TBM ◊ Some people feel the rain. Others just get wet

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MessageSujet: TBM ◊ Some people feel the rain. Others just get wet   Dim 20 Mar - 13:22


Tamara B. Minorva
Good Girls Go to Heaven (Bad Girls Go Everywhere)

introduction
Tamara est née en Russie, mais n’y a passé que les premières années de sa vie. C’est à Londres qu’elle grandit et qu’elle s’épanouit, bien qu’elle se retrouve toujours un peu en marge des enfants de son âge, à cause de sa pensée pour le moins originale. Elle n’a cependant, jamais été mal entourée, grâce sa sociabilité qui a su faire un travail formidable. A des années lumières des codes qui l’entourent, elle aime provoquer son entourage à grand renfort de vulgarité, et en oubliant le politiquement correct. Inventive, curieuse, imaginative, les arts la captivent tout autant, que le comportement humain la passionne. Aujourd’hui directrice artistique de profession, elle adore croire qu’elle est le marionnettiste qui fait évoluer ses petits pantins sur le plateau de jeu. Avec Kha pour partenaire.

▬ âge : 26 ans (en 2016)
▬ nationalité : Anglo russe
▬ métier : Directrice artistique dans le secteur de la publicité
▬ quartier : Brixton
▬ orientation sexuelle : Hétéro
▬ statut : célibataire
▬ groupe : Travel Card
▬ avatar : Jessica Stam


en 2005en 2009aujourd'hui

   Tamara n’avait pas manqué de remarquer comment le jeune homme ne cessait de loucher sur son décolleté, dans l’espérance d’obtenir la vision du Saint Graal, selon l’angle de vue qu’il adoptait. Il faisait d’ailleurs tout pour contenir sa fébrilité, ce qui lui donnait une posture raide, et des épaules bien droites, figées sur le dossier de sa chaise. On leur apporta la suite de leur repas, dans la brasserie dans laquelle ils se trouvaient, l’occasion était trop belle. Elle saisit la balle au bond. En face de Scott, elle se leva, juste assez pour se pencher volontairement au dessus de la table, et venir picorer dans son assiette. Son débardeur, fluide et léger, et aux larges emmanchures dévoila largement sa peau nue, juste en dessous, parce qu’aujourd’hui, Tamara avait décidé que le soutien gorge était un accessoire dont elle pouvait se passer. Le courant d’air de la climatisation du restaurant en profita pour se faufiler entre le tissu, faisant pointer de bout de ses seins. Voilà qui allait exciter le garçon d’avantage, petit bonus que lui offrait son corps, et dont elle n’allait pas de manquer parti.

Plus tard, il allait la baiser dans son appartement, mais ça il ne le savait pas encore. Vicieuse, Tam comptait bien le forcer à emprunter cette voie.

Le challenge était d’autant plus plaisant à relever que la gars paraissait de plus en plus guindé, probablement partagé entre l’envie de la coucher sur la table entre le ketchup et la moutarde, et celle de faire disparaître les images qui le venaient en tête, parce que rien de tout cela n’était digne du professionnel qu’il était voyons. Avec la gueule de constipé qu’il était actuellement de se taper, la dernière fois qu’il avait couché, c’était sûrement pas la semaine dernière. Dommage. Enfin, pour lui. Mis à part sa coupe de cheveux pleine de gel, il n’était pourtant pas si désagréable à regarder.

- Tu me laisse goûter tes frites ?  Elle était déjà en train de croquer dans celle qu’elle lui avait subtilisé, un instant plus tôt. Il marmonna quelque chose d’incompréhensible, ce à quoi elle répondit avec un calme déconcertant : T’as très envie de toucher hein ? Sans se soucier des regards des autres clients qui pouvaient éventuellement se tourner vers eux, elle appuya sans ménagement avec sa paume sur un de ses petits boobs. Y’a pas grand chose à voir, constata-elle, sans être désolée le moins du monde de cette constatation. La nature avait décidé de donner des courbes grasses et généreuses à sa vulgarité, pas à ses nichons. Soit. Elle allait faire avec.

- Pardon ?! Sûrement croyait-il ne pas avoir bien entendu, et cligna plusieurs fois des paupières, comme pour revenir à la réalité. Il n’avait pas quitté des yeux son buste depuis le début de son petit manège.

