VERA & NICOLAS ∆ thought you left without saying goodbye

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MessageSujet: VERA & NICOLAS ∆ thought you left without saying goodbye    Dim 6 Mar - 23:18

Bart a refilé le Casino, les flics rodent toujours pour tenter d’élucider le meurtre qui y a eu lieu. Je suis un peu préoccupée, ces derniers temps, ce qui explique pourquoi je ne me suis pas cherché un boulot ailleurs que dans ce fichu casino alors même que je suis diplômée. Une partie de moi sait très bien qu’elle ne trouvera pas mieux ailleurs, qu’elle ne sera jamais autant payée pour un autre job. Peut être que la vie ici me va et me suffit, finalement. Seulement voilà, je n’aurais aucun problème si j’étais persuadée d’avoir la protection de Bart, mais Bart n’est plus là. Il est parti, retourné à Londres ou que sais-je encore, et il a laissé son Casino à son meilleur ami. Mais j’ignore ce qu’Hardy sait ou ne sait pas de l’histoire de meurtre, et j’ignore aussi à quel point il est prêt à défendre mes intérêts. Est-ce que Bart lui aura raconté avant de partir, lui sommant de me protéger comme il le faisait avec Nicolas ? Je pense, oui. Mais est-ce que le type va s’exécuter pour me sauver au détriment du Casino qu’il vient de récupérer ? J’en doute. Je soupire – fort – pour simuler le paroxysme du plaisir que me procure le type à cheval sur moi qui souffle comme un bœuf, et laisse m’échapper un léger gémissement – feint lui aussi. Ca fait près de vingt minutes qu’il fait des va-et-vient au dessus de moi et je crois qu’il a dû penser que je l’avais oublié, mais ses propres gémissements ont fini par me sortir de mes pensées.

Je lui offre un sourire compréhensif et le laisse m’embrasser et me prendre dans ses bras quelques instants – le pauvre homme doit avoir besoin d’un peu de tendresse – puis jette un œil au réveil sur la table de nuit, constatant avec soulagement que l’heure est écoulée. Je me redresse, attrape la robe longue que j’avais revêtue pour venir le rencontrer dans sa chambre à lui, l’enfile. Je laisse les talons en revanche, très peu pour moi. Il est mon dernier client de la soirée, il est près d’une heure du matin. Je suis fatiguée, mais depuis le problème du meurtre, je ne dors pas vraiment, ce qui ne risque pas de s’arranger ce soir. Je dis au revoir sans ménagement, ramasse mes escarpins et ma pochette et me rue dans le couloir. Mes pieds frôlent la moquette et j’avance vite dans les couloirs, décidant de descendre. L’avantage, c’est que le Casino nous offre toutes ses infrastructures une fois que nous avons terminé de travailler. J’abandonne mes chaussures dans un coin du couloir de notre étage et descends pour rejoindre le grand bar central, toujours muni de ma pochette. Je caresse doucement le tissu de ma robe, et commande un verre de vin – amplement mérité – tout en sortant de ma pochette un portable pour avertir Irene que la soirée est terminée et que tout s’est bien passé – une règle interrogeable qui me rassure, quelque part. Quand mon verre arrive, je le siffle d’un coup et en recommande un dans la foulée, pour me récompenser de cette soirée peut être. Je suis perdue, plongée dans mes pensées, je joue avec le cristal du verre quand une présence familière attire mon regard sur le tabouret d’à côté. Je m’arme d’un sourire sarcastique et soupire un peu. « Nicolas », je lance, mi-ferme mi-fatiguée. « A quoi dois-je le plaisir ? On t’a pas vu beaucoup ces temps-ci, j’ai presque pensé que Bart t’avais embarqué dans ses valises et que tu étais parti sans dire au revoir ». Ce qui ne m’aurait pas dérangé, bien entendu, je songe en sifflant mon verre de nouveau, levant la main pour reprendre la même chose. « Tu bois quelque chose ? »
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MessageSujet: Re: VERA & NICOLAS ∆ thought you left without saying goodbye    Lun 7 Mar - 18:51



