Best worst mistake + Roah

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MessageSujet: Best worst mistake + Roah   Lun 25 Jan - 19:44


Oh, il était sur que Noah voulait bien faire, enfin sur, disons qu’il voulait l’être, parce qu’une part de lui ne pouvait s’empêcher de penser que tout cet acte n’était que pure sadisme de la part de son ancien amant. Mais soit, il était sur que Noah voulait bien faire, mais qui soit par une propension à éluder la réalité, soit par pure mauvaise foi, refusait de voir la vérité en face. Parce que ça ne pouvait pas bien se passer. Et ils n’iraient surement pas bien. Enfin Noah peut être, il ne savait pas vraiment. Cela faisait trop longtemps qu’il ne l’avait pas réellement côtoyer pour se rendre compte de l’état du chanteur. Il ne pouvait plus savoir ces choses là. Mais il se laissait à penser que oui, Noah irait bien. Ce n’était après tout, qu’une rupture douloureuse, qu’un coeur brisé qui se réparerait avec le temps. Il ne pouvait pas l’avoir brisé à ce point - il ne voulait vraiment pas l’avoir brisé à ce point. Et comme pour ce rassurer - ou enfoncer encore plus profondément le couteau dans la plaie - il se laissait à penser que de toute façon Noah ne l’avait pas tant aimé que ça, et que la haine finirait bien par apaiser les réminiscences d’amour. Parce qu’il était facile de vivre avec des souvenirs. Mais même eux finissaient par devenir fades et sans importances. Oui, peut être que Noah irait bien. Lui, c’était une autre histoire, mais il refusait d’entrer dans le débat maintenant. D’ailleurs il ne voulait rien débattre avec Noah. Pas ce soir en tout cas. Il soupira un presque inaudible « See, you can’t do it. » à la tentative piteuse de les convaincre qu’ils iraient bien. Oui, Noah se maintenait très probablement dans une illusion très confortable. Raphael aimerait parfois vivre sur ces illusions. Il l’avait fait, lorsqu’il était avec Noah justement, et ça avait été la période la plus douce et la plus agréable de sa vie. Aujourd’hui, il n’y arrivait plus. Les illusions n’étaient surement pas assez forte, ou son pessimisme avait pris le pas sur tout. Quoiqu’il en soit, tant mieux pour Noah, mais à choisir, il aurait préféré ne pas être victime de ses illusions.

Mais il céda donc, puisqu’il n’avait pas vraiment le choix. Il céda non sans briller par son immaturité. Noah avait tendance à provoquer ça chez lui, peut être parce qu’il y avait un côté premier amour, de ceux que l’on rencontre lorsqu’on est adolescent. Il le fusilla du regard lorsqu’il se fit reprendre la bouteille des mains. Allait-il le laisser tranquille ? Ou comptait-il désormais gérer tous les aspects de sa vie ? Non. Visiblement non. Raphael fut cependant surpris, non choqué, outré même, de le voir boire à la bouteille. Il récupéra hébété la bouteille dans les mains avant de souffler « At that price, we pore it into a glass before drinking it… ». Il savait que Noah n’était pas un amateur de whisky, mais quand même, il pouvait faire un effort, c’était même surtout une question de principe, mais tout de même. Il serra donc la bouteille contre lui, comme pour s’assurer qu’il n’y aurait pas d’autre attaque sur son butin et mécaniquement il se mit en marche à la suite de l’autre homme.

Le trajet fut effroyable. Ils étaient entré dans une nouvelle ère glaciale. Le chauffeur avait à peine élever la voix pour demander la destination. Ils s’étaient assis chacun de leur côté, Raphael faisant excessivement attention à ne pas trop s’approcher de Noah. C’était même absurde de voir la manière dont il s’était recroquevillé de son côté de véhicule et dont il jouait nerveusement avec la bouteille de whisky coincée entre ses jambes. Il avait menacé de l’ouvrir plusieurs fois au vu de l’ambiance à bord du taxi. Mais à cause de ce qu’il avait dit à Noah un peu plus tôt, il devait surement s’abstenir de telle réaction. Et puis, le trajet ne serait pas long, et ce qui suivrait serait surement pire. L’ascenseur, par exemple, fut une expérience tout particulièrement traumatisante. Tellement que ça avait presque quelque chose de délicieux. Fébrile et adossé contre le mur, Raphael avait fermé les yeux pour essayer d’oublier Noah, mais il n’était parvenu qu’à ce remémorer les innombrables voyages dans cet ascenseur ou il n’avait même pas eu la patience d’être arrivé chez Noah. Les vêtements s’ouvraient à la va vite - avec toute de même une certaine précision, Raphael n’avait pas un lot de chemise à abîmer illimité - les peaux se touchaient, les bouches se décollaient rarement, comme des adolescents, à peine pour respirer. Il déglutit, ferma les yeux plus fort, comme pour faire disparaître les souvenirs qui se déroulait derrière ses paupières. Il en voulait tant à Noah. Si seulement il l’avait écouté.

Il ne rouvrit les yeux que pour sortir de l’ascenseur et pour fixer farouchement le sol. Il ne releva le regard qu’une fois dans l’appartement, se figeant, stupide, pour remarquer combien presque rien n’avait changé. Et pour voir, impuissant, les souvenirs déferler à nouveau derrière ses paupières. La première entrée dans l’appartement, dans la même pénombre, accroché farouchement à Noah, les rétines dilatées de désir. Les interminables câlins sur le canapé, à regarder un film quelconque, un disney, ou une comédie musicale. Les morceaux de musiques improvisés sur le piano. Il s’épargnait les souvenirs de la chambre, en ignorant parfaitement la porte sur sa gauche. « This is hell. » il soupira, surtout pour lui même, mais il ne faisait nul doute que Noah pouvait l’entendre. Arrivé chez Noah, il se prenait la réalité de plein fouet, et la réalité était pire que ce qu’il avait imaginé. Jamais il n’arriverait à dormir ici. « You know i can get out at the second you close yourself in your room right ? Nothing will keep me… » il souffla à voix haute, alors qu’il émettait à peine l’idée. Il savait que c’était puéril, et peut être même que c’était ridicule. Mais et alors ? S’il ne se sentait pas capable de dormir ici ? S’il préférait risquer de se faire virer plutôt que de dormir ici ? Okay, peut être que là, c’était lui qui devenait légèrement ridicule. Il finit donc par rentrer un peu plus surement dans l’appartement. Puisqu’il n’avait vraiment pas le choix. Il déposa la bouteille sur une table, se tourna vers Noah sans vraiment le regarder et souffla doucement « Are you gonna drink with me ? » Il ne devrait pas demander. Ou peut être que c’était de la simple politesse. Ou alors il ne voulait plus boire seul, même lui avait conscience de l’impression d’alcoolique que cela devait donner.
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MessageSujet: Re: Best worst mistake + Roah   Lun 25 Jan - 23:53

La présence de Raphael dans l’appartement avait quelque chose de surréaliste. Au fond, c’était probablement parce qu’elle semblait tout aussi logique qu’absurde. Le visage de Noah était resté fermé - cela ne voulait pas dire qu’il ne se souvenait pas. Comme dans une forme tout spécialement vicieuse d’un jeu des sept erreurs, il trouvait toutes les différences entre l’époque où ils s’étaient aimés, et le présent. D’abord venaient les détails - il avait troqué l’affiche impeccablement encadrée du Fantôme de l’Opéra qui ornait sa porte contre celle qui portait leurs noms à Sasha et lui; la plante au coin du couloir était morte depuis bien longtemps; au-dessus de la télévision, plus de grandiose masque de Scar fixé au mur. Puis les choses qui faisaient mal. Combien ils semblaient avoir vieilli, d’avoir pour le reste seulement perdu en insouciance. La raideur dans l’une de ses jambes. Le silence au lieu des rires. La distance qui le séparait de Raphael. Il aurait pu tendre la main - s’emparer du bras de Raphael, l’amener à lui, faire comme si de rien n’était et comme si deux ans n’avaient pas suffit à les faire à ce point voler en éclat. Il aurait pu, au moins physiquement - mais il restait là. A peine se contenta-t-il de traverser la pièce pour aller s’échouer sur l’un des fauteuils à la première déclaration de Raphael. Si c’était l’enfer? Probablement pas - mais il avait comme un trou dans le ventre et un noeud dans la gorge, un épuisement suprême et brutal.
Il se débarrassa de ses chaussures au plus vite et les abandonna en désordre au sol, retira son écharpe, retira son bonnet, retira son manteau. Par comparaison, la pièce lui sembla tout à coup glacée - mais y pensant plus en profondeur, il se rendit compte qu’il avait eu froid à l’instant même où il avait retrouvé Raphael. Assis en tailleur, il soupira. Un miaulement, dans les tréfonds de sa propre chambre, lui apprit qu’ils avaient réveillé Demeter en arrivant - et quelques secondes plus tard le chat, contrarié de n’avoir pas été rejoint immédiatement par son maître, traversa la pièce pour rejoindre ses genoux, non sans adresser un feulement bien senti à Raphael. L’impression qu’elle prit un temps fou à s’installer correctement en travers de ses jambes, pétrissant allègrement son jean, contenait au moins un semblant de vérité. Passant une main sur sa tête, il souffla un « You plan on getting out? Cause, you know, I could take my keys with me, in my room. I didn’t plan on locking you in, but if you insist… » Le silence avait quelque chose d’impossiblement lourd. Peut-être même encore plus à ces instants où il n’était troublé que par les ronronnements bruyants du colossal chat - qui avait fermé paresseusement les yeux sous les caresses de Noah. « Don’t be a child, please. I don’t want to do that. You know you’ll be better here… » qu’il finit par soupirer, moins pour supplier à nouveau et achever de convaincre Raphael que pour combler la stupide tension qui restait ici.
Mais ses tentatives ridicules ne servaient pas à grand chose. Le bruit de la bouteille posée sur la table lui sembla d’une violence extrême, au point d’en avoir presque de l’écho - et lui il avait fermé les yeux pour respirer un peu mieux. Il ne savait plus quoi faire. Il se sentait stupide. Probablement que s’assoir avait été une piètre idée, dans un premier temps - il n’aimait même pas ce fauteuil, sa place avait toujours été sur le canapé où traînait encore son éternel plaid, mais Raphael allait dormir sur ce canapé, alors une sorte de pudeur lui en avait empêché. Il aurait mieux fait d’aller directement dans sa chambre. Fermer la porte à clé, aussi. C’était cruel, mais pas si con. La proposition de l’autre homme lui fit redresser la tête, ouvrir brièvement les yeux. Boire? Boire. Ce n’était pas une si mauvaise idée que ça. Ou peut-être que si. Mais sur l’instant, il avait l’impression que ça pourrait l’aider - parce que l’impression de victoire n’était toujours pas arrivée, laissant à sa place l’amertume caractéristique de l’échec. « Yeah », qu’il finit par marmonner. Il lui fallut inspirer profondément avant de reprendre: « Yeah. I think so. Not your weird, posh whisky though. There must be some Gancia somewhere on the counter… » Il aurait pu se lever, et probablement que ça lui aurait évité l’impression douceâtre d’avoir à demander un quelconque service à Raphael - mais l’épuisement avait fait comme une chape de plomb sur ses épaules et Demeter formait en elle-même un semblant d’excuse. « I was going to tell you stuff like… where the bathroom is… but you kinda already know the place. » Il avait ajouté ces mots après un nouveau silence et avec un semblant de rire - mais le rire était sans joie. Même, il semblait refléter encore plus la fatigue et la nervosité que ce ton étrange qu’avait adopté sa voix. « You know where the glasses are, too. » qu’il finit par ajouter, dans un nouveau long soupir. Il ferma les yeux à nouveau et, à l’aveugle, se pencha pour déposer un bref baiser sur le sommet de la tête de Demeter - qui ronronnait toujours, quoique supposément sur le point de s’endormir, tranquille, enfin installée. Une fois redressé, il laissa sa tête basculer contre le dossier du fauteuil. Le silence était de retour et, quelque part, il en avait peur. Il se sentait tout proche de réaliser quelle connerie il avait bien pu faire en invitant Raphael ici, sans y tenir le moins du monde. Rester dans cet état d’esprit presque surréaliste était largement plus confortable. Au moins, il se sentait presque en paix avec sa conscience. En continuant à ce rythme, peut-être que le matin viendrait plus tôt que prévu et, avec une nouvelle journée de travail, la tranquillité. Sûrement qu’il aurait dû se poser des questions sur ce que ferait Raphael une fois cette nuit passée - après tout, cette idée stupide de dormir sur les loges ne se limitait probablement pas à une seule nuit - mais il ne le faisait pas. Il attendait simplement. Et il doutait. A chaque seconde un petit peu plus. Oui, boire ferait du bien - sûrement.
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MessageSujet: Re: Best worst mistake + Roah   Mar 26 Jan - 14:14

Les souvenirs continuaient de défiler derrière ses paupières. Ils étaient, de part leur clarté, leur légèreté et leur beauté, un éclair qui venait déchirer ses entrailles. Tout, à côté de ça, lui semblait un poids. Une part de lui aurait voulu sombrer pour l’éternité dans la complaisance de ses souvenirs. Il aurait voulu vivre dans ses images, dans ses sensations. Il aurait tout donné pour ne pas avoir l’atroce conscience de la réalité qui survenait par dessus et qui faisait tout couler au fond de lui dans un naufrage meurtrier. Mais Raphael avait souvent l’impression de n’être plus qu’un tas de chair et de nerf à vif et qu’il ne pouvait plus ignorer la réalité. Peut être que c’était l’effet secondaire d’avoir éparpiller et détruit sa vie pour faire ressortir la vérité qu’il avait toujours caché avec tant de précaution. Aujourd’hui, il ne pouvait plus rien ignoré. Le déni était obsolète. Sa douleur, ses échecs, ses mensonges, ses trahisons, elles étaient l’éléphant au milieu de la pièce. Ses souvenirs, leurs beautés, ils étaient les souris qui se faufilaient sournoisement entre les pâtes de l’énorme animal. Et l’éléphant était pétrifié. Raphael scannait toujours la pièce, tétanisé, avec un air de pur douleur sur le visage. C’était l’enfer. Et si Noah voulait le contredire, il avait intérêt à venir avec une argumentaire détaillé, parce que tout ce que ressentait Raphael depuis qu’il s’était rapproché de l’appartement de Noah, c’était tout ce qu’il caractériserait volontiers d’enfer. Même sa dernière entrevue catastrophique avec Maggie ne lui avait pas causé un tel sentiment de détresse. Peut être parce qu’il savait que tragiquement, elle allait vite se terminé. Cela serait douloureux, mais cela serait, tout au plus, un pansement que l’on retire d’une peau encore à vif, laissant la colle attaquer la plaie. Ici, il ne savait pas quand cela allait prendre fin. Au matin, si, en principe, mais c’était loin le matin, et les nuits d’insomnie se faisaient longue. Et il ne savait pas combien de temps il pourrait supporter la conscience accrue causée par sa présence ici. Ou peut être que ce n’était pas tant l’appartement qui brûlait ses nerfs, mais la présence de Noah dedans, en plus. Mais il n’aurait jamais été ici sans lui. Si cela avait été Sasha qui l’avait trouvé dans sa loge, et pas Noah, elle l’aurait surement jugé pitoyable, aurait gardé son secret - parce qu’elle ne manquait pas complètement de coeur - mais lui aurait sans compassion suggéré de se bouger le cul pour trouver une solution viable de rechange, parce que sa situation était ridicule, pathétique, et illégale. Oui, Sasha ne l’aurait jamais amené ici, quand bien même elle aurait été persuadé que Noah ne rentrerait pas de la nuit. Il n’y avait donc pas d’appartement sans Noah. Et peut être que c’était le fond du problème.

Il l’écouta soupirer à sa demande enfantine. Il avait l’air d’un gamin capricieux sans aucun doute. Mais il se sentait légitime dans son caprice. Y avait-il un quelconque intérêt à s’imposer une telle douleur ? Pourquoi s’entêter dans un tel sadisme ? Le ridicule et les enfantillages lui paraissaient presque préférable à la situation actuelle. Pourquoi Noah ne comprenait-il pas ? Pourquoi tenait-il à ce point à l’enfermer chez lui ? Pensait-il sincèrement que ça allait l’aider ? Il allait passer une nuit - horrible - ici. Et puis après ? Retour à la case départ. C’était ridicule. C’était un grain de sable jeter dans la mer. Et c’était un grain particulièrement brûlant et désagréable. Visiblement non, et même s’il annonçait ne pas vouloir fermer la porte de la prison, c’était tout comme. Les barreaux étaient seulement fait de mots et de sentiment, et si ce n’était pas la clé qui gardait enfermé Raphael ici pour la nuit, cela serait ses sentiments pour Noah, et l’incapacité qui en découlait de le contredire qui le garderait dans cet enfer. Et c’était presque plus pénible d’être piégé par ses propres sentiments et par le jeu que l’autre homme en faisait. « I hate loving you. » il souffla lentement en réponse. Il ne pouvait pas être comme Noah et vraiment le haïr. Ca lui paraissait absurde. Mais souvent, il peinait à supporter l’amour qu’il éprouvait encore pour lui. Il avait adoré être amoureux. Ca avait, sans niaiserie exagérée, été le meilleur sentiment qu’il avait éprouvé. Et il avait des moments comme Paris pour le représenter. Aujourd’hui c’était si froid, si lourd, qu’il aurait presque voulu s’en débarrasser. mais c’était aussi puérile que de vouloir sortir d’ici dès que Noah avait le dos tourné.

Dans un soucis d’alléger l’ambiance - ou plutôt dans un soucis de s’assommer, de faire taire son cerveau et si possible son coeur - il proposa de boire. Il aurait pu dire un sec « Bonne nuit. » et renvoyer Noah dans sa chambre. Mais il n’était pas chez lui, et il n’avait plus aucun droit sur l’homme, pas même le mettre loin de sa vue. Boire était une alternative intéressante. C’était peut être même aussi la seule tentative envisageable. Il avait définitivement besoin d’un verre. Il grimaça à la remarque de Noah et siffla entre ses dents « The posh fucks you. » il avait visiblement du mal à se débarrasser de l’adolescent qui sommeillait clairement en lui. Ce n’était pas de sa faute s’il n’en pouvait plus que tout ce qu’il faisait, était, le ramenait à ce mot ridicule, et quand même assez négatif « posh ». Il n’en voulait plus de se sentir juger en fonction d’ou il était né. Il n’en pouvait d’autant plus depuis qu’il n’avait de de Lacy que le nom. Il commença tout de même les mouvements vers la cuisine pour les servir tous les deux. Ses mouvements étaient dramatiquement lent. Si lent que le manque d’équilibre du à l’alcool transparaissait dans chacun de ses mouvements et qu’il donnait le sentiment de tomber à chaque pas. Il ferma les yeux aux remarques de Noah. Il n’avait pas besoin de plus d’aide pour se souvenir. Alors qu’il sortait deux verres, il souffla longuement « Please, don’t do this. » Ça, c’était leur rappeler à tous les deux ce que Raphael avait pu être dans cet appartement. Et tout ce qu’il n’était, et ne serait jamais plus. Il déboucha lentement les deux bouteilles, servit deux verres, et avec la même lenteur presque exagéré, comme si chaque pas lui coutait trop, il tendit le verre à Noah et s’exila au plus loin sur le canapé. En temps normal cela aurait pu être à cause de Demeter, ce soir, c’était surtout à cause de Noah. Il aurait presque préféré caresser le chat que se trouver près de Noah. « I really need to stop thinking about all that. » Tout ça, c’était justement ce que Noah lui rappelait par des remarques surement innocente mais qui pouvait apparaître comme particulièrement vicieuse. Il s’assit en tailleur, ramassant son corps en la plus petite surface possible, comme s’il lui était possible de disparaître. Il porta le verre à ses lèvres et sentit une douce chaleur glisser sans sa gorge ainsi qu’une amertume. Il soupira face au premier sentiment agréable de la soirée. S’il pouvait passer la nuit à se sentir comme ça, cela serait surement supportable. Néanmoins c’était un sentiment de courte durée. Il avait à peine bu une gorgée que son regard naviguait déjà mieux dans la salle. Il remarqua l’absence du masque de Scar, et malgré sa propre prérogative pour ne pas penser aux souvenirs d’eux deux qui hantaient les lieux il demanda « did you throw scar’s mask away ? » Ce qui aurait surement été déplacé, cela valait une petite fortune tout de même. Enfin pour Raphael à l’époque ça n’avait pas été grand chose, mais tout de même. Quelque part, si parler des souvenirs empêchait Noah de poser les questions qu’il lui serait légitime de poser au vu de la situation, peut être qu’il pouvait accepter.
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MessageSujet: Re: Best worst mistake + Roah   Mer 27 Jan - 0:36

