best way to not get your heart broken is to pretend you don't have one [dexter & fabien]

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MessageSujet: best way to not get your heart broken is to pretend you don't have one [dexter & fabien]   Mar 1 Mar - 1:59

« best way to not get your heart broken is to pretend you don't have one »
[dexter & fabien]

Il y a une certaine frénésie dans l’air ce soir et Fabien l'écoute avec amertume. Il sent son cœur se resserrer, son estomac se débattre et sa peau s’enflammer, alors que l’appel de la nuit l’interpelle à nouveau. De la fenêtre de son appartement, il voit la ville brûler au rythme de la vie nocturne et l’odeur des flammes le caressent avec espièglerie. Comment peut-il résister au crépitement de la fête, au son de la cendre, à la musique du chaos? Certes, la majesté urbaine est irrésistible, surtout au prince des rues. Le regard de Fab s’égare, entre les carreaux vitrés et le reflet de sa déprime sur sa coupe de vin. Sa décision est prise, bien qu’il ne le sache pas encore.

L’étudiant clôt en quelques lignes son travail sur le Statut de Westminster et de son impact sur les relations internationales canadiennes. Il imprime la vingtaine de pages, sur laquelle l’encre se dépose, encore chaude et mouillée. Lui reste un quelconque article à rédiger sur un quelconque procès, et ce, au maximum pour le lever du soleil. Après un calcul rapide, Fab détermine qu’il a le temps de sortir, de baiser, puis d’écrire son papier pour le journal. Le jeune homme se lève, boit la dernière gorgée du vin tiède, ouvre une petite boîte de macarons, avale l’un des comprimés d’ecstasy s’y trouvant, revêt une veste et quitte l’appartement.

Le monde s’illumine toujours sous l’effet d’amphétamines. Ses sens se décuplent, sa volonté s’exacerbe, son inhibition se dissolve dans le composé chimique. Fab en oublie le monstre qui le ronge de l’intérieur et tout ce qui compte c’est la vie. L’air se respire mieux, l’alcool goûte les merveilles, ses jambes s’envolent sans effort. L’impression d’être coincé dans l’instant présent, que le monde ralentit et se stationne, alors que Fab est en ébullition. C’est fabuleux.

Fab sort son cellulaire, fait quelques appels. Ces mates sont tous indisponibles to get hammered. Sad. C’est dommage, il n’y a rien de mieux que la bande qui se rassemble afin d’admirer la déprave de chacun, de célébrer encore d’autres Dionysies. La musique, les rires, la soif, bercent alors le groupe réuni. Ils ne connaissent plus la mort et en veulent toujours plus. Fab est toujours calme, mais toujours partant. Il enfile les pétards et hallucine toutes sortes de merveilles, danse sous leurs lueurs, baise avec leur chaleur. Plus la nuit avance et plus il ne peut mettre un terme à son libertinage. Quand ses voisins huppés se plaignent trop, la troupe migre vers ces rave parties qui n’en finissent plus, des fleurs se coincent dans leurs cheveux sous les balades électriques auxquels ils se déchainent, gueulant leur animosité, laquelle est ensevelie par le tonnerre de la musique house.

Seulement, le jeune homme n’a pas besoin d’eux. Il dévale les rues à la recherche du bar où aller se rire de ses obligations ou noyer ses remords. À nouveau, ce soir, ses vieilles flammes s’éteignent afin que lui s’embrase. Ses yeux sont des brasiers où brûle toute inhibition, ses poumons s’étouffent d’allégresse et son cœur, surtout son cœur, pompe son sang avec furie.

