Dorian & Joey ❝ She needs you now ❞

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MessageSujet: Dorian & Joey ❝ She needs you now ❞   Lun 14 Mar - 0:50



DORIAN & JOEY
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Joey n’avait pas encore pleuré. C’était étrange, non ? Oui, probablement. Elle trouvait cela étrange, en tout cas. Elle avait pleuré lorsque sa mère était morte. Elle avait pleuré pendant des jours et des jours. Elle avait pleuré en allant la voir à l’hôpital, avant qu’elle ne meure, d’ailleurs. Elle n’avait pas cessé de pleuré. Elle pleurait, parfois, lorsque cela lui arrivait de penser à son père, qui était parti lorsque Romy et elle n’avaient que quatre ans. Oui, cela lui arrivait, parfois. Elle avait pleuré, lorsque son grand-père était mort. Il était mort sans prévenir. Un jour il était là, l’autre il ne l’était pas. Elle avait pleuré. Pourtant, là, elle ne pleurait pas. Aucune larme ne s’était échappé de ses yeux, depuis qu’elle avait appris que Granny était morte, la veille. Rien. Elle ressemblait plutôt à une zombie, pour dire la vérité. Elle avait peu dormi, cette nuit. Elle n’avait pas réussi à dormir, tout simplement. Lorsque Romy l’avait appelée, Joey s’était empressée de lui répondre. Elle était alors toute souriante, se disant que ça y était, sa jumelle l’aimait à nouveau. Se disant qu’elle lui pardonnait, venait la chercher de cette colocation, et qu’elle ne la quitterait plus jamais. Mais non. Romy avait eu la voix tremblante. Romy lui avait annoncé que Granny était morte. Et le sourire de Joey s’était fané. Il avait disparu. Pouf, évaporé, le sourire. Mais elle n’avait pas pleuré. Peut-être parce qu’il n’y avait personne pour la consoler ? Les dernières fois, c’était Romy qui l’avait consolée. Sa jumelle l’avait prise dans ses bras, et lui avait murmuré que tout irait bien. Mais là, elle n’avait personne. Et Romy n’avait personne non plus. Parce qu’elles n’étaient plus ensemble. Elles n’étaient plus là l’une pour l’autre. Alors si elle n’avait personne, c’était aussi le cas pour Romy. C’était probablement sur cette pensée qu’elle avala d’une traite sa tasse de café, et qu’elle sauta dans les premiers vêtements qui lui tombèrent sous la main – oui, elle, qui était pourtant passionnée de mode et mettait une bonne heure et demie à se préparer le matin. Puis elle partit, tel un courant d’air, claquant la porte derrière elle.

Et elle se retrouva ici. Devant chez lui. Elle déglutit lentement, comme son cœur se mit à valser dans sa poitrine. La dernière fois qu’elle était venue ici, elle avait tout gâché. C’était d’ailleurs en venant ici, que les problèmes avaient commencés. Parce qu’elle n’avait pas réfléchi et était venue suite à une impulsion. Et voilà qui réitérait la chose. Enfin non, pas cette chose là. Elle ne venait pas pour ça. Il n’était même pas un si bon coup que ça, c’était à se demander ce que Romy pouvait bien lui trouver. Mais là n’était pas la question. Romy lui trouvait quelque chose, obviously. Et Romy avait probablement besoin de lui. Parce que Romy ne l’avait plus elle. Mais pourquoi avait-elle dû se déplacer jusqu’ici ? Pourquoi ne pas simplement lui envoyer un sms, ou au pire l’appeler ? Au lieu de dépenser de l’argent dans un taxi et de faire le trajet jusqu’ici ? Elle lâcha un long soupir, avant de tapoter du pied sur le sol. Elle pourrait repartir, cela dit. Oui, l’idée la tentait bien, tout à coup. Mais cela voudrait dire qu’elle aurait dépensé l’argent de deux taxis, tout ça pour rien du tout. Elle avait beau être un porte monnaie troué – ou osef de l’expression – c’était généralement pour des choses bien plus importantes, comme des vêtements ou du maquillage. Alors elle bascula la tête en arrière dans un petit grognement frustré, avant de finalement faire teinter la sonnette. Lorsqu’il ouvrit enfin la porte – bon sang qu’est-ce qu’il lui avait pris autant de temps ? Elle avait presque cru qu’il n’était pas là – elle entra à l’intérieur sans plus de cérémonie. « Hi ! » feinta-t-elle l’enthousiasme en avançant dans son majestueux salon. Elle posa son sac sur le canapé, avant de retirer son manteau et d’en faire de même. « Tu peux me faire un café s’il te plaît ? Cette conversation va être longue. Cette journée va être très longue, gosh. Elle a très mal commencé. Car ça s’est passé à genre 1h du mat, donc j’imagine qu’on peut dire que ça a eu lieu aujourd’hui. I guess. Whatever.  » enchaina-t-elle, dans un débit de paroles très impressionnant – enfin, lorsque l’on ne la connaissait pas. Elle fit un pfff dans un souffle, secouant un peu la main, avant de reprendre. « Bref. Un café. S’il te plait. Faut qu’on parle, c’est important. Je ne serai pas ici sinon. Comme si j’avais envie d’être ici. Ça a beau plus en jeter que chez moi … Y’a toi qui y est donc eew. » Bon sang, mais qu’est-ce qu’il faisait à rester planter là, le regard quasi ahuri ? Il était sourd ou bien ? Elle avait besoin d'un café, là !
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MessageSujet: Re: Dorian & Joey ❝ She needs you now ❞   Lun 14 Mar - 22:51

