(annabel & gaby) - dearest roommate, i have to tell you something...

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MessageSujet: (annabel & gaby) - dearest roommate, i have to tell you something...   Ven 11 Mar - 13:14

    Se promener le long de la Tamise avait revêtu une importance particulière aux yeux d’Annabel, alors que pour n’importe quel Londonien de souche, ce simple trajet aurait pu passer pour quelque chose de tout à fait banal. Mais depuis son retour d’Espagne, elle avait appris à chérir ces moments particuliers à pouvoir contempler le paysage de la capitale anglaise – paysage auquel plus personne ne prêtait attention, désormais.
    Elle était d’humeur contemplative, bizarrement. Elle devait apprendre à se détacher d’Elena, cette jolie brune qui venait toujours hanter ses rêves bien malgré elle, et qui la faisait se lever le matin avec un visage froissé, comme si quelqu’un s’était amusé à la torturer comme une simple feuille de papier toute la nuit.
    Elle passa la main le long du parapet, sans vraiment prêter attention à son geste, la tête ailleurs. Elle avait cette obsession malsaine pour cette Espagnole, qui n’arrivait pas à la quitter. Deux ans auparavant, à Madrid, elle avait fait sa rencontre dans une soirée et depuis elle avait vécu le genre d’histoires d’amour auquel personne ne croit – surtout pas elle – le genre qui n’arrive que dans les films. C’en était ridicule tellement c’était cliché et ça aurait fait pleurer n’importe quelle ménagère de moins de cinquante ans si ça avait dû passer à la télé.
    Annabel haussa les épaules, et rentra le cou dans le col de son manteau. En bordure du fleuve, le vent était froid et elle regrettait de ne pas avoir pris d’écharpe en partant. Malgré elle, ses pas la portèrent jusqu’au Starbucks le plus proche, et elle prit la première boisson qui lui vint à l’esprit.
    A peine ressortie du café, Londres l’accueillit de nouveau avec toute sa splendeur de la fin de journée, absorbant totalement Annabel dans sa contemplation émerveillée du paysage. Elle n’aurait jamais pu s’en lasser – même si sa ville natale était tout aussi belle, dans un style complètement différent.

    Ses pas la menèrent jusqu’à la porte de chez elle en pilotage automatique, et Annabel poussa la porte, son gobelet de chai latte vide à la main, les joues rosies par le vent qui l’avait refroidie jusqu’aux os. Elle se débarrassa de son manteau en deux secondes, et se pelotonna sous sa couverture fétiche, non sans s’être préparé un thé auparavant.
    L’appartement était vide, et elle regretta l’absence de Gaby. Sa colocataire était devenue quelqu’un de très proche avec les années qu’elles avaient partagées ici ensemble, et pourtant à son emménagement, les gens avaient parlé. Ils avaient prêté des intentions dragueuses à Annabel, qui ne se serait jamais permise de coucher avec sa coloc- règle numéro un d’une entente parfaite.
    Elle se redressa soudainement, en proie au doute. Elle n’était pas sûre, avec le temps, d’avoir jamais parlé de sa sexualité avec Gaby – même si cette dernière était Youtubeuse et que sa sexualité à elle était souvent évoquée dans ses vidéos, étant donné qu’elle ne s’en cachait pas le moins du monde.
    Mais au final, Annabel n’aurait pas pu mettre sa main au feu en jurant sur la tête de sa petite sœur, Clair, qu’elles avaient déjà abordé le sujet de la vie sentimentale d’Annabel. Et maintenant qu’elle y réfléchissait, ça lui paraissait totalement ridicule d’avoir omis cette discussion.
    Elle en était là de ses réflexions philosophiques, quand une clé tourna dans la serrure et Gaby, justement, fit son apparition dans l’entrée de la maison qu’elles partageaient à quatre.
    Elle la regarda rentrer, lui faire la bise, un peu ailleurs, un peu comme si elle regardait la scène vue du dessus. Elle laissa Gaby papoter, lui raconter sa journée, s’installer à côté d’elle, un peu déconnectée de la réalité. Elle n’arrivait pas à croire qu’elles devaient avoir cette conversation deux ans après avoir emménagé ensemble. La première phrase sortit de sa bouche sans même qu’elle puisse la contenir.

    « Je sais que c’est complètement débile, ce que je vais dire, mais euh…On a jamais parlé de cul, toutes les deux. »

    Gaby faillit en recracher son thé – et Annabel ricana sous cape, malgré la situation qui lui paraissait totalement incongrue.

    « Non, je sais ce que tu vas dire, mais…Je veux dire que je sais que tu es lesbienne, et que tu ne t’en caches pas, que tu en parlerais même au premier inconnu qui passe devant la maison, mais…tu es au courant que moi aussi, hein ? C’est juste qu’on en a jamais parlé et je trouve ça bizarre finalement, avec le recul. Ca fait deux ans qu’on est coloc et on en a jamais parlé ! »

    Ce n’était pas le genre d’Annabel de ramener des filles plein la maison, aussi sa vie sentimentale avait dû paraître bien vide à Gaby, même si celle-ci aurait pu supposer que sa coloc Italienne était hétéro et juste très discrète. Ou vierge et prude, au choix.
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MessageSujet: Re: (annabel & gaby) - dearest roommate, i have to tell you something...   Ven 11 Mar - 18:42

Gaby ne tombait pas malade. Jamais. Jamais au bon moment, more like. Elle s'astreignait à une routine de prévention dès que les températures commençaient à baisser. Les pulls étaient de mise, les thés au miel se faisaient plus nombreux et elle ressortait l'épais manteau bleu ciel qu'elle avait déniché dans une friperie quelques années plus tôt, quitte à arriver avec les joues rouges et les mains moites au théâtre. Alors non, Gaby ne tombait pas malade mais la grippe, vicieux concept, semblait en avoir décidé autrement cette année. Elle avait tenu presque une semaine avant qu'on lui demande finalement de rentrer chez elle. La peur d'être contaminé primait sur la compassion, dans le West End. Pas qu'elle en voulait à qui que ce soit de s'être éloigné sitôt qu'elle avait commencé à éternuer, mais tout de même. Elle était grippée, pas radioactive.