Fab est un chat de ruelle dans la nuit anonyme, achronique, il se détache de tout, ne reste plus qu’à boire, danser, baiser. Le voilà son mojo. Adepte des vices, disciple de la jeunesse. Tout son être bouillonne, ses crocs se serrent d’anticipation, sa tête flotte de bonheur. Le trottoir est son chemin vers le nirvana et il le dévale sans se presser. Comme il aime Londres la nuit.
Le bar qu’il sélectionne brille furieusement dans l’obscurité. Sur la piste de danse, les stroboscopes verts et bleus se font la guerre, catapultant des faisceaux toujours plus intenses que les précédents. Les filles ne portent presque plus rien, les garçons suent et chassent. La savane urbaine se démène à la cadence d’un rythme félin. Fab est avide, il guette les pauvres proies, innocentes et veules ou vicieuses et aisées. Il ne peut s’en empêcher, il doit coller sa chair contre un corps, goûter la bouche mouillée d’un visage sans nom. Faire la java le comble, pourquoi y résister? Il s’appuie contre le bar où les gens boivent, se reposent ou avuent l’ennemi. Il commande une pinte et s’empresse de goûter la boisson dorée. Le liquide froid coule contre sa gorge, lui masse l’être : l’extase. Alors qu’il termine sa dégustation, il en redemande.

Dans ces moments, Fab ne comprend pas comment le malheur peut exister. Comment, le lendemain, il pourra à nouveau ressentir de la douleur en pensant à ce qui s’est produit à Seattle, en songeant à Cassie et autres. S’il l’idée de ses souvenirs s’adresse à lui, dans ses moments d’ivresse, il demeure de marbre, la tête en dérive. Voilà comment il survit. À ce moment, par exemple, ça fait plus d’une semaine qu’il n’a pas été sobre. Et quand il atteint, cet état, il n’en devient pas plus sot. Il sait que cette hantise lui sert d’excuses afin de diluer son horreur face à un avenir des plus incertains et sa peur de se dédier à quelqu’un. Les fantômes traversent des murs, pas des océans. S’ils voyagent de Seattle à Londres, c’est puisque Fab les y reçoit. Voilà pourquoi il boit, danse, fume et baise. Ces souvenirs s’échouent, pour un moment. Est-ce maladif? Peut-être bien. Pourtant, Fab sourit. Et son sourire plaît.

Au coin du bar, son œil croise celui d’un étranger. Sans gêne, Fab le reluque. Il doute quelques secondes. Cet homme est plus qu’attrayant. Le coincer dans ses bras ne sera pas aisé. Sur la piste de danse, une blondasse lui fait de l’œil. Ni belle, ni laide, elle est ordinaire. Fab se méfie des filles et des garçons ordinaires : ils cachent trop souvent bien leur jeu. Cassie par exemple. Au départ, ils semblent inoffensifs, jamais croirions-nous en tomber amoureux. Et leur simplicité nous charme, nous drogue. Et l’amour, Fab est loin d’y songer.

Il replace ses cheveux châtains, lesquels pendent devant ses yeux. La lutte commence. Fab déteste s’éterniser dans de puérils échanges : il ne drague pas, il s’éclate. Il s’approche, un mince sourire en coin, les yeux vifs et le visage calme, dénudé d’artifices et d’histoires.

«Hi.»


Dernière édition par Fabien A. Hepburn le Mer 9 Mar - 0:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: best way to not get your heart broken is to pretend you don't have one [dexter & fabien]   Dim 6 Mar - 20:44

