Adventure time ◊ Paloma

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MessageSujet: Adventure time ◊ Paloma   Lun 19 Oct - 19:57

Elles pénétrèrent toutes les deux dans la boutique de vêtements, pleine à craquer de monde, en ce samedi après midi. Il avait fallut un certain temps à Reese pour émerger, le matin de ce début de week-end, qui avait commencé aux alentours de midi. Elle était sortie de sa torpeur, d’abord à cause des bruits ambiants de la maison, éveillée depuis de nombreuses heures déjà. Elle avait pu entendre les bruits étouffés de la cuisine, sa mère préparant le déjeuner. Les effluves lui étaient ensuite revenues jusqu’à sa chambre, bien que la perspective d’un café bien fort soit plus plaisante, que celle des tomates farcies, qui devaient actuellement être en train de cuire dans le four. Lorsqu’elle avait réussi à ouvrir ses yeux encore collés par le sommeil plus de deux secondes, elle avait tâtonné sur la table de nuit, à la recherche de son téléphone portable. L’écran allumé lui avait agressé les pupilles, et elle avait dû cligner des yeux plusieurs fois, pour lire la proposition d’aller faire du shopping, avec sa pote Paige.

Si l’idée lui avait parut dans un premier temps enthousiasmante, Reese avait vite déchanté. Les magasins dans lesquels elles étaient entrées étaient bien trop chers, ou alors trop moches, quand parfois, ce n’était pas les deux. Génial. Et alors quand elle passait du côté des caisses, et qu’elle entendait l’hôtesse annoncer le prix à la cliente, qui était toujours exorbitant, elle ne savait pas qui détester le plus. Ceux qui vendaient leurs fringues dégueulasses à des prix tout aussi dégueu, ou alors ses connasses de clientes et leur rouge à lèvres Dior, qui pétaient plus haut que leur cul. Ouais, nan, c’était tous des cons de toute façon. Là où elles venaient de débarquer, ce n’était pas bien mieux. C’était une enseigne de prêt à porter pour tous les âges et toutes les porte monnaies, mais Reese avait beau observer chacune des étiquettes, soit c’était trop cher pour ce que c’était, soit c’était trop cher tout court. C’était pas avec le fric qu’elle avait volé dans le porte feuilles de sa mère juste avant de partir qu’elle allait se trouver une robe sympa ! Dans un soupir d’exaspération, elle poussa sans s’excuser l’adolescente qui était en train de s’extasier devant un top, qui, elle en était sûre, ne lui allait même pas. La gamine lui lança un regard noir, qu’elle ne pu voir, sans oser répliquer. La blonde était d’humeur tellement fracassante, que dans ce crêpage de chignons, la victoire était courue d’avance.

Elle avait perdue Paige des yeux, mais pas la motivation pour partir à sa recherche entre les manteaux et autres jeans. A la place, elle vagabonda entre les allées, sans rien chercher de particulier, jusqu’à ce que son attention soit retenue par une petite robe sympa à motifs, avec des boutons pour la fermer devant, dans un look un peu vintage. De l’index, elle fit glisser les contres sur le portant, pour trouver sa taille, la plaça à sa hauteur, pour pouvoir l’observer en pleine lumière. Sérieux, elle était vraiment trop canon cette robe ! Ok, bon, maintenant c’était le moment de consulter le prix… Elle arracha un grognement en insultant intérieurement la terre entière, avant de se dire que tant pis, elle pouvait au moins toujours l’essayer. Ce qui ne lui fit que confirmer, quelques minutes plus tard, qu’elle était trop canon là dedans ! Reese tourna, tourna et retourna dans la glace, pour admirer son reflet, parce qu’elle avait retrouver sourire. Trop belle ! Ok, alors il était hors de question qu’elle reparte sans cette robe. Et alors, payer cette somme pour un bout de tissu, c’était mort aussi. Entre temps, l’idée avait fait son petit bout de chemin dans sa tête, et elle avait commencé à replier et à fourrer les fringues qu’elle portait sur elle juste avant, dans son sac. Elle enfila sa veste en jean, qu’elle ajusta de nouveau, et dénoua sa queue de cheval, pour laisser retomber ses longues boucles sur ses épaules. Qu’ils aillent se faire foutre, c’était quand même pas sa faute si pour se fringuer de manière convenable, il fallait en venir à de telles alternatives. Elle avait eu la bonne initiatives de prendre pas mal de vêtements à essayer, pour laisser la vendeuse dans la confusion au moment de lui rendre ses essayages, et comme prévu, elle n’y vit que du feu – ajouter à cela qu’il y avait beaucoup trop de monde, pour qu’on s’attarde sur elle. Comme elle n’avait pas réussi à se débarrasser de la sécurité sur la robe, elle décida d’acheter une connerie en caisse, pour rendre son méfait plus authentique. Elle n’en était pas à son premier vol. Le secret, c’était l’assurance, et elle adressa un sourire polie à la caissière, avant de la saluer et de se rendre vers la sortie. Comme elle s’en doutait le vigile l’arrêta à la sortie, et c’est là qu’elle put commencer son petit manège d’insolence et de désinvolture, en levant les yeux au ciel, tandis qu’il vérifier son ticket de caisse, sans chercher à comprendre plus loin. Il finit par la libérer, ces conneries déconnaient tout le temps de toute façon. Elle eut une vague pensée pour Paige, elle était passée où celle là du coup ?! Elle n’eut pas vraiment le loisir de s’en inquiéter d’avantage.