Le plan de la journée était plutôt simple : ne rien foutre. Se poser dans son canap' avec son éternel guitare, et la télé en fond sonore. Il commanderait probablement des burgers ou des pizzas, selon son humeur le moment venu. Il s'était déjà goinfré de céréales au petit déj devant les dessins animés. Et il se félicitait presque de Raphael n'ai pas passé la nuit chez lui, cette fois-ci, parce qu'il préférait être une loque en privé. Personne n'avait besoin de le voir dans cet état. Même si la présence d'autrui l'aurait sûrement aidé à se motiver à passer sous la douche plutôt que de trainer comme une âme en peine chez lui, à ressasser ses erreurs. Trop d'erreurs. Ça prenait trop de temps. Mais la sonnette le sortie de ses pensées. Parce qu'il n'avait pas prévu de visite, et que de toute évidence, il n'avait pas encore commandé de pizza ou de burger. Pas encore. Il avait à peine fini son petit déj qui consistait en un immense bol de frootloops, et il n'était pas prêt à s'attaquer au déjeuner. Quelle que fusse l'heure, ça n'y changeait pas grand chose. Quand il n'avait pas cours, il avait l'habitude de vivre à un rythme qui lui était propre, pour dire les choses gentiment. Un rythme qui n'avait rien de très sain. Alors il se leva un peu difficilement de son canapé, posa la guitare contre un mur, s'étira un instant avant du chercher du regard quelque chose à se mettre. Il avait beau se trimballer en jean chez lui, il préféra enfilé un vieux pull qui trainait sur une chaise pour ne pas ouvrir torse-nu. Un peu décence ne faisait pas de mal. Et il s'en félicita quand il se trouva face à l'autre teigne en ouvrant la porte.

Il aurait volontiers évité de la laisser entrer. Elle n'avait rien à faire chez lui, dans son appart qui était la prunelle de ses yeux, son lieu de calme et de tranquillité, où il n'enchainait étrangement pas les soirées, et où il n'invitait pas n'importe qui. Elle y était déjà venue une fois de trop. Mais elle ne lui laissa pas vraiment le temps de faire obstacle et elle se faufila dans son salon avant un salut à moitié enthousiaste. Et il resta juste con. Il referma la porte pour la suivre. Qu'est-ce qu'elle foutait là était certainement la question la plus importante, mais celle qui hantait Dorian était de savoir comment il avait pu coucher avec ça. Une gamine, aussi insupportable que l'on puisse trouver, et il aurait donné cher pour ne l'avoir jamais rencontrée. Il se demandait également ce qui l'empêchait de l'étrangler sur place, mais la réponse était assez facile à trouver : il n'était pas d'un naturel violent. Et ce n'était qu'une gosse. Certes, la personne qu'il détestait le plus au monde (après lui-même), mais une gosse malgré tout.  Elle avait presque cru qu’il n’était pas là – elle entra à l’intérieur sans plus de cérémonie. Il la regarda se mettre à l'aise sans décrocher un mot, d'une part parce qu'il n'avait pas envie de lui parler, vraiment pas, et d'autre part parce qu'il avait vraiment du mal à suivre ce qu'il se passait. Comment elle pouvait débarquer comme une putain de princesse et se croire partout chez elle. Réclamer un café comme s'il lui devait quoi que ce soit. Affirmer qu'ils auraient une quelconque conversation comme s'il risquait de lui parler réellement. Non, c'était hors de question. Parce que l'envie de lui hurler dessus viendrait trop vite et qu'il ne pouvait pas se le permettre. Il était un adulte responsable, elle était une sale gosse dégénéré. Et dans toute cette histoire, c'était lui le vrai fautif. Alors il ne pouvait pas se permettre de lui faire la moindre reproche, qu'il la déteste ou non.