Dexter ouvrit un œil encore endormi, pour se retrouver face à son réveil indiquait 18h59. Un soupir passa ses lèvres, soupir de lassitude. Combien de temps avait-il dormi là, assommé par l’alcool ? Le problème commençait à devenir récurrent, mais il l’était d’autant plus qu’il se trouvait en vacances et qu’il n’avait donc pas d’obligations professionnelles à satisfaire. Il grimaça en allumant la lumière, puis encore en découvrant le soleil se couchant déjà à travers la fenêtre. Il était rentré tôt ce matin, après avoir passé la soirée dans un bar ; avait échoué dans un taxi puis dans son lit. Le plus raisonnable serait en réalité d’y rester et d’avaler quelques comprimés couplés de litres d’eau pour absorber le mal de crâne qu’il sentait venir et la fatigue accumulée, mais Dexter se hissa plutôt en dehors du lit pour gagner sa minuscule et ridicule cuisine. Il fouilla dans le frigidaire pour en sortir de l’eau – et de la nourriture – et s’improvisa un petit déjeuner qu’il assortit effectivement de comprimés contre le mal de crâne. Il prit son temps pour manger, espérant que le comprimé fasse effet rapidement, posé sur une chaise sans bouger. Son portable n’annonçait aucune nouvelle du monde extérieur, une chose à laquelle il aurait dû se préparer en réalité, parce qu’il avait progressivement coupé les ponts avec nombre de ses amis et ne demandait lui même pas spécialement de nouvelles de qui que ce soit. Quelques coups d’un soir le relançaient parfois pour l’inviter à venir boire des verres, ou que sais-je encore. Mais en général, il ignorait tout signe de vie et laissait les gens se lasser. Dexter n’aimait pas revoir les mêmes personnes plusieurs fois, se refusait à ce sentiment d’attache ou d’affection. Pour le moment, la seule chose dont il avait réellement envie et besoin, c’était d’être seul.

C’est en songeant à sa solitude qu’il jeta un coup d’œil à sa montre. 19h27. Déjà, la douleur qui cognait dans sa tête s’était-elle quelque peu estompée. Il termina la nourriture sortie et attrapa son paquet de cigarette pour en glisser une sur le bord de ses lèvres. Une mauvaise habitude qui le suivait depuis le lycée, mais qui s’était renforcée avec la mort de son frère Thomas. Avant, Dexter savait être raisonnable, mais depuis quelques mois, la cigarette était devenue un poison qui parvenait à calmer son rythme cardiaque et ses angoisses, le seul réconfort incandescent dans un océan de noirceur. Alors il se laissait aller à déguster ces choses qui raccourcissaient sans doute un peu sa vie sans porter attention aux avis extérieurs. Sa mère l’aurait tué si elle avait su ; mais voilà, elle n’avait même plus la force de dire bonjour, c’était dire si elle n’aurait pas la force de le réprimander pour quoi que ce soit d’ailleurs. Dexter se plaisait à s’imaginer un peu rebelle, même lorsqu’il était plus jeune, mais cette rébellion faisait pale figure à côté du drame qui avait agité sa famille et qui avait éradiqué tous les rapports autrefois très soudés qu’il entretenait avec les siens.

Une fois la cigarette terminée, Dexter se recoucha un temps, suffisamment pour éradiquer définitivement son mal de crâne. Il prit une douche, enfila un jean et un pull noir, col V, assez moulant. Il cherchait quelque chose. La nuit derrière, il était rentré chez lui, seul, bredouille. C’est de la chaleur d’un corps dont il avait besoin. Pas de discussion, pas de débats métaphysiques, il voulait juste profiter d’une soirée passée à charmer jusqu’à ce qu’il puisse rentrer chez un inconnu – ce qui vaudrait peut-être mieux que de faire rentrer l’inconnu dans son appartement tellement bordélique. Il passa un peigne dans ses cheveux et se parfuma, attrapant son manteau avant de disparaître du petit appartement. Il voulait passer embrasser sa sœur avant la soirée, et une fois chose faite, fila en direction d’un bar dont la fréquentation était suffisamment jeune et diverse pour qu’il puisse trouver quelqu’un qui lui plaise. Femme, homme, Dexter n’avait jamais été très compliqué dans ses choix. Ouvert à tout, il ne s’était jamais privé de profiter des joies d’un corps, même quand Thomas était encore vivant et le réprimandait pour son côté volage.

