Stand by me #ROMIAN

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MessageSujet: Stand by me #ROMIAN   Ven 11 Mar - 9:53

Stand by me

ft. romy & dorian


« i needed you more than the moon needs the stars »
Romy n’en pouvait plus des réflexions des gens. Oui, elle aurait pu rester chez elle. Oui, elle avait de bonnes raisons pour ne pas aller en cours. Oui, elle avait autre chose à faire. Mais c’était précisément pour fuir toutes ces choses qu’elle était en cours. Ce n’était pourtant pas son genre de fuir. Non. D’ordinaire, elle affrontait ses problèmes à bras le corps. Mais pas cette fois. Cette fois elle voulait partir loin, faire comme si la réalité n’existait pas. Comme si Granny n’était pas morte. Cette putain de phrase lui faisait si mal, lui plantait un millier d’aiguilles dans le cœur. Elle le savait, pourtant, qu’elle allait décéder, que sa grand-mère était au bout du chemin. Mais elle n’arrivait pas à le digérer. Sans doute que la solitude n’aidait pas. Après tout, elle ne parlait plus à sa sœur, la seule personne qui aurait pu la comprendre, la seule personne qui devait ressentir la même chose qu’elle. Et elle ne parlait plus à Dorian, la seule personne qui aurait pu la rassurer, la seule personne qui aurait pu sécher ses larmes. Oh, elle avait des amis, bien sûr, qui tentaient de la consoler, en vain. Elle souriait, hochait la tête, et déglutissait en tentant de cacher sa peine. Mais elle n’y arrivait plus. Elle était humaine après tout, et avait des sentiment, au delà de toute ce que l’on pouvait penser d’elle. Une énième réflexion, une excuse, un sourire maladroit, et la jeune fille alla se réfugier dans les toilettes du campus, s’assurant de fermer à clé la porte de sa cabine. Elle était fatiguée. Elle avait envie de partir. Loin. Là où ses problèmes ne la suivraient pas. Là où, peut-être, elle pourrait être heureuse. Mais non. A la place, elle était assise sur le carrelage des toilettes, misérable, à pleurnicher, recroquevillée sur elle-même, essuyant ses larmes dans son pull.

Ses yeux étaient rougis par les larmes, mais au moins, Romy s’était calmé. Elle s’était faufilée hors des toilettes, s’assurant de ne croiser personne, avant de filer en direction de la sortie du campus, priant pour ne pas tomber sur quelqu’un qu’elle connaissait. Elle était lasse de parler, lasse de parler de ce qui se passait dans sa vie, lasse de devoir expliquer que non sa sœur n’était pas là, et que c’était parce qu’elle ne voulait plus d’elle dans sa vie. Lasse de dire que ça allait, qu’elle s’en sortait. Non. Elle ne s’en sortait pas. Elle se noyait. Elle avait oublié comment nager. Soudain, une voix derrière elle. Mince. Non seulement elle avait échoué, mais en plus, elle aurait pu reconnaître cette voix entre mille autres. Cette voix qui avait bercé ses jours et ses nuits durant trois années. Evidemment. Il avait fallu qu’il soit là en cet instant. Sans doute Joey avait-elle dû lui dire pour la mort de Granny. Aussi loin qu’elle se souvenait, il semblait à la jeune-femme que Dorian avait toujours bien aimé Granny.« Dorian. » Souffla Romy tout en se retournant « Qu’est-ce que je peux faire pour toi ? » Tenter d’être courtoise était un effort en soi, mais elle ne voulait pas de pitié. Elle n’en voulait plus. Même si rien ne pourrait tromper l’homme qui avait partagé sa vie pendant trois ans.


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MessageSujet: Re: Stand by me #ROMIAN   Ven 11 Mar - 15:06

Pour une fois, il avait été heureux de voir Joey. Cela tenait presque du miracle. Oh, il ne s'était pas fendu d'un quelconque sourire ni n'avait lâché un mot gentil quand il s'était trouvé face à elle. Non, ce n'était définitivement pas l'amour fou. Mais pour une fois, il la quittait avec un semblant de reconnaissance. Parce que sans elle, il n'aurait jamais su. Non, il ne lisait pas encore les rubrique de nécrologie des journaux, mais il commençait à se demander si ce n'était pas une grave erreur de sa part. Il avait déjà ignoré la mort de Charles comme le dernier des cons, et à présent, il avait manqué de louper celle de Granny. L'une était bien plus attendue et moins traumatisante pour lui, mais les deux méritaient d'être notées.  Il n'était pas dupe. Il savait pertinemment que la démoniaque jumelle n'avait pas fait ça pour lui. Elle n'était venu le voir que parce que sa jumelle refusait de lui parler. Et à cause d'elle (et sûrement un peu à cause de lui, mais il n'avait pas envie de l'admettre dans l'immédiat), il n'était pas sûr de pouvoir être aux côtés de la femme qu'il aimait dans ce moment bien trop difficile pour elle. Parce que si elle refusait de parler à sa jumelle, il n'y avait pas de raisons pour qu'elle tolère sa présence à lui. Mais qu'elle veuille bien le voir ou non, il ne le saurait pas avant d'essayer. Alors il s'était habillé rapidement, un jean noir,  une chemise sombre, une veste du même ton, et il était passé par l'université. Il ne pouvait pas la coincer chez elle. Il ne pouvait pas s'imposer comme ça. La retrouver à l'université était la seule façon de faire qui lui avait parue décente. Parce qu'il connaissait ses horaires par cœur. Et qu'il lui laissait une porte de sortie. Elle n'avait pas besoin d'être brusquée. Pas maintenant. Pas alors qu'elle venait de perdre Granny. Pas alors qu'elle faisait son deuil. Mais il avait besoin d'y aller. S'assurer bêtement que elle n'avait pas besoin de lui. Qu'elle n'avait pas besoin de quelqu'un, à ses côtés. Ne serait-ce que pour lui tenir la main le temps qu'elle pleure toutes les larmes de son corps. Il serait là tant qu'elle aurait besoin, et il lui foutrait la paix dès qu'elle l'exigerait.

Quand il l'aperçut, il hâta le pas pour la rattraper, avant de l'appeler. « Hey, Romy... » De la voix la plus douce qu'il pouvait. Tout en se retenant avec une certaine difficulté d'utiliser un de ces surnoms stupides dont il avait pris l'habitude de l'affluber. Il n'y avait plus le droit. C'était juste Romy. « Dorian. » Oh, elle n'avait pas l'air ravie de le voir, mais il ne s'attendait pas vraiment à ce qu'elle lui saute dans les bras de toute façon. « Qu’est-ce que je peux faire pour toi ? » Il soupira et passa une main un peu gênée dans ses cheveux. « J'ai appris, pour Granny... » Inutile de préciser que c'était Joey qui était venu le voir. Inutile de mentionner sa foutue jumelle. Elle s'en douterait bien toute seule de toute façon. « Je suis vraiment désolé. » Il avait un peu l'habitude de le lui répéter à chaque fois qu'il la croisait, mais pour une fois, ce n'était pas le même sujet. Juste sa façon de lui présenter ses condoléances. Il hésita un instant sur la façon d'enchaîner. C'était sûrement un peu con, de débarquer comme ça, mais il connaissait la douleur. Et il reconnaissait dans ses yeux cette foutue détresse, cette impression d'étouffer. Il se sentait con, mais il se serait détesté de ne pas essayer d'être là pour elle. Après un nouveau soupir, il se décida à se lancer. « Look, I know you don't want me in your life no more. Mais ça va être une période difficile de ta vie. Tu as besoin de quelqu'un. » Il aimerait poser sa main sur son épaule pour la rassurer, pour lui permettre de se raccrocher à quelque chose, mais il ne pouvait pas. Il ne pouvait pas s'imposer comme ça. « Je suis le dernier des cons, mais si tu as juste besoin de bras dans lesquels pleurer, je peux être là. » Parce qu'elle avait beau avoir des amis avec qui parler de ses problèmes, il la savait incapable de se laisser aller avec eux comme elle l'aurait fait avec lui. A une autre époque. Et elle avait besoin de se laisser aller, et que quelqu'un lui tapote le dos en lui répétant bêtement que tout irait bien. Elle avait besoin que quelqu'un soit là pour lui faire un thé chaud, prendre soin d'elle, le temps qu'elle fasse son deuil. Et il était navré de ne pas pouvoir être ce quelqu'un. Alors qu'elle l'avait soutenu, quand il était revenu dévasté après avoir appris la mort de Charles. Il ne lui avait pas tout expliqué, bien sûr, pas toutes les raisons qui le mettaient dans un tel état, mais elle l'avait pris dans ses bras le temps que sa respiration se calme un peu, et qu'il arrive à réfléchir à nouveau. Elle l'avait tellement soutenu, même inconsciemment, qu'il se haïssait de ne pas avoir le droit d'être la chose stable dans sa vie quand celle-ci prenait un tournant malvenu. « C'est pas... C'est pas une tentative moisie pour te récupérer, tu le sais. » Parce qu'il avait toujours été franc avec elle, et qu'il espérait qu'elle savait. Il n'était pas un connard manipulateur qui profiterait de sa détresse pour coucher à nouveau avec elle. « Tu as besoin de quelqu'un, pour t'écouter ou te soutenir. Alors si tu veux que je t'offre un café, ou si je peux t'aider d'une manière ou d'une autre... Tu n'as pas à vivre ça toute seule. » C'était aussi con que ça. Quand elle aurait besoin de lui, il serait là. Il avait beau avoir tout foutu en l'air, elle était la femme de sa vie.
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MessageSujet: Re: Stand by me #ROMIAN   Dim 13 Mar - 0:43

Dorian était la dernière personne que Romy avait envie de voir. Sans doute parce qu’elle savait qu’elle n’était pas en état. Oh, pas qu’elle avait peur de ce qu’il pourrait penser d’elle. Après trois ans de vie de couple, on avait fait le tour de la question. C’était en elle-même qu’elle n’avait pas confiance. Parce qu’elle était trop faible, trop fragile, trop susceptible de bêtement tomber dans ses bras. Or, elle ne le voulait pas. Pas si c’était pour souffrir à nouveau. Seulement voilà, à l’instant où elle entendit la voix de son ex fiancé, elle eut envie de baisser les armes et de se réfugier dans ses bras, à l’abri d’un monde peut-être un peu trop violent pour elle. « J'ai appris, pour Granny... » la brunette retint un soupir. Elle s’en doutait, elle n’était pas idiote après tout. Il ne serait pas venu sinon. Il avait, jusque là, eu la décence de la laisser en paix, de ne pas s’imposer. Là encore, il en faisait preuve. Il aurait très bien pu aller chez elle à un moment où elle était là, il la connaissait suffisamment que pour savoir à quelle heure elle était à la maison. À la place, il s’était arrangé pour la croiser à la fac, ce qui était autrement plus délicat. « Je suis vraiment désolé. » Combien de fois ces mots-là n’étaient-ils pas sortis de sa bouche ? Pourtant, cette fois, elle les savait différent. C’était heureux, d’une certaine manière. S’ils avaient été les mêmes qu’ordinaire, elle l’aurait envoyé paître avec toute la délicatesse dont elle était encore capable à ce stade de leur relation. Autant reconnaître qu’il ne lui en restait plus beaucoup. Mais elle savait qu’ils n’avaient rien à voir avec leur passé. Que c’était sa façon à lui de présenter ses condoléances. Aussi lâcha-t-elle un « Merci... » à peine audible, entre le soupir et la reprise d’un sanglot. « Look, I know you don't want me in your life no more. Mais ça va être une période difficile de ta vie. Tu as besoin de quelqu'un. » Le plus douloureux était encore d’admettre qu’il avait raison. Qu’elle avait besoin de quelqu’un. Pire encore, elle avait besoin de lui. De ses bras, de ses mots, de sa présence. « Je suis le dernier des cons, mais si tu as juste besoin de bras dans lesquels pleurer, je peux être là. » Romy pinça les lèvres, et leva le regard au ciel, luttant pour ne pas fondre en larmes à nouveau. Elle en avait envie pourtant. Plus exactement, elle en avait besoin. Besoin de se laisser aller dans les bras de cet homme qu’elle avait tant aimé. Mais elle résistait. Ce serait trop facile. Il n’avait pas le droit de se ramener de la sorte, et de profiter de sa faiblesse. Et comme s’il devinait le cours de ses pensées, il rajouta « C'est pas... C'est pas une tentative moisie pour te récupérer, tu le sais. » Nouveau coup au coeur. Cette barrière, cette barricade qu’elle avait essayé de construire venait de s’effondrer. Oui, elle le savait. Il avait toujours été franc avec elle, toujours été honnête, si bien que ça n’avait aucun sens de penser qu’il voulait profiter d’elle. Un « Je le sais. » lui échappa, en même temps qu’une larme roula sur sa joue. « Tu as besoin de quelqu'un, pour t'écouter ou te soutenir. Alors si tu veux que je t'offre un café, ou si je peux t'aider d'une manière ou d'une autre... Tu n'as pas à vivre ça toute seule. » Romy hocha doucement la tête et d’un pas, tel un automate, elle rompit la distance entre eux deux, elle vint poser son front contre son torse, réclamant sa chaleur. « Just for today. Stay with me, just for today. » Souffla-t-elle la gorge nouée, le coeur souffrant. Elle ne pouvait pas lutter. Pas alors que la douleur était si forte, omniprésente, qu’elle n’arrivait pas à s’en débarrasser. « Would you ? » demanda-t-elle, hésitante, comme ses doigts se posèrent maladroitement sur le ventre de Dorian.


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MessageSujet: Re: Stand by me #ROMIAN   Lun 14 Mar - 13:37

Elle soupira et lâcha un "Merci" un peu trop étranglé quand il lui présenta ses condoléances. Et il du se faire violence pour ne pas passer ses bras autour d'elle et la serrer contre lui. Alors il s'excusait pour tout. Pour le simple fait d'être là quand elle avait clairement fait savoir qu'elle ne voulait plus le voir. Pour le simple fait de lui expliquer qu'elle avait besoin de quelqu'un alors qu'elle devait le savoir elle-même. Elle avait beau être la plus autonome des personnes qu'il ai jamais rencontré, elle avait parfois besoin de quelqu'un sur qui s'appuyer. Et il avait été ravi de pouvoir être ce quelqu'un pendant trois années. Et il aurait donné cher pour pouvoir le redevenir. Mais il n'était pas question de ce qu'il voulait dans l'immédiat. Il était question de Romy, et de ce dont elle avait besoin. Et ce dont elle avait besoin, c'était une épaule sur laquelle pleurer. Parce qu'elle n'arrivait pas à s'en empêcher. Parce qu'elle était au bord du gouffre et avait définitivement besoin de quelqu'un. Et parce que si elle l'avouait sur un ton bien trop étouffé, elle savait qu'il n'était pas là pour la manipuler. Il avait beau l'avoir trahie de la pire façon possible, elle savait encore qu'elle pouvait lui faire confiance. Et il n'était pas en état de s'en étonner. Il était trop occuper à la regarder elle et tenter de discerner chaque changement de comportement, chaque petit signe indiquant qu'elle était prête à s'écrouler, chaque indice qui aurait pu lui faire passer le pas et rompre cette froide distance entre eux même sans son accord.

Mais il n'eut pas besoin de faire le pas de trop, ce fut elle qui en prit l'initiative. Et son front contre son torse lui arracha une grimace qu'elle ne put heureusement pas voir. Parce qu'il avait beau jurer par tous les dieux qu'il ne faisait pas ça pour lui, le contact avec la femme de sa vie lui avait atrocement manqué. Et même ça, même ce faible échange, qu'il ne devait qu'à son état catastrophique, lui faisait du bien. Comme si elle était une drogue et qu'il reprenait une toute petite dose. Le simple fait de penser ainsi le tordait de remord, mais ce n'était pas un sentiment qu'il contrôlait. « Just for today. Stay with me, just for today. » Il soupira doucement comme pour chasser toute pensée parasite de son esprit et se concentrer sur elle. Elle et ses besoins. Il passa alors un bras derrière ses épaules pour la tenir doucement. Juste une journée. Une journée avec elle. Une petite dose qui ne ferait que lui donner envie de plus, mais ce n'était pas grave. Il lui devait bien ça. Et ce n'était pas comme s'il avait un jour été doué pour résister à la petite dose de trop. « Would you ? » Et la main maladroite qui se posa sur son ventre l'aurait presque fait hésiter un instant. Il posa ses lèvres sur le front de Romy et respira brièvement son odeur avant de se décider à répondre. Il saurait passer à autre chose. Il saurait la consoler comme s'ils n'avaient pas été en couple pendant trois ans. Il saurait être là pour elle sans que chacun de ses gestes ne crie qu'elle était la femme de sa vie. Ou du moins, il tentait de s'en persuader même s'il savait que ce n'était que des mensonges. « Je reste avec toi tant que tu en as besoin. » Une journée. Elle avait accepté une journée. Il ne s'imposerait pas plus. Même s'il en crèverait d'envie. Il ne s'imposerait pas à l'enterrement de Granny parce qu'il avait beau avoir beaucoup apprécié la vieille dame, et les histoires que Romy lui avait raconté à son sujet, elle n'était pas sa famille, et il n'avait pas de raison d'aller perturber l'enterrement. Il se contenterait d'aller plus tard déposer des fleurs.