Ils n’avaient même pas allumé la lumière - sûrement que tous les deux avaient pensé, simultanément, que cela leur ferait plus de mal que de bien. L’appartement transparaissait à peine par la lumière des lampadaires, dans la rue, en contrebas - c’était assez pour discerner le visage de Raphael et pour donner un goût plus prononcé encore de silence et de mélancolie. De quoi est-ce qu’ils avaient l’air. Probablement de deux insoutenables solitudes. Les expressions sur leurs visages, les souvenirs qu’il ravalaient de travers, tout en devenait presque grotesque. A une époque, ils avaient eu le rire aux lèvres, et cet appartement avait été l’illustration parfaite du bonheur. Ils entraient ici, et tout à coup tout était simple, et limpide. Le monde extérieur cessait d’exister, ils s’étouffaient sur la joie. Ici, il avait découvert Raphael autrement. L’autre homme laissait, au fil des minutes, tomber la façade et tomber la froideur, et son visage reflétait quelque chose de pur et de candide. Aujourd’hui? Ils n’en avaient plus que la mémoire.
Et Noah aussi détestait cela, l’aimer encore. Par instants il en devenait presque difficile de taire cette rage qui brûlait son ventre. Il faisait tout ce qu’il pouvait, pourtant. Il empoignait fermement ce qui lui restait d’amour et essayait au mieux de le bâillonner, mais il restait toujours quelque chose comme une vague incohérence, des trous béants dans sa logique, des moments où son visage se fermait, aussi, et où il lui fallait réunir toutes ses forces pour serrer les dents, se taire, faire taire toutes ces choses à l’intérieur. Il avait réclamé de Raphael qu’il le laisse partir et qu’il le laisse enfin tourner cette foutue page - mais lui-même demeurait incapable de le relâcher enfin. Il savait que ce qu’il faisait été ridicule. Hanter Raphael comme le fantôme des jours passés. Mais quand il s’en rendait enfin compte, quand il tentait d’y remédier, une forme vicieuse de panique venait faire trembler ses doigts, et il n’y avait pas d’autre réflexe que se raccrocher encore. A force, il avait presque cessé de s’accuser. Tout juste se trouvait-il trop faible - parce que, parfois, juste à l’instant de s’endormir enfin, il roulait sur son flanc et il venait chercher de la main le corps qui avait dormi à côté du sien, parfois, et ne trouvait que le vide, et un pincement de douleur.
A cet instant, oui, il avait besoin d’un verre. Qui sait? Il avait peut-être besoin de deux, ou trois, ou quatre, soyons fous - il n’avait jamais été un gros buveur, mais il pouvait presque en comprendre l’intérêt. Il avait laissé sa tête tomber contre le dossier du fauteuil et, les yeux fermés, il essayait de laisser sa mâchoire se desserrer, son visage adopter une expression de calme - cela ne suffisait pas pour arrêter d’avoir mal. Il avait mis un certain temps à reconnaître le sentiment qui avait pris la place de la note de triomphe attendue, mais enfin il était fixé: c’était de la douleur. La sensation physique que revêtait le manque quand il se faisait trop violent. Pas même un rire ne vint traîner sur ses lèvres à l’habituelle protestation de Raphael quand on lui appliquait l’adjectif « posh ». Pas même une inquiétude ne lui fit rouvrir les yeux aux bruits de la cuisine que l’on explore. Chaque mouvement de Raphael faisait une intolérable cacophonie - comme si les lois du son et de la physique avaient décidé de s’appliquer à souligner sa présence ici, et toute son absurdité. Quand il répondit enfin aux suppliques, son « Okay » et son « Me too. » lui semblèrent peser une tonne sur sa langue. Il avait à peine rouvert les yeux pour s’emparer du verre qui lui était tendu.
La gancia avait un goût prononcé de citron - moins que dans ses souvenirs, ou peut-être que c’était parce qu’il l’avait toujours mélangée à d’autres choses, ou peut-être parce qu’il avait attendu trop de soulagement dans l’alcool, et que cette solution n’était définitivement pas pour lui. Comme il n’avait rien d’autre à faire, pourtant, il en enchaîna quelques gorgées, au cas où l’alcool finirait par triompher de la tension et du silence. A la voix de Raphael, pourtant, il eut un bref sursaut. Paresseusement, Demeter rouvrit les yeux sur ses genoux, laissa échapper un faible miaulement plaintif. Il soupira, laissa son regard glisser jusqu’au mur qui surplombait la télévision. Blanc et vide. Bien sûr que Raphael allait finir par remarquer l’absence du masque de Scar - ni Sasha ni lui n’avaient eu le coeur d’accrocher quoi que ce soit d’autre à la place de son ancien accessoire de scène. Même la blague qu’ils avaient échangé ce jour là, y suspendre ses invraisemblables talons hauts de Frank-N-Furter, n’avait eu d’autre conséquence qu’un bref rire jaune et une soigneuse procrastination. « I didn’t », qu’il finit par marmonner: « It’s somewhere in my closet. With every other musical-related stuff. » Soigneusement emballé dans le carton et le papier cadeau dans lequel Raphael le lui avait offert. Et la douleur avait été particulièrement vicieuse, ce jour là, parce qu’il s’était souvenu à la perfection du bonheur fou qu’il avait éprouvé en le découvrant. Parce que ce masque valait une fortune mais que Raphael le lui avait acheté quand même, et que c’était bien celui qu’il avait porté sur scène - il savait très exactement à quels endroits son propre maquillage de scène avait fini par laisser des marques profondes dans le bois, où se trouvait la petite fêlure qu’il lui avait infligé en le laissant tomber en s’habillant, une fois. Parce que peu de cadeaux auraient pu lui faire autant plaisir. Parce qu’il avait toujours dit, sur le ton de la blague, que si un jour il devenait riche et célèbre ce serait la toute première chose qu’il s’offrirait. Mais l’autre homme l’avait fait et, du jour au lendemain, il lui était devenu impossible de regarder ce masque en face. « I just… couldn’t see it anymore. Memories. You know. » Ces mots avaient été prononcés dans un long soupir. Il amena à nouveau son verre à sa bouche, en descendit quelques longues gorgées. « Sorry. If you want to take it back, I’d understand. », qu’il finit par murmurer. S’il y tenait? Probablement pas. D’une façon presque masochiste, il aimait avoir ces souvenirs là tout proches de lui, presque à portée de main. Le simple fait de penser à ce masque, à ce cadeau, aux jours heureux, suffisait à la douleur - mais quelque part s’en séparer serait pire encore. Au fond, c’était exactement comme cela qu’il fonctionnait avec Raphael aussi.
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MessageSujet: Re: Best worst mistake + Roah   Mer 27 Jan - 13:23

L’alcool n’allait pas aidé. L’alcool n’avait déjà pas aidé à supporter la vue de Noah lorsqu’il avait débarqué dans sa loge et qu’il lui avait ordonné de venir avec lui. Parce que même si Noah faisait ça sous forme de demande polie, cela restait un ordre, puisque Raphael ne pouvait pas refuser. Et tout cas, à ce point de leur relation, il l’avait clairement vécu comme tel. L’alcool n’avait pas aidé, et quelque part, il avait cru que c’était simplement qu’il n’en avait pas bu assez. Mais c’était ridicule. Il en avait bu assez. Cela se sentait dans le vertige qu’il éprouvait à chaque fois qu’il faisait un pas. Cela se sentait dans la brume qui envahissait son cerveau, et repartait parfois, faisant une sensation de roulis distinctif dans son cerveau et au creux de son estomac. Cela se sentait dans ses réactions amères, tristes, violentes, mais surtout impulsives. Raphael était moyennement quelqu’un d’impulsif. Avec les années il avait su acquérir un certain contrôle de lui même, ce qui le faisait passer aisément pour quelqu’un de froid, voir d’arrogant. Raphael savait se contrôler, et savait maîtriser ses impulsions. Avec Noah cela avait toujours été plus compliqué que ça, mais c’était principalement parce qu’il n’avait pas vraiment envie de les maîtriser. Parce que souvent, il était bien trop agréable d’y céder. Mais Raphael était quelqu’un de maîtrisé. Lorsqu’il ne l’était pas, c’était généralement qu’il avait bu. C’était donc, du pur déni de sa part de penser qu’il n’avait pas assez bu. Et c’était pur connerie de boire encore, surtout en présence de Noah. Mais voilà, la douleur que ressentait Raphael semblait avoir annihilé les effets de l’alcool. Du moins, il ne les sentait plus. Lui qui cherchait une insouciance, une légèreté et de l’euphorie, il sentait bien qu’il en était particulièrement loin. Il n’était donc pas saoul. Et il se disait surtout que s’il arrivait encore à apprécier le goût de l’alcool, c’est qu’il pouvait encore en boire. Mais dans les faits, cela ne servait à rien. Cela ne changeait rien. C’était clairement une idée placebo qui ne remplissait même pas son objectif. Il se rendait compte, trop rapidement, de la supercherie. Il ne se guérirait pas avec l’alcool, pas ce soir. Alors peut être que le nouvel objectif était de s’évanouir sous l’alcool, et de dormir d’un sommeil aussi épais qu’un coma. Mais au fond de lui, il ne voulait pas faire ça chez Noah. Il en était incapable. Cela se sentait dans la lenteur qu’il avait de boire. Il dégustait. Il n’avait pas envie de déguster. Mais il le faisait. Parce qu’il ne pouvait pas tolérer d’être plus saoule que ça en face de Noah. Il avait déjà honte.

La présence de l’autre homme faisait clairement quelque chose de particulier. Il avait envie à la fois du pire, et du meilleur. Il cherchait à se redonner une composition, parce qu’il voulait être mieux pour lui. Parce qu’il trainait toujours l’idée au fond de lui, que Noah était infiniment plus important que lui. Et que c’était son rôle pour tout faire pour que Noah soit bien. Rôle auquel il avait lamentablement échoué par ailleurs. Ce qui déclenchait le pire. Il se haïssait, et ça le détruisait. Il s’enfonçait dans des océans de désespoir sans aucune envie de s’en sortir. Etre en face de Noah, c’était une lutte entre ces deux instincts, entre le pire et le meilleur. Entre se couler, ou s’en sortir lui même, ou s’oublier pour faire quelque chose pour Noah. Il oscillait comme sur des montagnes russes. Quoique pour l’instant il se vautrait plus facilement dans le mauvais. Il était mal, il était une épave, et il essayait à peine de le cacher. Peut être parce qu’il s’était rendu compte, que dans son état actuel, toute tentative pour cacher l’évidence serait plus ridicule qu’autre chose. Il était trop loin pour remonter la pente en quelques minutes. Il ferait mieux demain. Ou il se laisserait dérivé un peu plus. Cela dépendrait de son humeur.

Mais plus il s’enfonçait dans le canapé, le verre roulant entre les doits de sa main gauche. Main qu’il avait d’ailleurs libéré de toute alliance au moment ou il avait demandé le divorce. Cela avait été un symbole pour Jane qui cherchait à le lui refuser. Elle pouvait se montrer aussi têtue qu’elle le voulait, s’il y avait un truc pour lequel il ne baisserait pas les bras c’était ça, en ce qui le concernait, leur mariage était fini. Il l’était depuis longtemps, mais il comptait faire tout ce qui était nécessaire pour que ça le soit légalement aussi. Et si elle ne comptait pas donner son accord, cela serait la seule chose pour laquelle il se battrait avec elle. Il ne restait plus sur son doigt, qu’une marque renfoncée, comme si l’alliance était toujours, malheureusement, là dans sa peau. Il buvait aussi, à intervalle régulier, pour se donner une contenance, pour remplir le silence, et pour rythmer son observation minutieuse de la salle plongée dans la pénombre. Tout était mieux que de regarder Noah et son propre verre. Il fut interpellé par l’absence du masque. Peut être parce que la place était restée vide. Peut être parce qu’il savait l’importance du masque pour Noah. Peut être aussi parce que ça avait été le cadeau dont il avait été le plus fier. Il n’était pourtant pas friand d’offrir des trucs terriblement cher à Noah. Il ne voulait pas lui donner l’impression qu’en plus d’être l’amant dans le placard, il était entretenu. Pretty Woman, très peu pour lui. Mais il l’avait entendu rêver à voix haute et faire des plans sur la comète. Et puis c’était un cadeau. C’était peut être aussi un peu aussi pour se faire pardonner de ses absences répétés. Il avait voulu lui faire plaisir, le rendre vraiment heureux. Il avait été conscient que le bonheur ne s’achetait pas. Mais à sa mesure, il avait clairement essayé. Il hocha la tête à l’explication, soufflant un vague « Yeah » d’approbation. Oui il comprenait. De son côté cela avait surement été plus facile. Il n’avait presque rien de Noah. Pas parce que Noah ne lui offrait rien. Il avait eu des cadeaux, mais parce qu’il évitait que cela soit quelque chose de matériel, ne pouvant pas réellement les emporter chez lui. L’absence de chose, de photo, de tout ce qui faisait un couple avait étonnement rendu pour lui leur relation encore plus irréel. La rupture consommé, il n’avait plus rien de lui. Et avec son absence au théâtre, cela avait été comme si Noah n’avait jamais existé. Pourtant il l’avait sentit partout. Et ça l’avait rendu fou. Il aurait donné cher pour se raccrocher pitoyablement à des souvenirs matériels. Il fut étonné de la question et le repris immédiatement « No… no. Of course not. It’s yours. » Et pas seulement parce que Raphael le lui avait offert, mais aussi parce qu’il avait joué dedans. Il soupira et avala une nouvelle gorgée avant de souffler à voix basse « I’m sorry I destroy that too for you. » il se pinça les lèvres. Une part de lui savait que toutes les excuses qu’il pouvait faire à Noah était vaine. Une autre sentait qu’il ne pourrait jamais en faire assez, et que ce n’était pas une raison pour arrêter d’en faire. Il s’excuserait une éternité s’il le fallait. « I know how important it was to you… » Il avait demandé à ne pas s’enfoncer dans les souvenirs. Et pourtant c’était lui même qui y replongeait. Comme quoi il ne pouvait pas s’en empêcher. Il remonta les genoux contre son torse, s’installant dans une position rassurante. Il siffla la fin de son verre et continua - là ou il aurait peut être du s’arrêter. « I’m sorry about the pain i caused you… All I ever wanted to do was to make you so happy… » il avait définitivement raté son coup. « You saved my life, and I destroyed yours… » l’alcool n’aidait pas. L’alcool n’aidait jamais lorsqu’il était avec Noah. Il ne serait pas euphorique, il serait plus triste encore s’il le pouvait. « I really want to leave you alone like you asked me… but a part of me really want to make everything right to you… » il laissa un sourire triste infester son visage « but it’s probably to leave you alone… i’ve never done a great job at making you happy anyway. » il ria un peu jaune, posa le verre sur la table et se roula en boule sur le canapé. « You should try to get some sleep, you play tomorrow… and we shouldn’t drink together… It’s always a bad idea. » Il ricana, nouvelle preuve - s’il en fallait plus - que l’alcool montait, et l’attaquait doucement. « And before I do anything to prove that you were wrong to take me here… Thank you for the couch. » il riait toujours doucement, un rire désagréable, triste et tragique. Une part de lui semblait sur que sa ce finirait pas comme ça. Une autre voulait juste se tenir en foetus plus longtemps, comme si cela pouvait le protéger de tout le mal qu’il semblait capable de faire lorsqu’il était auprès de Noah.
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MessageSujet: Re: Best worst mistake + Roah   Mer 27 Jan - 23:07

Il se concentrait de toutes ses forces sur le goût de l’alcool, dans la perspective probablement un petit peu futile que cette sensation là finirait par éclipser toutes les autres. Puisque l’ivresse ne semblait pas une solution, puisqu’avoir simplement les mains prises ne semblait pas une solution, puisque même parler lui déchirait plus le coeur qu’autre chose, il n’avait plus que ça - et il s’y raccrochait avec une énergie toute proche du désespoir, le visage ridiculement concentré pour quelque chose d’aussi ridicule. Dans cette laborieuse entreprise, il avait réussi à en oublier de fermer à nouveau les yeux. Même s’il ne regardait toujours pas Raphael il en revenait toujours à sa silhouette, floue mais distincte, définitivement douloureusement présente. Petit à petit, il parvenait presque à prendre les choses avec philosophie. Si c’était ainsi que les choses devaient être, s’il s’était enfoncé tout seul dans cet enfer, et bien c’était ainsi que les choses étaient, et il n’y pouvait plus grand chose. Il pouvait continuer à évoluer en équilibre, comme cela. S’il avait réussi jusqu’à maintenant, il n’avait plus de raisons d’échouer… si? Au fil des minutes, peut-être que les remords allaient même finir par se taire. La présence de Raphael finirait enfin de réveiller son fantôme dans tous les recoins de son appartement. Il n’aurait plus l’impression absurde de le sentir tout contre lui, de pouvoir goûter un fond d’alcool, de cigarettes et d’eau de cologne hors de prix sur le bout de sa langue. Peut-être même qu’il pourrait trouver le sommeil. Il finirait enfin de se souvenir.
Les souvenirs. Parce qu’ils en étaient arrivés là - ils en étaient arrivés à ressasser leur passé, ils s’étaient détruits à ce point, au point de n’être plus que deux pans de mémoires. Deux vagues silhouettes qui se répondaient sans se répondre, qui se glissaient dans des amorces de discussions et les avortaient presque immédiatement. Les mots tombaient les uns après les autres et par instants ils ne semblaient plus vraiment avoir de sens, d’avoir été trop souvent répétés. Noah avait fini son verre. L’alcool, comme prévu, n’avait pas fait grand chose. S’il y avait une espèce d’impression brumeuse à l’arrière de son crâne, elle ne semblait avoir d’autre effet que souligner un petit peu plus tout ce que lui disait Raphael, et multiplier encore la nausée, aussi. Dans une contorsion bizarre pour ne pas réveiller le chat qui dormait sur ses genoux, il parvint à se pencher jusqu’à la table basse pour y déposer le récipient vide. Raphael parlait toujours. Alignait les excuses et les excuses n’avaient plus réellement de sens - parce que, quelque part, c’était comme si le mal avait déjà était fait, et re-fait, et fait encore. Peut-être que ses rires creux étaient justement là parce qu’il le savait aussi lui-même. Noah, lui, se contenta d’un interminable soupir, puis d’un « It’s okay. », sûrement plus sec qu’il ne l’aurait originellement voulu. Parce que non. Rien n’allait bien. Rien n’était « okay ». Mais il avait tellement haï Raphael pour tout, pour rien, pour tout et pour rien à la fois, qu’il n’était pas certain d’en être encore capable - tout se résumait à cet instant à un trop plein d’émotion et l’envie de se rouler en boule dans un coin pour pleurer tout son saoul, comme un gamin. Minable. « Time will make it okay. I guess. That’s what they say, at least. » qu’il finit par marmonner. Encore une fois, il n’y croyait pas un seul mot. Ils avaient laissé leur chance au temps - et deux ans avaient toujours suffit à les amener dans cette situation grotesque, où ils réalisaient que rien n’avait changé à la douleur.
Il était vidé. Est-ce que c’était normal, ça, être épuisé si brutalement et si totalement? Il n’avait pas techniquement d’impression de fatigue - simplement une autre selon laquelle chaque mouvement lui semblait difficile, et la seule perspective de se déplacer une épreuve insupportable. Il n’avait plus la force de se battre, non plus. S’il avait dû, à cet instant, supplier Raphael de rester comme il avait bien pu le faire dans la loge du chef d’orchestre, sûrement qu’il n’en aurait pas été capable - il aurait simplement tourné des talons et serait venu droit jusqu’à cet appartement pour ne plus en bouger jusqu’à ce que Sasha l’oblige à retourner au travail. Il n’eut pas non plus la force de protester quand l’autre homme le chassa clairement du salon. A peine hocha-t-il mollement la tête, redressa un petit peu l’une de ses jambes pour signifier à Demeter que l’heure était venue de quitter le confort de ses genoux. A nouveau, le chat releva la tête pour laisser échapper un miaulement plaintif. Lui, il souffla un bref « We never got drunk together. », le fantôme d’un sourire au coin des lèvres. C’était fou, quand on y pensait, le temps qu’ils avaient bien pu passer ensemble… sans réellement passer du temps ensemble. Une simple formulation pouvait vouloir dire tant de choses différentes. Ils s’étaient aimés sur la durée - mais pas réellement sur la fréquence, à coup d’instants volés. Est-ce que les choses auraient été différentes s’ils avaient été un couple normal? Probablement. Peut-être même que aujourd’hui ils seraient heureux, au lieu d’être simplement misérables.
Au bout de longues secondes, Demeter consentit enfin à se lever. Le miaulement qu’elle laissa cette fois-ci échapper était clairement accusateur. Ce chat était une diva et, comme les diva, n’avait jamais réellement apprécié qu’on la prive de son beauty sleep - mais au moins Noah put enfin se relever. Il marmonna un « You’re welcome. », s’empara à nouveau de son verre, puis de celui de Raphael, fila droit vers le lave-vaisselle pour les y déposer tous les deux. Quelque part, c’était un moyen de cacher les preuves. Sasha serait sûrement furieuse de savoir que Raphael avait dormi ici - autant ne pas lui laisser de raisons d’apprendre que, en prime, ils avaient eu la merveilleuse idée de partager un verre. Sûrement qu’elle s’imaginerait le pire. Quand il y pensait, rétrospectivement, le pire aurait pu arriver sans encombres. Lui, il posa ses deux mains à plat sur le comptoir, risqua un dernier regard vers le chef d’orchestre. « Have a good night ». Les mots, son ton, tout semblait mécanique, forcé. Il n’était plus tout à fait certain de vouloir partir maintenant. Est-ce que la proximité ne serait pas paradoxalement pire, une fois une porte fermée entre eux-deux…? Peut-être. Sûrement. Fuck. Mais il n’y avait plus d’autre solution. C’est sans un mot qu’il se redressa, traversa la pièce, ouvrit la porte de sa chambre, la referma. Il y faisait encore plus froid - et le silence y avait quelque chose d’encore plus pesant. Un sourire triste. Fermer les yeux, inspirer profondément - prétendre que tout allait bien, que Raphael n’était pas à côté, faire comme d’ordinaire. Mais quand il se glissa, nu, sous sa couverture, il resta à fixer le plafond, sans une once de fatigue.
C’était une affreuse idée.
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MessageSujet: Re: Best worst mistake + Roah   Jeu 28 Jan - 1:47

Peut être que le temps arrangerait les choses. C’est ce que tout le monde disait. Les chagrins d’amours n’étaient pas éternels. On en avait un, puis on en avait un autre. Ca venait, ça repartait, et ça revenait. L’âme soeur était pour les niais et les romantiques, peut être, et en tout cas, si on rencontrait la bonne personne, on ne la laissait forcément pas passer. Si cela se finissait mal, c’est forcément que ce n’était pas la bonne, et ça passerait, éventuellement, un jour. Il fallait juste y croire, juste s’accrocher, juste s’en donner les moyens. Ca lui paraissait ridicule. Tout lui paraissait ridicule. La manière dont l’amour été décrit dans les films, dans les livres, dans la musique. Tout lui paraissait ridicule. Tout lui semblait affreusement idéaliste et absolument pas adapté. Et si le temps n’arrangeait pas les choses ? Et s’il ne s’en remettait pas ? C’était des questions qui parfois n’avait pas d’importance. Parce que souvent, il n’était pas sur de mériter de s’en remettre. Le reste du temps, il se disait que c’était peine perdu. Parce qu’il n’y arriverait pas. Mais peut importe, ce n’était pas lui l’objectif, c’était Noah. Et si Noah s’en remettait, alors c’était une bonne chose. Surement, après tout, c’était ce qu’il voulait, c’était l’essentiel. Il hoche la tête faiblement « I hope it will. I want you to be okay. » Il ne se mentionnait pas. Parce qu’ils avaient depuis longtemps dépassé ça. Ils avaient dépassés le nous. Par moment, il avait même l’impression d’avoir dépassé le lui. Il était là, mais il ne souhaitait pas l’être, il aurait bien vécu, invisible, sans importance, sans sentiment aussi. Mais ceux là, il ne savait pas les éteindre.