Il gara la voiture en songeant qu’une fois de plus il risquait gros en conduisant alcoolisé s’il rentrait en voiture, sans vraiment que ça le décourage pour autant. Il entra dans le bar et s’installa sur les grands tabourets, tout proche des serveurs pour commander plus vite. Oublier, dormir, sortir, boire. Son rythme de vie se résumait grosso modo à ça, ne lui laissant pas vraiment le temps de penser. Quand il travaillait, c’était un peu différent, mais les vacances le contraignaient à changer ses habitudes pour parer à la solitude. Il commanda un whisky et attendit, faisant du repérage parmi les gens présents dans la salle. Mais il n’eut pas besoin de faire le moindre déplacement, car un brun l’approcha et c’est lui qui prit la parole en premier. D’un regard, Dexter put aisément deviner ce qu’il avait derrière la tête. Ce serait donc vraisemblablement avec un homme qu’il terminerait la soirée de ce soir – il ne s’en plaindrait pas. « Hello », murmura-t-il en finissant son verre d’un trait – peut-être pour se donner meilleure contenance, meilleure composition, ou peut-être simplement parce que son verre vide lui donnerait l’occasion d’en commander un autre et d’en payer un au beau brun lui faisant face. « Can I buy you a drink ? »
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MessageSujet: Re: best way to not get your heart broken is to pretend you don't have one [dexter & fabien]   Mar 8 Mar - 2:54

Un sourire glisse entre les lèvres de Fab, alors qu’il acquiesce à la proposition du beau gosse. Il sent son étau se serrer contre le bel homme devant lui, lequel doit avoir le même sentiment. Cette emprise que le charmeur quoi se développer chez le charmé, alors que tous les deux ne sont en réalité que d’aveugles prédateurs. Néanmoins, Fab se sait immuniser aux soupirs de ses amants et de ses amantes, par le simple que d’autres murmures l’obsèdent. Il sait se reconnaître maladie, diagnostic névrosé qu’il apaise par des conquêtes éphémères, mais une dérive constante. La veille même a-t-il fait festoyer jusqu’à l’aube et s’est retrouvé dans les bras d’une brunette volage dont les seins le caressèrent sous la Lune voyeuse. Dans ce bain de jouisseurs, ils avaient baisé comme à en perdre leur souffle, tout son être infiltrant le sien, frappant son bassin contre le sien, leurs regards s’entrechoquant lascivement. Avec hargne, l’avait-il pris, et avec ce même sentiment s’était-elle vengée en le plaquant contre les draps souillées par leur sueur et en grimpant sur son corps, mordant son torse et agitant ses hanches jusqu’à les blesser. Leurs ébats s’étaient prolongés sur plusieurs heures, jusqu’à ce qu’ils abdiquent, leurs corps drainés d’énergie.

Et pourtant, le voilà, à peine douze heures plus tard, déjà à nouveau aussi avide d’ébats. S’il ne dissimulait pas ces pulsions au nom de la décence, Fab aurait sauté au cou de l’inconnu, ses mains se fermant contre l’arrière de ces cuisses afin de le soulever contre le bar et le prendre là devant tous et chacun. Heureusement pour certains, les normes sociales s’étaient développées, d’autres diront embellies, de sorte que de tels comportements étaient réprimandés et leurs perpétrateurs, des animaux. Fab ne comprenait pas toujours cette gêne, néanmoins, tout ce qu’il l’importe à ce moment, c’est l’idée de partager un coït avec ce beau gars, alors ces fantasmes bestiaux et indécents devront être tus, afin que sa cible ne fuit pas. De fait, voilà pourquoi un sourire glisse entre les lèvres de Fab, lequel ne révèle pas sa soif, le caractère incontrôlable de sa dépendance. Il se contente de vêtir sa désinvolture singulière et caractéristique, laquelle est réputée faire son charme.

«Go ahead, hot stuff.»