Il finit pas s'appuyer sur la chambranle de la porte de son salon qu'il n'avait pas dépassé alors qu'il la regardait faire son cirque, les bras tranquillement croisés sur le torse. Il laissa échapper un léger soupir. « Sors de chez moi Joey. » Il avait beau faire le malin, parler de café lui avait soudainement fait remarqué qu'il avait besoin d'une boisson énergisante. Au bout d'un instant, il se redressa donc pour aller jusqu'à sa cuisine qui était ouverte sur le salon. Oh, il s'en fichait de perdre Joey de vue, il ne s'en porterait pas plus mal. Elle ne pouvait pas plus gâcher sa vie qu'elle ne l'avait déjà fait. « T'as rien à foutre ici, et je n'ai pas envie de te parler. » Celle avec qui il avait envie de parler, c'était l'autre jumelle, et le sentiment pour le coup n'était pas du tout réciproque. Il lança la machine à café rapidement. Pour lui. Certainement pas pour elle. Oh non, il ne ferait rien pour elle. Il pourrait à la limite l'écouter. Si elle y tenait vraiment. Et il ne l'écouterait seulement parce qu'à trente-cinq ans, il était trop vieux pour se boucher les oreilles et faire du bruit jusqu'à ce qu'elle abandonne. Oh, oui, quand il s'agissait de Joey, il redevenait aussi immature que possible. Il le savait pertinemment, et il détestait cela. La haine ne lui allait vraiment pas. Il n'était pas capable de faire ça bien. Surtout quand il savait pertinemment qu'il était le principal responsable des malheurs dont il l'accusait. « Si t'as vraiment quelque chose à dire, tu le dis, et tu t'en vas. » Il n'allait même pas lui faire l'honneur de la raccompagner à la porte. Elle connaissait le chemin.
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MessageSujet: Re: Dorian & Joey ❝ She needs you now ❞   Mar 15 Mar - 19:14