Même là, au fond de son coeur, ou de son estomac, même au fond de son cerveau, il les sentait, par dessous le désespoir et la douleur. Il les sentait, de manière fourbe et vicieuse. Ils étaient là. Pas plus fort, certainement pas plus faible. Ils brûlaient, d’une intensité similaire. Les souvenirs, la pensée, la vue, l’ouïe, tout pouvait lui rappeler Noah, et le forcer à l’aimer. Là, il voyait sa silhouette, tendue et souple, accueillant le chat. Une silhouette qu’il jugeait fatigué, mais quelque part splendide. Il se serait glissé contre sa peau, pour sentir sa chaleur, sa douceur, sa présence. Mas il finissait son verre, le regard parfois penché sur cette silhouette à l’opposé de lui, accueillant le chat. Il fermait les yeux, buvait, essayait d’oublier sa vision, les pensées qui en découlait. Il préférait s’excuser. Et puis l’éloigner. Il n’en avait pas franchement envie. Une part de lui voulait être trop près de lui pour le laisser partir. Une autre savait que c’était une connerie. Une connerie qu’il avait déjà fait. Une connerie qu’il ne devait pas refaire. Quand bien même sa situation avait changé, celle de Noah, non, et il y avait toujours trop de ressentiment. Il n’était pas stupide. Il devait juste dormir. Dormir et laisser passer le moment, laisser passer le sentiment. De toute façon cela venait par vague. Ca lui remontait dans la gorge et il avait parfois l’impression de s’étouffer avec, puis ça redescendait au fond de son estomac, et il sentait que ça le noyait entièrement, jamais il ne se sentait aussi lourd.

Il écouta la remarque de Noah, releva les yeux vers lui, sans vraiment le regarder. Une part de lui était occupé avec la vague, l’autre haussait les épaules « We never needed to… I’m not sure I’m a good drunk anyway. «  Le fait est que ces soirées innocentes, juste pour s’amuser, remontait à son adolescence, avec Dorian et Charles. Et il était parfois sur, que c’était eux qui l’avait rendu cool. Après ça, les fois ou il avait été saoule… Il y avait eu moins d’amusement, et finalement il avait parfois l’impression que ça avait été une solution pour relâcher la pression. Avec Noah, il n’avait jamais eu besoin de relâcher la pression. Mais c’était du passé, et aujourd’hui, il n’avait vraiment pas l’impression de faire un bon saoule. Il avait surtout l’impression d’être pitoyable, ridicule et absolument pathétique. Et dans le fond, il était sur qu’il était exactement ça.

Il se roula un peu plus en boule, laissant partir Noah sans le regarder. C’était exactement ce qu’il lui avait demandé. Il n’aurait pas voulu qu’il ignore encore ces paroles. Et pourtant, il aurait aimé le voir rester. Il était absurde. Il était fatigué - mais probablement incapable de dormir - et complètement absurde. Il voulait Noah loin, et près. Par vague qui laissait une écume amère et dégueulasse. Et une part de lui n’en pouvait plus. Il voulait dormir. Il ferma les yeux. Ses paupières se crispèrent au claquement de la porte. C’était terminé. Noah était de l’autre côté. Peut être ce couchait-il. Combien de temps mettait-il ? Passait-il par la salle de bain ? Comment dormait-il ? Dormait-il seulement ? Non. Surement pas, cela faisait à peine quelques secondes. Il se retourna une première fois, face contre le canapé. La pièce tournait, son estomac valsait, et étrangement, il avait envie de rire. Ou de pleurer, peut être un savant mélange des deux. Il se retourna encore, sur le dos cette fois, et il observa le plafond. Il imaginait Noah dans la même position et il se retourna brutalement sur le flan, dans un bruit sourd. Il n’allait jamais dormir. Il le savait, il l’avait toujours su, il avait essayé de le faire comprendre à Noah, Noah n’avait rien voulu entendre. Et il ne comprenait plus ce qu’il foutait là. Il se retrouva rapidement à fixer le plafond, parce que c’était bizarrement préférable à fixer la table, ou peut importe. Agacé, il se rassis finalement, et fixa la porte d’entrée. Il devrait se lever, enfiler rapidement le pantalon dont il s’étai débarrasser entre deux mouvement désespéré, remettre sa chemise, son manteau, et filer, à l’anglaise. Il était sur que Noah n’avait pas pris les clés avec lui. Il l’aurait vu. Mais filer pour aller ou ? Au théâtre ? C’était absurde. Et étrangement il avait l’impression qu’il ne dormirait pas mieux là bas. Les questions ne le quitterait pas pour autant. Pourquoi Noah l’avait amené ici. Pourquoi ne l’avait-il pas laissé baigner dans son malheur ? Qu’en serait-il demain matin ? Qu’est ce que cela voulait dire ? A l’autre bout de la pièce, ou à l’autre bout de la ville, une part de lui savait qu’il ne se débarrasserait pas de Noah comme ça.

Il ne savait pas depuis combien de temps il fixait nerveusement la porte lorsqu’il décida de se lever. Il fit plusieurs pas vers elle, et se retrouva subitement dans la chambre de Noah. Ca avait probablement été un geste conscient, parce qu’il ne pouvait pas avoir dévier de sa trajectoire au point de se retrouver dans la chambre de Noah. Il ne pouvait pas se coller farouchement à son mur, au plus loin de son lit, sans être conscient de ce qu’il faisait. Il ne regardait pas le plafond comme un con sans savoir ce qu’il faisait. Mais il était là, et pendant quelques secondes il resta muet. Putain le con. Il voulu ressortir et claquer la porte. Abrutit. « I can’t sleep. » souffla-t-il à la place. « You’re everywere here… Burning whole in my head, heart… For the rest it’s probably alcohol… but… I can’t sleep. I’ve told you… I just can’t. I’ll leave… You may think i’m childish… But if my love for you was like a child, i would have stayed. But you’re everywhere. Burning whole through my conscience… » Il se laissa tomber contre le mur d’en face. « I don’t get why you took me in… That make no reasonnable senses…. » il soupira, pour finir, remontant ses genoux contre lui, posant sa tête dessus, comme un enfant.
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MessageSujet: Re: Best worst mistake + Roah   Jeu 28 Jan - 5:05

Pendant deux ans, cette pièce était restée miraculeusement exempte de souvenirs. Pendant deux ans… jusqu’à ce jour. Là où il n’y avait eu que le calme et le silence, il y avait aujourd’hui des fantômes. Dans chaque recoin, des images douloureuses d’étreintes volées et de complicité sublime, des sons, des visions, des odeurs - des choses minuscules qui lui creusaient le coeur et qui le laissaient vide, épuisé mais incapable de dormir. La couverture était retombée sur son ventre et lui, les bras croisés derrière sa tête, il fixait le plafond. Chaque respiration lui demandait une concentration intense, comme si le simple fait de vivre avait cessé d’être un réflexe. Obstiné, il faisait aussi moins de bruit que possible et, d’une façon presque masochiste, essayait d’entendre le souffle de Raphael dans la pièce voisine. C’était ridicule. Il se faisait du mal. Il le savait. Il n’arrivait pas à dormir. Il voulait dormir. Ou peut-être qu’il ne voulait pas, et qu’il voulait juste rester là. Quand il fermait les paupières, il avait presque peur de les rouvrir sur le jour, et que Raphael soit déjà parti.
La frontière entre le bien et le mal était petit à petit devenue floue. Par deux fois déjà il avait eu envie de se lever, de quitter sa chambre et de le rejoindre - et puis il avait renoncé aussitôt, rappelé à l’ordre par quelques dernières miettes de conscience. Il ne savait même pas pourquoi. Peut-être parce qu’il n’était pas fichu de tenir l’alcool, et qu’un verre l’avait déjà laissé brumeux. Peut-être parce qu’il avait toujours des questions sur le bout de la langue, et le besoin urgent de Raphael aussi, et que toutes les bonnes résolutions du monde n’étaient jamais parvenues à y faire grand chose. Les minutes s’étaient enchaînées dans la douleur, et dans l’intense conscience de la proximité de l’autre homme. Ses yeux s’étaient petit à petit accoutumés à la pénombre et, par instants, il hallucinait les premières clartés qui annonçaient l’aube, sans parvenir à se résoudre à chercher le sommeil. Il allait vivre l’enfer sur scène, demain - il le savait. L’épuisement avait des façons tout particulièrement vicieuses de se manifester quand on se retrouvait obligé de faire un monologue seul face au public, droit sous la lumière des projecteurs. Mais il fixait toujours le plafond. Tout à coup, il le connaissait par coeur. Chaque minuscule accroc répondait à l’appel.
Le manque de Raphael s’était presque fait physique. C’était un poids qui manquait au travers de son torse, une chaleur qui manquait sous sa main, un souffle qui manquait contre sa peau, et il avait de ces mouvements nerveux, parfois, comme si son corps s’était endolori parfois et qu’un simple geste pouvait suffire à ramener les sensations. Tout à coup, le temps qu’il avait pu passer dans cette pièce sans penser au chef d’orchestre, avec Sven ou avec d’autres, hurlait l’absurdité. Et ses pensées dérivaient sur ces petits détails absurdes, sur le rire de soulagement qu’il aurait bien pu avoir en constatant qu’il s’était enfin décidé à acheter un sommier, sur le visage de Raphael dans la pénombre la toute première fois qu’il l’avait allongé sur ce matelas, sur la sonnerie de son réveil à chaque fois qu’il était obligé de le quitter. Il s’étouffait presque sur les souvenirs et sur les possibilités qui s’écrasaient tout à coup sur lui - il les imaginait avec tout le réalisme du présent, jusqu’à en arriver presque à l’hallucination. Jusqu’à en entendre le ton qu’adoptait sa voix quand il lui disait qu’il l’aimait, quand il lui disait qu’il donnerait tout pour rester, quand il lui disait qu’un jour il serait à lui, quand il lui disait que bientôt tout serait simple, évident.
Quand il lui disait qu’il n’arrivait pas à dormir.
Noah était si proche du sommeil, il n’en sursauta même pas. Au son de la voix de Raphael, ce fut comme s’il l’imaginait encore, comme si rien de tout cela n’était réel. Il se redressa. La couverture était tombée jusqu’à ses cuisses, malgré le froid il ne la remonta pas - il se contentait de regarder la silhouette de Raphael dans la pénombre, et toujours de s’étouffer sur les souvenirs. A peine les mots prononcés lui firent-ils fermer douloureusement les yeux, prendre une inspiration brutale, lourde de souffrance. A nouveau, il s’étranglait sur des sentiments coupables. Seule la pudeur l’empêcha de les formuler. Déglutir fut difficile. Presque autant que souffler les mots « No, that makes no sense indeed. », la voix pesante, les syllabes presque mélangées les unes aux autres. Ses mains s’enroulèrent sur le rebord de la couverture. Il eut envie de se lever. Il n’en eut pas la force, alors il baissa la tête pour ne pas voir l’autre homme. « I don’t know. I… I just fucking miss you sometimes. » à peine un murmure. Le sommeil qui embrumait son cerveau se mêlait étrangement à un début percutant de migraine, mais même cela ne parvenait pas à lui faire réaliser combien cette scène était réelle, et combien le risque était stupide. C’est en risquant un regard vers Raphael qu’il réalisa qu’il s’était laissé glisser le long du mur, avait posé sa tête sur ses genoux - et, tout à coup, cela lui sembla violemment intolérable. « Look at me, Raphael, please… » qu’il dit, suppliant comme un enfant. Sûrement qu’il n’avait plus conscience de sa nudité, ou qu’à cet instant cela ne comptait simplement plus. Du bout des lèvres, il avoua: « Me neither. I can’t sleep. ». Il avait demandé à Raphael de le regarder - mais lui, il venait d’y renoncer à nouveau. « I don’t know. Maybe it was a mistake. I… don’t know. But don’t go. Please. » Il ne devait pas dire ça. Il ne pouvait pas dire ça. Ca aussi, c’était une erreur. Mais, après tout, par instants, il lui semblait oublier que tout cela était réel - et dans ces instants il pouvait se permettre d’avouer qu’il avait mal au ventre, et mal au coeur, et mal de lui, et que toutes ces choses ne cessaient jamais tout à fait.
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MessageSujet: Re: Best worst mistake + Roah   Jeu 28 Jan - 21:32


Il n’était pas capable de se dire exactement pourquoi il était entré dans la chambre de Noah, ni ce qu’il comptait y faire. Cela avait été une grosse part de mécanisme. Une part de lui trouvait absurde de dormir sur le canapé de Noah. Quand bien même il était incapable d’avoir la prétention de pouvoir dormir encore dans son lit. C’était paradoxale, et étrange. Et c’était tout le noeud du problème, toute la base de son insomnie. Il se retournait, sur une idée puis sur l’autre, à mesure qu’il changeait de flan, et qu’il grognait. Encore une fois, il n’y avait pas de bonne solution. Il avait l’impression qu’il n’en aurait jamais. Enfin, si, la bonne solution pour Noah, serait qu’il reste comme un con à regarder le plafond, le dos du canapé, ou la table basse successivement jusqu’à l’aube, ou il se retirerait dans un café. Pour lui, peut être que ça serait effectivement de rejoindre Noah. Oh il avait toujours terriblement bien dormi au côté de l’homme. Mais c’était absurde, cela tenait du pur fantasme que d’espérer un tel déroulement. Ce n’était même pas raisonnable. C’était un sentiment qui venait des tripes et qu’il n’arrivait pas à enfermer dans un placard. Il pensait à Noah à côté, et la seule chose qu’il voulait, c’était pouvoir se rouler contre lui et sentir sa chaleur contre son corps.

Evidement, il avait finit par se retrouver sur le pas de sa porte, et la seconde plus tard, il était entré. Il aurait pu prétexter une crise de somnambulisme, ou en appeler au fameux actes manqués. Mais Raphael n’avait jamais été friand de refuser sa responsabilité. Non, il avait voulu se trouver là, et à un certain point dans sa réflexion et dans le désespoir de ne pas dormir, le reste n’avait simplement plus eu d’importance. Et puis il avait besoin de réponse. Noah le haïssait, il lui avait dit de nombreuse fois, parfois au pire moment. Quand il ne lui disait pas, il lui faisait clairement sentir. Et là, Noah n’avait pas agit comme quelqu’un d’haineux. Il n’avait pas non plus agit comme quelqu’un de particulièrement tendre ou amoureux. Mais il n’y avait étrangement pas eu de haine. Et Raphael ne comprenait pas. Peut être qu’en réfléchissant correctement il aurait pu comprendre, ou deviner. Mais il était d’une part assez peu capable de réfléchir sur le moment, ensuite il ne voulait pas réfléchir à l’éventualité qui surviendrait dans sa tête s’il y réfléchissait mieux. Il était différent d’entendre les raisons de Noah plutôt que d’imaginer ce qu’elles pourraient être. Il ne croirait de toute façon qu’à ce qui sortirait de la bouche de Noah, et encore, quoique ce soit - sauf  de nouvelles déclarations de haine, celle là il les croyait volontiers - il faudrait surement lui répéter plus d’une fois.

Il était donc là, contre le mur, comme si son cerveau luttait encore avec le reste de son corps et l’empêchait de rejoindre Noah et de probablement faire une bêtise. Parce qu’il pouvait se dire ce qu’il voulait, il avait toujours été terriblement faible en compagnie de Noah. S’il était près de lui, pourrait-il se contenter de ne pas le toucher? Oui. Non. Probablement pas. Son oeil s’était accroché une seconde sur la silhouette et il s’était convaincu que le mieux était de rester loin. Alors il avait l’air ridicule et perdu. Il donnait l’impression d’être submergé par une vague de sentiment qu’il ne comprenait pas. Pourtant il comprenait tout très bien. Il n’y avait rien de nouveau ici. Il y avait juste le désir qui pointait bientôt plus fort que sa conscience. Il y avait juste le manque qui lui tordait l’estomac et le cerveau. Il y avait la culpabilité aussi, passé, présente, et même à venir, qui tendait à le rendre trop conscient de lui même et de ses actes. Mais il avait bu, alors cela ne surgissait que par moment. Il ne parvenait pas à se fixer, et il était capable, en une minutes de passer par tous les stades d’émotion. C’était épuisant, et il ne pouvait pas dormir. Problématique. Et c’était quelque part exactement ce problème qu’il était venu résoudre ici.