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La seule raison pour laquelle Nicolas continuait de travailler pour le casino, c’était parce que Bart le lui avait demandé, en partant. Son meilleur ami prenait la relève, et il voulait qu’aucun problème ne viennent tâcher le nouveau gérant. Depuis le meurtre qui avait eu lieu, et qui n’avait pas été résolu, faute de preuves – preuves qu’il avait expressément détruites, bien entendu – la police surveillait encore plus le casino qu’avant, et il fallait donc doubler d’ingéniosité et de discrétion pour que les activités parallèles ne soient pas découvertes. C’était pour cela qu’il sortait du majestueux bureau de son nouveau client. Parce qu’ils avaient discuté des nouvelles directives. Malheureusement, la discussion ne s’était pas vraiment arrêtée à simplement élaborer des stratégies. Enfin si, mais disons simplement qu’Edward Hardy avait énoncé une stratégie qui ne lui avait vraiment pas plu. Il lui avait clairement dit que, malgré l’attachement que pouvait avoir Bart envers Vera, si elle devait un problème pour le casino – à savoir, si les policiers causaient trop de problèmes pour résoudre enfin ce meurtre – il n’hésiterait pas à la dénoncer. Et Nicolas avait beau lui avoir répété à quel point Bart voulait la laisser en dehors de tout ça, il n’avait pas abdiqué. Oh, l’on pourrait se dire que ce n’était qu’un si. Que le gérant n’avait prévu de le faire qu’en dernier ressort. Que Nicolas lui-même y avait pensé, ce soir-là. A la dénoncer, simplement pour que le casino – et donc Bart – reste en dehors des problèmes. Mais c’était une porte ouverte. Une porte ouverte pour la dénoncer, pour détourner l’attention des policiers, dès qu’ils s’approcheraient un peu trop près de la vérité. Nicolas en était persuadé. Ce n’était pas comme s’il en avait quelque chose à faire, bien entendu. Enfin … Ce n’était que par loyauté envers Bart, voilà tout. Loyauté qui allait bien plus vers le propriétaire que vers l’établissement ou le nouveau gérant, bien entendu. Cela n’allait donc pas plus loin que ça.

Mais alors qu’il regagnait le bar, dans l’envie de déguster un verre de vin rouge, bien décidé à ignorer toute cette histoire qui, finalement, ne le concernait pas vraiment, il la vit, installée sur l’un des tabourets hauts. Son regard, ce vil traitre, se perdit sur ses formes avantageuses, sans lui demander son avis. Et il finit par aller la rejoindre, roulant des yeux face à sa propre faiblesse. Il n’avait jamais su résister aux femmes, à elle peut-être moins encore. Et puis … N’avait-il pas promis à la jeune femme qu’il s’en occuperait, que son secret serait sauf, avec lui ? Si. Et il n’était qu’un homme de parole. Oui, voilà. Il ne faisait que respecter une promesse, rien d’autre. « Vera » la salua-t-il en retour, comme il s’installait sur le tabouret à côté du sien. Ses yeux détaillèrent à nouveau son corps, si bien mis en valeur dans cette robe. « Je vais prendre un verre de vin. » répondit-il, ignorant sa petite pique – il savait qu’elle était contente de le voir, tout son langage corporel le lui criait – avant de sortir quelques billets pour le barman qui le servait déjà, histoire qu’il leur laisse un peu d’intimité. « Comme si je serais parti si loin de toi, love. » reprit-il avec sarcasme, s’efforçant à la regarder dans les yeux – les siens étant attirés par une partie de son anatomie se situant un peu plus bas, bien entendu. Il se racla la gorge, décidant qu’il valait mieux ne pas y aller par quatre chemins. « Edward est au courant. » lâcha-t-il en portant son verre en bouche, sans plus de fioriture. Nul doute qu’elle comprendrait à quoi il faisait allusion.
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MessageSujet: Re: VERA & NICOLAS ∆ thought you left without saying goodbye    Sam 9 Avr - 18:04

