Come as you are ◊ Libre

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MessageSujet: Come as you are ◊ Libre   Jeu 19 Nov - 18:37

La voix dans les hauts parleurs annonça ce que tout le monde était en train de redouter mentalement : le trafic était actuellement perturbée sur la ligne de métro qu’elle était en train d’emprunter pour rejoindre son rendez vous avec un client. Comble du comble, impossible sous terre d’avoir du réseau, par conséquent, impossible aussi de pouvoir le prévenir de son éventuel retard. Par ailleurs, elle n’arrêtait pas de jeter des regards anxieux à sa montre, ce qui ne permettait en rien d’accélérer les choses, mais elle ne voyait pas comment faire autrement. Après s’être contenue durant plusieurs minutes, elle finit par lâcher plusieurs soupir sonores, afin d’exprimer son exaspération. En effet, le métro n’arrêtait pas de marquer de longs arrêts à chaque station, quand ce n’était pas pour s’arrêter en plein milieu de la voie. Par chance, elle avait réussi à dégoter une place assise, car la rame était particulièrement pleine, à cette heure de la journée. Elle n’avait rien, pas même un libre pour occuper son temps perdu. Sa seule occupation résidait à observer les autres personnes tout autour d’elle, qui eux aussi était en train de prendre leur mal en patience.

Elle ne l’avait pas remarqué tout de suite, mais ses pommettes rosies l’avaient assez interpellé pour qu’elle repasse plusieurs fois son regard, sur une jeune femme, adossée tant bien que mal sur un strapontin. Lui traversa alors à l’esprit que… Non, c’était idiot, elle ne pouvait pas être en train de pleurer, c’était une situation qui lui paraissait tant improbable dans ce contexte, qu’elle la chassa bien vite de son esprit. Pourtant, elle ne put s’empêcher de l’observer attentivement de nouveau en espérant ne pas se faire remarquer, ce qui n’était en soit, pas très compliqué, puisque il y avait la silhouette d’un homme, juste devant, qui la cachait aux trois quarts. A ces yeux fuyants, mais brillants, pas de doutes, quelle que soit l’ampleur, cette personne avait bel et bien un chagrin. Au milieu de cette foule désintéressée, car il semblait à Tam qu’elle était bien la seule à avoir constaté ce fait, elle se sentit soudain mal à l’aise, comme une voyeuse, observant à au petit trou de la porte, des secrets qu’on voulait lui cacher. C’était soudain comme être spectatrice de l’intimité de cette femme, mise à nue, tandis que paradoxalement, aucun inconnu dans la rame se semblait se soucier, outre mesure.

Le métro s’ébranla de nouveau, et pas mal de monde libéra l’espace, lorsqu’il arriva à la station suivante. Désormais elle était dans le champ direct de Tamara. Elle s’efforça un moment de l’ignorer à son tour, par respect, ce qui l’a positionna en vérité dans un état bien plus inconfortable, car elle faisait désormais comme le reste des gens encore présents ici. Rien ne disait qu’elle était la seule à avoir remarqué la vulnérabilité de cette fille, ce qui la poussa à agir. Elle abandonna son siège, qui ne manqua pas d’être réquisitionné de nouveau, et slaloma entre une poussette pour gagner le strapontin jumeau, et le faire basculer pour s’asseoir à ses côtés, comme la malheureuse l’avait fait juste avant. Elle n’était guère plus avancée, ne sachant comment se comporter, pourtant, en ouvrant la bouche, elle n’hésita pas, et son instinct lui dit exactement quoi faire.

