Speak the truth + Maggie

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MessageSujet: Speak the truth + Maggie   Dim 10 Jan - 18:44

Raphael ne dormait plus. Il avait l’impression que tout recommençait. Sans vraiment recommencer, et c’était pire que tout. Revoir Noah c’était ébouillanter des plaies à peine guérie. Revoir Noah, c’était rallumer des feux à peine éteint. L’éloignement, la rupture n’avait rien changé. Ils avaient juste ancré les sentiments dans la douleur, dans l’amertume, et les regrets. Il avait beau ne plus être avec Noah, il n’était pas plus vrai avec sa femme. Il ne l’aimait pas mieux. Il la haïssait même. Parce qu’elle l’avait détruit. Et peut être qu’il l’avait fait en premier, petit à petit, à force de manque d’amour, par faiblesse principalement. Mais elle avait réagit oeil pour oeil, dent pour dent, et elle avait arraché tout ce qui avait été mis à sa disposition. La culpabilité n’avait pas disparu par ce qu’il était resté, elle avait même grossit, grossit jusqu’à l’étouffer. Ce qu’elle ne savait pas ne faisait pas mal, quand bien même il avait horreur du mensonge, et de vivre enfermer dedans. Mais le faite qu’elle soit au courant, et qu’elle en fait un tabou rendait la chose particulièrement atroce et perverse. Cela n’avait rien changé. C’était encore un secret, Raphael n’avait pas été libérer du mensonge. Il n’était pas moins dans le placard, pas moins marié. Il était un monstre dans un déguisement que sa femme lui avait soigneusement confectionné avec mépris et haine. Et il l’avait porté ce déguisement, sans y penser, par culpabilité, parce qu’il avait cru pendant un moment que c’était la manière dont il réparerait son erreur. Il avait pourtant su que c’était ridicule, et que l’on ne réparerait pas un mensonge par un nouveau mensonge. Mais pour se supporter, il avait forcé sur la naïveté, il avait cru à quelque chose qu’il ne pouvait pas changer. Revoir Noah le rendait furieusement conscient. Revoir Noah levait le masque sur la mascarade qu’il avait joué toutes ces dernières années. Revoir Noah l’empêchait d’ignorer l’absurdité et l’horreur de la vie qu’il menait jusqu’alors. Et il ne pouvait plus. Il ne dormait plus. La haine que Jane et Raphael éprouvait désormais l’un pour l’autre était devenu intolérable. Parfois, il avait mal, rien qu’à regarder sa fille, brutalement conscient de tout ce qu’elle ignorait. Qu’elle erreur. Il n’avait jamais voulu qu’elle se sente ainsi. Pourtant c’était ce qu’elle était, une erreur, ils ne l’avaient jamais voulu. Et si elle n’était pas arrivée, ils n’auraient sans doute pas duré un an de plus. Mais il n’avait jamais voulu qu’elle se sente ainsi. Parce qu’elle était arrivée. Et qu’il l’avait aimé. Il l’avait aimé inconditionnellement, comme il ne pourrait jamais aimer Jane. L’erreur n’était pas Maggie. Maggie était le cadeau. L’erreur c’était tout ce qui en avait découlé. La tradition, la bienséance, la bonne foie… Ils auraient peut être fait de très bon parents séparés. Ils auraient chacun aimés leur fille à leur façon, l’aurait fait grandir avec amour et respect. A la place de ça, avec les années, ils avaient construit un foyer sur la haine, l’amertume, le dégoût, le mépris et les regrets. Et ils avaient beau tout faire pour qu’elle ne ressente rien, Raphael savait qu’un costume, qu’aucun secret ne pouvait resté gardé indéfiniment. Il le savait parce qu’il en avait fait l’expérience.

Quoiqu’il en soit, il ne dormait plus de culpabilité. Il voyait Noah tous les jours, et il ne pensait qu’à eux, qu’à ce qu’il avait perdu, qu’à ce qu’il voulait, qu’à ce qu’il n’aurait plus jamais. Lorsqu’il voyait Jane, il pensait à Noah, à comment il l’avait détruit à cause d’elle. Lorsqu’il voyait Maggie, il pensait à comment il l’avait détruit pour elle. Lorsqu’il vivait, il pensait à comment il s’était détruit tous les deux, par lâcheté, par mensonge, par peur. Il se haïssait, et il haïssait tout le monde. Et la seule solution, c’était d’arrêter de mentir. S’il y a deux ans il avait gardé le secret, mit sa vie de côté pour mentir et protéger Maggie. Soit disant. Parce que qui protégeait-il maintenant ? Et si le secret finissait par sortir tout de même, d’une manière ou d’une autre, comme il était sorti la première fois ? Comment le vivrait-elle ? L’aurait-il protégé, ou l’aurait-il trahis, année après année, sans presque aucun scrupule. Enfin en réalité avec beaucoup de scrupule, mais après quatre ans de mensonge, pas sur que cela soit évident. Il devait lui dire. Parce qu’il ne pouvait plus supporter de vivre ainsi. Parce que ce n’était juste pour personne. Parce que quoiqu’en dise Jane, elle méritait sa liberté -même si elle arrivait dix huit ans trop tard - et lui aussi. Parce qu’il fallait bien arrêter d’être lâche un jour. Parce qu’il fallait qu’il murisse. Et parce que chaque jour d’attente, renforçait encore plus le sentiment de trahison. Cela ne l’empêchait pas d’avoir la trouille au ventre et de se sentir paralysé par la peur. Mais c’était un sentiment qu’il connaissait bien. C’était un sentiment avec lequel il vivait depuis quatre ans. Et peut être même un peu plus. Depuis que Charles était venu le voir. Depuis qu’il l’avait regardé dans les yeux et qu’il l’avait reconnu pour ce qu’il était, qu’il lui avait demandé de le suivre lui, et que Raphael, par peur, avait refusé. Il devait le dire à Maggie, sans quoi, il ne dormait plus. Et il avait besoin de dormir.

Il était rentrer tôt ce soir là, juste pour pouvoir parler à sa fille. Il savait que plus il attendait, plus la peur envahirait ses sens et moins il serait capable de le faire. Il était donc rentré, il s’était débarrassé de ses affaires, et était monté, d’une manière presque énergique. Ses épaules s’étaient pourtant avachie devant la porte de sa fille. Il avait toqué timidement avant de passer la tête avant de souffler les politesses d’usage. Il avait finit par ajouté un doux et timide « Je ne te dérange pas ? » comme s’il avait toujours l’impression qu’il devait être ailleurs. Peut être que c’était le cas, après tout, cela faisait des années qu’il n’avait plus tout à fait la place dans cette maison. « Il faut que je te parle de quelque chose, je repasserais si tu n’as pas le temps. » Mais il espérait pouvoir le faire maintenant, simplement parce qu’il était pas sur de retrouver le courage de si tôt…
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MessageSujet: Re: Speak the truth + Maggie   Dim 10 Jan - 23:16



RAPHAEL & MARGARET
❝ Speak the truth ❞

Maggie était sur un petit nuage. Oh, elle était tout de même angoissée, elle ne serait pas Maggie sinon. Mais elle était tout de même sur un petit nuage. Parce qu’elle avait, devant les yeux, sur son écran d’ordinateur, tout pleins d’onglets ouvert sur Oxford. Parce que, oui, la jeune femme avait pris sa décision, et c’était là où elle irait l’année prochaine. Et malgré l’appréhension, elle était en joie. Parce que c’était une toute nouvelle vie qui s’ouvrait à elle. Bon, okay, elle était peut-être, aussi, à deux doigts de faire une crise d’angoisse à cause de toutes les nouveautés que cela entrainerait. Parce que Maggie, elle aimait bien les routines. Elle aimait vivre dans sa bulle, et avoir les mêmes habitudes tous les jours. Déjà, elle allait devoir quitter le domicile familial. Elle ne verrait plus ses parents tous les jours. Elle n’aurait plus sa chambre qu’elle aimait tant et qui l’avait vue grandir. Elle n’aurait même plus son lit à baldaquin, qui était pourtant si confortable. Bon, le masque du Phantom, elle l’apporterait avec elle, c’était certain. Et elle le placerait exactement au même endroit, au-dessus de son bureau. Même si elle savait qu’elle n’était pas vraiment, finalement, amoureuse de Noah. Oui, cela lui avait fait un petit choc de réaliser le fait que ce qu’elle ressentait pour le chanteur et ce qu’elle ressentait pour son petit-ami étaient totalement différent. Déjà, jamais au grand jamais, elle ne se serait imaginée dormir avec Noah. Non, la simple pensée de dormir dans ses bras lui donnait des frissons. Alors qu’avec Jesse … Il n’y avait tout simplement pas plus confortable que ses bras, à lui. Même si son lit, par contre, n’était absolument pas confortable, par contre. Mais le sentir contre elle, sentir son souffle venir chatouiller sa nuque, sentir son cœur battre contre le sien. Oui, il n’y avait rien de mieux que ça. Donc bon, clairement, son amour pour Noah n’en avait jamais été, et il ne s’était agi que d’une admiration sans faille pour ses talents de chanteur et de comédien. Qu’elle ressentait toujours, donc, d’où le fait qu’elle comptait bien emmener avec elle ce masque qu’il lui avait offert, après une première. Et puis, ainsi, elle aurait toujours une pensée pour son père, même à des kilomètres de lui. Parce qu’elle se dirait qu’ils étaient quelque part, dans un théâtre, ensemble. Lui en train de diriger les musiciens, et Noah en train de montrer tout son talent en tant que parfait Javert. Maggie se remit à penser à Jesse, se demandant à quoi pourrait bien ressembler leur relation, lorsqu’elle quitterait la ville. Elle n’avait pas envie qu’ils rompent. Vraiment pas. Parce que c’était peut-être un peu idiot, ou naïf, mais maintenant qu’il était entré dans sa vie, elle ne la voyait plus vraiment sans lui dedans. Parce qu’il suffisait qu’elle pense à lui pour avoir un immense sourire étirer ses lèvres, et que c’était un sentiment qu’elle affectionnait tout particulièrement. Alors, oui, l’idée de voir bien moins souvent son petit-ami, et d’avoir une relation longue distance avec lui, lui serrait un peu le cœur. Malgré tout, malgré ses angoisses et sa tristesse à l’idée de voir moins souvent ses proches, il n’empêchait pas qu’elle était heureuse à l’idée de partir pour Oxford. En conférait les étoiles qu’elle avait dans les yeux, alors qu’elle regardait de nouvelles photos de l’appartement où elle vivrait. Puis, elle regardait aussi des photos de la ville, son futur emploi du temps, tout comme l’intitulé de chacune des matières qu’elle aurait. Elle s’attarda d’ailleurs un peu sur la bibliographie, avant d’ouvrir un nouvel onglet pour acheter les livres dont elle aurait besoin. Peut-être qu’elle pourrait les lire durant l’été, avant que ses cours ne commencent ? Ou alors, valait-il mieux qu’elle profite le plus possible de ses proches, puisqu’elle les verrait moins, une fois partie ? Elle n’en savait trop rien. Parce que la jeune femme était confuse. Qu’il s’agisse de ses sentiments, ou de ce qu’elle devrait faire avant de partir. C’était toujours ainsi, lorsque sa bulle était percée, et que ses habitudes étaient malmenées. Elle était perdues dans ses sentiments, dans ses envies, dans à peu près tout en fait.

Elle sursauta, comme elle entendait quelques coups à sa porte, concentrée qu’elle était dans ses pensées. « Je ne te dérange pas ? » lui demanda timidement son père, la faisant sourire. Parce que non, bien entendu qu’il ne la dérangeait pas. Il ne la dérangeait jamais. Et ne la dérangerait jamais. Parce que Maggie aimait ces moments père et fille. Elle les chérissait vraiment. « Il faut que je te parle de quelque chose, je repasserais si tu n’as pas le temps. » Alors elle acquiesça de la tête, l’invita à entrer. « J’ai le temps ! Tu peux venir. » s’exclama-t-elle dans une petit sourire, en se décalant un peu sur le côté de son lit, lui faisant une place, avant fermer son ordinateur et de le poser sur la table de nuit. Et puis, elle avait des choses à lui dire, aussi. Comme lui parler de Jesse, peut-être ? Elle ne lui en avait jamais parlé, après tout. Non pas car elle ne le considérait pas comme important, ça non. Au contraire, elle en avait mourut d’envie, même, à plusieurs reprises. Mais elle avait promis à Nate, son meilleur ami, de garder son secret et de ne parler à personne du fait que leur couple était faux. Alors elle n’en avait pas non plus parler à son père. Mais maintenant que la bombe avait été lâchée lors du soir de leur bal de promotion, et qu’ils n’étaient plus en couple même officiellement, elle pouvait tout expliquer à son père. Et donc lui parler de Jesse. Lui dire qu’elle était avec lui depuis quelques mois, que tout se passait extrêmement bien, qu’il était tout simplement un homme génial, et qu’elle tombait petit à petit totalement folle amoureuse de lui. Bon, peut-être pas lui dire tout ça non plus. Mais en tout cas brièvement lui en parler. « Qu’est-ce que tu voulais me dire ? » lui demanda-t-elle tout d’abord, se demandant si elle devait s’en inquiéter ou non. Elle pourrait bien parler de Jesse plus tard, surtout qu’il lui avait dit vouloir lui parler. C’était qu’il avait l’air sérieux, non ? Et elle espéra soudainement qu’elle n’avait pas fait quelque chose qui l’aurait déçu d’une quelconque manière.
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MessageSujet: Re: Speak the truth + Maggie   Mer 13 Jan - 12:14