Non, il n'avait que cette journée pour tenter d'alléger un peu l'humeur de Romy, autant que possible, et il voulait bien faire les choses. Ce n'était pas évident. Déjà parce qu'il ne savait absolument pas qu'elles étaient les frontières, les limites à ne pas dépasser. Parce qu'il ne voulait pas la brusquer, il ne voulait pas la mettre de mauvaise humeur quand elle était déjà dans un état catastrophique. Il ne voulait pas la brusquer quand tout ce dont elle avait besoin c'était de soutien. Il ne voulait pas qu'elle l'envoie balader pour se retrouver seule à nouveau, il ne se le pardonnerait jamais. Il finit par lui attraper les épaules pour la faire reculer un peu et qu'il puisse accrocher son regard du sien. « On ne va pas rester ici par contre, sois je te paie un café, sois je te ramène chez toi, mais tu ne peux pas rester à la fac. » Il fronça un peu le nez en levant les yeux vers les bâtiments. Non, l'université n'était vraiment pas l'endroit le plus réconfortant du monde. Sa maison serait surement mieux, mais il ne voulait pas s'imposer. Alors un café ferait sûrement l'affaire. Mais il n'était pas sûr que Romy soit enthousiaste à l'idée de passer sa journée à pleurer en public. Restait la possibilité de la ramener chez lui, mais il n'aurait même pas laissé cette suggestion passer ses lèvres bien qu'elle n'ai pas manqué de s'imposer dans son cerveau. Parce qu'il n'y avait pas plus cosy et confortable que son appartement. Et qu'il n'y existait aucun souvenir de Granny risquant de raviver la douleur. Mais le choix revenait à Romy. Et elle était bien assez grande pour savoir quelle était la meilleure solution pour elle.


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MessageSujet: Re: Stand by me #ROMIAN   Lun 14 Mar - 19:17

La jeune fille avait peur. Peur de la réaction de Dorian. Oh, il ne la repousserait pas, elle en était à peu près certaine. Au fond, il devait l’aimer, au moins un peu non ? Oui, pour avoir partagé trois années de sa vie, il devait l’aimer un peu, même s’il l’avait trompé de la plus odieuse des façons. C’était même plutôt le contraire. En dépit de la situation, elle ne voulait pas le faire souffrir. Elle ne voulait pas le laisser croire qu’ils étaient de nouveau ensemble, qu’il y avait de nouveau quelque chose entre eux. Car si une chose était certaine, c’était qu’elle l’aimait toujours. Elle était blessée, fâchée, et triste, elle l’aimait encore, et il lui faudrait sans doute un temps pour ne plus l’aimer. Bref, elle ne voulait pas le faire souffrir. Mais elle avait besoin de lui, elle en avait vraiment besoin. Aussi son coeur se serra lorsqu’elle sentit son bras passer autour de ses épaules, à la fois reconnaissante et désolée. D’autant plus qu’il prenait son temps pour lui répondre, et que la crainte l’envahissait. Mes les lèvres de son ex fiancé se posèrent sur ses lèvres, et elle se sentie envahie d’une douce chaleur « Je reste avec toi tant que tu en as besoin. » Un soupir de soulagement s’échappa de ses lèvres alors que ses bras passèrent distraitement autour de sa taille pour chercher son réconfort. Il était là. Pour aujourd’hui, il était là, et elle avait le droit de se reposer sur lui.

Romy se raidit légèrement lorsque Dorian la fit reculer. Pourquoi ? Que se passait-il ? « On ne va pas rester ici par contre, sois je te paie un café, sois je te ramène chez toi, mais tu ne peux pas rester à la fac. » Ah, oui. De fait. Ils ne pouvaient pas rester plantés devant les bâtiments de la fac. Ceci dit, elle ne voulait pas aller dans un café. C’était idiot, mais elle avait plein de raison pour ne pas vouloir y aller. Déjà parce que cela faisait plusieurs jours qu’elle tenait au café, et qu’elle avait décidé de limiter sa consommation jusqu’à l’enterrement. Bon, elle pourrait tout aussi bien prendre un thé, mais elle aimait le café. Une chose qu’elle partageait avec sa soeur d’ailleurs. Ensuite, un café était un endroit public. Or, pour pleurer, ce n’était peut-être pas l’endroit le plus approprié. Parce que oui, elle comptait pleurer. Enfin, plus exactement, elle s’attendait à pleurer, à ne pas savoir se retenir. Et finalement, parce que c’était Dorian. Malgré l’état plutôt catastrophique de leur relation, elle ne voulait pas introduire plus de distance entre eux. Cela aurait été bien trop dur compte tenu de la situation. Elle ne voulait pas non plus rentrer chez elle. Trop de souvenirs, trop de douleur. Non, elle avait besoin de changer de décor. Aussi lâcha-t-elle échapper du bout des lèvres « On peut aller chez toi … » Si elle avait envie d’aller chez lui ? Non, pas vraiment. Mais elle n’avait pas spécialement envie de passer du temps avec lui. Elle en avait besoin, ce qui était extrêmement différent. Et puis de toute façon, c’était juste pour aujourd’hui, n’est-ce pas ? Alors oui, elle pourrait oublier leurs différends. Elle pourrait se concentrer sur sa présence et sur le réconfort qu’il lui apportait. « Si ça ne te dérange pas bien sûr … » souffla-t-elle bien rapidement, réalisant qu’il y avait peut-être une raison pour laquelle il ne le lui avait pas proposé. Après tout, leur rupture commençait à dater à présent. Peut-être y avait-il chez lui des raisons pour qu’il ne puisse l’accueillir. Pourtant, là tout de suite, ça lui paraissait être la meilleure idée. Elle connaissait l’appartement du brun par coeur, l’avait arpenté en long et en large pendant trois ans. Elle l’aimait bien, cet appartement. Elle aurait pu envisagé y vivre s’il n’y avait pas eu Joey, si elle n’avait pas voulu prendre soin de sa soeur. Si seulement … ils seraient alors restés un couple uni, soudé, n’aurait pas eu à traverser ce genre d’épreuve. Seulement, il avait fallu que Romy ait peur d’abandonner sa jumelle, il avait fallu qu’elle craigne ses troubles alimentaires, qu’elle se rétracte, qu’elle recule. Et aujourd’hui, Romy se sentait presque étrangère, quémandait l’hospitalité à l’homme qu’elle aimait.

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MessageSujet: Re: Stand by me #ROMIAN   Mar 15 Mar - 23:16

Elle soupira quand il accepta de rester avec elle. Comme si un seul instant, elle avait pu en douter. Comme s'il était venu la voir, lui présenter ses condoléances et la laisser là, sur le bord des larmes, seule. Comme s'il n'était venu que pour lui dire qu'il était là sans vraiment lui offrir une épaule sur laquelle se laisser aller. Évidemment qu'il resterait avec elle aussi longtemps qu'elle en avait besoin. Il ne lui avait pas demandé de se fiancer pour l'abandonner dans ce genre de moment. Et si elle ne portait plus sa bague, et s'il ne portait plus non plus la sienne pour ne pas la blesser, ses sentiments étaient toujours les mêmes. Son engagement était toujours le même. Il avait tout fait foirer, mais il n'avait jamais fait ça dans l'intention de se libérer de quoi que ce soit. Il n'avait jamais vécu sa relation avec elle comme ce que vendaient les histoires trop populaire du fiancé qui ne veut pas se marier, et qui se passe la corde au cou. Non, Romy avait toujours été celle qui lui permettait de respirer. Elle était celle qui avait donné un peu de sens à sa vie. Alors bien sûr qu'il resterait avec elle, pour s'assurer qu'elle allait bien.

Et il dut se faire violence pour l'écarter de lui alors qu'elle avait passé ses bras dans son dos, et que c'était un sentiment bien trop agréable. D'avoir à nouveau une place dans la vie de cette femme. Même peu de temps, même juste une journée, même juste pour lui tenir compagnie le temps qu'elle pleure toutes les larmes de son corps. C'était un corps bien trop menu pour autant de larmes, d'ailleurs. Et à nouveau il s'en voulut un peu quand elle lui répondit. « On peut aller chez toi … » C'était le meilleur choix. Pour elle en tout cas. Ce foutu appartement où il avait fait une énième erreur de sa vie. D'une certaine façon, ça le rassurait. Si elle le suivait chez lui, c'était qu'elle lui faisait encore confiance. Elle savait qu'il n'était pas ce con capable de profiter de sa faiblesse. Le fait qu'il l'ai trompée ne l'avait pas fait remettre en cause tout ce qu'elle savait à son sujet. Alors peut-être qu'au fond d'elle même elle savait qu'il l'aimait encore autant qu'avant. Que tout ça n'avait été qu'une énorme erreur. La pire des conneries de sa vie. Un pas de travers qu'elle n'était peut-être pas capable de pardonner, et il le comprenait parfaitement, mais un pas de travers qui ne changeait rien à ses sentiments. Un pas de travers qu'il ne s'expliquait même pas... Mais ce n'était pas le sujet. Et il chassa vite tout ça de son esprit alors qu'elle enchainait d'un ton presque timide. « Si ça ne te dérange pas bien sûr … » Il lui offrit un sourire rassurant, passa un bras derrière ses épaules et répondit rapidement avant de l'entrainer avec lui. « Bien sûr que non, ça ne me dérange pas. »

Il avait garé sa moto non loin de là, et il avait par chance toujours un casque supplémentaire pour les voyageurs imprévus. Casque qu'il sortit rapidement pour le tendre à la jeune femme. Avant de se raviser, un air un peu gêné sur le visage. « Ah moins que tu préfères qu'on prenne les transports normaux. Ya pas de soucis... » Romy n'avait jamais été une adepte des voyages en moto, ou du moins était-ce que qu'il en avait retenu. Il avait présumé qu'elle accepterait parce que ce n'était pas la première fois qu'elle grimpait derrière lui, et que c'était surtout le moyen le plus rapide pour rentrer à Soho, chez lui. « J'peux appeler un taxi si tu veux pas... » "t'accrocher trop à moi" était la fin de phrase qu'il n'avait pas envie de prononcer. Parce qu'elle l'avait pris dans ses bras quelques instants auparavant, et que de toute évidence, elle en avait besoin, pendant cette journée, cette unique journée, qu'elle avait accepté de passer avec lui. Qu'elle avait demandé à passer avec lui. Il posa sa main sur son bras, dans un geste un peu trop affectueux, qu'il se reprocha presque tout de suite avant de se convaincre que cela pouvait être un geste d'ami. Un ami qui s'inquiétait pour elle, voilà ce qu'il devait être. « C'est comme tu préfères. » Et il lui tendit à moitié le casque, juste à moitié, comme une simple possibilité. Une ouverture comme une autre. Franchement pratique, qui lui, l'aurait beaucoup arrangé, et qui à son humble avis lui aurait un peu changé les idées. Rien de mieux que la vitesse et l'air frais de la route pour oublier ses problèmes. Mais peut-être cela ne fonctionnait-il que pour lui, alors il ne se permettrait pas de le lui vanter de cette façon.


Dernière édition par Dorian T. Carrington le Mar 26 Avr - 14:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Stand by me #ROMIAN   Jeu 17 Mar - 0:09

LIl aurait été inutile de mentir : Romy avait peur. Elle connaissait pourtant Dorian par coeur, ses tics, ses manies, et aurait presque pu – il y a quelques mois seulement – se targuer de connaître ses pensées. Mais plus maintenant. C’était fou ce que quelques mois d’éloignement pouvaient faire à un couple qui avait été si soudé. Mais au fond, une petite voix continuait de lui souffler que tout irait bien. Qu’il ne l’abandonnerait pas. Qu’il ne l’abandonnerait jamais. Qu’il serait toujours là. C’était une illusion bien sûr. Un jour, tous les deux passeraient à autre chose. Mais pas encore, et quelque part, c’était tant mieux. Pour l’instant, elle avait encore besoin de lui. Besoin de ses bras pour la consoler, des ses mots pour la rassurer. C’était égoïste alors qu’elle l’avait quitté. Oh, elle avait de bonnes raisons de l’avoir fait, et Dorian le savait. Mais tout de même, c’était à présent à elle d’assumer sa décision. Elle lui avait dit qu’elle ne voulait plus le voir, plus lui parler, et elle se sentait un peu mal d’ainsi profiter de la gentillesse de son ex fiancé. Ceci dit, au vu des circonstances, n’était-elle pas pardonnée ?

La distance fut bien vite rompue lorsque Dorian passa son bras autour de ses épaules. Elle put alors laisser sa tête reposer contre lui, partager son fardeau qui commençait à poser sur ses frêles épaules « Bien sûr que non, ça ne me dérange pas. » Le voir lui sourire passa un peu de baume sur son cœur. Il était toujours le même, tendre, attentionné, rassurant. C’était toujours son Dorian, celui dont elle était amoureuse. Ce trentenaire dont le sourire l’avait fait fondre malgré ses dix-neuf ans. Ce sourire qui la faisait encore un peu fondre aujourd’hui. Ce sourire qui lui donnait envie de l’embrasser, comme pour faire un bon dans le passé, comme si rien ne s’était passé. Mais elle ne pouvait pas. Elle ne pouvait pas pousser le vice jusque là. Et c’en était presque douloureux. C’était fatigant surtout. Fatigant de se retenir, de se souvenir qu’ils n’étaient plus ensemble, de se remémorer la trahison. Non, elle ne voulait pas penser à ça. Mais elle ne pouvait pas non plus se laisser aller. Et d’y penser, elle avait la gorge serrée.

Il était en moto. Évidemment qu’il était en moto. Romy la connaissait bien, cette moto. Au début, elle fronçait du nez à chaque fois qu’elle savait Dorian sur cet engin de malheur. Puis, au fil du temps, elle avait accepté de monter quelques fois dessus, uniquement lorsqu’elle n’avait pas le choix. Son fiancé le savait bien, et aimait la taquiner à ce sujet. Au final, elle était restée réfractaire plus par esprit de contradiction que par réelle peur. Elle savait pertinemment bien que Dorian était prudent, conduisait correctement, et qu’elle n’avait rien à craindre. Et puis, ça lui donnait une excuse pour s’accrocher à lui, ce à quoi elle ne pouvait pas dire non. « À moins que tu préfères qu’on prenne les transports normaux. Y a pas de soucis… » Oui, elle préférait. Au moins, dans les transports normaux, il y avait une carrosserie pour les protéger. Mais dans les transports normaux, elle ne pouvait pas s’agripper à lui. Il fallait donc voir ce qu’elle préférait. Et puis, il n’allait pas laisser sa moto là, si ? « Je peux appeler un taxi si tu veux pas … » La phrase n’était pas terminée. On aurait pu le croire, mais elle ne l’était pas, Romy connaissait suffisamment Dorian que pour le savoir. Si elle ne voulait pas quoi ? Oh. Elle devinait la suite. S’accrocher à lui ? Non, ça c’était un argument positif, pas négatif. Mais au moins, cela voulait dire que ça ne le dérangeait pas lui, ce qui était une bonne chose. D’ailleurs, il vint poser sa main sur son bras, dans un geste auquel elle n’avait plus l’habitude « C’est comme tu préfères. » Romy jeta un regard au casque qu’il lui tendait à moitié depuis tout à l’heure. Bon, au moins ça cacherait ses yeux rouges. Elle décida alors de tenter un sourire, comme pour le rassurer à son tour. « Dorian … » commença-t-elle, sa voix tout à coup plus, calme, plus douce « Ce n’est pas la première fois que je vais avec toi en moto » bon, ce n’était pas l’argument le plus convaincant qu’elle avait, mais elle comptait garder ce dernier pour elle « Je te fais confiance, ne t’en fais pas. » Elle attrapa le casque qu’il lui tendait et l’enfila sans plus de cérémonie avant de s’installer derrière lui, posant ses mains sur sa taille tant qu’ils n’étaient pas encore partis – stupide réflexe au cas où il décidait de démarrer en trombe, ce qui aurait été extrêmement malvenu – avant de dire d’une toute petite voix « Mais… pas trop vite hein ? » Après tout, ça restait Romy, et Romy c’était le genre à prendre le taxi, ou bien le bus, et à ne jamais dépasser les limitations de vitesse quand elle conduisait. Bref, c’était chiant, c’était monotone, mais c’était Romy.

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MessageSujet: Re: Stand by me #ROMIAN   Lun 21 Mar - 22:49

Elle écarta sa question, sa légère inquiétude en lui affirmant qu'elle avait l'habitude de sa moto. Mais qu'elle en ai l'habitude ne signifiait pas qu'elle appréciait pourtant de devoir supporter le bolide. Mais elle devait sûrement avoir envie d'en finir. Arrêter de tourner autour du pot. Trouver le confortable canapé de l'appartement de Dorian et sa collection de thés en tout genre. Il n'y avait sûrement pas d'endroit plus confortable pour passer une journée à déprimer. Et il fallait bien avouer que c'était le but : rendre les journées moroses un peu moins moroses à force de confort et de tranquillité. Et si quelqu'un d'autre que lui, pouvait en profiter, il ne s'en plaindrait pas. Raphael rechignait déjà assez quand il insistait pour qu'il partage son logement bien trop grand pour une personne seule. Au moins Romy avait accepté l'invitation sans même qu'il n'ai à la formuler. Ce foutu canapé avait besoin de connaître d'autres fesses que les siennes, et lui-même avait besoin de compagnie. Même s'il n'était pour l'instant pas question de ce dont il avait besoin, mais de ce qu'il pouvait faire pour elle.

« Je te fais confiance, ne t’en fais pas. » Et elle attrapa le casque dans ses mains, lui arrachant tout de même un léger sourire. Elle lui faisait confiance. Et le trajet ne serait que plus rapide comme ça. « Mais… pas trop vite hein ? » Il cacha son sourire amusé en mettant son casque à son tour. Les petites mains qui s'accrochaient déjà à lui n'étaient de toute évidence pas rassurées. Il inspira profondément avant de mettre le contact. Romy allait s'agripper à lui, mais il relativisait déjà autant que faire se pouvait. Elle ne s'accrochait pas à lui pour une raison quelconque. Juste parce qu'elle détestait cette foutue moto qu'il lui imposait un peu bêtement. Juste parce qu'il n'avait pas songé une seconde au fait que, peut-être, il la ramènerait chez lui. Et il ne la ramenait pas vraiment chez lui. Pas comme ça. Il la ramenait juste dans l'endroit le plus calme possible, et le plus éloigné de ses souvenirs de Granny.