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« Sors de chez moi Joey. » lui lança-t-il dans un soupir. Okay, elle ne s’était pas attendu à ce qu’il lui organise une fête de bienvenue, mais tout de même. « T'as rien à foutre ici, et je n'ai pas envie de te parler. » Elle lâcha un soupir, se passant une main dans les cheveux, baissant la tête. Son pied tapota contre le sol, comme elle croisait ses bras contre sa poitrine. Que croyait-il, exactement ? Qu’elle avait envie de se retrouver ici ? Ici, où elle avait perdue sa sœur à tout jamais ? Ici, où elle avait apparemment tout gâché ? Elle n’était pas ici, chez lui, parce qu’elle en avait envie. Elle était là parce qu’elle devait être là. Parce que Romy était toute seule. Parce que personne n’allait la consoler. Parce qu’elle avait besoin que quelqu’un soit là pour elle. Et que ce quelqu’un ne serait pas elle, apparemment. « Si t'as vraiment quelque chose à dire, tu le dis, et tu t'en vas. » Elle avait été idiote, de venir ici. Elle était conne. Elle ne savait pas pourquoi elle n’arrivait pas à réfléchir avant d’agir. Elle aurait mieux fait de rester chez elle. Elle aurait mieux fait de rester dans sa chambre, allongée sur son lit, à regarder le plafond. Mais non, il avait fallu qu’elle prenne un taxi, qu’elle dépense une petite fortune pour se rendre chez l’ex-fiancé de sa sœur. Tout ça pour n’être accueillie que par de la froideur et de la rancœur. Alors que, clairement, elle n’était pas ici par gaité de cœur. Et qu’il aurait dû s’en douter. Mais elle avait fait un effort, en venant ici. Alors il aurait pu en faire un aussi. Parce que c’était la chose normale à faire. Parce que lorsque l’on voyait quelqu’un faire des efforts, il fallait en faire aussi. Ou en tout cas, c’était ce qu’elle s’était dite. C’était ce à quoi elle s’était attendue. Mais, encore une fois, elle n’y avait pas vraiment réfléchie. Elle avait juste pensé au fait que Romy était probablement seule. Qu’elle n’avait personne pour la consoler. Et elle s’était rendue ici. « Granny is dead. » lâcha-t-elle, froidement et calmement étrangement, en relevant le visage vers lui. La mâchoire serrée, elle secoua la tête à la négative, avant de lever les mains en l’air en signe d’abandon, puis de faire quelques pas en arrière pour récupérer sa veste. « Tu sais quoi ? T’as peut-être perdu ta fiancée ce jour-là, mais j’ai perdu ma sœur. Et now Granny. Donc ouais, t’as perdu ta fiancée. J’ai perdu toutes les personnes qui se sont un jour occupées de moi so …» De nouveau, elle secoua un peu la tête, soupirant. Elle était elle-même assez surprise de sa voix calme et posée. Elle qui, pourtant, avait tellement tendance à laisser sa voix partir dans les aigus, et à dépiter un nombre assez incroyable de paroles à la minute. Elle enfila sa veste, la mâchoire toujours autant serrée, au point qu’elle commençait à ressentir une petite douleur. Mais qu’importe. Non, ce n’était pas important. « Bref. Elle n’a personne pour la consoler. Personne pour être auprès d’elle. Personne pour la soutenir. Parce que c’était mon rôle, avant. » Et inversement. Mais, de nouveau, ce n’était pas bien important. Elle s’isolerait probablement dans sa chambre, et travaillerait ses cours. Ses examens n’étaient dans pas si longtemps que ça, après tout. Cela ne pourrait pas lui faire du mal, de travailler un peu. Et cela lui occuperait l’esprit. Cela l’empêcherait de penser. Cela l’empêcherait de ressentir. « Bref. Obviously, je te dérange. Bonne journée. » reprit-elle, toujours aussi froidement, toujours aussi calme, sans aucun trémolo dans la voix.
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MessageSujet: Re: Dorian & Joey ❝ She needs you now ❞   Mer 16 Mar - 1:14

Oh, il aurait pu être plus délicat. Plus mesuré. Il l'avait été pendant trois ans. Trois années à repousser les avances de cette garce avec le sourire. Trois années à en rire, sans jamais penser une seule seconde qu'un jour peut-être, il cèderait. Trois putains d'années d'innocence. Alors il aurait pu être plus délicat, mais il s'étonnait déjà lui même de ne pas la mettre dehors à la force de ses maigres bras. Il n'était pas l'homme le plus musclé du monde, et elle faisait presque la même taille que lui, mais il ne doutait pas qu'il aurait la force de la trainer jusqu'à la porte, avec un peu de bonne volonté. Mais il savait bien pourquoi il se contentait de lui dire de partir et de l'ignorer autant que possible. Parce qu'il n'avait surtout pas envie de repenser à tout ça. Il y avait déjà passé assez de temps. Et il avait beau détester cette putain de gosse depuis qu'il la connaissait, il ne pouvait la blâmer quand il n'y pensait pas. Parce qu'il était tout aussi responsable qu'elle. Voir plus. Cette idiote avait beau être majeur, c'était à se demander parfois si elle avait un cerveau. La preuve, elle avait cru que coucher avec lui lui permettrait de n'avoir Romy que pour elle.

