Hey brother, do you still believe in one another?

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MessageSujet: Hey brother, do you still believe in one another?   Sam 5 Mar - 15:35

J'ai toujours aimé avoir un emploi du temps bien rempli. Je m'ennuie vite sinon et il n'y a rien de tel que d'avoir une journée où tout s'enchaîne. Une matinée sur un plateau, un déjeuner avec une vieille amie de la fac, une après-midi à voir une nouvelle exposition, un peu de lecture dans le métro et finalement, un peu de temps pour la famille. Bon, en ce moment, c'était plus du travail constant et une demi-heure par ci par là à accorder à mes proches, mais je ne m'en plains pas. Ce job, c'est tout ce que j'ai toujours voulu. C'est difficile, c'est exigeant, ça me donne de l'inventivité, de la rigueur, de l'énergie. Précisément les qualités qui font de moi la personne idéale pour ce travail. J'ai toutefois eu quelques difficultés les premiers jours, avec quelques éclairagistes surtout. Des vieux de la vieille, qui ont bossé sur la franchise Harry Potter originale et ont fait des films avec Spielberg ou Scorcese. Des gens qui peuvent effectivement m'apporter beaucoup, j'apprécie leur expertise et leur passion. Ce que je n'apprécie pas en revanche, c'est leur machisme latent et qu'ils assument que je ne sais pas ce que je fais. Je n'ai pas autant d'expérience pratique qu'eux, je le reconnais volontiers et c'est pour ça que je les écoute et que je collabore étroitement avec la machinerie et le cadrage également. Mon travail n'est pas d'avoir toutes les connaissances techniques dans trois domaines différents, c'est d'avoir une vision qui reflète celle du réalisateur et de savoir comment la mettre en oeuvre. Avec leur aide. Si j'avais été un homme de quarante ans, sans doute que cela ne leur aurait pas posé de problème. Je soupire un peu en repensant à ma dernière altercation avec le chef électricien. Il m'a soutenu mordicus qu'il ne fallait pas utiliser cet équipement dernier cri, mais faire ça avec une technique plus ancienne et plus sûre. Je l'ai laissé prouver qu'il avait tort, on a perdu de précieuses heures, je pense que Katharine m'en veut autant qu'à lui maintenant et il est encore plus énervé qu'avant. Je vais finir par trouver par quel bout l'attraper pour qu'il me fasse confiance, possiblement à renfort de bières. J'y arrive toujours, si ma formation universitaire d'excellence m'a donné les clés pour réussir la partie technique de mon métier, c'est sans doute ma large famille qui m'a appris à gérer l'aspect relationnel.

Perdue dans ma réflexion pour coordonner mes chefs de poste dans la joie et la bonne humeur - ou au moins, l'efficacité - je manque de rater mon arrêt. J'attrape le grand sac en papier à mes pieds et bondis de la rame, sous le regard courroucé d'une vieille dame. Mes aînés m'en veulent aujourd'hui. La nuit est tombée depuis un moment et je me rends qu'il est plutôt tard. On est samedi, je doute que mes parents m'en voudront de débarquer à 23h. Ils ne seront peut-être même pas là, les Grayson sont des gens sociables et populaires, dans plus d'un cercle. Ma petite soeur sera peut-être elle aussi en train de profiter de London by night. Elle est plus sérieuse qu'Oli - ce qui n'est pas bien difficile, soyons honnêtes - mais elle n'en demeure pas moins une adolescente normale, avec une vie sociale qui n'est pas obstruée par le job le plus important de sa carrière. Je sonne à la porte, confiante que quelqu'un ouvrira. L'avantage d'une famille nombreuse et avenante, il y a toujours quelqu'un à la maison. Même si ce n'est pas toujours quelqu'un qui habite là. Mais en l'occurrence, c'est bien un Grayson qui m'ouvre, même si ce n'était pas celui que je m'attendais à voir. « Hey Mat ! » Je serre mon frère dans mes bras, dans un geste naturel quoique rare. Ca fait une éternité que je ne l'ai pas vu, entre son indépendantisme et mon année à l'étranger. « Je te dérange pas? Je venais déposer ça pour Lizzie. » Je brandis le sac, franchis le seuil sans invitation - c'est quand même chez moi hein - et continue sur ma lancée « Elle m'a dit qu'elle cherchait une robe pour une soirée et j'ai pensé à elle en voyant ça dans une vitrine de Camden... Bref, c'est pas la question. Elle est là? Et toi, tu vas bien? » Ca fait beaucoup de questions d'un coup, je me débarrasse donc de mon manteau et mes chaussures, retrouvant ces habitudes familières avec un plaisir non dissimulé, pour lui laisser le temps d'en placer une, enfin.
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MessageSujet: Re: Hey brother, do you still believe in one another?   Sam 5 Mar - 17:24