Il conduisit doucement. Pas lentement, mais doucement. Pas de folie pour doubler les voitures, pas de folie pour passer devant un camion un peu trop lent. Rien dont il avait pris l'habitude quand il était seul sur sa moto. Il conduisit doucement, à la vitesse indiquée sur les panneaux. Ralentissant légèrement quand il sentait les bras accrochés autour de lui se resserrer un peu trop, quand Romy n'était vraiment pas rassurée. Mais bien qu'il fusse prudent, le trajet fut rapide. Plus rapide qu'en taxi. Bien plus rapide qu'avec les transports en commun. Une fois arrivés, il lui confia ses clés sans trop y réfléchir. Parce qu'elle connaissait le chemin et qu'il était inutile qu'elle reste plantée sur le trottoir alors qu'il rangeait les casques et qu'il attachait l'anti-vol à sa moto. Sans trop y penser mais en se rappelant tout de même, un peu douloureusement, qu'elle lui avait rendu son double. Elle avait toujours été libre d'aller et venir chez lui, même si elle refusait de s'y installer définitivement. Mais elle lui avait rendu son double. Elle n'avait plus l'intention de venir chez lui à l'improviste. Elle n'avait plus l'intention de venir chez lui du tout. Aujourd'hui était exceptionnel. Et il ne se faisait pas d'illusion sur la possibilité que ça se reproduise. Pas quand elle irait bien. Pas quand elle n'aurait plus besoin de fuir sa propre maison.

Mais pour l'instant, elle était là. Inutile de penser au reste. Et Dorian la rejoignit dans l'entrée après avoir rangé sa moto. Il posa sa veste en vrac à côté de son casque sur une des chaise qui décorait son entrée. Il aurait pu faire plus attention, mais il s'en fichait un peu. IL était chez lui et il y mettait bien le désordre qu'il voulait. « Installe-toi, je vais mettre l'eau à chauffer. » Il attrapa le manteau de Romy qu'il prit cette fois le temps de mettre sur le porte manteau un brin abandonné qui ornait son entrée, avant de s'enfuir vers sa cuisine pour mettre la bouilloire en route. Parce que si Romy avait besoin de sa présence, il ne pouvait pas faire autrement que faire du thé. Parce qu'à son humble avis, le thé était forcément la première étape vers la sortie du deuil. Et c'était ça, le but. Qu'elle pleure pour qu'elle réussisse à aller mieux. Alors il la laisse s'installer comme elle veut dans cet appartement qu'elle connait trop bien, et il prépare la théière. « Tu veux quoi comme thé, love? » Il ne réalisa pas tout de suite, et puis il se mordit la lèvre en lachait un juron à voix basse. Il avait réussi à ravaler les mots doux depuis qu'il l'avait croisée. Il avait réussit à retenir ces putains de surnoms niais qui lui venaient trop naturellement. Et voilà qui se plantait après avoir relâché son attention une demi-seconde. Alors il se mordait la lèvre, en espérant que ça passe inaperçu même s'il avait à moitié fait tomber la théière en se rendant compte de sa bourde. Peut-être le bruit du choc suffisait-il à détourner l'attention de Romy. Ou peut-être était-elle trop déprimée pour remarquer ce genre d'erreur. Peut-être. Mais étrangement, il n'y croyait pas trop.


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MessageSujet: Re: Stand by me #ROMIAN   Mar 22 Mar - 19:55

Romy aurait menti si elle avait prétendu que le trajet fut des plus désagréables. Dorian faisait attention, elle le savait d’instinct. Elle avait bien remarqué qu’il respectait les limitations de vitesse, il évitait de doubler inutilement, et il ralentissait dès qu’elle resserrait son étreinte. Romy n’était pas idiote : elle savait que le brun ne roulait pas comme ça d’ordinaire. Mais de ce fait, à quelques détails près, elle se sentait rassurée, malgré le bolide sur lequel elle se trouvait. Si bien que le trajet ne lui parut pas si long, et qu’ils arrivèrent bien rapidement à l’appartement de Dorian. Et comme par réflexe, elle lui rendit son casque tandis qu’elle attrapait ses clés pour rentrer le temps qu’il range sa bécane. Une chose cependant la dérangeait, et qu’elle ne parvenait pas à identifier. Un pincement au cœur qui ne semblait pas avoir d’explication. Ce n’est qu’une fois devant la porte de l’appartement qu’elle réalisa : ce n’était pas ses clés. Cette chose qui la dérangeait était tout aussi ridicule que logique : il ne s’agissait pas de son double, de ce double que Dorian lui avait donné lorsqu’ils étaient ensemble et qui lui permettait d’aller et devenir chez son fiancé comme bon lui semblait. Si elle avait agi différemment, si elle avait accepté de s’installer chez lui, de se mettre définitivement en ménage, ce double n’aurait pas quitté sa poche. Et y penser lui serra le cœur. Trop tard. Il n’était plus temps des regrets, plus temps de faire des hypothèses. Se ressaisissant, elle franchit la porte, déposant les clés sur une commode, là où elle avait toujours pris l’habitude de les déposer. Dorian savait.

Dorian la rejoignit d’ailleurs bien rapidement, la débarrassant de son manteau. Elle le laissa faire, même si elle l’ignora à moitié lorsqu’il dit : « Installe-toi, je vais mettre l'eau à chauffer. ». Romy n’avait jamais été du genre à s’asseoir dans un fauteuil et à attendre. D’autant plus qu’elle ne parvenait pas à se sentir étrangère en cet appartement qu’elle connaissait si bien. On aurait pu dire qu’elle rodait, qu’elle errait sans but dans l’appartement. En vrai, elle essayait surtout de repérer les changements dans l’appartement. Ceux-ci étaient minimes, invisibles aux yeux de ceux qui ne connaissaient pas l’appartement par cœur. C’était étrange de les remarquer, de se dire que c’était intervenu ces derniers mois, tandis qu’elle n’était pas là. Au moins, les regrets lui évitaient de penser à Granny, mais elle n’était pas fondamentalement certaine que ce soit une bonne idée. Ses pas la dirigèrent lentement vers la cuisine, derrière Dorian qui était en train de préparer la théière, ce qui lui arracha un sourire. Lui et son thé. Lui et son immense collection de thé. Romy n’était même pas certaine de déjà les avoir tous goûté. Elle pensait avoir le temps, et de ce fait, avait toujours pris le même – thé noir au jasmin. Elle pensait qu’elle avait toutes la vie pour goûter les autres. La bonne blague. C’est à ce moment-là qu’elle entendis les malheureuses paroles « Tu veux thé, love? » Romy se raidit, son regard s’immobilisant dans le dos de son amour d’antan. Elle ne manqua bien sûr pas le juron de ce dernier. Qu’était-elle censé faire ? Comment devait-elle réagir ? Elle n’en savait fichtrement rien. Elle pouvait faire semblant, ignorez le petit surnom dont il avait l’affublait d’ordinaire. La jeune-femme ne pouvait pas réellement le lui reprocher. Elle même aurait pu laisser échapper un mot doux. L’habitude, tout simplement. Mais elle avait peur. Elle craignait qu’il ne souffre de la voir dans son appartement, comme avant. « Tu as encore du thé blanc ? » demanda-t-elle en se raclant la gorge, faisant comme si de rien était, et décidant finalement de s’installer dans le salon, comme il le lui avait initialement proposé. Elle attendit patiemment qu’il lui ramène son thé, un thé qu’elle avait expressément pris différent histoire de casser la routine à laquelle il semblait encore habitué. Et puis, comme ça, elle en aurait testé un thé supplémentaire.

Lorsque Dorian lui apporta sa tasse, Romy le remercia d’un mouvement de tête. Elle était gênée, elle ne pouvait pas prétendre le contraire. Elle était triste à cause de la mort de Granny, et elle avait besoin de soutien. Dorian était le mieux placé pour ça. Il était le seul dont elle avait envie d’entendre la voix, le seul qui avait le droit – exceptionnellement – de la prendre dans ses bras, le seul qui savait comment calmer ses angoisses. D’un autre côté, même s’il était responsable de leur rupture, elle ne voulait pas qu’il souffre à cause d’elle. Elle ne voulait pas qu’il se fasse de faux espoirs quant à leur relation. Elle le savait raisonnable pourtant, enfin, la plupart du temps, mais elle ne voulait pas profiter de ses sentiments pour qu’il la console. Cela aurait pourtant été légitime, mais ce n’était pas le genre de la jeune femme. « Dorian ? » demanda-t-elle alors d’une petite voix, portant sa tasse à ses lèvres « Tu es sûr que ça ne te dérange pas si je reste un peu ? » elle pouvait sentir une boule se former dans sa gorge, tandis qu’une partie d’elle espérait, de manière égoïste, qu’il la rassure. Qu’il lui dise qu’elle pouvait rester, que ça ne lui posait pas problème. Elle espérait sincèrement qu’il ne souffrait pas de sa présence, parce qu’elle avait besoin de lui « Je comprendrais, tu sais … Je ne veux pas m’imposer… » souffla-t-elle en baissant la tête et en se mordillant la lèvre inférieure. Si ça le dérangeait, elle rentrerait chez elle, tout simplement. Il restait de toute façon des choses à organisait pour l’enterrement, des coups de téléphone à passer, des courriers à lire. Bref, elle ne manquerait pas d’occupation si jamais il ne voulait pas d’elle chez lui. Bien sûr, l’idée de boire un thé dans le canapé de Dorian tandis qu’il prendrait soin d’elle était nettement plus tentant. Elle avait besoin de souffler, de se détendre, et pas de culpabiliser.


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MessageSujet: Re: Stand by me #ROMIAN   Mar 22 Mar - 23:24

« Tu as encore du thé blanc ? » La voix était dans son dos et pas lointaine, dans le salon, comme il l'avait espéré. Il ne put s'empêcher de se mordre la lèvre sans vraiment oser la regarder. Parce qu'elle avait remarqué. Il pouvait le sentir dans sa réponse, dans le ton de sa voix, dans ce raclement de gorge. Mais il inspira, il expira dans un léger soupir, et se retourna vers elle avec un léger sourire, peut-être peu contrit, mais qui se voulait surtout rassurant. « Évidemment. » Allez savoir si c'était à cause de son éducation un peu trop bourgeoise, mais Dorian avait toujours eu une passion pour le thé. Certains lui avaient fait remarqué que c'était juste une autre plante dont il abusait. Mais l'abus de plante n'était pas son vrai problème dans la vie. Le MDMA n'était pas une plante. Et le thé, c'était une addiction plutôt saine. De l'eau chaude, et des feuille. Alors il se permettait d'en avoir une collection plutôt impressionnante qui occupait entièrement l'un des larges placards de sa cuisine. Collection pas forcément très bien rangé, mais il retrouvait toujours en deux secondes le thé qu'il voulait. C'était le bordel, mais c'était son bordel. Il attrapa le thé blanc alors que Romy quittait la cuisine. Il sortit deux tasses. La sienne et celle que la jeune femme avait fini par s'approprier avec le temps.

Il la retrouva dans le salon avec le plateau de thé. Deux tasse, la théière, et un innocent paquet de langues-de-chat. Une habitude que sa mère lui avait transmise, même si elle n'était pas du genre à partager beaucoup. C'était, à ses dires, la seule chose de la culture anglaise qu'on ne pouvait qu'adopter. Un bon thé et quelques gâteau, quand quelqu'un avait besoin de réconfort. Dorian avait pris l'habitude d'y rajouter sa touche. Avec une étreinte réconfortante. Il était de toute évidence tactile que sa mère, qu'il avait pris l'habitude d'appeler Ice Queen. Il colla donc une tasse dans les mains Romy avant de s'installer à côté d'elle dans le canapé, attrapant sa tasse à son tour. La chaleur se répandait à travers la céramique dans ses mains, et ça lui suffisait à se sentir chez lui. Et il se perdit deux secondes dans ses pensées quand aux bienfaits du thé, il laissa un instant à Romy pour profiter de sa boisson, de la chaleur de sa tasse, du confort du canapé. « Dorian ? » La timidité dans sa voix le fait hausser un sourcil, pas rassuré. Oui, il a fait une connerie, il a ripé, il lui a donné un de ces foutu surnoms qu'il donne de toute façon bien trop facilement. « Tu es sûr que ça ne te dérange pas si je reste un peu ? » Si ça le dérangeait? Pourquoi ça l'aurait dérangeait? Enfin, si, il pouvait voir pourquoi. Parce qu'elle venait d'entrer dans son appart à l'improvist et qu'il n'avait pas eu le temps de dissimuler les preuves honteuses de sa vie de célibataire. Quelques bouteilles vides qui trainaient en vrac de l'autre côté de la pièce, à côté de sa guitare qui trainait négligemment près de son fauteuil favori. Quelques fringues qui trainaient. Et sûrement bien d'autre chose qu'il n'arrivait même plus à remarquer. Des détails. Des petites erreurs qui ne restaient que minimes grâce à l'intervention hebdomadaire de sa femme de ménage favorite. Alors oui, il pouvait trouver des raisons pour lesquelles sa présence aurait pu le déranger, mais non. Ce n'était certainement pas des raisons suffisantes pour qu'il ait sincèrement envie de l'éviter.

« Je comprendrais, tu sais … Je ne veux pas m’imposer… » Il laisse échapper un petit rire qui se veut léger. Romy ne s'était jamais vraiment imposée dans sa vie, au sens où il avait depuis toujours voulu qu'elle y soit. « Tu ne t'imposes pas. » Il lui offrit son éternel sourire. « If you need anything, I'm here for you. » Il hésita un instant sur la marche à suivre. Parce qu'elle avait beau parler de s'imposer chez lui, c'était lui qui avait peur de s'imposer à elle. Il ne pouvait pas la prendre dans ses bras comme si de rien n'était. Ou bien le pouvait-il. Il avala une gorgée de thé bien trop chaude pour lui, et fit une légère grimace avant de reposer sa tasse. Oui, il était un peu délicat, mais il n'allait pas prétendre aimer se bruler la langue juste pour avoir l'air plus fort. Et une fois la tasse reposée, il passa un bras derrière les épaules de Romy. Doucement. Lui laissant à chaque seconde l'occasion de s'enfuir ou de l'envoyer balader. Et il la serra tendrement dans ses bras. D'une main, il caressa doucement la joue de la jeune femme alors qu'il relevait son visage vers lui pour plonger son regard dans le sien. La rassurer. La conforter. Les gestes venaient presque naturellement et il faisait juste ce qui lui apparaissait comme évident. Mais il se le reprocha vite. C'était parce qu'il avait fait ce qui lui apparaissait comme évident qu'il avait laissé échapper ce "love". Il ne pouvait pas se laisser aller comme ça. Il ne pouvait pas lui faire ça. Et il ne quitta pas son regard un instant, tout en tournant quatre fois les mots qui lui venaient dans sa bouche avant d'oser les prononcer. « Tu ne me déranges jamais Romy, I'm here for you. Tu peux passer la journée ici si tu as besoin de respirer. Si tu as besoin de pleurer. Tu sais que tu peux pleurer avec moi. I'll always be there. » Mais peut-être ne les avait-il pas pesés assez, ces mots. Pas assez à son goût. Elle accepterait peut-être de laisser passer, juste pour aujourd'hui. Il avait bien l'excuse de dire n'importe quoi, tout ce qui lui passait par la tête, pour la rassurer. Ce n'était pas ce que les gens faisaient habituellement?


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MessageSujet: Re: Stand by me #ROMIAN   Dim 3 Avr - 18:32

Romy n’aimait pas être dépendante. C’était idiot, mais c’était comme ça. Elle n’avait toujours été forte et indépendante, le genre de femme qu’il est difficile de faire plier. C’était sa plus belle qualité, mais aussi son plus gros défaut ; Romy n’aimait pas qu’on l’aide. Plus encore, elle n’aimait pas l’idée d’avoir besoin de quelqu’un. Sans doute était-ce car elle redoutait que ce quelqu’un ne lui tourne un jour le dos, et qu’elle ne sache plus comment gérer ses propres émotions. Sauf qu’elle n’était pas aussi forte qu’elle aurait voulu l’être, et aujourd’hui elle s’en rendait bien compte. Elle avait été jusqu’à ravaler sa fierté et sa rancune. Et la voilà assise dans le canapé de l’homme qu’elle a aimé, de l’homme qui l’a trahie. Elle s’estimait chanceuse en un sens que Dorian continue de l’accepter chez lui. Oh, elle n’avait certes rien fait de mal, mais cela faisait quelques mois à présent qu’elle ne lui avait plus adressé la parole, un comportement suffisamment radical que pour s’en vexer. Mais elle avait eu besoin de ce silence, et bizarrement, c’était moins douloureux qu’elle ne le pensait d’être à nouveau entre ces murs. En vérité, si elle ne faisait pas attention, elle risquait de se lever pour ranger ce t-shirt qui traînait sur le dossier de la chaise, ou pour ramasser les cadavres de bouteille maladroitement dissimulés. Mais elle n’était plus chez elle. Elle s’en était souvenue lorsque Dorian avait dû lui tendre les clés pour qu’elle puisse rentrer dans son appartement à lui. Elle n’était plus qu’une invitée, comme au tout début de leur relation. C’était étrange, déstabilisant, mais moins douloureux que ces milliers de lame qu’elle avait senti mordre sa peau et son cœur quand elle était venue chercher ses affaires quelques mois plus tôt.