Je regarde Nicolas du coin de l’œil, tout en faisant un sort à mon propre verre que je ne cesse de faire remplir par le barman qui doit estimer qu’il reçoit des ordres contradictoires difficiles à suivre. En même temps, j’ai besoin d’alcool, vu la conversation qui va suivre et qui va vraisemblablement être douloureuse pour moi. Depuis quelques mois, je peine à oublier ce que j’ai fait à ce pauvre – et encore, le dire m’arrache la bouche – homme. En fait, si je suis tout à fait honnête, je n’y pense pas parce que j’éprouve des remords – c’est sans doute le problème. J’y pense parce que m’imaginer devant un tribunal puis en prison me terrifie. Tout le chemin parcouru depuis que j’ai claqué la porte au nez de ma mère, tout ça pour bénéficier d’un logement gratuit et de bouffe industrielle gratos distribuée à tous. Je soupire, glisse une main contre ma nuque. Je suis fatiguée d’avoir peur – et c’est aussi un peu un problème. Comme à sa précieuse habitude, cependant, Nicolas n’y va pas par quatre chemins et c’est donc tout naturellement qu’après m’avoir répondu vaguement sur sa volonté de ne pas me quitter il m’annonce qu’Edward est au courant. Une information qui ne m’apprend finalement pas grand chose.

« Je sais », je lâche d’une voix ferme et qui se veut le plus assurée possible. « Je connais Bart, il ne serait pas parti sans le dire à Edward. C’est son ami d’enfance, il a toujours été là. Dans un coin certes, mais là quand même ». Je soupire et me masse un peu les temps avant de récupérer mon verre trop longtemps abandonné. Si Edward décide de me dénoncer, je préfèrerais qu’il le fasse rapidement. En même temps, l’enquête de police – qui a été bien sabotée par l’ensemble des gens travaillant au Casino – piétine. Alors je ne vois pas pourquoi il se sentirait dans l’obligation de donner un nom. Je soupire quand même, pour la forme, et me tourne vers Nicolas en remontant une de mes jambes au dessus de l’autre. « Je vais aller croupir en prison, c’est ce que tu essayes de m’annoncer en buvant du vin ? » je l’interroge, sans passer non plus par quatre chemins. Ma vie m’a appris une chose ; quelque soit l’épreuve que tu traverses, n’abandonne jamais ta dignité. Je ne jouerais pas les demoiselles en détresse, je ne demanderais rien. Si Hardy veut donner un nom pour se débarrasser définitivement des soupçons, qu’il le fasse. « S’il pouvait se décider rapidement, ça m’éviterait d’attendre ce qui est voué à arriver », j’ajoute quand même. « Je savais pas que tu travaillais pour lui, maintenant », je note en haussant un sourcil et en finissant mon verre.

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MessageSujet: Re: VERA & NICOLAS ∆ thought you left without saying goodbye    Ven 22 Avr - 19:10



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Nicolas n’était pas à son aise. C’était assez rare pour être souligné. Sa loyauté allait à Bart, c’était certain. Depuis des années maintenant, il était à son service, et considérait son client comme un membre de sa famille – ou plutôt, comme on était supposé considérer un membre de sa famille, car bon, sa propre famille … disons simplement qu’il ne s’y intéressait pas vraiment. Donc lorsqu’il lui avait dit de rester à Londres auprès d’Edward, il avait acquiescé et obéit. Aussi simplement que ça. Oh, bien entendu, il avait dit quelques phrases de bienséances pour lui demander de rester, mais il connaissait bien trop Bart pour insister. Pas d’au-revoir, il n’était pas doué pour ça. Mais lorsqu’Edward lui avait dit qu’il ne savait pas quoi faire par rapport à Vera, il avait senti sa loyauté s’effriter un peu. D’où son malaise actuel, maintenant qu’il lui apprenait que le nouveau gérant était au courant. Parce qu’il était un peu tiraillé entre sa loyauté envers le Casino, et celle qui s’était imposée à lui, sans vraiment lui demander son avis, envers la jeune femme. Il porta son verre en bouche, tentant d’ignorer la peur que Vera voulait cacher, mais qu’il savait bien présente quand même.

