Best worst mistake + Roah

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MessageSujet: Re: Best worst mistake + Roah   Sam 1 Oct - 23:51

Il s’était laissé aller à croire, à une époque, de toutes ses forces mêmes. Il s’en souvenait comme si c’était hier - il avait eu un rêve et il s’était battu pour qu’il se réalise. Farouchement. Il avait fait tout ce qui était en son pouvoir, et, pour tout le reste, il avait regardé Raphael comme un gamin quand Raphael ne le regardait pas. Sûrement qu’il avait eu de l’espoir dans les yeux. L’air farouche de quelqu’un qui se dit « bientôt ». Il avait cru en Raphael comme il n’avait pas cru en grand monde au cours de son existence - attendu patiemment le jour où il quitterait sa femme pour se laisser enfin tout le champ libre pour imaginer le reste. Des choses stupides. Des choses d’enfant. Une petite maison dans un quartier prisé, peut-être même une bague à son doigt, et quelqu’un qui lui sourit au petit matin, et tout ce qui est nécessaire pour éradiquer la peur une bonne fois pour toute. Sûrement que c’était stupide, à trente ans révolus, de croire comme ça aux happily ever after - il l’avait fait quand même. Tout ça pour quoi? Pour deux mains qui se posent sur sa poitrine et cherchent fébrilement à le repousser pour des mots trop douloureux - pour un visage aussi serré que le sien, des dents qui s’entrechoquent et des regrets.
L'entendre s'excuser n'était pas assez. L'entendre s’excuser n’avait jamais été assez, après tout - juste des mots qui ne voulaient pas dire grand chose quand ce qu’on reprochait c’était le silence. Il sentit plus qu’il ne vit Raphael détourner son visage du sien, eut un geste pathétique pour poser à nouveau ses mains de part et d’autre de sa tête, se laisser rouler à ses côtés. « Shut up » à peine un murmure, plus une supplique qu’une injonction. Il avait laissé sa tête s’écrouler comme un poids mort sur l’une des piles d’oreillers: « And fuck, don’t ask me to fight. That’s your problem. Asking for permissions all the fucking time instead of just doing things. » A ce stade, sa voix n’était guère plus qu’un coassement pitoyable, comme il laissait à nouveau l’un de ses bras s’enrouler autour de la taille de Raphael, comme il soupirait « That’s just how you lost me. ». Peut-être qu’il n’était même plus capable de parler autrement, à cet instant, après tout. Il le pressait contre lui, déposa un baiser au coin de l’un de ses yeux, laissait son nez effleurer le sien, soufflait « ‘Would have thought you were done with that ». Mais il ne l’était pas. Raphael n’avait pas changé. Il était toujours là, toujours le même. Il ne savait pas si la pensée était merveilleuse atroce. S’il était heureux de réaliser que l’homme qu’il avait aimé se trouvait toujours là, ou si sa lâcheté était toujours la même.
Qu’est-ce qu’il faisait, alors, dans le doute? Il pressait des baisers sur ses tempes, sur ses joues, à la jonction de sa mâchoire, à la naissance de son cou. Des baisers paresseux, ou peut-être des baisers las - mais toujours avec le goût âcre du regret au fond de la gorge, comme une trace qui ne s’en va jamais tout à fait. Il laissait sa main retrouver le creux familier d’un dos - sa paume se souvenir de l’époque où il avait ce besoin urgent de laisser une marque, même la plus minuscule, pour être sûr et certain qu’il y aurait un moyen de savoir que Raphael lui appartenait plus qu’il n’appartenait à cette autre femme. Une preuve. Même la plus petite des preuves. Quelque chose pour ne plus se sentir systématiquement mis à l’écart - quelque chose pour apaiser la douleur qui lui éclatait dans le ventre quand il lui demandait de rester et que Raphael lui répondait non. Raphael partait toujours, ou presque. Ce jour là - le dernier - dans la loge, Raphael était parti. Sans se retourner. Il l’avait laissé seul encore une fois. La fois de trop.
