no offence, but you kind of represent everything I despise in the world [fabien & tamsin]

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MessageSujet: no offence, but you kind of represent everything I despise in the world [fabien & tamsin]   Ven 11 Mar - 2:55


« no offence, but you kind of represent everything I despise in the world »
[fabien & tamsin]

Les astres scintillent déjà dans le ciel étoilé, malgré l’heure peu avancée. La toile de la nuit recèle sa beauté, ses légendes et l’œil des hommes n’en reçoit qu’une infinitésimale portion. Que cache le profond noir, que gît derrière l’opacité de l’espace? Dans les encyclopédies et les recueils d’astronomie, les galaxies et les nébuleuses sont toujours irisées, enflammées, épiques. Comment se fait-il alors que seules les lueurs, brillantes et lactescentes, des étoiles encerclent la voûte céleste? Fab ne saisit rien à l’espace et ceci l’énerve. De ne rien saisir de cet immensité débile lui confère une impression de petitesse, enfin, décuple son inanité in the grand scheme of life. Il déteste cela, il méprise cette idée d’être ridiculement futile, qu’aucune raison biologique ou spirituelle ne déclare la primordialité de son existence en cet univers. Qu’il aurait suffi qu’un papillon batte des ailes dix secondes plus tôt il y a de cela des millénaires, pour que sa naissance n’eut jamais lieu. Inessentiel, comme s’il était tombé des cieux, banni du nirvana, privé d’infinité, puni et doté d’une voix sourde, trop faible pour être entendue et comprise.

Le printemps tarde à voir le jour et, dans cette attente, les Londoniens sont coincés dans une nuit qui n’en finit plus, comme pour alourdir le spleen de Fab. Aujourd’hui, ses iris n’ont pas même croisé le soleil, le jeune adulte s’étant barricadé dans sa chambre, isolé de tous, afin de compléter un commentaire législatif sur le droit contractuel. S’il ne pouvait sentir ou comprendre la quintessence de l’univers, au moins tente-t-il l’expérience à plus petite échelle, c’est-à-dire la tentative d’apprécier la mouvance constante et effrénée du processus social, duquel, ironiquement, il ne rêve que de s’échapper. Le travail s’éternise maintenant sur un nombre indécent de pages, lesquelles sont fraichement imprimées et gisent contre son bureau de travail. Fab fume un pétard, assis sur le montant de la fenêtre, callé dans le cadre de celle-ci, une jambe recroquevillée contre lui, l’autre se laissant pendre contre le mur extérieur. La nuit est si calme, à l’image du sommeil ou de la mort. L’effet du cannabis se répand lentement dans tous les membres de Fab, le relaxe, le détend, l’engourdit. Chaque bouffée est encore meilleure que la précédente, cent fois meilleure qu’une bouffée d’air. Si savoureuse, brûlante et fraiche. La fumée l’irrite tendrement et laisse dans son corps une douce hargne dont il raffole, un baiser boucané. Le monde devient plus calme, il ralentit sa course, laissant à Fab plus de temps pour comprendre son fonctionnement, sa démarche et ses secrets. Comment la matière peut-elle être si belle et si frustrante?

Ses parents l’avaient appelé il y a quelques jours, à sa grande surprise. De leur catamaran voguant dans les mers chaudes des Amériques, ils tenaient toujours à orchestrer l’union de leur fils unique à une épouse respectable. Leurs tentatives de mariage à l’aveugle exaspéraient Fab au plus haut point, surtout qu’elles s’étaient toujours inexorablement conclues par des soirées parfumées de malaises. Cette fois-ci, un de leurs couples d’amis mondains les avait alertés que leur fille, une jeune actrice, parrainait une quelconque cause visant à récolter des fonds, s’offrant comme prix d’un tirage entre les donateurs. Avec un heureux ou une heureuse élue, la célébrité était tenue de faire une série de sorties impliquant souper, magasinage, etc. Avec le don que ces vieux avait fait, Fab s’était peu étonné qu’ils avaient remporté ce tirage. Leurs supplications au téléphone avaient mené leur fils à leur promettre de se rendre au rendez-vous, bien que sa réelle intention soit tout autre. Seulement, la veille, en buvant dans un bar avec ses copains, Fab avait commis l’erreur de leur narrer l’anecdote qu’il trouvait des plus ridicules. Néanmoins, en énonçant le nom de Tamsin Graham, son amie Mimi, avait ouvert ses yeux bien ronds, lui conférant une allure terrifiante avec ses pupilles dilatées par l’ecstasy. Amatrice dévouée de la dite actrice, elle s’était donné la mission de flanquer une gifle aux joues du jeune homme chaque fois qu’il réitérerait sa décision de ne pas se présenter au premier souper. Lorsque sa peau était devenue ignescente sous l’ardeur des coups, il s’était résolu à accepter l’obligation de Mimi, laquelle, contrairement à ces parents, se trouvait assez proche de lui pour lui infliger de la douleur s’il ne lui obéissait pas.