Qu’est ce qu’il voulait lui dire ? Tellement de chose pour commencer. Il ne lui avait presque jamais rien dit. Jamais rien d’important. Il avait voulu croire qu’un père devait protéger sa fille, coûte que coûte. Il avait trop longtemps oublié, que parfois, pour protéger quelqu’un il fallait lui dire la vérité. Il avait vécu dans un monde de non dit, pas vraiment de mensonge, seulement d’absence de vérité. Ses parents ne lui avaient jamais parlé. Il ne savait rien d’eux. Ils étaient un homme, une femme, un travail, des positions dans la société, rien de plus pour lui. Il ignorait ce qu’ils étaient, ce qu’ils voulaient. Ils n’avaient jamais parlé. Parents et enfants, ne parlaient pas. Il n’avait pas été jusqu’à forcé ce silence cruel sur sa fille. Pour la simple et bonne raison qu’il l’avait toujours extrêmement mal vécu de la part de ses parents. Mais dire les choses n’avaient jamais été dans ses habitudes. Il pouvait parlé de Maggie, de son travail, et de musique. Mais il n’avait jamais rien dit de personnel. En même temps, tout ce qui était personnel ne semblait jamais vraiment disable. Son histoire avec Jane avait toujours été extrêmement compliqué. L’arrivée de Maggie avait été particulière. Il ne voulait pas qu’elle sente qu’elle n’avait pas été désiré. Il savait que c’était la vérité. Mais c’était quelque chose d’horrible à savoir pour un enfant. Mais peut être qu’il valait mieux savoir qu’on avait pas été voulu mais qu’on l’était, maintenant, et qu’elle était aimé, plutôt que de savoir qu’on avait surement été voulu, mais que l’on était pas aimé. Parce que jusqu’à preuve du contraire, les parents de Raphael l’avait voulu. Il avait été conçu comme on conçoit un héritier. Parfois, il se disait qu’il n’était qu’une transaction. Il était un devoir en plus. Ses parents avaient voulu de lui par devoir. C’était la seule explication à ce manque d’intérêt pour lui. Parce que lorsque Raphael regardait Maggie, dont l’arrivée avait tout de même franchement compliqué sa vie, il ne comprenait pas comment des parents ne pouvaient pas aimer leur enfant. Il regardait Maggie et il se surprenait à sourire. Il regardait Maggie et il sentait son coeur ronronner de contentement. Les parents étaient fait pour aimer leurs enfants, quoiqu’il arrive. Il ne comprenait pas qu’il puisse en être autrement. Néanmoins il n’avait jamais voulu donner une seule raison à Maggie qui la ferait douter de cet amour. Mais peut être, encore une fois, que la vérité et la confiance était la seule preuve d’amour qui comptait réellement. Peut être qu’il avait eu tord, toutes ces années, de la protéger en lui mentant par omission. Peut être aussi qu’il y avait un temps pour tout. Il y avait des âges pour comprendre les choses, et peut être qu’elle avait effectivement été trop jeune à l’époque. Ou peut être que c’était simplement ce qu’il avait préféré penser, pour se donner bonne conscience. Raphael avait toujours été prompt à se trouver des excuses pour dissimuler la vérité. Il n’était pourtant pas un menteur compulsif, et sur beaucoup de chose il était très franc. Il avait toujours caché des choses, à tout le monde, à lui même aussi, parce que ça l’arrangeait, parce qu’avant tout, il ne voulait pas lui même voir la vérité en face. Parce que la vérité faisait mal, et qu’il était difficile de croire l’idée selon laquelle il fallait parfois tomber au fond du gouffre pour aller mieux.

Aujourd’hui, il avait donc tant à dire. Il avait des années d’omission à réparer. Il entra donc un peu mieux dans la chambre de sa fille, et si normalement il ne se priait pas pour s’assoir sur le lit de la jeune femme, il pensa qu’elle aurait surement besoin d’espace, et il prit place sur la chaise de bureau. Il était nerveux, et il était inutile de le cacher. Il savait qu’il risquait de la faire stresser à son tour, mais il était incapable de se composer une apparence calme. « C’est compliqué à dire » souffla-t-il doucement, tout en jouant nerveusement avec ses mains. « J’ai besoin que tu m’écoutes attentivement et jusqu’au bout. » Il savait que si elle l’interrompait il allait perdre le fil et il serait incapable de recommencer. Il n’était déjà pas sur d’être capable de lui dire. C’était quelque chose qu’il n’avait jamais dit à voix haute. Jamais à quelqu’un qui comptait à ce point. Certain de ses amis savaient, mais c’était en grande partie parce qu’ils l’avaient deviné par eux même. Raphael avait beau être loin de l’homosexuel cliché, lorsqu’on le côtoyait longtemps, il y avait des détails qui ne trompaient pas. Mais il avait peu d’ami de longue date comme ça, dont il avait été assez proche pour qu’ils puissent s’en rendre compte par eux même. D’ailleurs, il ne restait plus que Dorian. Et il l’avait perdu de vu pendant des années. Quoiqu’il en soit, il savait que ce n’était pas quelque chose que l’on disait à la légère. Surtout pas à sa fille, alors qu’on était encore marié à sa mère. Et quand on savait l’homophobie latente qui gangrénait sa famille depuis des générations, il n’avait pas hâte de l’avouer à quiconque. Il savait qu’il n’avait plus le choix. Il ne supportait plus de mentir. Il ne supportait plus de ne pas pouvoir être lui même. Il y avait des jours ou il voulait s’arracher la peau, comme s’il pouvait en retrouver une autre en dessous, qu’il supporterait mieux. Il espérait qu’elle puisse comprendre. Il n’avait jamais voulu la faire souffrir. « Je veux que tu saches que je t’aimes, et que je ne pourrais pas être plus fier d’être ton père, et que rien n’a jamais changé ça, et ne changera jamais ça. » Il avait le sentiment de faire ses adieu. Il savait qu’il devait être entrain de la paniquer, il aurait peut être juste du cracher le morceau. Mais il voulait qu’elle comprenne. Et il avait peur qu’elle ne veuille plus entendre la fin une fois qu’il aurait commencer à dire le début. « Et je tiens à m’excuser d’avance aussi, s’il te plait, ne m’en veut pas trop, tout est extrêmement compliqué. » Peut être qu’au fond, c’était aussi pour ça qu’il ne disait pas si souvent que ça la vérité, il n’était pas très doué pour la dire.
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MessageSujet: Re: Speak the truth + Maggie   Lun 18 Jan - 20:24



RAPHAEL & MARGARET
❝ Speak the truth ❞

Maggie ne comprenait pas vraiment la nervosité de son père. Et elle comprenait encore moins pourquoi il était parti s’installer sur la chaise de son bureau. Alors même qu’elle lui avait fait une place sur son lit. Enfin, oui, peut-être qu’il y avait encore pas mal d’affaires dessus mais … Cela ne le dérangeait pas, habituellement. Et puis, il n’y avait pas tant que ça. Simplement son ordinateur – fermé sur ses genoux – et quelques brochures éparpillées. Mais soit. Cela lui faisait toujours plaisir de parler avec son père, surtout qu’elle ne le voyait pas si souvent que ça. Alors chaque moment passé avec lui était un moment qu’elle chérissait, et dont elle souhaitait profiter. Elle lui demanda donc ce qu’il voulait lui dire, bien qu’elle-même aurait tant à lui raconter. Parce que beaucoup de choses s’étaient passées dans sa vie. Beaucoup de choses dont elle avait omis de lui en parler. Même pas par manque d’envie ou par peur de sa réaction – bien que, lui avouer qu’elle lui avait menti pour Nate et qu’elle avait un petit-ami bien plus âgé qu’elle n’était pas vraiment quelque chose qui la mettait à l’aise non plus – mais plus parce qu’avec sa future entrée à l’université et les recherches qui allaient avec, cela lui était complètement sorti de l’esprit. « C’est compliqué à dire » commença-t-il, ne la regardant pas vraiment. « J’ai besoin que tu m’écoutes attentivement et jusqu’au bout. » reprit-il, toujours en fixant ses mains. Elle fronça des sourcils, avant de presser un peu des paupières. Parce qu’elle ne comprenait pas. Mais que, bien entendu, elle le laisserait parler. Et elle tâcherait de l’écouter jusqu’au bout. Elle tâcherait de focaliser toute son attention sur lui, et sur personne d’autre – ou rien d’autre. Simplement sur ses paroles. Elle tâcherait de ne pas laisser ses pensées s’évader, comme elle avait l’habitude de le faire. Parce que ce qu’il avait à lui dire avait l’air d’être important. « Je veux que tu saches que je t’aimes, et que je ne pourrais pas être plus fier d’être ton père, et que rien n’a jamais changé ça, et ne changera jamais ça. » Elle déglutit lentement, pas certaine de comprendre. Il était fier d’elle et l’aimait. Et cela ne changerait pas, jamais. Mais … Est-ce que cela voulait dire qu’elle avait fait quelque chose de mal ? Quelque chose qui l’aurait déçu ? Parce que même s’il l’aimait, cela ne voulait pas dire qu’elle ne pouvait pas le décevoir. Et vu le ton que prenait sa voix, vu la gêne et le stress qu’il semblait y avoir chez son père … C’était forcément quelque chose de mauvais, non ? Enfin, cela n’annonçait rien de bon, en tout cas. Parce que sinon, il se serait assis à ses côtés, sur son lit. Comme il le faisait normalement lorsqu’il venait lui parler. Il aurait pris cette place qu’elle lui avait faite, comme à leurs habitudes. Alors elle avait forcément fait quelque chose de mal, pour qu’il ne se sente pas à l’aise à l’idée de s’installer à côté d’elle. « Et je tiens à m’excuser d’avance aussi, s’il te plait, ne m’en veut pas trop, tout est extrêmement compliqué. » Si cette phrase aurait pu la rassurer, elle n’eut que le résultat opposé. Parce que Maggie sentait l’angoisse monter en elle, doucement mais sûrement. Si elle tentait de maîtriser sa respiration, il n’en restait pas moins que l’air avait beaucoup de mal à atteindre ses poumons, et que cela en devenait douloureux de respirer. Parce qu’elle ne comprenait pas pourquoi il s’excusait par avance. Et que l’idée qu’elle ait pu réellement faire quelque chose de mal, quelque chose qui l’aurait blessé, l’inquiétait énormément. Parce que, peut-être, avait-il peur de laisser ses mots dépasser sa pensée, en lui disant à quel point elle pouvait le décevoir ? Mais la jeune femme ne voyait pas vraiment ce qu’elle avait bien pu faire. Parce qu’il n’y avait rien de nouveau dans sa vie, à part son entrée prochaine à l’université. Oh. Il ne voulait pas qu’elle aille à l’université ? Il ne voulait pas qu’elle aille à Oxford ? Elle fronça des sourcils à cette pensée. Parce qu’elle n’était pas logique, cette pensée. Après tout, les parents voulaient justement que leurs enfants aillent à l’université, et poursuivent de longues études, non ? Ou alors, il était triste à l’idée qu’elle ait choisi de faire du droit, au lieu de faire de la musique, comme lui ? Et il en était déçu ? Peut-être. Elle n’en savait rien. Elle était perdue. Et elle ne savait pas quoi dire, quoi répondre. Parce que les mots lui manquaient, et que son cerveau peinait à trouver quelque chose de cohérent à dire. Alors elle se contenta de hocher doucement de la tête, déglutissant à nouveau, son regard passant de son père à ses mains. « Je t’écoute ? » finit-elle enfin par dire, d’une voix très peu assurée, presque sur un ton interrogatif. Durant un bref instant, elle se demanda s’il ne s’agissait pas justement du fait qu’elle lui avait caché la vérité pour Nate. Peut-être l’avait-il appris, depuis le temps ? Peut-être était-il au courant de son mensonge, du fait que Nate et elle n’avait jamais été ensemble, finalement, et qu’elle n’avait fait que simplement être sa couverture au lycée. Et peut-être était-il déçu par ce mensonge. Ou, pire … Peut-être qu’il ne voulait plus qu’elle soit amie avec lui, du fait de son homosexualité ? Peut-être qu’il trouvait cela trop grave, pour que sa fille soit amie avec ? Elle voulait croire que non. Vraiment. Parce qu’il n’avait jamais fait de remarques qui pourrait laisser croire cela. Et puis, il était dans le milieu des comédies musicales, maintenant. Et c’était donc quelque chose de plutôt ordinaire, dans ce milieu, non ? Elle n’en savait rien, elle ne s’était pas particulièrement renseignée sur le sujet, en même temps. Mais tout ce qu’elle savait c’était que, peu importe de quoi il pouvait bien s’agir, elle s’inquiétait. Elle préparait déjà des excuses, mentalement. Même si elle ne savait pas pour quelle raison elle allait devoir s’excuser. Elle savait juste que, peu importe ce qu’elle avait pu faire, elle s’en sentait désolée. Parce qu’elle ne voulait pas qu’il soit blessé. Que ce soit d’une manière générale, certes, mais encore moins par sa faute.
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MessageSujet: Re: Speak the truth + Maggie   Mar 19 Jan - 16:31


Il savait, quelque part, qu’il était entrain de la rendre aussi nerveuse que lui en essayant de préparer le terrain. Il ne pouvait cependant pas se résoudre à simplement annoncer la nouvelle sans aucun détour. Il avait beau avoir conscience qu’il n’avait aucune chance de pouvoir présenter ça comme une bonne chose, il espérait pouvoir prévenir un minimum de dégât. Il fonctionnait pourtant à l’aveugle. Il était difficile de prévoir ce qui rebuterait le plus sa fille. Ce qui la ferait le regarder comme un monstre. Parce que même si c’était ce qui le terrifiait le plus, il avait du mal à voir une autre échappatoire. Rien dans cette histoire n’était racontable, acceptable. Pas même le faite que ça soit un homme, pas même l’amour qui avait existé entre eux. Peut être que s’il avait eu le courage de le dire au premier jour, peut être que s’il n’avait jamais trompé Jane, jamais trompé sa famille, peut être que cela aurait pu paraître acceptable. Non, sans doute que non, pas pour Jane en tout cas, pas pour ces parents. Pour Maggie, il ne savait pas. Ils ne parlaient jamais de ses choses là. Quoiqu’il en soit, aujourd’hui il se retrouvait au pied du mur. Il ne savait plus s’il racontait la vérité parce qu’il avait besoin de la dire, ou parce qu’il préférait en maîtriser les mots. Parce qu’il comptait faire les choses biens, il ne pourrait plus rester dans ce mariage. Et s’il rompait ce mariage, il savait que les mots de Jane serait moins tendre que les siens, et encore moins acceptable. Mais Jane avait sans aucun doute ses raisons. Il y avait des choses que l’on pouvait surement difficilement accepter lorsqu’on était le conjoint trahis. De toute façon, ça lui semblait inutile de continuer à réfléchir plus longtemps. Il avait bien conscience que chaque seconde de silence l’éloignait un peu plus de la vérité. La peur commençait à l’envahir et à lui serrer la gorge. Il fut tenter de prendre encore un peu plus de recul et de mettre la tête dans ses mains. Il avait envie de pleurer comme un enfant. Il avait envie d’être un putain d’enfant et d’avoir à nouveau toute la vie devant lui. Il voulait tout refaire, tout effacer, et recommencer. Mais il n’y aurait surement pas Maggie. Et il aimait Maggie. Pour rien au monde il ne voudrait échanger Maggie… Même pour une vie plus simple, plus douce, et peut être plus heureuse. Peut être, parce qu’il n’y avait aucune garanti, que même s’il recommençait, il réussirait à tout refaire correctement. Il n’y avait rien à faire, pas de retour en arrière possible, maintenant qu’il avait posé un pied en avant, il n’y avait plus qu’à sauter. Peut importe si la chute était douloureuse. C’était le saut qui valait la chandelle. Avec un peu de chance, c’était du saut dont on se souviendrait, et pas de la chute. Il respira un grand coup, un dernier coup, une dernière inspiration et puis il sauterait, il n’aurait pas le choix, de toute façon, il avait commencé, il ne pouvait pas décemment laisser sa fille dans le doute.