- Prenez un autre mouchoir, conseilla t-elle avec un sourire doux, et se faisant, elle fouilla dans son sac, pour lui tendre un paquet de mouchoirs en papier. Elle tomba en même temps sur une friandise qu’elle avait emmené un peu plu tôt avec elle. Elle ouvrit le plastique qui l’enrobait, garda une barre pour elle, pour signifier le partage, et lui proposa l’autre. Je ne connais pas un Kinder Bueno qui ne puisse pas consoler un chagrin, affirma t-elle, utilisant l’humour pour tenter de lui redonner le sourire. Le réconfort pouvait parfois passer par de petites choses.
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MessageSujet: Re: Come as you are ◊ Libre   Lun 30 Nov - 14:54

Jaimee venait tout juste de raccrocher d’avec sa mère. Cette dernière, la voix tremblante, mais surtout le ton mal assuré, venait de l’informait de la perte tragique de son chat. Cette petite boule de poil qui l’avait accompagné des années entières et qui éveillait en elle, ce petit regain de nostalgie qui veillait toujours à lui redonner le sourire. Autant dire que même si elles s’y étaient attendues, il n’en restait pas moins que la douleur et la peine étaient belles et biens présentes dans leurs cœurs. Bien entendu, l’infirmière avait veillé à ne pas laisser entendre son chagrin naissant dans son débit de parole. Elle avait pris le soin de peser chaque mot, mais surtout de marquer des pauses bien conséquentes à presque chaque phrase, pour laisser l’air ainsi s’engouffrer à nouveau dans ses poumons. Et puis de toute les manières, elle savait qu’elles pouvaient compter l’une sur l’autre et ce même si la jeune fille ne résidait plus dans cette ancienne maison. C’est donc le cœur lourd et après quelques mots, qui se voulaient rassurants que toutes les deux finirent par couper cette conversation. Un sourire triste s’affichait déjà sur les lèvres de la jeune infirmière alors que son regard se perdait sur la photo d’écran de son téléphone. Il s’agissait de son chat… Ce chat qui n’était plus, mais qui avait toujours été d’un grand soutien pour elle. Un soupir tenta d’éradiquer toutes formes de pression dans ses poumons. En vain… Tant la peine restait bien présente. Néanmoins, elle ne pouvait se permettre de rester ainsi. Il fallait qu’elle se reprenne car elle devait rejoindre l’hôpital pour son nouveau service. Ni une ni deux, elle engouffra son téléphone dans son sac et entreprit de prendre ce dernier pour s’engouffrer dans unes des stations proches de son domicile. La rame qu’elle venait de prendre semblait être saturée. Les gens étaient bien installés, les uns sur les autres et il fallait faire attention à ne pas se faire piétiner. Heureusement le bon sens anglican et la politesse veillait à ce que tous soient pleinement respectés.

Combien de temps est ce que cela faisait à présent ? Jaimee n’avait pas d’idée précise de cela, mais une chose était certaine : elle serait en retard pour sa reprise de service. Néanmoins, elle pouvait se rassurer sur le fait qu’elle n’était pas seule dans ce cas, puisque le trafic entier était enclin à connaître des perturbations plus ou moins denses. Prenant son mal en patience, la jeune fille trouva rapidement une place assise ou s’installer. Et allez savoir si cela était dû au calme, ou plutôt au fait qu’elle savait qu’elle ne pouvait rien faire, mais ses pensées retournèrent instinctivement vers la nouvelle qu’elle avait apprise avant de partir de chez elle. Son visage se décomposa petit à petit, alors que ses pensées se portaient vers cet être si cher à son cœur. La peine lui revenait en plein visage, favorisée par la lourdeur qui pesait dans l’atmosphère de cet espace confiné. Jaimee chercha dans son sac de quoi se changer les esprits, mais malheureusement la première chose qu’elle y trouva lui rappela son chagrin. En effet, elle venait tout juste de saisir son téléphone et comme hantée par ce fantôme, la jeune fille ne pouvait détacher son regard de cette photo d’écran. Elle avait l’impression de l’entendre miauler, ou même ronronner, comme si il venait lui quémander des caresses. Et petit à petit, alors qu’elle ne s’y attendait pas, quelques larmes parvinrent à perler le long de ses joues. C’était idiot, elle le savait, mais elle ne parvenait pas à les contrôler et quelque part, cela l’apaisait un peu.