« Tu ne vas pas aller en prison. » lâcha-t-il d’une voix qui ne laissait aucune place à la négociation. « Il m’a simplement dit que si le Casino venait à en pâtir, alors il n’hésiterait pas. » Il ne devrait pas lui en parler, il le savait, et c’était probablement pour cela que sa voix n’était que murmure. Comme si le fait de le dire à voix haute serait considérée comme trahison. Alors que bon, c’était Bart qui, en premier lieu, lui avait demandé de protéger Vera l’année passée, non ? « Et si cela devait arriver … » souffla-t-il, se passant une main nerveuse dans les cheveux. Bon sang, il tuerait pour une cigarette, en cet instant – mais comme il avait pris la décision d’arrêter il n’avait, bien entendu, aucun paquet sur lui. « Je te défendrais à la barre. Il doit y avoir une dizaine de circonstances atténuantes que je pourrais utiliser sans difficulté. » Espérait-il la convaincre elle, ou bien lui-même ? Parce qu’il savait, en son fort intérieur, que cette affaire ne serait pas si facile que ça. S’il avait vraiment voulu baser l’affaire sur la légitime défense et le traumatisme, alors il aurait fallu qu’elle confesse son crime le soir-même. Sa main se posa sur la sienne, attrapant doucement ses doigts, sans le réaliser vraiment. « Je peux être loyal à deux personnes, tu sais ? » tenta-t-il de la rassurer, répondant à moitié à sa question.
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MessageSujet: Re: VERA & NICOLAS ∆ thought you left without saying goodbye    Dim 22 Mai - 23:11

Cet air rassurant que Nicolas tente de prendre ne m’indique rien de très bon, en réalité. Je crois que je le connais un peu, depuis le temps que je le pratique, même s’il aimerait sans doute faire croire le contraire, comme le bon insensible qu’il se veut être. Cet air est bien mystérieux cela dit, non pas parce qu’il m’est inconnu, mais parce que je crois percevoir une once d’intérêt et de nouveauté chez lui. Sa loyauté n’a jamais fait de doute, mais jusqu’à présent, elle était exclusivement réservée à Bart, ce qu’il avait clairement affirmé lorsque le même type que celui qui est désormais mort m’avait importunée la première fois et qu’il s’était retrouvé avec un nez cassé. Bart parti, la loyauté de Nicolas aurait dû le pousser à le suivre – sauf à ce que Bart ait expressément exigé de lui qu’il reste aux côtés de son cher ami d’enfance, le charmant Edward Hardy, ce qui semble être le cas. Maintenant que c’est fait, Nicolas semble plus partagé sur sa loyauté, tout à coup, et ses paroles me poussent à m’interroger sur les raisons ayant motivé ce soudain revirement de situation.

« Cet air d’avocat a dû en faire fondre plus d’une », je note en avalant une nouvelle gorgée de mon verre, ce qui indique clairement que je risque d’être saoule dans un très bref délai. « Tu leur parles comme ça, aux filles que tu dragues, Nico ? Je te défendrais à la barre, tu n’iras pas en prison » je taquine en tentant moi même de dédramatiser la situation qui me semble pourtant assez ironiquement dramatique. « La prostituée qui tue son client, ça te semble défendable ? Et ce que tu découvriras sur le reste de ma famille en faisant ton enquête de voisinage pour cerner ma personnalité et faire pleurer dans les chaumières… » Je soupire et glisse une main dans mes cheveux. Travailler ici ne m’a jamais déplu et ne me déplaira sans doute jamais – mais ce soir là, dans cet ascenseur, pour la première fois de ma vie j’ai souhaité de tout mon cœur être capable de faire autre chose de ma vie professionnelle, pouvoir survivre autrement qu’en tarifant des performances sexuelles – de qualité, certes. Je me suis ressaisie depuis, évidemment, même si tomber sur Nicolas ce soir est bien embêtant pour ma capacité à tenir mes nerfs. Il faut que je me taise. Je lève la main, pour commander un verre de plus. « Je ne doute pas de tes capacités à être loyal à tous les types du coin, mais moi ? Pourquoi, quel intérêt ? Je pourrais même pas te payer. Et compte pas sur moi pour te payer en nature parce que je préfère encore mourir en prison ». Je croise les bras comme une gamine boudeuse, un instant, accueillant avec humeur le nouveau verre que le barman m’apporte. « Sans mentionner le fait que tout ça ternirait non seulement ta réputation, mais aussi ta relation avec Bart et son meilleur ami, que tu perdrais le Casino et tous les gentils copains de Bart qui sont, je le devine, un fonds de commerce assez intéressant tant pour ton compte en banque que pour ton égo ».
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MessageSujet: Re: VERA & NICOLAS ∆ thought you left without saying goodbye    Sam 16 Juil - 17:01