- Hey mademoiselle ! On venait de la héler dans la rue, et Reese n’eut pas besoin de se retourner, pour reconnaître la voix du type de la sécurité. C’était maintenant qu’il fallait réfléchir, et vite !

La jeune femme arrêta son petit jeu, et bondit vers l’avant pour se mettre à courir à toute allure, sans vérifier si derrière elle, le mec s’était lancé à sa poursuite ou pas. Elle donna deux ou trois coups d’épaules, en allongeant ses foulées à chacune d’entre elles. Putain, elle n’avait vraiment pas envie de se faire gauler, merde !! Elle l’entendit gueuler une nouvelle fois, preuve qu’elle ne l’avait pas semer, et que si elle avait réussi à prendre un peu d’avance, ce n’était pas pour longtemps. Elle évita de justesse de trois passants sur le trottoir, sentant ses poumons se perforer, parce qu’elle essayer d’aller toujours plus vite, et cherchait sa respiration. Elle sauta d’un coup quatre marches d’un escalier qui la menait vers un petit square. Il n’y avait plus trente six mille solutions. Soit elle se planquait, ou alors… Il y avait une voiture garée à proximité, et elle pouvait deviner, dans sa course saccadée, une silhouette, positionner à l’arrière de son volant. Avec l’énergie de désespoir, elle fit les derniers mètres qui la séparaient de la portière passager, l’ouvrit à la volée, ce qui lui permit de jeter un regard en arrière. Bon sang, l’autre était toujours là !!! Elle referma la porte d’un coup sec, et dans un dernier souffle, s’exclama :

- Fonce !!!!!!! L’injonction lui avait brûler la gorge. Pas le temps de deviser. C’était une question de vie ou de mort !!!


Dernière édition par Reese Peters le Jeu 31 Mar - 21:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Adventure time ◊ Paloma   Mer 4 Nov - 15:07


J'attrapai mes clés de voiture sur le meuble près de l'entrée, avec des sentiments mitigés. L'objectif de la journée: se trouver une nouvelle robe. Une belle robe, élégante, qui convienne aux yeux de mon père, mais dans laquelle je me sente bien et toujours moi-même. Je n'avais jamais été une très grande fan de shopping, pourtant j'aimais bien m'acheter de nouvelles choses. Le plus souvent, je faisais juste un petit magasin par ci par là, au détour d'une balade. Aujourd'hui, c'était différent, il fallait que je me concentre sur un item et la perfectionniste en moi avait toujours du mal à trouver satisfaction dans les magasins (quelle idée aussi de se faire une idée précise et impossible de ce que l'on recherche avant même d'avoir commencé), sans compter que ne pas savoir si j'avais vraiment envie de faire ça n'allait pas m'aider à m'emballer pour un bout de tissu, même un très beau bout de tissu.

Ravalant ces pensées pessimistes, j'enfilais mon manteau et descendais les escaliers en me concentrant sur le positif de la journée: oublions les recherches désespérées, pensons au moment où j'enfilerai ma nouvelle robe tout juste achetée. Et puis au passage peut-être que je me ferais un petit plaisir moins nécessaire, contrairement au cliché tellement commun sur les femmes, je n'ai jamais été très chaussures, par contre j'ai toujours un petit faible pour les achats lingeries. Et les pauses cafés. Autre savoureux plaisir quand on doit faire une après-midi shopping.

