How does a single word can make a heart open - Raph&Imo

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MessageSujet: How does a single word can make a heart open - Raph&Imo   Jeu 28 Jan - 2:44



RAPHAEL & IMOGEN
« like a small boat on the ocean »

Elle avait du prendre son courage à deux mains. Et encore, deux mains, ça n'était pas vraiment assez pour la dose de courage nécessaire. De la témérité presque. Mais elle avait fait l'effort. Ce n'était pas son genre pourtant, pas tant que ça, de faire tant d'effort pour des personnes qu'elle ne connaissait que vaguement. Mais elle ne pouvait pas faire autrement. Parce qu'elle était trop observatrice pour son propre bien. Et à force de rester au théâtre jusqu'à des heures indues, pour profiter du lieu, s'y habituer, faire ses marques, se sentir à l'aise... Elle avait finit par se rendre compte qu'elle n'était pas la seule à rester au delà des horaires normaux. Au delà des horaires décents. Elle aurait pu faire comme si de rien, et se dire qu'elle n'était pas la seule à être tombée amoureuse des lieux, mais celui qui restait aussi tard qu'elle n'avait malheureusement pas l'excuse du premier amour. Il n'avait pas l'excuse des romances adolescentes avec ce lieu qu'il ne devait que trop connaître. Et si Imogène commençait aussi à devenir trop vieille pour de prétendues romances adolescentes, maintenant qu'elle avait atteint le quart de siècle, c'était une chose qu'elle refusait encore d'admettre. Et elle avait bien le droit d'avoir une passion naissante pour le théâtre, elle qui découvrait tout juste le monde de la comédie musicale. Alors non, elle n'avait pas eu le réflexe d'aller dire à ce cher De Lacy qu'il n'avait rien à faire dans le théâtre quand elle le quittait bien après les horaires normaux. D'une part parce qu'il était bien trop impressionnant pour ça, et d'autre part parce qu'elle n'était pas du tout du genre à dire aux autres ce qu'ils avaient le droit de faire ou non. Il était assez grand pour savoir s'il avait envie de rester dans les loges après les autres. Et elle n'était pas responsable de la sécurité du lieu. Ça lui passait donc à quinze lieues au dessus de la tête. Mais ça lui avait tout de même mis la puce à l'oreille. Imogen n'était pas forcément à l'aise dans ce nouveau milieu, alors elle observait les gens. Elle observait la troupe. Forcément, à tous travailler dans le même milieu, ils se connaissaient et avaient sûrement leurs petites histoires. Et ceux qui étaient plus âgés encore plus. Alors la nouvelle arrivée observait. Elle observait pour comprendre, pour déceler les habitudes, pour connaître les personnalités, pour essayer de suivre les discussion parfois un peu trop compliquées qui avaient lieu en coulisse. Elle observait tout simplement pour réussir à se faire sa place et réussir dans ce milieu qui commençait à vraiment lui plaire. Et elle avait commencé à l'observer lui. Celui qui restait aussi tard qu'elle, et même plus. Et si elle ne connaissait rien de lui, elle trouvait que quelque chose clochait. Peut-être était-il juste plus terne que le reste de la bande, plus réservé, plus distant. Peut-être se faisait-elle des idées.