« Tu sais que j’avais dix sept ans quand tu es née ? » oui, elle savait, forcément, elle savait, le calcul n’était pas bien difficile, il fêtait toujours son anniversaire quelques jours après elle, elle savait bien qu’elle faisait partie des enfants à avoir les parents les plus jeunes. Mais pourquoi remonter si loin ? Si ce n’est pour se trouver des excuses ? Oui, leur mariage était bidon, mais Maggie devait bien le sentir, non ? Ou peut être pas. Peut être qu’il devait tout dire. « A l’époque, on nous fait comprendre que le mariage était la meilleure solution, la seule solution même pour faire les choses bien. » Faire les choses biens, c’était toujours quelque chose qui avait énormément tenu à Raphael. C’était ironique lorsqu’on savait qu’il avait tout fait de travers, mais il avait toujours voulu bien faire les choses. Il n’avait jamais fait de vague, n’avait jamais voulu contredire plus vieux ou plus sage que lui. « On s’aimait beaucoup à l’époque, mais je penses qu’on savait aussi que dans une situation normale on ne se serait jamais marié. Ni à ce moment là, ni plus tard… » Ouai, peut être que c’ était un peu dur dit comme ça, surtout que Raphael ne savait pas vraiment ce que pensait Jane de tout ça. Cela faisait une éternité qu’il ne sentait plus une once d’amour de sa part, mais il n’était pas capable de dire quand est-ce que ça c’était réellement arrêté. « On s’aimait beaucoup, juste pas comme ça, juste pas assez… aujourd’hui je me dis qu’on aurait mieux fait de rester ami, nous aurions été de bons amis surement. » Il perdait déjà le fil, il n’était pas sur de l’avoir attrapé à un moment d’ailleurs, il remontait son histoire à lui et Jane comme pour la minimiser au maximum, comme pour faire comprendre qu’il n’avait rien gâché. Mais ce n’était pas tout à fait vrai. Car même s’il n’y avait pas d’amour entre Jane et Raphael, il y en avait entre Jane, Raphael, et Maggie, et ce trinôme, cette famille, elle allait disparaître à tout jamais. Il déglutit péniblement, prenant une nouvelle grande inspiration, soufflant à nouveau. « Le fait est que je ne suis pas amoureux de Jane, et qu’elle n’est plus amoureuse de moi, et cela depuis longtemps. » Il n’avait pas particulièrement envie de détruire l’image que Maggie se faisait de sa famille. Mais il savait quelque part qu’il n’aurait pas le choix, et il espérait simplement qu’elle ne culpabiliserait pas sur l’échec de la relation de ses parents. « Toutes ses années, nous avons partagez notre amour mutuel pour toi, et je m’étais convaincu que c’était suffisant à maintenir une famille… » Parce que c’était ce qu’ils étaient, une famille, une famille sur le point d’exploser, de se déchirer, mais une famille tout de même. « Je savais que ce n’était pas l’idéal, que ce n’était pas ce que j’attendais de la vie, mais tu étais là, et tu me suffisais. Toi et le travail, et c’était surement ma première erreur de trouver autant de réconfort dans le travail. » peut être que sans le travail, son équilibre aurait été plus difficile à tenir. « Enfin tu me suffis, tu es la famille que j’ai jamais imaginé avoir, mais que je n’échangerais pour rien au monde… » Il mettait encore de la pommade pour faire passer la pilule. Et plus il se rapprochait du sujet, plus il sentait sa gorge se serrer. Il frotta ses mains qui étaient particulièrement moite, ferma les yeux, surement de peur d’observer la réaction de sa fille, et inspira pour se relancer.
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MessageSujet: Re: Speak the truth + Maggie   Ven 22 Jan - 0:54



RAPHAEL & MARGARET
❝ Speak the truth ❞

Maggie était stressée. Maggie était à deux doigts de paniquer. Parce que son père était stressé. Parce que son père était à deux doigts de paniquer. Et que l’état de son père était fortement communication pour la future étudiante. Elle se demandait ce qu’elle avait pu faire de mal. Si son état était lié à sa personne – c’était probablement le cas, puisqu’il lui avait dit qu’il l’aimait, non ? Il y avait forcément un mais qui allait suivre, non ? Mais le mieux était encore de l’encourager à parler, et de l’écouter. Elle savait que ce serait difficile. Que ce soit par rapport à ce qu’il lui dirait. Ou par rapport au simple fait de devoir se concentrer pendant suffisamment de temps pour tout écouter. Mais c’était important. C’était visiblement important. Parce que son père ne serait pas dans cet état, sinon. Et même si ses pensées avaient bien du mal à se faire rationnelles. Même si elle se forçait à respirer convenablement et à ne pas céder à l’angoisse. Elle se devait de l’écouter. De ne pas céder à la panique. De lui montrer qu’il pouvait lui parler. Lui faire confiance. Se confier à elle. Même si ce serait douloureux. Même si cela la concernait elle. Il était son père, et elle l’aimait plus que tout au monde. Alors qu’importe ce qu’il pourrait bien lui dire. Rien ne pourrait changer ce qu’elle pensait de lui ou ressentait pour lui. « Tu sais que j’avais dix sept ans quand tu es née ? » Question simple. Question courte. Jusque là, elle suivait. Alors elle hocha presqu’aussitôt de la tête pour acquiescer. Parce qu’elle savait qu’il l’avait eu à l’âge qu’elle avait actuellement. Etait-ce de cela dont il s’agissait ? Voulait-il, de nouveau, avoir cette conversation ? Non, parce que cela avait été suffisamment gênant la dernière fois. Ou peut-être était-il au courant pour Nate, et pour Jesse. Non pas qu’elle ait posté des photos sur son Facebook, cette fois-ci. Mais peut-être qu’il en avait eu vent. Et qu’il savait la différence d’âge qu’il y avait entre son petit-ami et elle. Mais, vraiment, il espérait qu’il n’aborderait pas ce sujet une nouvelle fois. Ou simplement pour lui demander des explications quant au fait qu’elle lui avait menti. C’était d’ailleurs ce dont elle comptait lui parler, dès qu’il aurait terminé. Comme ça, ainsi, elle pourrait lui en parler d’elle-même, sans attendre qu’il ne tombe sur cette information. « A l’époque, on nous fait comprendre que le mariage était la meilleure solution, la seule solution même pour faire les choses bien. On s’aimait beaucoup à l’époque, mais je penses qu’on savait aussi que dans une situation normale on ne se serait jamais marié. Ni à ce moment là, ni plus tard… » Elle baissa la tête, culpabilisant. Parce que, oui, elle savait qu’ils ne s’étaient mariés probablement que parce qu’ils l’avaient eue. De la même façon que sa mère avait dû arrêter sa carrière de danseuse, parce qu’elle était tombée enceinte d’elle. Oh, elle ne lui en avait jamais fait aucun reproche. Non. Sa mère l’aimait et elle était bien trop gentille pour lui faire la moindre réflexion. Mais elle savait tout de même ce que sa venue au monde leur avait retiré. « On s’aimait beaucoup, juste pas comme ça, juste pas assez… aujourd’hui je me dis qu’on aurait mieux fait de rester ami, nous aurions été de bons amis surement. » De nouveau, elle hocha brièvement de la tête, signe qu’elle comprenait. Même si ce n’était pas le cas. Parce qu’elle ne voyait pas vraiment où son père voulait en venir. Parce qu’elle ne comprenait pas ce qu’il essayait de lui dire. « Le fait est que je ne suis pas amoureux de Jane, et qu’elle n’est plus amoureuse de moi, et cela depuis longtemps. Toutes ses années, nous avons partagez notre amour mutuel pour toi, et je m’étais convaincu que c’était suffisant à maintenir une famille… » Elle fronça des sourcils, comme une idée, peut-être un peu saugrenue, lui traversait l’esprit. Le divorce. Elle en avait entendu parler. Au lycée, certains de ses camarades de classe avaient des parents divorcés. Parce qu’ils ne s’aimaient plus. Est-ce qu’ils allaient divorcer ? Mon Dieu, est-ce qu’il allait l’abandonner ? Elle déglutit lentement, sentant les larmes lui monter aux yeux. Elle se tenta de se concentrer sur sa respiration qui, bien que toujours silencieuse, se faisait un peu plus irrégulière, mais elle avait bien du mal à se concentrer sur deux choses à la fois. « Je savais que ce n’était pas l’idéal, que ce n’était pas ce que j’attendais de la vie, mais tu étais là, et tu me suffisais. Toi et le travail, et c’était surement ma première erreur de trouver autant de réconfort dans le travail. » Sa tête restait baissée, comme elle tentait de retenir les larmes qui menaçaient de s’échapper. Parce qu’elle ne pouvait pas pleurer. Elle devait l’écouter. Jusqu’au bout. Et puis, elle l’avait encouragée à lui parler. Elle voulait qu’il lui parle, qu’il se confie à elle. Alors, craquer dès qu’il se montrait un peu trop honnête, ce n’était pas un bon moyen de l’encourager. « Enfin tu me suffis, tu es la famille que j’ai jamais imaginé avoir, mais que je n’échangerais pour rien au monde… » Elle sentit comme un poids s’échapper de sa poitrine. Parce que s’il lui suffisait, alors il ne l’abandonnerait probablement pas. Et elle se sentit un peu idiote d’avoir pu le croire. Surtout qu’elle avait dix-sept ans. Et qu’elle partait vivre à Oxford dans quelques semaines. Alors, c’était un peu ridicule de penser qu’il soit possible d’abandonner une jeune fille qui partait étudier dans une autre ville, non ? Oui, ça l’était probablement. Mais Maggie ne savait pas quoi répondre. Elle savait qu’elle devrait probablement dire quelque chose. Mais elle ne savait pas quoi. Elle attendait qu’il continue. Mais elle devrait probablement l’encourager, non ? Mais … Et si sa supposition était fausse ? Après tout, elle avait cru qu’il allait l’abandonner. Alors, elle pourrait se tromper, là-dessus aussi. Elle se mordilla la lèvre, avant d’expirer longuement pour tenter de calmer son cœur qui battait un peu trop vite, résonnant jusque dans ses tempes, l’assourdissant. « Tu … Vous … Vous allez … divorcer ? » bafouilla-t-elle, relevant les yeux vers lui, le rouge lui montant aux joues. Parce qu’elle n’avait pas envie d’avoir dit quelque chose de faux, de ridicule. Alors elle se mordilla la lèvre, avant de reposer son regard sur ses doigts, qui eux étaient bien occupés à tripoter son dessus de lit.
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MessageSujet: Re: Speak the truth + Maggie   Ven 22 Jan - 20:09

Dire la vérité, toute la vérité, n’était pas une chose facile. Surtout lorsqu’on avait été habitué, comme Raphael, à tout garder pour soit. Il n’avait pas voulu être un menteur. Mais maintenant ce qu’il avait voulu avait peu d’importance. Plus le temps passait, plus il se rendait compte que peut importante si ses intentions avaient été bonne. Ce n’était pas les intentions que l’on retenait, mais les actes. Et la manière dont Raphael avait vécu ses dernières années craignaient. Il avait beau avoir d’excellente raison - ou pas d’ailleurs - il n’aurait jamais du toucher à Noah. Peut importe combien il en avait eu envie, peut importe combien il n’avait pas su lui résister. Noah ne l’avait pas forcé non plus, bien qu’il ait été plutôt insistant. Il ne pouvait pas reporter son pauvre jugement et son comportement pitoyable sur son ancien amant. Il n’aurait jamais du tomber amoureux de lui non plus. Ou peut être que si, c’était la seule chose qui justifiait vaguement ses actions. Plus ou moins. Parce que s’il était surement possible de tomber amoureux de quelqu’un d’autre que sa femme. Et si l’on ne pouvait reprocher à personne d’avoir des sentiments pour quelqu’un d’autre dans la mesure ou s’était définitivement pas contrôlable, il n’aurait jamais du vivre avec dans le plus parfait des secrets pendant si longtemps. Il était devenu un menteur, quoiqu’il en dise. Et dire la vérité aujourd’hui ne réparerait rien de tout ça. Il n’était pas excusable. Rien ne pourrait rendre les choses plus correct. Raphael n’était pas quelqu’un de bien. Et il ne savait plus pourquoi il s’acharnait à essayer de faire gober le contraire à sa fille. Il allait mériter tout ce qui suivrait.