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Nicolas ne savait même pas pourquoi il était venu la voir, pourquoi il avait souhaité la rassurer. Encore moins pourquoi il souhaitait la protéger, ni même pourquoi il lui était loyal, comme il venait tout juste de le lui dire. Il ne lui devait rien, et il aurait très bien pu la laisser moisir en prison, cela n’aurait rien dû lui faire. Après tout, il ne s’inquiétait pas autant des coups d’un soir qu’il avait – généralement, il ne se rappelait même pas de leur prénom, c’était dire de leur importance. Et, comme la jeune femme lui répondait, il s’en agaçait déjà, regrettant de l’avoir rejoint au bar de l’hôtel. Il se pinça l’arrête du nez, ouvrant la bouche pour lui répondre, mais Vera ne lui en laissa pas l’occasion, reprenait presque aussitôt. S’il l’écouta, il serra tout de même la mâchoire, comme justement elle lui demandait pourquoi il souhaitait l’aider – et puis, le fait qu’elle refuse de le payer en nature avant même qu’il ne le propose dans un sourire en coin n’aida pas vraiment. Il lâcha donc un soupir, regrettant de ne pas s’être acheté un paquet de cigarettes ce soir-là, parce qu’il en aurait bien en besoin d’une. Mais il se contenterait de son verre de vin, en commandant un nouveau auprès du barman.

« C’est défendable. Je trouverai quelque chose. » Il avait déjà défendu bien pire, après tout, même s’il ne le lui dirait pas. « Il a abusé de toi. C’est facile de trouver des circonstances atténuantes. » De nouveau, il n’était pas particulièrement convaincu par ce qu’il disait, mais qu’importe, il finirait bien par trouver, si le moment venait. « Et on ne parlera pas de ton emploi de prostituée, très clairement. » Surtout qu’il serait difficile de laisser le casino en dehors de tout ça, après tout, c’était dans ce lieu qu’avait eu lieu le meurtre, autant dire que le lien serait rapidement fait. « Bref, je trouverai quelque chose, tout est défendable, il suffit simplement d’avoir un bon avocat. » Et il allait sans dire qu’il en était un particulièrement bon, bien entendu. Il porta son verre en bouche, comme la conversation était, pour lui, close à présent. Il devrait s’en aller, probablement. Terminer son verre de vin, puis se lever et rentrer chez lui. Ou peut-être aller dans un bar, qu’en savait-il. Pour autant, il n’avait pas particulièrement envie de partir, encore moins de rentrer chez lui ou de passer la nuit en compagnie d’une inconnue. « Je n’aurai pas dit non à être payé en nature, dommage. » reprit-il sans la regarder, gardant ses iris posées sur son verre, comme un sourire amusé étira ses lèvres. « Mais je n’en perdrai pas le casino et, de toute façon, mon portefeuille de clients est bien plus vaste que simplement cet établissement. » Si Bart était le client auquel il était probablement le plus loyal, il ne lui était aucunement fidèle, et heureusement qu’il ne dépendait pas du casino pour son gagne-pain.
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MessageSujet: Re: VERA & NICOLAS ∆ thought you left without saying goodbye    Mar 19 Juil - 0:07

J'aimerais bien savoir ce que Nicolas sait vraiment de ma vie. Est-ce qu'il a été amené, déjà, à se renseigner ? Est-ce qu'il l'aurait fait de toute façon ? Je soupire un peu et observe le liquide qui stagne dans mon verre sans que je ne lui laisse le temps de s'installer - enchainant les gorgées à un rythme définitivement déraisonnable. J'avais un peu moins de dix-huit quand j'ai quitté la maison de ma mère pour me débrouiller toute seule, et sans Bart, j'aurais sans doute vécu sous les ponts londoniens. Il m'a offert cette vie qui m'allait très bien jusqu'à présent - si bien même que parfois, l'envie de quitter la London School of Arts me trottait dans la tête avec insistance. Laisser tomber les études et travailler ici, mettre de côté pour voyager plus tard. Etre une prostituée a des inconvénients certains, à commencer par l'impossibilité de fonder une famille ou de construire un couple, mais je n'ai jamais été très intéressée par ces choses là, au fond. Pas que je m'imagine finir seule et vieille fille, sans enfant et sans famille, non pas exactement. Disons simplement que pour l'instant, mes priorités ne se situent absolument pas là. Et que je doute fort de ma capacité à avoir des instincts familiaux développés, quand je vois comment s'est comportée ma mère tout au long de sa vie avec sa fille unique. Je n'ai eu aucune nouvelle, jamais, depuis que je suis partie. Disons qu'elle a choisi la voie de la facilité, et que cette voie s'est trouvée être un beau-père abusif, alcoolique et violent qui l'a trainée avec lui vers le bas. Dans la mesure du possible, bien que ce passif puisse sans doute expliquer mon incapacité à supporter les caractères masculins violents, je préfèrerais que toute mon histoire personnelle reste le plus loin possible du Casino. Je n'ai jamais été du genre à me morfondre ou à jouer des traumatismes de la petite enfance, mais c'est une période que j'aime là où elle est : enfouie le plus profond possible.