Une nouvelle bière entre les mains, il y plonge ses lèvres et calme sa soif à grandes goulées. La pièce est chaude, son humidité torride, et Fab a chaud et la bière froide semble abaisser la température. Cette boisson, le jeune homme la boit comme de l’eau, c’est son eau de jouvence qui l’excite, l’enivre, et pourtant, possède un goût si mielleux, comparativement au fort. Il se sent à nouveau rafraîchit et bien. Son regard retourne vers le beau gosse, qu’il se permet d’étudier, souriant. C’est tout un morceau. Il est possible d’apercevoir le tissu de son chandail se coller contre sa peau, moulant ses muscles, dans une image torride.

«I’m Fab, by the way. And with whom do I have the pleasure of speaking with?»

Lors des fêtes dans son appartement, Fab a l’habitude de côtoyer des gens de sa trempe, lesquels, libertins et évasifs, suffisaient d’un regard pour se lancer dans une série d’ébats. Une fois sous l’effet des amphétamines et de la musique saignant leurs tympans, les fêtards en arrivent en dansant à partager des frictions entre leurs épidermes, jusqu’à s’embrasser langoureusement parmi la foule défoncée. Peu nombreuses sont les soirées au cours desquelles Fab s’est retrouvé seul dans son lit et occasionnelles furent celles où plus d’une personne vinrent le partager. Ses gens avec qui ils se tenaient, en majorité des étudiants, qu’ils étourdissent le droit, la médecine, la psychologie ou les affaires, se donnaient corps et âme, de manière inhumaine à leurs études, tel que la société leur demandait de faire. Leurs débauches leur permettaient de survivre à ce rythme frénétique et pénible qu’est la session universitaire. Ainsi, cette rage pour le système, ce désir de revanche contre cette charge de travail démesurée, ce besoin de destruction les poussaient à reconnecter avec leurs envies bestiales, charnelles. Et ce soir, Fab le réalise à nouveau et n’en a pas honte. Au contraire.

Néanmoins, avec ce bel inconnu, l’étudiant en droit ne peut se permettre une telle direction, cette sincérité presque animale. Il se force alors à entretenir le dialogue, découvrir les occupations de son interlocuteur, s’en rapproche lascivement. Lui-même révèle qu’il étudie le droit, qu’il habite Kensington, qu’il est Canadien, Néerlandais et Suédois, parle les langues de chacun de ses pays, le français et l’anglais dans le cas du premier. Insérer dans la discussion que ses parents voguent à longueur d’année sur les eaux chaudes des Caraïbes sur un catamaran sait toujours en charmer quelqu’un. Fab s’imagine que ceci lui donne une allure exotique ou quelque chose du genre, l’image d’un marin anonyme et libre.

Soudainement, l’effet du comprimé d’amphétamine qu’il a gobé tout à l’heure s’intensifie. Il sent son corps pomper avec une ardeur plus véloce. Il sourit, ne cesse de sourire, afin de ne pas tomber dans l’euphorie et sembler quelque peu dingue. Ses cuisses se contractent et se décontractent répétitivement, comme sous une impulsion d’adrénaline. Bien que tout ceci se passe subtilement, Fab en a assez de placoter, son corps lui réclame de bouger, de se laisser aller. Du coin de l’œil, il convoite le plancher de danse sur lequel il souhaiterait se défoncer. Néanmoins, l’idée de baiser avec ce bel homme l’obsède davantage et permettrait davantage de profiter de son extase. Peu de choses en ce monde s’apprécient mieux qu’une bonne baise sous l’effet de l’ecstasy. Après avoir péroré depuis un moment convenable, Fab en profite pour avaler le reste de sa bière en une gorgée démesurée, avant de déplacer sa main sur la hanche du beau gosse, puis de la glisser contre sa fesse.