Pour une fois, je décidai d'aller dans un quartier que je ne connaissais pas bien mais où il y avait plusieurs boutiques avec des retours fort sympathiques. Inconsciente du drame qui se tramait à quelques boutiques de là, je flânais donc dans les rayons en espérant qu'une robe accroche mon regard, mais à mon grand désarroi ce n'était pas le cas. Je passai devant un modèle dont la couleur me plaisait bien: un bleu marine profond, mais la forme ne me convenait vraiment pas. Je pensai un instant que de toute façon, même avec mes plus grands efforts, mon père n'aurait sûrement pas de mot gentil sur le sujet. Ce n'était ni de ma faute, ni de la sienne à vrai dire, il était juste temps que j'accepte mes attentes d'enfant ne correspondent pas à la personne qu'il est et il fallait faire avec. Je sais depuis longtemps qu'il n'est pas parfait, et pourtant je persiste à en attendre plus de sa part, il persiste dans son comportement, et ça finit toujours en désastre. Je ne sais même pas pourquoi je voulais faire ce dîner. Peut-être pour garder un semblant de famille. Parce qu'on a plus vraiment grand monde à part l'un l'autre. Ou c'est juste c'est de part de moi qui pense que cette fois ça va être différent, que j'ai grandi, qu'il semble vouloir faire des efforts aussi, j'en sais rien. Mais ce serait bien que cette part de moi se mette d'accord avec celle qui se concentre sur la partie probable désastre de la chose avant que je craque complètement. Et avant que je dépense une petite fortune dans une robe adaptée à l'endroit sûrement très chic où mon père nous aura réservé une table. Un endroit tellement adapté pour une chaleureuse rencontre familiale, n'est-ce pas ? Probablement devrais-je également laisser tomber les remarques sarcastiques pour la soirée.

Devant mon évidente digression et mon incapacité à me concentrer sur les millions de modèles différents proposés par les nombreuses boutiques de cette rue, je décidai qu'il était temps d'aller faire cette pause café, et peut-être de se rabattre vers des boutiques plus familières, même si les robes classes n'étaient pas vraiment leur spécialité. Je rejoignais donc ma voiture, garée tout près, dans la rue. Je venais de m'installer au volant, et mon regard était en train de s'attarder sur les tentants dossiers que j'avais laissé dans le compartiment passager - que voulez-vous, on ne se refait pas, mon boulot me suit partout - tandis que je débattais intérieurement sur le fait qu'on était samedi après-midi, que j'avais des choses à faire et que ce n'est pas en feuilletant des dossiers sur lesquels je n'avancerais probablement pas que j'oublierais le reste, quand une fille surgit dans ma voiture. Littéralement. Arrivant de nulle part - ou alors était-ce juste que je ne prêtais vraiment aucune attention à l'extérieur de la voiture ? il allait vraiment falloir que j'arrête de divaguer ainsi -, visiblement en courant si j'en croyais ses joues rosées et son souffle, la jeune fille blonde qui ne semblait pas bien vieille - elle devait avoir dans les 18 ou 20 ans - s'était tout simplement installée dans ma voiture, sur le siège passager. Avant que je ne puisse lui demander quoi que ce soit, elle hurla : « Fonce !!!!!!! ». Elle semblait tellement paniquée que sans réfléchir, j’obtempérai et démarrais la voiture. Probablement pas la plus brillante de mes idées à dire vrai.

Après quelques secondes, une fois bien insérée dans la circulation, je tournais la tête vers elle et la regardais un instant reprendre son souffle. Je ne connaissais décidément pas la jeune femme. Ce qui rendait encore plus surprenant ce qui venait de se passer. Mais bon, au même âge, une telle situation aurait pu m'arriver, j'avais le don pour me fourrer dans ce genre de situations improbables, généralement en tentant d'espionner quelqu'un, en mentant plus ou moins sur qui je suis etc. pensais-je, un tantinet nostalgique, en reportant mon regard sur la route. Qu'est-ce que j'allais bien pouvoir faire ? Je respirais un coup et le regard droit devant moi, je dis : « Ok, tu as cinq minutes pour t'expliquer. » Après tout, avant de prendre une décision, qui pouvait apparemment impacter grandement sur la jeune fille - on ne se jette pas dans la voiture d'une inconnue à moins que la situation soit grave ou qu'on soit cinglé -, autant avoir toutes les informations.

Jetant un autre coup d’œil à la jeune fille, les yeux un peu froncés, je me sentis obligée d'ajouter : « Et tu as plutôt intérêt à être honnête si tu ne veux pas que j'arrête cette voiture et appelle la police. » Commencer à douter de ce qu'elle dirait avant même qu'elle ait commencé à parler, décidément j'étais bien partie... et j'avais bien vieilli.
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MessageSujet: Re: Adventure time ◊ Paloma   Lun 30 Nov - 12:54