Néanmoins, ce n’était pas une raison pour s’arrêter en si bon chemin. Même s’il n’y avait pas de rédemption à trouver. Même si on ne pouvait pas excuser ce qu’il avait fait, cela ne voulait pas dire qu’il devait continuer de vivre ainsi. Il ne disait pas la vérité pour qu’on l’excuse. Il disait la vérité parce qu’il avait besoin d’un nouveau départ, et parce qu’il n’en pouvait plus de ses mensonges. Il n’en pouvait plus de vivre en sachant qu’il y avait des conséquences à ses actions, mais sans les assumés, puisque personne n’était au courant. Il adressait assez peu de regard à sa fille. Principalement parce que les quelques coups d’oeil qu’il lui jeta lui donna envie de tout arrêter et d’aller la prendre dans ses bras. Il savait qu’il lui faisait du mal. Il savait qu’elle avait du mal à comprendre, à assimiler. Certes, lui et Jane n’avait jamais été l’un de ses couples magnifiques et vibrant d’amour. Mais il était surement difficile pour une fille de penser que ses deux parents ne s’étaient jamais aimés - ou presque. Après avoir lu la détresse dans les yeux de sa fille, il focalisa son regard sur ses mains et chercha à reprendre sa respiration pour continuer normalement. Il sentait une douleur insupportable le prendre au tripe. Il n’avait jamais parlé de Noah. Enfin, il l’avait vaguement évoqué avec Dorian, mais Dorian ne jugeait pas, Dorian ne s’attendait à rien, Dorian ne l’idéalisait pas non plus. Dorian avait été une oreille neutre, et passablement alcoolisé. Ce qui ne serait pas le cas de sa fille. Il n’avait jamais parlé de Noah à ceux qui importait vraiment. Une chose que l’autre homme lui avait d’ailleurs souvent reproché à raison. Et le fait est, qu’il ne savait pas réellement comment raconter Noah. Il resta un moment en silence, cherchant ses mots, et laissant justement le temps à Maggie de formuler sa détresse.

Divorcer. Oui, c’était surement ça dont il était sujet. C’était ça dont il aurait du être sujet il y a longtemps maintenant. Il baissa un peu plus la tête avant de la relever doucement. « Je suis désolé. » souffla-t-il, comme si les excuses allait encore changer quelque chose. « J’aurais du avoir le courage de t’en parler, d’en parler tout cours beaucoup plus tôt… Je n’ai jamais voulu te faire souffrir, ni faire souffrir ta mère… Je me suis posé beaucoup de question, tellement que j’ai finalement jamais trouvé les bonnes réponses… » Il n’aurait par exemple jamais du se demander quelle était la meilleure manière de faire les choses. Parce qu’il n’y avait aucune bonne manière. Il aurait du se demander quelle était la moins pire, et la moins pire aurait été de faire les choses tout de suite. Il baissa la tête, regarda un instant ses genoux, avant de fermer les yeux pour retenir les larmes qui menaçait de percer, et essaya de se concentrer sur sa respiration. Dans son esprit, il se répéta qu’il n’y avait pas de bonne manière de faire ça, et qu’il avait juste à se lancer. « J’aime les hommes. » Le dire à voix haute, l’avouer faisait l’effet d’une brûlure irréversible. Il avait beau savoir que c’était quelque chose de normal, il se sentait exactement comme sa famille voudrait qu’il se sente, monstrueux. « Je le sais depuis longtemps… Peut être que je le savais quand j’ai épousé ta mère… » ça rendait la chose atroce, il en était conscient. « Mais ça n’a jamais été quelque chose de vraiment envisageable, et j’ai… » Sa voix se brisait avec sa respiration. « J’ai attendu de rencontrer quelqu’un et de ne plus pouvoir l’ignorer pour commencer à l’accepter… » Mais ça n’excusait rien, et il devait le savoir, peut importe si sa famille n’était pas tolérante envers les homosexuelles. Peut importe s’il s’était senti emprisonné. On n’essayait pas de s’échapper par le mensonge, on demandait la clé, même si cela voulait dire risquer une exécution sur la place publique. Figurativement parlant. Parce qu’en mentant, il était devenu le monstre que toute sa famille pensait qu’il était. « Je suis tombé amoureux d’un homme il y a quatre ans… » Ou un peu plus, mais lorsqu’on parlait de plusieurs années, le nombre de mois n’importait pas tellement au final. « Je voudrais trouver des excuses à mon manque de courage, mais c’était juste de la lâcheté… Je voulais faire les choses bien et j’ai conscience que j’ai empiré les choses. » Il n’était pas clair. Maggie ne pouvait surement pas tout comprendre. Mais il ne pouvait pas décemment tout raconter, si ? « Ta mère sait depuis deux ans… Elle ne voulait pas qu’on divorce parce qu’elle ne voulait pas te faire souffrir. » Il tordait la vérité, il embellissait clairement les choses du côté de Jane. Il était seulement incapable de se résoudre à traîner Jane dans la boue. Maggie allait déjà détester l’un de ses parents, il ne pouvait pas la faire détester les deux. « Je suis désolé de faire ça maintenant, je suis désolé pour le mal que je te fais, et celui que j’ai fais à ta mère… Je crois que je me suis trompé toute ces années, la vérité vaux mieux que tous les mensonges… J’ai été injuste envers vous deux… » Et il n’y avait surement aucun moyen de réparer cette injustice. Pas même un divorce clairement tardif.
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MessageSujet: Re: Speak the truth + Maggie   Ven 22 Jan - 23:51



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Maggie s’habituerait au fait que ses parents divorceraient. Elle s’y ferait. Elle ne disait pas qu’elle en était heureuse, ou qu’elle le voulait. Parce que c’était faux. Elle aurait préféré qu’ils soient heureux, ensemble. Tous ensemble. Mais si c’était ce qu’il y avait de mieux pour le bonheur de ses parents, alors oui, elle s’y ferait. Et elle serait ensuite heureuse pour eux. « Je suis désolé. » Elle tourna la tête de droite à gauche, en signe de négation. Il n’avait pas à s’excuser. Vraiment, il n’avait pas à le faire. « J’aurais du avoir le courage de t’en parler, d’en parler tout cours beaucoup plus tôt… Je n’ai jamais voulu te faire souffrir, ni faire souffrir ta mère… Je me suis posé beaucoup de question, tellement que j’ai finalement jamais trouvé les bonnes réponses… » Elle se mordilla la lèvre, continuant à regarder ses doigts qui jouaient avec son dessus de lit, sans oser le regarder. Parce qu’elle voulait le laisser parler, sans qu’il n’ait crainte d’être jugé. Et qu’il fallait aussi qu’elle se concentre sur ses mots, qu’elle l’écoute. Alors qu’en le regardant, elle risquerait de le détailler, de se perdre dans ses pensées. « J’aime les hommes. » Elle fronça des sourcils, avant d’ouvrir sa bouche en un « Oh » muet. D’accord. Il aimait les hommes. Il ne pouvait donc pas aimer sa mère. C’était logique. Sa mère était une femme. Et comme il aimait les hommes, il ne pouvait pas aimer une femme. Enfin, sauf s’il était bisexuel – Maggie avait lu quelques articles au sujet de la bisexualité, lorsqu’elle avait fait des recherches sur l’homosexualité pour comprendre Nate – mais apparemment, ce n’était pas le cas. Sinon, il aurait dit qu’il aimait les hommes et les femmes. Donc il ne pouvait pas aimer sa mère. « Je le sais depuis longtemps… Peut être que je le savais quand j’ai épousé ta mère… » Elle hocha un peu de la tête, ses yeux continuant de fixer ses doigts, laissant ce trop plein d’informations prendre place dans sa tête. « Mais ça n’a jamais été quelque chose de vraiment envisageable, et j’ai… J’ai attendu de rencontrer quelqu’un et de ne plus pouvoir l’ignorer pour commencer à l’accepter… » Elle pouvait comprendre. Oui, elle le pouvait. Enfin … N’avait-elle pas eu peur de lui dire la vérité à propos de Nate ? N’avait-elle pas craint que ses parents refusent qu’elle continue de le voir ? Elle se sentit idiote, après coup. Parce que son père ne lui aurait donc jamais refusé cela. Peut-être même que si elle lui avait dit la vérité plus tôt, alors il serait venu lui en parler plus tôt, lui aussi. Peut-être qu’il lui aurait dit la vérité avant. Alors elle culpabilisa de ne pas s’être confiée à lui, de ne pas lui avoir parlé de l’homosexualité de Nate, du fait qu’elle était sa couverture en tant que petite amie. Et que toute leur relation était fausse – enfin, pas leur amitié, bien entendu. . « Je suis tombé amoureux d’un homme il y a quatre ans… » De nouveau, sa bouche s’ouvrit en un « Oh » muet. Parce que quatre ans, c’était long. Et il était resté marié tout ce temps ? Alors qu’il était amoureux d’un autre homme ? Mais … Pourquoi ? Enfin … De nouveau, elle comprenait, oui. Mais elle trouvait cela triste. Elle trouvait toute cette histoire triste. Très triste. Parce qu’il aurait dû être heureux. Qu’il n’aurait pas dû avoir peur du jugement de l’autre, de ses proches. Encore moins le sien. « Je voudrais trouver des excuses à mon manque de courage, mais c’était juste de la lâcheté… Je voulais faire les choses bien et j’ai conscience que j’ai empiré les choses. » Il n’avait rien empiré. Enfin … C’était pour lui, surtout, que c’était triste. Parce qu’il vivait avec cela depuis quatre ans. Il était amoureux d’un homme depuis quatre ans, et ne pouvait être avec lui. Alors que dire la vérité aurait été plus simple. Dire la vérité lui aurait permis d’être heureux. Et elle s’en voulait de ne pas l’avoir réalisé plus tôt. De ne pas lui avoir montré qu’elle l’aimerait toujours, et que cela ne changeait rien. De ne pas lui avoir montré qu’elle ne voulait que son bonheur. « Ta mère sait depuis deux ans… Elle ne voulait pas qu’on divorce parce qu’elle ne voulait pas te faire souffrir. » Elle sentit les larmes, contre lesquelles elle luttait depuis un moment, finir par rouler sur ses joues. Parce que tout était de sa faute. Parce qu’elle était responsable du malheur de son père. Et qu’elle s’en voulait tellement, terriblement. « Je suis désolé de faire ça maintenant, je suis désolé pour le mal que je te fais, et celui que j’ai fais à ta mère… Je crois que je me suis trompé toute ces années, la vérité vaux mieux que tous les mensonges… J’ai été injuste envers vous deux… » finit-il par dire, lui faisant immédiatement relever son visage ravagé par les larmes pour cherchant son regard. Non. Comment pouvait-il croire cela ? Il n’était pas injuste. Il ne l’avait jamais été. Au contraire, même. Il avait cherché à la préserver. A la rendre heureuse. Ses deux parents l’avaient faits. Mais … Il avait souffert parce qu’il voulait la rendre heureuse, qu’elle ne souffre pas. Alors elle secoua la tête en signe de négation, avant d’essuyer ses larmes. « Tu n’as pas à t’excuser … C’est moi qui suis désolée … » répondit-elle d’une voix tremblante et si peu maitrisée. Elle retint bien mal un sanglot, avant de reprendre. « Tu … Tu as fait tout ça pour moi et … » De nouvelles larmes sillonnèrent ses joues, et elle renifla un peu comme elle tentait de les essuyer encore une fois. « Tu n’avais pas à le faire … Je t’en aurais jamais voulu … Si tu avais divorcé ou … Si tu avais été avec un homme … Je t’en aurais jamais voulu … » balbutia-t-elle tant bien que mal, peinant à trouver ses mots. Et elle ne comprenait pas ce sacrifice qu’il avait pu faire. Parce que oui, elle était sa fille mais … rester loin de la personne qu’il aimait juste parce qu’il avait peur de la faire souffrir … C’était un bien trop grand sacrifice. Elle ne savait pas comment elle aurait réagi, à l’époque. Quatre ans. Elle n’avait alors que treize ans. Et elle ne connaissait rien à l’homosexualité. Mais, il était probable que, de la même façon qu’elle l’avait fait lorsque Nate lui avait avoué être attiré par les garçon, elle aurait fait des recherches et se serait renseignée.  « Comment tu as fait pour … Comment tu as fait pour rester éloigné de lui pendant quatre ans ? Pour ne pas être auprès de lui, ne pas le voir … ne pas l’embrasser et … » Elle rougit instantanément, gênée. Parce que ce n’était pas ses affaires. Parce qu’elle était trop curieuse. Même si, dans le ton de sa voix, pour se lire tout l’amour que lui faisait ressentir cet acte, ce sacrifice.