Alors non, il n'était pas des plus délicats mais c'était sûrement parce que la présence de Joey lui rappelait à quel point et à quel point il risquait de replonger vite dans ses anciennes et mauvaises habitudes. Mais il ne pouvait pas se le permettre. Pas quand Raphael avait besoin de lui. Pas quand il tentait de trouver une façon de regagner le cœur de la femme de sa vie. Il lui en voulait et la détestait pour beaucoup de choses, notamment pour sa manie à refuser à sa sœur tout ce qui ressemblait à du bonheur juste parce qu'elle était une sale gosse trop gâtée, mais s'il prenait la peine d'y penser deux secondes, il ne lui en voulait pas franchement pour ses propres faiblesses. Il s'était chargé seul de blesser Romy quand il avait choisit de la tromper. Avec sa jumelle. Alors il la foutait à la porte avec le peu d'amabilité dont il était capable, parce qu'il n'avait pas envie de réfléchir plus à tout ça. Il n'avait pas envie de s'en vouloir plus qu'il ne s'en voulait déjà. Et qu'il n'allait certainement pas commencer à présumer de pourquoi elle était là. Peut-être aurait-il été plus délicat si elle ne s'était pas imposée comme la gosse gâtée qu'elle était. Peut-être aurait-il eu la délicatesse de lui demander ce qui l'amenait ici. Mais le fait qu'elle pense avoir le droit de rentrer ainsi chez lui et de lui réclamer un café sur ce ton lui avait oté toute volonté de bien faire.

Tout ça, jusqu'au fatigique « Granny is dead. » Le ton était froid, et la voix ne ressemblait pas à celle insupportable qu'il avait l'habitude d'entendre dans sa bouche. « Tu sais quoi ? T’as peut-être perdu ta fiancée ce jour-là, mais j’ai perdu ma sœur. Et now Granny. Donc ouais, t’as perdu ta fiancée. J’ai perdu toutes les personnes qui se sont un jour occupées de moi so …» Et il avait du mal à réaliser. Il avait du mal à réagir. Que Joey perde les personnes s'étant un jour occupée d'elle ne le traumatisait pas plus que ça non. D'une part parce qu'elle n'avait perdu Romy que de son propre fait, et qu'elle aurait pu avoir d'autre gens pour prendre soin d'elle si elle n'avait pas été aussi garce et possessive. Mais ce n'était pas des choses qui se disaient. Et il bloquait encore sur le fait que Granny était morte. « Bref. Elle n’a personne pour la consoler. Personne pour être auprès d’elle. Personne pour la soutenir. Parce que c’était mon rôle, avant. » Il retint un rire sinistre. Oui, c'était son rôle. Parce qu'elle se l'était approprié, et avait chassé quiconque tentait d'être là pour sa soeur. Romy était seule, et c'était uniquement de la faute de cette peste qui n'était pas capable d'accepter que les personnes qu'elle aimait ne lui appartiennent pas. Mais il retint ce rire sinistre alors qu'il peinait toujours à réaliser. Granny était morte. Cela n'avait rien de vraiment étonnant. La mort de Charles comptait au nombre des morts plus choquantes et malvenues. Ce n'était pas franchement quelque chose d'imprévu, et tout le monde s'en doutait même si personne n'avait osé en parler. Ça ne rendait pas la chose moins douloureuse pour ses proches.

« Bref. Obviously, je te dérange. Bonne journée. » Alors oui, la simple présence de Joey l'énervait. Oui, il n'avait pas spécialement envie de la voir. Mais elle n'était qu'une sale gosse en deuil, et il réalisait lentement mais sûrement qu'elle venait de faire quelque chose pour Romy. Uniquement pour Romy. Il avait l'habitude que Joey se dévoue pour sa sœur, mais c'était rarement le cas quand ça ne servait pas ses propres intérêts. Sinon, elle l'aurait laissée s'installer ailleurs, avoir une vie sentimentale saine, être libre. Cela tenait tellement de l'exception qu'un léger Fuck passa ses lèvres avant qu'il se décide à la rattraper et à la retenir en attrapant son bras. « Merde Joey, j'suis désolé... » Il passa une main gênée dans ses cheveux. « Je suis le dernier des cons. » Parce que c'était comme ça qu'il se sentait. Il aurait pu se douter qu'elle ne venait pas le voir pour le plaisir des yeux. Même s'il avait toujours estimé que ce que faisait Joey n'avait que peu de logique, il s'en voulait un peu de raisonner comme ça. Il s'en voulait de ne pas lui avoir accordé le bénéfice du doute qu'il accordait pourtant à beaucoup de gens. D'un coup, le ton de la gamine, son attitude, tout lui revenait à la gueule et lui paraissait étrange. Romy n'avait plus personne mais Joey non plus, a priori. « Je suis désolé, j'espère que... » "ça va"? non. C'était ridicule. Évidemment que ça n'allait pas. « Merde, je suis désolé. Reste s'il te plaît, juste le temps d'un café. » Parce qu'elle venait de le prévenir. Parce que sans elle, il n'aurait jamais su. Et qu'il avait besoin de savoir que Romy avait perdu Granny. Il avait besoin de savoir, et il avait besoin d'aller la voir au plus vite. Après lui avoir laissé le temps de digérer ça toute seule. Après avoir pris le temps de discuter avec celle qui lui avait apporté la mauvaise nouvelle, quoi que ça lui ai coûté.
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MessageSujet: Re: Dorian & Joey ❝ She needs you now ❞   Ven 22 Avr - 19:12