« Attention au cycliste là » répliqua la jeune femme. Je me retournais vers elle en haussant un peu les sourcils et la détaillai un instant avant de reporter mon regard sur la route - que je maîtrisais parfaitement, au cas où vous en douteriez. Je conduisais très bien, ce qui était parfois une nécessité dans mon métier où il m'était arrivé quelques fois de devoir suivre ou semer des gens. Mais ce n'était pas le sujet ici. Le sujet était que non seulement, je me retrouvais embarquée avec une parfaite inconnue dans ma voiture, mais en plus, il fallait que ce soir une ado en crise. J'étais vraiment gâtée. À l'instant où je pensais que ça ne pouvait pas être pire, elle reprit la parole sur un ton théâtral et je réalisai que c'était non seulement une adolescente mais en plus une drama queen. Si vous pensez ne serait-ce qu'une seconde que j'exagère, écoutez donc l'histoire qu'elle me débita : « J’ai été recrutée par les services secrets, et je suis sur un gros coup, une mission genre super importante, et y’avait un tarée à mes trousses. Une question de vie ou de mort, tu vois. Tu devrais être contente d’avoir pu contribuer à cette lourde tâche ! J’aimerais bien te dire que tu vas recevoir une médaille pour la peine, mais je vais devoir me débarrasser de ton corps, et de ta bagnole par la même occasion, puisque tu en sais trop maintenant… » Certes, je l'admets, je l'avais peut-être un peu cherché avec mon dernier commentaire. Je suis la première à mordre sur un ton sarcastique quand on me lance ce genre de 'menaces' mais tout de même, un peu de respect pour la personne qui vient de lui sauver la peau, c'est tant demander à cette gamine ? Apparemment, oui. Je souris toutefois un tantinet quand elle dit devoir me tuer, simplement parce que l'idée qu'elle soit en mesure de se débarrasser de moi était amusante. Toutefois, je m'abstins de commenter. Rentrer dans son jeu n'allait sûrement pas améliorer la situation, aussi tentant que ce soit, et je lui avais donné cinq minutes pour s'expliquer, donc autant attendre encore quelques secondes avant de la jeter hors de la voiture encore en marche.

« Relax » reprit-elle, et bien que j'avais les yeux rivés sur la route, j'aurai pu mettre ma main à couper qu'elle levait les yeux au ciel en disant cela, persuadée que je n'étais qu'une vieille aigrie sans humour. « C’est une plaisanterie hein, ça a encore jamais tué personne. Tu devrais essayer, ça détendrait les rides de ton visage, c’est bon pour le teint ! » Elle devrait se méfier, cette gamine. Une plaisanterie n'a peut-être encore jamais tué personne, mais il y a une première fois à tout. Elle pourrait bien être la première victime d'un humour pourri, inapproprié et adressé à la mauvaise personne. Je tapotai des doigts sur le volant, tandis qu'une part de mon esprit dérivait sur toutes les manières dont son humour pourrait très vite conduire à sa mort, en me demandant pourquoi je prenais tant à cœur ses paroles. C'est vrai quoi, c'était pas vraiment dans mes habitudes de me laisser être mouchée par une inconnue et encore moyen de prêter attention à ses propos. Mais il y avait quelque chose avec cette jeune femme qui me touchait, et qui en même temps mettait mes nerfs à vif. Je crois qu'elle me rappelait une version de moi plus jeune, dont je me suis doucement et inconsciemment éloignée en grandissant. Enfin, en moins bien. Il ne faut pas exagérer, je n'ai jamais été aussi insupportable que cette demoiselle.

Mais preuve que tout finit par arriver, la jeune femme finit par expliquer la raison réelle de sa présence dans ma voiture à cet instant, tout en me montrant clairement qu'elle pensait que j'étais idiote au passage, après tout pourquoi s'en priver, et je ne pus m'empêcher de lever les yeux au ciel à mon tour : « Voilà, mes fringues. J’suis partie sans payer de la boutique, ça coûtait trop une blinde, j’allais pas non plus me ruiner alors que y’avait moyen de les avoir gratuitement ! Du coup, y’a le type de la sécurité qui a finit par s’en rendre compte, l’imbécile, et il a essayé de me rattraper, mais bon, je commence à être rôdée sur le principe. Puis après, t’es entrée en scène. J’ai vu ta voiture, je me suis dit que c’était le meilleur des échappatoires, je t’ai demandé de foncer, on est parties toutes les deux, et ensuite tu as voulu que je t’explique pourquoi, ce à quoi je t’ai répondu qu’il y avait un connard de vélo qui te doublait par la droite en approchant du feu… Je continue ? » « Tout ça pour des fringues ? Sérieusement ? » demandai-je sincèrement étonnée, mais de manière tout à fait rhétorique, en me retournant vers elle. Je secouai un peu la tête. Je ne sais pas pourquoi j'étais à ce point surprise, après tout, je ne la connaissais même pas, donc pourquoi serais-je étonnée que ce soit une voleuse de bas étage ?