L’aveux de Noah, trop naturel pour être un mensonge le fait vaciller. Pendant quelques secondes, il releva la tête, et jeta un nouveau regard vers lui avait de ranger sa tête contre ses genoux. Il lui manquait. Parfois, certes. Mais il lui manquait. Sur ses genoux, Raphael ferma les yeux, chercha à éliminer de sa tête les quelques mots qu’il venait d’entendre. Il ne voulait pas se focaliser sur ça. Il ne voulait surtout pas laisser le temps à son coeur d’entendre l’information. Il ne voulait même pas que son cerveau embrumé par l’alcool ne se saisisse de l’information. Il voulait l’évacuer de son système. Il voulait croire que c’était quelque chose de nocif, quelque chose qui poussait Noah à le haïr encore plus et que cela ne changeait rien. Lorsque les mots de Noah vinrent à nouveau perturber la bulle de Raphael, il s’exécuta, plus parce qu’il était incapable de ne pas le faire que parce qu’il en avait envie. Parce qu’il le savait, dans la pénombre, avec son draps qui lui tombait bien trop bas, et avec cette douleur sur le visage, il était tragiquement beau. Il cligna plusieurs fois des yeux, peut être pour s’assurer qu’il était bien là. « I miss you so damn much all the time. » il souffla comme une réponse un peu retard. C’était un aveu qu’il ne pouvait pas s’empêcher de faire. De toute façon ce n’était pas comme si Noah était vraiment dupe. Raphael avait toujours été terriblement facile à lire là dessus. Il entendit la supplique et un instant il ferma les yeux. « What if I stay ? » Il glissa doucement contre le sol, s’appuya sur le bout du lit « being on the couch drives me crazy. I miss you too much, and you’re too close to me not to think about it. » il laissait tomber les mots sans vraiment y réfléchir, ne sachant pas trop ou aller non plus. « I love you, won’t stop even if you hate me. I want you so bad it aches… » Il leva les yeux et le regarda les yeux brillants d’un mélange de fin de larme et d’un désir brûlant surement décuplé par l’alcool - et le manque. « Tell me to leave… or tell me to come to bed… please. We sleep okay together. » Qui se la jouait dans le déni et faisant semblant de ne pas voir ce qu’il se risquait de se passer s’il montait dans le lit maintenant ?
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MessageSujet: Re: Best worst mistake + Roah   Ven 29 Jan - 6:27

Quelque part, Noah préférait penser qu’il s’était endormi sans le savoir. Il préférait penser qu’il avait inconsciemment glissé vers les rêves (ou peut-être que c’était un cauchemar? Peut-être.), et que rien de ces choses n’étaient en train de se dérouler. C’était une façon comme une autre de se dédouaner, et d’oublier toutes ses responsabilités. Qui sait? Peut-être même qu’il n’avait jamais traîné dans les couloirs du théâtre, peut-être qu’il n’avait jamais poussé la porte de la loge de Raphael, peut-être qu’il ne l’avait pas ridiculement supplié de venir chez lui au lieu de prendre ces risques stupides, peut-être qu’il était encore innocent, que le lendemain apporterait une forme vicieuse de soulagement dans l’absence de ces réalités. Peut-être que, en réalité, tout était encore simple, qu’il avait su garder la distance. L’idée avait son charme. Il aurait probablement un petit peu mal au coeur, au matin, et resterait allongé, à fixer le plafond en essayant de combler le vide, mais, au fond, ça serait préférable. Déjà il se rendait compte qu’il s’était frotté de trop près à Raphael et aux souvenirs, et que la douleur persisterait une éternité après son départ - faire de tout cela un vulgaire songe supprimerait au moins la culpabilité. Il n’était pas certain de pouvoir soutenir la culpabilité.
L’entre-deux était confortable, avec son doute, avec cette semi-pénombre où le visage de Raphael ne lui apparaissait qu’à demi. C’était avec une obstination d’enfant que Noah refusait de réaliser l’évidence. Il s’était redressé, regardait l’autre homme, lui parlait, mais, quelque part, il n’était toujours qu’à moitié là - ils n’étaient qu’à moitié là, et enfin ils pouvaient quoi… parler? Il savait que, dans un autre contexte, il n’aurait jamais dit ces mots-là, jamais avoué à mi-voix que Raphael lui manquait, jamais avoué son erreur, aussi. Quelque part, le doute lui permettait de se départir de sa puérilité. Etait-ce le meilleur moment pour cela? Probablement pas - mais il sentait que des mots devaient être dits et il les disait, simplement. Ses yeux glissaient de Raphael aux mains qu’il avait rouvert sur ses genoux, et il sentait quelque chose dans sa poitrine, une sensation de brûlure sourde et de souvenirs. Au moins, il n’y avait plus d’angoisse. Peut-être même qu’à sa place il y avait une sorte de bonheur - sous une forme spécialement vicieuse.
Quoique. Il n’y en avait pas dans cette espèce de rire douloureux qu’il laissa échapper à l’aveu de Raphael. Il n’y en avait pas non plus dans le sourire qui était resté au coin de ses lèvres, plus un rictus de tristesse qu’autre chose, à vrai dire. Par instants, il y avait ce besoin urgent qui le prenait à la gorge - celui de tendre l’une de ses mains vers l’autre homme et de l’attirer plus près de lui encore. Parce que, s’ils en étaient là, s’ils en étaient à cet instant surréaliste, il pouvait bien avoir cela, non? Juste une occasion de le toucher une toute dernière fois - avant de tourner la page pour de bon. Mais toucher, c’était prendre le risque de savoir qu’il ne dormait pas - puis il avait déjà essayé cela, une dernière étreinte pour signer leur séparation, et, de toute évidence, avait tragiquement échoué. Ils en étaient encore là. A la colère, à la haine, aux regrets, et à l’amour, comme dans un mauvais film ou un mauvais bouquin - et il baissa la tête une nouvelle fois, la bouche serrée en une fine ligne pour ne pas avouer ses propres sentiments. Il n’avait pas envie de les rendre plus réels, pas envie de mentir, non plus.
Au fond, tout ce dont il avait envie, c’était de l’avoir plus proche de lui. Juste une dernière fois, une toute dernière fois, ça ne pouvait pas lui faire de mal… n’est-ce pas? Il regardait Raphael comme si c’était le cas, et il savait que son visage était probablement douloureux, mais il ne parvenait plus à s’en empêcher. Ca aussi, c’était devenu trop complexe. « I’m sorry. » qu’il finit par souffler du bout des lèvres, et les mots lui semblèrent presque étrangers - comme si ce n’étaient pas là leurs rôles habituels, et qu’il y avait quelque chose d’absurde dans ces excuses. Pourtant, il s’en voulait de lui faire du mal. Pour une fois, il s’était dépouillé de la rancoeur - et le visage de Raphael lui brisait le coeur.
Il aurait voulu que les choses soient simples. Il aurait voulu être endormi et être en train de rêver, définitivement - et que les méandres de son cerveau l’aient emmené quelque part dans leur passé, à l’époque où ils s’aimaient et cédaient jours après jours à des évidences. Quand est-ce qu’ils s’étaient enfoncés dans ces doutes constants? Tout avait été parfait, pourtant. Il n’avait même pas remarqué à quel instant de leur histoire ils avaient commencer à trébucher. Du jour au lendemain, ils s’étaient simplement quittés, et alors il n’y avait plus eu que de la douleur. Ses mains tremblaient à nouveau, alors il les referma. « It wouldn’t do anything good… would it? » A peine un murmure. Il aurait dû s’offusquer à l’idée, rejeter en bloc la simple perspective de dormir aux côtés de Raphael, mais, encore une fois, il en était incapable. Il le fixait toujours - tout proche de le dévisager. La confusion avait remplacé la souffrance sur son visage. « Your wife… » qu’il commença du bout des lèvres. Il s’arrêta net, pris à la gorge par les souvenirs de la première nuit du Fantôme de l’Opéra, et laissa échapper un long soupir. Une seconde de silence. « I don’t want you to leave. » Ou peut-être que si? Peut-être que c’était préférable. Mais tout était surréaliste, alors la raison brute semblait superflue, et même que tout semblait superflu, y compris les scrupules les plus élémentaires. A nouveau, il ressentit le besoin urgent d’inspirer profondément: « I should, but I really don’t want you to leave. ». Et il eut une seconde de pudeur - serrant les poings sur le rebord de ses draps, il les remonta imperceptiblement jusqu’au bas de son ventre, laissa son regard glisser jusqu’à son semblant de bureau, toujours noyé sous un bric-à-brac innommable. Ce n’est qu’après avoir mordu l’intérieur de sa lèvre, une brève seconde, qu’il souffla: « Could you… come closer? Just a second. Please… » A nouveau, sa voix avait pris l’accent d’une supplique. Il ne savait pas. Il ne savait plus grand chose. Quelques dernières traces de logiques lui hurlaient de ne pas le laisser s’approcher encore - mais, dans ses pensées encore brumeuses, il aimait à s’imaginer que rien de tout cela n’aurait de conséquence. Tout pouvait être simple, s’il se laissait aller à y croire. Demain, Raphael ne serait plus là… right?
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MessageSujet: Re: Best worst mistake + Roah   Lun 1 Fév - 0:13

Quelque part, Raphael aurait surement du commencer par parler du divorce. Pour la simple raison que ça expliquait facilement la misère dans laquelle Noah l'avait trouvé. Mais Raphael n'avait eu aucune envie d'expliquer la misère, parce qu'en premier lieu il nous voulait pas que Noah la voit. Ce dernier avait été clair, il voulait du temps et de l'espace et Raphael avait même compris que c'était quelque chose de définitif. Il était donc inutile et même déconseille d'aller évoquer quoique ce soit qui ramènerait des souvenirs amères ou donnerait l'impression que Raphael essayait pitoyablement de récupérer là ou ils avaient laissé les choses. Parce que dans le meilleur des cas Noah pourrait penser qu'il faisait ça pour lui et serait surement plus agacé que touché - c'était après tout bien trop tard - dans le pire des cas il serait encore plus blessé et ne lui pardonnerait pas de se réveiller maintenant. Dans toutes les situations ça ne changeait rien à la donne, cela pouvait simplement et bizarrement compliquer l'affaire. Raphael avait donc choisi de ne rien dire, du moins tant que le divorce n'était pas prononcé. Peut être que Noah méritait de savoir cette information, ils ne savaient pas exactement ou ils en étaient et quelles informations il était supposé faire passer. Sans doute se protégeait-il aussi lui même en ne le disant pas. Bien qu'il divorçait essentiellement pour lui même et pas pour Noah, il avait lui même le goût amère de l'inutilité sur la langue. Il se rendait bien compte que s'il n'avait pas été aussi lâche, que s'il n'avait pas eu aussi peur, il n'aurait sans doute rien gâché ni avec Noah, ni avec sa fille. Mais il n'en aurait peut être pas été capable et c'était sans doute parce que tout avait été gâché qu'il avait trouvé le courage de perdre le reste. C'était stupide et peut être un peu pathétique d'en arriver là, mais quelque part c'était son problème et c'était principalement lui qui en souffrait -la dessus il savait qu'il avait tord et que ces conneries avaient fait souffrir Noah et Maggie, Jane sans doute aussi. Cela ajoutait d'ailleurs à sa culpabilité et cela faisait autant de chose qui l'empêchait d'avouer la vérité à Noah.

Il ne pouvait cependant pas lui mentir. Il l'avait trop fait, par omission ou en ne tenant pas ses promesses, mais le comment n'était pas l'important... Il l'avait fait, ne comptait plus jamais le refaire. S'il divorçait c'était aussi pour une question de vérité. Il ne comptait plus s'enterrer dans le mensonge, d'aucune manière. Il n’avait pourtant toujours pas envie de le dire. Mais il supposait que comme pour tout le reste, il devait juste ravaler sa lâcheté, même si c’était quelque chose de douloureux à faire passer, et le dire. Parce qu’il avait entendu Noah. Il fallait dire qu’il était suspendu à ces lèvres. Et qu’à côté de ça, son cerveau pédalait dans la semoule pour trouver la bonne manière d’intervenir. Son cerveau essayait aussi de comprendre ce que lui disait Noah. Rester, ou ne pas rester ? Venir sur le lit, ou partir. C’était ce qu’il lui avait basiquement demandé. Il savait qu’il n’en avait pas franchement le droit. Mais ça avait de toute évidence du lui échapper à un moment. Cela dit, il ne comprenait pas vraiment ce que disait Noah qui ne répondait pas vraiment à la question. Devait-il tirer à pile ou face ? Il ne réagit finalement qu’à la demande qui lui était faite. Comme toujours, il ne se voyait guère la possibilité de refuser. De toute façon il n’en avait pas vraiment envie. Et s’il garda quand même les pieds au sol au cas ou Noah changerait d’avis dans la seconde, il se leva - non sans vaciller - et vint s’assoir à côté de Noah, probablement légèrement rigide. Il n’arrivait guère à être à l’aise. Son corps faisait de léger mouvement qui pouvait s’apparenter à de l’instabilité et à du vertige, ou à une envie réprimée de venir se blottir contre Noah. Il ressentait encore le besoin d’avoir une autorisation, ou au moins de dire la vérité. Parce que si aucune question n’avait été posée clairement, l’évocation de Jane avait été claire. Il ne savait pas si Jane était un problème dans la tête de Noah, elle n’en était clairement plus un pour lui. Et peut être qu’il devait le savoir.

« I don’t have a wife. » souffla-t-il doucement, mettant en valeur sa main ou traînait la trace fantôme de son alliance. Il se douta que c’était un peu cours. Raphael n'avait jamais vraiment considéré avoir une femme lorsqu'il était avec Noah. Ils étaient d'ailleurs d'accord sur le faite que ce n'était sa femme que sur les papiers. Neanmoins étant donné que les papiers avaient finit par l'emporter sur l'amour il devrait surement préciser "I won't have a wife... soon." La encore ce n'était pas terrible. Après tout c'était ce qu'il avait promis pendant deux ans et qu'il n'avait jamais fait. Il baissa la tête, soudainement écrasé par le poids de la complication et des pensées désordonnées. Il finit par souffler doucement et maladroitement "i'm divorcing Jane..." il n'y avait plus de zone d'ombre. Il était entrain de le faire, il avait donc demandé et commencé les procédures. Dans un monde idéal il aurait déjà finit. Jane aurait dit oui, ils se serait lis d'accord, auraient signé les papiers et ça aurait été fini. Mais Jane avait refusé et obligé Raphael à saisir la justice, ce qui n'annonçait rien de bon pour lui. Mais ce n'était pas un sujet pour Noah et definitivement pas un sujet pour maintenant. Il se rapprocha imperceptiblement de Noah, se deplacant légèrement sur le matelas. Comme prit de fatigue, ou abdiquait l'idée d'attendre l'autorisation formelle de Noah, il laissa tomber sa tête sur son épaule, roulant par vague, sans le faire exprès cette fois-ci jusqu'au creux de son coup. "I know that doesn't change a thing... I wasn't even going to tell you, you know... You were peetty clear... I didn't want to interfere..." C'etait évident que là il n'était pas du tout entrain d'interferer dans sa vie. Il ne se glissait pas dans son lit pour lui balancer encore une vérité douloureuse, laissant à penser que ça ne s'arrêterait jamais.

Il finit par se redresser, par acquis de conscience sûrement, mais souffla tout de même "can i sleep here ? it can't hurt..." La fin n'était pas une question, ce n'était pourtant pas quelque chose de sur non plus. Son esprir vacillait toujours entre une certaine dose de deni et une conscience accrue.
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MessageSujet: Re: Best worst mistake + Roah   Lun 1 Fév - 1:23

Ils étaient ridicules. Ils avaient l’air d’enfants. Ou alors pire encore - ils avaient l’air d’adolescents. Ils se regardaient dans le blanc des yeux et peinaient à s’éloigner tout autant qu’ils refusaient l’idée de céder, et, à défaut, s’enfonçaient dans une sorte de longue vague grotesque d’hésitation. Tout était en tristes nuances. A terme, la lumière terne qui éclairait la pièce leur faisait écho à merveille. Demi-lumière, demi-teintes, demi-désirs, demi-éveils. Tout avait un arrière-goût de regrets et une couleur d’erreur. Même leurs aveux n’en étaient à qu’à moitié - par moments, ils semblaient se les arracher l’un à l’autre, et aussi à eux-mêmes. Il y avait bien longtemps que Noah avait cessé de chercher à comprendre, cessé de se questionner sur la réalité ou la fiction des choses qui se déroulaient dans cette pièce, mais cela n’avait pas suffi à faire son bonheur. A peine cela avait-il suffit à créer une forme tout particulièrement lancinante de douleur: parce que leur histoire n’était plus que cela, une coquille vide qui se traînait sur la longueur. Tout comme ils n’étaient guère plus que les deux cadavres de ce qu’ils avaient été un jour. Ils avaient été fabuleusement heureux, il s’en souvenait comme si c’était hier, et peut-être même que sa mémoire était plus incandescente encore que la réalité - mais maintenant, il n’y avait plus que de la lourdeur. Peut-être bien que, le jour où ils s’étaient séparés, ils avaient chacun perdu une partie colossale d’eux-mêmes. Peut-être que leur rupture avait suffit à les condamner à cela - à une perte irrémédiable d’équilibre.
Le plus pénible dans tout cela était probablement qu’ils avaient continué à vivre leurs vies. Ils avaient avancé. Un petit peu. Pas toujours dans les bonnes directions, certainement pas non plus de la meilleure des façons - ils avaient continué à grandir et à vieillir et à changer, seulement ils avaient perdu un petit peu de leur innocence. Ils ne s’étaient jamais remis, mais ils avaient continué à traîner la patte le long du chemin, soigneusement parallèles, comme en attente de se croiser à nouveau pour réaliser l’étendue de leurs blessures. Ca aussi, c’était follement, stupidement triste… n’est-ce pas? Sûrement. Il n’y avait qu’une seule certitude dans cette histoire - c’était que la mélancolie lui laissait un goût amer sur la langue, une lourdeur qui courait jusque dans son dos, ses épaules, qui le laissait épuisé et vide.
Et chaque seconde le pesait un petit peu plus. Chaque seconde lui rappelait qu’il n’avait jamais été bon pour cela, pour ces discussions pleines d’aveux ou même pour les discussions tout court - qu’il aimait la simplicité du silence et du contact justement parce qu’elle lui évitait ces douleurs-là. Quand Raphael lui montra sa main, dépourvue d’alliance enfin, il ferma les yeux, eut une inspiration brutale. Les cendres étaient remuées trop fort, trop vite - et pendant un instant il eut envie de s’énerver à nouveau, de lui demander pourquoi il n’avait pas fait cela plus tôt, avant de le quitter, avant que toutes ces choses lamentables n’arrivent, et la souffrance aussi. Quelque part, il n’avait jamais envisagé cette issue, même si les conclusions à tirer de la présence de Raphael dans sa loge aussi tard étaient finalement évidentes. Il n’avait jamais voulu y penser, parce qu’il n’avait jamais voulu penser que ce qu’il avait souhaité il y avait si longtemps arriverait si… tard. Trop tard. Quand ils n’avaient pour eux plus que des souvenirs et des feux mal éteints. Seulement, il n’avait même plus cette force-là: celle de lui reprocher sa lenteur et tout ce qu’ils avaient finalement traversé pour rien. Raphael aurait pu leur épargner la douleur. Ils auraient pu être aussi heureux que par le passé, mais au présent. Noah, pourtant, restait silencieux. Il finit par fermer les yeux pour ne plus voir la marque laissée en profondeur par l’alliance - et il soupira. C’était trop tard pour les sauver, mais trop tard pour s’en offusquer aussi - alors il laissa seulement l’information lui creuser un trou béant dans le ventre, et cessa de regarder.
Rouvrir ses yeux quand la tête de l’autre homme vint se déposer sur son épaule fut difficile. A vrai dire, il n’y parvint que lorsqu’il sentit son souffle chatouiller la peau tendre de son cou. Dans la fatigue, dans la douleur aussi, son premier réflexe fut d’appuyer doucement sa joue contre sa tête. « It could’ve changed things. It’s just… too late, now. You can’t even begin to understand how tired I am of caring for you. It’s… painful. », qu’il finit par soupirer, après un interminable silence. Il avait fini par réunir ses mains dans un geste pudique, comme s’il craignait de toucher Raphael s’il n’y prêtait pas attention - comme s’il savait que sa raison avait des limites, et sa logique bancale aussi: « But I’m glad. For you. If you’re finally going to get your divorce. I hope you’ll be happier that way. » A nouveau, l’ombre d’un sourire vint traîner sur ses lèvres - à peine un fantôme au coin de sa bouche. Le poids de la tête de Raphael avait quelque chose de rassurant et de familier, et son visage suivit imperceptiblement son trajet quand il s’écarta de lui, dans une piteuse amorce de regrets.
L’affirmation de Raphael n’avait rien d’évident. Ca ne ferait pas de mal. Si. Peut-être. Il y avait quelques années, il savait pertinemment comment aurait fini une telle situation - mais, à cette époque, le désir n’aurait rien eu de coupable. Il aurait, au contraire, été naturel, simple, évident, merveilleux, aussi. L’épuisement lui laissait penser qu’ils dormiraient effectivement mieux ensemble, qu’il n’y aurait aucun drame - mais peut-être que l’épuisement faussait sa logique, aussi. Il n’avait pas envie d’y penser. Il n’avait pas le courage d’y penser. Il n’avait pas envie de le laisser partir, non plus. « I don’t know… » qu’il souffla à nouveau. Son buste, presque de lui-même, s’était dirigé vers Raphael. Est-ce qu’il avait du mal à respirer? Il avait du mal à respirer. Il avait besoin de sommeil. Ils n’arriveraient pas à dormir, trop proches et trop loin l’un de l’autre. « Promise me it won’t. », il murmura: « Hurt. » Comme un con, il avait envie de dire oui - même en sachant pertinemment qu’il le regretterait.
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MessageSujet: Re: Best worst mistake + Roah   Mer 3 Fév - 13:23


Il y avait quelque chose de ridicule à la situation. Ils semblaient être deux aimants qui luttaient contre une attraction trop évidente. C’était en grande partie de l’ordre du réflexe - ou même de l’envie. Ils étaient là, trop près. Il était trop tard. Et ils étaient trop fatigué. Ils avaient surement un peu trop bu. Raphael en tout cas, avait trop bu, sinon il n’aurait pas fait la moitié de ce qu’il était entrain de faire. Il aurait su que c’était une erreur, et il se serait tenu éloigné de Noah. Mais voilà, il avait bu, et il le voulait. Il ne voulait que lui. Il n’avait jamais voulu que lui, et il lui semblait stupide de l’ignorer. Il voulait dormir dans ses bras, comme il l’avait si peu fait dans le passé. Il voulait s’endormir dans l’étreinte familière et rassurante de ses bras, sentir la douce chaleur de sa peau s’étendre à la sienne. Il voulait respirer sur sa respiration, sentir battre son coeur sur le sien. Il voulait juste ressentir un moment de paix et de bonheur. Et si sans l’alcool, toute sa conscience aurait été en alerte et aurait hurlé qu’il était un idiot, et que la paix et le bonheur de cette soirée, ne vaudrait surement pas le réveil catastrophique du lendemain matin. Mais il était fatigué, épuisé même, et il avait bu, et il ne voulait que ça, qu’un moment de paix et de bonheur. Bien sûr, il se leurrait. S’il l’avait ce soir, il le voudrait pour tous les autres. Laisser partir Noah après ça serait insupportable. Il voulait faire les choses bien, il voulait Noah comme il n’avait jamais pu l’avoir. Et ce soir, sous la fatigue et l’alcool, il oubliait presque que Noah ne le voulait plus comme ça. Parfois il en avait encore conscience, et c’était la seule chose qui semblait l’empêcher de se jeter contre lui. Mais à chaque demain de Noah pour qu’il rapproche de lui, il l’oubliait un peu plus. A chaque aveux, il l’oubliait un peu plus. Il savait qu’il finirait même pas oublier la haine que ce dernier lui portait. Et qu’il pourrait sentir dans sa tendresse - qui viendrait surement de son épuisement - des réminiscences d’amour.