Son pétard réduit à un filtre incendié, il jette le macchabé dans la rue, admirant son ultime acrobatie jusqu’au sol. Il rentre, puis ferme la fenêtre, l’air dans la pièce étant frais et renouvelé. Fab se dévêtit, puis, pénard, se rend à la salle de bain. Après tout, s’il prend suffisamment son temps, il aura une excuse pour ne pas se présenter au restaurant. Il glisse sous le jet de la douche, laissant l’eau onduler contre sa peau nue, démêler ses cheveux souillés par la journée, détendre ses muscles étourdis, hydrater son visage cerné. Il repensa aux quelques photographies que Mimi lui avait montré de l’actrice. Certes, il la reconnut dans son dernier rôle, néanmoins, il sait d’expériences que les célébrités ne ressemblent pas toujours à ce que le grand écran prétend. Du coup, si elle s’avère en effet être son genre, peut-être l’invitera-t-il à passer la nuit dans son appartement? Après tout, ce serait une bonne manière d’humilier ses parents, de baiser la fille de l’un de leurs couples d’amis mondains, d’officialiser parmi leur cercle élitiste sa réputation de gosse dissident et perverti. Soudainement tout propre, Fab serre une serviette contre son corps, revêt quelques vêtements suffisamment distingués pour qu’il ne soit pas mis à la porte du restaurant de haute gastronomie, sèche ses cheveux et peigne ceux-ci selon leur bonne volonté. Fab clôt sa préparation en s’aspergeant de quelques gouttes de parfum, puis quitte l’appartement.

Sautant dans le premier tube, il voit quelques stations défiler avant de sortir du réseau sous-terrain. Il songe fortement à abandonner l’idée de rencontrer cette actrice. Les acteurs, toujours très entichés d’eux-mêmes, toujours obsédé par leur succès, rien ne l’énerve plus. Encore pire, cela l’enrage, ces gens qui s’enflent la tête, dont les tumeurs d’égocentrisme leur poussent de partout. Davantage, ce milieu qu’ils fréquentent, l’univers mondain, élitiste, les socialists, tout ce que Fab fuit depuis qu’il ne vit plus avec ces parents. Les formalités, la politesse, la retenue. Tout cela le dégoûte rien qu’à y penser. Étrangement, cette nausée est ce qui le convainc de se présenter au rendez-vous. S’il arrive à ramener cette femme chez lui, à la baiser, ce sera sa manière d’humilier ce monde faux, de cracher sur leurs convictions, sur leurs jugements hâtifs, de rire de leur mascarade d’embarras.

Finalement, Fab débarque du métropolitain et se pointe au restaurant quelques minutes en retard. L’actrice est déjà assise à leur table réservée. Le serveur l’y mène. La blonde est là, ravissante. Elle se lève, lui fait la bise, ils se mettent à table. Les dés sont jetés.