Il n'y avait pas vraiment de bonne réponse. Aller lui parler ne serait pas forcément d'une grande aide, parce que quoi que fussent ses problèmes, elle doutait qu'une jeune fille de vingt-cinq ans comme elle trouve une solution miracle. Aller lui parler l'ennuierait peut-être plus qu'autre chose, mais ce n'était pas comme si le chef d'orchestre était de toute façon très chaleureux avec Imogen. Elle ne perdait donc pas trop au change, même s'il le prenait mal. Tout ce qu'elle savait, c'était qu'elle ne pouvait pas ignorer le problème. Ou du moins, ce qu'elle pensait être un problème. Elle n'avait pas souvent eu de coups durs dans la vie, mais elle avait suffisamment de romans un peu niais pour savoir que le silence ne permettait pas de résoudre quoi que ce soit. Elle aurait bien délégué à quelqu'un plus habitué du milieu, quelqu'un qui aurait déjà fréquenté Raphael sur des pièces précédentes. Mais elle ne pouvait pas confier sa mission absurde à qui que ce soit, on risquait de la trouver paranoïaque. Alors elle s'y collait. Elle était restée un peu plus tard, comme toujours, et encore une fois, il n'était pas parti. Alors elle avait bu deux mugs de café juste avant pour le courage, mais ce n'était pas eux qui agitaient ses mains. Elle respira un grand coup. Ce n'était qu'un homme après tout. Elle n'avait pas de raison d'avoir peur de lui, même si les adultes en général l'angoissaient. Elle avait sûrement eu affaire à plus cassant que Raphael ne pourrait jamais l'être, elle avait subit cette émission de télé sans jamais ciller... Alors oui, elle pouvait le faire. Elle avait déjà pris son courage à deux mains de tout façon, il ne lui restait plus qu'à se lancer.

Et elle toqua doucement contre la porte de la loge. Attendit deux petites secondes, deux secondes de politesse, et elle l'entrouvrit, pour passer d'abord sa tête à travers la porte. Comme pour vérifier. Vérifier qu'elle ne s'était pas tromper sur l'identité de celui qui restait tout le temps après elle dans cette pièce. « Raphael..? » Et puis ses épaules et le reste de son corps suivirent le mouvement de sa tête, alors qu'elle avançait un peu plus, restant tout de même un peu derrière la porte ouverte. « Je... J'allais partir, j'suis la dernière... » Elle détestait le ton un peu trop hésitant de sa voix. Et elle ressentait de plein fouet le ridicule de sa démarche. Mais elle était lancée, et il aurait été encore plus ridicule de faire marche arrière maintenant. « Du coup, je me demandais... » Qu'est-ce qu'elle se demandait au juste? S'il était suicidaire et s'il y avait besoin qu'elle appelle quelqu'un? Si la nouvelle du casting pouvait l'aider avec ses problèmes sûrement très personnels? Elle aurait pu lui demander si il avait une corde et un tabouret pour qu'elle se pende aussitôt et arrête de s’embarrasser plus que nécessaire, mais ce n'était pas le genre d'humour dont elle faisait preuve lors de ce type d'intervention un peu ratée. Elle aurait peut-être du, ça n'aurait pas forcément nuit à l'ambiance. « Je me demandais, je savais pas pourquoi tu restais tard et... » Et elle s'embrouillait, elle marmonnait des trucs un peu inutiles sans forcément oser le regarder. Parce qu'elle était paumée là. Elle n'était pas des gens les plus à même de sauver les autres de leurs problèmes. Elle aurait déjà eu du mal à se sauver des siens. C'était bien pour ça qu'elle s'arrangeait pour ne pas en avoir. Mais elle arrêta de marmonner deux secondes, inspira, expira. Comme avant d'entrer sur scène. « Désolée. » Oui, elle s'excusait, parce que son comportement ne faisait aucun sens et que Raphael n'avait pas besoin de croire qu'il avait dans le cast une fan qui perdait ses moyens ou quoi que ce soit de ridicule du genre. « Je me demandais si ça allait. » La question était franche, aller droit au but. Au moins, s'il lui riait au nez, elle serait fixée. Elle ne pouvait pas s'empêcher de glisser une main nerveuse dans ses boucles sombres au vu du ridicule de la situation. Mais le ridicule ne tuait pas, et ça l'arrangeait bien.