Au fond, il avait du mal à se séparer de l’idée selon laquelle il pouvait désormais être ensemble. Bien sûr, il avait conscience qu’il arrivait trop tard. Bien sûr, il savait que Noah avait toutes les raisons de dire non. Mais il avait parfois ces infimes particules d’espoir - qui venait sans doute de son incapacité à lâcher prise - qui lui faisait penser qu’il pouvait, en effet, être ensemble. Il était sur, au fond, qu’ils pourraient être heureux. Ils l’avaient été, à un moment, dans une innocence et une insouciance qui frôlait la connerie, mais ils l’avaient été. Ils pouvaient l’être à nouveau, il n’y avait plus grand chose qui les retenait à part eux même. Mais peut être que c’était justement l’essentiel. Peut être qu’il y avait d’excellente raison au faite qu’ils se retenaient eux-même. Peut être que c’était quelque chose qu’ils ne pouvaient pas dépasser. L’autre principale problème était sans doute que Raphael avait toujours du mal à dire la vérité à Noah. Il ne savait pas si c’était réellement pour le protéger lui ou se protéger lui même, mais s’il pouvait l’éviter, il semblait toujours le laisser dans l’ignorance. Il instaurait nécessairement par là, une distance supplémentaire, une barrière invisible qui les empêchait de se reconnecter. Il finissait par le faire, étant incapable de vraiment lui mentir, et se retrouvant plus ou moins devant le fait accompli. C’était après tout, exactement ce qu’il venait de faire. Il avait gardé un secret pendant des mois, et aujourd’hui, il le disait simplement parce ne pas le faire aurait été laisser s’installer le mensonge avec plus d’assurance. On aurait pu croire que venir s’installer contre son épaule était un geste de défense. Après tout, il était plus difficile de lui casser le nez s’il l’avait dans le creux de son cou. Mais ce n’était que pure maladresse, fatigue, et manque d’attention. Il s’apaisait déjà un peu, respirant l’odeur trop connu de Noah. Mais il savait, que rapidement, trop rapidement, s’il restait là, il en voudrait plus, beaucoup plus. Il baissa la tête en entendant la réponse de Noah, s’enfonçant un peu plus dans le creux du cou de Noah par la même occasion. Il ferma les yeux, battant ainsi sans faire exprès des cils sur la peau tendre de son ancien amant. Oui, il était trop tard, il le savait. Il releva d’ailleurs la tête lentement et stupidement lorsque Noah parla de bonheur. C’était ridicule. Ils étaient ridicules. Est-ce que Raphael avait l’air heureux ? Il se précipitait à la première occasion dans les bras de Noah. Comment ce dernier pouvait imaginer qu’il serait heureux. Il soupira lentement, et faiblement, tête baisser, observant étrangement les mains nouées de Noah. « I don’t think I can be… » il soupira, sa gorge se nouait un peu plus, et il ressentait avec plus d’intensité le vertige de l’alcool « happy. » précisa-t-il, comme si ce n’était pas une évidence. « Not without you anyway. » Il savait que c’était pitoyable de dire ça. Il savait aussi qu’il n’aurait jamais du le dire. Ca lui avait en quelque sorte échappé. Parce que tout son coeur semblait dangereusement s’épancher vers Noah. « and it doesn’t have to be so painful anymore… to care… » après tout, ils étaient bientôt libre de le faire. « I still love you so much. » il souffle de manière à peine audible, venant reposer son front sur son épaule, quelque part comme pour échapper à la réaction de Noah. D’ici, il ne pouvait plus voir son visage, il était en quelque sorte protégé.

Ce fut à nouveau au creux de son cou que Raphael entendit la supplique de Noah. Il tressaillit à l’évocation de promesse. Peut être parce qu’il lui en avait trop fait, et qu’il les avait trop bafoué. Il voulait lui promettre toutes les bonnes choses du monde. Mais il n’était plus sur de pouvoir le faire sans les briser. D’un mouvement presque lascif de fatigue et d’alcoolémie, Raphael vint se blottir plus près contre Noah, il laissa, sans y penser, trainer ses lèvres contre la peau à sa portée, et souffla doucement « I promise it won’t hurt… » il reprit bizarrement son souffle au milieu de la phrase et finit « more » comme pour se laisser plus de marge de manoeuvre. Après tout, ça il en était presque certain. « Please » il soupira contre lui. « I’ll leave if you want me too… » Mais Noah ne semblait pas vraiment en avoir envie. « I miss you so much… » il murmura contre lui. « Please. » Il se sentira surement affreusement mal d’avoir supplié pour une nuit avec lui lorsqu’il en voulait tant d’autres. Mais il n’était plus assez conscient pour l’éviter.
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MessageSujet: Re: Best worst mistake + Roah   Sam 5 Mar - 4:50

Sûrement qu’il avait déjà choisi, même sans le savoir. Sûrement qu’il s’était déjà fait une raison - qu’il avait tranché au plus profond de lui-même. Sans sérénité aucune, certes - sa conscience était toujours sale et coupable, mais elle l’était depuis si longtemps qu’il ne s’en rendait même plus compte. Il fermait les yeux, inspirait, expirait, laissait son cerveau se vider de toutes pensées, écoutait, simplement, et se laissait bercer. Il avait maîtrisé cet art au fil des mois. Au plus fort de la douleur de son accident, à l’heure où il y avait encore cette crainte mortelle que ses jambes ne répondent plus jamais, il avait appris à simplement s’allonger et à attendre - à éradiquer toutes les angoisses et toutes les souffrances. Au bout d’un moment, il parvenait toujours à cet instant merveilleux d’évidence et de silence. C’était presque de l’inconscience - il ne s’en rendait jamais compte que rétrospectivement. Mais c’était là. Bien là. Peut-être même qu’il n’avait survécu que grâce à cela. Peut-être. Peut-être aussi qu’il s’en mordrait les doigts au petit matin - mais tant pis.
Il aurait dû boire plus que cela. Boire aurait rendu les choses plus faciles. Il n’avait jamais été un grand amateur d’alcool - il s’était contenté d’avaler cachet sur cachet jusqu’à ces moments sur le fil où il se sentait partir dangereusement, et avait arrêté là la liste de ses addictions - mais boire aurait rendu les choses plus faciles. De ses rares sérieuses ivresses, il avait le souvenir d’une brume encore plus dense que celle dans laquelle il se trouvait à cet instant - un petit quelque chose qui lui évoquait le balancement tranquille d’un bateau, et une forme tout particulièrement invasive d’apaisement. La tête tournée vers Raphael sans vraiment le regarder, il se demanda tout à coup si, ivre mort, il aurait pu ne pas sentir le poids de son front sur son épaule nue, ou le contact de sa peau. La seconde suivante, il se demandait s’il aurait pu l’embrasser sans l’ombre d’un scrupule. Mais même sans alcool, il eut tout à coup ce mouvement inconscient, ce réflexe stupide qui lui fit, tout doucement, prendre la main de Raphael dans la sienne quand, une fois encore, il lui souffla qu’il l’aimait encore.
Une nouvelle fois, il avait fermé les yeux - et, cette fois-ci, il ne les rouvrit pas. La sensation des lèvres de Raphael dans le creux de son cou lui arrachèrent un frémissement interminable, qui alla de sa nuque à ses reins en le laissant presque épuisé. Il ne bougea pas. Sa main avait continué son chemin jusqu’à ce que ses doigts en viennent à s’entremêler à ceux de l’autre homme - et tout à coup il se rendit compte que la pression qu’il exerçait était certainement trop forte. Dès lors, sa concentration n’alla plus qu’à cela: à ne plus broyer ses phalanges. A respirer, aussi. Les mots de Raphael ne lui parvenaient plus qu’à demi, au travers d’un flou interminable. Est-ce qu’il avait vraiment besoin de l’écouter, après tout? Il connaissait ses suppliques - les accents caractéristiques de la voix du chef d’orchestre quand il s’adressait à lui, entre la douleur et la caresse, et les regrets, tellement de regrets. Les suppliques et les accents ne lui amèneraient rien de plus. Toute l’intimité de cet instant se trouvait dans la chaleur qui irradiait de sa peau, et dans un mélange subtil de tendresse et de mortification. De « non, il ne faut pas » et de complaisance dans les remords.
Il ne savait même plus quoi en dire. Déjà, par le passé, il avait cherché à éloigner Raphael de lui. Buté comme un enfant, il l’avait repoussé des deux mains. C’avait presque été un caprice, ou un réflexe de survie, comme on repousse la source de la douleur pour ne plus jamais avoir à s’y confronter - et tout cela pour quoi? Pour en arriver à cet instant, où il l’avait attiré encore. Il était fatigué de ce jeu là. Toutes ses luttes farouches pour ne plus connaître la douleur de cet homme là auraient pu se résumer en un seul mot: stérilité. A la fin de la course, il avait la gorge nouée. Peut-être même que par instants il avait envie de pleurer - pas de tristesse, non, pas de chagrins ou de sanglots, juste d’épuisement. Sa gorge était nouée parce qu’il n’avait plus la force de la dénouer. Il avait mal, aussi. Terriblement mal. Quand il essaya d’articuler quelques mots, enfin, il ne parvint qu’à ouvrir la bouche et laisser échapper une sorte d’inspiration grotesque et muette. Alors il détacha enfin sa main de celle de Raphael - pour mieux la poser en travers de sa taille, l’attirer doucement vers l’arrière. Quand l’arrière de son crâne toucha enfin son improbable quantité d’oreillers, il fut brièvement traversé par l’impression qu’une petite éternité s’était écoulée depuis la dernière fois qu’il s’était assoupi en paix. Dans cette quiétude enfin renouvelée, il parvint à souffler un « Okay ». Déglutir fut encore difficile - et puis il cala sa tête contre celle de Raphael, appuya son front sur sa tempe, murmura « Okay. It’s gonna be fine. ». Son bras était resté en travers de la silhouette de l’autre homme, et il s’enroula un peu mieux pour le presser contre lui, chaleur réconfortante. Sans qu’il ait encore besoin d’y consacrer des efforts, sa respiration parvint à s’apaiser petit à petit, jusqu’à adopter toute l’apparence du sommeil. Il ne dormait pas. Ses yeux étaient restés clos, mais une partie de lui demeurait en farouche éveil, exaltée par la simple présence de Raphael. « I just want it to stop hurting… » à peine un aveu, douloureusement étranglés. Il inspira profondément - se laissa à nouveau glisser dans cet état de semi-inconscience, où ses sens en éveil ne noyaient plus son cerveau de pensées. Légères, ses lèvres vinrent se presser doucement sur la tempe de l’autre homme. « I miss you too, so much, sometimes… », qu’il soupira. Sa main vint chercher à l’aveugle les couvertures pour mieux les rabattre sur leurs deux corps - puis se reposa, doucement, tout contre la taille de Raphael.
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MessageSujet: Re: Best worst mistake + Roah   Mer 9 Mar - 17:07

Il y avait presque une certaine douceur. Il n’avait pas ressentit ça depuis longtemps. Depuis deux ans finalement, à plus petite échelle évidement. C’était timide. Ils avançaient à pas feutré dans leur intimité, ils la connaissaient pourtant bien, il n’y avait pas de problème avec ça. Mais ils avaient peur de la douleur qui se cache sous un recoin de tendresse. Ils avaient peur qu’elle leur saute au visage, qu’elle leur prenne la gorge, et qu’elle les tue, qu’elle les laisse la sur le tapis. Alors les gestes étaient lents, presque hésitant. Ils avaient fait semblant, ils s’étaient tenus proches, mais à l’écart. Ils se voulaient là, mais loin aussi. Ils souhaitaient un savant mélange des deux sachant qu’à un moment cet équilibre serait problématique et qu’il faudrait le faire basculer d’un côté ou de l’autre. Ils avaient toujours su de quel côté cela basculerait. S’ils avaient bien voulu se donner la peine d’y réfléchir, et de regarder la vérité en face, peut être qu’ils seraient arrivé à cette conclusion plus rapidement. Mais ils avaient été aveugle et sourd à l’évidence. Ils ne résistaient pas l’un à l’autre. Jamais bien longtemps en tout cas. Et ils étaient tous les deux bien trop épuisé pour le faire ce soir. Bien plus que de ne pas résister à Noah, l’alcool accentuait chez Raphael le besoin viscéral qu’il avait de l’autre homme. Le rêve idéal de bonheur planait dans sa tête, il se souvenait des nuits douces et chaudes ou il dormait comme un bienheureux dans les bras de Noah, ou il se réveillait la tête presque nichée dans le creux de son cou et ou il n’était capable de respirer que son odeur, ou plutôt ce qui se trouvait être après une nuit ensemble, leur odeur. Il voulait ressentir la sensation de sécurité, de plénitude qu’il avait ressentit lorsqu’il n’y avait que Noah autour de lui. Et il était si facile de faire le ménage de tout le reste une fois qu’il était là. On aurait pu dire que leur relation avait toujours été gangrénée par la réalité, par le mariage de Raphael. Si c’était effectivement ce qui était venu porter un coup de grâce au couple, cela n’avait pas gâché ce qui était venu avant. Ca l’avait parfois entaillé, mais ils avaient pansé les blessures, et ils avaient oubliés. L’amour, la tendresse, la douceur et la chaleur les rendaient facilement amnésique.

Elles ne les rendaient pas suffisamment amnésique pour ne pas craindre les retombées de ce qu’ils étaient entrain de faire. La douceur et la tendresse avait beau être réelle, la respiration de Raphael avait beau s’apaiser presque instantanément sur le rythme de celle de Noah alors qu’il le sentait s’enrouler contre lui, il y avait deux ans d’absence et de souffrance qui lui tordait l’estomac. Il y avait la question de demain qui perlait dans les brumes de l’alcool. Et c’était ce qui rendait les gestes lents et incertains. C’était ce combat entre la peur et le besoin. Raphael avait encore les ‘je te déteste’ imprimé sur la peau, il avait encore l’absence qui lui glaçait le sang. Et si sa peau irradiait, que son coeur prenait le rythme imposé par l’autre homme, son âme était à moitié pétrifiée, et attendait de pouvoir sombrer ou de ressentir un peu de cette chaleur.

Allongé contre Noah, le champ des possibilités venaient de terriblement s’agrandir. Il savait qu’il avait proposé cette arrangement pour dormir. Après tout, il avait été invité ici pour ça. Et même s’il avait délaissé le canapé pour une situation plus proche de Noah, le programme n’avait pas changé. Lui même ne le remettait pas en question. Il avait terriblement besoin de dormir. Ses muscles en venaient parfois à souffrir du manque de sommeil, ainsi que son humeur générale. Etre ce soir au côté de Noah pouvait lui servir de véritable pause. Il savait que c’était extrêmement malsain et stupide, au fond, mais il avait oublié cette notion il y a longtemps. Il sentait juste qu’ici, il pourrait dormir et enfin profiter d’une nuit tranquille. Mais il avait aussi terriblement conscience du corps de Noah contre le sien. Du corps nu de Noah contre le sien. Parce que Noah n’avait pas plus de pudeur, ou même de décence. Parce que Noah ne se serait surement pas rhabillé, même pour mettre une certaine distance entre eux deux. De toute façon, ils ne dormaient pas ensemble pour chercher la distance. La preuve se tenait dans la manière dont Noah s’était naturellement enroulé contre Raphael. Raphael ne se plaignait pas. Quand bien même sa propre barrière vestimentaire lui collait déjà à la peau, de chaud. Il avait toujours été plus pudique que Noah. Il avait surement toujours eu plus honte de son corps. Il avait toujours plus eu de raison de le faire.

Il roula lentement sur son flan pour pouvoir lui aussi passer un bras autour de la taille de Noah. Il posa d’abord son avant bras, de manière presque brute sur sa taille, comme pour marquer sa présence de la manière la plus brute possible. Puis rapidement, son poignet se détendant, ses doigts virent glisser sur la peau à sa disposition. S’il gardait les yeux clos, c’était seulement pour se donner l’impression du sommeil. Pour se dire qu’il faisait la bonne chose et qu’il ne cherchait naturellement pas plus loin. C’était sans compter sur son corps qui se rapprochait de manière imperceptible mais toujours un peu plus de celui de Noah. C’était sans oublier la chaleur qui se mélangeait et qui les englobait bientôt dans une bulle protectrice et rassurante. C’était sans rappeler leur souffle qui se mêlait presque, son nez qui effleurait celui de Noah lorsqu’il faisait un mouvement. Pendant quelques secondes, il lui arrivait de retenir sa respiration, juste pour sentir que c’était bien Noah qui respirait là, tout contre lui. « you’re the love of my life… » il murmura, presque malgré lui, comme un aveux qu’il aurait surement préféré retenir. Parce que c’était aussi inutile que c’était triste ou pathétique. Il sent ses joues rougir sous la pression et d’un mouvement lent et maladroit il vint enfouir son visage contre son torse, presque à l’orée de son cou. Il soupira, respira presque aussi brutalement son odeur, resserrant en même temps la prise qu’il a sur lui. Il y a toujours ces moments ou l’on abandonne tout.
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MessageSujet: Re: Best worst mistake + Roah   Mer 9 Mar - 21:11