« La version des renseignements secrets, c’est sympa aussi » continua-t-elle d'un ton plus tranquille qui me donna l'impression qu'elle me parlait sans artifice pour la première fois depuis qu'elle était montée dans cette voiture, alors qu'elle ne me regardait même pas, les yeux rivés sur la route. « En tout cas, j’ai ma robe, et ça c’est vachement cool, parce qu’elle me va carrément bien ! » « Franchement, j'aurai préféré que tu fasses partie des services secrets. » répondis-je d'un ton posé, avec sincérité, sans prendre la peine de me tourner vers elle, alors que ma tête continuait de se balancer un peu de droite à gauche quand je pensais que je venais de récupérer dans ma voiture une voleuse à langue bien acérée. Je me demandai un instant ce que j'allais faire. Une part de moi avait envie de me garer et de lui dire de dégager de cette voiture. Et d'ajouter de retourner rendre cette robe sérieusement. Même si donner une leçon éducative sur le bien et le mal à cette gamine était certainement pas de mon ressort. Mais je ne pouvais pas faire ça. Je n'avais pas le cœur de la laisser là sur le bord de la route. Surtout qu'elle semblait plus paumée qu'autre chose dans le fond. Même si elle mériterait bien de se prendre une petite claque ou deux, physique ou verbale, je n'ai pas vraiment de préférence en la matière. Je secouais encore plus fermement la tête. Focus. Arrête de laisser tes pensées dériver ainsi. Surtout que ça commençait à m'inquiéter toutes ces idées violentes. Elle était un tantinet insupportable, et d'une insolence incroyable, mais quand même, il fallait que je me reprenne, c'était pas mon genre d'agir ainsi. Je me retournai vers elle avec un petit sourire et commentai : « Même si tu aurais clairement fait un piètre agent secret. » Ce qui était vrai, sérieusement. Elle avait l'air débrouillarde mais elle parlait beaucoup trop. « Tu as un nom sinon ? Une adresse peut-être ? » je demandai, tout en sachant pertinemment que j'allais me prendre une marée d'insolence en réponse, mais peut-être un brin de vérité derrière, ce qui devrait me permettre de retrouver facilement ces infos. Après tout, j'étais douée dans ce que je faisais. Trouver des infos sur les gens, c'était mon domaine, et je doute que la tâche soit difficile avec une jeune fille comme elle. Avec un petit sourire, j'ajoutai: « Puisque l'on a établi que tu ne fais pas partie des services secrets, tu devrais être en mesure de révéler ton identité, non ? Enfin, à moins que tu m'aies caché être une superhéroïne. Mais dans ce cas, je dois dire qu'il va falloir revoir tes valeurs: défendre le mal la nuit et voler la journée, ça fonctionne pas tellement. »

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MessageSujet: Re: Adventure time ◊ Paloma   Dim 31 Jan - 19:10

Tout ça pour des fringues, tout ça pour des fringues… Oui tout ça pour des fringues ! Franchement, qu’est-ce que ça pouvait bien lui faire, et puis, de quoi je me mêle, d’abord ?  Il y avait deux solutions, pour avoir affaire à une réaction comme celle-ci ; soit elle était pétée de thunes, soit alors elle en avait carrément rien à foutre d’être sapée comme un sac à patates. Ce n’était pas forcément le choix le plus judicieux qu’elle avait eu de lui révéler son méfait, malgré la menace qui lui pendait au nez, parce que vu comme la conductrice avait l’air d’être une relou de base, elle pouvait très bien faire un aller simple au poste de police. En soi, ça ne serait pas la première fois, c’était pas comme si elle ne connaissait pas les lieux, mais bon, elle n’était pas spécialement d’humeur à s’y éterniser aujourd’hui. Dur était la vie de chapardeuse, surtout quand tout le monde ne partageait pas votre point de vue. Et puis c’est bon hein, fallait pas déconner non plus, c’était pas comme si ce malheureux vol allait faire du tort à la grande enseigne, on pouvait bien lui laisser passer ce petit écart, parmi tous les autres qu’il y avait déjà eu…

- Euuuuh ouais ? répondit-elle avec une désinvolture poussée à l’extrême, pour bien lui prouver qu’elle assumait son geste jusqu’au bout, et qu’elle en avait rien à foutre de ce que l’autre pouvait bien penser. Pas question de lui admettre qu’elle avait touché son égo, et que de toute façon, merde hein, elle n’avait pas d’excuses à lui donner, elle faisait ce qu’elle voulait. Elle avait beau être majeure, elle avait arrêté d’écouter ce que ses parents lui disaient depuis bien longtemps, de toute façon.. On peut faire partie des renseignements, en étant bien sapé, j’vois pas depuis quand c’est incompatible, continua t-elle, du tac au tac, dans la volonté d’avoir le dernier mot coûte que coûte. Elle était loin de penser que ça s’apparentait à de la puérilité, puisqu’elle savait qu’elle avait raison, elle n’allait pas le taire !