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Joey n’aurait pas dû venir ici. Clairement, elle ne savait pas ce qu’il lui était passé par la tête, pour dépenser de l’argent dans un taxi – en plus, elle n’était plus logée et nourrie chez son cousin, à présent, et ferait donc mieux de garder son argent pour payer son loyer et les livraisons à domicile. En plus, elle ne l’aimait pas, ce Dorian. Elle n’avait jamais compris ce que Romy lui trouvait. Il n’était même pas un bon coup, en plus d’être antipathique au possible. Bref, elle lui annonça donc la nouvelle froidement, perdant complètement son sourire, avant de prendre la direction de la porte. Il n’avait pas envie qu’elle, elle n’avait pas vraiment envie de le voir non plus. Et cette idée n’avait qu’été stupide et rien d’autre. Du typique Joey, ça ! Agir avant de réfléchir, sans penser aux conséquences. Voilà qu’elle se le reprenait de plein fouet. Elle serra la mâchoire en sentant sa main attraper son bras. « Merde Joey, j'suis désolé... » Ah, monsieur avait un cœur, finalement ? Bonne nouvelle. Elle le fusilla tout de même du regard, comme elle se retournait. « Je suis le dernier des cons. » reprit-il, lui tirant malgré tout un sourire, comme elle lâchait un « Yep. » en acquiesçant de la tête. « Je suis désolé, j'espère que... » Que quoi ? Que ça allait ? Elle ne lui en voulait pas, cependant. Joey n’était pas vraiment quelqu’un de rancunière anyway, et puis c’était typiquement le genre de questions débiles qu’elle serait capable de poser dans pareilles circonstances. Alors, il devait suffisamment se sentir con comme ça pour en rajouter. Quoique … Une petite grimace étira ses traits, et elle finit par hausser des épaules nonchalamment. Elle n’allait pas si mal que ça, de toute façon. Elle avait l’habitude, maintenant. C’était peut-être con et triste à dire, mais c’était comme ça. Toutes les personnes qu’elle aimait finissait par la quitter. Peut-être était-ce pour cela qu’elle avait préféré quitter Connor et Lyall, aussi. Au moins, ils se verraient de loin, plutôt qu’être toujours collés l’un à l’autre, et qu’il finisse par l’abandonner aussi. « Merde, je suis désolé. Reste s'il te plaît, juste le temps d'un café. » Elle lâcha un long soupir, avant de finalement rejoindre la cuisine, sans un mot. Elle retira son manteau, posa son sac au sol, avant de s’installer sur l’une des chaises. « Ouais, j’aurai vraiment besoin d’un café. C’pour ça que j’en ai demandé un. » lâcha-t-elle en tentant de faire comme si rien ne s’était passé. Elle retira son paquet de cigarettes de sa poche, avant de le poser sur la table et de s’en sortir une, qu’elle alluma bien rapidement. Non, demander la permission avant n’avait jamais été l’une de ses spécialités. Elle avait envie de fumer, alors elle le faisait, voilà tout. « J’vais pas m’imposer longtemps, t’inquiète. » reprit-elle ensuite, sachant pertinemment qu’il ne faisait qu’être un minimum poli. « Ça ouvre à quelle heure, les bars, tu crois ? » lui demanda-t-elle ensuite, penchant un peu sa tête sur le côté, pour mieux réfléchir. Elle porta sa cigarette en bouche, avant de s’amuser à faire quelques ronds en recrachant la fumée. Joey était plutôt un oiseau de la nuit, alors les horaires des bars, clairement, ce n’était pas sa spécialité. Mais ouais, de l’alcool, un mec ou une fille, et ça devrait déjà aller beaucoup mieux.
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MessageSujet: Re: Dorian & Joey ❝ She needs you now ❞   Lun 12 Sep - 17:10