Il avait rêvé du silence - il n’y en avait pas. En lieu et place se trouvait une sorte de tension insupportable, et le bruit de tempête de leurs deux souffles. La pénombre, la fin de leur discussion, tout cela n’avait eu qu’un seul effet: leur donner une conscience encore plus aiguë du corps de l’autre et de sa proximité. La paix promise n’avait pas eu lieu. Il semblait à Noah qu’il marchait sur un fil - et que la chute imminente constituait plus d’adrénaline que de panique.
Il était bien, pourtant. Il aurait été stupide - et hypocrite - de le nier. Blotti contre Raphael, il y avait quelque chose qui se dénouait dans son coeur et dans son ventre - et à nouveau il pouvait toucher le calme et le confort d’un homme quel avait aimé plus que tout. Il était bien. Il était heureux. Mais ce bonheur là avait des accents étranges. C’était celui des dernières rencontres et des adieux. Il se sentait, au fond, comme un homme qui se laisse aller à une ultime étreinte pour pouvoir ensuite regretter correctement. Il n’en avait pas le droit, pourtant. Il aurait dû se le refuser. Lors de la matinée coupable dans sa loge, il s’était déjà dit qu’il avait enfin face à lui l’aboutissement de son histoire avec Raphael - la récidive était mortifiante.
Mortifiante mais douce. Il le sentait tout contre lui. Il le sentait tout contre sa peau. Chaque centimètre carré de sa peau cria l’alerte quand il se retourna lentement mais sûrement dans son étreinte - et alors ce fut pire encore, parce qu’il sentait son souffle balayer le bas de son visage. Proche. Il aurait suffi d’un geste - ou même pas, d’une ébauche de geste, un tout petit rien et il l’aurait senti contre ses lèvres. Du fin fond de son ventre venait une croyance stupide selon laquelle l’embrasser suffirait à respirer correctement à nouveau. Mais est-ce que ç’aurait vraiment été un échec, après tout? Il ne manquait que cela, que le contact de leurs bouches - ils se tenaient déjà dans les bras l’un de l’autre, proches, si proches, trop proches. Un oeil extérieur aurait pu croire au bonheur. Même lui, par instants, en venait à sentir sa vision se troubler - et dans le contact de Raphael il ne voyait plus que leurs passés, et la rupture n’avait jamais eu lieu, et la douleur non plus.
Qu’il aurait voulu prétendre.
Mais qu’est-ce qui l’en empêchait?
Il s’était toujours raccroché à sa dignité avec une forme tout particulièrement vicieuse de fierté. Elle avait été son seul pilier au cours de son existence - un tel fondement que parfois il l’avait attribuée à ses origines, à son pays, à sa famille, quand au fond elle ne dépendait que lui-même. Longtemps, il avait cru qu’elle lui avait permis d’avancer et de survivre. Et s’il s’était trompé? Et s’il ne valait pas mieux que le reste? S’il était comme le commun des mortels? C’est à dire une sorte de funambule qui s’accrochait comme il pouvait et qui survivait comme il pouvait, aussi - grâce à des évènements, ou des êtres, ou des souvenirs, grâce à des prétextes quand il n’y avait que la fureur de vivre. Dans la brume du demi-sommeil, de la mémoire et de la douleur, son honneur lui semblait avoir des allures de mirage. Et peut-être que demain il regretterait, s’il cédait à la tentation des souvenirs - mais il trouverait quelqu’un ou quelque chose à accuser. Pour ça, aussi, il avait toujours été bon. Trouver des bouc-émissaires. Et sa tête pesait une tonne, échouée toute proche de celle de l’autre homme. Sûrement que c’était à cause du poids de leur histoire ensemble. Ou alors, une fois encore, il cherchait de la poésie et de la noblesse dans une réalité où, à terme, il n’y avait que l’instinct.
Et les mots de Raphael. A peine un murmure. Il lui fallut quelques secondes pour démêler leur sens, les aligner correctement - et pendant plusieurs minutes il n’y eut que des germes de sentiments aussitôt avortés, quelque part entre les remords, les regrets, la rage, la haine et l’épuisement. Sa bouche resta entrouverte, et sa langue ne tenta aucune syllabe. Puisqu’il fermait déjà les yeux, il entreprit de forcer un peu plus encore sur ses paupières, jusqu’à ne plus avoir le moindre indice de la lumière des lampadaires qui filtrait pas ses mauvais rideaux - mais sa main s’était ouverte et refermée sur la peau de Raphael, comme pour le presser un petit peu plus encore, le sentir tout proche de lui. Il avait envie de pleurer - encore. Il avait envie de pleurer - toujours. Par instants, au plus fort de la vulnérabilité, il se sentait comme un homme en fin de course. Les dernières minutes de l’effort étaient les plus difficiles. L’effort en question: résister à l’instinct. Est-ce qu’il en avait envie, encore? Il souffla enfin un « Don’t be stupid » amer, qu’il développa à peine d’un « There’s no such thing as the love of a life… » - mais même lui avait du mal à y croire tout à fait. Parce que le temps avait échoué à changer quoi que ce soit à la douleur. Raphael lui manquait. Il lui manquait comme au premier jour. Peut-être même qu’il lui manquerait toujours.
Il n’y avait que quand il le sentait tout contre lui que cette impression de manque s’estompait - un petit peu. Et tout à coup, il n’eut plus que ce désir-là, cette envie-là. Sa main remonta doucement de la taille de Raphael à sa nuque - et sa pression légère avait quelque chose d’insistant. Il pencha la tête, appuya sa bouche contre son front, soupira. Il le sentait respirer tout contre lui. C’était une brûlure. Mais cette brûlure lui donnait l’illusion d’être vivant. « Why won’t you go away? » Il murmura tout bas. Sa main était restée en place. « I miss you so much. All the time. I just wish I’d stop… Cause you’re always here. In my mind » qu’il articula du bout des lèvres. A peine un souffle. Doucement, il déposa un baiser sur le front de Raphael, et soupira à nouveau. L’impression de manque avait laissé la place à une forme tout particulièrement vicieuse de remords. Il n’était, au fond, pas certain que ça soit préférable.
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MessageSujet: Re: Best worst mistake + Roah   Jeu 10 Mar - 0:32

Raphael avait toujours été stupidement romantique. L’amour avait un grand A, ou n’en avait pas. Il vivrait surement heureux et aurait beaucoup d’enfant. Il vivrait un coup de foudre, ne pourrait plus détacher son regard de quelqu’un. Il entendrait son coeur battre à l’unisson. Il n’imaginerait qu’un seul avenir. Il ne pourrait respirer sans l’autre. Son avenir serait doux, l’amour l’apaiserait, il se verrait et respirerait le bonheur dans les yeux de quelqu’un d’autre. Il avait toujours été niais au point d’avoir une vision aussi stupidement idéalisé de l’amour. Ce n’était pourtant pas ses parents qui lui avaient montrés l’exemple avec leur mariage froid et sans âme. Non, lorsqu’on regardait au fond des yeux de Raphael, on savait qu’il s’attendait d’avantage un amour digne des soeur Brontë qu’à quoique ce soit d’autre. Si c’était adorable à quatre ans, c’était vite devenu embarrassant, c’était ensuite devenu honteux même. Puis le rêve avait de toute façon été brisé en plein vol. Il avait fait de son mieux pour faire marcher l’inimaginable. Quand bien même il savait que cela ne répondait pas au critère qu’il s’était toujours imaginé. Il avait finit par se dire qu’ils étaient stupides, et surtout, improbable.

Et il y avait eu Noah.

Noah qui avait ce goût aussi stupide et aussi improbable que son rêve d’amour éternel. Noah qui ne voulait rien dire de normal. Noah qui ne faisait aucun sens dans son cerveau ou dans ses traditions et pourtant, Noah qui trouvait sa place, juste là, parfaitement, et qui refusait de ce déloger. Il n’y avait rien de rationnel, et pourtant c’était une idée dont il n’avait pas pu se détacher. C’était un sentiment récurant, qui lui coupait le souffle, qui le tenait éveillé. C’était tonitruant, il était impossible de ne pas l’entendre, de ne pas le sentir, de ne pas vouloir le voir. C’était inévitable. Ou qu’il soit, il retombait toujours dessus. Lorsque cela avait finit par prendre son sens, cela avait pris cette figure rhétorique stupide, enfantine et naïve.

L’amour de sa vie.
Il était l’amour de sa vie.

Il aurait voulu le nier, ou en rire, et dire que non, c’était de passage. Il aurait voulu se trouver ridicule, encore une fois, comme lorsqu’il avait été adolescent et mettre l’idée de côté. Il aurait voulu ne jamais le dire aussi, le garder au fond de lui. Comme le premier ‘je t’aime’ échappé à Sasha sous la pression. Mais comme toute chose qu’il aurait mieux fait de garder pour lui, ou même de ne pas penser, il les crachait au visage des autres. Il les échappait malencontreusement. Il s’en débarrassait et les laissait sur la place public comme s’il allait disparaître, abîmé par les quatre vents. C’était absurde, rien avait terni ce qu’il ressentait pour Noah. Dans un entêtement farouche, il avait voulu penser qu’il avait simplement pas essayé. Dans les faits, il avait simplement refusé. La douleur de l’absence de Noah était préférable au vide qu’il laissait s’il abandonnait tout sentiment pour lui - si tenté que cela soit possible. C’était peut être ridicule, niais, naïf et même pathétique, mais Raphael avait besoin, finalement, pour avancer, de savoir qu’il aimait, et qu’au final, il avait eu quelque chose de la vie. Même s’il l’avait perdu lamentablement.

Parce que l’aveux lui rappelait aussi le temps ridiculement court qu’il avait eu avec ce soit disant âme soeur. Il lui rappelait qu’ils n’étaient plus rien. Et qu’il était dans les bras de quelqu’un qui n’avait que des raisons de le haïr. Pourtant, tout faisait sens, ici, et pour la première fois depuis longtemps il avait le sentiment de se sentir entier. Il oubliait même le cuisant ridicule et la marque au fer rouge qu’imprimait sur lui le mot stupide en sentant la main de Noah contre sa peau. « I can’t see myself not loving you » il bégaya presque, en réponse, pour essayer de ce justifier. C’était absurde. De quoi devait-il se justifier. C’était un sentiment si particulier qui ne s’expliquait. On ne pouvait pas ressentir l’amour de tout une vie avant de le rencontrer. On ne pouvait même pas être vraiment sur. C’était sans doute pour ça que c’était, évidement stupide, et ridicule. « but whatever… right. » souffla-t-il, dans le creux de son cou, comme pour marquer l’absurdité de la situation. Ils parlaient d’amour sur un cimetière de regret et de feu mal éteint. C’était, au fond, pitoyable. Mais Raphael s’accrochait à cette situation comme si c’était la seule chose qui le raccrochait à… à quoi au juste ? A quelque chose qui lui tenait à coeur, à quelque chose qui lui était indispensable. A quelque chose d’indicible.

Il ferma les yeux jusqu’à s’en faire mal au paupière lorsqu’il sentit les lèvres sur son front. Le geste aurait pu être paternalisant, si jamais il avait eu un père qui l’avait un jour traité de la sorte. Les baisers, ils étaient tous venus de Noah, et Raphael reconnaissait la sensation rassurante de ses lèvres sur sa peau. Il sentait la brûlure significative aussi. Il s’accrocha plus fermement à lui, et referma tout son avant bras sur son dos, le maintenant contre lui dans une étreinte étroite. Le lit était immense, ils seraient rentrés dans un lit une place. Entre les baisers, les mots lui arrachèrent des larmes. Même sa gorge pleurait. C’était un hoquet plaintif de surprise. Un hoquet d’alcoolique surement, qui s’étouffa au milieu de ses cordes vocales. Il aurait du entendre qu’il était toujours dans son esprit. Il entendait que Noah cherchait désespérément à l’en faire sortir. Il ne savait pas à quoi il s’attendait. Enfin, si, il savait, c’était la raison pour laquelle il n’avait jamais voulu parler du divorce. Il ne voulait pas avoir d’espoir. Et pire encore, il ne voulait plus jamais se retrouver dans la position pathétique et suppliante « please don’t… » il s’étrangla faiblement « ‘m here » Il était là, plus qu’il ne l’avait jamais été ces deux dernières années, était-ce suffisant ? Pouvait-il simplement supplier Noah de l’attendre jusqu’à la fin du divorce. « please I love you so. » il murmura faiblement, remontant ses propres mains autour du visage de Noah, faisant ce simple geste, qui fit passer les lèvres, du front, au nez, aux lèvres, pour les sceller. Comme il n’aurait jamais du.
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MessageSujet: Re: Best worst mistake + Roah   Mer 1 Juin - 1:24

Il y avait comme un poids terrible à l’arrière de son crâne. Comme si la fatigue, en l’espace de quelques minutes à peine, s’était faite physique - était devenue un boulet accroché à sa nuque. Ou peut-être que ce n’était pas la fatigue. Juste un petit quelque chose dans son subconscient qui lui rappelait qu’il n’avait plus envie de bouger de là, plus envie de se relever, de s’éloigner de Raphael, de mettre fin à une situation qui, un peu plus à chaque seconde, se révélait grotesque. Il n’y avait pas d’autre mot que celui-là: grotesque. Par instants, il se demandait ce qu’il avait bien pu espérer d’autre de cette soirée - et puis il écartait cette pensée comme si elle n’était jamais venue. La réflexion n’avait jamais été son fort. Agir uniquement à l’instinct et à l’instant avait des avantages, certes, mais surtout une quantité invraisemblable d’inconvénients.
Ils étaient trop proches. Beaucoup trop proches. Proches au point où, quand Raphael parlait, il sentait presque l’infime vibration de l’air - et distinctement celle de sa peau sous sa main, en écho à son souffle. Il y avait l’odeur de l’alcool, aussi. Elle était là, claire, et, quelque part, contribuait à tout le surréalisme. S’il avait fermé les yeux depuis bien longtemps, il n’en avait de toutes façons pas réellement besoin pour imaginer tout le reste. Le temps avait passé, mais la mémoire était restée. Il suffisait d’un accent dans la voix de Raphael quand il lui répétait, encore et encore, des paroles dont la tendresse et le romantisme avaient au fond quelque chose d’ironique, pour l’imaginer tout entier. Les traits étaient là, les textures aussi, et même, s’il y pensait suffisamment fort, quelques empreintes de goûts et de sensations. La nostalgie le prenait à la gorge, il en avait presque du mal à respirer. C’aurait été facile. Prétendre que rien ne s’était jamais passé, qu’ils ne s’étaient pas séparés, qu’ils allaient bien, que tout allait bien, et que leur tranquille bulle d’insouciance et d’espoir n’avait jamais éclaté. Non - ça serait facile. Encore.
Après tout, ils en étaient déjà si proches, ridiculement serrés sur le lit immense, enroulés l’un contre l’autre, à parler à voix basses. A moitié engourdi par l’épuisement, il y avait des instants où Noah ne faisait presque plus de distinction entre les souvenirs et la réalité - et la troisième option, minuscule brèche dans le présent, selon laquelle tout ce qu’ils faisaient à cet instant n’avait déjà plus grand sens, alors à quoi bon continuer à réfléchir? Probablement que Sasha les aurait trouvés ridicules si elle avait poussé la porte à cet instant pour le découvrir nu, à serrer Raphael contre lui en lui répétant qu’il aurait tout donné pour l’oublier. Ridicules parce que he should know better. Ridicules parce qu’il aurait dû avoir plus de fierté que cela, assez au moins pour ne pas avouer à demi-mots qu’il l’aimait encore - et qu’il se détestait de l’aimer encore.
Et à sa réponse, il ferma les yeux un peu plus fort - et une douleur sourde remonta du bas de ses paupières jusqu’à la ligne des sourcils, sans jamais l’empêcher de forcer encore. La main qui tenait la taille de Raphael s’agita piteusement dans un spasme ridicule, comme un mouvement commencé pour se dégager mais aussitôt avorté - elle retomba, presque morte, inutile, et lui, il serra les dents aussi. Il sentit ses mains voyager jusqu’à son visage et sûrement que, du bout des doigts, Raphael pouvait deviner les os resserrés et les muscles tendus - mais il restait là, immobile, à se retenir de ne pas lui hurler de se taire enfin. Comment Raphael pouvait ne pas deviner qu’il lui faisait mal lui semblait absurde. Il l’avait connu aveugle à beaucoup de choses - mais c’était une limite qu’il ne pensait même pas possible à franchir. Chaque fois qu’il prononçait ces mots, ils coupaient un petit peu plus profond. Peut-être parce que le temps leur avait arraché leur sens - ou peut-être qu’il aurait eu besoin de les entendre le jour où il était parti, au lieu du silence et de l’ignorance. C’était cela qui l’avait tué. Le silence et l’ignorance. Peut-être même plus encore que le manque.
Parce que le manque se comblait. S’il avait appris une chose au cours de son existence, c’était bien cela. Il y avait toujours quelqu’un d’autre à embrasser, toujours une pilule à prendre, toujours une revanche à prendre, toujours quelque chose pour combler un vide - ou au moins pour prétendre que le trou n’était plus si béant. Et quand tout cela ne convenait pas… il y avait toujours un moyen de se détacher du vrai. Il avait toujours été bon pour cela. Sûrement que ç’avait été la clé de sa survie quand tout se faisait un petit peu trop douloureux pour lui, un petit peu trop intense - il savait prétendre que la douleur et la réalité se dissociaient, jusqu’à ce qu’elles y parviennent enfin. Et quand il sentit la bouche de Raphael sur la sienne, et qu’il eut comme un sursaut, un nouveau geste amorcé et avorté, c’est exactement ce qu’il fit. Il prétendit qu’il n’y avait pas eu comme une implosion de souffrance brute dans sa poitrine.
Sa main se resserra sur la taille de Raphael. Pendant un instant, ses dents traînèrent au bas de la lèvre de l’autre homme - il siffla à peine un « Just shut up, please, Raphael, shut up », reprit le baiser comme s’il ne l’avait jamais supplié de se taire, laissa leurs deux corps entremêlés comme si ce n’était pas la chose la plus stupide du monde à faire. Peut-être même que ses doigts, engourdis, entreprirent de tirer, insistants, sur le peu de vêtements que l’autre homme portait encore - et que, quand leurs bouches s’arrachèrent une nouvelle fois pour qu’il aille nicher son visage dans son cou, il souffla un « You weren’t there when it could have mattered » douloureux. C’était stupide. Encore. Toujours. Ca n’en finissait pas d’être ridicule, cette histoire - mais cela ne changeait rien au mélange amer de rancoeur et de remords qui nouait sa gorge, et puis d’autres choses, aussi. Si on lui avait posé la question, sûrement qu’il aurait prétendu que ses mains n’agissaient que par réflexe quand elles se faisaient plus pressantes - comme sa bouche quand elle souffla un « Take that off » urgent. Il aurait menti.
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MessageSujet: Re: Best worst mistake + Roah   Mer 1 Juin - 12:07

Raphael était idiot. Mais là encore, Raphael était saoule. Donc est-ce que ça comptait vraiment ? Ca compterait demain, sans aucun doute, lorsque les souvenirs afflueraient avec le poids pénible du marteau de Thor… Mais on était encore aujourd’hui, et Raphael était suffisamment idiot - saoule - pour ce soucier de rien. Et c’était quelque part tout le problème de la situation. Il aurait du pouvoir se rendre compte. Il aurait du saisir tout le tord qu’il faisait. Il n’aurait pas du penser qu’il pouvait réparer les choses si simplement. Parce que là tout était simple. Comme s’il suffisait de dire des je t’aime et que tout le reste serait oublié. Comme si c’était soudainement un mot magique qui effaçait les mots, la douleur, et tous les tords qu’il avait pu lui faire. Après tout, n’était-ce pas la seule chose qui comptait ? Peut être pas justement. Surement pas d’ailleurs. Enfin c’était l’essentiel pour Raphael, qui trop saoule n’arrivait pas à penser à quoique ce soit d’autre. Il était trop près de Noah pour penser à quoique ce soit d’autre. C’était comme si après deux ans, il avait enfin le repos dont il avait toujours rêvé. Il sentait la chaleur de l’autre homme, et il ne rêvait que d’une chose, s’y blottir un peu plus, s’abîmer contre sa peau, que leurs peaux partagent la même odeur. Il ne rêvait que de ses lèvres, que de ses mains, que de la sensation paisible et parfaite qu’il avait de dormir dans ses bras. Et tout ça ne lui provoquait qu’une seule chose, un manque irrépressible qu’il n’était pas capable de contrôler. C’était idiot, d’éprouver tant de manque alors qu’on était si proche. Il pouvait le toucher, le sentir, et pourtant il le sentait si loin. Peut être était-ce que contrairement à lui, Noah sentait la douleur, les regrets, tout ce que l’alcool retirait à Raphael. Leur passé mettait une distance en filigrane entre les deux. Raphael évidement, n’aurait pas su dire ce que c’était. Il sentait juste un froid, une distance qu’il ne parvenait pas à combler. Il disait les mots pourtant. Il ne disait que ça. C’était la seule chose qu’il avait à dire parce que c’était la seule chose qu’il pensait, qu’il ressentait. Il ne pouvait pas envisager autre chose. Il ne pouvait penser à rien d’autre. C’était pitoyable. Il le savait. Ou non, plutôt il n’en savait rien, et c’était probablement sa malédiction de la soirée.

Plus rien ne semblait compter. Il était dans un présent immédiat particulièrement opaque à tout ce qui pouvait l’entouré en dehors de Noah. Il avait oublié le passé ou du moins il l’avait simplifié. Il avait surtout oublié le futur. Comme si ça vie pouvait se terminer là. Comme s’il ne pouvait y avoir que ça. C’était absurde. C’était l’effet de l’alcool qui embrumait son cerveau. Il ne parvenait à se focaliser sur qu’une seule chose. Et Noah était trop près de lui pour ne pas être cette chose. Et puis il sentait sa main sur sa taille. Il sentait la pression sur sa peau. Et c’était le sentiment le plus habituel du monde. Il en frissonnait pourtant. C’était comme un pont à travers cette distance. Comme un indice que tout irait bien. Il n’aurait pas du être aussi incapable de comprendre ce qui se passait autour de lui. Il aurait du voir la douleur dans les yeux clos de Noah. Il était comme un enfant qui cherchait à se boucher les oreilles en fermant les yeux. Il ne voyait rien. Il ne voyait que la perfection de ses traits. Il ne pensait qu’à quel point l’homme en face de lui était beau. Il ne pensait qu’au faite qu’il était sur que c’était l’homme de sa vie. Que ça l’avait toujours été, et que cela ne pourrait pas être autrement. Il n’avait jamais voulu que lui - c’était faux, bien sûr, heureusement, mais il simplifiait, - il ne voudrait que lui - c’était la vérité la plus douloureuse qu’il avait jamais entendu, mais contre Noah c’était normal, ça prenait juste sa place. Il était idiot. Il était saoule. Noah lui manquait atrocement. Il l’aimait plus que tout. Et il ne pouvait pas jonglé avec plus de donné que ça.