Il était pris au piège dans la toile qu’elle était en train de tisser. Elle n’éprouvait aucune excitation particulière ni dans son allure, ni dans rien en fait. L’idée lui était juste sournoisement survenu à l’esprit, lorsqu’elle l’avait surpris à vouloir à tout prix foutre son nez dans ses nibards. Jusqu’où était-il prêt à aller pour ça ?

- Est-ce qu’on pourrait avoir une carafe supplémentaire s’il vous plaît ? réclama t-elle au serveur, qui passait à côté d’eux au même instant, avec un éclatant sourire. Pour lui aussi ça n’avait pas manqué, parce qu’il bégaya à son tour, et disparu furtivement.

Le contenu de leur assiette était le même, ce qui ne l’empêcha pas de reprendre une frite chez lui, avec la main avec laquelle elle venait de se tripoter. Quel intérêt sinon ?

Tamara en était persuadée : Scott était en train de bander.

Il était peut être de bon ton de préciser que cette entrevue se faisait en priorité et avant tout dans un cadre professionnel. Scott l’avait contacté pour que Tamara participe à l’un de ses projets, comment il était arrivé à trouver son nom étant sans importance pour la suite de l’histoire. Il l’avait invité à déjeuner, avant de poursuivre chez lui, mais il y avait dû y avoir confusion de la part de l’un et l’autre, quant au sens réel de cette visite. La tension sexuelle (c’était surtout son problème à lui en vérité) n’était pas redescendu depuis qu’ils avait quitté le restaurant, et Tam avait noté tous les efforts de l’homme pour ne parler uniquement que de leur travail ensemble, évitant soigneusement les autres sujets. Lorsqu’il céda sa place, et qu’il laissa rentrer dans l’appartement, elle ne manqua pas de lâcher un petit sifflement admiratif.


- Eh ben ! Même si tu peux pas niquer, t’oublie pas de te faire plaisir ! C’était une super baraque, autant le notifier. Elle ôta ses lunettes de soleil, qu’elle plaça sur le sommet de son crâne. Il ne faisait pourtant pas spécialement beau ce jour là, le temps était lourd et poisseux, ce qui ne l’empêchait pas de les avoir systématiquement vissé sur le nez. Elle trouvait d’une très grande connerie, ces gens qui s’acharnaient à s’en coiffer sur le nez par n’importe quel temps, et pour le leur montrer, et se foutre de leur gueule, elle avait décidé de faire pareil. Elle ne chercha pas à guetter la réaction de Scott. Elle l’avait assez observé pour savoir ce qu’il en était. Aucun signe ne montrant une présence féminine ici. Une garçonnière, bien entretenue, certes, mais elle le restait quand même. Bon. Elle s’installa nonchalamment sur l’une des chaises de la spacieuse cuisine. Tu me sautes quand ?

- Je ne crois pas qu’on ait le temps pour ça, crut-il bon de préciser, tout en tentant désespérément de rester digne. Manqué. A la place, il commença à préparer les documents, pour les préparer sur la table. Bien. Bien, bien. Il voulait jouer la carte de l’ignorance. C’était un choix. Elle allait le suivre.

- On est presque dans un porno. Pas de problème cette fois-ci, elle avait toute son attention. Quel con, il ses pommettes étaient rouge, et il ne savait plus où se mettre. Elle profita de cet état de léthargie pour grimper sur la table, et pauser son cul osseux, sur les papiers et croquis qu’il avait esquissé. Elle fit ensuite semblant de s’interroger. C’est quoi qui les rend dingue à ce point les mecs en se masturbant devant une pute siliconé ? Probablement qu’il ne s’attendait pas à ce qu’une menue petite blonde telle que Tam emploie de bien vilains mots. Elle écarta les cuisses, serrées dans son étroit short en jean. Vraiment, elle était curieuse. Pourquoi il ne se laissait pas aller à ses pulsions primaires ? La volonté de bien faire son travail ? Un truc niais dans ce délire là ? Parce que putain, on ne lisait que ça dans ses yeux qu’il imaginait sous toutes les formes comment il allait se la taper sur le plan de travail… La pression lâcha tout à coup, d’une façon assez jouissive, si bien qu’elle faillit manquer l’opportunité.