Dernière édition par Margaret De Lacy le Sam 23 Jan - 3:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Speak the truth + Maggie   Sam 23 Jan - 1:24



Raphael ne savait pas exactement à quelle réaction il s’était attendu de la part de sa fille. Autant il savait que c’était un sujet tabou pour toute sa famille, autant il avait pris l’habitude de comprendre que c’était quelque chose de plus en plus inné pour les jeunes. Alors parce que Maggie était tout de même une part inhérente de la famille, et parce qu’elle était jeune, Raphael ne savait pas exactement à quoi s’attendre. Parce qu’ils n’avaient jamais discuté de l’homosexualité avant. Cela avait été un sujet bien trop douloureux pour Raphael, et bien trop dénigré par Jane pour qu’il s’essaye à en parler avec sa fille. Il ne voulait pas énerver Jane en abordant le sujet de manière innocente, et il était trop pétrifié pour en parler comme il le faisait aujourd’hui, de manière personnelle. Il ne savait donc pas l’opinion de Maggie sur le sujet, et si parfois il était tenté de se laisser aller à l’espoir, il était au final trop pessimiste de nature pour véritablement y croire. Lorsqu’il essayait d’imaginer la réaction de sa fille c’était donc une suite de ‘elle va bien le prendre. Mais non, elle va me haïr.’ constant et insupportable. Il appréhendait donc de manière insupportable, sans savoir à quoi s’attendre. Et quelque part il trouvait ça pire que tout. Parce qu’au final, s’il appréhendait depuis des années le jour ou il avouerait la vérité à ses parents, il savait presque exactement leur réaction. Ils seraient froids, sans aucun doute, il ne les avait jamais vu s’énervé. Ils auraient l’air dégouté, ils ne comprendraient pas. Ils demanderaient ce qu’ils ont fait de mal, peut être, s’ils essayaient de faire suffisamment attention à lui. Sinon, ils se contenteraient de lui dire qu’il ne savait pas ce qu’il disait, pensait, ressentait. Raphael devrait donc le dire plusieurs fois. Et à chaque fois, ils répondraient la même chose, en insistant sur le faite que non, il ne quitterait pas Jane pour ça, qu’il ne vivrait pas comme ça, que cela ne se faisait pas. Il serait obligé de les contredire, un certain nombre de fois, jusqu’à entendre l’ultimatum. S’il continuait à s’entêter, ils seraient obligés de reprendre tout ce qui était à eux. S’il ne voulait pas les respecter, ils ne le respecteraient pas non plus - comme si tout ceci était véritablement une question de respect. Il finirait déshérité surement. C’était douloureux à imaginer comme scène mais finalement il n’y aurait aucune surprise, il le savait. Avec Maggie, il n’avait aucune idée de ce qui allait arriver, et il n’osait pas relever les yeux vers elle pour voir sa réaction. Il était terrifié à l’idée de croiser son regard. Il aurait, au final, préféré être sur de lui, dans un sens ou d’un l’autre, et que tout ne soit que formalité. Mais avec sa fille, il marchait sur un fil, et il ne savait pas encore s’il allait en tomber ou pas.

Sa première réaction lui fit relever les yeux. Il n’avait pas à s’excuser ? Bon peut être qu’elle cherchait juste à être compréhensive… mais… elle était désolée ? Pourquoi diable était-elle désolée ? N’avait-il pas été assez clair quand au faite que rien était sa faute, et qu’il l’aimait, et que… Non… Non… décidément, il préférait qu’elle lui cris dessus plutôt qu’elle se sente coupable d’une quelconque manière. Il veut ouvrir la bouche, pour l’arrêter tout de suite, parce qu’il ne veut pas qu’elle continue. Il ne veut pas entendre le faite qu’il avait fait tout ça pour elle. Peut être que c’était vrai, mais il était son père, c’était l’essence même de ce qu’il devait faire. A partir du moment ou elle était née, toute sa vie était faite pour tourner autour d’elle. Son bonheur à elle devait faire le sien. Il était désolé du faite que cela ne lui suffise pas. Elle n’avait pas à être désolée. Il cherchait donc à en placer une. A l’arrêter plus précisément pour rétablir l’équilibre. Qu’elle ne s’en veuille pas, par pitié qu’elle ne s’en veuille pas. Il ne méritait pas d’être excusé si facilement. Et tout le bonheur qu’il aurait du ressentir en voyant la tolérance de sa fille s’envolait en une culpabilité grandissante. Il se sentait si égoïste, à vouloir qu’on l’accepte il avait réussit à rendre coupable sa fille de son malheur. Quel père était-il ? Quel homme était-il ? Il était abjecte et méprisable. Puis une formulation particulière lui fit froncer les sourcils. « Si tu avais été avec un homme. » comment ça, si ? N’avait-il pas été clair ? Il était amoureux. Jane savait depuis deux ans… De quoi pensait-elle qu’il parlait ? Lorsqu’elle spécifia le font de sa pensée par une flopée de question, il eut envie de vomir. Il baissa la tête, comme brûlé par la honte de ce qu’il avait fait, se pinça les lèvres et ferma les yeux pour se retenir de pleurer. Il inspira profondément, releva la tête et souffla piteusement « Je suis désolé trésor… Je… Je suis tombé amoureux de lui et je ne pouvais pas rester éloigné… J’aimerais avoir de meilleurs excuses… Mais j’ai rien… Je pouvais pas rester loin de lui, et j’ai pas su vous le dire… » Il rebaissa la tête, il était donc bel et bien le monstre qu’il pensait être. Le genre d’homme qui aurait été capable de faire passer sa liaison comme une magnifique histoire d’amour impossible et non consommé. Mais il n’y avait peut être rien de beau entre lui et Noah. « Ta mère sait depuis deux ans, et m’a convaincu que tu ne supporterais pas la vérité. On s’est mis d’accord et j’ai arrêté de le voir… Mais ce n’est pas comme si cela peut s’effacer. Je ne l’aime pas moins parce que je suis loin, et je ne peux pas réparer ce que j’ai cassé dans notre mariage. Je ne pouvais pas continuer à te mentir ainsi. » Il se rendait malade à enjoliver la partie de Jane, mais il ne pouvait pas se résoudre à la rouler dans la boue. « Je suis désolé de ne pas avoir été à la hauteur. » Il savait qu’à ce niveau là, déception serait surement un mot faible.
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MessageSujet: Re: Speak the truth + Maggie   Sam 23 Jan - 3:11



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Maggie avait toujours vécu dans une espèce de bulle. Une bulle délicate, une bulle rassurante, une bulle confortable. Lorsqu’elle n’allait pas bien, elle se mettait dans sa petite bulle, et se sentait beaucoup mieux. Elle se sentait soulagée. Elle se faisait des films, aussi, dans sa tête. Un peu à la manière d’un scénario ou d’un roman qu’elle s’écrivait. Elle s’imaginait que tout allait bien. Que tout allait bien, comme elle le souhaitait. Et pendant un moment, qu’il soit court ou plus long, elle se sentait bien. Elle se sentait mieux. Apaisée, détendue. Presque heureuse. Parce qu’elle se concentrait sur ses scénarios, sur cette vie qu’elle s’inventait, et que tout allait mieux. Maggie avait parfois trop tendance à se mettre dans sa bulle. La jeune fille choisissait la solution de facilité, la plupart du temps, et n’affrontait pas vraiment la vie, finalement. Elle préférait s’en imaginer une autre. Même lorsqu’elle était en présence de ses amis. Même lorsqu’elle était en présence de sa famille. C’était peut-être pour cette raison, aussi, qu’elle avait tendance à si peu parler. Parce qu’elle était dans ses pensées. Parce qu’elle était dans sa bulle si confortable et rassurante. Cette bulle où tout allait bien. Ce n’était pas la seule raison. Elle était affreusement timide, avait le sentiment intense d’être parfaitement ridicule, quoiqu’elle puisse faire, quoiqu’elle puisse dire. Alors elle se contentait de dire seulement quelques mots. Ou sinon, elle faisait des monologues, sans respirer, et en parlant très vite. Tels étaient ses moyens de communication. Soit elle parlait très peu, par parcimonie, soit elle partait dans des monologues sans queue ni tête, qui était incompréhensibles et la ridiculisait. Alors, ne pas parler était encore ce qu’il y avait de plus simple. C’était moins épuisant. C’était moins humiliant, aussi. C’était peut-être plus lâche, mais Maggie n’était pas vraiment courageuse, de toute façon. Elle n’avait jamais eu à l’être. Elle avait toujours eu ce qu’elle désirait, au niveau matériel en tout cas. Elle n’avait jamais manqué de rien. Ses parents l’aimaient. Sa famille l’aimait. Elle était choyée et aimée. Elle avait une grande maison, avec un grand jardin. Elle avait quelques amis, aussi. Elle avait de bons résultats scolaires. Très bon, même si elle devait se montrer objective – chose dont elle était bien incapable, puisque ses résultats, en plus d’avoir l’impression de ne pas les mériter, n’étaient jamais assez bons à son goût. Alors elle n’avait pas à être courageuse. Elle n’avait rien à affronter. Ou, elle n’avait jamais rien eu, à affronter, plutôt.

Jusqu’à maintenant. Jusqu’à ce jour. Jusqu’à cet instant. Mais il ne s’agissait qu’un divorce. Elle avait des amis dont les parents étaient divorcés. Oui, sa famille se déchirait. Et cela l’attristait. Mais elle ne pouvait s’empêcher de ressentir une petite pointe de fierté, aussi. De fierté d’apprendre que son père, cet homme qu’elle aimait tant et qui était si important pour elle, avait fait un noble sacrifice pour pouvoir la protéger. Elle culpabilisait, aussi, bien entendu. Parce qu’il n’aurait pas dû le faire. Il aurait dû pouvoir se confier à elle, dès le début. Dès qu’il avait su être amoureux de cet homme. Il aurait dû lui dire la vérité, et ensuite demander le divorce. Parce que tout ce qu’elle avait toujours voulu, c’était qu’il soit heureux. « Si tu avais été avec un homme. » répéta-t-il ses mots, lui faisant se mordiller la lèvre de gêne. Elle s’était montré trop indiscrète, avec ses questions. Il s’ouvrait à elle, se confiait, et elle se montrait trop curieuse. De nouveau, elle culpabilisa. Parce qu’elle aurait plutôt dû le remercier, au lieu de le questionner et de, peut-être, remuer le couteau dans la plaie. « Je suis désolé trésor… Je… Je suis tombé amoureux de lui et je ne pouvais pas rester éloigné… J’aimerais avoir de meilleurs excuses… Mais j’ai rien… Je pouvais pas rester loin de lui, et j’ai pas su vous le dire… » Elle fronça des sourcils, pas certaine de comprendre. Il ne pouvait pas rester loin de lui. Qu’est-ce que cela voulait dire ? Il ne pouvait pas rester éloigné. Donc il l’avait vu. Mais n’était-ce pas trop douloureux, de le voir, sans pouvoir être avec lui ? N’était-ce pas une torture qu’il s’était infligé, durant toutes ces années ? Maggie n’avait que peu d’expérience en matière de relation amoureuse. Elle avait seulement maintenant son premier petit-ami. Mais … Enfin … Il y avait ça. Ça, c’était quelque chose qu’elle n’osait pas vraiment nommer, même en pensée. Mais qu’elle savait qui arrivait, lorsque l’on était amoureux. Lorsque l’on voyait la personne que l’on aimait. Elle ferait probablement ça, avec Jesse, un jour. Elle l’espérait, en tout cas. Parce qu’elle l’aimait. Et parce qu’elle en avait un peu envie, de ce ça, aussi. Même si elle ne le dirait pas. Parce que c’était trop gênant. Le simple fait d’y penser en cet instant lui fit monter le rouge aux joues, d’ailleurs. Surtout que ce n’était pas approprié, d’y penser, vu la teneur de leur conversation. Et surtout vu le fait que c’était avec son père, qu’elle avait une conversation. « Ta mère sait depuis deux ans, et m’a convaincu que tu ne supporterais pas la vérité. On s’est mis d’accord et j’ai arrêté de le voir… Mais ce n’est pas comme si cela peut s’effacer. Je ne l’aime pas moins parce que je suis loin, et je ne peux pas réparer ce que j’ai cassé dans notre mariage. Je ne pouvais pas continuer à te mentir ainsi. » De nouveau, elle ne comprenait pas. Pourquoi avoir arrêté de le voir à cause de sa mère ? Enfin … Oui, cela pouvait être gênant. Mais ce n’était pas comme s’il se passait quoi que ce soit entre eux. Il le voyait, parce qu’il n’arrivait pas à être éloigné de lui. Il aurait dû arrêter de le voir parce que c’était trop douloureux – en considérant le fait qu’il ne voulait pas le lui dire et demander le divorce, bien entendu. Alors, elle ne comprenait pas. « Je suis désolé de ne pas avoir été à la hauteur. » Elle fronça des sourcils. En quoi n’avait-il pas été à la hauteur ? Elle le trouvait merveilleux, et courageux, et … Et … Et sa bulle éclata. Parce qu’elle comprit. Parce qu’elle comprit ce qu’il voulait dire, par le voir. Et que sa respiration se coupa. Sa respiration se coupa, et des larmes coulèrent sur ses joues. Mais ce n’était plus de culpabilité. Ce n’était plus parce qu’elle était triste d’être la raison de son malheur. Non. Les larmes coulaient, parce qu’elle avait compris. Les larmes coulaient parce qu’elle s’était trompée, en croyant que son père n’avait pas … Elle se força à respirer. Parce qu’il serait malvenu de faire un malaise. Même si, finalement, faire un malaise serait plus simple. Parce qu’alors ils n’auraient plus cette conversation. Parce qu’elle n’aurait plus à y penser. Et qu’elle pourrait se remettre dans sa bulle. Sa si précieuse et confortable bulle. Elle ouvrit la bouche, les lèvres tremblantes, avant de la refermer. Parce qu’elle ne savait pas quoi dire. Parce qu’elle n’avait pas les mots. « C’est qui ? » Etrange, que cette question soit la seule à être sortie. Parce que cela n’importait pas. Parce qu’elle ne le connaissait probablement pas, de toute façon. Elle ne connaissait pas les amis de son père. Elle ne connaissait pas ses collègues, non plus. Elle les voyait durant des représentations, mais elle ne les connaissait pas. Et pourtant, c’était étrange comme elle avait besoin de mettre un nom, sur l’homme qui avait brisé sa famille. Qui l’avait brisée simplement en étant entré dans la vie de son père. Qui l’avait brisée dans un claquement de doigt, juste parce qu’il avait été là. Peut-être qu’elle avait envie de connaître ce nom, parce qu’une fois dans sa bulle, elle pourrait tout réinventer. Ou peut-être que c’était, simplement, parce qu’elle n’avait pas de mots. Parce que lui demander qui c’était, c’était parler. C’était dire quelque chose. Parce que ce n’était pas comme si elle pouvait dire autre chose. Elle ne pouvait rien dire. Elle n’avait pas les mots. Et elle n’avait jamais vraiment su parler, de toute façon. Sauf lorsqu’elle se trouvait dans sa bulle.
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MessageSujet: Re: Speak the truth + Maggie   Sam 23 Jan - 10:59