« Please excuse my lateness, I had trouble finding the restaurant. »

Puis, tendrement, il ajoute :

« I must say: I’m amazed. You look even more beautiful than the pictures of you I’ve seen. »
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MessageSujet: Re: no offence, but you kind of represent everything I despise in the world [fabien & tamsin]   Mer 6 Avr - 11:09



FABIEN & TAMSIN
❝ no offence, but you kind of
represent everything I despise in the world ❞

Je devais bien avouer que cette sortie au restaurant me stressait quelque peu. Cela faisait près d’un an que j’évitais toute sortie le soir, et lorsque j’avais accepté de parrainer une association, je n’avais pas pensé à l’éventualité de devoir me retrouver le soir, avec un homme. Bien entendu, image oblige, je m’étais apprêtée comme s’il s’agissait d’une avant-première, ou presque. Robe longue noire, décolletée dans le dos – histoire de ne pas trop mettre en valeur ma poitrine un peu trop proéminente – ma plastique était peut-être un peu trop visible. Je n’en savais rien. Je n’avais pas envie d’y penser. Pour tout dire, lorsque mon agent m’avait parlé de parrainer cette association, j’avais simplement haussé des épaules et accepté. S’il pensait que c’était bon pour mon image, alors qu’il en soit ainsi. Je ne savais même pas de quelle association il s’agissait et en soi ce n’était pas vraiment important. Non, ce qui importait était que cette mise aux enchères de ma personne leur avait apporté une somme astronomique qui aiderait la cause qui leur tenait à cœur – probablement un truc pour les enfants malades, ou alors créer une école dans un village paumé en Afrique, ce genre de choses – et que, de mon côté, mon nom était associé, améliorant encore un peu plus mon image, si tant est que j’en eus besoin. Bref, c’était gagnant-gagnant. Et il ne fallait pas oublier que le tournage du dernier Maraudeurs touchait à sa fin, et qu’il allait falloir que je pense un peu plus à ce que je ferai l’année prochaine. Oh, les propositions de scénarios se multipliaient auprès de mon agent, bien entendu. Cela faisait bien des années maintenant que je n’avais plus besoin de passer de casting pour obtenir le rôle souhaité, mais qu’à l’inverse les producteurs m’envoyaient directement le scénario, ainsi que d’autres paniers bien garnis supposés me mettre dans leur poche. L’un des avantages d’être une enfant star avec de multiples récompenses, j’imagine.  

Bref, étant professionnelle jusqu’au bout, j’étais arrivée en avance au grand restaurant, où je passerai la soirée avec l’heureux gagnant. S’en suivraient ensuite, dans les jours prochains, quelques sorties shopping et ce genre de trucs, qui me rendraient plus accessible aux yeux du public. Oh, j’étais accessible pour mes fans, bien entendu. Mais rien ne disait que le jeune homme qui avait gagné le jeu-concours était un de mes fans. Et, en toute honnêteté, j’aurais largement préféré que le gagnant soit une gagnante. Mais bon, les règles étaient ainsi faites, et je n’allais pas non plus refuser un succulent repas. Je me levai, comme le jeune homme arrivait enfin, après quelques minutes de retard. Je lui fis la bise, avant de me réinstaller à table. Je forçai un petit sourire à ses excuses – qu’importe, j’avais pu googler mon nom et me satisfaire des articles sortis à mon honneur – avant de lui en lancer un plus authentique et éblouissant à son compliment. Je portai une main sur ma poitrine, touchée par son compliment. « Oh, thank you ! » le remerciai-je de ce même sourire, avant de remercier le serveur qui nous apportait les menus. « So … Fabien, what are you doing for living? » lui demandai-je ensuite, tout en détaillant le menu avec une certaine envie – réellement, tout ce qui était proposé semblait succulent ! La soirée s’annonçait bien, finalement. A peine le jeune homme arrivé qu’il me faisait un compliment et, en plus, j’étais dans l’un des meilleurs restaurants londoniens.
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MessageSujet: Re: no offence, but you kind of represent everything I despise in the world [fabien & tamsin]   Mar 12 Avr - 5:45

Fab se voit être saisi par la surprise. Cela peut sembler idiot, mais des phrases charmantes, des phrases peintes de romance et de lyrisme, il pourrait en sortir à la tonne, surtout lorsqu’une beauté est en jeu devant lui. Les compliments, certes, ne perdent pas leur sincérité, enfin, dépendamment évidemment de son interlocuteur ou de son interlocutrice. Néanmoins, ils sont toujours un peu vide, un peu nu de ferveur, son adoration exacerbée afin de mener à terme le but de l’exercice. De flirter jusqu’à ce que mort s’en suive, puisqu’une des deux parties est toujours perdante. Voilà le sexe et la drague pour Fab, un combat impitoyable, féroce même. C’est toujours ainsi qu’il a connu le coït, vicieux et vorace, mené par des gagnants et pleuré par des perdants. Ainsi, depuis quelques années, avait-il toujours côtoyé le champ des victorieux, refusant toute dévotion, toute concession à l’adversaire. C’était sa méthode de survie, car il avait failli y rester, adolescent, en se faisant jouer de lui. Une telle douleur, jamais il ne voulait revivre, la peine qui en suivait s’avérait trop atroce, trop pénible. Au fond, Fab craint d’être vulnérable, car il oublie toujours à quel point son cœur est mutilé, couvert de meurtrissures, à jamais infectées.