A présent qu’elle ne risquait plus de se faire choper, il était temps qu’elle prenne congé auprès de la brune, et ainsi mettre fin à cette déplaisante discussion. Solution qu’elle lui apporta, sans le savoir, sur un plateau d’argent. Elle pouvait effectivement lui balancer son adresse pour qu’elle puisse l’y déposer, c’était comme un taxi, mais sans avoir à payer les course, et c’était plutôt cool. Après bon, si elle n’était pas forcément de nature suspicieuse, il y avait une expression dans les remarques de son interlocutrice qui l’interpelait, pour l’empêcher de lui faire une confiance aveugle. Logique quand on se retrouve dans la bagnole d’une inconnue, mais elle n’était pas de nature à s’arrêter à ce genre de détails normalement. Sans être inconsciente, ça va, la psychose, c’était pas trop son genre de délire non plus ! Elle pouvait poursuivre avec ses histoires et ses mensonges, mais avec Madame relou frigide et compagnie, elle avait l’intuition que ça risquait d’être bien trop périlleux, et ce n’était pas son but non plus, que de se lancer dans une épuisante bataille.

- Ouais c’est Reese, finit-elle par lâcher. Tu peux me laisser du côté du stade de foot vers Fulham, demanda t-elle. C’était le bon compromis, parce que c’était pas trop loin de chez elle pour rentrer à pied, sans non plus dire où est-ce qu’elle habitait vraiment. Elle avait fait exprès au passage de ne pas relever la petite pique, lancée au passage. La bave du crapaud n’atteint pas la blanche colombe. C’était pas parce qu’elle avait la tête d’un crapaud, elle était même plutôt jolie, mais voilà, dans l’idée. Les héros sont toujours là où ont les attend le moins, affirma t-elle. Après c’était pas trop dans son délire de sauver l’humanité et compagnie, de toute façon, elle avait bien trop tendance à se foutre dans la merde toute seule, elle avait qu’à se débrouiller pour s’en sortir, au lieu de toujours pleurnicher sur son sort, en attendant que des miracles se produisent. Salut, on était dans la réalité, et il n’y avait pas de Sainte Vierge pour faire des interventions divines ! La bêtise humaine avait ce petit côté affligeant auquel Reese ne voulait surtout pas ressembler. C’était pour ça aussi qu’elle passait son temps à s’amuser, sans forcément réfléchir aux conséquences qu’il y avait derrière. Rentrer dans le moule était bien trop surfait, bien trop en dehors de ses propres idées et style de vie, pour qu’elle se décide de s’y plier.

Elle retroussa son nez qui la chatouillait, sans rebondir sur le sujet, à court de conversation. En même temps, dans chacune de leurs paroles, il y avait matière à confrontation, et bien qu’elle ne soit pas mauvaise dans ce domaine là non plus, elle n’était plus trop dans le mood, et avait plus dans l’idée de laisser les choses couler sur elle de façon imperméable

- Si tu me dénonces, je t’entraînerai dans ma chute, crut-elle seulement bon de justifier. Et ce sera pas joli à voir… ça, elle pouvait en être sûre. Elle avait les armes pour. Au moins, elle était prévenue. Ca manque de musique dans cette voiture. Sans demander l’autorisation, elle appuya sur le bouton de l’autoradio. Putain, alors déjà, c’est chiant, elle s’empressa de zapper, pour trouver une station susceptible de lui convenir. Ecouter les infos, sérieusement, c’était d’un ennui ! Elle détestait les voyages en famille pour ça : ses parents choisissait toujours soit de la musique pourri, ou alors se focalisait sur les chaînes sur le trafic. Pas d’autres choix durant ces moments là que de visser ses écouteurs dans ses oreilles et se couper du monde. Ca ne se faisait jamais sans heurts, parce que sa mère finissait toujours par lui en faire la remarque, à la faire chier avec ses commentaires désobligeants, et inévitablement, ça finissait par beugler dans la voiture. Reese trouva finalement une chanson qui lui plaisait bien, sans se soucier une seconde de si c’était le cas ou non de l’autre jeune femme.

Parti comme ça l’était, il y avait fortement à parier que non.
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MessageSujet: Re: Adventure time ◊ Paloma   Mar 15 Mar - 13:24


« Euuuuh ouais ? » répliqua la jeune femme avec une désinvolture bien trop appuyée pour être naturelle. Et j'eus une pensée pour cette robe bleue. Si j'avais pris la peine de l'essayer, prenant mon temps en cabine, à l'heure actuelle je serais en train de prendre ma pause café avec une petite douceur sucrée, et non en train de rouler vers une destination inconnue avec une adolescente. Elle continua, reprenant ce qui semblait être son principal mécanisme de défense : l'humour - puéril et sarcastique semblaient ses choix préférés en la matière - : « On peut faire partie des renseignements, en étant bien sapé, j’vois pas depuis quand c’est incompatible » Sûrement, mais je doute qu'ils aient besoin de voler pour être 'bien sapés'. pensais-je en tournant mon regard vers elle - dans lequel on pouvait clairement lire que comme arguments, elle pouvait trouver mieux. Je m'abstins toutefois de formuler cette pensée à voix haute, ce n'était pas le moment de renchérir encore et encore. Têtue comme elle semblait l'être, aucune de nous ne lâcherait l'affaire.