Je décèle une certaine détermination dans le discours de Nicolas, cela dit, quelque chose que je n'ai pas vraiment l'habitude d'entendre - et qui me fait nécessairement m'interroger sur ses intentions. Il semble effectivement déterminé à s'occuper de tout cela s'il devait y venir. Peut être même au détriment du Casino, de ce que j'entends percer de sa dernière phrase. Je termine mon verre et en commande un autre d'un geste de la main, bien que persuadée que cet alcool finira par me mener à ma perte. « Je n'ai plus qu'à espérer que tout ça dégénère, alors, pour pouvoir t'observer à la barre pendant que je patienterais dans le box des accusés ? » J'ironise en caressant le bord de mon verre, songeant l'espace d'un instant qu'il y a parfois des blagues et des sujets sur lesquels je devrais éviter de plaisanter. Je soupire et accueille le nouveau verre du serveur avec un soulagement non dissimulé, tentant de mettre derrière moi - ou en tout cas, dans un coin de mon esprit - la conversation que l'on vient d'avoir pour retrouver mon air désinvolte et détaché habituel. « Si tu veux profiter de mes services, il faudra que tu contactes Irene et que tu paies, comme tout le monde... Désolée mais le paiement en nature, c'est pas encore dans mes options. Un jour peut être, qui sait ? Quand je serai désespérée... » On sait très bien, lui et moi, que la barrière est faible entre le travail et le reste. Je pourrais continuer à boire et décider que c'est une bonne idée de lui faire du rentre dedans sans passer par le côté professionnel de mes relations - une faveur, un contournement de la règle habituelle. Les clients ne deviennent pas des coups d'un soir recueillis au coin d'un bar, c'est une règle absolue. Une règle que je pourrais enfreindre facilement si je n'avais pas un code professionnel aussi évolué que celui qui est le mien. J'ai dédié des années de ma vie à ce métier, il est hors de question que je manque à mes obligations pour les beaux yeux de Nicolas. En tout cas, mon égo me le souffle. « En attendant, tu restes un client. Un ancien client, certes, mais un client quand même, et les clients ne deviennent pas autre chose que de simples clients ». J'insiste sur le mot simple en sachant pertinemment qu'il ne sera pas dupe et que tout ce cirque fait partie de nos joutes habituelles.
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MessageSujet: Re: VERA & NICOLAS ∆ thought you left without saying goodbye    Dim 24 Juil - 22:09



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Il haussa un sourcil amusé, avant de rouler doucement des yeux. Si elle souhaitait tant que ça le voir à l’épreuve, il pourrait toujours s’arranger. Non que cela ne soit une bonne idée. Ou que ce soit, d’ailleurs, autre chose qu’une tentative vaseuse de faire un trait d’esprit, et non une réelle envie de la part de la jeune femme. Il ne répondit rien, donc, comme il portait son verre en bouche, le finissant, et se retenant de s’en commander un deuxième – il n’en avait pas besoin, il n’en avait pas besoin ; se répétait-il pour lutter contre cette tentation, à croire qu’arrêter de boire en trop grande quantité était plus difficile qu’il n’y paraissait. Il finit par lâcher un rire sarcastique, comme la jeune femme lui disait que s’il souhaitait faire une nouvelle fois appel à ses services, alors il devrait passer par Irène, comme tout le monde. Les mots qui suivirent auraient pu le blesser. Lui dire qu’il restait un client, qu’il n’était qu’un simple client, un client comme un autre. Mais cela lui semblait si risible et de mauvaise foi, venant d’elle, que même son égo n’en était pas meurtri. Alors il se contenta de rouler des yeux, une nouvelle fois. Maintenant que Bart était parti et avait quitté Londres, Nicolas aurait pu refaire appel à la jeune femme. Oh, certes, il restait loyal à son ancien client, sans nul doute, mais celui-ci mettrait un peu plus de temps à connaître sa trahison – le mot étant, probablement, un petit fort, il fallait bien l’avouer.