- Tu sais quoi ? Dégage de là, il lui saisit l’avant bras, au niveau du coude, pour la forcer à descendre de la table. Dégage, répéta-t-il presque haineux. C’est en étant propulsée sans ménagement vers l’avant qu’elle comprit. Sur le meuble de la télévision trônait une photo le représentant. Avec une femme. 

- Oh ! fit-elle avec une innocence tout à fait feinte, avant de prendre le cadre entre ses mains, l’observer un instant, et le remettre à sa place initiale. J’ai compris. Elle doit pas être très bonne. J’prends à boire et je me casse, assura t-elle, pour aller se servir sans y être invitée, un verre de jus de fruits frais dans le frigo. En refermant la porte de ce dernier, elle entendit un mouvement, très proche d’elle.

Scott avait changé d’avis.

Dans son dos, il l’avait plaqué contre le frigo, cédant à sa stupide moralité à deux balles. Frottant son corps contre le sien, sa main était déjà en train de compresser l’une de ses cuisses, pour se glisser dans son entrejambe. Il était bien décidé à lui offrir le traitement qu’elle sollicitait.

- T’es une sacrée salope hein ? murmura t-il, très fier de lui vraisemblablement. Elle répondit avec un soupir évocateur, pour achever la phase finale. L’excitation, elle la sentait enfin elle aussi, parce que sans le savoir, Scott l’avait laissé gagner. Elle allait quand même prendre du plaisir, même si ce n’était pas sa pensée de départ, elle allait évidemment en profiter. Une salope donc. Clairement, elle ne pensait pas être une salope. Elle avait juste joué la salope, pour vérifier si de son côté, lui était un connard.

Elle avait sa réponse.

La pluie tombait à verse lorsqu’elle quitta l’appartement, en début de soirée. L’orage avait finit par éclater, mais au lieu de courir pour s’en protéger, elle fit quelques petits pas de danse, tout en écartant les bras, pour profiter de la nature qui était en train de faire valoir ses droits. Elle n’avait pas d’idée précise en tête sur comment organiser sa nuit, lorsqu’elle se souvint qu’elle avait un rendez vous initialement prévu dans un bar, pas si éloigné que ça. Au départ, elle avait prévu de poser un lapin au type, comme ça, parce que ça la faisait juste chier, mais elle venait soudainement de changer d’avis. Elle n’avait pas mieux à faire. Elle entra dans le bar, détrempée, ses vêtements collant la peau de son ventre et du reste. Elle se laissa tomber en face du mec qui avait organisé le job dating, il paraissait un peu grand, l’allure dégingandé, et le cheveux bouclé. Elle annonça tout de suite la sauce.

- Je viens de baiser et je suis claquée, on torche ça vite, okay ?

Ce à quoi il répondit très calmement :

- J’ai 19 ans, un prénom sorti de nulle part et un Oedipe mal géré. J’aime la viande, l’alcool, le café et les cigarettes. J’aime la science fiction et la littérature beat. Oh, et j’aime la bite, aussi.

   6h45 du matin.

- T’es un gros connard Kha, ça c’était Tamara qui venait de débarquer dans sa chambre en tempêtant, et en le bousculant dans son lit, alors qu’il n’était pas seul. Mais clairement, là maintenant, tout de suite, elle n’en avait rien à foutre qu’il soit le spectateur de l’une de leur vieille dispute de couple tout fripé. Bah ouais, il imaginait peut être qu’elle allait gentiment venir l’éveiller en fin de mâtiné, avec une rose fraîchement coupée dans un vase importé du Japon, le tout avec des viennoiseries, sur un joli petit plateau repas. Quoi t’as un problème avec ma gueule ? T’as vu la tienne peut être ?! persiffla t-elle, parce que son coup d’un soir était en train de l’insulter de cinglée. Elle attrapa le coussin de Tosha tant bien que mal, parce que malgré ce réveil en fanfare, il tentait de s’y raccrocher, pour le simple plaisir de lui donner des coups avec. Elle déguerpit de sa piaule tout aussi vite, de toute façon, il savait qu’elle l’attendrait de pied ferme, il n’avait aucun moyen de s’échapper.