Ces larmes n’en devinrent que plus virulentes encore à mesure qu’elle se rendait compte que la douleur de cette perte l’affectait vraiment. Peut être même que cela renfermait autre chose ? Elle n’avait pas envie de se poser des questions, parce qu’il fallait juste qu’elle se reprenne, mais elle n’y arrivait pas. Les gens autour d’elle la regardait avec des yeux qui se voulaient soient inquisiteurs soient compatissants, mais ces regards ne l’aidaient pas du tout à se calmer bien au contraire. Vivement que le trafic reprenne et qu’elle puisse enfin sortir de ce piège… Jaimee baissait de plus en plus sa tête, mais plus ses yeux se confrontaient à l’image de son chat et plus les spasmes reprenaient de plus belle. Non, cela ne pouvait pas être que cette excuse là, il y avait forcément autre chose, mais quoi ? Cherchant à cacher son téléphone à nouveau dans son sac, la jeune fille balaya une première fois les larmes de devant ses yeux alors que le son du strapontin à ses côtés lui indiquait que quelqu’un prenait place. Qu’est ce que cette pauvre personne allait penser ? Chassant encore une fois avec son autre revers de mains son chagrin, la jeune fille fut surprise en entendant une parole qui s’adressait à elle. Ses yeux se détournèrent de ce sol caoutchouteux pour essayer de trouver une vision plus normale en direction de cette jeune fille qui lui tendait amicalement un mouchoir. « Merci. » répondit-elle avec ce même ton incertain qui l’habitait depuis un petit moment à présent, tout en prenant le paquet de mouchoirs. Bien sûr, elle n’hésita pas bien longtemps avant de se servir et d’essuyer l’ensemble de son visage à l’aide de ce morceau de tissu. Elle comprenait son geste et sa gentillesse la touchait véritablement. Mais alors qu’elle pensait que ce dernier serait unique, la surprise la gagna de plus belle alors que le mouvement continuait à ses côtés et lui indiquait le partage d’une barre de gourmandises. Jaimee ne savait pas comment réagir, prise entre un sourire qui se voulait sincère et des larmes qui s’échappaient encore de son chagrin à vif. « Vous êtes adorables. C’est vraiment très gentil, merci. » Se saisissant de la barre du kinder bueno, Jaimee ne put s’empêcher de sourire un peu plus alors qu’elle veillait à calmer tout son trouble comme elle le pouvait. « Si je n’étais pas en train de pleurer, j’aurai été capable de vous répondre comme dans la pub. » Elle déposa cette barre sur ses jambes et se moucha doucement comme pour essayer de chasser toutes ses mauvaises pensées et ainsi se consacrer entièrement à cette jeune fille si gentille qui lui venait en aide. « Je vous assure d’habitude, je ne suis pas du tout comme ça. » C’était un peu son moyen à elle de parvenir à s’apaiser mais surtout à se conforter quant à l’idée qu’elle n’était pas non plus une pleurnicharde, ça en était même le contraire. « Vous voulez qu’on fasse moitié moitié ? Je m’en voudrai de gâcher votre goûter du jour. » Osant enfin regarder en direction de la jeune fille, Jaimee trouva sa vision beaucoup plus claire qu’auparavant et arriva à lui sourire d’une manière beaucoup gratifiante et sincère.

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MessageSujet: Re: Come as you are ◊ Libre   Mar 15 Déc - 15:45

Tamara n’était pas à la recherche de la gloire, en tout cas, pas sous cette forme. La réussite, évidemment, elle la voulait, mais dans son travail. Son geste, elle l’expliquait par de la spontanéité, mais aussi parce qu’elle aurait aimé qu’un individu lambda ait la même réaction qu’elle venait de l’avoir en pareilles circonstances. Un peu d’altruisme n’avait jamais tué personne, c’était de petites choses parfois anodines, mais qu’on ne prenait pas forcément le temps de faire. Elle la première. Prise dans un emploi du temps sans cesse surchargé, chaque seconde pouvait lui paraître précieuse, et c’était risque dans gâcher une. Il fallait croire que le destin avait choisi cette façon là de lui prouver que prendre son temps pouvait parfois se révéler être une bonne chose, et qu’il n’y avait pas que des points négatifs à cela. De toute façon, foutu pour foutu…