Choix judicieux apparemment, puisque la jeune femme finit par se présenter : « Ouais c’est Reese. Tu peux me laisser du côté du stade de foot vers Fulham. ». Réponse assez vague, sans trop de détails. A-t-elle dans l'idée que je vais retourner chez elle la nuit me venger à coups de couteaux ? C'était certes plus prudent de ne pas donner trop de détails, mais soyons honnêtes, si j'avais l'intention de lui faire du mal, elle se trouvait actuellement dans ma voiture, nous n'avions aucune connexion, personne ne savait où elle était. On ne me retrouverait jamais. Alors pourquoi la ramener chez elle, first ? Sans compter qu'un prénom, un visage et un quartier étaient plus que suffisants pour la retrouver - mais elle ne pouvait probablement pas le savoir. « Les héros sont toujours là où ont les attend le moins » ajouta-t-elle avec confiance et un fin sourire m'échappa.

Sourire qui disparut bien vite pourtant. Quand finalement la conversation semblait avoir pris une bonne tournure, la jeune inconnue - enfin, Reese - décida que c'était un bon moment pour me menacer : « Si tu me dénonces, je t’entraînerai dans ma chute. Et ce sera pas joli à voir… ». Alors que la voleuse continuait à déblatérer : « Ca manque de musique dans cette voiture.  Putain, alors déjà, c’est chiant. » tout en touchant à des boutons qui ne lui appartenaient pas, je commençai à freiner et quand la voiture s'arrêta finalement au niveau du panneau 'stop' qui tombait à merveille, je baissai le volume de la musique et me tournai vers la passagère clandestine : « Et qu'est-ce que tu vas faire exactement si je te dénonce ? Tu ne sais rien de moi, tu n'as rien sur moi. Alors me menacer, sans savoir à qui tu as affaire et alors que je prends sur moi de tolérer tes remarques et ton attitude et te ramène à peu près chez toi parce que tu as l'air d'en avoir bien besoin, ça semble pas être la meilleure chose à faire tu crois pas ? ». Je maintenais le regard fixé sur elle, ce n'était pas un petit discours rhétorique, je voulais vraiment savoir pourquoi elle décidait de me menacer alors que j'étais en train de l'aider. Certes, je lui avais envoyé quelques pics, mais c'était clairement un échange, elle n'était pas en reste de ce côté là. Alors pourquoi ? Qu'est-ce que ça pouvait bien lui apporter ? Et dire que dans un autre univers, je serais en train de dire : « Paloma, enchantée. C'est vrai que ça pourrait donner une couverture certaine au moins. Personne ne s'y attendrait. Un peu de musique ? ».

Je n'avais aucune intention de dénoncer la demoiselle. Je n'approuvais pas ce qu'elle faisait, mais à moins qu'elle m'avoue tuer des gens dans son garage, ce n'était pas mon genre d'aller dénoncer des inconnus à la police. Je lui avais demandé de me répondre honnêtement, elle l'avait fait. J'aurai pu choisir de la laisser au premier coin de rue, ou au pire de m'arrêter immédiatement et de la laisser dans la rue pleine de magasins et d'agents de sécurité où nous étions. De toute évidence, ce n'est pas ce que j'avais fait, ou je n'aurais pas pris la peine de demander son nom. Moi qui pendant un instant avais pensé que la conversation s'améliorait pour devenir presque plaisante, et qu'on était au-delà de cette méfiance initiale, mais apparemment non. Et autant je pouvais laisser glisser beaucoup de choses, beaucoup de remarques, de commentaires ou de regards vers le ciel, autant je n'allais pas laisser une gamine me menacer dans ma propre voiture.