Elle n’éprouvait aucun remords.  Elle n’en avait pas non plus forcément les autres fois, mais ce matin, elle en avait encore moins que les autres jours. Il l’avait appelé hier soir, et bien sûr, elle avait répondu. Toujours. Elle répondait quoi qu’il arrive, Même si elle était en pleine action, et que son mec était en train de jouir juste au dessus d’elle. Seulement voilà, cette fois, ce n’était pas passé, et il avait renvoyé Tam chez elle en fin de nuit de nuits, en refusant d’écouter ses bonnes excuses. A quoi bon de toute façon, puisqu’il les connaissait par cœur ? Elle avait pourtant été claire, dès le début de leur relation, entamée il y avait un peu plus de quatre mois. Kha était son âme sœur. Mais elle voulait quand même être en couple. Nath était d’accord. Depuis cette nuit, il ne l’était plus. Putain, mais merde à la fin, est-ce qu’elle l’appelait sans aucune raison valabe pendant qu’il était en train de baiser ? Ca la faisait juste chier, Nath la faisait chier, Kha la faisait chier, ils faisaient tous bien chier, tous, autant qu’ils étaient. Elle l’aimait bien Nath en plus. Pour une fois. Elle l’avait prévenu pourtant qu’elle partageait la même petite cuillère que Tosha pour mélanger leur café le matin. Quoi, il était devenu jaloux de cette connasse de petite cuillère ? Il lui avait même dit qu’elle était une imbécile, que soit Tosha se foutait bien de sa gueule s’il se l’était pas encore faite, soit ils étaient déjà un couple de générés qui ne voulaient pas l’avouer. Elle lui avait craché dessus en terme de dernière réponse, puis elle avait claqué la porte. Ils n’étaient pas un putain de couple. C’était son âme sœur. C’était différent.

Ame sœur avec le bons, comme les mauvais côtés, les joies, comme les emmerdes. Et là, précisément, Kha savait ce qui l’attendant.

La clope au bec, affalée sur le canapé en attendant que son café refroidisse, elle l’accueillit d’un sympathique doigt d’honneur, lorsqu’il se présenta dans l’encadrement de la porte, échevelé. Comme d’habitude, elle était dans une forme olympique. Pas lui.

- Alors, c’est terminé ?

Ce fut le coussin du canapé cette fois-ci qu’elle lui balança à la figure. Cette enflure en plus, il ne s’en étonnait même pas. Depuis qu’elle le connaissait, c’était la relation la plus longue qu’elle avait eu, c’est à dire quatre mois et des poussières. La raison de la rupture était toujours la même Kha. Non, il n’avait pas encore compris qu’il y avait un problème quelque part ??

- Non, j’suis enceinte et du coup, on va se marier. T’es vraiment un con.

- Je suis sur la liste des invités ?

Un jour, elle allait vraiment lui casser la gueule. C’était pas la première fois qu’elle se le répétait, pourtant, ce n’était encore jamais arrivée. Ce n’était pas faute de l’avoir pensé très fort. Plutôt que de monter directement au front, dans des éclaircissements alambiquées, elle lui assura seulement :

- Tôt ou tard, ça va te retomber sur le coin de la gueule, ces histoires. Elle tira sur sa cigarette, laissant le responsable de tous ses maux aller prendre sa douche, et congédier son « invité ». Au moins, il y en avait un qui prenait son pied. Vraiment quel…

Clope dans le cendrier, et tasse de café vidée, elle se confina dans un premier temps dans le silence, lorsque Tosha se laissa tomber dans le canapé pour allumer la télé. Les informations, toutes mauvaises, vinrent inonder ses oreilles. Clôturant définitivement et brutalement le débat Nath, elle annonça avec l’œil expert qui était le sien, tout en parlant du dernier projet qu’ils avaient en cours :

- C’est vraiment de la merde ce logo, on change.

Elle avait deux certitudes. Nath était un connard. Kha était son âme sœur.