S’il y avait une chose que Raphael n’avait pas exactement prévu c’était bien toute la naïveté dont était capable Maggie. Il savait que sa fille avait une pudeur qui lui ressemblait beaucoup. Mais Raphael était un homme. Et quand bien même il n’avait jamais été particulièrement à l’aise dans le domaine, il avait traîné avec des amis pour lesquels c’était normal - parce que ça l’était - et il était pudique, mais pas naïf. Il rougissait parfois, lorsqu’on était trop clair, mais il n’avait pas besoin qu’on lui explicite les choses. Il n’avait pas besoin de dessin. Il ne voulait surtout pas de dessin. Maggie était visiblement encore à l’âge ou sa pudeur se mêlait à une certaine naïveté et en plus de probablement réagir à toute approche trop cru du sujet, elle ne comprenait pas lorsqu’on prenait trop de détour. Raphael ne voulait pas être cru avec sa fille. Surtout pas sur le sujet. Ce qu’il avait été avec Noah, bien que cela concerne désormais Maggie, ne la concernait pas de ce point de vu là. Il aimait Noah, l’avait aimé. C’était au final tout ce qu’elle avait besoin de savoir. Il l’avait aimé. Avec tout ce que ça voulait dire. Il était désolé de ne pas avoir été ce modèle de vertu capable d’aimer de loin. Il ne pouvait même pas vraiment dire qu’il avait été celui qui reste à l’écart jusqu’à ce que ces sentiments s’en mêle et viennent l’empêcher d’être l’homme bien qu’il voulait être. Peut être que Noah avait sa grosse part de responsabilité dans ce début de relation. Au bout d’un mois, Raphael n’avait simplement plus trouvé de moyen de dire non. Il les avait tous essuyé au sourire constant de Noah. Il n’avait pas su dire non lorsqu’il pensait oui. Et il ne pouvait pas s’empêcher de penser oui. Et puis l’amour s’en était mêlé, et il n’avait pas su le quitter. Mais il n’aurait rien du faire, dès le départ. L’amour ne serait pas venu, surement, de si loin. Il ne faisait que deviner, mais Noah se serait lasser de lui, l’amour n’aurait pas eu le temps de venir. Raphael n’aurait pas pu l’aimer de loin pendant tout ce temps. Il n’aurait pas pu l’aimer autant si l’amour n’avait pas été partagé. L’amour n’aurait pas été partagé s’ils n’avaient pas été ensemble. Ca lui paraissait évident, à lui, il n’avait pas pensé que Maggie puisse le voir autrement. Il avait aimé un homme. Il aimait un homme. Il n’était qu’humain de le vouloir, et il entendait bien que son erreur n’était pas de l’aimer, mais d’y avoir cédé, sans rien dire, dans le secret, dans le dos de tout ces engagements, et de toutes ces promesses. Son erreur ce n’était pas d’aimer, mais c’était le secret, le mensonge. Son erreur c’était toutes ces petites choses qui avaient d’abord brisé sa relation avec Noah, et qui maintenant briserait sa famille. Peut être que s’il avait trouvé le courage de tout dire dès le début, il aurait pu tout sauver. Il pouvait dire qu’au début, lorsque les choses étaient encore suffisamment récente pour qu’il soit correct de tout dire à sa femme, il avait eu peur qu’un divorce ne puisse affoler Noah. Après tout, si lui était tombé amoureux trop vite, comme on tombe d’une chaise dirait-on, Noah avait pris son temps. Et quoiqu’il en dise, il avait aimé l’idée de séduire ce que l’on pouvait pas séduire. Raphael c’était toujours dit que c’était l’interdit et que c’était sa moral apparente qui avait maintenu Noah intéressé. S’il avait divorcé si tôt, peut être qu’il aurait perdu Noah. S’il l’avait fait plus tard, il aurait pu mentir encore, sauver sa famille, sauver sa relation avec Noah, tout baser sur un mensonge. Aurait-il été un meilleur homme pour ça. Peut être que ce cas représentait la limite entre ce qu’il fallait dire de la vérité. Il ne savait pas. Quoiqu’il en soit, il le faisait au pire moment. Il n’y avait aucune raison d’attendre deux ans après la rupture pour s’y mettre. C’était comme s’il avait attendu d’avoir tout perdu, pour perdre encore plus. Comme si au fond du gouffre, au lieu de prendre une pioche pour essayer de remonter, il se tournait vers le sol et cherchait à creuser plus bas. Non, il n’y avait pas de mot pour le décrire, il était abjecte, et stupide.

Et il ne serait guère étonnant que sa fille ne puisse pas lui pardonner. Les larmes qui coulaient sur sa joue indiquait tout dans ce sens là en tout cas. Il voulait se lever et aller la réconforter. Mais il se doutait qu’elle ne voulait pas de contact avec lui à cet instant. Elle ne voulait peut être pas de contact tout court, mais elle n’en voulait surement pas de lui. Il l’avait blessé, il avait provoqué des larmes qu’il n’aurait jamais du provoquer, et il ne pouvait rien faire pour la réconforter. Il soufflait, doucement, dans son coin. « Je suis désolé Maggie. » Il ne savait pas ce que cela pouvait faire. C’était absurde, un peu. Ou du moins cela ne changerait surement rien. Qu’est-ce qu’elle pouvait en avoir à foutre de ses excuses. Il avait le toupet d’avoir commis une faute, et de venir s’excuser pour elle avec deux ans de retard. Il ne méritait pas d’excuses. « Je suis tellement désolé. » Et de quoi était-il désolé au juste ? Pas d’avoir vécu quoique ce soit avec Noah en tout cas. D’avoir menti surement, mais pour le reste… « Ca ne change rien au faite que tu es ma fille, et que je t’aime… Ca n’a jamais rien changé au faite que je t’aimais. » il s’étranglait presque en essayant vainement d’obtenir autres choses que des larmes. Elle ne lui pardonnerait pas, comment le pourrait-elle ? Il ne se le pardonnerait jamais non plus. Et elle s’en foutait surement, qu’il l’aime, la question c’est qu’elle ne l’aimait plus. Et qu’elle avait surement honte.

La question le frappa de plein fouet. Il ne s’était pas attendu à entendre ces premiers mots là. Il avait presque réussit à occulter que dans son soucis de dire toute la vérité il avait oublié de dire l’essentiel. Parce que cette histoire ne tenait pas la route si elle ne portait pas de nom. Et que le pire dans l’histoire ce n’était pas que c’était un homme, ce n’était pas que cela avait été une aventure extra conjugal, c’était le nom. Parce que non seulement il avait aimé un homme. Non seulement il avait été avec un homme. Mais il avait mis en contact sa fille avec cet homme. Il l’avait laissé l’admirer, même croire qu’elle pouvait être amoureuse de lui. Raphael présentait peu de gens à sa famille, parce que Jane d’une part se foutait bien des comédies musicales. Il lui arrivait de présenter les castings à Maggie, quand elle le voulait. Il n’aurait pas pu ne pas présenter Noah, parce qu’elle l’avait voulu. Mais il savait à quel point s’était glauque. Il lui avait présenté, tout en sachant très bien ce qu’ils étaient l’un pour l’autre. La fille, et l’amant. Quel idiot abjecte faisait une chose pareille. « Je suis désolé, pardonne moi. » murmura-t-il faiblement, la voix étranglée et faible. « Pardonne lui, il n’y est pour rien, il a toujours voulu que je le dises. » Noah n’y était pas exactement pour rien. Il n’était peut être pas aussi noir que Raphael, mais il n’était surement pas tout blanc. Il ne savait pas pourquoi il s’obstinait à défendre tout le monde sinon lui. Comme s’il préférait tout prendre sur ses épaules. Comme c’était la seule choses qu’il méritait. Il soupire, et dans un souffle faible, qui fait résonné la haine et la honte qu’il éprouve pour lui même à l’instant il murmure « Noah » Il aurait peut être du faire une phrase, au cas ou elle ne comprend pas, au cas ou ce n’est pas clair. Mais il ne pensait vraiment pas que cela sera nécessaire désormais. Il n’y avait qu’une seule raison pour qu’il prononce son nom. Dans un accès de courage, ou juste parce que c’était la seule chose à faire, il releva le regard pour regarder sa fille. « Je suis désolé. » souffla-t-il encore, le coeur lourd et douloureux, l’estomac se tordant et brûlant de douleur. Elle devait le croire, il était tellement désolé.
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MessageSujet: Re: Speak the truth + Maggie   Sam 23 Jan - 21:06



RAPHAEL & MARGARET
❝ Speak the truth ❞

C’était un trop pleins d’informations. Et il lui avait fallu un certain temps pour comprendre où il voulait en venir. Pour comprendre ce qu’il avait fait. Et c’en était que plus douloureux. Parce qu’elle avait cru que … Parce qu’elle n’aurait jamais imaginé qu’il soit capable de quelque chose de cet ordre-là. « Je suis désolé Maggie. Je suis tellement désolé. » Elle le savait. Il le lui avait déjà dit. Il n’avait pas à le répéter. Elle le savait. Et elle voulait qu’il arrête de s’excuser. Parce que ça ne changeait rien. Ça ne changeait rien qu’il soit désolé. Parce qu’il était normal qu’il soit désolé. Parce qu’il avait eu une relation extra-conjugal. Tout ça alors qu’il aurait pu en parler depuis le début. Et il l’avait fait culpabiliser. Il lui avait fait croire que c’était de sa faute à elle. Alors qu’il n’avait eu qu’à lui parler avant. Alors qu’il soit désolé ne changeait rien. « Ca ne change rien au faite que tu es ma fille, et que je t’aime… Ca n’a jamais rien changé au faite que je t’aimais. » Elle ne savait pas quoi dire. Elle n’avait pas les mots. Et elle se sentait déjà suffoquer un peu. Elle sentait déjà son cœur se serrait dans sa poitrine, être douloureux. Et il fallait qu’elle parle. Il fallait qu’elle dise quelque chose. Mais elle ne savait pas quoi.   « Je suis désolé, pardonne moi. » Elle resta la tête basse, parce qu’elle ne pouvait rien dire. Parce qu’elle avait déjà parlé. Parce qu’elle avait réussi à parler. Et qu’elle ne pouvait pas faire mieux que ça. Qu’elle n’avait pas trouvé mieux que ça. « Pardonne lui, il n’y est pour rien, il a toujours voulu que je le dises. » Elle secoua un peu la tête, parce qu’elle s’en moquait de lui. Elle ne le connaissait même pas, cet amant. Et puis … Il avait toujours voulu qu’elle soit au courant. Grand bien lui fasse. Mais il était celui qui avait séduit son père. Séduit un homme marié. Celui qui l’avait rendu infidèle. Alors qu’elle le connaisse ou pas, elle ne voyait pas comment lui pardonner. Parce qu’elle le détestait. « Noah » dit-il dans un murmure, si bien qu’elle se demanda un instant si elle avait bien entendu. « Je suis désolé. » Elle ouvrit la bouche, avant de la refermer. Son regard se posa sur le masque du Phantom, accroché au-dessus de son bureau, avant de se reporter sur son père. Puis il fit l’aller retour à quelques reprises encore, le temps que l’information remonte à son cerveau. « Noah Valdivieso ?» La précision qu’elle lui demandait était idiote. Elle lui semblait être idiote. Parce qu’elle ne connaissait qu’un Noah. Et parce qu’elle n’avait pas l’impression que son père connaisse un autre Noah. Elle sentit ses doigts se refermer un peu plus sur le dessus de lit, et ses phalanges blanchirent comme elle serrait des poings. Et sa mâchoire se serra aussi. Et elle eut du mal à respirer. Parce que respirer était douloureux. Ou alors c’était ses mains qui étaient douloureuses. Ou bien sa mâchoire. Elle n’en savait rien. Elle ne se sentait jamais ainsi. Ou très rarement. Mais elle savait que c’était de la colère. Même si elle n’en avait pas l’habitude. Elle était en colère. Et elle était déçue. Et elle se sentait encore un peu plus trahie. Et ses doigts se mirent à trembler un peu, comme elle lâchait le dessus de lit. « Tu veux dire que … » Elle laissa sa phrase en suspens, comme ses yeux se reposaient sur ce masque à nouveau. Ce masque qu’elle avait eu l’intention d’emmener avec elle, à Oxford. Ce masque qui la … Ce masque qui la dégoûtait, en cet instant. Et le simple fait de regarder ce masque lui était presqu’insupportable. « Je t’ai parlé de lui … Pleins de fois …  » Ses lèvres tremblèrent. Et les larmes revinrent sillonner ses joues. « Je ne compte même plus … les fois … où je t’ai parlé de lui … » Sa respiration était sifflante. Elle angoissait. Elle se sentait mal. Elle avait envie de vomir, aussi. Parce que les sentiments se mélangeaient en elle et que c’était douloureux. « Et pas une fois … Pas une fois tu t’es dit que … » Elle se força à inspirer. Elle se força à laisser l’air pénétrer dans ses poumons. Même si ça la brûlait. « Tu as eu … tellement d’occasions … pour m’en parler. Parce que je parlais tout le temps de lui. Et tu … tu … faisais comme si tu ne le connaissais pas … ou presque. Comme si tu le connaissais pas si bien que ça … Alors que tu … alors que pendant tout ce temps tu … » balbutia-t-elle, sa voix montant dans les aigus, tellement peu maitrisée. En d’autres circonstances, elle aurait probablement eu honte. Honte de s’énerver, parce qu’elle n’avait pas été éduquée comme ça. Honte de sa voix si peu maitrisée, aussi, parce qu’elle parlait quand même à l’un des plus grand chefs d’orchestre de Londres. Mais les circonstances étaient là, et cette pensée ne lui traversa même pas l’esprit. « Me protéger ? Me protéger hein ? Pour me protéger ? » Elle tremblait. Tout son corps tremblait. Parce qu’elle criait. Parce qu’elle ne criait jamais. Parce que cela ne lui arrivait jamais. Alors elle se leva, chancelant, titubant presque. Ses pieds se prirent dans le tapis et elle faillit tomber, mais elle s’en moquait. Elle ne le réalisait même pas. « Me protéger en me mentant, pendant quatre ans ! En me … me regardant dans les yeux, et en me mentant ! J’ai l’air heureuse, là ? J’ai l’air heureuse à ton avis ?! » Elle se sentait mal. Son cœur battait à tout rompre. Son coeur résonnait dans ses tympans, et elle le sentait battre tellement vite dans ses tempes, que cela l’étourdissait. Il fallait qu’elle parte. Il fallait qu’elle s’en aille. Il fallait qu’elle se calme. Il fallait qu’elle se sente mieux. Et la seule personne à qui elle pensa, en cet instant, fut Jesse. Il fallait qu’elle voit Jesse. Il fallait qu’elle le voit, et alors elle serait de nouveau sur un petit nuage. Oui, il fallait qu’elle fasse ça. Et pourtant, elle était incapable de bouger. Tout son corps était figé, comme frigorifié. Alors qu’elle n’avait pas froid. Non, elle avait chaud. Et son regard floue par les larmes était planté sur ce masque. Ce masque qu’elle avait envie de balancer par la fenêtre, pour ne plus jamais avoir à le voir.
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MessageSujet: Re: Speak the truth + Maggie   Sam 23 Jan - 22:35


