe et je me jette à nouveau dans ses bras, le serrant très très très fort contre moi. « Tu vas me manquer, Alex » je fais en retenant mes larmes. Je laisse un baiser sur sa joue et je le lâche enfin. Son regard est à nouveau triste et un silence vient s’installer entre nous. Une larme finit par couler sur ma joue et je n’ai pas eu le temps de l’essuyer que la main d’Alex vient se poser sur mon visage, et je sens son pouce effacer la trace de la larme. Il me sourit et dépose un baiser à l’endroit de la larme. Je ne sais pas ce qui me prend, mais je me mets à rougir. C’est tellement… inhabituel de sa part ! Je fais même un pas minuscule pour reculer. « Bon voyage, alors » finit-il par me dire. Il regarde l’enveloppe et son sourire s’agrandit. « Tu promets de m’écrire tous les jours ? » je fais mine de réfléchir... « Mmmh je sais pas… » et j’éclate de rire. « Mais oui, idiot ! Je vais même t’écrire quand on sera dans l’avion, tu verras ! ». « Et tu promets de pas m’oublier ? » Un regard espiègle illumine mes yeux, accompagné d’un sourire amusé. « Euh vous êtes qui déjà ? » je réponds en jouant la comédie. Maman se met à rire à deux pas de nous et Alex aussi. « T’es bête… » et il s’éloigne. Et là, je m’insurge. « Monsieur Atwood, j’espère que ces mots-là ne sont pas les derniers que vous comptiez me dire ! » je commence à hurler dans l’entrée de la maison, en le regardant sortir. Je l’entends qu’il éclate de rire et il se retourne vers moi en haussant les épaules, affichant un air amusé. Je nie de la tête d’un air exaspéré. Sacré Alex, il va me manquer…

Une fois installée dans l’avion, en attendant le décollage, je sors mon portable pour écrire à Alex. Je pianote sur le clavier et j’appuie sur « envoi », puis j’éteins l’appareil. Et je repense à la lettre qu’il m’a remise un peu plus tôt. Je fouille dans mon sac à dos et je la sors, l’enveloppe est un peu cornée, tant pis. Mon frère est à côté de moi et me demande ce que c’est. Je lui raconte ce qu’Alex m’a dit et ça le fait rire. « Il va te dire qu’il t’aime, mais c’est trop tard… » fait-il en m’envoyant un petit rire. Je fronce les sourcils, grimaçant. « N’importe quoi ! » je fais, sûre de moi. Je commence à lire les lignes. Et je me mets à rire lorsqu’il évoque des souvenirs partagés. Puis vient l’émotion… Je vais lui manquer, beaucoup. Trop. Je suis importante pour lui comme il l’est pour moi. « Tu es ma moitié, ma meilleure moitié, Jeanne. » J’ai la même sensation et alors que l’avion décolle, j’ai un haut le cœur. Je ne sais pas si c’est le décollage ou l’émotion, mais ça fait mal. Ma gorge se serre alors que je continue la lettre, j’arrive à la fin. Quand le paragraphe se termine, un peu plus bas, je lis les trois mots prédits par mon frère. « Je t’aime. Et je t’aimerai toujours, où que tu sois, Jeanne. Un petit peu de toi sera toujours avec moi. »
Je lève les yeux vers mon frère qui n’en a pas raté une miette, lisant par-dessus mon épaule. « Je te l’avais dit ! » Je grimace et je réitère « N’importe quoi ! Ca s’appelle de l’amitié, mon vieux ! », ce qui le fait rire. « Crois ce que tu veux… Tu es très mignonne dans ton innocence, surtout ne perds jamais ça, ma Jeannette ! » et il m’embrasse sur le front, ce qui me laisse perplexe.


   


   
─ pseudo/prénom : Cookie. ─ âge : A jamais 25 ans. ─ fréquence de connexion : 1 RP/semaine mais connexion plusieurs fois par semaine  ─ comment avez-vous découvert ticket to ride et qu'en pensez-vous ? Je cherchais un fofo RPG avec une amie et on est tombées dessus. La référence aux Beatles m'a immédiatement séduite   . ─ inventé ou pévario ?  Inventé.  ─ code : okay by Margaux ─ crédits : chaussette.