« Sometimes I wish you never left. » Et tout était là. Même quand ce qu’il pouvait bien lui rester de sentiments se faisait confus, même quand il perdait un petit peu la réalité des yeux, il y avait au moins cette constance. Si Raphael n’était jamais parti, il serait heureux aujourd’hui. Toutes les trahisons n’avaient pas réussi à entacher cette certitude-là, et ce voeu stupide et irréalisable. Ni, ça, ni cette sensation d’apaisement qu’il touchait, parfois, quand il laissait son visage se nicher dans le creux de son cou, inspirer une odeur qui n’appartenait qu’à lui. « Wish you were here », qu’il y murmura tout bas. Il serra son bras un petit peu plus fort - laissa son poing se défaire pour étaler tous ses doigts, capter la chaleur de la peau. Il était épuisé. A nouveau, la fatigue venait le heurter de plein fouet - et, même dans cette position précaire, il ferma doucement les yeux, soupira. « Please » un murmure, un rire sans joie « Don’t be gone ». Il avait envie de s’endormir. Même comme ça, avec la promesse de douleurs dans ses bras, dans son dos, partout. Il n’avait pas envie de se réveiller - et de constater qu’il avait disparu encore. Un soupir. « Stop being a coward and just… don’t be gone… ». Peut-être qu’il n’aurait rien du dire de tout cela. Oh, même, sûrement qu’il aurait mieux fait de se faire - sûrement qu’il regretterait toutes ces choses plus tard. Plus tard. Trop tard. Et à nouveau, il pressa un baiser sur sa joue - puis un temps de latence avant de juste venir chercher sa bouche en silence. Tout aurait pu être tellement plus simple - moins pitoyable. Mais ils étaient ce qu’ils étaient… n’est-ce pas? En morceaux. De toutes les façons possibles et imaginables.
Ridicule.
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MessageSujet: Re: Best worst mistake + Roah   Dim 2 Oct - 23:44

Oh Raphael détestait l’alcool. Il savait honnêtement, qu’il avait toujours eu un certain problème avec l’alcool. C’était rien de dramatique, bien sûr. Raphael avait toujours été quelqu’un avec une grande maîtrise de lui même. Il avait commencé à boire jeune - avec Dorian et Charles - et n’avait jamais vraiment arrêté. Bien évidement il n’y avait eu aucune mesure entre ses soirées de fin de collège et de lycée et l’alcool qu’il buvait après son mariage, après être devenu père. Mais il n’avait jamais arrêté de boire. Et il ne se souvenait plus exactement depuis quand son verre était devenu un verre quotidien, mais depuis longtemps déjà. La règle du un verre était même devenue celle de deux un peu trop régulièrement. Il buvait distraitement lorsqu’il bossait tard. Il buvait lorsqu’il rentrait du travail et qu’il devait parler à sa femme, il buvait à table bien sûr. Il buvait souvent socialement. Il ne buvait plus à outrance depuis son adolescence, mais il buvait souvent, il buvait toujours. Il buvait si souvent qu’il avait pris l’habitude d’avoir un verre à la main et qu’il ne faisait plus vraiment attention lorsqu’il buvait de l’alcool. Ainsi, dans les mauvais jours, il se retrouvait strictement incapable de compter le nombre de verre qu’il enfilait. Et ses derniers temps il avait eu plus de mauvais jours que de bons. Et puisqu’il n’avait jamais estimé que l’alcool était un réel problème pour lui - parce qu’il n’avait jamais dérapé à cause de l’alcool, il utilisait souvent ce travers - il était tout de même au courant des méfaits que pouvaient avoir l’alcool - pour maîtriser ses autres problèmes. Parce qu’il avait beau savoir que boire s’était mal, il savait surtout qu’il avait un problème qu’il jugeait bien plus embêtant que l’alcool. Il avait un problème qu’il n’arrivait pas à régler. Et que même si c’était justement ce problème qui lui permettait de tant se maîtriser, lorsqu’il n’allait pas bien, il se demandait vraiment à quel moment il ne maîtriserait plus ce problème. Il se souvenait de lui enfant, taillant distraitement, mais scrupuleusement, des sillons dans sa peau. Ca avait toujours été fait consciencieusement, à des endroits discrets ou personne ne viendrait regarder. Aujourd’hui, il était toujours plus consciencieux, mais il avait aussi changer de technique. Il ne savait pas ce qui l’avait pousser à choisir les poignets. Enfant il n’aurait jamais osé s’approcher d’une telle zone. Le poignet, c’était l’endroit des suicidaire. Il le savait, c’était ce que Charles avait utilisé. Ironie. C’était surement de là que venait la fascination morbide pour ses poignets. Couper la peau tendre autour de ses poignets sans jamais trancher la veine c’était comme gagner un peu à chaque fois sur l’acte désespéré et un peu injuste de son ami. Mais c’était aussi complètement stupide, et parfois dans de bref instant de lucidité, il se demanderait ce qu’il adviendrait le jour ou il ne serait pas tout à fait consciencieux et ou il se raterait. Et s’il la coupait sans faire exprès cette veine qui le fascinait tant ? Et c’était exactement parce qu’il savait à quel jeu dangereux il jouait qu’il avait décidé de boire plutôt que de glisser sur la pente raide qui le menait tout droit à l’automutilation. Et peut être que oui, Raphael ne maîtrisait pas non plus exactement l’alcool. Après tout, que ça soit l’alcool ou une lame aiguisé, ce n’était pas exactement quelque chose que l’on maitrisait. Enfin pas tant qu’on le faisait pour oublier, pour le pure désespoir de la chose. Et contrairement aux apparences, ça faisait un moment que Raphael avait cessé de se maîtriser.