Dernière édition par Imogen D. Kennedy le Mer 13 Avr - 0:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: How does a single word can make a heart open - Raph&Imo   Dim 20 Mar - 15:31

Raphael avait toujours été quelqu’un d’extrêmement… composé. Chacun de ses mouvements semblaient avoir été écrit au préalable. Il ne semblait pas faux pour autant. Il était simplement une partition ronde et bien écrite. Il était harmonieux et agréable à lire, à entendre. Raphael ne faisait jamais de fausse note. Raphael ne semblait jamais désagréable. Raphael, le chef d’orchestre, semblait aussi mener sa vie à la baguette. Au théâtre personne ne pouvait se vanter le connaître parfaitement. En réalité, si, quelqu’un le pouvait. Mais ce quelqu’un ne le ferait pas, et n’avait surement aucune intention de le faire. Sasha serait peut être tentée de s’y essayer, mais elle ne ferait que balbutier une partition biscornue et raté. Le fait est que Raphael jouait tous les jours une symphonie rondement menée aux yeux du monde, alors qu’au final, il n’était que l’une de ses partitions sans queue ni tête qu’il avait écrit à coup de bout de message codé avec Charles et Dorian lorsqu’ils étaient adolescent. Aujourd’hui, néanmoins, il se fissurait, lentement mais surement. Comme un instrument qui a trop souffert de la chaleur ou de l’humidité, il semblait légèrement désaccordé. Cela faisait un moment, il était difficile de donner exactement une date à son état, c’était presque quelque chose d’imperceptible. Mais à quiconque faisait attention au infime changement de partition, le changement était bien là. La respiration à la troisième partie était plus longue, celle de la quatrième était mangée au profit d’une double croche un peu trop aigüe, la main gauche accompagnante était tantôt trop lourde, tantôt trop sèche. Le tout était harmonieux, composé, sans erreur, mais ce n’était pas juste, ce n’était pas Raphael, ce n’était pas de son niveau. C’était du Mozart qui jouait soudainement comme un pianiste de province. C’était fatigué. C’était torturé. Les apparences souffraient, pour quiconque se donnaient la peine de regarder.

Et le fait est, que généralement, personne ne regardait.

Personne n’avait de raison de le faire. Il faisait son boulot, et finalement c’était tout ce qu’on lui demandait. Il ne s’en plaignait pas. Il était d’une part habitué à l’absence d’attention, et d’autre part, il avait finit par ne plus en vouloir. L’habitude avait finit par le rendre incapable de la gérer. C’était mieux comme ça. Il avait moins à prétendre. Il avait moins besoin d’être composé. Il pouvait laisser filer un peu plus de craquelure. Il était parfois content de n’être qu’un meuble parmi tant d’autre dans le théâtre. Un de ceux qu’on a tellement l’habitude de voir qu’on ne remarque même plus. On serait surement plus perturber le jour ou l’on entendrait plus son piano jouer à des heures absurdes de la journée ou que l’on ne le verrait plus déambuler dans les couloirs, plutôt que lorsqu’on le faisait. Tous les témoins du désordre de la vie de Raphael devait être pour tout le monde, une normalité singulière, et les infimes changement qui pouvaient mettre la puce à l’oreille était justement trop infime. Il aurait fallu le connaître pour s’en apercevoir.

Et le fait est, que généralement, personne ne le connaissait.

Raphael avait du mal à se lier. Il avait du mal à parler en dehors de la musique, il avait du mal à se détendre. Peut être que c’était un tout. Peut être que c’était parce que cela faisait si longtemps qu’il allait mal qu’il ne savait plus comment être bien avec les gens. Il en avait retrouvé une certaine habitude. Il avait su trouver une certain aisance et facilité avec Noah, une certaine douceur, et un certain confort. Cela avait même été suffisant à le rendre plus accessible pendant un moment, plus détendu aussi, et plus heureux naturellement. La rupture, bien qu’aussi officieuse que le reste de la relation elle avait abimé et renfermé Raphael. Personne n’avait pu vraiment s’en rendre compte. Il avait changé de théâtre. Besoin de voir autre chose d’une part, ou de se tenir loin des souvenirs qui hantaient les couloirs d’autre part. Comme dans toute histoire il y avait la version officielle, et celle officieuse. En tout cas se retrouver dans un nouveau théâtre, avec un nouveau staff, et un nouveau casting aidait sans doute à faire passer inaperçu ses névroses. Mais là encore, de toute façon, tout le monde s’en foutait. Et c’était mieux comme ça. Il n’avait au moins pas à se soucier des autres, et il pouvait continuer à vivre une vie tranquille d’ignorance à supporter son propre poids.