Dernière édition par Jeanne Gilmore le Dim 10 Avr - 18:43, édité 18 fois
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MessageSujet: Re: JEG ♥ I know you, I walked with you once upon a dream...   Mer 23 Mar - 0:00

Sweety Lily très bon choix !!!
Bienvenue parmi nous et bon courage pour la fiche !!
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MessageSujet: Re: JEG ♥ I know you, I walked with you once upon a dream...   Mer 23 Mar - 19:15


Bienvenue sur TTR !
Bon courage pour ta fiche
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MessageSujet: Re: JEG ♥ I know you, I walked with you once upon a dream...   Mer 23 Mar - 19:34

Bienvenue sur TTR

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
oh I believe in yesterday
Love is friendship that has caught fire. It is quiet understanding, mutual confidence, sharing and forgiving. It is loyalty through good and bad times

(c) Myuu.BANG!
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MessageSujet: Re: JEG ♥ I know you, I walked with you once upon a dream...   Jeu 24 Mar - 17:03

Oooh a Gilmore girl

Bienvenuue
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MessageSujet: Re: JEG ♥ I know you, I walked with you once upon a dream...   Jeu 24 Mar - 20:28

hihi j'avoue que j'ai pensé à Rory en choisissant le nom

Merci tout le monde pour cet accueil ! Je vais pouvoir avancer dans ma fiche ce soir. J'ai hâte de pouvoir RP avec vous et je veux moult liens !
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MessageSujet: Re: JEG ♥ I know you, I walked with you once upon a dream...   Jeu 24 Mar - 22:00

Le nom, l'avatar, j'adhère Hâte de voir ce que tu vas nous faire
Bienvenue sur le forum en tout cas & bonne chance pour ta fiche
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MessageSujet: Re: JEG ♥ I know you, I walked with you once upon a dream...   Lun 28 Mar - 22:04


*branche son gps pour trouver Jeanne*

C'est tout ce que j'avais à dire
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MessageSujet: Re: JEG ♥ I know you, I walked with you once upon a dream...   Lun 28 Mar - 22:13

queen queen queen Princesse en détresse ! Viens me sauver, mon Prince ! king

Et OooooOOooohhh ! Adrian ! Merci et JE VEUX UN LIEN !!

Et voilà, fiche terminée ! Yay !!! cheers
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MessageSujet: Re: JEG ♥ I know you, I walked with you once upon a dream...   Mar 29 Mar - 3:08

hola
En espérant que tu te plaises sur notre fofo'!
Dommage qu'elle est quitté la Californie si tôt, Cassie aurait pu l'y croiser pendant les deux années qu'elle y a vécu hihi!
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MessageSujet: Re: JEG ♥ I know you, I walked with you once upon a dream...   Mar 29 Mar - 8:15

Merci ! Elles auraient pu se rencontrer là bas, Jeanne y retournait beaucoup à cause d'Alex Smile
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MessageSujet: Re: JEG ♥ I know you, I walked with you once upon a dream...   Mer 30 Mar - 10:34


félicitations !
te voilà validé(e) !



On s'y attend pas comme ça, mais l'histoire de Jeanne reste bien triste    j'espère qu'elle va finir par trouver son prince charmant ! :cutiel

Étant validée le 30 mars, tu n'es pas concernée par le recensement ce mois-ci. Par contre nous t'invitons dès maintenant à créer ta fiche de liens pour t'intégrer au plus vite sur le forum.  Pour trouver des liens plus facilement, nous avons mis au point un petit registre des personnages qui t'aidera à connaître un peu mieux nos amis londoniens. Mais tu peux aussi découvrir tes voisins ou mieux encore ouvrir une colocation!

En ce moment nous avons une intrigue en cours à laquelle tu peux t'inscrire icii, mais aussi souvent des activités que tu retrouveras dans le flood.

N'oublie pas qu'il te faut entamer un rp sur le forum avant de poster un pévario !
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