Donc, oui, probablement aurait-il pu refaire appel à ses services, une nouvelle fois. Rien ne l’empêchait. Sauf lui-même, finalement. Nicolas n’était pas du genre à payer pour du sexe. Pourquoi le ferait-il, alors même qu’il n’avait aucune difficulté à trouver une femme pour réchauffer ses draps ? Certes, il y avait quelques mauvaises surprises, parfois. Entre celles qui se contentaient de faire l’étoile de mer, et celle qui ne savaient pas que les dents pouvaient faire mal …  Mais ce n’était pas le cas de toute, et Nicolas devait bien avouer apprécier le jeu de la séduction. Et Vera, finalement, n’était probablement pas bien différentes des autres. C’était probablement juste un jeu, un jeu parmi tant d’autres. Ou, du moins, c’était ce dont il essayait de convaincre, lorsqu’il pensait à la jeune femme – ce qui n’arrivait pas si souvent que cela non plus. « Non, désolé, pas intéressé. » répondit-il simplement, haussant des épaules nonchalamment, dans une petite moue dubitative. « Le sexe tarifé … Ce n’est pas vraiment mon truc. » reprit-il avant de marquer une courte pause. « Qu’importe la qualité de la prestation … » Un petit rire s’échappa, puis finalement, il décida qu’un nouveau verre de vin ne pourrait pas être si terrible. Un soupir un peu las plus tard, il finit tout de même par reprendre, d’une voix peut-être un peu plus inquiète. « Comment tu vas, sinon ? Par rapport à … tout ça. Comment tu le vis ? »
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MessageSujet: Re: VERA & NICOLAS ∆ thought you left without saying goodbye    Mer 27 Juil - 23:38

Je reste de marbre face aux allusions de Nicolas. La vérité, inavouable, insupportable à admettre, c’est que je n’aurais pas été dérangée par le fait qu’il paye quelques séances supplémentaires. C’est comme ça que se passe la vie d’une ou d’un prostitué, d’ailleurs, et c’est ce que je tente parfois de faire comprendre à Gabriel, ce jeune homme tout fraichement débarqué, qui vit la chose de la meilleure manière possible sans saisir vraiment les enjeux du métier. Peu importe le siècle dans lequel nous vivons, peu importe la liberté qui occupe notre esprit, il reste forcément, aussi enfouie soit-elle, en nous, une partie qui considère le sexe comme une forme d’intimité particulière. Pas qu’elle soit nécessairement reliée à des sentiments ou quelque autre baratin que ce soit, non. C’est plus subtil. Le sexe parle de soi ; la façon de le pratiquer aussi. Même quand on est prostitué. Une attention particulière suffit parfois à accrocher un client mais l’inverse est vrai, et je le sais. Nous, travailleurs du sexe, des sous-sols sombres et bas étages, nous élaborons nécessairement une hiérarchie de nos clients. Celui qu’on n’a pas envie de revoir, celui qui couche comme un porc, celui qui a les mains moites, celui qui était si timide qu’il était mignon, celui qui se débrouille comme un Dieu. Celui qui marque un peu plus que les autres. Celui avec lequel il n’y a pas de complexe. Nicolas représente tout seul une petite partie de ces clients qu’il est agréable de voir inscrit sur son agenda au début d’une journée. Agréable pas parce que j’apprécie l’homme, mais parce que le moment en lui même est agréable. Alors oui, je l’avouerai à demi-mots, je n’aurais pas dit non à quelques réservations supplémentaires. En même temps, Nicolas sait très bien traquer ses proies sans avoir besoin de les rémunérer, je dois bien le lui reconnaître. « Tant pis pour toi, alors… » je lance en décroisant les jambes et en attrapant mon verre de vin. « D’autres à ta place viendront jouir de la prestation ». Le vocabulaire est soigneusement sélectionné, et je lui offre, sur un plateau, mon sourire le plus angélique tandis que je lève mon verre pour en avaler une gorgée. Je connais mes atouts, c’est sans doute un de mes avantages.