Et puis, voilà Tamsin Graham, actrice dont la renommée n’avait d’égale que la beauté, dont le compliment qu’il a lancé sans dévotion, sans réelle passion la touche. Depuis des lustres, Fab ne draguait que pour baiser, ne louangeait que pour baiser, ne baisait que pour baiser. D’ordinaire, ces proies, se laisse aller, sans trop croire en lui, en ces avances, en ces compliments, davantage intriguées par ses élans, avivées par le goût de sa chair. Tamsin est sans doute une excellente actrice, mais cette réaction est plus que sincère, elle est prompte, spontanée, pétillante presque. Fab lui-même en est touché. Ses yeux changent, il est débalancé. La dernière fois qu’il s’est senti ainsi... Tout a mal terminé... Non. Fab ne veut plus avoir espoir en l’amour, en la romance, en la passion, pas même en l’espoir. Tout cela, les promesses irréfléchies, illusoires, les idylles momentanées et dangereuses... Cela fait trop mal. Il n’y a plus d’espoir et Tamsin ne sera pas la victime d’une nouvelle chance que Fab accordera au destin...

Pourtant. Quelque chose en lui lui suggère de foncer. De sauter dans ce piège. Peut-être ni la mort, ni la captivité ne l’attendent après. Peut-être vient-elle le sauver?

Fab rend à la séduisante jeune femme un sourire timide et maladroit, comme un bambin n’ayant jamais souri. L’envie lui vient de rougir, mais il retient la chaleur de rejoindre ses joues. Il reprend assurance. Quel imbécile fait-il là à rougir d’amour alors qu’il n’a jeté que quelques regards à l’actrice. Sa passion est pitoyable. Cet instant d’égarement passé, il se détache de ses idées exaltées. Après tout, ce n’est qu’une enfant trop gâtée, une actrice dont la notoriété lui donne la nausée. Comment s’enticher d’une splendeur si venimeuse... Tamsin n’a surement rien de vrai, aucune sincérité. Sa vie est une carrière devant les caméras, voilà tout. Sa personne se résume à cela, une quête interminable d’attention, de gloire éphémère et d’admiration zélée. Rien de tout cela ne compte. Rien de tout cela n’existe, n’est vrai. La petit saynète qu’elle vient d’interpréter, n’est assurément qu’une réaction inconsidérée et il est dérisoire, même imprudent que Fab s’en laisse charmer. Voilà tout. De fait, il retourne à son plan originel.

« I study law at Cambridge this semester, but I’m from some university in Montreal. You know Montreal? In Quebec, Canada? It’s lovely, especially during summer time. Although I plan to stay in London for the summer. »

Redécouvrant son air charmeur, il insiste sur le fait qu’il est également de nationalité suédoise et néerlandaise, bien qu’il n’ait jamais vécu dans ces deux pays, n’ayant seulement visité Stockholm qu’à une reprise. Il discute de ses parents, égarés sur leur catamaran dans les Caraïbes, lesquels se complaisent dans leur solitude. En paix. Alors que leur fils vit une torture constante, souffre même psychologiquement. Cela n’a pas changé. À plusieurs reprises, Fab a rencontré des psychologues pour diverses raisons et, bien que chacun ait suggéré à ses géniteurs de poursuivre leur exploration psychanalytique sur le mental de leur fils, afin de donner un diagnostic complet expliquant ses troubles, ceux-ci raisonnant toujours le comportement de leur fils comme étant motivé, mué par une crise d’adolescence des plus spectaculaires. Toutefois, Fab savait que là ne réside pas la source de ses maux. Néanmoins, le déni dévastateur de ses parents, leur foi ferme en l’image du fils parfait qu’ils s’étaient construite, avait réduit à néant tout espoir de Fab de comprendre, saisir pourquoi son être le faisait souffrir, l’action de vivre étant douloureuse. Il en voulait à ses parents. Énormément. Ils l’abandonnaient dans ces moments les plus difficiles, à l’intersection entre l’adolescence et la vie adulte. Toutefois, sa rancœur n’est que davantage décuplée par le fait que, malgré leur fuite, il ne peut s’empêcher de les aimer. Le contraire serait même impensable.