«I can’t hear you well with all this music, what do you say we go over to my place? It’s not too late to take the tube. And I do have a fine bottle of wine to share.»
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MessageSujet: Re: best way to not get your heart broken is to pretend you don't have one [dexter & fabien]   Mar 24 Mai - 22:14

Il y avait quelque chose de mécanique dans la façon que Dex avait de ramener des inconnus chez lui, des nouvelles têtes chaque soir passant. Il ne savait pas exactement pourquoi – il avait toujours été un peu comme ça, incapable de se fixer, de rester fidèle à la même personne. Un défaut que son frère lui reprochait beaucoup, lui qui aurait sans aucun doute grandement apprécié qu’ils puissent tous les deux se targuer d’être mariés et propriétaires, peut être pères. Dexter ne pouvait s’imaginer occupant une fonction de père. Pas que le sien eut été particulièrement mauvais comme exemple, loin de là. Les deux garçons avaient tous les deux grandi dans une famille aimante, compréhensive, presque étouffante d’amour parfois. Simplement, il ne parvenait pas à transposer le rôle qu’avait jouer son père pour lui à sa propre personne. Il se trouverait démuni face à un enfant, face à une relation, face à quoi que ce soit s’apparentant à du sérieux.

Thomas lui avait répété plusieurs fois que cette absence de volonté de s’engageait tenait surtout aux rencontres qu’il avait faites, ou plutôt à celle qu’il n’avait pas encore faite. La rencontre du type, ou de la fille qu’il ne voudrait plus jamais quitter. Une partie de lui ne croyait pas trop à ce conte de fées, et si l’autre s’était un temps prêtée au jeu, ce temps était révolu désormais. Aimer quelqu’un à la folie, montrer son amour aux autres, et finir mort sur un trottoir, voilà ce que lui inspirait la conduite de son frère désormais. Dexter avait aussi du mal à imaginer ce que son frère aurait donné, comme père. Un père compréhensif et aimant, sans aucun doute, mais aussi un père occupé. Thomas avait son caractère parfois un peu égoïste. Il aimait ses passe-temps et son petit confort, renonçant difficilement à ses plaisirs personnels même lorsqu’ils ne semblaient pas être à propos dans des conditions particulières. Thomas n’était pas non plus particulièrement patient. Peut être aurait-il appris avec le temps, peut-être que la douceur d’Isaac aurait gommé ces défauts légers. Les parents sont des gens comme tout le monde, après tout, qui ont le droit de posséder leurs propres défauts.

Dexter commença les boissons et s’empressa de goûter à la sienne, sans attendre le délai raisonnable qui aurait pu lui permettre de ne pas passer pour un alcoolique de base. Tant pis, il était bien au dessus de tout ça. Il n’avait que faire de ce que les gens pensaient de lui, et n’était pas complètement idiot, ni particulièrement aveugle. Plaire était un jeu facile pour lui, comme ça l’avait été pour Thomas et pour tous les deux à une certaine époque. Si ce type décidait de le trouver trop bizarre, un autre l’accompagnerait pour la soirée. Ses gestes n’étaient plus maitrisés, ses actions à peine pensées. C’est comme ça qu’il passait de bonnes soirées, sans réfléchir. « I’m Dexter, Dex if you fancy ». Il haussa une épaule en reposant le verre sur le comptoir du bar, vide. Il soupira légèrement, le bruit l’empêchant de profiter pleinement de cette nouvelle rencontre. Dex n’était pas fan des bars de manière générale et c’était pourtant le seul endroit potable où il était susceptible de rencontrer qui que ce soit pour occuper ses soirées – hors de question de mettre un pied en boîte de nuit. Ce qu’il préférait, lui, c’était passer la soirée chez lui, tranquillement, un paquet de clopes et un bon film pour lui tenir compagnie – mais ce comportement n’aidait ni sa vie sociale, ni sa vie sexuelle.