Noah devait le savoir. Noah devait le sentir. Après tout c’était avec lui qu’il avait perdu tout sens de maîtrise en premier. Si Raphael s’était maîtrisé, rien de tout ça ne serait arrivé. Il aurait détourné le regard. Il aurait été le mari fidèle. Il aurait dit non plus fermement. Il n’aurait pas regardé à deux fois. Mais Noah lui avait fait ressentir autre chose. Et pendant un instant, il s’était dit qu’il pouvait s’y risquer. Mais Raphael ne maîtrisait rien. Il ne maîtrisait pas la manière dont il tombait amoureux. Il ne maîtrisait pas sa vie. Il ne maîtrisait pas sa peur. Il ne maîtrisait même pas vraiment la manière dont les choses se terminaient. Il se savait pitoyable. Il se savait lâche. Il n’avait pas besoin d’entendre Noah le lui rappeler. Il n’avait pas besoin de se faire gronder. Parce que les insultes et la haines, il se la faisait battre sur son dos comme un grand. Parce que ça lui donnait l’impression de maîtriser, vous savez. Lorsqu’il utilisait ses mots, il avait l’impression de savoir ce qu’il faisait. Pauvre fou. Il n’avait jamais rien maîtrisé d’autre que les notes de musique qu’il écrivait, jouait, ou orchestrait. Raphael, du fond de ses souvenirs, ne parvenait pas à se rappeler avoir été autre chose que ce gamin terrifié et perdu, incapable de maîtriser le moindre sentiment. Ce n’était pas faute de vouloir. Oh non, ce n’était pas faute de vouloir. Il avait voulu ressentir, avec Noah. Il s’était laisser à ressentir, il avait tout voulu ressentir comme un glouton qui n’a jamais ressentit ça de sa vie. Il avait eu la tête qui lui tourne, et le trop plein de sentiment s’était transformé en aigreur dans l’estomac de peur, de panique. Il avait eu peur de tout perdre. Et il avait tout perdu. Parce que c’était la seule chose qu’il y avait à faire. Sans doute que c’était la seule chose logique. N’était-ce pas ce que Noah était entrain de raconter ? Il ne savait pas. Il aurait du savoir. Il aurait du comprendre. Sinon comment espérait-il avoir encore sa chance. Parce que n’était-ce pas ce qu’il était entrain de lui demander ? Il ne savait plus bien. Parce que tout était si violent et absurde. Mais surement. Après tout il ne voulait rien d’autre. Il sentit ses joues brûler sous les baisers déposer par Noah. Il eut presque l’impression d’étouffer d’être balloté ainsi dans les bras de son ancien amant. Et il se laissait faire, comme une poupée de chiffon, comme un pantin mal articuler. Il le serrait maladroitement aussi, fébrilement, comme si cette fois encore il essayait de maîtriser vainement la situation. Mais la tête lui tournait. Et il avait mal au coeur - littéralement. Et il vomissait des mots d’amour comme si c’était la seule chose qui lui remplissait le ventre, le coeur, la tête. « I am yours » qu’il répondait « I am yours » qu’il disait encore. « always » qu’il disait comme une promesse qu’il avait pourtant tant bafoué. « only yours » il murmurait bêtement. Parce qu’il n’était pas sur de ce qu’il était sensé répondre. Parce que de toute façon les mots ne s’alignaient plus correctement dans sa tête depuis un moment. Et parce que quelque part, calé contre la chaleur de Noah, enroulé dans ce qui avait des accents d’amour, il se sentait presque apaisé malgré l’aigreur du désespoir, et il était doucement, mais surement entrain de parvenir à s’endormir.
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