Il hoqueta stupidement lorsque l’ordre de Noah vint siffler à ses oreilles, s’abîmant la lèvre sur les dents de Noah dans le processus. Se taire. Oui, se taire. L’ordre pénétrait comme un coup de couteau dans son esprit embrumé. Il ne voulait pas l’entendre ? Il ne voulait pas des mots, des déclarations ? Il oublia instantanément sous les baisers de Noah. Il glissa une main maladroite à l’arrière de sa tête, blottie sur sa nuque, les doigts glissant dans ses cheveux. Il fit surement un bruit du fond de sa gorge. Le genre de ceux qu’il avait toujours été incapable de retenir. Le genre de ceux qui l’avait toujours fait rougir. Mais il ne semblait pas s’en soucier. Il s’accrochait à Noah comme si c’était la seule chose à faire. Il découvrait l’étendu des muscles, et la force qu’avait ce dernier. Il en avait toujours eu. Mais il en avait encore plus. Et Raphael se disait qu’il n’y avait surement pas de meilleur endroit que cette étreinte. Il eut un vertige en l’entendant lui faire des reproches. Ce n’était rien qu’il ne méritait pas, sans doute. Mais la simplicité avec laquelle son cerveau réfléchissait ne parvenait pas à faire les maths. Il hoqueta stupidement à nouveau, sifflant dans son hoquet un pénible et ridicule « I’m sorry…. I’m… sorry… I lo… » et comme un coup à l’arrière du crâne il se souvint de l’ordre, il se mordit la lèvre jusqu’au sang. Il ne s’en rendit compte qu’au moment ou le goût de fer se propagea dans sa bouche, lui arrachant une grimace alcoolisé. La suite, on aurait préféré ne pas la raconter. La surprise sur le visage de Raphael alors qu’il recevait l’ordre de Noah. Le besoin de précision qu’il faillit demander avant de comprendre. La seconde d’hésitation, qui aurait du durer une minute pour pouvoir faire les choses correctement. Parce que tout ça était une terrible idée. Il n’aurait jamais du être là. Il n’aurait jamais du se retrouver dans son lit. Et il n’aurait jamais du commencer à se déshabiller. Mais l’hésitation ne dura qu’une seconde. Et s’en suivit un moment particulièrement pitoyable ou un homme saoule essayait de se dépatouiller avec son t-shirt. Il faillit surement rester coincé dedans, et le fait qu’il y parvint releva d’un miracle - ou d’un coup de main bien sentit. Il se pinça la lèvre, remettant ses dents toujours sur la même plaie fait plus tôt, eut la grimace caractéristique de l’homme trop alcoolisé avant de revenir se blottir au plus près de Noah, comme s’il avait froid. Il glissa ses mains dans le dos de Noah. Il n’aurait pas pu être plus maladroit, plus brouillon. Il aurait pu dire que c’était le manque, et le désir. Ca l’était surement en parti. En plus de l’alcool qui flouait ses sens. Il s’agrippa à ses épaules pour rapprocher encore Noah de lui, pour briser cette distance qu’il sentait toujours. Il déposa des baisers tantôt léger, tantôt avide, souvent bordélique partout ou il pouvait le faire. Tout se passait dans un vertige délicieux. Un vertige qu’il viendrait forcément à regretter.
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MessageSujet: Re: Best worst mistake + Roah   Mer 13 Juil - 22:16

Quand il embrassait Raphael, il avait comme un goût amère au fond de la bouche - quelque chose comme de la rage. S’il avait été d’humeur sentimentale, sûrement qu’il aurait pu se perdre en phrases à la con, en mots de l’acabit de « de la haine à l’amour il n’y a qu’un pas », ou vice-versa, ou peu importe - mais il n’était pas d’humeur sentimentale. Il sentait les articulations de ses mains, chaque phalange, distinctement, crisser de douleur de les serrer trop fort. Même aux coins de ses mâchoires, il y avait un semblant de souffrance. C’était piteux. L’épuisement, physique et moral, avait fini par s’en aller - dieu merci - mais, à la place, il y avait un nouveau brouillard. Une forme tout particulièrement vicieuse de confusion des sentiments et des émotions, de rejet et de besoin. Surtout d’envie. Ouais. Surtout de désir.
Et puis il y avait de l’ivresse. Oh, pas celle de l’alcool - il n’avait jamais été un gros buveur mais un verre ne suffisait pas à le terrasser ainsi. Celle de la fin de course, celle des moments où l’on sent, enfin, se jouer toute une histoire. Peut-être que, quelque part, il espérait que cette fois-ci il aurait les adieux dont il avait tant besoin, l’énergie nécessaire pour tourner la page et ne plus se retourner - sûrement que, quelque part encore, il savait que ce genre d’espoir était inutile.
Et, comme si c’était encore possible, ses mains se serrèrent un peu plus fort quand Raphael parla à nouveau. Il eut une inspiration brutale, presque un hoquet, ferma les yeux dans un pur - et stupide - réflexe de défense. Un vertige était revenu à l’arrière de son crâne et manqua presque de le faire basculer vers l’arrière, forces coupées, mais il se rattrapa de justesse - empoignant le t-shirt de Raphael pour l’aider dans son piteux geste pour s’en débarrasser avant de l’attirer de nouveau contre lui. C’est à cet instant qu’il remarqua qu’il avait le souffle court - que quelque chose brûlait au fond de sa poitrine et que les goulées d’air venaient par à-coups brutaux et glacés, aussitôt prises, aussitôt relâchées. Autant pour dégager sa poitrine que par simple réflexe, il fit rouler l’autre homme de son flanc jusqu’à ce qu’il se retrouve sur le dos, le couvrit à nouveau de son corps, se fraya un chemin entre ses deux cuisses. « Stop it. Stop it. Stop saying that. Please. You can say whatever you want but not that. » qu’il balbutia, à moitié étouffé, à moitié hébété. Il savait qu’il lui avait dit de se taire, quelques minutes plus tôt à peine. Appelez cela un compromis. Ou peut-être bien qu’il avait fini par se rendre compte qu’il avait envie de l’entendre, envie de le savoir près de lui, mais tout simplement pas les forces nécessaires pour ces mots là. Le temps les avait rendus amers - autant quand il y croyait que quand il n’y croyait tout simplement pas. Ils avaient une sensation de trop tard. Une sensation de regrets.
Ses mains, dans un réflexe qu’il avait cru oublié, étaient remontées se poser de part et d’autre du visage de Raphael pour le prendre en coupe, l’embrasser à nouveau. Quand il ouvrit enfin les yeux, il vit ceux de l’autre homme, à peine, dans la pénombre, et pendant une seconde la douleur dans sa poitrine se fit un peu plus violente - comme une impression de suffoquer encore. « Fuck » qu’il marmonna. Dans son semblant d’ivresse, le mot pesa une tonne sur sa langue engourdie. A nouveau, il vint nicher son visage dans son cou, inspira profondément cette odeur toute particulière qui n’appartenait qu’à Raphael et aux regrets - aujourd’hui encore un petit peu teintée d’alcool. Il avait envie de pleurer, et il trouvait ça minable sans vraiment, non plus, réellement savoir ce qu’il aurait pu espérer de mieux. Un temps. Un silence. Un soupir. Pas de ces soupirs qu’on poussait pour manifester l’agacement ou l’indignation, non - plutôt un soupir lourd et légèrement tremblant, comme une pensée qu’on s’efforce de laisser échapper. « You weren’t there » qu’il souffla à nouveau. Les mots faisaient écho, ricochaient dans son crâne, douloureusement. A nouveau, il était immobile. Lentement, il glissa l’un de ses bras sous la tête de Raphael, appuya sa tête un peu mieux dans son cou. « I needed you, so fucking bad, and you weren’t there. I wanted to see you. It would have made things easier. », qu’il continuait - et sa voix était si lourde qu’elle en semblait presque monocorde dans ce qui était pourtant le plus grand des aveux de faiblesse. « I was in so much pain and I just needed you to be here and explain, and tell me it’d be fine, that I’d be okay, cause, you know, I was sure I was dying. » Il ne savait même plus de quoi il parlait. Du temps passé à errer, à nouveau assommé par la drogue, dans les couloirs du fantôme de l’opéra? Du jour où il s’était retrouvé allongé sur le bitume à regarder le ciel, la jambe en feu, persuadé qu’il allait juste se vider de son sang et crever là? Du temps interminable passé à l’hôpital? Ou celui en rééducation? Ou celui en désintoxication? A tous ces moments, il avait eu besoin de Raphael. Au fil du temps, ils s’étaient tous mêlés en une seule longue, très longue période d’enfer - pendant laquelle il n’avait été plus que l’ombre de lui-même, amaigri, abattu, assommé. Il n’avait même pas été capable de se regarder dans le miroir - et, aujourd’hui encore, quand ses yeux tombaient sur la cicatrice qui remontait sa jambe, il les détournait pudiquement. Ou honteusement. « Why weren’t you there? » qu’il marmonna à nouveau - sa voix avait grimpé d’un ton, comme celle d’un enfant. Il déglutit, laborieusement, et il y avait comme une boule douloureuse dans sa gorge, en plus de celle dans sa poitrine. « You say you love me and you said you’d be there everytime I needed you… but you weren’t… » Il détestait le ton de sa voix, détestait son accent de reproche - sans être, pour autant, à nouveau capable de se taire. C’était stupide. Probablement. C’était minable - sûrement. Mais il y avait de l’urgence dans les non-dits.
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MessageSujet: Re: Best worst mistake + Roah   Jeu 14 Juil - 14:25

Peut être qu’ils en avaient l’air. Mais ils n’étaient vraiment pas là pour ça. Ils n’étaient pas là pour recoller les morceaux… Ni même pour arranger les choses. Raphael n’avait aucune idée de pourquoi ils étaient là. Il n’arrivait pas à comprendre pourquoi Noah avait tant insister pour l’accompagner chez lui… Ca ne faisait aucun sens. Peut être qu’ils n’avaient jamais réussit à comprendre le lien qui existait entre eux. Peut être qu’il avait eu tord de penser qu’une rupture violente était la meilleure solution pour leur permettre à tous les deux de se retourner… Il avait cru que Noah l’oublierait plus vite que ça. Il avait cru que Noah serait capable de l’oublier naturellement… Il s’était dit que la colère, la haine provoquée par la rupture l’aiderait à mettre un terme au sentiment. Il ne s’était jamais dit qu’il cristalliserait leur relation dans un néant entre regret, remords, souvenir, et désir. Il ne s’était jamais dit que les choses pourraient se passer ainsi. Il était clair qu’au final il n’avait simplement pas réfléchit et qu’il avait fait la chose la plus égoïste possible. Il n’avait pas été capable de faire autre chose. Il ne s’était pas pensé capable de lui dire la vérité et de se battre pour leur rupture. Rompre avec Noah avait déjà été suffisamment compliqué en l’évitant totalement, il ne s’était pas pensé à même de le faire avec Noah faisant tout son possible pour trouver une solution. Et il avait toujours été sur - et en était toujours sur - que Noah se serait battu pour eux. Des deux, Noah avait toujours été le plus courageux. Ce n’était sans doute pas bien compliqué… Raphael se rendait bien compte qu’il avait toujours été lâche et pitoyable. Aujourd’hui il était submergé par tous la palette possible de regret, de remords. Aujourd’hui il se haïssait d’avoir fait autant souffrir Noah. Il aurait voulu partir, le laisser tranquille définitivement, le laisser penser ses plaies, le laisser se reconstruire tranquillement. Mais il ne savait plus exactement ce qu’il fallait. Il ne connaissait plus assez Noah - l’avait-il seulement connu ? Il ne savait plus ce qu’il devait faire pour Noah - l’avait-il seulement su ?

Devait-il le laisser tranquille et ne plus jamais revenir vers lui ? Devait-il essayer de réparer ses bêtises et essayer de sauver ce qu’ils avaient eu ? Devait-il simplement l’aider à s’en remettre et tout de même tirer une croix sur lui ? Il n’avait aucune idée de ce qu’il était sensé faire, de ce que Noah pouvait bien vouloir de lui… Il n’allait pas nié qu’il préférait certaines des solutions… Mais après tout le mal qu’il avait fait, il était honnêtement prêt à faire la bonne chose cette fois-ci…

Pourtant, ce n’était clairement pas ce qu’il était entrain de faire en ce moment. Peut importe ce que Noah pouvait réellement de lui, il était à peu près sûr que la meilleure chose à faire n’était surtout pas d’être dans son lit avec lui, à s’embrasser… Mais pouvait-il s’arrêter ? Probablement pas. Même s’il arrivait à réunir le courage nécessaire la poigne de Noah sur lui lui paraissait trop forte. Ou alors c’était l’excuse que son esprit embrumé par l’alcool trouvait pour ne pas s’éloigner… Il n’allait pas le nier, son esprit était à des lieux de réfléchir à la meilleure chose à faire… Il se vautrait dans l’idée d’un amour impossible. Il se roulait dans ses excuses impossible à prononcer, impossible à entendre surtout. Il hoquetait lorsque Noah l’enjoignait de se taire. Mais il peinait à s’y résoudre. Le désir était en conflit avec sa conscience. Il savait qu’il ne devrait pas faire ça, et pourtant ne parvenait pas à arrêter. Il prit une soudaine inspiration lorsque Noah le fit rouler sur le matelas, le recouvrant de son corps et se glissant plus près de lui. Surement qu’il n’avait plus besoin de tant penser. Surement qu’il n’avait plus besoin de tant essayer. Après tout, il n’était surement pas assez fort - ni assez sobre - pour réfléchir pour deux. Noah l’avait amené ici. Noah devait savoir ce qu’il faisait.

Raphael ferma les yeux, ravala sa conscience, permit à Noah de plus se glisser contre lui, de trouver une place confortable entre ses jambes. Il frissonna sous les mains qui virent prendre en coupe son visage, oublia comment respirer lorsqu’il se perdit contre ses lèvres, glissa une main contre sa nuque pour le retenir contre lui. Il ne savait pas ce qu’ils étaient entrain de faire, ce que ça signifierait pour la suite, ce que cela pouvait provoquer. Mais il n’avait plus le courage de penser au conséquence. Il n’avait plus l’énergie d’affronter quoique ce soit si ce n’est son besoin de garder Noah tout contre lui. Son cerveau était blanc, brumeux, incapable de trouver quoique ce soit à dire d’autre que « I’m sorry » ou encore « I love you » et il avait bien compris que c’était une réponse que Noah ne voulait plus entendre tant ses mots avaient été entaché de souffrance.

Il haleta pour de l’air lorsque Noah relâcha ses lèvres, nichant son visage dans son cou, jurant. Un instant, le corps de Raphael se raidit contre celui de Noah, ses poumons seuls hoquetant pour trouver une source d’air suffisante. Les yeux clos à s’en faire mal, il essayait de ne pas céder à la panique dans le silence. Il les ferma encore plus fort lorsqu’il entendit Noah reprendre la parole. Son coeur se mit à gonfler, à se compresser soudainement contre les parois de sa poitrine. Il était mal, il voulait partir, il voulait s’enfuir. Ou alors il voulait rester, tout réparer. Sa peau était douloureuse. Ses muscles criaient. Ses paupières peinaient à retenir les larmes qui lui brûlaient les rétines. Il ne voulait plus rien entendre. Il ne voulait pas sentir la souffrance de Noah qu’il n’était pas capable de porté. Il ne voulait pas répondre à des questions qui étaient veine. Il n’était pas là. Il pouvait prétendre qu’il l’avait été parce qu’il était resté tous les jours à l’extérieur de l’hôpital. Mais Noah avait raison. Il n’avait pas été là. Il l’avait abandonné. Rien de ce qu’il pourrait faire à l’avenir ne réparerait ça. Noah avait eu besoin de lui, et il n’avait pas été là… Il s’était centré sur lui même lorsqu’il aurait du se centrer sur lui. Il aurait voulu dire qu’il avait fait tout ça pour une bonne raison. Mais non. Il avait menti, il l’avait fait souffrir pour rien. Aujourd’hui il réparait ses tords et rien de ce qu’il avait fait ses quatre dernière année ne pouvait le sauver des conséquences de la vérité. Tout explosait aujourd’hui et il perdait tout ce qu’il aurait pu perdre deux ans auparavant gardant Noah pour lui… Il avait été stupide. Il avait été faible. Il n’avait aucune excuse.

Les larmes mouillaient son visage, sa main s’agrippait plus durement à la nuque de Noah. Il peinait à respirer. Il hoqueta faiblement contre son oreille, soufflant « but you’re alive… » et peut être que ça avait été horrible. Mais peut être que Raphael n’aurait rien pu faire pour le sauver. Peut être que c’était stupide de revenir sur le passé. Peut être qu’ils se seraient effondré l’un et l’autre s’ils étaient resté ensemble. Peut être qu’il se rattrapait à des si vain parce qu’il n’arrivait plus à supporter la réalité. « you survive » il murmura faiblement, la voix pleine de sa culpabilité. Il plia encore plus fort ses paupières contre ses joues, essayant de ravaler les larmes qui mouillaient ses joues et surement le cou de Noah. Il bougea maladroitement juste pour trouver une source d’air, se contorsionnant contre Noah, roulant malgré lui ses hanches pour trouver une position qui permettrait à ses poumons de se remplir. Pourtant sa voix n’avait plus aucune puissance et hoquetait en même temps que Raphael lorsqu’il chercha à lui trouver une réponse « I was so scared… » il articula maladroitement « so weak… » Il n’avait pas d’autres excuses. Il avait eu tord, depuis le début. Il ne méritait pas Noah. « Couldn’t bare the guilt of the too many ways i hurt you… » il n’aurait pas pu être pitoyable… S’il avait été Noah à cet instant là, il l’aurait surement frappé encore. Il lui aurait brisé le nez à nouveau. Il lui aurait arraché le coeur s’il avait pu. Il l’aurait jeté dehors, et lui aurait demandé de ne jamais revenir. Il était pitoyable et trop alcoolisé. Et décidément, il ne le méritait pas. Pas aujourd’hui, pas hier, pas dans dix ans, pas dans cent. Il n’avait jamais été à la hauteur.
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MessageSujet: Re: Best worst mistake + Roah   Mer 20 Juil - 15:49

Il se sentait déraper, petit à petit - il sentait qu’il perdait pied et tout à coup il y avait un peu plus de vertige encore, ou de la peur, ou cette sensation d’être perdu, à tout jamais, condamné à ne plus retrouver son chemin. Il avait envie de dormir. Ou peut-être pas. Peut-être que c’était juste ce furieux mal de crâne qui l’avait vidé de ses forces, ou, encore, et encore, les regrets, les remords, l’impression de n’avoir vécu qu’à demi ces dernières années mais pleinement la douleur qui les avaient peuplées.
Blotti contre Raphael, il avait espéré trouver un semblant de soulagement - au moins un petit quelque chose auquel se rattacher, un réconfort quelconque, ou les dernières traces d’une chaleur. Il avait espéré trouver un refuge dans les souvenirs et dans les jours d’insouciance, parce qu’ils en avaient eu, après tout, et peut-être même qu’ils composaient les seuls souvenirs qu’il avait conservé de leur histoire. Au fil des mois, puis des années, il avait laissé s’échapper petit à petit la mémoire des minutes interminables à lui demander de rester avec lui au lieu de retourner vers sa femme, les attentes toujours déçues du jour où ils pourraient être ensemble sans avoir à se cacher, l’isolement, aussi - il n’avait gardé que le plus beau, ironiquement, comme il était loin derrière. Il n’avait gardé que le sentiment d’avoir tout eu et tout perdu dans la foulée - d’être un homme dépouillé et nu, pris dans l’errance. L’impression que Raphael lui avait tout arraché, après lui avoir tout donné. Au fond, c’était compréhensible. A une époque, il allait merveilleusement bien - et puis du jour au lendemain il était tombé en enfer. Et l’enfer avait laissé des traces - indélébiles.
La faute à pas de chance, peut-être. Cela ne changeait rien au fait qu’il sentait un noeud dans sa gorge, un étau dans sa poitrine, la certitude qu’il allait se mettre à pleurer, bientôt, peut-être, à peine retenue par quelques derniers lambeaux de fierté. La fierté. Il s'y raccrochait de toutes ses forces, stupidement cramponné à son ego comme il se cramponnait stupidement au visage de Raphael, pressé tout contre le sien. C’était absurde, combien de si petits gestes, de si petits efforts avaient réussi à drainer ses énergies toutes entières. Parfois, il réalisait combien ses bras tremblaient, presque secoués de spasmes. Sûrement qu’il avait l’air fou - mais il n’avait pas non plus les forces nécessaires pour lâcher prise.
Il sentait, tout contre ses pouces, quelque chose de froid et d’humide - Raphael pleurait et, lui, sa gorge se serra un petit peu plus encore. A ce stade, c’était même une pointe aiguë en travers de sa pomme d’Adam - la sensation précise et vicieuse d’un coup de couteau en travers de son cou.
Et aux réponses de l’autre homme, il ne savait même plus ce qu’il ressentait - la tristesse était telle qu’il en avait presque envie de rire, ironique et jaune. Les mots résonnaient bizarrement, lui donnèrent pendant quelques instants l’impression d’une moquerie cruelle. Oui, il avait survécu. Ou peut-être qu’il n’avait pas survécu, ou peut-être qu’il luttait encore, peut-être qu’il se trouvait toujours au bord du gouffre, peut-être que les combats n’étaient pas finis. Il avait survécu mais avec une sensation de vide, une impression de pas assez, de raté, de fin de course. Il avait grandi. Il était resté vulnérable.
Il nicha sa tête un peu plus profondément dans le cou de Raphael, inspira profondément, soupira. « Sometimes it feels like you don’t even realize what you did to me » qu’il murmura à peine. Il savait qu’il était égoïste, parfois. Il savait que Raphael avait souffert aussi. Il savait que, au-delà de la lâcheté, il y avait des raisons - et que les raisons étaient bonnes. Mais il n’y avait pas d’excuse au silence, autre que la peur. C’était le silence, au fond, qui l’avait tué. Il aurait voulu au moins une chance de se battre - une chance de lutter, de comprendre, de s’accrocher à ce qui avait été, au fond, l’une des plus belles époques de sa vie. « I know you were scared but… fuck… I wanted you and I wanted to fight for you… » Ses épaules flanchèrent sous le poids de l’épuisement, son dos s’affaissant brutalement - et tout à coup ils furent encore plus proches, pressés l’un contre l’autre comme Noah soufflait encore « Needed you so fucking bad, and you gave up… » C’était cela. Raphael avait abandonné - pas à la première difficulté mais presque. Il l’avait laissé tomber. Et pourquoi? Parce que, avant de faire face à un ultimatum, il n’avait pas eu le courage de se battre non plus. Il avait attendu, encore, et encore, et encore… et puis quoi? Il avait été trop tard? Il aurait pu s’y attendre. Un soupir. Laborieusement, il releva la tête pour venir chercher un baiser. Sa main avait pris le visage de Raphael en coupe, doucement, épousant la forme de la joue. « Why did you gave up on me? » - un nouveau murmure, presque un souffle, presque inaudible. « Please… I just need to know, and then I’ll forget about you. » Il n’était même plus certain d’en avoir envie - et cette sensation là avait quelque chose d’amer, comme une forme tout spécialement vicieuse de masochisme. Il n’était pas étranger aux addictions - il les avait combattues le plus clair de son existence, il savait les reconnaître. L’ivresse. Le danger. La douleur. Et puis l’ivresse encore - dans un cercle vicieux. Il savait toutes ces choses. Il savait qu’elles n’avaient jamais - ô grand jamais - étaient bonnes pour lui. Et pourtant, il enfonça son visage un peu plus profondément dans le creux de l’épaule de Raphael, y déposa un baiser, puis un autre. « Please » qu’il souffla à nouveau - la voix à moitié étranglée. Sa main glissa doucement de la joue à la taille de Raphael, le pressa contre lui, comme il respirait doucement dans son cou. « I never understood. It just felt like I was… worthless… stupid… like you used me… like I didn’t even matter » Un sanglot remonta dans sa poitrine, il l’étouffa furieusement, les dents rongeant lentement sa lèvre. Il avait juste besoin d’explications - et puis il tournerait la page. Juste ça. Ou peut-être pas. Il n’en savait plus rien. Plus rien du tout. Il s’attachait juste à ces espoirs là comme il s’attachait à sa fierté: farouchement, stupidement.
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MessageSujet: Re: Best worst mistake + Roah   Jeu 21 Juil - 22:12