C’était tout ce qu’il arrivait à faire de toute façon. Il se levait à faire. Il trouvait la force de s’habiller, et de penser musique. Une fois qu’il en était là, il ne laissait son esprit vagabonder nul par ailleurs. Il vivait, mangeait, pensait, note, accord, harmonie. Il ne devait s’en éloigner sous aucun prétexte. Parfois, son regard s’attardait trop longtemps sur Noah, il en avait le souffle coupé, il manquait une mesure mentale, et tout l’équilibre menaçait de s’effondrer. Il lui fallait refaire toute la gymnastique mentale pour se remettre sur la partition. C’était tout ce qu’il était capable de faire. Il n’était pas en mesure de prendre en compte les autres, leur besoin, leur aspiration, si elles n’étaient pas musicales. Les fins de journée étaient toujours les pires. Il voyait les gens rentrer. Il se demandait ce qu’il allait faire. Souvent il envisageait de retrouver Dorian. Et puis il se ravisait. Il se sentait trop lourd, et il ne voulait pas s’imposer. Il se mettait à trainer. Il jouait de lente et pesante sonate dans sa tête qui suivait son humeur mélancolique. Il trouvait du travail pour occuper son cerveau. Il faisait quelque chose. Le tout était de ne jamais rester inactif, pour ne pas penser. Il s’enfermait dans une bulle obsessionnelle d’occupation ou tout était tellement dictée par le besoin urgent de faire quelque chose qu’il n’existait parfois plus pour rien d’autre que pour ce qu’il était entrain de faire. Il n’entendit ainsi pas la porte de sa loge s’ouvrir.

Il fut surpris, choqué même de voir son Eponine se tenir dans l’embrasure de la porte. Quelque part il aurait du être content que cela ne soit pas Noah. Il y avait peu de chance qu’il refasse la même erreur deux fois, mais tout de même. Cependant, il n’était ni fier, ni content d’être surpris dans sa bulle. Il était subitement sur d’avoir l’air d’un fou. Cela se sentait à la gêne qui animait la jeune femme lorsqu’elle parlait. Il aurait du garder la figure d’autorité. Il aurait du en abuser pour se tirer de situation, pour lui fermer la porte au nez peut être. Le fait est qu’il en était incapable. Il gardait les yeux rivés sur sa partition, ne voyait rien, si ce n’est des tâches floues, mais regardait quand même, ou faisait semblant de regarder. « J’ai juste du travail » il souffla doucement, comme si cela pouvait tout expliquer. Il fallait dire que c’était une excuse dont il avait usé et abusé dans sa vie, dans son mariage, dans tout. Et il travaillait effectivement. Il était hallucinant de voir la dose de travaille qu’il pouvait accomplir sur un même sujet. « tu n’as pas besoin de t’inquiéter. » il souffla encore d’une voix qui se voulait rassurante. Mais il aurait du la regarder pour que ça le soit un temps soit peu. « Je vais finir par rentrer chez moi. » Chez lui, la phrase sonnait si bizarrement dans sa bouche que cela avait du sonner faux à voix haute aussi. Enfin il avait l’impression. Ou alors il en avait juste peur.
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MessageSujet: Re: How does a single word can make a heart open - Raph&Imo   Mer 13 Avr - 0:44