« Tu ne t'imposes pas. » Cela suffit à détendre les muscles de la jeune femme qui se concentra sur le thé qu’elle avait entre les mains. Elle laissait la chaleur se répandre dans son corps tout en écoutant son ex-fiancé la rassurer. « If you need anything, I'm here for you. » C’était idiot, peut-être même égoïste, mais Romy avait besoin d’entendre ses mots. Parce qu’il était là pour elle, parce que malgré tout, il restait présent pour essuyer ses larmes si elle en avait besoin. Et elle ne le remercierait sans doute jamais assez pour ça, probablement parce qu’il était le seul dont elle pouvait tolérer la pitié et la compassion à cet instant. Son regard néanmoins se darda sur le visage de Dorian qui venait visiblement de se brûler. Voilà pourquoi elle laissait toujours son thé légèrement refroidir avant de le boire, histoire de ne pas perdre toute sensation dans la langue. Romy voulut lui demander si ça aller, mais il ne lui laissa pas le temps comme il passait son bras autour de ses épaules. Familière sensation que celle-là. Peut-être un peu trop. Mais malgré la prudence de Dorian, à aucun moment la jeune-femme n’eut l’intention de le repousser. Non. Elle préférait se concentrer sur la sensation de sécurité que lui procurait la présence du brun, sur la sensation de chaleur que lui procurait son thé, sur la sensation toute particulière que lui procurait l’appartement, comme si les choses étaient de nouveau à leur place, là où elles étaient censées être. On pouvait sans doute reprocher à Dorian d’être trop proche, trop tactile, sous-entendre qu’il n’en n’avait pas le droit. De la même manière, il n’avait plus le droit de l’appeler love, mais ce serait mentir que de prétendre que le cœur de Romy n’avait pas raté un battement lorsqu’il l’avait fait. « Tu ne me déranges jamais Romy, I'm here for you. Tu peux passer la journée ici si tu as besoin de respirer. Si tu as besoin de pleurer. Tu sais que tu peux pleurer avec moi. I'll always be there. » Elle hocha doucement la tête à ces mots. Oui, pleurer. L’idée était moins dérisoire qu’elle le semblait, et d’y penser, Romy sentit une boule se former dans sa gorge. Elle baissa les yeux légèrement, rompant le contact qu’avait instauré Dorian, s’arrêtant un instant sur ses lèvres. Non, ça elle ne pouvait pas. Elle en avait envie pourtant, de faire un bon dans le passé, lorsque rien n’était compliqué. Elle avait envie de se souvenir du goût de ses baisers et du réconfort qu’ils lui avaient toujours apporté. Mais il y avait des limites à ne pas franchir. On n’est plus ensemble. Et les larmes commencèrent à couler silencieusement alors qu’elle enfouissait son visage contre la nuque du musicien, se blottissant contre lui. Elle ne savait même pas ce qu’elle pleurait, la perte de sa grand-mère, ou sa rupture ? Oh, sans doute un peu des deux. Elle pensait pourtant être passée par dessus cette dernière, elle pensait être capable d’aller de l’avant à présent. Mais là, recroquevillée contre Dorian, elle lui en voulait, elle s’en voulait, elle leur en voulait. Et elle se reprochait d’autant plus d’avoir d’aussi futiles pensées alors que la femme qui l’avait élevée était décédée.

Après quelques minutes, Romy se décolla de l’étreinte de son ex pour boire une gorgée de son thé qui avait au moins le mérite d’être encore tiède. Elle ramena alors ses jambes contre elle, en profitant pour prendre une position plus confortable, toujours collée à Dorian. « C’est Joey qui t’as prévenu ? » Elle ne savait pas pourquoi elle parlait de ça tout à coup. Sans doute parce qu’elle avait besoin d’extérioriser. Pourtant, elle le savait, elle s’engageait sur un chemin boueux, là où elle n’était pas sûre d’être maitre de ses sentiments. Mais il fallait qu’elle parle. Plus encore, il fallait qu’elle parle avec Dorian, qu’elle brise ce foutu tabou. Il ne les mènerait de toute façon nulle part. Le mal était fait, et le taire c’était le laisser les bouffer « Tu l’as vue ? Elle va bien ? » C’est qu’elle n’avait pas plus vue sa sœur depuis le décès que durant les mois qui venaient de s’écouler. Or, cela ne l’empêchait pas de s’inquiéter pour elle, en quelque sorte. Elle n’avait pourtant pas de doute quant au fait que Joey gérait probablement la situation mieux qu’elle : la mort n’avait jamais semblé la toucher.  

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MessageSujet: Re: Stand by me #ROMIAN   Dim 3 Avr - 23:51

Elle hocha la tête et il dut retenir un léger soupir rassuré. Il marchait sur des substances jaunes dégoulinantes sur les cheveux de Caro, mais il n'était vraiment pas doué pour ça. Il était incapable de retenir certains trucs qui lui venaient beaucoup trop naturellement. Oh, il faisait l'effort, bien sûr. Il faisait l'effort, mais au milieu du milliard de mots un peu trop tendre qu'il arrivait à retenir, il y en avait forcément un qui passait, à un moment ou à un autre. Il y avait forcément une formulation un peu maladroite, ou une expression qui n'avait rien à faire là, qui lui échappait. Il n'était pas fait pour mesurer ses propos ou retenir ce qu'il avait envie de dire. Il avait toujours été un peu trop franc. Et ce qu'il pensait, ce qu'il ressentait pour Romy, cela se lisait sûrement dans chacun de ses gestes. Mais il faisait de son mieux, et il se félicitait déjà de n'avoir pas fait plus de faux pas qu'un malencontreux surnom et la promesse d'être toujours là pour elle. Pour l'instant, rien de trop grave, puisqu'elle était encore là, contre lui, et qu'elle ne semblait pas décidée à s'enfuir en courant. Tant mieux. Tant mieux parce qu'il avait envie de l'avoir encore un peu à ses côtés, mais surtout tant mieux parce qu'elle avait besoin de quelqu'un auprès d'elle, et qu'il pouvait tenir le rôle. La prendre dans ses bras, la consoler. Et elle baissa la tête, lâchant son regard, pour commencer à pleurer doucement. Il resserra un peu son étreinte autour des épaules de la jeune femme. Il était là pour ça. Il était là pour qu'elle se laisse aller, pour qu'elle puisse pleurer, pour qu'elle oublie le reste du monde et qu'elle pense à elle.

Elle finit par quitter son étreinte pour prendre une gorgée de thé et Dorian l'imita. Après tout, il devait avoir refroidit un peu. Il n'allait pas encore s'ébouillanter. Et puis elle ramena ses jambes contre elle, toujours collée contre lui. « C’est Joey qui t’as prévenu ? » Il haussa un sourcil et retint une moue ennuyée. Non, il n'avait pas envie de parler de Joey avec Romy. Non. Surtout pas. Il n'avait pas envie de remuer le couteau dans la plaie. « Tu l’as vue ? Elle va bien ? » Mais si elle voulait en parler, il ferait avec. Parce qu'il était là pour elle. Parce qu'elle choisissait de quoi ils parlaient. Et il inspira un grand coup. Il se préparait un peu au pire. Mais dans un coin de sa tête, il se disait que Romy devait être bien trop épuisée pour avoir envie de se prendre le bec sur ce sujet. Joey lui avait dit qu'elles ne se voyaient plus, alors peut-être qu'elle voulait juste prendre des nouvelles de sa jumelle, innocemment. « Oui, elle est venue me l'annoncer. Elle voulait... Elle voulait qu'il y ait quelqu'un qui soit là pour toi. » Il soupira doucement. Il n'avait pas envie de défendre la cause de Joey, autant qu'il n'était pas capable de se trouver d'excuse. Joey était une garce, et il était le dernier des cons. Décidément, Romy n'avait pas de chance avec ceux qui l'entouraient. Mais pour le coup, il se contentait de dire les choses telles qu'elles étaient. Pas question d'embellir les choses pour faire passer l'autre pour une héroïne sur son cheval blanc. pas question. Mais pour une fois, il semblait qu'elle avait fait quelque chose pour le bien de sa sœur et pas uniquement pour son bien à elle. Pour une fois. Alors il disait les choses telles qu'elles étaient. Parce que c'était toujours comme ça qu'il avait fonctionné. Trop franc. Même s'il ne lui expliquait pas qu'il avait voulu la foutre à la porte, ou qu'il avait cru crever sous le poids des remords quand cette peste c'était à nouveau retrouvée chez lui. La première fois depuis... Anyway. Ce n'était pas la question. « Elle avait l'air de prétendre aller bien... » C'était la meilleure réponse qu'il pouvait trouver. Joey n'était pour lui qu'un jeu d'apparence. Joey avait toujours été fausse, imbuvable, et dans le deuil, elle lui paraissait toujours aussi peu crédible. « Je ne sais pas si c'est à cause de moi, ou si elle va mal. Elle était beaucoup trop... mesurée. Beaucoup trop mesurée pour que ça ressemble à la Joey habituelle. » Il haussa les épaules. « Je ne sais pas à quoi c'est du. Au fait qu'elle ne te vois plus, ou au deuil... » Il avala une nouvelle gorgée de thé en soupirant doucement. Non, il n'avait pas envie de parler des problèmes existenciels de Joey. Et si il avait été plus aimable avec elle quand il avait appris ce qu'elle était en train de vivre, il était ravi qu'elle fasse son deuil loin de lui. Il n'avait aucune envie d'être à nouveau dans la vie de cette fille. Il compatissait, certes, il n'était pas un monstre, mais il préférait l'idée que quelqu'un d'autre se soucie de la garce de service à sa place. Même s'il n'aurait pas présenté les choses ainsi à Romy.


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MessageSujet: Re: Stand by me #ROMIAN   Lun 4 Avr - 9:20

Une partie d’elle-même lui hurlait que c’était idiot, qu’elle ne devrait pas parler de Joey. C’était un sujet délicat, une pente savonneuse. Cette même partie d’elle-même tentait de lui faire entendre que Dorian n’avait probablement pas envie d’en parler d’ailleurs, mais les voix se mélangeaient dans sa tête. Et par dessus tout, elle était lasse. Elle avait besoin de parler, de dire ce qu’elle avait sur le cœur, sans retenue. « Oui, elle est venue me l'annoncer. Elle voulait... Elle voulait qu'il y ait quelqu'un qui soit là pour toi. » Sa sœur était revenue dans cet appartement. Elle avait franchi la porte de l’appartement de Dorian, était rentrée ici même et ce malgré tout ce qu’elle lui avait fait. Mais la raison fit bien rapidement taire la jalousie de Romy, décodant les mots de son ancien fiancé : Joey avait pensé à sa sœur, pour une fois, et rien qu’à elle. L’enfant qu’elle était devait sûrement tenir rigueur à Dorian de la situation, et pourtant elle était venue lui annoncer que Granny était morte parce qu’elle ne voulait pas que sa jumelle soit seule. Parce qu’elle la connaissait mieux que personne et qu’elle se doutait que Romy garderait tout pour elle, qu’elle ne se laisserait pas aller en présence de n’importe qui. « Elle avait l'air de prétendre aller bien... » Dorian n’aimait pas Joey, et cela, la jeune-femme en avait parfaitement conscience. Ce qui s’était passé entre eux ne semblait rien y avoir changé, elle avait peut-être même empiré, cela s’entendait au fond de sa voix. Mais ce qui importait le plus à Romy, c’était ce qu’il disait. Prétendre qu’elle allait bien ? Oh, Joey n’était pas du genre à prétendre, pas intentionnellement en tout cas. Elle agissait, fin de la discussion, elle ne se posait pas plus de questions. « Je ne sais pas si c'est à cause de moi, ou si elle va mal. Elle était beaucoup trop... mesurée. Beaucoup trop mesurée pour que ça ressemble à la Joey habituelle. » la brunette tourna la tête pour mieux voir Dorian ; son visage à quelques centimètres du sien, elle scrutait son visage, ses émotions, la signification de ses mots. Elle essayait de rester suffisamment alerte que pour réfléchir, même si ça lui demandait un effort bien plus considérable que ce qu’elle avait prévu. « Je ne sais pas à quoi c'est du. Au fait qu'elle ne te vois plus, ou au deuil... » Le deuil était peut-être l’une des seules choses que Joey maitrisait bien mieux que son double. Là où Romy ne savait pas comment appréhender la mort, Joey semblait blindée. Et puis, de toute manière, elle était entourée. Aussi la jeune femme hocha-t-elle doucement la tête, pas plus surprise que ça au final, ou bien trop fatiguée que pour s’étonner « C’est Joey … Elle réagit toujours comme ça face à un décès… » elle poussa alors un soupir, callant à nouveau sa tête contre l’épaule de Dorian, gardant sa tasse de thé contre elle. Elle garda ainsi le silence quelques minutes, le regard perdu dans le vague, avant que la question ne franchisse ses lèvres sans même qu’elle l’ait décidé « Dorian … pourquoi ?

Joey avait couché avec tous les petits copains de Romy, et cette dernière en avait eu quelques uns. Lorsqu’elle avait rompu avec le premier après qu’il l’ait trompée, Joey avait recommencé de manière systématique. Dès que Romy avait un semblant de vie sentimentale, dès qu’elle avait une opportunité d’être heureuse, Joey s’en était mêlé, et avait tout détruit. Mais pas avec Dorian. C’était peut-être parce qu’il était plus âgé, mais il n’avait jamais accordé ce type d’attention à la cadette. Et c’était sans doute la raison pour laquelle Romy s’était autant attachée à lui. Elle avait pensé, peut-être un peu naïvement, qu’elle avait enfin trouvé un homme qui l’aimait sincèrement, un homme qui ne la blesserait pas de cette manière-là. Joey avait essayé pourtant, mais il l’avait toujours repoussée. C’était ce qui le rendait si particulier, si précieux. Pendant trois années, Romy y avait cru, elle y avait cru dur comme fer. Puis, Joey était parvenue à ses fins, et ça avait été pire que tout. Jamais la jeune-femme ne s’était sentie plus mal, jamais elle n’avait autant souffert. Trahie et bafouée, c’en était fini pour elle. Elle abandonnait. Elle n’avait jamais laissé à Dorian l’opportunité de lui parler, de s’expliquer. Sans doute était-il trop tôt, était-elle encore trop en colère après lui. « Je ne m’énerverai pas … » souffla-t-elle alors, en reposant sa tasse sur la table basse avant de reprendre sa position initiale « Même si je le voulais, j’en serais incapable de toute façon » et c’était peut-être la raison pour laquelle elle se permettait d’en parler : elle était à bout de force, et n’aura pas l’envie ni le courage de reprocher quoique ce soit à Dorian, pas alors qu’il l’accueillait chez lui après qu’elle l’ait royalement ignoré pendant plusieurs mois « Mais j’ai besoin de comprendre … » de comprendre cette erreur qui leur avait tout couté. Que s’était-il passé pour que Dorian finisse par céder ? Pas qu’elle envisageait le lui pardonner – nous n’en étions pas encore là – mais il fallait qu’elle sache, et peut-être que d’en parler l’aiderait à aller de l’avant, à ne plus se faire de mal en y pensant. « Qu’est-ce que j’ai manqué, Dorian ? » elle avait fini par relever le regard vers lui, le visage vide de toute animosité. Peut-être aurait-elle mieux fait de se taire, de parler de banalités plutôt que de mettre des sujets délicats sur la table. Ce n’était pas, cependant, comme si elle voyait beaucoup Dorian, comme si elle avait beaucoup d’occasion de lui poser cette question qui lui brûlait les lèvres depuis qu’elle l’avait quitté. Et tout à coup, elle avait froid. Elle avait si froid. Elle se blottit un peu plus contre le musicien comme un frisson la parcourait. Et elle priait pour ne pas fondre en larmes à nouveau, pour être suffisamment forte que pour l’écouter jusqu’au bout.


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MessageSujet: Re: Stand by me #ROMIAN   Lun 4 Avr - 15:57

Non, il n'avait pas envie de parler de Joey. Non, il ne comprenait pas Joey. Non, il ne savait pas comment interpréter les comportements étranges de cette sale gosse. Et il n'avait jamais vraiment eu l'intention d'essayer. Et puis, si sa jumelle disait qu'il s'agissait là de son comportement normal, il n'allait pas non plus chercher plus loin. Elle appuya sa tête contre lui, en soupirant, et il avait presque l'impression que la tempête était passée. Que tout cela n'avait été qu'une fausse alerte, et que le sujet Joey avait été évacué aussi rapidement que ça. Qu'y pouvait-il s'il était un éternel optimiste. Ou bien c'était peut-être juste de la naïveté. Et Romy brisa sa bulle avec une question un peu trop vague, mais un peu trop parlante. Une question qu'il aurait bien fuit, s'il avait pu. Mais il ne peut pas. Il est chez lui, elle est à côté de lui. Et s'il a tenté de la trouver pour s'expliquer pendant les mois précédents, il ne peut pas abandonner, maintenant qu'elle est prête à l'écouter. « Dorian … pourquoi ?

Mais il se sentait con, parce qu'il ne se sentait pas vraiment la force d'entrer dans ce débat. Pas là, pas maintenant, pas avec son thé chaud dans les mains. Pas quand il était sensée la consoler. Il se sentait con parce qu'il avait réclamé quelques minutes de son temps pour qu'elle ait sa version de l'histoire, et quand elle les lui accordait enfin, il se rendait compte qu'il n'avait pas de version potable. Même dans sa version à lui, il était le dernier des cons. Il ne pouvait pas lui expliquer tout. La culpabilité, la pression qui était venue avec, l'envie de consommer à nouveau, et le surplus de culpabilité qui allait avec. La perte de Charles et le fait qu'il ai abandonné Raphael à son triste sort. Mais il aurait pu ne pas craquer. Il n'avait aucune excuse. Il aurait pu ne pas craquer et il n'avait fait qu'agir comme le dernier des cons. Comme un sale gosse qui ne supporte pas qu'on lui dise non. C'était l'impression de la perdre elle, alors que Joey semblait gagner le match. Alors que Joey semblait avoir le dernier mot sur l'endroit où Romy vivrait encore pour quelques années. « Je ne m’énerverai pas… Même si je le voulais, j’en serais incapable de toute façon » Étrangement, il n'en doutait pas. Mais même si elle ne s'énervait pas, rien ne l'empêcherait de le détester encore un peu plus. Et c'était quelque chose qu'il préférait éviter tant que possible. « Mais j’ai besoin de comprendre… Qu’est-ce que j’ai manqué, Dorian ? » Il laissa échapper un léger soupir dépité alors qu'elle le regardait le plus innocemment du monde. Si elle avait besoin de comprendre, qu'est-ce qu'il pouvait y répondre. Il aurait aimé lui donner ce dont elle avait besoin, mais il y avait des années de sa vie qu'il refusait de partager avec elle, et qui auraient pourtant sûrement permis de faire la lumière sur tout ça. Son départ de Londres, déjà, en catastrophe. La façon dont il avait abandonné ses amis, la raison pour laquelle il avait abandonné ses amis...