Bien évidemment, voilà des pensées qu’il garde pour lui-même, se contentant d’afficher un faux sourire en évoquant à la jolie Tamsin les périples de ses parents à travers les Antilles. Comme alerté par un souvenir oublié, il ajoute une précision sur lui-même.

« Between, I did forget to mention that I myself studied drama in a prestigious Montreal art school. But I dropped out after a semester. Not my calling. I don’t think acting is something that you can really study... Of course, you can learn, but learning and studying are two completely different things. »

Plus il regarde Tamsin, plus il saisit la nature de son succès. Certes, tout chez elle crie sa sensualité, même aussi bien dissimulée que sous cette robe ébène, tout à fait décente. Au-delà même de cela, quelque chose de plus sincère, de plus pure réside en elle. Scintille-t-elle? Se consume-t-elle? Sont-ce ses doux yeux ou encore son sourire délicieux? Elle possède une beauté naturelle qui transpire de sous son élégance. Fab ose s’imaginer les plaisirs qu’elle lui ferait vivre. Encore un peu de retenue, songe-t-il. Il est trop tôt pour se lancer dans de telles idées. Un faux mouvement et Tamsin glisserait entre ses doigts.

« And you? How is it to be you? Do you love it? To be everywhere, all the time? Talked about? Loved? I’ve also heard you are quite a diva. I have trouble believing that, you appear to me like a really sweet woman. »
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MessageSujet: Re: no offence, but you kind of represent everything I despise in the world [fabien & tamsin]   Ven 22 Avr - 19:07



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❝ no offence, but you kind of
represent everything I despise in the world ❞

J’adorais mes fans. Réellement, passer un moment en leur compagnie suffisait toujours à me mettre du baume au cœur et à m’envoyer sur un petit nuage. En plus de participer à l’amélioration de mon image, c’était pour cette raison que j’avais participé à cette vente aux enchères de ma personne. Et j’avais bien fait, à peine était-il arrivé qu’il m’avait déjà complimentée. Je tentais donc de m’intéresser à lui, au moins un minimum. Je l’écoutais donc parler, lâchant un sourire, comme je me souvenais de mes propres souvenirs à Montréal. Cette ville était tout simplement magnifique, et les quelques jours que j’y avais passé resteraient gravés dans ma mémoire. Je partais peu en vacances, c’était vrai. Je ne m’accordais que quelques semaines par an, tout au plus. Mais c’était que mon emploi du temps était particulièrement chargé, aussi. Entre les tournages et la promotion, mon planning était déjà bien rempli. Alors, pour les quelques journées de libre épars dans l’année que j’avais, je préférais m’installer confortablement dans mon canapé, et apprécier un bon film. Surtout maintenant que Cara était rentrée de L.A., et qu’elle vivait avec moi. Rien de mieux qu’une soirée entre fille, à manger des cochonneries devant des films plus ou moins d’auteurs, en fonction de notre humeur du jour. Mais, lorsqu’il me parla de cours de comédie qu’il aurait suivi là-bas, forcément, un nouveau sourire étira mes lèvres, et le sujet m’intéressa d’autant plus. « Je pense en effet que ce n’est pas quelque chose qui s’étudie. Bien sûr, j’ai eu des cours de théâtre, j’ai également été à la LSOA mais … Si on apprend tous les jours, et qu’on ne cessera jamais d’apprendre d’ailleurs, parce qu’on ne peut que s’améliorer … Il faut quand même que ce soit inné, je pense. Au moins un minimum. » répondis-je en remerciant le serveur qui nous apportait nos boissons – de l’eau plate pour moi, oui, on aura tout vu, mais j’avais un peu arrêté l’alcool depuis l’incident, ou alors seulement bien en sécurité chez moi. Je me passai une main dans les cheveux, ce petit sourire flottant toujours sur mes lèvres à l’écoute de ses questions. « Il y a forcément des hauts et des bas … » avouai-je en me mordillant la lèvre inférieure, baissant un peu la tête avant de boire une gorgée d’eau. « Mais j’aime ce que je fais, plus que tout au monde. C’est ma passion, je ne me verrais pas faire un autre métier. » Je lâchai cependant un petit rire, pensant à mon côté diva. Moi, diva ? Si peu, vraiment … « Je ne pense pas être une diva. Dramaqueen, peut-être un peu, oui, je l’avoue. » repris-je dans un petit rire, avant de rouler doucement des yeux, et de hausse une épaule nonchalente. « Mais diva ? Je ne sais pas … Je suis très exigeante, oui. Très perfectionniste, aussi. Très professionnelle. J’aime que le travail soit bien fait, et je pense qu’il faut des bonnes conditions pour cela. »
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MessageSujet: Re: no offence, but you kind of represent everything I despise in the world [fabien & tamsin]   Sam 28 Mai - 2:16