Bêtement, alors que sa nouvelle interlocutrice la remerciait, la jeune femme se mit à songer à Jared. Probablement aurait-elle dû avoir le même comportement, lorsqu’ils avaient pris la décision de se séparer… Une rupture, choisie ou non – et dans le cas de figure, c’était elle qui en avait été l’initiatrice – n’était jamais une partie de plaisir, et elle avait au final, passé suffisamment de temps avec lui pour finir par s’attacher à sa présence. Pas assez pour que leur couple subsiste, mais elle ne pouvait pas nier n’avoir eu aucun sentiment, à la perspective de laisser Jared derrière elle. Cela ne s’était pas fait avec l’habituelle crise de larmes, et au contraire… elle avait même été soulagée en un sens que cela cesse enfin. Et dire qu’elle avait mis des semaines pour sauter le pas, et mettre un terme à leur relation… Mais au moins, à présent, elle n’avait plus de comptes à lui rendre sans arrêt, elle n’avait pas à culpabiliser à chaque fois qu’elle sortait ses dernière douilles pour repousser un rendez vous amoureux… Elle ne finissait pas non plus par accepter une entrevue, pour faire bonne mesure, parce qu’il fallait que deux personnes ensemble se voient régulièrement. Elle pouvait dédier ses occupations entièrement à son travail désormais, sans devoir s’en vouloir, d’être quoi en plus ? Trop talentueuse ? Avoir envie d’évoluer et d’aller plus loin ? En aucun cas elle ne se voyait stagner au même stade pendant des années, et ce n’était pas en se reposant sur ses lauriers que les opportunités allaient lui retomber toutes cuites dans le bec, elle en avait conscience. Parfois à la limite du raisonnable, même, sans qu’elle puisse pour autant s’en rendre compte.

Elle ignorait tout du gros chagrin de la brune, dont les yeux brillaient encore un peu, malgré qu’elle ait séché ses larmes à l’aide des mouchoirs. Chaque chose venait en son temps, et en aucun cas, Tam n’avait envie de la bousculer. Elle poursuivit par une petite pique de plaisanterie, ce qui était plutôt bon signe. Cela voulait dire que cela lui avait changé les idées, au moins assez, pour lui faire décrocher un petit sourire.

- Publicité qui n’est absolument pas du meilleur goût, on est d’accord, releva Tam, avec un coup d’œil entendu. C’était un jingle détestable à son avis, sur lequel il ne fallait même pas s’arrêter, tant c’était de mauvais goût. Tellement mauvais, que ça finissait par marcher, mais pas dans le sens souhaité par les publicitaires, parce que la pub marquait les esprits, certes, mais donnait plus la sensation d’urticaire qu’autre chose. Face à sa remarque, elle haussa légèrement les épaules. Vous savez, chaque jour, c’est un peu comme la roulette russe, on ne sait jamais ce qui va se passer et qui risque de tout changer. Autant de philosophie ne lui ressemblait pas, mais être restée coincée dans le métro aussi longtemps lui avait donné largement assez de temps pour réfléchir. Bien au contraire, se connaissant, elle aurait été la première à retenir sa tristesse, plutôt que de se laisser aller, préférant garder cette apparence de roc qu’elle arborait au quotidien.

La preuve, les gens, et elle comprise, en avait tellement oublié ce que c’était que de se mettre à nue de cette manière, qu’ils ne savaient plus comment se comporter lorsqu’ils y étaient confrontés. Tam pris de bon cœur, sa portion chocolatée. Le silence s’installa quelques instants, le temps qu’elle croque un morceau.

- Vous avez de la chance, j’aurais pu être de ces personnes qui ont des galettes de riz dans mon sac, et c’est quand même vachement moins réconfortant ! Elle n’avait rien contre les galettes de riz, mais quand même, difficile d’égaler le Kinder Bueno. Enfin, j’espère que ce n’est pas trop grave, s’inquiéta t-elle, pour introduire subtilement le sujet. Après tout, elles étaient de parfaites étrangère l’une pour l’autre, et de cette façon, elle lui tendait la perche, tout en lui laissant la porte de sortie grande ouverte, si elle en avait envie. Peut être n’était-elle simplement pas prête à formuler des mots sur sa tristesse.


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