Il resta un moment silencieux, se contentant de passer un bras autour des épaules de la jeune femme qui se blottissait contre lui en frissonnant. Il y avait trop de choses dont il ne voulait pas parler. Trop de chose qui ne faisaient pas partie de leur vie à eux, qui faisaient partie de sa vie à lui. Sa vie avant elle. Sa vie dont elle n'avait pas besoin de connaître les détails. Sa vie dont il préférait qu'elle ne sache rien. Il y avait trop de choses dont il ne voulait pas parler et ça rendait encore plus difficile sa tentative de s'expliquer.« I... I don't know. » S'il y avait une récompense pour la pire des réponses, il avait sûrement gagné la palme. « J'étais juste à bout, je suppose. J'avais l'impression de ne pas être suffisant. » Pas suffisant pour quoi? Pour la rendre heureuse surement. Comme si la tromper aller améliorer la situation. Mais pouvait-il vraiment expliquer ses pulsions auto-destructrices à Romy? Y croierait-elle seulement un instant. Il avait toujours adopté le rôle de l'adulte, posé, calme, prêt à faire face à tout et n'importe quoi. Il ne serait jamais crédible s'il essayait de lui expliquer ce qui se passait réellement dans sa tête. Elle le connaissait par cœur, mais elle le connaissait par cœur au bon moment de sa vie. Parce qu'il lui devait, ce bon moment dans sa vie.  « Mais j'vois pas vraiment ce que je pourrais te dire qui expliquerait tout ça. » Il prit une gorgée de thé, avant de soupirer doucement. « J'ai été le dernier des cons, c'est la seule explication valide. » Parce que quand ses angoisses prenaient le dessus, il redevenait inexorablement ce sale petit con égoïste qu'il était au fond de lui-même.


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MessageSujet: Re: Stand by me #ROMIAN   Mar 5 Avr - 19:44

Romy n’était plus réellement en colère contre Dorian. On pouvait plutôt parler de dépit, de tristesse même, mais la colère était passée. L’envie de hurler et de frapper l’homme qu’elle avait aimé aussi. De toute façon, soyons honnête : elle aurait pu le frapper de toutes ses forces, il n’aurait probablement pas senti grand chose, mais soit. Il ne restait donc que la tristesse, les regrets, le questionnement également. Toutes ces choses qu’elle ne s’expliquait pas, toutes ces choses qu’elle essayait de comprendre, en vain. Elle en avait besoin pourtant, pour pouvoir faire le deuil de son couple surtout. C’était la raison pour laquelle elle avait décidé d’en parler, sans quoi elle aurait laissé Dorian tranquille avec ça. Elle savait, ou plutôt s’était convaincue qu’il regrettait, que si c’était à refaire, il ne le referait pas, qu’il lui resterait fidèle ou au moins, qu’il ne toucherait pas à Joey. Si ça avait été une autre, aurait-elle été plus indulgente ? Peut-être, mais elle devait reconnaître qu’elle n’en savait rien. Tout cela était, de toute façon, si compliqué … Et elle était lasse des choses compliquées. Surtout qu’être là, blottie contre lui, son bras presque distraitement passé autour des ses épaules pour la réchauffer, elle se souvenait. Elle se remémorait tous leurs bons moments, elle se rappelait à quel points ils étaient bien. Un couple des plus simples – si on omettait la différence d’âge – mais qui n’avait rien à envier aux autres. Ils auraient pu être tellement heureux … « I... I don't know. » Bien sûr que si, il savait. Il fallait qu’il sache, c’était si important. Et puis, on ne ruine pas trois ans de relation sans savoir le pourquoi, n’est-ce pas ? Non, ça n’avait aucun sens, il devait y avoir plus, tellement plus que ça. « J'étais juste à bout, je suppose. J'avais l'impression de ne pas être suffisant. » Pas suffisant pour quoi ? Bon sang, Romy avait besoin de réponses, pas d’énigmes supplémentaires. Elle avait suffisamment donné niveau questionnement, Dorian n’avait définitivement pas besoin d’en rajouter une couche. Alors, pas suffisant pour quoi ? Pour elle ? Pour eux ? Ou bien avait-il des complexes tout à coup ? Il n’avait pourtant pas à en avoir… Enfin, voilà quoi. « Mais j'vois pas vraiment ce que je pourrais te dire qui expliquerait tout ça. » La vérité, tout simplement. Même si la vérité comprenait des reproches à l’égard de la jeune-femme. Elle n’était pas de mauvaise foi, elle savait qu’elle n’était pas complètement étrangère à leurs problèmes. Si leur couple était un peu bancal, à la base, c’était de sa faute. L’engagement, au moment où Dorian voulait qu’ils vivent ensemble, l’avait effrayée. Pas pour elle, mais pour sa sœur. Qui allait s’occuper de Joey si elles n’étaient plus ensemble ? Idiote. Sombre petite idiote. Si elle avait su, elle ne se serait pas fait tant de soucis pour sa jumelle, elle aurait sauté le pas sans se poser de questions, et serait à présent toujours avec son fiancé. « J'ai été le dernier des cons, c'est la seule explication valide. » « Hum … » Romy fit la moue. Cette petite moue ennuyée qu’elle avait toujours lorsqu’elle réfléchissait, et qu’elle n’était pas d’accord avec quelque chose. « Non, ça c’est faux par contre. »  C’était sorti tout seul. Qu’est-ce qui était faux ? Dorian avait effectivement été un sacré con pourtant, pourquoi le contredire à ce niveau-là ? « Y a des gens plus cons que toi. Bon, j’ai pas d’exemple en tête là tout de suite, mais disons que… » elle se mordit la lèvre inférieure un instant, pensive « Disons que t’es l’avant-dernier des cons, c’est déjà plus proche de la réalité. » Bon, c’était toujours pas bien glorieux, mais c’était déjà mieux. Elle porta sa tasse à ses lèvres et termina de boire ce qu’il s’y trouvait, avant de tendre le bras pour pouvoir la reposer sur la table basse sans trop bouger. « Et ensuite… » elle revint s’installer confortablement contre le flanc du musicien, cherchant à croiser son regard « Pas suffisant pour quoi ? » Il n’était pas question que Dorian s’en sorte aussi facilement qu’avec des formulations vagues, après tout. En plus, ça l’empêchait de penser au décès de Granny, à son enterrement, et à toutes ces choses qui la tiraient vers le bas ces derniers jours. Si en plus, ça pouvait l’aider à avancer, ce n’était que du positif, n’est-ce pas ? Alors, non, elle refusait de quitter cet appartement sans savoir. Enfin, peut-être que si, si vraiment elle voyait que Dorian n’avait pas d’explication valable à lui donner, ou bien que véritablement, il ne voulait pas lui en donner une. Elle espérait alors pour lui qu’il avait une bonne excuse. « Tu étais suffisant pour moi … » souffla-t-elle en baissant légèrement les yeux « Je sais que j’ai ma part de responsabilité, je sais aussi que c’est de ma faute si ça n’allait plus trop, mais on s’en serait sortis … J’aurais fini par accepter qu’on vive ensemble, j’en mourrais d’envie de toute façon, et on aurait juste oublié nos disputes … » Mais elle ne pouvait pas oublier le fait qu’il avait couché avec Joey, ça, c’était au-delà de ses moyens. Le pardonner … éventuellement, un jour, pas encore maintenant, en dépit des apparences, mais l’oublier, certainement pas. « Alors je ne comprends pas… Et je ne comprends pas pourquoi Joey. Je pensais que tu ne l’aimais pas ? » Foutre son couple en l’air, ça n’avait déjà pas beaucoup de sens en soi. Mais éventuellement, sous certaines conditions, Romy aurait pu comprendre que Dorian se soit laissé tenté par une autre femme. Après tout, elle était jeune, beaucoup plus jeune que lui, et était loin d’être parfaite. Elle ne savait déjà pas pourquoi un homme comme lui s’était intéressé à elle. Mais Joey … ça n’avait vraiment aucun sens. « Ou alors … » commença-t-elle avant d’expirer longuement « Ou alors il y a autre chose, et tu ne veux pas m’en parler. » Et c’était au fond, la solution qui était encore la plus logique aux yeux de la jeune-femme, mais ce serait la plus douloureuse également, en témoignait sa voix tout à coup mal assurée, presque tremblante « Si c’est ça, je te laisserai tranquille avec cette histoire Dorian, juste … dis-moi s’il te plait. »

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MessageSujet: Re: Stand by me #ROMIAN   Jeu 7 Avr - 0:12

Elle n'a pas l'air convaincu quand il lui affirme qu'il est le dernier des cons. Et ça le surprend un peu. Non, il n'a pas dit ça pour qu'elle ai envie de le défendre. Certainement pas. Il a dit ça parce qu'il s'agissait de la meilleure excuse qu'il ai pu trouver. Pas une excuse d'ailleurs, une explication. Pourquoi il avait été cédé aux avances de Joey? Juste parce qu'il lui avait stupide au possible. Même pour lui, c'était la seule explication. Donner à cette peste cette foutue satisfaction. La laisser gagner. S'il avait vraiment fait ça dans l'unique but de se faire du mal à lui-même, il aurait tout de même pu ne pas laisser gagner la personne qui l'insupportait le plus sur cette terre. Il aurait tout de même pu ne pas briser tout ce à quoi tenait Romy, au passage. Alors voilà. Quelles que soient les autres raisons,  aucune n'était valide. Son angoisse, son incapacité à gérer la distance avec sa fiancée, la perte d'un de ses amis... Rien de tout cela ne menait à ce que Joey atterrisse dans son lit. Il aurait pu imploser de mille façons différentes. Alors pourquoi avoir fait ça? Pourquoi avoir trompé Romy, et surtout avec cette peste? Définitivement, la seule explication possible était qu'il était le roi des abrutis, et le dernier des cons. « Y a des gens plus cons que toi. Bon, j’ai pas d’exemple en tête là tout de suite, mais disons que… Disons que t’es l’avant-dernier des cons, c’est déjà plus proche de la réalité. » Le fait qu'elle n'ai aucun exemple en tête de personne plus stupide était révélateur. Mais il ne put retenir un rire léger à sa façon de modérer ses propos. L'avant-dernier des cons. Bon. Tout allait bien alors, si il y avait pire que lui, quelque part. Une personne pire que lui. Qui? Il n'en savait rien. Elle n'en savait rien. Mais il était l'avant-dernier des cons, ça lui allait très bien. Le côté un peu trop pointilleux de Romy avait fait renaître un léger sourire sur les lèvres du brun.

« Et ensuite… Pas suffisant pour quoi ? » Elle cherchait à croiser son regard, et il se contenta de hausser les épaules. Pas suffisant pour elle, pour la rendre heureuse, pour la satisfaire, pour la combler. Pas suffisant, tout simplement. C'était un sentiment qui revenait, depuis qu'il était gosse. Ces trois foutues années avec Romy le lui avait presque fait oublier. L'impression de n'être définitivement pas à la hauteur. L'impression que rattraper ses erreurs et ses insuffisances lui prendrait toute une vie. L'impression qu'il n'arriverait jamais à être assez bien pour qui que ce soit. Il l'avait presque oublié et il l'avait pris de plein fouet. Il s'était senti un peu paumé. Il revoyait le monde avec les mêmes yeux qu'il avait trois ans plus tôt. Cette vision un peu biaisée qui lui faisait voir tout obstacle comme insurmontable. Alors insuffisant pour quoi, il ne voyait pas bien comment lui expliquer. Il allait régulièrement voir un psy, mais ce n'était pas pour autant qu'il arrivait à expliquer bien les mécanismes un peu tordus de son esprit. « Tu étais suffisant pour moi … Je sais que j’ai ma part de responsabilité, je sais aussi que c’est de ma faute si ça n’allait plus trop, mais on s’en serait sortis … J’aurais fini par accepter qu’on vive ensemble, j’en mourrais d’envie de toute façon, et on aurait juste oublié nos disputes … » Il ne put pas retenir un léger soupir. Oui, sûrement. Il n'aurait pas du douter de ça. Il n'aurait pas du s'en inquiéter. Et c'était bien pour ça qu'il avait dit qu'il avait "eu l'impression". Ce n'était qu'un sentiment stupide qui n'avait pas lieu d'être. Ce n'était que lui qui n'arrivait pas à admettre qu'il pouvait s'en sortir. Que les emmerdes passeraient. Qu'il y aurait du ciel bleu après l'orage, un jour. Ce n'était que lui. Et toute la bonne volonté du monde n'y changeait pas grand chose, l'auto-persuasion n'avait jamais vraiment servit. La seule chose qui arrivait à alléger ce genre d'humeur, c'était de faire la fête. Et la MDMA. Mais il ne pouvait pas craquer. Il ne pouvait plus craquer. Plus alors qu'il était fiancé à une fille formidable qui ignorait tout de ses antécédents. Il ne pouvait pas lui faire ça. Pas à elle. Et même si avait le sentiment qu'il avait fait la pire chose au monde en trompant Romy avec sa jumelle, il préférait ça que de replonger dans la MDMA et entrainer Romy avec lui. S'il n'arrivait pas à aller mieux, s'il ne se reprenait pas, et s'il finissait par craquer à nouveau... Au moins Romy ne serait plus là pour le voir dans un tel état.

« Alors je ne comprends pas… Et je ne comprends pas pourquoi Joey. Je pensais que tu ne l’aimais pas ? » Il tiqua. Son profond mépris pour Joey se lisant un instant clairement sur son visage, avant qu'il ne se reprenne. Romy aimait sa sœur, même aujourd'hui, il le savait. Il en était sûr. Comme il se doutait qu'elle l'aimait encore un peu. Ou du moins qu'elle aimait encore ce qu'il avait été avant de devenir l'avant-dernier des cons qui avait eu l'idée de génie de la tromper. Alors non, il n'aimait pas Joey. Ça, il pouvait encore l'affirmer sans risquer de se tromper. Mais savoir pourquoi Joey... Romy avait apparemment décidé de le confronter à toutes les questions dans sa vie pour lesquelles il n'avait absolument pas de réponse. « Ou alors … Ou alors il y a autre chose, et tu ne veux pas m’en parler. Si c’est ça, je te laisserai tranquille avec cette histoire Dorian, juste … dis-moi s’il te plait. » Et un nouveau soupir lui échappa. Parce qu'il n'avait pas franchement invité Romy pour s'expliquer. Pour discuter d'eux, de lui, de ses problèmes et de sa tromperie. Oui, il y avait autre chose. Il y avait autre chose dans sa vie que Romy ignorait, mais la MDMA n'expliquait pas ses choix ridicules. Il n'avait pas consommé depuis bien longtemps. Lui parler de ses angoisses? C'était juste ridicule. La demoiselle ne le vivait pas et elle ne comprendrait pas. Mais plutôt que de s'enfoncer dans un silence complètement stupide, ça ne lui couterait probablement rien de tenter. Il se passa une main lasse sur le visage alors qu'il cherchait par où commencer. Par où commencer sans risquer de parler des choses dont il ne voulait certainement pas parler.

« Tu peux essayer de trouver une explication où tu veux... Mais il n'y a rien qui "explique" une connerie monumentale comme celle que j'ai faite. Ce n'est pas par attrait pour Joey, ce n'est pas parce que j'avais envie d'une autre femme que toi... » God no. Il n'avait jamais été du genre à se priver (s'il ne s'agissait de la drogue), mais s'il avait eu besoin d'aller voir ailleurs, il en aurait parlé à Romy. Il en aurait parlé à Romy avant, et il ne se serait certainement pas rabattu sur cette garce. Il se mordille la lèvre alors qu'il essaie de trouver comment poursuivre. « Et quand je dis que j'avais le sentiment de ne pas être suffisant, ne va surtout pas croire que t'es responsable de quoi que ce soit... » Bien sûr, c'était le refus de Romy d'emménager avec lui qui avait conduit à cette foutue tromperie, mais il n'y avait pas que ça. Il y avait la mort de Charles aussi, à laquelle elle ne pouvait rien. Il y avait la peur de Dorian de replonger et de faire une nouvelle overdose. Il y avait surtout son incapacité à gérer la moindre pression sans devenir dingue. « Ya des raisons, pour lesquelles je vais voir un psy régulièrement. » Evidemment Romy était au courant des rendez-vous de Dorian chez le psy, il lui avait assuré que ce n'était rien. Parce que ce n'était rien. Qui n'était pas un peu névrosé, surtout dans ce foutu milieu bourgeois duquel il venait. Alors non, ce n'était rien. Il allait chez le psy parce qu'il en avait les moyens, et que ça ne pouvait pas faire de mal. Mais il n'y allait pas que pour ça. « Mais avec un psy ou sans, ya des fois où je suis juste paumé. Tout le monde est paumé, à un moment ou à un autre. Et ça arrive à tout le monde de faire des choix sans avoir vraiment pris le temps d'y réfléchir, et sans même chercher à faire le bon choix. » Et ça ne suffirait probablement pas à son ex-fiancée, mais ce n'était que la vérité. Il n'avait pas réfléchit. Il ne s'était pas demandé si c'était une bonne idée ou pas. Il ne l'avait pas voulue, elle. Il n'avait même pas spécialement envie de coucher avec qui que ce soit ce soir là. Mais il avait dit oui. Parce qu'il ne s'était pas demandé si c'était une bonne idée ou pas. « I'm sorry. I don't think you can find any satisfaction in any answer I could give you... » Parce que aucune réponse ne pouvait atténuer la peine qu'il lui avait causée.