Elle confirmait qu'il était le dernier des cons, et il n'allait pas tenter de poursuivre sur cette voix. Il pouvait en vouloir à Joey autant qu'il voulait, c'était ridicule. Elle n'était pas plus fautive que lui. Elle était ne garce, certes, mais il était un connard fini, et il fallait bien qu'il accepte, aussi son rôle dans tout ça. Il était responsable de ce qui lui était arrivé. Il était faible, il était pitoyable, il était ridicule. Et surtout, il était plus vieux qu'elle. Beaucoup plus vieux qu'elle. Oh, quand il y repensait, il avait envie de se donner des baffes. Il était sensé être le type responsable dans cette affaire, pas elle. Elle, elle n'était que sale gosse, un petit garce, incapable de mesurer la portée de ses actes. Incapable d'être mature. Et ce n'était pas le genre de chose qu'il avait le droit de lui reprocher. Certainement pas. Elle avait 22 ans, elle avait le droit d'être immature. Pas lui. Elle confirmait qu'il était le dernier des cons, et elle avait bien raison. Et puis elle souriait, et elle haussait les épaules. Comme si ce n'était pas si grave. Comme si elle allait s'en remettre.

Et lui, il se sentait suffisamment con pour se sentir obligé de lui proposer un café. Parce qu'elle avait beau prétendre, elle ne pouvait pas aller bien. Et il avait beau lui vouer une haine particulièrement tenace, il était ce genre de gars qui ne peut pas s'empêcher de réconforter une gamine en détresse. Elle lui répondit par un soupir avant de le rejoindre. Il tiqua légèrement en la regardant allumer une cigarette, mais s'il commençait à la reprendre, il allait finir par avoir envie de l'étrangler d'ici moins d'un quart d'heure, et il ne pouvait pas se le permettre. Inspirer, expirer, et être sympa. Tellement sympa qu'il prit la peine de retenir un soupir de soulagement quand elle affirma qu'elle n'allait pas rester longtemps. Pas qu'il veuille vraiment la foutre à la porte, non. Pas non plus qu'elle le dérangeait outre mesure. Dorian était habitué à réconforter les gens paumés, et il avait une empathie bien trop forte pour son bien. Mais il ne savait pas combien de temps il pouvait décemment rester avec Joey sans craquer. Parce qu'il avait beau savoir qu'il devait se montrer plus adulte qu'elle, et il avait beau savoir qu'il ne pouvait pas faire peser sur ses épaules la pleine responsablité de l'échec qu'était sa vie, il ne pouvait s'empêcher de la détester. Elle avait le don pour l'irriter et le faire sortir de ses gonds. Alors oui, il préférait qu'elle ne reste pas trop longtemps, mais c'était parce qu'il avait peur de redevenir désagréable un peu trop vite s'ils discutaient trop longtemps. Il se connaissait trop bien.