Fort heureusement pour lui, Fab comme il disait s’appeler sembla penser de la même façon car il proposa bien rapidement de bouger – et chez lui, qui plus est. Dexter n’était pas du genre à s’offusquer ou à se montrer prude. Il se redressa, attrapant sa veste tout en finissant le verre qui l’attendait toujours sur le bar. Jetant sa veste sur ses épaules, il hocha vivement la tête. « That’s a fantastic idea, we’ll be much better over there ». Il offrit un sourire pour appuyer ses propres et indiqua la sortie du bar à sa nouvelle rencontre pour l’inviter à prendre la tête du chemin. « I’m right after you » ajouta-t-il. Sitôt l’air extérieur retrouvé, il se sentit presque immédiatement apaisé. Le silence lui fit un bien fou. Il décida d’abandonner sa voiture à sa place et de revenir la chercher plus tard dans la soirée – ou le lendemain, et se contenta de suivre Fab dans les rues londoniennes pour gagner son appartement. « Can’t wait to drink that wine », lança-t-il en jetant un clin d’œil dans la directement de Fab.
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MessageSujet: Re: best way to not get your heart broken is to pretend you don't have one [dexter & fabien]   Ven 10 Juin - 6:29

Fab s'amuse. Jusqu'à maintenant, Londres lui sourit. Tous ses sorrows qu'il a laissés derrière lui prennent une importance moindre, alors que les deux mois s'étant écoulés depuis son arrivée dans la capitale se sont avérés dignes de ses rêves les plus fous. Voilà comment il se sent. Perdu au milieu de l'un de ses songes d'hiver, ceux-là même qui, dans la pénombre envahissante de février, dépose leur hantise contre les rêveurs aux vœux inexaucés, vivifiant en eux leurs souvenirs inachevés. À la seule différence que Fab les complète! Son exil sur le Vieux-Continent a su l'effrayer, mais c'est sans regret qu'il s'y prélasse désormais, qu'il y fait la java, qu'il y baise avec les plus beaux visages d'Europe, du moins, s'amuse-t-il à le croire. Son extasie n'est plus que psychotrope, il la déniche dans la hardiesse du jour et l'adrénaline de la nuit. Chaque soir est une aventure dont il se délecte, chaque conquête lui procure une sensation poignante de volupté. Ce soir, Fab s'imagine être en danger, comme s'il s'agissait du dernier soir, que Dex allait être le dernier garçon, qu'il s'apprête à jouir au dernier des moments... Voilà comment il se sent. Comme dans l'un de ses rêves les plus fous, dont l'éminence pourrait être immédiate.

Toni traverse ses pensées, évidemment. Fab ne peut nier que sa propre audace s'inspire partiellement de celle de son ancien colocataire catalan. Parfois, il souhaiterait avoir le brun ténébreux à ses côtés, les satyres enfin réunis, le premier sous la tutelle de Dionysos, le second sous l'égide de Pan. A contrario, il apprécie aussi la solitude que lui procure Londres. Le rejet de la candidature de Toni n'aura donc pas eu que ces mauvais côtés. Tant de ce que Fab est est dû à son amitié avec l'Irlandais tenace et dérisoire. Et vice-versa. Ainsi, cet exil lui permet d'apprendre à se connaître, sans la présence de Toni, celui-ci se noyant probablement quelque part à Ibiza.

L'enthousiasme de Dex ravi le jeune étudiant. Le sourire qu'il lui lance en quittant le bar le rend même davantage confiant. La technique de Fab n'est pas la plus aiguisée. Toni le surpasse dans l'art de draguer. Pour celui-ci, mentir consiste en une seconde nature, si non pas une première. Prêt à faire miroiter les songes les plus romanesques afin de mener un garçon ou une fille ou qui que ce soit d'autres sous ses draps. Fab n'a pas cette ambition démesurée. S'il est probablement satyriase lui-même, son désir grandiose ne le mène pas dans le domaine de la supercherie. Ses approches ne tentent pas de déjouer les réticences de l'adversaire, mais bien de les faire oublier. Son charme est à la fois juvénile et candide, mais aussi tranquille et réfléchi. Du moins, ose-t-il le croire. Non seulement, probablement que l'amphétamine joue un rôle considérable dans son engouement empressé ce soir, mais sa nature se veut empreinte d'une volupté civile. L'adversaire n'a pas à être piéger, mais conquis.