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MessageSujet: Re: Stand by me #ROMIAN   Jeu 7 Avr - 2:04

Au fond d’elle-même, une voix soufflait à Romy de se taire, de laisser Dorian tranquille. Ce n’était pas le bon moment, et il regrettait sans doute de l’avoir invitée chez lui. Mais c’était plus fort qu’elle, même si elle venait intérieurement de se jurer de se taire. Non, elle ne voulait pas le braquer, pas alors que, ne serait-ce que pour une après-midi, elle avait droit à ses bras, à sa chaleur. Il ne fallait pas gâcher ça, c’était suffisamment rare que pour être précieux, que pour chérir cet instant qui risquait de ne pas se représenter avant un moment. « Tu peux essayer de trouver une explication où tu veux... Mais il n'y a rien qui "explique" une connerie monumentale comme celle que j'ai faite. Ce n'est pas par attrait pour Joey, ce n'est pas parce que j'avais envie d'une autre femme que toi... » Romy n’était pourtant toujours pas convaincue. Elle partait du principe qu’il y avait toujours une explication, à défaut d’une justification, à chacun de nos actes. C’était sans doute pour cela qu’elle ne voulait pas lâcher Dorian, pour une fois qu’elle le tenait et qu’elle se sentait capable de lui demander des explications sans s’énerver.  Mais au moins, il ne voulait pas de sa sœur, il n’était pas attiré par elle. Chose qui pouvait paraître assez paradoxale étant donné que Joey et Romy étaient identiques d’un point de vue physique. Pourtant, le musicien avait toujours su faire la différence, alors que d’autres avaient prétendu s’être « trompé de sœur » par le passé. Non, Dorian était parfaitement capable de les dissocier. Et il n’était pas attiré par Joey, Dieu merci. « Et quand je dis que j'avais le sentiment de ne pas être suffisant, ne va surtout pas croire que t'es responsable de quoi que ce soit... »  Oui enfin, ce n’était certainement pas ça qui allait la rassurer. Parce que Romy était comme ça, et qu’elle se sentait responsable d’une façon ou d’une autre. Sans doute parce qu’elle avait été habituée à prendre le blâme pour sa sœur d’abord, pour ses amies à l’école ensuite. Heureusement, elle avait gagné en maturité et en confiance en soi auprès de Dorian. Mais cette confiance en soi s’effritait maintenant qu’il était loin d’elle, et elle s’interrogeait sincèrement quant à son propre comportement. « Y a des raisons, pour lesquelles je vais voir un psy régulièrement. »  Romy fronça les sourcils ; tout le monde allait chez le psy de nos jours. Bon, pas elle, parce qu’elle n’avait pas les moyens, mais elle pensait de plus en plus à y aller également. Cela ne voulait rien dire en soi. Après tout, tout le monde avait des problèmes, mais tout le monde ne trompait pas sa fiancée avec sa jumelle. Enfin, il semblait en tout cas à Romy que ce n’était pas une chose courante, mais peut-être qu’elle se trompait après tout. « Mais avec un psy ou sans, y a des fois où je suis juste paumé. Tout le monde est paumé, à un moment ou à un autre. Et ça arrive à tout le monde de faire des choix sans avoir vraiment pris le temps d'y réfléchir, et sans même chercher à faire le bon choix. »  Romy baissa les yeux, son regard buttant un instant sur les lattes du parquet qui habillait le sol. Elle ne pouvait rien répondre à cela, parce qu’en un sens, il avait raison. Ce qui posait problème, parce que ce n’était pas pour autant qu’elle pouvait digérer le fait qu’il l’ait trompé avec Joey. Aussi eut-elle bien du mal à retenir un long soupir qui en disait long. « I'm sorry. I don't think you can find any satisfaction in any answer I could give you... »  la jeune-femme secoua doucement la tête, sans trop oser bouger, presque timide « You’re wrong… »  souffla-t-elle simplement « Thank you for being honnest. »  C’était déjà un bon début de réponse. Car elle voyait très mal ce qu’elle pourrait dire ensuite. Elle se força alors à relever la tête. S’il y avait une chose, une seule chose qu’elle refusait de voir s’installer entre eux, c’était la gêne, celle qui commençait à lui nouer les entrailles à cause de cette conversation qu’elle avait pourtant provoqué. Ils se connaissaient trop bien, avaient été trop proches. Être gêné, c’était admettre que quelque chose était cassé, peut-être même pour du bon. « Et même si je ne peux pas parler de satisfaction, tu m’as donné une réponse qui me convient. » Après tout, être paumé était une explication. Et si elle aurait préféré pouvoir l’aider lorsqu’il l’était, ça n’avait pas été le cas, fin de l’histoire. Il n’y avait plus besoin de chercher plus loin, plus la peine de se prendre la tête, de chercher des réponses à des questions bien trop douloureuses. Elle se dégagea alors de son étreinte, se tournant vers lui pour mieux le voir, un léger sourire aux lèvres « Et maintenant, tu sais quoi ? Je te laisse tranquille avec ça. »  Tiens, enfin une bonne idée, une vraie bonne idée. « Si tu veux, on peut se mettre netflix et arrêter de discuter »  comme quoi quand elle voulait, quand elle se lâchait un peu, elle pouvait profiter un peu du moment présent également « Et commander des pizzas. Ca doit faire des mois que j’ai plus mangé de pizza … »  c’était bien simple, depuis qu’elle était célibataire elle n’en avait plus mangé. C’est qu’elle n’était pas trop fast food de base, même si cela pouvait paraître relativement inconcevable pour un individu issu de la génération Y. « Ou encore mieux. Je me tais et tu choisis. Regarde. »  Oui, se taire c’était pas plus mal, elle avait suffisamment parlé comme ça. Ainsi, elle scella ses lèvres, mima une fermeture éclaire et posa ses deux doigts sur sa bouche, signe qu’elle garderait le silence jusqu’à … bien jusqu’à ce qu’elle ait quelque chose à dire en vérité. D’accord, on vous l’accorde, elle risquait de ne pas tenir longtemps, mais au moins, l’intention y était …

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MessageSujet: Re: Stand by me #ROMIAN   Jeu 7 Avr - 15:29

Elle l'avait laissé parler. Elle l'avait laissé donner son explication sans l'interrompre. Peut-être parce qu'elle l'attendait depuis trop longtemps. Peut-être parce qu'elle voulait trop comprendre. Peut-être aussi simplement parce que c'était Romy, et que contrairement à beaucoup de gens, elle savait laisser les autres parler. Elle l'avait écouté donc. Et il avait tenté de mettre un minimum d'ordre dans ses propos. Il avait tenté d'ordonner ses pensées. Et à son humble avis, il lui avait donné la réponse la plus honnête, la plus complète, la plus réaliste, qu'il aurait pu lui donner. Alors non, il n'imaginait pas que cette réponse puisse être satisfaisante, mais c'était le mieux qu'il puisse faire, sans lui rédiger un essai de trois-cent pages sur les raisons pour lesquels l'erreur était humaine, accompagné de son autobiographie relatant ses problèmes d'angoisse et ses moyens d'y pallier depuis sa plus tendre enfance. C'était la meilleure réponse qu'il puisse lui donner de but en blanc. Mais il lui paraissait tellement évident qu'il n'y avait pas de "bonne réponse" que, après qu'un soupir ait échappé à Romy à son tour, il préféra s'excuser. S'excuser de cette bien piètre explication qui devait être plus claire dans sa tête que ce qu'il lui semblait. Et il ne put s'empêcher de la regarder, un peu surpris, quand elle lui affirma qu'il avait tort. Il aurait pu s'en douter. C'était Romy après tout. Ce n'était pas pour rien qu'il avait finit par se mettre en couple avec elle. Ce n'était pas pour rien qu'il affirmait qu'elle était plus mature que la plupart des filles de son âge. Et elle pouvait accepter que sa réponse soit suffisante même si elle ne remédiait pas à tous leurs problèmes.

« Et maintenant, tu sais quoi ? Je te laisse tranquille avec ça. » Il lui offrit un léger sourire. « Si tu veux, on peut se mettre netflix et arrêter de discuter » Et il se félicita d'avoir un si bon self-control, parce que la proposition de Romy ressemblait bien trop à "Netflix and chill", et que cela signifiait beaucoup trop de choses. Beaucoup trop de choses que Romy n'allait certainement pas lui proposer. Beaucoup trop de chose qu'il n'aurait pas pu accepter de toute façon. Mais son cerveau avait eu besoin de divaguer dans cette direction, et non, ce n'était pas une bonne idée. Il n'avait pas le droit de penser à ça. Pas maintenant. Pas ici. Il n'avait pas le droit de penser à comment certaines de leur soirées Netflix avaient fini. Alors il se contenta d'inspirer profondément, de finir sa tasse de thé, et de la reposer sur la table. « Et commander des pizzas. Ça doit faire des mois que j’ai plus mangé de pizza … » Aussi simplement que ça, il passa à autre chose. Romy ne lui avait rien proposé d'indécent, il n'avait pas le droit de penser à ce genre de chose après ce qu'il avait fait. Le sujet était clos. Le sujet était clos jusqu'à ce que Romy parte, et après, il pourrait regretter et s'auto-flageller. Mais pour l'instant, il était question de pizza. Parce que Romy était trop sage pour de la junkfood mais qu'elle avait finit par s'habituer aux passions de Dorian. La moto, les pizzas... « Ou encore mieux. Je me tais et tu choisis. Regarde. » Il laissa échapper un léger rire alors que Romy se taisait en attendant la suite. « Non, on a dit que c'était ta journée, je préfère que tu participes au choix des activités, et de la nourriture. » Oui, ils avaient dit que c'était sa journée. Ou en tout cas, lui l'avait décidé. Et il lui offrit un léger clin d'oeil en bonus. « Pour les pizzas, je connais un bon petit italien qui en fait... On ne dirait même pas de la junkfood. On a l'impression de bien manger. » Oui, bien manger était important. Mais manger gras aussi. Parce que c'était un truc qui permettait d'oublier ses malheurs plus vite. Et Romy était en deuil, il fallait qu'elle se permette des écarts. Mais il fallait aussi qu'elle se fasse plaisir. Inutile de manger des pizzas si ça ne la tentait pas plus que ça. « Sushi, sinon. » Parce que c'était facile de s'en faire livrer, et que même les filles sérieuses comme Romy aimaient les sushis. Tout le monde aimait les sushis. « Sushi et Daredevil? » Parce qu'ils avaient regardé la première saison ensemble, et que la seconde était sortie peu auparavant. Et qu'il se disait qu'il y avait peu de chance que Romy ai regardé ce genre de chose toute seule. Ça avait l'avantage de ne pas trop s'attarder sur des histoires romantiques, ou moins romantiques, qui n'auraient fait que donner envie à Dorian de disparaître dans son propre canapé. « Mais si tu veux parler, aussi, tu peux parler, tu sais. De elle, de toi, de ce que tu vas faire maintenant... » Oui, il était là pour la consoler mais aussi pour qu'elle fasse son deuil. « Vraiment. On fait ce que tu veux. » Oui, ce que Romy voulait. C'était plus sûr comme solution. Parce que lui, ce qu'il voulait, dans l'immédiat, c'était de la serrer un peu plus contre lui et d'embrasser ces lèvres résolument closes. Et ça, c'était interdit.


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MessageSujet: Re: Stand by me #ROMIAN   Jeu 7 Avr - 18:23

Bon d’accord, Netflix était une proposition un peu risquée. Mais Romy n’y avait pas pensé, même si elle rappella soudain comment se finissaient généralement leurs soirées Netflix. Oui mais non. Enfin, voilà. Bon, il y avait plus clair comme explication … Disons qu’elle gardait un … délicieux souvenir de leurs soirées netflix, même si elle ne savait généralement pas citer les séries qu’ils regardaient. Mais il n’était pas question de « Netflix & Chill » cette fois. Pas qu’elle n’en avait pas envie, mais bien parce qu’il n’y avait plus de ça entre eux, et que ça serait trop douloureux sinon. Or, elle souffrait suffisamment comme ça en ce moment, merci bien. Aussi n’y avait-il rien d’indécent dans sa proposition, juste la volonté de se changer les idées, de penser à autre chose, sans arrière pensée, et Dorian semblait bien l’avoir compris. « Non, on a dit que c'était ta journée, je préfère que tu participes au choix des activités, et de la nourriture. » Oui bon, cela ne changeait rien au fait qu’elle avait un peu l’impression d’avoir abusé de ses droits aujourd’hui. Mais son ex-fiancé ne lui en tenait pas rigueur, et Dieu savait à quel point Romy le remerciait intérieurement pour cela. Et puis, c’était un concept très surfait, « sa journée », surtout quand on savait à quel point elle avait du mal à se faire plaisir. Enfin, toujours pas d’arrière-pensée hein. « Pour les pizzas, je connais un bon petit italien qui en fait... On ne dirait même pas de la junkfood. On a l'impression de bien manger. »  Oui, l’impression. La brunette connaissait bien Dorian : si c’était sain, ce n’était pas à son goût. En règle général tout du moins. Le cliché même de l’homme qui aime manger gras. Mais elle devait bien reconnaître que ça avait du bon des fois. Et puis, elle faisait confiance à Dorian pour ce qui était de la qualité des pizzas. « Sushi, sinon. » Romy haussa un sourcil. Le musicien n’était pas du genre à dire non à une pizza, même si elle-même adorait les sushis. D’ailleurs, combien de fois elle n’avait pas dû réclamer des sushis à son cher et tendre. « Sushi et Daredevil? »  Daredevil … elle savait qu’elle avait regardé la première saison ensemble, mais elle n’était plus tout à fait sûre de ce qu’il s’y passait. Bon, elle avait d’ailleurs sûrement fait l’impasse sur quelques épisodes, mais si ses souvenirs étaient bons, c’était plutôt sympa comme série, et la saison deux les attendait. « Hum … Sounds nice … »  réfléchit-elle à voix haute, tâchant de voir s’il n’y avait pas une nouvelle série qu’elle avait envie de regarder. Éviter les séries romantiques lui semblaient être une bonne idée ceci dit … Daredevil ferait l’affaire. « Mais si tu veux parler, aussi, tu peux parler, tu sais. De elle, de toi, de ce que tu vas faire maintenant... »  La jeune-femme reposa son attention sur son ex fiancé, lui offrant un sourire touché, presque attendri. Parce qu’il voulait bien faire, et que ça lui mettait du baume au cœur, vraiment, sans doute bien plus qu’il ne le pensait. « Vraiment. On fait ce que tu veux. »  Oh, ça par contre, il ne savait pas ce qu’il risquait … Elle préféra néanmoins répondre à sa première proposition pour commencer « Il n’y a pas grand chose à en dire tu sais … »  souffla-t-elle en haussant les épaules « Elle est sûrement bien mieux là où elle est maintenant. »  Romy ne croyait pas en Dieu, et pour être parfaitement honnête, elle ne croyait pas non plus en un quelconque au-delà. Quand les gens mourraient, c’était la fin de leur histoire, à la manière d’un livre qu’on referme. Mais peu importe si le Paradis était réel ou non, au moins, Granny ne souffrait plus, et c’était au final la seule chose qui importait. « Quant à ce que je veux … »  elle se mit alors à tapoter ses lèvres du bout du doigt, le regard vers le ciel, un regard mutin. « Alors. » Commença après un instant de réflexion. « Déjà, je veux des pizzas. Tu sais que j’aime les sushis, et je sais que c’est pour ça que tu m’en proposes. Mais je suis chez toi, et y a que chez toi que je mange des pizzas. Alors ce serait con de ne pas en profiter … » expliqua-t-elle en haussant les épaules. Elle avait envie de pizza parce que c’était Dorian, et qu’à défaut d’avoir le droit d’avoir envie de lui, elle voulait au moins avoir de la pizza. « Ensuite. » Oui parce qu’elle n’allait pas se contenter de pizza quand même, surtout si c’était sa journée. « Daredevil ça me va, mais si la nouvelle saison est nul, je t’en tiendrai pour personnellement responsable. » Comment ça c’était injuste ? Ouais bon, peut-être un peu. Comment ça elle abusait ? Ok, elle abusait carrément, mais ça l’amusait, et elle avait bien le droit de s’amuser un peu, surtout au vu de la situation. « Après, je veux de la glace en dessert. Enfin, si tu en as. J’ai pas envie que tu ailles au magasin. Mais si t’en as, je la réquisitionne. » En même temps, il devrait être tout bonnement illégal d’avoir de la glace et de ne pas en proposer à Romy, c’était sans doute la chose qu’elle aimait le plus au monde, la seule qui ne l’avait jamais trahie, ni laissée tombée d’ailleurs. « Et t’as du vin pour aller avec les pizzas ? » Non parce qu’elle voulait bien manger de la junkfood – ok, elle avait même fait chier pour ça – mais elle voulait au moins un boire du vin rouge dans des verres à pieds pour lui faire croire à un bon repas. « Et pour finir hum … » à nouveau, elle prit le temps de réfléchir à ce qu’elle voulait avant de répondre, un léger sourire en coin sur les lèvres « Tu pourrais aller me chercher un plaid dans la chambre ? J’ai un peu froid. » Princesse bonjour. Mais ça par contre, c’était vrai, elle avait froid, et elle n’était pas chez elle – ou en tout cas elle ne pouvait plus faire comme si c’était le cas. « Ce sera tout pour le moment, merci ! » Et elle eut bien du mal à contenir un « Je t’aime » quelque part, comme pour justifier ses caprices, mais si elle l’avait pensé incroyablement fort, elle s’était tut ; ce n’était pas le genre de chose que l’on disait à un ex.

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MessageSujet: Re: Stand by me #ROMIAN   Ven 8 Avr - 4:22

Il n'était pas vraiment rassuré qu'elle évite le sujet. Sûrement n'y avait-il pas grand chose à dire, mais sûrement avait-elle aussi besoin d'extérioriser ce qu'elle pensait, ce qu'elle avait sur le cœur. Il ne s'agissait pas tant de parler de Granny que de parler d'elle-même. De sa peine, et de ce qu'elle vivait. Mais il n'allait pas la forcer à ouvrir son coeur sur le sujet, non. Il n'était pas là pour ça. Il se contenta de tiquer légèrement, sans laisser échapper un mot. Oui, Granny était sûrement mieux où elle était que dans l'état dans lequel Dorian l'avait connue. Mais c'était quelque chose que les proches disaient quand ils tentaient de s'autopersuader. Et ça ne sonnait jamais très juste aux oreilles du musicien. Ca ne sonnait jamais très juste, même dans la bouche de Romy. Mais ça mettait en tout cas fin à la conversation sur le sujet. Et si Dorian n'était pas rassuré à l'idée que son ex-fiancée ne vide pas son sac sur le sujet, au moins, elle savait ce qu'elle voulait. Et ce qu'elle voulait était apparemment une journée de repos, loin de sa vie, dans ses bras à lui, pour oublier le reste. Et si c'était ce qu'elle demandait, c'était ce qu'il allait lui offrir, autant que possible. Parce qu'il lui devait bien ça. Et tous les efforts qu'il pouvaient faire n'auraient jamais suffit à l'excuser, mais il s'en fichait. Il ne faisait pas franchement ça pour qu'elle l'excuse. Il ne faisait pas ça pour lui, il faisait ça pour elle.