« Ça ouvre à quelle heure, les bars, tu crois ? » Il avait mis le café à réchauffer sur ses plaques de cuissons, et la question le fit relever la tête vers la jeune femme. Il soupira. Non, il n'aimait pas vraiment la question. Noyer ses problèmes dans l'alcool n'était sûrement pas un bon moyen de passer à autre chose. Et il pouvait témoigner, même si lui avait un autre vice. Et il regarda un instant Joey, se demandant s'il était préférable qu'il se taise et qu'il le regrette le reste de la journée, ou qu'il ouvre sa grande gueule pour se mêler de ce qui ne le regardait absolument pas. Il n'avait pas à être paternaliste avec elle. Non. Mais il ne pouvait décidement pas cautionner un alcoolisme quelconque et ne rien dire. Ca allait contre beaucoup de ses principes. Alors il ouvrit sa grande gueule. « Tu veux vraiment faire l'ouverture des bars? C'est comme ça que tu prétends aller bien? » Il reporta son attention sur le café dans la casserole un instant. Important de ne pas le laisser bouillir. Dorian avait des origines d'Amérique Latine et prenait le café très sérieusement. Il attrapa deux tasses dans un placard avant de les poser devant Joey et de les servir. « Et je ne sais pas à quelle heure ouvrent les bars, ça fait un moment que j'ai appris à gérer mes problèmes autrement. » Oh, c'était presque un mensonge. Mais il ne faisait plus l'ouverture des bars en tout cas. S'il voulait vraiment boire à s'en détruire le crane, il le faisait seul chez lui. Moins de risque qu'il tombe sur un dealer quelconque comme ça.
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MessageSujet: Re: Dorian & Joey ❝ She needs you now ❞   Jeu 15 Sep - 16:47



DORIAN & JOEY
❝ She needs you now ❞

« Tu veux vraiment faire l'ouverture des bars? C'est comme ça que tu prétends aller bien? » Elle haussa simplement des épaules à ses mots, comme s’ils ne les atteignaient pas. C’était probablement le cas, d’ailleurs. Elle ne savait pas pourquoi elle restait, à quoi cela pouvait bien lui servir. Il n’avait aucune envie qu’elle soit là, elle n’en avait pas plus envie que lui. Pourtant, elle ne se voyait pas rentrer chez elle. Si tant que cet appartement, que cette colocation, soit véritablement chez elle. Chez elle, elle serait seule. Et Joey détestait être seule. Elle préférait être mal accompagnée, à l’inverse de l’expression. « Et je ne sais pas à quelle heure ouvrent les bars, ça fait un moment que j'ai appris à gérer mes problèmes autrement. » Elle haussa un sourcil interrogatif, comme elle le fixait, le jaugeant. Il avait appris à régler ses problèmes autrement ? Vraiment ? Elle finit par rouler des yeux, avant d’attraper sa tasse de café, et d’en boire quelques gorgées, appréciant le liquide brûlant qui coulait dans sa gorge, la réchauffant. Finalement, elle ne retint pas vraiment le petit rire nerveux qui s’échappa, comme elle reposait le regard sur lui. Gérer ses problèmes autrement. Ben voyons. « Je les gère toujours comme ça, j’imagine. Probablement moins mature que toi. » finit-elle par lui répondre, appuyant sur ce mot, pour bien lui montrer qu’elle voyait plutôt clair dans son jeu. Après tout, quelques temps plus tôt, ils s’étaient bourré la gueule, tous les deux, et avaient fini par coucher ensemble. Donc bon, à d’autres, hein. « Et je vais bien, oui. Me faut juste de l’alcool, un mec ou une fille, qu’importe, et ce sera réglé. » reprit-elle finalement, reportant ses yeux sur sa tasse, qu’elle tournait distraitement entre ses mains. Sa voix n’était même pas tremblante, presqu’infaillible. Elle s’en fichait bien si elle lui donnait l’impression d’être pathétique. Elle ne l’était pas. Ou ne se sentait pas pathétique. Elle avait simplement appris à gérer ses problèmes ainsi, et cela lui convenait parfaitement. Dans quelques heures, elle oublierait tout, entre les draps et les bras de quelqu’un. C’était tout ce qui comptait. De toute façon, il était très mal placé pour la juger, et son avis sur sa personne, elle s’en fichait comme de l’an 403. « Et comme la dernière fois que tu t’es dévoué, ça c’est pas très bien passé … » Elle grimaça, pour accentuer ses propos, ignorant cette douleur qui lui prenait dans le cœur à ses paroles. « On va éviter de réitérer tout ça, et je ferai l’ouverture des bars. D’accord ? » Elle se blessait elle-même, probablement plus qu’elle ne le blessait lui, en disant tout ça. Après tout, il n’avait perdu qu’une femme. Elle avait perdu sa sœur, sa chair, son sang. Sa meilleure partie d’elle. Mais bon, elle n’était plus à ça près, une petite fissure dans son cœur déjà brisé, ce n’était pas si grave.
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