C’était particulier cet état… Raphael était de toute évidence bien trop saoule pour agir normalement… Il ne se souvenait pas à quel point il avait finit sa bouteille de whisky… Il ne s’en souvenait jamais. Peut être parce qu’il n’avait jamais vraiment l’intention de boire. Enfin si… Un verre. C’était toujours comme ça que ça commençait. Il sortait du travail, sans vraiment en sortir parce qu’il ne quittait pas vraiment les lieux, et il se servait un verre. Il ne se servait pas pour atteindre l’ivresse. Il se servait tout au plus pour assouplir la tension de ses épaules. Il se servait parce qu’il était fatigué, et parce que c’était un geste étonnement simple. Il se servait parce que c’était une habitude. Il se servait parce qu’il aimait ça. Il aimait le goût du whisky qui roulait sur sa langue et qui lui rappelait son adolescence… Il se servait parce que ça lui faisait du bien. Il se servait parce qu’il trouvait dans le fond de son verre un certain confort. Non, le problème n’était jamais ce premier verre. Ce verre qui fait du bien, qui rassure, ce verre dont on profite. Le problème c’était qu’il buvait son verre à son piano, et qu’au fil des touches il le descendait sans s’en rendre compte. Le problème c’est le que rythme l’aidait à s’en resservir un deuxième l’air de rien, et peut être un troisième plus tard. Le problème c’était qu’il se concentrait d’avantage sur sa musique que sur la boisson qu’il consommait. C’était un accompagnement qu’il connaissait par coeur et dont il ne se méfiait plus. Alors il jouait, et il laissait le whisky, verre après verre, délier sa gorge, sa conscience… Il se laissait sombrer dans un alcoolisme doux et plein de remords. Raphael n’avait jamais été un buveur violent. Il avait été un buveur heureux dans son jeune âge, lorsqu’il était encore suffisamment entouré, lorsque rien ne faisait particulièrement mal. Il avait ensuite été un buveur silencieux. L’un de ceux qui boit pour avoir de la tranquillité. L’alcool ne lui donnait pas tant d’aile. L’alcool lui donnait un vague courage… Ou lui retirait simplement la capacité de résister, de suivre sa conscience. Ca ne lui retirait pas pour autant toute conscience. Peut être n’avait-il pas assez bu. Peut être était-il déjà entrain de dessouler. Peut être que la situation était si compliqué qu’elle était revenue chercher une forme particulière de conscience qu’il n’utilisait jamais. Ou alors c’était parce que c’était simplement des souvenirs. Parce que tous les sentiments qu’il ressentait aujourd’hui, ou du moins toute la conscience qu’il en avait, il les avait déjà éprouvé avant. Il avait ressentit toute la palette. Il les connaissait tous. Et il ne savait pas si c’était son cerveau embrumé qui jouait avec eux… Ou si c’était nouveau. Peut être qu’au fond ça ne changeait rien. Peut être que ce n’était pas important.

Le fait est qu’il se sentait comme pris au coeur d’un ouragan. Il avait dans la tête un vertige maladif. Il avait dans le coeur une tempête destructrice. Il avait dans les yeux la mer qui s’attriste. Et il n’y arrivait pas. Plus rien ne lui paraissait possible. Il ne pouvait plus respirer. Il ne pouvait plus s’étouffer. Il ne pouvait plus vraiment pleurer. Il risquait encore moins de rire. Tout était si douloureux qu’il avait l’impression d’en être paralysé. Les mots, les gestes de Noah le tuait lentement. Et pourtant comme un gamin impuissant qui cherche vainement à se rassurer, il ne put que resserrer ses deux bras autour du corps de Noah. Il serra encore, plus fort, toujours plus fort, jusqu’à sentir ses articulations grincer, jusqu’à sentir le torse de Noah franchement peser sur le sien. Son propre torse hoquetait faiblement de sa rechercher d’air. Il aurait voulu lui susurrer des mots doux, comme des caresses, qui rassurent… Mais il n’avait rien. Rien qui venait. Rien qui serait suffisamment juste. Rien qui pourrait le rassurer. Il ne savait pas ce que Noah cherchait. C’était surement une nouvelle quête absurde. Raphael ne pouvait rien réparer. Il ne pouvait rien atténuer. S’il était capable de le faire, il l’aurait d’abord fait pour lui. Il se serait rendu la tâche plus facile. Mais non, il était là, comme un gamin impuissant, à chercher suffisamment d’air pour pouvoir répondre. Mais quand bien même il aurait de l’air, encore faudrait-il qu’il trouve quelque chose à dire. L’aimerait-il encore s’il l’avait réellement abandonné ? Peut être pas… Mais de toute évidence on ne pouvait pas dire qu’il ne l’avait pas fait… Il avait abandonné oui. Et surement qu’il avait eu tord. Peut être aurait-il pu agir autrement. Il ne savait pas. Il ne savait plus. Il ne saurait jamais. Il glissa une main sur la nuque de Noah, la caressant maladroitement. Il noya son visage dans son cou, humidifiant sa peau du reste de ses larmes. Il était pitoyable. Et il ne savait pas ce qu’il était entrain de faire. Lorsqu’il ouvrit la bouche, il fut clair qu’il ne pourrait rien sortir d’autre qu’un murmure. Hoquetant sous Noah pour avoir plus d’air il souffla faiblement « I… didn’t gave on you… » Ou du moins, c’était plus compliqué que ça dans sa tête, dans son coeur, dans ses souvenirs. « ‘gave up on me… » il avait bien conscience que ce qu’il disait était absurde… « you’re everything to me » il soupire, au creux de son oreille, pour être sur qu’il puisse l’entendre. « ‘m so sorry… ‘gave up on my happiness and you’re the casualty… » il méritait des baffes pour avoir pensé les choses si simplement. « ‘was wrong… on everything » il hoqueta à nouveau, laissant parler le monstre de culpabilité qui vivait à l’intérieur de lui. « got no excuse… nothing to help you… » il soupira. Les larmes lui remontèrent aux yeux.  « ‘was week, a coward… ‘was stupidy… ‘m odious… i’don’t deserve you » il murmure, la haine coincé dans la gorge, prête à lui ronger le coeur. « never have, never will » il n’est plus qu’un écho. Un écho et une prise pourtant bien firme autour de Noah « you’re wonderful » il finit, comme si ses compliments pouvaient encore avoir un quelconque poids.
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MessageSujet: Re: Best worst mistake + Roah   Dim 24 Juil - 0:34

Par instants, il y avait ces lueurs d’implacable logique qui surgissaient tout droit de la douleur, et il en venait à se demander ce que se dirait Sasha si elle choisissait cet instant pour passer tout près de sa chambre. Sûrement qu’elle pousserait la porte sans vergogne à la voix de Raphael pour mettre fin à ce qui était ni plus, ni moins, qu’un massacre. Sûrement qu’elle comprendrait immédiatement qu’il n’y avait absolument rien de bénéfique dans cette histoire - et qu’elle l’arracherait des deux mains à cet épisode pitoyable. Parce que c’était bien cela. Un épisode pitoyable. Ils étaient deux à pleurer comme des enfants, comme des minables, et à ne rien résoudre. Ils se renvoyaient la culpabilité et la souffrance sans trêve - encore, et encore, et encore. C’était sans fin. C’était presque, au fond, ridicule. Mais il s’était engouffré dans cette voie, et sa gorge était nouée, et sa poitrine douloureuse, et il était, à terme, devenu totalement incapable d’en arrêter là. Les mots franchissaient sa bouche et il n’en reconnaissait même plus sa voix, bizarrement tordue par la naissance d’un sanglot. Son visage s’enfonça encore un peu plus profondément dans la naissance du cou de Raphael et il y déposa un infime baiser - presque par habitude, tellement par besoin. Le passé avait un goût d’amertume. Le présent, un goût de regrets.
Quand il repensait à leur rencontre, il y avait des moments où elle lui semblait la plus belle chose qui lui soit arrivé au cours de son existence. Quand il repensait à leur séparation, elle avait des allures de cataclysme - quelque chose comme un poids mortel qui s’abat tout entier sur un coeur et le vide de tout son sang. Raphael était, probablement, pour lui, l’homme de toutes les violences. Le meilleur. Le plus terrible, aussi. Il avait, sans l’ombre d’un effort, effacé Tony de sa mémoire - il n’était toujours pas certain que ce soit une bonne chose. Sûrement que, si c’était à refaire, il tournerait le dos, éviterait la misère. Mais ce n’était pas à refaire. Il serrait Raphael dans ses bras, embrassait son cou avec, par brefs instants, comme la rage d’une morsure, et quelque part les jeux étaient faits. Sauf qu’il n’y avait aucun gagnant. Sûrement qu’il n’y en aurait jamais.
Juste des dents serrées quand il soufflait « Yeah. You were wrong. On fucking everything. » - soufflait ou sifflait presque, la voix étouffée par la pression farouche contre sa gorge - « ‘Thought you’d think about me… at least at some point… at least try to tell me… ». Juste une main crispée contre la joue de l’autre homme quand il répétait, tout près de l’obsession « I think I at least deserved to know… just a word to be sure you weren’t leaving me ‘cause you were… done… » - hanté par des souvenirs de stupeur et d’incompréhension, de cette conviction farouche qu’il aurait pu comprendre, pu savoir, mais que personne n’avait daigné lui dire l’essentiel - « Deserved to fight. And deserved you to fight for me, too… ». Il était fatigué. Tellement fatigué. Epuisé, même - les nerfs à vif. C’était comme si, une fois encore, toutes les images de leur passé défilaient devant ses yeux - et il demeurait incapable de les faire taire. Fermer les yeux lui rappelait le bonheur et la douleur. Les rouvrir, c’était se souvenir brutalement que Raphael était tout contre lui - et, alors, il avait comme une brûlure dans son ventre, parce que les émotions brûlaient un petit peu plus fort encore. « Was so in love with you… ». Et peut-être qu’il avait tort de parler au passé. Peut-être que, s’il avait mal encore, c’était parce qu’il aimait encore aussi. Sûrement. Mais penser cela lui faisait se sentir un petit peu plus vulnérable encore - alors il serrait les dents un petit peu plus fort, raccroché de toutes ses forces à sa fierté. Elle se délitait petit à petit, pourtant. Seconde après seconde, il ressemblait de plus en plus à un enfant. Vulnérable.
Et il n’ignorait pas la colère qu’il avait au ventre - mais, quelque part, elle était encore attisée quand Raphael s’accusait de tous les maux. Non, cela ne suffisait pas à le consoler - il avait bien raison là-dessus. Peut-être qu’il n’avait jamais eu besoin d’un coupable, après tout, juste besoin d’explications, juste besoin d’une raison pour le silence. Il savait que, tout à coup, les raisons et les explications lui avaient été répétées sous tous les tons, mais le vide était toujours là. Il était toujours là, les yeux fermés comme les yeux ouverts, niché dans le cou de Raphael, à respirer encore et encore son odeur. Un creux béant. Insupportable. « You deserved me », qu’il souffla tout bas. Le ton avait perdu de son urgence. Il en avait presque quelque chose de neutre, tout proche de la froideur - comme quelque chose en lui en avait presque fini de se consumer tout entier, laissant la lassitude en lieu et place de la rage. « You too… You were the best thing that ever happened to me… » Il eut un rire triste, un soupire, un murmure « Believed in you. Trusted you. Trusted us, too. » Et oui, peut-être qu’elle était là, la raison profonde du bonheur comme de la douleur. La confiance absolue qu’il avait placé en Raphael, avec toute sa naïveté de gamin et son coeur en vrac - et combien cette confiance avait été rendue à la perfection, jusqu’au jour où elle était partie en flammes. Il s’était livré à Raphael tout entier. Probablement que, même sans s’en rendre compte, il avait eu des projets grandioses pour eux deux. Des idées de futur, et de vieillir tous les deux, et ne plus jamais avoir de solitude. Il eut un nouveau rire douloureux, un souffle « At some point it felt like I could marry you someday. » Et ça semblait si ridicule aujourd’hui. Si ridicule maintenant que tout s’était écroulé. Oui. Il avait aimé Raphael avec la stupidité d’un adolescent. Tout ça pour quoi? Pour le serrer tout contre lui dans un lit froid, dans une étreinte d’intense solitude.
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MessageSujet: Re: Best worst mistake + Roah   Dim 24 Juil - 22:11

D’aussi loin qu’il se souvienne, Raphael n’avait jamais agit d’instinct. Il avait été trop jeune lorsqu’il était vraiment seul… Et puis rapidement il n’avait plus eu le choix. Il avait rapidement arrêté de réfléchir et d’agir pour lui même. Bien sûr, Noah avait apporté quelque chose d’autre dans sa vie… Mais il ne pouvait pas dire qu’il avait été près à l’accueillir… Et aujourd’hui il se rendait bien compte qu’il avait fait beaucoup d’erreur. Raphael avait passé plus de la moitié de sa vie complètement enfermé, à avoir trop peur de faire quoique ce soit… Sans même se rendre compte que c’était exactement ça qui lui pourrissait la vie et qui ne rendait aucun service aux autres. Pendant un moment il avait réellement pensé que le sacrifice qu’il faisait était au moins bénéfique à sa femme et sa fille… Mais là encore il avait été stupide et naïf… Quel était l’intérêt pour un enfant d’avoir deux parents qui se détestent et se dégoutent ? Quel était l’intérêt pour une femme d’avoir un mari qui ne l’aimait plus - l’avait-il seulement un jour vraiment aimé ? - et qui la désirait pas ? Qu’avait-il exactement préservé par son mensonge ? Un statut quo destiné à exploser un jour ou l’autre ? Un mensonge, qui dure, qui dure, et s’éternise encore jusqu’à tout envenimer ? Qu’avait-il réellement accompli ? Qu’est-ce qu’il n’avait pas détruit ?

Il n’avait aucune raison, aucune excuse… Rien. Il s’essoufflait sous le besoin pressant de Noah de trouver un sens à tout ça. Comme s’il pouvait y avoir des mots pour apaiser leur peine. Comme s’il pouvait mettre, avec deux trois mots, un point à une plaie qui durait depuis deux ans déjà.. Peut être plus même… C’était ridicule… Bon peut être pas ridicule, mais au moins c’était simpliste, naïf… Raphael lui avait tout dit - ou presque… Il n’avait pas parlé des heures qu’il avait passé devant l’hôpital… incapable de rentrer, incapable de partir… Mais quel bien cela ferait ? Qu’est-ce que cela apporterait ? Cela ne ferait qu’apporter du bois au feu qui disait que Raphael était un abrutis… Raphael n’avait pas besoin de plus de bois à ce feu là. Non, décidément, il n’y avait rien que Raphael, ne puisse dire, ou ne puisse faire pour améliorer la situation. La preuve, il avait beau le serrer aussi fort que possible contre lui, ça ne changeait pas grand chose. En même temps, à quel point pouvait-il être réellement con… Comment, après temps de temps, Noah pouvait encore être vraiment sensible aux geste de Raphael. Il le savait, Noah le haïssait… il devait juste être vraiment fatigué et vraiment triste pour avoir soudainement besoin de réponse vaine.

Raphael était perdu. Sa gorge était encombré d’émotion, de mot sans aucun sens, de regret qu’il ne parviendrait jamais à écouter. Ses yeux brillaient sous les larmes et se remplissaient de secondes en secondes. Il se sentait pitoyable, inutile et ridicule. Mais il ne parvenait pas à dépasser ça. Il ne parvenait pas à ce calmer, à retrouver sa contenance à pouvoir affronter Noah. Mais pourquoi l’affronter ? Ce n’était pas comme si Noah avait tord. Le seul fautif dans cette histoire c’était Raphael, en tout point, il n’y avait aucun doute là dessus. Il ne trouvait rien à dire si ce n’est des excuses, des suppliques. Parce que la seule chose qui lui venait, c’était que si Noah trouvait la force - et l’envie - de lui faire des reproches maintenant, c’était que peut être - et il disait bien peut être, parce qu’il n’y croyait pas vraiment - Noah éprouvait encore quelques choses pour lui… la haine était définitivement quelque chose, mais la haine n’appelait pas à être solidement entrelacé à moitié nu dans un lit… Enfin, en même temps il ne connaissait pas grand chose au relation… La seule chose qui lui passait par la tête était ce qu’il lui restait bloqué dans la gorge. Plus que les excuses qui ne mènerait à rien et ne réparerait rien… Il ne pouvait que lui proposer de faire mieux à l’avenir. Si seulement ils avaient encore un avenir. Il savait bien qu’il avait tout ruiné il y a deux ans… Et c’était là tout leur sujet de conversation.

Le fait que Noah emploi le passé à chaque phrase ne faisait qu’ajouter à sa confusion. Il avalait ses mots de travers, fermait brutalement et avec plus de force ses paupières pour bloquer les larmes, réprimait au mieux les hoquets que faisait sa poitrine alors qu’il cherchait faiblement à trouver de l’air. Il s’arrêta brusquement en entendant la dernière phrase, serra sa mâchoire pour s’empêcher d’éclater minablement en sanglot, et chercha même misérablement à repousser Noah de lui. C’était la goutte de trop. Son taux d’alcoolémie aurait surement pu endurer une séance de torture sexuelle - parce que c’était ce qui semblait être en jeu au début - mais il ne pouvait pas affronter le lot de regret qui venait avec cette déclaration. Il savait que son mariage n’avait été que du flan et qui ne l’avait jamais désiré. Il avait été trop jeune lorsque c’était arrivé, et il n’avait juste pas été capable de dire non à sa famille et à celle de Jane. Il avait commis une erreur et il avait pensé que c’était la seule manière de la réparer. Il ne l’avait guère regretté avant de rencontrer Noah et de souhaiter tout ces choses pour la première fois… Mais il n’avait pas la force de le repousser. Il n’avait pas réellement la force de pleurer non plus. Il tourna seulement la tête, comme s’il était trop dur d’affronter son regard, comme si à cette distance ils pouvaient encore réellement se regarder. « I’m sorry… » il répéta encore une fois, parce que depuis le début de la soirée c’était sans doute les mots qui sortaient avec le plus de naturel, après tout il ne pouvait pas être plus désolé… « Please… let me fight for you now… » il murmura à peine, conscient que c’était une demande ridicule et pitoyable. « there is nothing i can do for the past… but please let me prove to you that you’re the most important thing i have… » il se reprit rapidement « I had. » dans un chuchotement pathétique. « I’m so sorry i didn’t prove it to you then… » il soupira misérablement… Il n’avait rien d’autre à dire, rien d’autre à faire… C’était juste ridicule.
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