« Quant à ce que je veux … » Et il crut qu'il allait perdre son souffle alors qu'elle se prenait au jeu. Comme ça, soudainement. Elle avait écarté la question de parler de Granny ou de son deuil, et elle avait repris son air habituel. Enfin... L'air habituel d'avant. Et oh god, cela le ramenait quelques mois en arrière. Comme si rien n'avait changé, comme s'ils en étaient encore là. Comme s'il avait le droit de la voir comme ça. Et il réalisait la connerie de ce qu'il avait fait. Aller la voir, oui, pourquoi pas. Lui parler pour s'assurer qu'elle arrivait à surmonter tout ça, évidemment. C'était la moindre des choses. La ramener chez lui... Dans ce foutu appartement où elle avait vécu à mi-temps pendant bien trop longtemps... La ramener chez lui comme si de rien n'était. Pour une soirée pizza-netflix. Non. Mauvaise idée. Très mauvaise idée. Et alors qu'elle exposait son point de vue sur la pizza, Dorian était trop occupé à tenter de raisonner et à mener une guerre intérieur pour ne surtout pas laisser son regard dériver sur les lèvres de la demoiselle. Non. Il l'écoutait. Il l'écoutait. Il n'allait pas fixer ses lèvres comme un adolescent en manque. La guerre prit fin quand il la perdit à peu près au moment où après qu'il ai hoché la tête pour accepté sa responsabilité si la nouvelle saison de Daredevil était pitoyable, elle commença à parler de glaces. Non, le sujet n'avait rien à voir avec cette foutue défaite. Juste qu'il ne tenait plus. Il aimait l'écouter parler. Et encore plus quand elle jouait à la princesse ainsi. Avec ce léger sourire. Mais le fait de savoir qu'il ne pouvait rien faire d'autre que l'écouter sagement... Mais il se reprit vite. Il détourna le regard. Oh, son salon était vraiment grand. Et mal rangé dis donc. Il hocha à nouveau la tête à la mention du vin. Oui, évidemment qu'il avait du vin. Il était Dorian Carrington quand même. « Et pour finir hum … Tu pourrais aller me chercher un plaid dans la chambre ? J’ai un peu froid. » Et il avait fait le tour du salon du regard deux ou trois fois déjà, alors il n'allait pas dire non à l'idée de monter s'esquiver un instant jusqu'à sa chambre.

« Ce sera tout pour le moment, merci ! » Il se reprit. Elle avait finit. Alors il lui offrit un léger sourire en coin, pour paraître le plus normal du monde. Non. Il n'avait pas de raison d'être perturbé. Pas maintenant. Pas comme ça. Ou s'il avait des raisons, il avait plutôt intérêt de les garder pour lui, après ce qu'il lui avait fait subir. S'il en était là, ce n'était que de sa faute. Il n'allait pas lui imposer ses problèmes en plus. « Et bien, mademoiselle ne fait pas les choses à moitié. » Son sourire s'étira un peu. « Mais au moins, je ne peux pas me plaindre. Je sais ce que tu veux. » Il dut se retenir pour ne pas déposer un baiser sur son front alors qu'il se levait. « Je reviens tout de suite. » Et effectivement. Il s'absenta un instant le temps de faire l'aller-retour jusqu'à sa chambre. Il n'y avait plus beaucoup de plaid propre, mais il fut rassuré de voir que, quand même, un avait survécu. Un doux et pas trop moche, avec ça. Parce que oui, Dorian avait peut-être tendance à négliger de faire ses lessives si il n'avait personne à impressionner. Il rapporta donc le plaid en question à Romy, avant de vérifier l'heure. « Tu veux manger maintenant? Je peux peut-être sortir le rouge en avance : un peu pour l'apéritif, un peu pour pendant le repas... » En attendant sa réponse pour savoir si il fallait qu'il appelle la pizzeria tout de suite, il la laissa s'installer sous le plaid alors qu'il allait déboucher une bouteille de vin dans sa cuisine, qu'il ramena avec deux magnifique verres à pied. Il savait faire les choses bien. Et surtout, il savait que Romy aimait les choses bien faites.


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MessageSujet: Re: Stand by me #ROMIAN   Lun 11 Avr - 0:02

Il manquait quelque chose. Cette scène … il lui manquait quelque chose, un peu comme un peu plus tôt, lorsque Dorian lui avait prêté ses clés. À nouveau, il y avait un détail qui lui échappait, et qui allait bientôt la rendre folle si elle ne mettait pas le doigt dessus. Mais il fallait croire qu’elle était trop fatiguée, trop à l’ouest que pour pouvoir réfléchir. Alors elle regarda son fiancé se lever pour aller un chercher un plaid. Et ce ne fut qu’une fois Dorian hors de son champ de vision qu’elle réalisa. Ce n’était pas son fiancé qui venait de se lever. C’était l’homme dont elle était tombée amoureuse un peu par hasard, cet homme plus âgé qu’elle avec qui elle ne pouvait pas vraiment sortir, cet homme qui pourtant faisait battre son cœur un peu plus vite à chaque fois qu’elle croisait son regard. Cet homme qu’elle avait appris à connaître, cet homme auquel elle s’était finalement abandonnée, avec qui elle avait passé deux années fantastiques années en tant que petit amie. Cet homme avec qui elle avait été fiancée pendant un an. Cet homme qui l’avait trahie, blessée, trompée. Son ex fiancé. Et cette chose qui lui manquait, c’était ses lèvres, le plus simplement du monde. Un simple baiser, sur son front de préférence, comme il savait si bien le faire dans ce genre de situation. Oui, c’était ce qu’il lui manquait. Et c’était ce qui lui faisait si mal. Ce qui lui faisait réaliser qu’elle n’aurait jamais dû venir ici. Qu’elle aurait simplement dû remercier Dorian, sur ce parking, puis s’en aller de son côté. Elle aurait probablement passé la fin de sa journée roulée en boule dans son lit à pleurer la perte de sa grand-mère, mais ça aurait peut-être été moins douloureux que d’être assise dans le canapé de son ex-fiancé, et d’agir comme si rien ne s’était passé. Peut-être n’aurait-elle pas dû agir de manière aussi égoïste, et à vouloir se projeter dans le passé, elle s’en mordait à présent les doigts. Que faire à présent ? Elle n’en savait trop rien. En vérité, elle était à deux doigts de craquer, de baisser les bras alors qu’elle avait lutté contre la tentation de retrouver Dorian, ses bras, ses lèvres. Parce qu’elle l’aimait. Malgré tout, elle l’aimait. Elle n’arrivait pas à se débarrasser de ce foutu amour qu’elle lui portait. Mais elle ne pouvait pas céder maintenant, notamment car cela reviendrait – sans doute – à les blesser tous les deux. Aussi prit-elle une grande inspiration, ravalant les larmes qui avaient tenté de s’inviter, pour adresser un grand sourire au musicien quand il vint lui apporter le plaid qu’elle avait réclamé. « Merci ! » dit-elle avant de s’emmitoufler aussitôt. « Tu veux manger maintenant? Je peux peut-être sortir le rouge en avance : un peu pour l'apéritif, un peu pour pendant le repas... » Romy n’avait pas été aussi loin dans sa réflexion, elle devait le reconnaître. Elle savait à peine l’heure qu’il était. Elle savait en revanche qu’elle commençait à avoir faim, mais également qu’un apéritif ne se refusait qu’en de très rares occasions – et celle-ci n’en n’était pas une. « Comme tu le sens » répondit-elle simplement, avant de rajouter « Ils sont rapides dans ta pizzeria ? Je commence à avoir un peu faim, mais j’avoue que je ne suis pas contre un apéritif … » Et puis, elle connaissait Dorian, il avait toujours de très bons vins chez lui. Romy en revanche n’avait jamais rien chez elle, à l’exception de café, ou de thé. Lorsqu’elle avait envie de boire autre chose que d’eau, elle se mettait un thé au frigo, et ça faisait parfaitement l’affaire. Ainsi, il n’y avait jamais d’alcool dans ses placard, sauf quand elle invitait quelqu’un au final. Mais Dorian était différent d’elle, et elle savait qu’il n’y avait pas meilleur prétendant pour qui aimait un bon verre de vin en mangeant. « Bref, je m’en remets à toi ! » dit-elle en attrapant le verre qu’il lui tendait. Soudain, une idée lui passa par la tête. Débile, enfantine presque, mais qui avait au moins le mérite de la faire rire, ce qui n’était pas un luxe en soi « Oh look ! » elle jeta le plaid sur sa tête, s’en servant comme d’un capuche, et prenant son verre en mode elle dit d’un air le plus sérieux possible « I’m Obi Wine Kenobi » Oui, elle venait de faire cette blague-là. Non, elle n’en avait pas honte. « Don’t go to the beer side of the Force ! » Romy n’était pas une fan inconditionnelle de Star Wars, mais elle les avait regardé avec Dorian pour lui faire plaisir, et parce qu’apparemment, Disney avait engendré une sorte de fièvre Star Wars. Si elle s’était endormi durant les premiers épisodes, elle s’était maintenu éveiller pour les trois derniers. Certainement pas à cause de la beauté scénaristique – qui se résumait pour elle à « Regarde Ani, j’ai une jolie robe et des fleurs dans les cheveux, viens courir avec moi dans les champs » – mais parce que Ewan McGregor. Hélas, Romy n’était qu’une femme, et ne pouvait rien refuser à Ewan McGregor en maître Jedi. Et ce même s’il était, au début, vraiment chiant. Mais bref, il y avait eu du bon à regarder Star Wars tout de même. Notamment ce genre de blague totalement nul mais dont elle avait le secret, et qui savait la faire rire. Ce qui expliquait en partir pourquoi elle regardait Dorian un bête sourire aux lèvres, le plaid lui retombant à moitié devant les yeux. En partie seulement. « Tu vois, j’ai tout retenu à Star Wars, t’as bien fait de me les montrer. » Oui bon, il n’était pas certain qu’elle est retenu l’histoire de base, mais elle se souvenait au moins de quelques éléments. Elle rejeta alors sa tête en arrière, et se décala pour laisser une place au brun, son sourire ayant un peu faibli, mais illuminant toujours son visage « Tchin ? »

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MessageSujet: Re: Stand by me #ROMIAN   Ven 15 Avr - 1:05

Il lui offrit un sourire légèrement amusé et attrapa son téléphone pour commander une pizza. Il aurait certes pu lui demander son avis sur ce qu'elle voulait dessus, mais il connaissait ses goûts. Il en commanderait deux, différentes, pour qu'elle ai plus de choix, si elle y tenait. Et puis surtout, c'était lui qui la connaissait cette pizzeria, alors elle pouvait bien lui faire confiance sur le choix du menu. Ce n'était pas comme si il y avait une foule de choix dingues. Il connaissait Romy, et ils étaient d'accord sur un point : une pizza était une pizza. Tant qu'on ne la gâchait pas avec des anchois, il n'y avait pas franchement de raison de trop se prendre la tête sur le topping. Il s'éclipse donc à nouveau deux secondes, le temps de commander deux pizzas, à livrer dans une demi-heure. Qu'ils aient le temps de prendre l'apéritif tranquillement. Et quand il se retourne vers elle, elle a le plaid sur la tête et le regarde d'un air faussement sérieux. « I’m Obi Wine Kenobi » Il reste un instant interdit face au comique de la situation. Avait-il loupé un épisode? Depuis quand est-ce que sa parfaite fiancée - euh... ex-fiancée - faisait des blagues sur Star Wars? « Don’t go to the beer side of the Force ! » Elle le regardait avec sourire un peu idiot, et il ne put s'empêcher de glousser. S'il ne s'était pas souvenu à l'instant qu'elle n'était plus sa fiancée, il n'aurait certainement pas résisté à l'envie de lui piquer un baiser léger sur les lèvres. Avec son plaid qui tombait un peu devant ses yeux. Au moins, elle ne le voyait pas la regarder de la façon dont il la regardait. Avec cette tendresse, et cette pointe de tristesse aussi, qu'il s'efforçait de refouler. Il n'avait pas le droit d'être triste. Pas maintenant. Pas comme ça. « Tu vois, j’ai tout retenu à Star Wars, t’as bien fait de me les montrer. » Il ricana doucement, en s'asseyant à côté d'elle. La lâchant du regard parce que ce n'était pas facile. Pas facile de la regarder comme ça et de rester neutre. Pas facile de la regarder comme ça et de ne rien dire. « Tchin ? » Il tapa son verre dans le sien et but une gorgée de rouge. Il était bon. Évidemment qu'il était bon. Dorian n'achetait pas n'importe quoi, comme vin. Il but une gorgée et il la regarda avec un léger sourire en coin. C'était légèrement douloureux de l'avoir là, dans son canapé, à faire des blagues stupides et à lui proposer de trinquer avec son air innocent, tout en sachant que ce n'était pas comme avant. Que ce ne serait jamais comme avant. Mais le plus désagréable était qu'il n'arrivait pas à s'empêcher d'espérer, bêtement. Espérer que, peut-être, elle arriverait à lui pardonner sa stupidité. Espérer que, peut-être, elle finisse par s'installer avec lui, un jour. Mais non. Il avait foutu tout ça en l'air. Il ne ferait plus jamais partie de sa vie. Aujourd'hui, c'était juste un répit. Un moment qu'elle lui offrait parce qu'elle avait besoin de quelqu'un le temps qu'elle fasse son deuil. Parce qu'elle ne pouvait pas juste être seule. Il était là, au bon moment, et voilà tout. Il se recula au fond de son canapé et laissa échapper un léger sourire sans vraiment s'en rendre compte, avant de sourire avec un air un peu moqueur. Ne rien laisser paraître. Ce n'était pas le moment. Il n'avait pas le droit. « Oh, je ne doute pas que j'ai bien fait, très chère Obi Wine, c'est toujours une bonne idée de faire voir Star Wars à quelqu'un. » Oui, il y avait des classiques qu'on ne pouvait pas éviter. Voilà. Mais il savait pertinemment que la demoiselle ne les avait apprécié autant que lui. « De là à dire que tu as tout retenu... Je n'irais pas jusque là. » Ce n'était pas un défi. Pas vraiment, mais il n'allait pas lui laisser dire ça alors qu'elle avait fini par ronfler doucement sur son épaule, à chaque fois. Ou presque. « Moi je me rappelle surtout que tu leur trouvais un effet très somnifère et que je devais te ramener au lit à chaque fois. » Pas que porter une Romy endormie jusqu'à la chambre fut vraiment fatigant, mais toute de même. C'était lui qui avait du mérite. Et l'évocation de tout ça lui arracha une petite grimace qu'il cacha dans son verre de vin en prenant une nouvelle gorgée. « Mais bon, je peux pas vraiment te le reprocher, j'ai du m'endormir devant certains de tes films aussi... » Oui, il faisait comme si il ne s'en rappelait plus vraiment, mais il se le rappelait très bien. Il n'était pas du genre à s'endormir devant la télé, mais quand il avait passé quatre jours sur un foutu morceau, à tenter de trouver la mélodie parfaite, il lui arrivait parfois de piquer du nez après avoir laissé Romy choisir ce qu'elle voulait regarder. Et elle, elle ne le portait pas jusqu'au lit, par contre.