Mais la conversation tourne court et il choisit de ramener le sujet à moi. Je grimace et repose mon verre, éprouvant presque immédiatement le besoin de me couvrir. Je suis flattée qu’il veuille prendre ma défense, flattée de ne pas être seule face à l’adversité du Casino – mais je n’ai pas envie de lui expliquer comment je me sens. Ces choses là ne regardent personne, sauf moi. C’est comme ça que j’ai été élevée en tout cas, loin des confidences et des accès de faiblesse. « J’ai tué un homme », je note en baissant d’un ton. « Comment tu penses que je me sens ? » je l’interroge en le cherchant du regard. Il doit bien avoir une idée, après tout, lui qui parfois sans doute a remis des criminels dehors. « Mal, évidemment. Mais si c’était à refaire, je le referai exactement de la même façon. Je suis une prostituée depuis quelques années maintenant, mais ça ne veut pas dire que les hommes ont le droit d’user de moi comme bon leur semble. C’est mon métier, mon corps, c’est moi qui décide. » Je dis le tout de manière un peu trop ferme et revendicatrice, et glisse une main sur mon front. « Je vais mettre tout ça derrière moi. Ce type, ses actes, sa mort ridicule. Je suis forte, j’ai vécu pire », je note dans un haussement d’épaules « Avec un peu de chance cela dit, tu n’auras jamais à en savoir plus », j’ajoute en me parant de nouveau d’un sourire taquin.
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MessageSujet: Re: VERA & NICOLAS ∆ thought you left without saying goodbye    Jeu 15 Sep - 14:21



VERA & NICOLAS
❝ thought you left without saying goodbye ❞

En un sens, il se sentit rassuré. Idiot, non ? C’était comme si apprendre qu’elle n’était pas une sociopathe, qu’elle ressentait, qu’elle se sentait mal, lui redonnait un souffle qu’il n’avait pas pensé avoir retenu. Non pas qu’il se serait rétracté si cela avait été le cas, cependant. Il était, malgré tout, un homme de parole. Mais oui, après ce que l’ancien client lui avait fait, il n’avait pas pu s’empêcher de se demander comment elle ressentait le fait de l’avoir tué. Avait-elle aimé lui prendre son dernier souffle ? Avait-elle été dans un état apathique, incapable de ressentir quoique ce soit ? Ou se sentait-elle mal d’avoir ôté la vie à un homme, qu’importe l’abjection qu’il pouvait être ? Oh, elle ne le regrettait pourtant pas et, en ça, il pouvait bien la comprendre. Tout ce qu’elle disait était la vérité. L’avocat avait beau ne pas être des plus … romantiques – faute d’autre terme – avec les femmes, ni des plus respectueux d’ailleurs, elles avaient toujours le choix. Et c’était, selon lui, le plus important dans une relation, fusse-t-elle simplement charnelle. Que Vera soit prostituée ou non, qu’elle vende son corps ou non, elle méritait le même respect que n’importe quelle autre femme.

Il leva sa main, comme s’il n’avait aucun contrôle sur elle, et ses doigts vinrent ensuite caresser la peau douce de sa joue, brièvement, avant de venir se glisser dans ses cheveux. Acte de tendresse qu’il regretta presqu’aussitôt, comme il lui semblait être malvenu et totalement hors de propos. Il ne comprenait même pas pourquoi il l’avait fait. Sa main revint donc sagement vers lui, et il soupira lentement. « Tu as pensé à aller voir un psy ? » demanda-t-il alors, probablement bien maladroitement, comme à son habitude. Il se racla un peu la gorge, marquant une courte pause, avant de reprendre. « Pour essayer de faire le point, de réellement mettre cette histoire derrière toi. » S’il doutait que le secret médical de n’importe quel psychologue perdure avec la confession d’un meurtre, il pourrait toujours lui en trouver un de confiance. « Je pense que ça te ferait du bien de parler. » reprit-il simplement, la regardant avec un sourire doux. « Et comme je doute que tu aies particulièrement envie de te confier à moi … Surtout que je suis loin d’être un fin psychologue, mais j’imagine que tu l’as déjà réalisé. »
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