Raphael se décomposait lentement. Jamais il n’avait réussit à imaginer la version tout en paillette et arc-en-ciel, mais ce qui se passait sous ces yeux était encore pire que ce qu’il avait imaginé. Peut être parce que dans sa tête, il disait, tout, d’un coup, était compris, et recevait la réaction. C’était un jeu en un match. Il faisait son service, il se prenait un revers, et il était probablement K.O. C’était violent, mais rapide. C’était un pansement qu’on enlève brutalement pour éviter de trop faire souffrir. Mais non, Maggie ne comprenait pas, et le match s’éternisait. Le match s’éternisait et à chaque lancée la réaction devenait pire. C’était un cauchemar, qui rencontrait un autre cauchemar, qui ne se finissait jamais. Ou plutôt si, Raphael le sentait, ça allait bientôt finir. Et quand bien même tout ceci était une torture, il n’était pas sur de vouloir que ça s’arrête. Parce que plus les minutes passaient, plus il était persuadé que c’était la dernière fois qu’il voyait Maggie pour un moment. Elle ne lui pardonnerait pas. Quelque part, il avait toujours su que ce qu’il avait fait n’était pas pardonnable. Il avait bêtement espéré. Il avait espéré parce qu’il en avait besoin. Il savait depuis longtemps qu’il n’y avait aucun espoir avec le reste de sa famille, ou avec Jane. Il avait appris, à ses dépends, qu’il n’y avait plus d’espoir pour Noah. Il avait eu besoin de croire qu’il y en aurait pour Maggie. Il savait qu’il ne pouvait pas se reposer sur elle. Ce n’était pas son rôle, mais plutôt l’inverse. Mais il avait eu besoin de croire qu’il ne serait pas seul. Maintenant il voyait qu’il avait trop rêvé, trop espéré, et qu’il n’obtiendrait rien de tout ça. Il aurait du s’en douter. Quelque part, il connaissait assez bien sa fille. Il y avait des choses qu’on ne pardonnait pas.

Il était donc partagé entre cette envie d’en finir et de ne plus allonger le carnage, et celui d’arrêter le moment pour ne jamais la voir partir. C’était absurde. Il savait qu’il ne pouvait pas la garder près de lui. Il savait aussi qu’il ne pouvait pas revenir en arrière. Il savait qu’il n’y avait plus rien à faire sinon la laisser partir. Mais il était incapable de s’y résoudre. C’était sa fille, il aurait du faire mieux. Il devrait faire mieux. Il avait beau savoir que l’adultère n’était pas quelque chose de pardonnable, il devait essayer de faire quelque chose. Il avait beau se douter que le faite que ça soit Noah empirait encore plus l’affaire, il devait faire quelque chose. Il n’avait pas le droit de simplement abandonner. Parce que c’était sa fille, parce qu’il avait un rôle à jouer auprès d’elle. Et que même s’il avait fait une erreur, cela ne changerait pas le faite qu’il était responsable d’elle, et qu’il avait un job à assumer auprès d’elle. Alors il devait tout faire pour sauver tout ce qu’ils avaient de relation. Il devait tout faire pour qu’un jour, elle soit capable de lui pardonner.

Il voyait là ou ça coinçait avec Noah. Il l’avait vu au moment ou Maggie avait développé cette admiration infini pour l’homme. Il avait vu à la première seconde que cela poserait un jour problème. Il n’avait rien pu faire. Parce que contrairement à ce que Maggie pouvait penser, ce n’était pas aussi simple. Elle voyait les choses avec les yeux d’une enfant de pas dix huit ans qui venaient tout juste de connaître sa première déception. Raphael ne comptait pas diminuer ce qu’elle ressentait, mais ce n’était pas si simple. Aujourd’hui elle ne pourrait pas comprendre, il ne s’attendait pas à ce qu’elle le fasse, à ce qu’elle lui pardonne. Mais ce n’était pas si simple, et un jour, elle devrait voir les nuances de gris. Parce que s’il avait envie de se rouler si pied sous terre et de se mettre à pleurer, il prenait aussi bizarrement conscience que ce n’était pas le rôle d’un père. Maggie n’était pas une amie, elle n’était pas sa femme non plus, elle était sa fille, et il ne pouvait pas s’abaisser si bas avec elle. La tristesse, elle pourrait déformer son visage plus tard, en attendant elle se contenterait d’attaquer son coeur, de nouer ses cordes vocales et de rendre sa respiration difficile. Il était son père, et aussi compliqué que cela puisse paraître, il devait agir comme tel. Parce qu’il comprenait la douleur de Maggie. Il la comprenait parce qu’il n’avait pas arrêter de l’imaginer. Mais elle se trompait. Parce qu’il n’avait pas été facile de rester silencieux pendant toutes ses années, d’autant plus à chaque fois qu’elle lui parlait de lui. Mais si elle était un tout petit peu raisonnable elle comprendrait bien qu’il était impossible de parler de ces choses là à sa fille de treize ans à l’époque. Cela n’avait pas été du sadisme. Il n’avait pas fait ça par envie. Il ne voulait pas se trouver des excuses, mais il était son père. Il avait un job, et il avait essayé de le faire au mieux. Elle ne s’en rendait peut être pas compte, mais il avait fait au mieux. Peut être que ça ne lui convenait pas. Mais il avait fait au mieux.

« Ca suffit Maggie. » souffla-t-il, en essayant d’y mettre de la force. Il cherchait à retrouver son autorité naturelle, celle là même qu’il utilisait en temps que chef d’orchestre. Il avait du mal, parce qu’à l’intérieur il se sentait pitoyablement vide. « Aujourd’hui tu as peut être l’impression que c’est la pire chose que t’arrive, et tu ne comprends pas, et je ne te demandes pas de comprendre tout de suite… Mais je suis toujours ton père. » il détestait ressortir cette carte là à ce moment. « Tu avais treize ans Maggie… Tu n’étais qu’une enfant. Et oui, je te protégeais. Je suis désolé de ne pas avoir pu te protéger de ça éternellement. Mais je n’ai voulu que te protéger… Et malgré tout, je trouve que j’ai fait un plutôt bon travail, parce que tu es une formidable jeune femme, et que tu as probablement un grand avenir devant toi. » il essayait d’être calme, de retenir ses larmes. « Et je t’ai peut être fait grandir dans un mensonge, et je m’excuserais peut être jamais assez d’avoir cru que te faire grandir dans un foyer unis peut être idéalisé, était mieux que de te faire grandir au fur à mesure que l’on se déchirait, mais tu n’étais qu’une enfant, et je ne suis qu’humain. » Et il faisait des erreurs, comme tout le monde. Et oui, c’était décevant, c’était douloureux, c’était peut être impossible à accepter aujourd’hui, mais il fallait bien un jour se rendre compte que ses parents n’étaient pas des dieux. « Et tu me disais d’être amoureuse de lui Maggie. Quel père aurais-je été si j’avais dis ‘non, moi d’abord.’ » Là il exagérait, mais l’idée était percutante. Il avait eu les poings liés dès le début. « Et cette histoire est surtout entre moi et ta mère… Et tu te sens surement trahis, mais c’est surtout à ta mère que j’ai menti. C’est envers ta mère que j’ai changé d’attitude. C’est à ta mère que je devais des explications depuis le début. » Il n’avait pas menti à Maggie. Il n’avait pas annulé des plans avec elle pour être avec Noah. Il ne lui avait pas dit qu’il ne le connaissait presque pas. Il avait dit qu’ils travaillaient ensemble. Il avait, avec Maggie, menti par omission. C’était surement un mensonge tout de même. Mais ce n’était pas la même chose. « Je comprends que tu sois déçu, je suis désolé, tu es toujours ma fille, et je ne te laisserais pas tomber même si tu ne veux plus de mon aide. » Voilà, c’était dit, maintenant sa gorge refuserait de prononcer un mot de plus pour les jours à venir sans aucun doute. Ses mains tremblaient furieusement, si bien qu’il avait du les cacher entre ses genoux. Sa poitrine se soulevait ératiquement, et quelque part il n’attendait que le départ de Maggie pour perdre la face et s’effondrer.
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MessageSujet: Re: Speak the truth + Maggie   Dim 24 Jan - 3:50



RAPHAEL & MARGARET
❝ Speak the truth ❞

Maggie n’avait pas le souvenir de s’être déjà mise en colère un jour. Elle avait déjà ressenti de la colère. Une fois, peut-être deux. La dernière fois, c’était lors de son bal de promo, lorsque cette perfide fille de sa classe avait « outé » – c’était apparemment le terme, de ce qu’elle avait compris – Nate pour l’humilier devant tous les élèves. Mais même là, elle n’avait pas crié. Non. Elle s’était contentée de soutenir Nate durant cette épreuve, avant de le laisser s’en aller. Alors elle n’était pas de celles qui criaient. Elle n’était pas de celles qui s’énervaient. Et pourtant, elle n’avait pas pu retenir ses mots, ses paroles. Parce qu’elle était tellement en colère, tellement déçue, se sentait tellement trahie que … Que cela avait été plus fort qu’elle, au point qu’elle n’en ressentit même pas une pointe de culpabilité. « Ca suffit Maggie. » Elle sursauta, sa mâchoire se serrant à nouveau. Parce que, non, cela ne suffisait pas. Non. Elle sentait son cœur tambouriner dans sa poitrine, et elle eut bien du mal à respirer. Parce que cela ne suffisait pas. « Aujourd’hui tu as peut être l’impression que c’est la pire chose que t’arrive, et tu ne comprends pas, et je ne te demandes pas de comprendre tout de suite… Mais je suis toujours ton père. » Non, ce n’était pas juste. Il n’avait pas le droit de retourner la situation. Elle n’avait rien fait, elle. Elle n’était responsable de rien. Et elle avait le droit d’être en colère. Elle n’aimait pas ce sentiment, mais elle aviat le droit de le ressentir quand même. « Tu avais treize ans Maggie… Tu n’étais qu’une enfant. Et oui, je te protégeais. Je suis désolé de ne pas avoir pu te protéger de ça éternellement. Mais je n’ai voulu que te protéger… Et malgré tout, je trouve que j’ai fait un plutôt bon travail, parce que tu es une formidable jeune femme, et que tu as probablement un grand avenir devant toi. » Sa mâchoire restait toujours fermement serrée, au point d’en ressentir une petite douleur. Parce que cela ne fonctionnait pas. Parce qu’elle se sentait plus en colère encore. « Et je t’ai peut être fait grandir dans un mensonge, et je m’excuserais peut être jamais assez d’avoir cru que te faire grandir dans un foyer unis peut être idéalisé, était mieux que de te faire grandir au fur à mesure que l’on se déchirait, mais tu n’étais qu’une enfant, et je ne suis qu’humain. » Foyer uni et idéalisé ? Alors que ses parents s’adressaient à peine la parole depuis des années ? Que croyait-il ? Qu’elle n’avait pas remarqué qu’ils ne se regardaient plus, ou presque ? Qu’ils ne se retrouvaient que très rarement ensemble dans la même pièce ? « Et tu me disais d’être amoureuse de lui Maggie. Quel père aurais-je été si j’avais dis ‘non, moi d’abord.’ » Elle ouvrit la bouche, s’apprêtant à le couper. A lui dire d’arrêter de parler. Parce que c’était pire encore. Parce que, justement, il aurait dû le lui dire à ce moment-là. Au moment où elle lui avait dit être amoureuse de lui, il aurait dû le lui expliquer. « Et cette histoire est surtout entre moi et ta mère… Et tu te sens surement trahis, mais c’est surtout à ta mère que j’ai menti. C’est envers ta mère que j’ai changé d’attitude. C’est à ta mère que je devais des explications depuis le début. » Sa mâchoire était toujours affreusement serrée. Son cœur battait toujours autant. Mais les larmes avaient arrêté de couler. Parce qu’il n’y avait même plus de tristesse. Il n’y avait plus que cette colère sourde, qui ne voulait pas la lâcher, maintenant qu’elle avait fait son nid. « Je comprends que tu sois déçu, je suis désolé, tu es toujours ma fille, et je ne te laisserais pas tomber même si tu ne veux plus de mon aide. » Elle se força à respirer. Elle se força à inspirer, puis à expirer. Parce qu’elle en avait du mal. Parce que le son de son cœur tapant dans ses tempes l’étourdissait. Parce qu’elle pensait qu’elle ne voulait pas être sa fille. Qu’elle pensait qu’elle ne voulait qu’il soit son père. Qu’elle ne voulait pas avoir un père comme lui, capable de regarder sa fille dans les yeux et de lui mentir. Même si ce n’était pas un mensonge franc, même si c’était par omission, c’était un mensonge quand même. Elle ne voulait pas d’un père qui faisait souffrir sa mère, au lieu de juste dire la vérité. Un père hypocrite, qui lui avait appris à dire la vérité justement. Qui lui avait appris que le mensonge, c’était mal. Elle ne voulait pas d’un père comme lui. Et toute cette colère résonnait en elle, elle continuait, encore plus, encore plus fort. « Je te déteste ! » cria-t-elle avec une telle force que cela eut le mérite de faireinstantanément rentrer de l’air dans ses poumons. Et peut-être que son cerveau avait été mal oxygéné, et que maintenant qu’il l’était, elle réalisait. Elle porta sa main sur sa bouche, comme si par ce geste elle pouvait effacer les mots qu’elle avait dit, et la violence qu’ils comportaient. Et les larmes se remirent à couler. « Je … Je … » Et voilà, les sanglots avaient pris le dessus, et elle n’arrivait plus à parler. En même temps, tout ce qui était sorti de sa bouche ces dernières minutes n’avait été que perfide et blessant. Alors peut-être valait-il mieux qu’elle arrête de parler. Qu’elle se remette dans sa bulle. Mais elle pleurait. Parce que les mots avaient dépassé sa pensée. Parce qu’ils étaient sortis sans lui demander sa permission. « Je suis désolée … Je voulais pas dire ça … » Ses lèvres tremblaient, et elle n’osait pas le regarder. Parce qu’elle regrettait ses mots. Parce qu’elle les avait regrettés à l’instant où ils étaient sortis. Parce qu’ils étaient faux. « Je ne te déteste pas … » reprit-elle, se contredisant. Parce que c’était la vérité. Parce que, malgré tout, elle ne le détestait pas. Et qu’elle avait laissé les mots lui échapper sous le coup de la colère, sans le penser. « Je suis désolée … » répéta-t-elle dans un sanglot, serrant des poings pour arrêter les tremblements de ses doigts. « Je vais y aller … Je vais sortir … Je … » Oui. Jesse. Elle allait rejoindre Jesse. Jesse la consolerait. Il la ferait se sentir bien. Se sentir mieux. Et elle se concentrerait sur lui. Sur rien d’autre que lui. Et tout irait mieux. « Je suis désolée. » s’excusa-t-elle de nouveau, dans un souffle.
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MessageSujet: Re: Speak the truth + Maggie   Dim 24 Jan - 16:33