Dernière édition par Dorian T. Carrington le Mar 26 Avr - 14:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Stand by me #ROMIAN   Sam 16 Avr - 20:30

En entendant Dorian glousser – ou ricaner, la limite était floue – Romy réalisa à quel point il lui manquait. Encore plus que ses bras, encore plus que ses baisers, c’était leurs moments de complicité, leurs rires et leurs blagues – aussi nulles pouvaient-elles être – qu’il lui manquait. C’était aussi ce dont elle avait besoin. Il ne faisait aucun doute que si cette journée lui offrait un répit, elle ne s’en sentirait que plus mal une fois seule. Une fois face à l’horrible vérité : c’était fini. Fini parce qu’elle l’avait voulu. Fini parce qu’elle avait souffert de la tromperie de Dorian avec Joey. Fini parce qu’il l’avait blessé. Fini parce qu’elle n’était pas en mesure de lui pardonner. Elle aurait aimé être moins dure, moins rancunière aussi, mais une fois l’enterrement passé, elle savait qu’elle ne parviendrait plus à faire semblant. Et ça la rendrait triste. Si triste. Car pendant une journée, elle se serait souvenue de ce que c’était que d’être avec Dorian. Mais elle ne parvenait pas à faire autrement. Elle ne pouvait tout simplement pas agir froidement, comme si le musicien était un étranger. C’était suffisamment dur de ne pas l’embrasser, de se priver de toutes ces petites choses, ces petites attentions qui font un couple, et d’agir telle une amie, une femme qui n’avait plus le droit de réclamer l’affection qu’elle aurait réclamé de la part d’un petit-ami, pire, d’un fiancé. Et quand il vint s’asseoir à côté d’elle, elle lutta intérieurement pour ne pas se blottir contre lui encore une fois. C’était idiot, cette frontière qu’elle s’imposait. Mais se blottir contre quelqu’un quand on pleurait, cela revenait à se cacher, à chercher le réconfort. Se blottir contre quelqu’un sans raison apparente, c’était chercher l’affection. La nuance était ténue, mais malheureusement, elle existait. « Oh, je ne doute pas que j'ai bien fait, très chère Obi Wine, c'est toujours une bonne idée de faire voir Star Wars à quelqu'un. » Moui, bon. Elle avait quand même des réserves à ce sujet. C’était des bons films, peut-être, elle voulait bien le lui laisser. Disons en tout cas qu’ils avaient le mérite d’être culte. La raison, elle n’en savait trop rien, mais elle n’aurait en tout cas pas souffert de ne pas les avoir vu. « De là à dire que tu as tout retenu... Je n'irais pas jusque là. » Oui, bon, peut-être pas tout. Mais une bonne partie en tout cas. L’essentiel on va dire. « Moi je me rappelle surtout que tu leur trouvais un effet très somnifère et que je devais te ramener au lit à chaque fois. » Ok, elle avouait : sur les six qu’elle avait vu, elle n’était restée éveillée que pour la fin de deux. La fin du trois, qu’elle avait pas entièrement comprise d’ailleurs – bon, elle s’était réveillée dix minutes avant la fin, ceci justifiait peut-être cela – et la fin de celui où l’étoile noire – ou l’étoile de la mort, elle n’avait jamais fait la différence entre les deux – explosait. « Ouais enfin, c’est toujours pareil de toute façon. Les méchants se font sauter et les gens gagnent. Sauf dans le trois où le gentil devient méchant, mais qu’il perd face à l’autre gentil, sauf que l’autre méchant sauve l’ancien gentil. Something like that. I think. Never understood what happened actually. » Et surtout, nevermind. Elle ne les avait de toute façon regardé que pour faire plaisir à son fiancé. Et pour Ewan McGregor. Son deuxième fiancé, sauf que ce dernier n’était absolument pas au courant. Oui, elle savait que la polygamie était interdite par la loi, elle était juriste, thank you very much. « Mais bon, je peux pas vraiment te le reprocher, j'ai du m'endormir devant certains de tes films aussi... » Romy aimait deux sortes de films : les films compliqués, et les films de filles. Par compliqué, elle entendait les films avec un message fort derrière, comme Babel par exemple. Et par les films de fille, elle entendait Titanic. Ou les films avec Patrick Dempsey – son troisième fiancé, qui n’était pas au courant non plus. Bref, rien d’étonnant à ce que Dorian ne s’endorme devant. Mais tout de même. « Mais mes films sont mieux. » Si elle le pensait ? Non, elle s’en moquait. Elle avait simplement envie de l’embêter un peu. Mais elle ne pouvait clairement pas dire que Enchanted était un meilleur film que Star Wars. Elle but une gorgée de son verre de vin, qui était d’ailleurs délicieux. Mais elle avait confiance en Dorian pour avoir bon goût, que ce soit pour le vin, ou pour la nourriture. Après tout, ce n’était pas parce qu’il avait tendance à aimer se faire livrer qu’il n’avait pas bon goût. D’ailleurs, il n’aimait pas les anchois sur les pizzas, ce qui était la preuve absolue de son bon goût, à moins que la jeune-femme ne soit pas tout à fait objective, mais qui oserait prétendre cela ?

Romy s’installa au fond du canapé, son épaule frôlant celle de Dorian. Elle était bien, là tout de suite. Elle était assise dans le canapé le plus confortable au monde, elle buvait un délicieux verre de vin rouge, et elle n’était pas seule. Bien sûr, sa vie était un champ de ruine. Elle ne parlait plus à sa sœur, Granny était morte, et Dorian n’était à ses côtés que parce qu’elle était en deuil et qu’elle avait besoin de lui. Mais ne serait-ce que le temps d’un instant, elle était bien. Elle ferma les yeux un instant, laissant sa tête reposer contre son dossier, savourant le silence. Ce n’était pas un de ces silences pesant qui survenait quand deux personnes ne savaient plus quoi dire. C’était un de ces silences apaisant qui survenait quand deux personnes avaient parlé, et n’avaient pas besoin d’entretenir la conversation à tout prix. C’était un de ces silences qu’elle aimait, qui la calmait. Un de ces silences qu’elle ne connaissait qu’avec Dorian. Parce que Joey parlait tout le temps. Parce qu’elle n’aimait pas le silence lorsqu’elle était avec Granny. Et parce que d’une manière générale, le silence la mettait mal à l’aise. Encore un de ces plaisirs qu’elle avait perdus. Inconsciemment, elle laissa glisser sa tête sur l’épaule de son ex-fiancé, avant de laisser s’échapper un « I miss you… » étouffé, murmuré, qu’elle regretta presque aussitôt. Parce que ce n’était pas une bonne idée de parler sentiment. Parce qu’elle avait bien trop envie qu’il la prenne dans ses bras. Pas parce qu’elle était triste, mais seulement parce qu’ils étaient ensemble. « I’m … I’m sorry… » lâcha-t-elle presque aussitôt en se mordant la lèvre inférieure, les yeux rivés sur son verre de vin. Sorry for what ? She didn’t even know. De pas mal de chose en tout cas. Elle poussa un léger soupir, avant de souffler tout doucement « I wish I were strong enough … » to forgive you. Mais elle garda la fin de la phrase pour elle, parce que ce n’était pas que ça. Parce qu’elle aurait aimé être suffisamment forte que pour ne pas qu’il ait à la consoler. Pour qu’il n’ait pas à subir sa présence chez lui. Elle aurait aimé être suffisamment forte pour avoir emménagé avec lui lorsqu’il le lui avait demandé. Elle aimé être suffisamment forte pour ne pas avoir fait toutes ses erreurs en cours de route. Mais au fond, elle n’avait que vingt-deux ans là où il en avait trente-cinq. Et même si elle avait toujours tenu à nier cette différence, elle existait, et elle regrettait de ne pas avoir été assez forte que pour compenser cette dite différence. Maintenant, il était trop tard. Maintenant, c’était fini. Et pourtant, elle aurait tellement aimé être suffisamment forte que pour lui pardonner, que pour lui dire qu’elle l’aimait, lui dire qu’elle ne voulait plus être seule, qu’elle avait besoin de lui, qu’elle ne supportait plus son absence. Toutes ces choses qui ne se disent pas à moins de posséder un courage qu’elle n’avait manifestement pas.



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MessageSujet: Re: Stand by me #ROMIAN   Mar 26 Avr - 15:56

La façon dont Romy résumait avec désinvolture les films les plus cultes de l'histoire du cinéma - Dorian qualifiant généralement tous ses films préférés de films les plus cultes - lui aurait presque arraché une expression outrée. Mais il se contenta de manifester son désaccord en levant les yeux au ciel avec un léger sourire en coin. Oh oui, ils avaient déjà parlé de la saga, et oui, il savait très bien quel était l'avis de Romy au sujet de ces films. Il était aussi conscient du côté très manichéen du scénario, et il n'allait pas tenter de le nier. Non, il n'allait même pas engager un débat sur les raisons qui faisaient de La Guerre des Etoiles une oeuvre cinématographique. Parce que la principale chose qui lui occupait l'esprit à cet instant précis, c'était combien ces soirées lui manquaient. Quand il insistait pour faire découvrir un de ses films préférés à sa fiancée et que celles-ci finissait immanquablement par s'endormir paisiblement devant après s'être blottis dans ses bras.  « Something like that. I think. Never understood what happened actually. » Au moins elle était honnête. Le scénario avait beau être manichéen et d'une simplicité parfois inquiétant, mais il fallait tout de même rester éveillé pendant le film pour bien le comprendre. Et puisqu'elle était honnête, il pouvait bien admettre s'être endormi devant ses films. Ce n'était pas comme si elle l'ignorait non plus. « Mais mes films sont mieux. » Il haussa un sourcil légèrement amusé face à la provocation. Elle le cherchait? Elle le cherchait, oui, mais elle but une gorgée de vin l'air de rien, et il ne put retenir un léger rire. Il capitulait vite, mais il n'avait pas le courage de la chercher. Pas maintenant. Plus maintenant. Parce que ça ne pourrait pas se résoudre simplement en la prenant dans ses bras et l'embrassant. Alors il lui laissait cette victoire. Peut-être bien que ses films étaient mieux, si elle y tenait. Mais la majorité des gens était sans nul donc de son côté de la force. Tout le monde savait que Star Wars était culte.  

Il ne répondit pas. Il joua un instant avec son verre alors qu'elle reculait dans le canapé. Savourant autant que possible la simplicité du moment. Un plaisir beaucoup trop coupable, alors que toutes les erreurs qu'il avait faites, les conneries qu'il avait enchaînées et qui avaient mené à leur rupture lui revenaient à l'esprit. Dès qu'il s'arrêtait deux secondes, c'était ça qui lui revenait. La culpabilité mordante. L'impression d'avoir bêtement gâché sa vie quand celle-ci avait pourtant enfin pris une direction qui lui plaisait. Elle le tira de ses pensées quand sa tête vint se poser sur son épaule. « I miss you… » Et il ne put s'empêcher de sentir son cœur se pincer. Il ne pouvait pas lui répondre qu'elle aussi, elle aussi elle lui manquait. Non, il ne pouvait pas. Parce que c'était de sa faute. « I’m … I’m sorry… » Et alors qu'il s'était tourné, elle plongeait son regard dans son verre de vin. Il reposa son verre de vin et passa une main gênée dans ses cheveux qui commençaient à être légèrement trop long. « I wish I were strong enough … » Et il ne retint pas un léger soupir. Parce qu'elle n'avait rien à se reprocher. Absolument rien. « C'est moi qui suis désolé... Ne t'excuse pas, surtout, s'il te plaît. Ne t'excuse pas, pour quoi que ce soit. » Et quand il la voyait comme ça, il ne pouvait pas vraiment faire autre chose que la prendre doucement dans ses bras, à nouveau. Il avait besoin de l'avoir dans ses bras. Elle avait besoin qu'on la soutienne. « You are strong. More than you think. But today, you don't need to be, okay? » Oh oui, Romy avait toujours été un roc, pour lui. Elle était bien plus forte que lui. Elle était celle qui lui avait permis de tenir, pendant trois ans. Alors il attrapa son menton et lui fit relever la tête vers lui. Oups. Leurs visages étaient bien trop près. Bien trop près. Mais il s'efforça de ne pas y penser et de ne surtout pas regarder ses lèvres. Ses yeux, seulement ses yeux voilà. Vu combien il avait du mal à rester neutre et concentré, c'était une évidence que Romy était bien plus forte que lui. Bien plus résistante. Bien plus déterminée. Quand elle décidait quelque chose, elle ne lâchait pas. « Aujourd'hui, c'est ta journée. Tu n'es pas obligée d'être forte. » Et il lui offrit le sourire le plus bienveillant qu'il pouvait lui offrir. « C'est ta journée, et de toute façon, il n'y a que moi ici, alors considère que tout ce que tu veux oublier est oublié. Laisse-toi aller, sois faible, et tu iras mieux demain. » Ce qui se passe chez Dorian reste chez Dorian, c'était l'idée pour la journée. Si elle voulait faire une crise de nerf et pleurer non-stop pendant trois heures, elle pouvait. Si elle lâcher la pression et lui dire en face tout ce qu'elle avait à lui dire après les conneries qu'il avait faites, elle pouvait. Si elle voulait casser des assiettes contre les murs, il aurait sûrement fait la grimace, mais elle pouvait. Ces réactions avaient au moins l'avantage d'être franches. Elles avaient au moins le mérite de ne pas lui donner l'impression fugace que tout pouvait être comme avant. Parce que ça ne serait jamais comme avant. Et même s'il laissa deux seconde son regard se perdre sur les lèvres de la jeune femme, il revint péniblement accrocher son regard au sien. Quel idiot. Comment avait-il une seule seconde pu penser qu'il n'aurait aucun problème à la réconforter, comme s'il n'y avait jamais rien eu entre eux. Mais peu importait qu'il se sente paumé. Peu importait qu'il ai envie de tout et son contraire. C'était elle qui importait.
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MessageSujet: Re: Stand by me #ROMIAN   Mer 27 Avr - 21:34

Romy s’en voulait sincèrement de lui faire subir tout cela. Déjà parce qu’ils n’étaient plus ensemble, et qu’en théorie, Dorian n’avait pas à la consoler. Bien sûr, ils en étaient là en grande partie à cause de lui, mais Romy avait décidé de rompre, c’était à elle d’assumer sa décision. Mais le musicien avait toujours été ainsi fait, si doux, si bienveillant à son égard. Il avait toujours été là pour lui, même lorsque la jeune-femme tenait à tout gérer elle-même, à garder le contrôle. Il avait toujours été cette présence sur laquelle elle pouvait se reposer. Même si elle ne le faisait pas forcément, savoir qu’il était là était d’un infini réconfort. Elle s’en était bien rendue compte depuis leur rupture. Dans les moments les plus dur, elle réalisait à quel point c’était dur d’être seule.

Le soupir que Dorian poussa fit que Romy se sentit encore plus mal. Elle ferait mieux de rentrer chez elle, et d’affronter le deuil seul. Ce serait plus simple, et plus sain également, pour eux deux. Une petite voix pourtant lui soufflait que Dorian n’allait pas la laisser filer aussi simplement, surtout pas alors qu’il avait sous les yeux son ex-fiancé ravagée par les mois qui venaient de s’écouler. « C'est moi qui suis désolé... Ne t'excuse pas, surtout, s'il te plaît. Ne t'excuse pas, pour quoi que ce soit. » Lorsqu’il la prit dans ses bras, ce fut au tour de Romy de soupirer. Elle ne se dégagea pas de son étreinte pour autant. Elle était bien là. Elle ne devrait pas, mais elle était bien. Et elle était fatiguée d’être sans cesse tiraillée entre ses sentiments. Si fatiguée qu’elle aurait pu fermer les yeux et s’endormir aussitôt. Problème, elle ne pouvait pas non plus s’endormir dans les bras de son ex-fiancé. « You are strong. More than you think. But today, you don't need to be, okay? » La brunette sentit alors une boule se former au fond de sa gorge, comme elle enfuissait son visage contre le torse de Dorian, comme pour se cacher de lui. Elle ne voulait pas qu’il voie une, puis deux larmes rouler sur ses joues et disparaître dans le haut de son ancien amant. Il ne lui en laissa cependant pas l’occasion comme il lui fit relever la tête. Son regard buta sur ses lèvres. Non. Mauvaise idée. Son regard. Ses yeux. Ses yeux qu’elle aimait tant. Ses yeux dans lesquels elle s’était si souvent perdue durant trois ans. « Aujourd'hui, c'est ta journée. Tu n'es pas obligée d'être forte. » Oh. Non. Ça par contre c’était une mauvaise idée. Il fallait qu’elle reste forte. Il ne se rendait pas compte à quel point il fallait qu’elle reste forte. Il ne réalisait pas à quel point il ne fallait pas qu’elle craque. Il fallait qu’elle résiste. « C'est ta journée, et de toute façon, il n'y a que moi ici, alors considère que tout ce que tu veux oublier est oublié. Laisse-toi aller, sois faible, et tu iras mieux demain. » Son cœur rata un battement tandis qu’il lui disait cela. « Tu te rends compte que c’est une mauvaise idée ? » souffla-t-elle dans un soupir. Mais elle ne lui laissa pas le temps de répondre. Parce qu’elle était fatiguée. Parce qu’elle était las. Parce qu’elle en avait marre. Parce qu’il lui avait dit qu’elle avait le droit de craquer. Alors elle craqua. Elle se redressa légèrement et brisa la distance qui les séparer. Elle vint se saisir de ses lèvres et le regretta immédiatement. Elle ne bougea pourtant pas. C’était trop tard de toute façon. Elle avait dépassé les bornes, avait commis une erreur, avait cédé alors que ce n’était tellement pas son genre. Mais qui a avoir fauté, autant qu’elle en profite légèrement non ? Non, bien sûr que non. C’est justement qu’elle était faible. Faible et sotte. Faible, et même méchante d’infliger cela à Dorian. Quoique non. Il était le premier à l’avoir fait souffrir. Elle ne l’avait pas quitté pour le blesser, mais parce que c’était le plus raisonnable à faire. Elle agissait toujours avec raison. Alors, elle y avait droit. Pour une fois, une seule fois, elle avait le droit de faire de la merde. Et elle avait le droit de ne pas faire marche arrière. Elle ne se vengeait pas, elle ne voulait pas blesser Dorian, disons simplement qu’elle prenait une compensation. Une compensation qui la ferait de toute façon souffrir a posteriori. « Je te déteste de me faire ça tu sais ? » D’accord, ça, ce n’était peut-être pas justifié. Romy était toujours à quelques centimètres de lui, évitant son regard « Je te déteste de m’avoir fait tomber amoureuse de toi, de m’avoir fait rêver, de m’avoir fait croire qu’on avait un avenir. » Une larme coula. Elle réalisait à quel point elle était dure avec lui, alors qu’elle savait qu’il s’en voulait, qu’il était désolée. Et d’une manière presqu’encore plus égoïste, elle vint se blottir contre lui, calant sa tête contre son épaule. « Et je me déteste encore plus. Parce que j’aimerais que tout redevienne avant, je voudrais … je voudrais te pardonner, mais j’y arrive pas. » Elle pleurait silencieusement contre lui, glissant son bras par dessus son ventre, ses doigts s’agrippant à son haut. C’était trop tard de toute façon, elle ne pouvait pas prétendre qu’elle allait bien, elle ne pouvait pas prétendre qu’elle était assez forte que pour faire semblant que tout allait bien entre eux, qu’elle était capable d’être amie avec Dorian. Elle avait besoin de lui. Non. Ce n’était même pas ça. C’était pire que ça. Parce que les mois qui venaient de s’écouler lui avait prouvé qu’elle pouvait vivre seule, qu’elle en était parfaitement capable. Mais elle le voulait dans sa vie. Elle ne voulait plus vivre seule, elle voulait être avec lui. Fin de la discussion. Mais elle en était incapable. Parce que cela impliquait de le pardonner, et qu’elle n’y parvenait pas. Que malgré toute la volonté qu’elle y mettait, elle n’y parvenait pas. « I still love you… » murmura-t-elle douloureusement. Peut-être aurait-elle dû se contenter de hurler son désarroi en cassant des assiettes partout dans l’appartement. Dorian aurait sans doute fait la tête mais oui, ça aurait sans doute été mieux.


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