J’aime quand la maison est vide. C’est idiot, les gens pourraient penser que, en tant que membre d’une famille nombreuse et à priori assez unie – exception faite d’Aaron qui est un peu le paria, disons-le – j’apprécie les moments passés en famille. Tout le monde m’a toujours interrogé sur ma volonté farouche de quitter le domicile familial alors même que j’y avais tout ce qui était nécessaire à mon épanouissement personnel. De l’argent, des parents aimants, des frères et sœurs pour jouer et avoir des complices, et une liberté d’esprit incroyable qui m’aurait permis de vivre ma vie exactement comme je l’aurais souhaité. C’est vrai, objectivement, ma mère ne m’aurait privé de rien, et elle ne m’aurait pas empêché de faire ce que je voulais. J’aurais pu rencontrer les mêmes gens, fréquenter les mêmes filles, trouver le même boulot tout en restant sous leur toit, alors pourquoi, pourquoi cette volonté si ferme de disparaître aussi tôt que possible ? Cette famille, d’apparence simple, généreuse, joviale, m’a toujours oppressé, inquiété même. Nous sommes tous bien trop différents, construits sur un modèle opposé. Aaron et sa femme trop coincée, Jane et ses voyages, Chris et Adrian, Lizzie et Oli, trop de monde partout. Et ce nom qui refuse l’accès à la notoriété simple, qui refuse la reconnaissance du mérite. Moi j’avais besoin d’autre chose, et je ne sais même pas pourquoi. Je suis né solitaire au milieu d’une foule de gens qui aiment se réunir et être les uns avec les autres. Si j’avais été différent, la vie aurait sans doute été plus simple pour ma mère. J’imagine que je l’ai rendue triste, et finalement pour pas grand chose, puisque me voilà de retour à la case départ, coincé dans cette vie étriquée dont je ne parviendrais pas à me sortir. Je pourrais lui demander un boulot, elle serait ravie de m’aider. Elle n’aurait même pas la satisfaction de se dire que je ne peux pas réussir sans elle, ce n’est pas le genre de la maison, elle serait juste contente d’aider son fils. Mais je ne peux pas, problème d’égo sans doute.

Pour l’heure, la maison est calme et tout le monde est parti. Je ne sais pas bien où, car il faut bien admettre que je vis essentiellement dans ma chambre en attendant le retour de jours plus fastes. Je sais qu’il va falloir que je me bouge à un moment ou à un autre, pour passer au dessus de mes échecs et de ma rupture douloureuse, sinon je pourrirai ici à l’antipode de ce que je veux faire de ma vie et de ce que je revendique depuis des années. Je sais tout ça, mais pour l’instant, je n’y arrive pas. Je n’arrive pas à bouger, à penser, ou même simplement à me projeter. Il y a quelques mois encore j’avais des perspectives de carrière et une petite amie avec laquelle je m’imaginais passer le reste de mes jours – et ce même si c’est terriblement cliché de le dire. Et aujourd’hui, me voilà de retour chez moi, sans job, sans petite amie. Je n’ai même pas le courage d’aller écumer les bars le soir – et puis, de toute façon, je me retrouverais dans des situations bien cocasses à l’heure de tenter de ramener une fille « chez moi ». J’imagine ma mère face à une conquête d’un soir dans une de mes chemises et ne peux m’empêcher de rire. La réalité, malheureusement, me rattrape bien vite, et tandis que je me prépare un sandwich dans la cuisine, j’entends sonner à la porte. Je soupire, hésite un instant à aller me planquer quelque part en prétextant ne pas avoir été là, puis me ravise et décide plutôt de jouer les bien élevés. Je fais bien, parce que c’est Jane qui est sur le pas de la porte, et j’imagine qu’elle aurait fini par trouver ses clés ou par appeler Maman pour savoir où je me trouve. J’ouvre donc, et elle me prend dans ses bras, semblant à peine surprise – je lui suis reconnaissant pour ça, en réalité. Elle parle trop, comme tous les membres de sa famille, m’assène question sur question et même à moi, même dans cet état, cela m’arrache un sourire. « Ca va », je finis par souffler en haussant une épaule. « Lizzie est pas là, y’a personne. Seulement moi », j’explique. Ce qui ne doit finalement pas tout à fait faire ses affaires, j’imagine. Jane est ma sœur, je l’aime comme j’aime tous les membres de ma famille, disons simplement que je dois reconnaître ne pas être le plus simple à gérer. « Tu ne me déranges pas, non, j’avais justement une pause dans mon emploi du temps de ministre », je tente de plaisanter en haussant une épaule. « J’allais me faire à manger, tu as faim ? »
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MessageSujet: Re: Hey brother, do you still believe in one another?   Dim 6 Mar - 22:44