Enfoncée dans son manteau et son océan d'écharpes jusqu'au nez, elle navigua de tête jusqu'à l'air libre après s'être extirpée non sans mal du métro et fit un détour par le Costa du coin de la rue pour un thé avant de rentrer. Ses réserves personnelles commençaient à s'épuiser et il suffisait que l'un ou l'autre de ses colocataires ait pris le dernier sachet pour achever de ruiner sa journée. Elle avait toujours une boite de côté au fond de son placard, dans sa chambre, mais une précaution valait mieux qu'une. L'univers semblait avoir une dent contre elle aujourd'hui de toute manière. D'abord la grippe, ensuite le métro et ses arrêts bien trop fréquents pour des rames bien trop bondées, et puis cette stupide clé qui refusait de trouver la serrure d'une porte que Gaby utilisait pourtant pour les jours. « Non mais franchement » grommela-t-elle, une fois parvenue à l'intérieur. Elle abandonna son sac dans le placard où s'entassaient chaussures, chaussons et bonnets, et accrocha son manteau à la patère. Par bonheur, Annabel était à la maison et Gaby laissa échapper un soupir de soulagement en la voyant installée au salon, disparaissant presque sous une couverture. « Si tu savais la journée de merde que je viens de passer. Et je n'exagère même pas, précisa-t-elle avant d'éternuer violemment, oh god, j'en ai marre. Je ne suis jamais malade. Jamais. Ça m'arrive peut-être une fois par an, mais je prends soin de moi. Je me couvre, je prends des vitamines, j'entretiens ma gorge mais j'ai chopé la grippe. La grippe ! Et ils m'ont renvoyé à la maison, parce qu'évidemment, tout le monde a peur que je les contamine. Même cet imbécile de Jesse ne s'est pas approché de moi, alors qu'il ne perd jamais une occasion pour essayer de me tripoter. Oh, merde, désolée, je n'aurais peut-être pas dû te faire la bise » réalisa-t-elle après s'être installée aux côtés de sa colocataire sur le canapé. Effectivement, ce n'était peut-être pas la meilleure chose à faire, d'autant qu'elle ne souhaitait aucun mal à Anna. Comment aurait-elle pu ? Elles s'entendaient à merveille et ce, depuis leur installation ici. Gaby n'aurait pas pu rêver mieux, après sa rupture avec Cara. « Et toi au fait, ça va ? » s'enquit-elle avant d'avaler une gorgée de son thé qui n'était plus vraiment chaud. Ni tiède d'ailleurs. « Je sais que c’est complètement débile, ce que je vais dire, mais euh…On a jamais parlé de cul, toutes les deux » répondit Annabel et, non, Gaby ne s'était pas franchement préparée à ça. Pas du tout même. Les yeux ronds, elle manqua de cracher sa gorgée de thé sur la couverture et s'appliqua à l'avaler sans s'étouffer. Holy crap, pourquoi Anna ressentait-elle soudain le besoin de lancer le sujet aussi brutalement ? C'était, well. Inattendu. Elle préféra poser son thé sur la table basse, par simple précaution et se tourna ensuite vers sa colocataire, les sourcils légèrement froncés, attendant la suite. Parce que clairement, il y avait une suite. Anna ne pouvait décemment pas dire ça sans s'expliquer. « Non, je sais ce que tu vas dire, mais…Je veux dire que je sais que tu es lesbienne, et que tu ne t’en caches pas, que tu en parlerais même au premier inconnu qui passe devant la maison, mais…tu es au courant que moi aussi, hein ? C’est juste qu’on en a jamais parlé et je trouve ça bizarre finalement, avec le recul. Ça fait deux ans qu’on est coloc et on en a jamais parlé ! » Oh. Wait, what ? Surprise, Gaby ouvrit la bouche en un O presque parfait, clignant frénétiquement des yeux. Quelle idiote. Comment avait-elle pu ne pas relever tout de suite ? Pire, comment avait-elle pu ne pas comprendre ? Elles vivaient ensemble depuis plus de deux ans maintenant et elle ne s'était jamais posé la question, persuadée qu'Anna lui parlerait de ces choses-là si elle en éprouvait le besoin.  « Tu es... non, sérieux ? Mais tu n'as, je veux dire, on a, tu n'as jamais rien dit ? Pas parce que tu avais peur que ça me pose un problème, ça semble évident mais... oh, tu n'en as pas encore parlé à tes proches ? Ta sœur est au courant ? » demanda-t-elle, vaguement angoissée à l'idée de devoir donner le moindre conseil en matière de coming out. Le sien s'était bien passé, très bien même mais après tout, Chris lui avait ouvert la voie. Et même sans lui, sans Jane aussi, Gaby savait que ses parents l'auraient tout aussi bien accepté. Ce n'était hélas pas le cas pour tout le monde, elle le savait pertinemment. « Parce que si personne ne sait, je ne dirai rien, promis » ajouta-t-elle en se voulant rassurante, hochant la tête avec un grand sourire confiant. Elle devait surtout avoir l'air flippante, oui.
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