« J’ai juste du travail » Ca aurait pu lui suffire. Elle aurait pu estimer qu'elle n'avait pas besoin de plus et que cela signifiait clairement qu'elle s'était fait des idées. Qu'elle s'était monté un scénario toute seule, dans sa tête. Elle aurait pu considérer que, dans tous les cas, De Lacy n'avait pas besoin d'elle. Il avait suffisamment d'autorité en principe pour qu'elle admette de partir s'il l'envoyait balader. Mais là non. Parce qu'il en fallait souvent beaucoup plus que ça pour la convaincre d'abandonner. Elle n'était pas dupe une seconde face au ton trop faible, au manque d'assurance dans la voix, mais surtout au fait qu'il n'avait pas croisé son regard. Elle n'était pas dupe et elle n'était pas assez lâche pour faire semblant que si. Elle n'était pas venue frapper à la porte de cette loge pour rien. Elle avait besoin d'être rassurée. Elle avait besoin d'avoir l'impression d'avoir fait de son mieux. Alors non. Elle n'allait pas se contenter d'une excuse soufflée trop doucement et d'un regard fuyant. Elle qui était facilement impressionnée par n'importe quelle figure d'autorité, la réponse de Raphael la laissait de marbre. Comme quoi, il n'avait même pas fait l'effort d'essayer d'être convaincant.

« tu n’as pas besoin de t’inquiéter. Je vais finir par rentrer chez moi. » Un léger sourire apparut sur les lèvres de la demoiselle, mais il ne la regardait pas de toute façon. Non, en effet, elle n'avait pas besoin de s'inquiéter. Il était de toute évidence bien assez âgé pour gérer seul ses problèmes, probablement bien plus indépendant qu'elle, qui courrait encore à vingt-cinq ans pleurer dans les jupes de sa mère quand les choses ne se passaient pas comme elle le voulait. Oui, il savait sûrement mieux gérer ses problèmes qu'elle. Elle qui fuyait le simple mot "complication" et qui prenait tout à la légère pour éviter de se confronter réellement à ses problèmes. Non. Il n'avait pas besoin d'elle. Mais il était tout seul dans cette foutue loge, et elle, elle trouvait ça bien trop déprimant pour laisser passer. Bien trop injuste aussi. La troupe semblait fonctionner, et à part quelques mineurs désagréments, ils semblaient tous être faits pour sympathiser. Et Imogen s'était sans trop de mal trouvé des amis parmi les acteurs qui avaient à peu près son âge. Alors non. Elle n'avait pas cherché spécialement à se rapprocher des plus vieux de la troupe. Non. Parce qu'ils étaient trop impressionnant pour elle. Mais la façon dont lui avait répondu Raphael lui suffirait presque à se dire que, malgré tout son talent et son professionnalisme, celui-là n'était pas forcément si impressionnant que ça.

Alors elle fronça le nez comme elle avait l'habitude de faire quand elle essayait de mettre de l'ordre dans ses pensées et décider de la prochaine étape. S'il lui disait de ne pas s'inquiéter sur ce ton, c'était qu'il fallait s'inquiéter. S'il lui disait qu'il rentrait bientôt chez lui, c'était qu'il tentait juste de se débarrasser d'elle. « Mouais... Tu me parais être le genre de personne chez qui "j'ai du travail" et "je vais finir par rentrer chez moi" ne vont pas trop ensemble... » Quoi qu'il n'avait pas dit quand il rentrerait. Peut-être dans un quart d'heure, ou peut-être dans un mois seulement. Oui, il avait bien formulé la chose. Mais ça n'empêchait qu'elle aurait préféré quelque chose de plus rassurant. Et si elle osait lui dire ça avec un léger sourire en coin, persistait au fond de sa voix une légère angoisse. Parce que ce n'était pas si facile que ça de reprocher quoi que ce soit à... A celui qui la dirigeait pendant ses heures de travail. Il était son chef, d'orchestre ou tout court. Et pour la demoiselle qui avait fait quelques petits boulots d'été, ce n'était pas vraiment synonyme de grande entente ou de discussions à cœur ouvert. Mais elle espérait bien que le milieu du musical n'obéissait pas aux mêmes règles que la supérette du coin de la rue. Enfin. Elle n'était pas vraiment là pour lui dire de rentrer chez lui. Elle n'était pas vraiment là pour lui dire quoi faire de sa vie. Juste pour s'assurer qu'il allait bien. Parce qu'on lui avait toujours dit qu'on ne laissait pas seule une personne qui va mal.