Comme je m'en étais douté, ma chère petite soeur n'est pas là. Plus étonnant, il n'y a personne à la maison à part Mathias. Je fronce un peu les sourcils face à cette information, évidemment par surprise et non mécontentement. Quand nos parents sortaient pour une soirée, nous en profitions généralement pour inviter quelques amis à manger une pizza ou improviser une soirée films. Il était rare en tout cas qu'il y ai juste un Grayson esseulé dans la maisonnée. Soit nous nous entraînions mutuellement dans nos sorties, soit nous nous forcions à rester avec le cloîtré. Mais Mathias est différent, il l'a toujours été. Là où Chris et moi aurions rempli la maison d'autant de bruit et de monde que possible - ou, au moins, fait venir Adrian et autoriser Gaby à manger du popcorn avec nous - il se complaît sans doute dans ce calme. Le silence inhabituel qui enveloppe la demeure familiale m'oppresse un peu, en toute honnêteté. Je suis très extravertie, je me nourris du contact humain. Pas dans un sens vampirique ou bizarrement sexuel, dans un sens purement relationnel. Je suis de ces gens qui ont besoin d'être entourés, de ressentir l'énergie d'une pièce pour être de bonne humeur et pleins de vitalité. La solitude me pèse rapidement et je supporte mal le silence. Le bruit, l'agitation, ça me rappelle ma famille et donc me fait me sentir en sécurité. Sans doute l'exact opposé de ce que ressent mon petit frère.

Mais autant ce calme apparent me déstabilise, autant c'est une excellente occasion de rattraper le temps perdu. En un an, j'ai raté beaucoup de choses, surtout avec Mathias, de qui je n'étais pas particulièrement proche à la base. Mon retour est le moment idéal pour réapprendre à le connaître, faire des efforts. Le voyage, ça vous change, tout ça. People travel to faraway places to watch, in fascination, the kind of people they ignore at home. La citation de Dagobert D. Runes me revient de je ne sais où, non sans une certaine ironie. Je souris à sa blague, appréciant la tentative d'humour. Voilà un trait typiquement Grayson auquel même lui n'a pas pu échapper. Il m'invite à rester, à mots couverts et même si j'aurais préféré l'emmener au restaurant, histoire d'entendre autre chose que le son de nos voix, je le suis à la cuisine et rétorque « J'ai toujours faim voyons, certaines choses ne changent pas. » Les plaisanteries au sujet de ma consommation de nourriture, proportionnellement à ma petite taille, sont un des sujets familiaux favoris. Je n'y peux rien si j'ai un métabolisme de connasse. J'aperçois un sandwich en cours de création sur le plan de travail et adresse un sourire taquin à mon frère. « Je vois que tu allais te préparer un vrai festin, tu es sûr qu'il y en aura assez pour deux? » Je lui tire la langue, geste puéril certainement induit par l'après-midi passée avec Oliver hier.

Je me dirige vers le frigo où, immanquablement, une bouteille de bon vin blanc entamée trône dans la porte. Je m'en empare et la montre à Mathias, l'interrogeant silencieusement avant de m'occuper des verres. Je le laisse s'occuper de notre souper de rois et m'installe sur un tabouret, ne sachant pas trop comment entamer la conversation. Ca fait sacrément longtemps et je n'ai jamais su trouver les bons mots avec lui. C'est plutôt frustrant d'ailleurs. Je suis sensée savoir comment lui parler. Je suis l'intermédiaire entre mes parents et le reste de la portée, j'essuie les larmes, dispense les bons conseils, aide à sortir après le couvre-feu en toute sécurité, viens les chercher chez machine ou bidule quand ils ont un coup dans le nez, les encourage, les aime plus que tout au monde. C'est naturel, facile. Avec la plupart d'entre eux. Aaron est un cas particulier, nous avons un rapport particulier. Il est différent des autres, pas juste de nous. Mathias est, bizarrement, bien plus un OVNI pour moi. Je ne sais pas sur quel pied danser et je n'ai pas cette relation plus ancienne, plus tendre que j'ai avec mon aîné. Mais évidemment, ce n'est pas ce qui va m'empêcher d'essayer. « Alors, comment ça se passe toi, qu'est-ce que t'as de prévu? » Je ne suis au courant que superficiellement des difficultés qu'il rencontre et j'essaie donc de lui laisser l'opportunité de dévier le sujet comme il l'entend. Mais je ne serais pas vraiment Jane Grayson si je ne mettais pas fermement les pieds dans le plat. « Tu sais, j'ai entendu dire qu'ils allaient renouveler le cast de Grease sur le West End bientôt. Les annonces de casting sont pas encore sorties, j'ai une amie qui est assistante de production là bas... » Anticipant son agacement, je lève les bras en signe de défense et ajoute « Je ne propose pas de te recommander - même si je peux, si tu veux - je te donne juste une information dont tu peux faire ce qu'il te plaira. » Ca va être une soirée intéressante.
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