Malgré tout le respect que Fab accorde à ces filles et à ces garçons avec lesquels il baise, jamais ne laisse-t-il son cœur s'avancer sur le champ de bataille. S'il combat avec honneur, l'idée d'un tel sacrifice le terrorise.

Fab mène Dex à la station la plus proche, se faufilant à travers les rues atrophiées de Londres. Le jeune homme rigole à l'idée de la promiscuité européenne, songeant aux étendues infinies du Canada, sa mère patrie, et celles des États-Unis, sa terre d'accueil. Le Londonien et lui s'engouffre dans les réseaux souterrains de la ville. Si Fab avait du temps à perdre en cherchant le bar parfait, s'autorisant à vagabonder à travers Hyde Park, il désire se rendre dans sa thébaïde de Kensington rapidement, avant la disparition des effets de l'ecstasy. Peu de plaisirs équivalent jouir, les sens embués par la MDMA.

Dex et lui pénètrent dans le premier wagon. Sans apprendre par cœur les lignes souterraines de Londres, l'habitude a mené Fab à savoir instinctivement dans quelle direction aller afin de retourner à son lit. Après tout, suite à certaines soirées pimentées, il a dû déjouer les difficultés du métropolitain dans des états nettement plus défoncés que son état actuel.

Le wagon se vide, accordant aux deux garçons une intimité perverse. Si l'idée de baiser son nouvel ami directement sur le sol du véhicule lui traverse l'esprit, Fab se retient, par précaution. Néanmoins, sa main glisse tout de même sur la cuisse de Dex, louvoyant dangereusement contre celle-ci.

« You didn't tell me how a hottie like you ended up alone in a bar. I'm lucky, another guy could have offered you champagne. »

Une voix mécanique annonce le nom de la station la plus près de l'appartement de Fab. Deux coins de rues pour être exact. Le Canadien retient son éclat de rire, voyant son compagnon grelotter sous la menace de la froideur de février, laquelle a redoublé d'ardeur, la nuit étant maintenant avancée. Si seulement il voyait ce que les Québécois nomment des bancs de neige, ceux-là même qui se forment de chaque côté des rues. S'il n'en glisse pas un mot, Fab rigole, ses héritages canadien et suédois lui procurant une immunité ancestrale contre les intempéries nordiques.

Après avoir monté les quelques étages les séparant du flat de Fab, les garçons y pénètrent. Apercevant les mains légèrement bleutées de Dex, l'étudiant les saisit avec un sourire chaleureux.

« Come with me. » susurre-t-il avec un clin d'oeil.

Fab mène Dex près de l'un de ses divans, l'y installe, lui suggérant de get himself cozy. Le Canadien se penche vers le thermostat régulant les activités du foyer et démarre celui-ci, un doux brasier s'embrasant dans un antre vitré. Quelques partitions trainant sur son piano derrière le canapé, Fab en profite pour les saisir et les fourrer dans un classeur exprès.

« Let me go get the wine. »

La sélection de la bouteille s'avère facile, Fab choisissant un vin espagnol qu'il affectionne particulièrement. De toute manière, le choix importe peu car, si tout se déroule bien, les deux garçons ne devraient pas déguster le nectar de raisins trop longtemps. Il s'approche alors et tend à Dex sa propre coupe, s'installant à ses côtés sur le canapé. Leurs hanches s'avèrent dangeureusement adjacentes. Jouant avec ses doigts contre le verre de sa coupe, faisant valser celle-ci et le précieux vin qu'elle contient, Fab relance Dex.

« Are you still cold? »

Et puis bon, à quoi lui servirait-il de s'armer de discrétion, de subtilité? Dex et lui désirent la même chose, alors pourquoi se retenir?
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