Et sa mère lui avait également répété qu'on ne laisse pas sans nourriture quelqu'un qui va mal. « Tu as pris le temps de manger au moins? » Elle n'osa pas parcourir la loge du regard pour voir si traînaient quelque part des restes de repas. Ça aurait été légèrement déplacé. Elle n'était pas là pour faire sa fouineuse. Enfin si, un peu, mais pas comme ça. « Parce que je veux bien qu'on oublie de rentrer chez soi pour bosser, mais manger, non. » C'était l'éducation, ça. Avec une mère comme la sienne qui avait une fâcheuse tendance à gaver ses filles, elle voyait toujours la nourriture comme la première nécessité. Et s'il lui arrivait parfois de se perdre dans son boulot, elle avait généralement une barre protéinée avec elle. Et le besoin de s'assurer que tout le monde avait mangé à sa faim devait se trouver quelque part dans ses gènes. Elle n'avait certainement pas l'intention de jouer à la maman avec son chef d'orchestre, principalement parce qu'elle ne jouait à la maman avec personne, mais elle n'allait pas le laisser faire n'importe quoi non plus. « Si tu es prêt à m'attendre deux secondes, je vais nous chercher un curry. Il y a un indien super bon pas loin, et je commence à avoir faim. » Plus elle parlait et plus elle avait l'impression de donner mille raisons à Raphael de tenter de la foutre à la porte, mais c'était un fait : elle commençait à avoir faim. Et les chips qu'elle avait grignoté en révisant son texte n'avaient certainement pas suffit à satisfaire son appétit de goinfre. Et si Raphael n'était pas capable de saisir une telle occasion en or, elle mangerait un curry seule. Tant pis. Ou bien continuerait-elle à l'ennuyer jusqu'à ce qu'il finisse pas vouloir la virer du Musical. Elle en était capable aussi.
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MessageSujet: Re: How does a single word can make a heart open - Raph&Imo   Dim 29 Mai - 15:29

Raphael ne savait honnêtement pas à quel moment il était devenu celui qui ne sait pas s’occuper de lui même. Il avait toujours été farouchement indépendant. Peut être parce qu’il avait été livré à lui même très tôt, et qu’il n’avait jamais été du genre à beaucoup s’entourer. Pas parce qu’il n’aimait pas avoir un entourage, mais tout simplement parce qu’il ne savait pas comment agir avec eux. Parce qu’aussi loin qu’il se souvienne, Raphael avait toujours eu des problèmes. Rien de dramatique, après tout il était tout de même un gosse de riche, il ne pouvait pas avoir de problème dramatique. Mais il avait quelque part toujours manqué d’un bonheur certain. Raphael avait toujours éprouvé un vide pénible et parfois paralysant. Il ne voulait infecter personne avec son humeur et par conséquent il avait toujours eu assez peu d’ami. Peut être que c’était pourtant exactement ce qui manquait à sa vie. Mais il n’arrivait jamais à se résoudre à déranger les gens. Il était quelqu’un d’indépendant et de tout à fait capable. Il ne serait un fardeau que pour lui même. Et ses parents avaient -sans le faire exprès peut être- su lui faire comprendre très tôt que la meilleure manière de ne pas être un fardeau c’était d’être loin. Ou du moins c’était ce qu’il avait compris de ses années d’éloignement contraint et forcé. Quoiqu’il en soit, il avait su se débrouiller seul à sept ans et très tôt il avait même appris qu’il pouvait prendre soin des autres et que c’était quelque chose qui lui faisait éprouver une rare joie. Donner aux autres lui permettait de ne pas se sentir aussi inutile, aussi lourd à porter. Il avait pu aider et soutenir Dorian sur un plan scolaire et il savait qu’il avait été l’élément calme et solide de son groupe avec Dorian et Charles. Puis à dix sept ans il avait été marié il avait soudainement plus été seul. Il avait du subvenir à d’autre besoin que les siens. A dix huit ans il avait été père et ce sentiment s’était sans aucun doute renforcé. Raphael n’était pas celui qui avait besoin d’aide. Il n’était pas celui dont on s’occupait. Il était celui qui s’occupait des gens, qui subvenait à leur besoin, qui les réconfortait quand ils en avaient besoin. Et c’était le seul sens dans lequel les choses devaient fonctionner.