La soirée va bon train et cela, Fab le remarque. Il note aussi la manière dont Tamsin discute de sa vocation, plutôt de sa passion. Il y a une candeur dans ses propos, mêlée à une certaine fierté, ce qui fait plutôt rigoler le jeune homme. Depuis ses études en théâtre, cet art avait nettement chuté dans son estime. Il n’admirait plus tant le talent des acteurs, trouvant ceux-ci souvent trop imbus d’eux-mêmes et de ce que certains d’entre eux allaient même jusqu’à qualifier de leur «don». Ces gens, ils les évitaient avec un dégoût prononcé et difficilement dissimulé. Le jeu est un art avec une subjectivité propre et maladroite. Celui que tous applaudissent, dont la popularité est incontestable, s’avère souvent la risée des critiques, alors que ceux que celles-ci acclament se coincent trop souvent dans les pièges de l’anonymat. Fab possède un grand et profond malaise avec ces idées, d’où son retrait du monde du spectacle. D’autant plus, malgré son entrée en école de théâtre, malgré sa dévotion, jamais n’avait-il ressenti de confiance en lui dans les regards de ces camarades. Ces désirs de profondeur, de netteté et de récréation n’avaient réussi à se jumeler au cadre préétabli par le corps professoral, dont l’objectif était de prendre un acteur, de détruire chez lui ce qui leur déplaisait et lui imposer leur vision du jeu. Cette expérience avait fait développer en Fab un désintérêt énorme pour l’activité théâtrale, voire même un mépris pour ces artistes. Enfin, étant un garçon de nature nonchalante et flegmatique, son mépris transparaissait rarement dans sa façon d’interagir avec les gens de ce milieu, mais se dégageait fortement dans sa façon de les considérer. D’autant plus, les acteurs et leurs manières ne s’étaient jamais mariés avec Fab et les siennes. Quelque chose clochait. Alors que leur enseignant préconisaient une approche davantage professionnelle face à l’exercice du jeu, le jeune Montréalais n’avait jamais pu tolérer de considérer ses performances comme un travail. Ainsi, pendant que les autres répétaient toute la nuit en rêvant à des grands noms tels que Bernhardt, Dean, Monroe, Streisand ou Brando, lui favorisaient passer des nuits interminables à longer le Vieux-Port de Montréal, intoxiqué par les amphétamines et à se balader de bars en bars avec sa bande de l’époque, parmi lesquels figuraient Toni, son colocataire qu’il avait rencontré à New York. D’une certaine façon, Fab regrette la fin de cette époque...