L’homme qui prit place sur le siège vide à ses cotés, dans le bus, dégoulinait déjà de transpiration. Et avec l’odeur qui va avec, s’il vous plaît. Il s’imaginait d’ailleurs un instant pour voir étaler sa grosse bedaine et profiter de tout l’espace disponible, ne se souciant que bien peu de l’espace vital de Tamara. Avec sa frêle corpulence, il envisageait probablement qu’elle pouvait bien se masser entre la vitre du bus, et les trois centimètres de disponible qu’il lui laissait pour respirer. Faites places aux gros, ils dominent le monde ! Du haut de ses seize ans, la blonde ne l’entendait pas de cette oreille – ses parents avaient toujours été là pour lui faire comprendre que l’existence ne se résumait pas à la corpulence d’ignobles personnages, mais aux actes, à la pensée, ainsi qu’aux grandes idées. Cet inconnu, il ne l’avait pas compris. Pas encore. Elle commença d’abord par chercher un mouchoir en papier inexistant, dans la poche côté droit, de sa petite veste en toile, pour pouvoir donner des coups de coudes volontaires, mais déguisés, à son compagnon de fortune. Avec la graisse qui le protégeait, tout au mieux, il devait ressentir des chatouillis, plus que des aiguilles acérées lui rentrer dans la peau à cause de ses coudes cagneux, mais chaque début, quel qu’il soit, était bon à prendre. En cela, les rapports humains entre individus étaient d’une logique déconcertante. Si bien qu’elle se demandait souvent si son entourage était dupe, ou alors, s’ils feignaient de l’être afin d’être tout à fait conforme au moule de la société. C’était pourtant d’une apparente facilité : ne fait pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse. Ce que le célèbre dicton ne précisait pas en revanche, c’était que tout les coups étaient bien sûr permis si l’un de ces deux protagonistes ne se pliait pas à cette règle du jeu ! Ce cas de figure ne laissait pas vraiment place au doute, dans ce tableau dont ils étaient les acteurs, et c’était cette charmante petite leçon, que Tamara allait apprendre au bonhomme, par cette matinée grise et humide, le printemps pointant timidement le bout de son nez. De toute façon, puisque le trafic londonien n’était pas spécialement connu pour sa fluidité aux heures de pointe, ils avaient du temps devant eux. Elle allait tranquillement pouvoir passer au petit b du grand 1, tandis que son compagnon de voyage ramenait déjà par réflexe, sa masse vers lui. Net progrès, mais loin d’être suffisant aux yeux de Tam. Bientôt, et sans aucune discrétion, en entreprit de lire le journal que le type tenait entre ses mains, même si elle n’avait que faire des informations que le papier contenait. Quelle ne fut pas, forcément, sa satisfaction lorsque celui-ci, bien plus rapidement que prévu, réalisa que sa voisine, par sa petite taille, était bien plus étouffante qu’il ne l’avait songé en s’asseyant à côté d’elle. Maladroitement, il ramena les feuilles vers lui, et ce geste le fit se serrer davantage sur sa chaise, rendant à Tam, sa liberté de mouvement. Quant à elle, elle ne s’en offusqua pas, assumant son impolitesse jusqu’au bout, comme celui-ci l’avait fait au départ, lui confessant ainsi la position de l’arroseur arrosé. Elle finit par mettre fin à cette tension malsaine en lâchant le regard, laissant celui ci se balader sans point précis, sur les différents voyageurs du bus.

Le malaise.  Exploité de diverses formes, comme l’avait fait un peu plus tôt de façon tyrannique et inconsciente l’homme qui s’y était retrouvé confronté en retour. Il était sûrement peu habitué à ce qu’une personne lambda profite du vil stratagème, dont il était semble t-il le maître, encore moins lorsque celle ci était une adolescente. C’était en cela que résidait tout le nœud du problème, qu’il fallait démêler pour en comprendre le sens. Dans les transports en commun, au supermarché, à l’école ou au travail, il y étaient tous confronté chaque jour, tant et si bien que les gens avaient appris à vivre avec, entre ceux qui avait appris à en profiter, et ceux qui en devenaient inévitablement les victimes. Et pourtant, la victoire de Tamara ne résidait à pas grand chose, la différence, c’était qu’elle avait emprunté un chemin aux profondeurs abyssales que bien peu avaient le souhait d'user. Le manque de honte, de culpabilité, cette espèce de bonne conscience hypocrite, que les gens aimaient nommer la vie en communauté. A quoi bon, si c’était la loi de la jungle qui prédominait quand même ? Ce gars était comparable à la hyène qui chasse l’antilope, seulement elle, elle était le lion, qui demeurait le roi des animaux. Elle n’avait pas fait grand chose, calquant uniquement un comportement sans gêne, comme l’avait adopté en premier son antagoniste qui ne s’attendait pas à ce qu’on joue les mêmes codes que lui, et qui dans ce constat, s’était fait bêtement désarçonné. Le conflit était d’autant plus stérile que le type n’avait aucune arme susceptible de l’aider à se défendre, la seule matière qu’il pouvait avoir à exploité étant la désinvolture et surtout l’apparente innocence de la gamine. Faire comme si de rien était, alors que toute la lumière était faite sur ses méfaits, la clé de son succès n’avait pas été très difficile à saisir.