« Je te déteste ! » Les mots vrillèrent à ses oreilles, lui firent l’effet d’une claque. Il releva la tête, la mâchoire serrée, l’estomac noué, et les yeux vides. « Je te déteste ! » Il ne l’avait pas vu venir celui là, il aurait pourtant du s’en douter. Il les enchaînait ces derniers temps. « Je te déteste ! » Son regard était penché sur sa fille sans vraiment la regarder. Il était là sans vraiment l’être. Il entendait dans sa tête les mots en boucle. Il les sentait, comme si c’était la seule chose qui importait. Il tenait à comprendre la gravité de la situation. Il tenait à sentir jusqu’au fond de ses tripes tout ce qu’il avait fait de terrible. Il savait qu’il l’avait cherché, bien sûr. Il avait détruit tout ce à quoi Maggie tenait. Il avait fait, en quelques secondes, en quelques phrases, de sa vie un long mensonge. Bien sûr qu’elle ne lui pardonnerait pas. Bien sûr qu’elle le détestait. Pourtant, entendre ces mots criés sur lui, lui donnait à nouveau l’impression de se noyer. C’est qu’il y avait surement aussi l’impact dramatique de la scène. Comme Noah, Maggie savait visiblement s’y prendre pour rendre ses mots plus forts et plus violent. Elle aurait pu le dire n’importe quand, sur n’importe quel autre ton. Mais elle l’avait crié, justement lorsque Raphael avait eu un regain d’esprit paternel. Son « Je te déteste ! » c’était une déclaration de sécession. Si elle le pouvait, sans doute qu’elle ne voulait plus être sa fille. C’était ironique de penser que c’était ainsi que cela se passait, alors qu’à dix sept ans Raphael aurait donné tout ce qu’il pouvait pour ne pas être son père. Peut être était-ce un simple retour de bâton pour sa bêtise d’adolescent. Peut être était-ce seulement le résultat évident de son erreur. Peut être qu’il avait eu tord depuis le début. Peut être que tout était effectivement noir et blanc et que le mensonge n’appartenait pas à cette zone de gris qui pouvait être pardonnée. La lâcheté avait surement un prix, un « je te déteste ! » bien placé.

A cette phrase, Raphael s’était figé, comprenant subitement qu’il n’y avait plus rien à dire ou à faire. Peut être qu’il n’y avait même pas de retour en arrière. Comme pour tout le reste, il avait trop attendu, il avait laissé la situation se cristalliser et rien d’autre, sinon la haine, ne pouvait en ressortir. Il voulait encore pouvoir se dire qu’il exagérait, que c’était le pessimisme qui parlait, mais il les avait entendu les mots. Il les avait entendu, et il les entendrait encore, en boucle, jusqu’à devenir complètement fou. Il sentit la détresse se noyer un peu plus profondément lorsqu’il entendit sa fille pleurer. Peut être qu’elle avait raison, peut être que plus jeune elle l’aurait moins mal vécu. Elle aurait peut être tout entendu avec l’oreille idéaliste d’une gamine qui voit une belle histoire d’amour. Aujourd’hui, tout ce qu’elle entendait, c’était une belle trahison. Peut être que Raphael avait vécu à côté de la plaque pendant des années, et que tout n’avait été qu’une vaste erreur.

Il l’entendit s’excuser, et son coeur se serra un peu plus, se comprimant jusqu’à causer une douleur impossible à décrire. Il voulait l’atteindre et faire quelque chose. Mais il n’y avait rien à faire. C’était lui la cause. C’était lui qui la faisait crier. C’était lui qui la faisait pleurer. Alors il resta immobile, désemparé et incapable de réagir à la détresse de sa fille. Une détresse qu’il causait et qu’il empirait à chaque fois qu’il ouvrait la bouche ou presque. Il avait échoué, sur toute la ligne. Il savait bien que ce n’était pas le moment de faire un bilan de sa vie. Mais il y avait une amère sensation d’échec au fond de sa gorge, au bout de ses doigts. Il avait échoué comme mari, comme homme, personne, père. Il n’était guère plus qu’un musicien, cela semblait être la seule chose pour laquelle il demeurait quelqu’un de correct. Il voyait les larmes baigner le visage de sa fille, et il sentait son coeur se noyer sous elles. Il voulu tendre la main mais se rendit compte qu’au de ses muscles de répondait à sa volonté. A moins que ça ne soit sa volonté qui, trop en conflit, devenait défaillante. C’était comme tout, il se paralysait de douleur et de peur et il ne faisait plus rien. Il entendait sa fille s’excuser, sans trop savoir pourquoi elle le faisait. Elle l’entendait reprendre des mots qu’il avait pourtant sentit vrillé en lui. Et il ne savait plus quoi penser. Est-ce qu’il devait s’accrocher à l’espoir qu’elle cherchait à lui donner. Un espoir asphyxié par le désespoir, mais un espoir quand même. Ou alors ne devait-il croire que l’impulsivité de ses premiers mots, comme il avait cru celle de Noah ? Il n’avait probablement le courage d’espérer actuellement. La moindre petite étincelle d’énergie étant utiliser pour essayer de trouver le moyen approprié de réagir à la détresse de sa fille. Si seulement il existait un moyen approprié en tout cas.

Il ferma les yeux le temps d’une minute, jouant dans sa tête l’une des mélodies qu’il connaissait par coeur et qu’il avait l’habitude de jouer. Il cherchait à se calmer et à agir de manière rationnelle. Il savait qu’il en avait beaucoup manqué. Il avait enchaîné les actes absurdes, les empirant par d’autres actes absurdes pour essayer de réparer les anciens. Sa vie était devenue une blague pitoyable. Il s’étrangla et siffla dans des sons trop aigus « Maggie… » son ton était suppliant, ou en tout cas c’était la seule chose que l’on entendait à travers ses sons étouffés. « C’est à moi d’être désolé… » il souffla, même pas sur qu’elle puisse encore l’entendre, qu’elle veuille encore l’entendre. « Je suis tellement désolé… je ferais n’importe quoi pour que tu puisses me pardonner. » Si seulement elle avait envie de le faire. Parce que si c’était comme avec Noah, il était juste trop tard. Il avait juste échoué. Echoué. C’était presque drôle à quel point l’échec pouvait être amère. « S'il te plait... »
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MessageSujet: Re: Speak the truth + Maggie   Mar 2 Fév - 19:53



RAPHAEL & MARGARET
❝ Speak the truth ❞

Maggie ne se sentait pas bien. Tous ses membres tremblaient. L’air rentrait péniblement dans ses poumons. Et sans compter les larmes de tristesse et de déception qui coulaient sur ses joues, elle culpabilisait. Elle se sentait mal, parce qu’en plus d’avoir menti à son père, elle l’avait blessé. Elle n’aurait jamais dû lui dire qu’elle le détestait. Parce que bien entendu que c’était faux. Bien entendu qu’elle l’aimait, et qu’elle l’aimerait toujours. Il était son père, après tout. Mais cela l’avait tellement énervée qu’il ne la laisse même pas être en colère. Parce qu’elle avait le droit d’être en colère. Elle avait le droit de crier. Elle était triste, elle était déçue, elle se sentait trahie. Et son père ne lui laissait même pas l’opportunité de ressentir tous ces sentiments suite à sa révélation. Non, il lui rappelait son statut de père, lui rappelait qu’elle n’avait pas le droit de lui parler sur ce ton. Et la colère avait été si forte, si sourde, que les mots lui avaient échappés. Alors, certes, elle ne le pensait pas. Mais le mal était fait. Elle avait bien vu la réaction de son père, suite à ses mots. Et elle l’avait blessé, par ce vil mensonge. Même ses excuses n’y avaient rien changé. Elle ne se sentait pas mieux. Elle se sentait pire encore. Et il fallait qu’elle s’en aille. Il fallait qu’elle quitte cette maison, sa chambre, et qu’elle aille prendre l’air. Elle irait probablement voir Jesse. Parce que son petit-ami la prendrait dans ses bras et la consolerait. Et elle irait mieux. Oui, c’était un bon programme. Un très bon programme. Pourtant, elle n’arrivait pas à bouger. Même après lui avoir dit qu’elle devait y aller. C’était comme si ses jambes ne fonctionnaient plus. Comme si elle n’arrivait plus à les contrôler. Elle se sentait comme gelée, incapable de bouger. Même si elle était toute rouge et qu’elle avait chaud. Trop chaud. Elle étouffait. Il fallait qu’elle s’en aille. « Maggie… » supplia-t-il presque. Mais elle ne le regarda pas. Parce que ses yeux étaient trop flous, et qu’elle ne savait pas quoi dire ou quoi faire. Parce qu’elle avait envie de se remettre dans sa bulle, et tout oublier. Et qu’elle ne pourrait pas faire cela si elle le regardait, ou si elle lui parlait. « C’est à moi d’être désolé… » Oui, aussi, certes. Mais lui c’était pour des actes. Elle c’était pour des mots. Parfois, les mots étaient plus blessants que des actes. Et même si elle lui en voulait, elle continuait de ressentir cette culpabilité qui lui pressait un peu plus le cœur. « Je suis tellement désolé… je ferais n’importe quoi pour que tu puisses me pardonner. » Pardonner. Pardonner ? Elle ne savait pas vraiment comment c’était possible, de pardonner quelque chose comme cela. Parce qu’il avait passé des années à mentir, à leur mentir, à lui mentir. Parce qu’il avait été infidèle à sa mère, et qu’il n’y avait probablement pas pire acte dans un mariage. L’infidélité et le mensonge. Deux choses qu’on lui avait appris à ne jamais pardonner. A ne jamais faire. « S'il te plait... » Elle osa un peu le regarder, mais rebaissa rapidement ses yeux humides vers le sol. Parce qu’elle ne savait même pas de quoi il était désolé. De ses actes ? Ou de le lui avoir avoué ? Et qu’elle ne voulait pas le savoir, finalement. Parce qu’elle avait été déçue, et qu’elle ne voulait pas l’être encore plus qu’elle ne l’était déjà. Il fallait qu’elle parte. Il fallait qu’elle reprenne le contrôle de ses jambes, et qu’elle parte. Oui, il le fallait. « Je vais y aller … » souffla-t-elle, sans oser le regarder de nouveau. Parce qu’il y avait bien trop de sentiments qui se mélangeaient en elle, et qu’elle se sentait étouffer un peu plus. Rapidement, trop rapidement probablement puisqu’elle vacilla, elle le rejoignit pour déposer tout de même un baiser sur sa joue. Parce qu’il était son père. Et qu’elle était désolée elle aussi. Puis elle attrapa son sac et quitta la pièce, sans un mot. Elle descendit le grand escalier, tachant de garder l’équilibre. Et lorsqu’elle croisa sa mère dans l’entrée, elle ne put retenir d’autres larmes de couler. De la même façon, elle déposa ses lèvres sur sa joue, mais incapable de dire quoique ce soit, elle se contenta de lui faire un signe de la main. Puis elle quitta la maison. Et elle put enfin laisser l’air remplir convenablement ses poumons.


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❝ to be continued ... ❞
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