Alors vraiment, il ne savait pas comment les choses avaient pu se renverser à ce point. Au point ou Noah revenait sur ses principes pour le faire dormir chez lui. Et seul dieu savait à quel point c’était littéralement absurde. Renversé au point ou une de ses jeunes chanteuses, qu’il connaissait à peine il fallait l’avouer, venait s’inquiéter pour lui. La situation dans laquelle il s’était mis était-elle si terrifiante ? Etait-il réellement si pitoyable ? Honnêtement il ne voulait pas qu’on réponde à cette question. Il était vaguement terrifié à l’idée d’entendre la réponse. Enfin, la simple idée que les gens se sente à ce point obliger de prendre soin de lui le rendait malade. Il se rendait malade. Il savait bien qu’il n’était pas au meilleur de lui même. Mais il espérait qu’au théâtre au moins il donnait une suffisamment bonne façade. Il avait toujours été un monstre de professionnalisme. Sa vie privée ne devait réellement pas transparaître sur sa vie professionnel. Mais il savait quelque part qu’il avait ruiné ça à partir du moment ou il avait commencé à squatter sa loge… Il aurait surement du prendre l’offre de Dorian et venir squatter chez lui. Mais il ne voulait pas s’imposer. Au moins au théâtre, personne n’était sensé savoir. Mais visiblement c’était trop demander d’avoir un peu de calme et que tout le monde -en dehors de lui- rentre chez lui à des horaires normales. Non, il fallait que les gens remarque ses choses et s’inquiète pour lui. Depuis quand il était devenu suffisamment proche avec des gens pour qu’ils puissent s’inquiéter pour lui ?

Il soupira avec un sourire triste devant la remarque d’Imogen. Il n’aimait pas qu’on puisse voir clair dans son jeu, mais il devait avouer qu’elle était sacrément perspicace. Il devait avouer qu’il aimait les gens intelligent. Mais là c’était presque désagréable. Peut être parce qu’il ne pouvait pas se protéger derrière ses mensonges. Mais peut être aussi que ça voulait dire qu’il devait arrêter de mentir. Parce que tout ceci commençait peut être à devenir ridiculement puéril. « Are you mumming me ? » il souffla en arquant un sourcil et en l’observant avec un peu plus d’attention. « Because this is weird… » il soupira un peu gêné. « This is really weird… » il avait clairement passé l’âge de se faire mummer. D’autant plus qu’il n’avait jamais eu de mère pour agir comme ça avec lui. C’était donc particulièrement étrange de se faire traiter de la sorte à quoi… trente cinq ans… Ouai… il avait définitivement passé l’âge. « Would you feel better if i said yes ? » il demanda finalement dans un soupire d’abandon. Il n’avait pas envie de se battre comme il avait vainement essayé de le faire avec Noah. Il savait que ça c’était mal fini une fois. Peut être que s’il suivait le mouvement il pouvait limiter les dégâts. « But i’m coming with you » il souffla « I don’t want to stay here » Il avait déjà trop l’impression de s’être fait prendre comme un gamin en faute, il ira sonner chez Dorian après, et peut être que pour une fois, il ferait le bon choix. Il se leva sans aucune souplesse et attrapa un sac qui contenait presque l’essentiel de ses affaires. Il rangea maladroitement ses partitions et les installa sur son piano droit. « I’m ready to comply » il sourit faiblement glissant son sac sur l’épaule.
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