Pour en arriver à ces conclusions, Tamara avait dû passer par un grand travail d’observation, fascinée par les comportements humains. Elle avait souvent ce sentiment de se retrouver pleines de boutons et de leviers, dont il fallait faire plusieurs combinaisons pour laisser les réactions des individus prendre vie. Elle se fascinait de voir comme la routine, le stress, l’habitude, la patience, mais aussi l’impatience contrôlaient les différents comportements comme elle-même choisissait toujours la place à l’avant dernière rangée du bus, côté vitre. Les vieux n’avaient jamais le courage d’aller aussi loin pour jeter un regard inquisiteur aux plus jeunes, pour espérer une place assise, leurs efforts pour faire chier le monde n’étaient plus aussi fringants eux aussi. De son perchoir, elle repérait l’homme en costume et attaché-case, résigné à se frotter aux autres, une main sur la rambarde, pour résister aux assauts répétés de coups de freins brusques, l’autre pianotant sur le dernier Nokia à la mode. Il y avait aussi celle qu’elle reconnaissait, parce qu’elle prenait le même manteau que la dernière fois, les passagers avaient beau rester variés, il y avait quand même ceux qui se retrouvaient avec elle, le temps d’un trajet, à cause de leurs obligations, professionnelles ou non. Il y avait également celle avec sa permanente bouclée, le cheveux blond coloré virant vers le jaune pisse, rien à voir avec ceux de Tam. Le personnage était complet, le maquillage trop accentué sur les paupières, les joues et les lèvres, approchant d’une soixantaine qui était restée bloquée dans les années quatre vingt. Et puis il y avait ceux qui se retrouvaient de l’autre côté du trottoir. Désormais concentrée par ce qui se passait par la fenêtre, le véhicule s’arrêtant temporairement à un point d’arrêt, l’adolescente était aux premières loges d’un nouvel exemple de la bêtise humaine. Ses pupilles vaguement attirées par la mère de famille qui quittait le bus, accompagnée par ses deux enfants, durent rapidement attiré par la cavalcade d’une seconde femme qui entra rapidement dans son champ de vision. Le scénario était facile à refaire, et la suite, tellement évidente à prévoir qu’elle en était blasée d’avance : la dernière voulait attraper son moyen de transport avant qu’il ne redémarre, espérant tenter un slalome fou entre les passagers qui effectuaient leur descente à la seconde sortie. Ca ne manquait pas. La bonne femme se prit un des gamins de plein fouet, tituba en souhaitant éviter la maman qui tenait encore sa petite fille par la main. Complètement déséquilibrée cette fois ci, sa chute fut inévitable, et c’est son derrière qu’elle présenta aux passants. La scène déjà rocambolesque aurait pu se terminer là, mais non. Dans sa bonne volonté, celle qui se présenta comme la mère chercha à lui offrir son aide. La réaction de l’intéressée fut peu attendue, tandis qu’elle se relevait péniblement, et ses grands mouvements de bras, son visage compressé par l’énervement, même si Tamara n’avait pas le son qui allait avec traduisait bien son empressement. Tout comme son incroyable incivilité, et toutefois, alors qu’elle était persuadée ne pas être la seule spectatrice personne, dedans ou dehors, ne crut bon réagir, au moins par l’esclaffement parce qu’elle venait de se casser la gueule sur la chaussée par sa propre bêtise, et qu’elle cherchait à condamner un pauvre gamin pour ça. L’action s’était produite en à peine plus de cinq secondes, ce qui lui laissa largement le temps de grimper à son tour dans le bus. C’en fut assez pour Tamara pour se faire remarquer une nouvelle fois, tout dans la provocation, mais de manière moins subtile cette fois. Elle voulait leur révéler à tous, combien ils ridicules, et que péter un bon coup leur permettrait déjà d’aller un peu mieux. Elle laissa exploser son rire cristallin, guettant quelqu’un de courageux pour la suivre. Sans grande surprise pour elle, il ne se passa rien. La cinquantenaire maquillée comme un camion se concentrait résolument à ce qui se passait par la fenêtre, mais il y eut une petite mamie pour la dévisager un instant, pas plus, l’air scandalisé. Ah les jeunes et leur manque d’éducation ! Mais surtout, l’homme tout gros, toujours à côté d’elle ne chercha pas une seconde à lever les yeux de son journal afin de connaître la cause de son hilarité.