Le jeune homme déguste avec une confiance absolue son champagne, regardant Tamsin élaborer sur sa vision du métier. À nouveau, Fab se remémore ces idées qui lui sont intolérables. Le théâtre lui apparait tant comme un art... fauve peut-être? À ce jour, c’est peine s’il va toujours au théâtre et lorsqu’il va, c’est davantage pour la qualité d’un texte que pour les émois des acteurs. Néanmoins, il doit s’avouer que la jeune femme assisse en face de lui l’étonne, ce qui le laisse plus ou moins confortable... Fab déteste être troublé ou renversé par les personnalités. Il aime parfois croire en certains stéréotypes, rien de mal bien sûr, davantage en des notions qui le rassurent. Par exemple, en l’hypocrisie et la mégalomanie des acteurs. De cette manière, il est plus aisé pour lui de s’éloigner de ce monde qui lui déplait dorénavant. Après tout, la carrière de Tamsin était l’une des principales raisons pour lesquelles Fab a failli renoncer à cette soirée. Enfin, de la voir ainsi, loin de l’image qu’il s’était construit d’elle, avait su stupéfié légèrement l’étudiant. La stupeur, voilà autre chose que Fab déteste. Des surprises, il n’en veut plus.

« And who are you when you’re not an actress? Like a banker who stops being one when he comes home from work, who are you when the flashlights turn off? What do you like? Do you hang out with your friends, do you travel, do you dream, I don’t know? »

Le serveur les approche, prêt à noter leurs désirs. Pour Fab, ce fut le coup de foudre. Il commande le sauté de légumes et de tofu. Ces potes se moqueraient de lui en le voyant ainsi sélectionner un repas au prix plus qu’abordable, alors qu’il passe une soirée payée dans l’un des plus flamboyants et pompeux restaurants de Londres. Mais le jeune homme s’en moque. La gastronomie n’a plus de secrets pour lui et, de toute manière, c’est d’un simple sauté dont il a envie. S’en passer pour une raison aussi ridicule que la possibilité d’une assiette davantage réputée révélerait de l’absurdité, voire même de la bêtise quant à lui.

Alors que Tamsin commande son repas, les yeux de Fab replongent dans l’admiration de la fille, toujours aussi ébahis par sa beauté. Ses longues mèches blondes qui déambulent contre sa poitrine l’envoutent. D’autant plus, il émane d’elle quelque chose qui lui plait énormément, mais sur quoi il serait incapable de mettre le mot. Quelque chose qui dépasse la beauté, incontestable, de l’artiste. Il ignore ce que c’est. Tout ce qu’il sait, c’est qu’il n’imagine pas la soirée se terminer autrement qu’avec la vénusté dans ses bras et sous ses draps. Plus il la regarde, plus Fab construit le rêve, le phantasme, songeant que s’ils baisaient, le résultat ne pourrait être autre que grandiose. Ces prochaines répliques seront cruciales, détermineront la compagnie qu’il partagera ou non ce soir. L’équilibre entre charme et audace est parfois difficile à évaluer, chaque fille étant différente. Son impression de Tamsin lui donne un avant-goût des cartes qu’il aura à jouer afin de révéler de remporter la manche. La blonde est intelligente, cela est évident, excitant surtout. Rien n’enflamme autant la passion de Fab que l’idée de ramener chez lui une fille tenace qu’il aura convaincue avec brio de partager la nuit avec lui. Ce genre de filles, il les baise avec une fierté jouissive, étant donné qu’il a l’impression de les avoir conquis réellement avec son charme, et ce, dans les règles de l’art. L’art de la drague. Bref, lorsqu’une jeune femme ou un jeune homme lui sautent au coup, le suppliant presque de les ramener chez lui, ces aventures. Toutefois, jamais il ne mentirait sur ces intentions. Malgré son comportement volage, dragueur, le machisme est loin de caractériser Fab. Mentir sur ces intentions afin de baiser est pour lui une tricherie qu’il ne se permet pas. Le Canadien a toujours vu le sexe comme étant une chose merveilleuse et il respecte trop ceux et celles avec qui ils partagent ces moments de passion pour leur promettre un lendemain, que leur conquête soit aisée ou non. Ainsi, une beauté adroite telle que Tamsin, voilà le genre de conquête dont il profite réellement. Elles pimentent la nuit, non pas d’un romantisme, les deux amants étant beaucoup trop intelligents pour se faire de telles idées, mais tout de même d’un caractère romanesque... La courtoisie médiévale, certains diront. Des idylles épiques préféreront dire d’autres. Mais l’idée que deux êtres, tels que Tamsin et lui, puissent passer une nuit de passion, irréfléchie et sans promesse, l’enivre au plus haut point. L’actrice remet le menu au serveur, lequel s’éloigne. Ils sourissent. Puis, il se lance.

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