Ils étaient tous ensemble, mais c’était bien l’indifférence générale qui prédominait.



─ pseudo/prénom : Candy Apple/Margaux ─ âge : 23 ans ─ fréquence de connexion : 7/7  ─ comment avez-vous découvert ticket to ride et qu'en pensez-vous ?  WHAT A FACE !  WHAT A FACE !  WHAT A FACE !  ─ inventé ou pévario ? pévario sorti des entrailles de la poubelle de TTR, et posté par Tosha  ─ code : oki by laure (même si tu peux l'auto-okay ) ─ crédits : Princess et Tender heart


Dernière édition par Tamara B. Minorva le Dim 27 Mar - 17:58, édité 7 fois
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MessageSujet: Re: TBM ◊ Some people feel the rain. Others just get wet   Dim 20 Mar - 13:22

Rolling Eyes

( reee )
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MessageSujet: Re: TBM ◊ Some people feel the rain. Others just get wet   Dim 20 Mar - 13:53


Cet avatar Smile
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MessageSujet: Re: TBM ◊ Some people feel the rain. Others just get wet   Dim 20 Mar - 13:55

Tu t'es dit que tu faisais clairement main basse sur ce prénom hein Arrow

Re bienvenue
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MessageSujet: Re: TBM ◊ Some people feel the rain. Others just get wet   Dim 20 Mar - 17:21


Re-bienvenue
Bon courage pour la fiche heart
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MessageSujet: Re: TBM ◊ Some people feel the rain. Others just get wet   Lun 21 Mar - 10:40

Meeeeerciiiiiiiii

Exactement angeel le dilemme c'était un peu Tamara ou Tamara ? Alors, j'ai choisi Tamara
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MessageSujet: Re: TBM ◊ Some people feel the rain. Others just get wet   Lun 21 Mar - 13:19

aaaw tamara is back
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MessageSujet: Re: TBM ◊ Some people feel the rain. Others just get wet   Lun 21 Mar - 19:07

Mais Tamara > Tamara
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MessageSujet: Re: TBM ◊ Some people feel the rain. Others just get wet   Lun 21 Mar - 22:08

J'ai vraiment hâte de voir comment tu vas teinter ce nouveau perso
Si tu veux on cherchera un lien entre Tam et Fab/Cassie
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MessageSujet: Re: TBM ◊ Some people feel the rain. Others just get wet   Mer 23 Mar - 21:42

 
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MessageSujet: Re: TBM ◊ Some people feel the rain. Others just get wet   Jeu 24 Mar - 17:02

Welcome agaaain
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MessageSujet: Re: TBM ◊ Some people feel the rain. Others just get wet   Jeu 24 Mar - 22:06

mouhahahaha. Schizo va WHAT A FACE !

















Arrow.
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▪ avatar : aaron tveit
▪ âge : 34
▪ statut : marié
▪ occupation : réalisateur

MessageSujet: Re: TBM ◊ Some people feel the rain. Others just get wet   Lun 28 Mar - 14:05

Yannis te valide apparemment WHAT A FACE !

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
oh I believe in yesterday
Love is friendship that has caught fire. It is quiet understanding, mutual confidence, sharing and forgiving. It is loyalty through good and bad times

(c) Myuu.BANG!
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MessageSujet: Re: TBM ◊ Some people feel the rain. Others just get wet   Lun 28 Mar - 14:07

Qu'elle est saaaaaaaaaaale... Shocked

J'aime
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MessageSujet: Re: TBM ◊ Some people feel the rain. Others just get wet   

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TBM ◊ Some people feel the rain. Others just get wet
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