Spoiler:
 



Dernière édition par S. Paloma Anderson le Sam 26 Mar - 22:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Adventure time ◊ Paloma   Sam 26 Mar - 23:08



J'aurai voulu rester là, à l'arrêt, avoir le temps d'écouter posément sa réponse - quoi qu'avec un peu de recul, je réalisai qu'elle se serait sûrement contentée de partir en claquant bien la portière derrière elle - mais les voitures arrivant derrière moi, et notamment un coup de klaxon agacé et bien trop pressé, ne m'en laissèrent pas la possibilité. À contre-cœur, j'avançais donc de nouveau, gardant toutefois les oreilles bien ouvertes. Je voulais vraiment savoir pourquoi elle avait décidé de me menacer alors que la conversation semblait prendre un meilleur tournant. En avait-elle elle-même conscience ? Était-ce une insécurité, une méfiance tellement ancrées que l'agressivité était devenue un réflexe, bien au-delà de ses mécanismes de défense ? Mais nous n'étions pas dans un cabinet de psy. Nous étions dans ma voiture où les conversations à cœur ouvert et débordantes d'honnêteté ne semblaient pas être la priorité. Je n'aurais donc pas dû être surprise de sa réponse, pourtant j'en fus un peu déçue.

« Bon alors tu sais quoi, ta morale, tu peux te la garder, okay ? Et puis arrête de faire comme si je t’avais forcé, t’aurais au pire été la sale conne qui m’a dégagé de sa bagnole parce qu’elle veut pas rentrer dans le coup, mais ça se serait arrêté là pour toi. » me répliqua-t-elle, réorientant 'légèrement' le sujet. Je ne pensais pas avoir agi comme si j'étais sous la contrainte - j'étais parfaitement consciente de ma liberté d'agir en tout cas - et puis, c'était elle après tout qui avait ressenti le besoin de me menacer si je décidais de la dénoncer. Le chantage n'était-il pas un moins de faire pression sur quelqu'un ? D'essayer justement de le forcer à faire quelque chose ? Ou peut-être était-ce moi qui interprétait la situation de manière totalement erronée. Au final, aucune de nous deux ne se comportait de manière vraiment rationnelle et objective. Mais c'était pas évident quand la jeune femme ne s'arrêtait pas avec l'agressivité et les 'sales connes' même si c'était une insulte glissée de manière hypothétique. Plus encore que les mots, c'était le ton qu'elle employait qui ne passait définitivement pas. « Putain sérieux, tu devrais être contente, c’est toujours mieux que de stationner dans ta caisse comme un rat mort, ou j’en sais rien, comme l’a si bien dit, je connais rien de ta vie, et en tout cas, vu ce que tu m’en montres maintenant tout de suite, je vais m’arrêter là j’crois. Fais pas ta victime hein, on est pas dans un soap américain où chaque personne que tu croises au coin de la rue est tout mignon tout gentil ! »

Si le ton était toujours aussi insolent, la teneur des propos avait changée. J'étais bien loin de stationner dans ma caisse comme un rat mort, j'avais juste besoin de deux petites secondes de paix après toutes ces vendeuses hypocrites sur mon dos et ce bruit ambiant épuisant, mais elle-même s'était reprise - se rangeant même du côté de mes propos : on ne connaissait rien à la vie de l'autre. Et il était temps qu'on garde cet état de fait en tête. Parce qu'elle avait raison, bien entendu, pour ses derniers mots. Nous ne vivions pas dans un monde de bisounours, mes études et mon boulot me l'avaient largement prouvé. Les erreurs et la cruauté des êtres humains faisait aussi partie de ce qui les rendaient si intéressants. Pourtant, je m'étais habituée à la politesse et gentillesse des inconnus. Je m’étais juste laissée bercée d’illusion par toutes les rencontres inattendues que j’avais faites dans ma vie et qui s’étaient révélées être de si belles personnes. Qu’on ait partagé quelques minutes ensemble ou qu’on se soit finalement liés pour la vie. Peut-être ça avait été seulement une question de chance. Mais plus probablement, j'avais une part de responsabilité là-dedans également. Je ne doutais pas que la jeune demoiselle avait des qualités, et était quelqu’un de bien. Je n’avais pas été la personne la plus calme, ouverte et agréable non plus – les tentatives de shopping avaient tendance à assez rapidement me taper sur le système. Comme elle le disait, je n'étais pas la victime, mais elle non plus. On faisait probablement ressortir le pire l'une chez l'autre, en tout cas, c'est le sentiment que j'en avais.

« Arrête toi où tu veux, j’descends. » conclut finalement Reese, sur un ton finalement bien plus calme. Je jetai un oeil vers elle un instant. Je me sentais étonnamment apaisée, alors qu'on venait de passer les dernières minutes à se disputer de manière particulièrement violente pour deux inconnues. Ses remarques m'avaient rappelé toutes les rencontres que j'avais faites par inadvertance, souvenirs que je chérissais pour l'immense majorité, et je ne voulais pas que cette rencontre-ci se termine ainsi. C'était du temps et de l'énergie gâchés, perdus. Laisser une empreinte négative sur un inconnu, alors qu'il a croisé notre route que pour quelques minutes. Sans possibilité de se racheter, de s'améliorer. Je croyais sincèrement dans l'entraide et le respect envers les gens qui croisaient notre route, j'aimais repartir d'une rencontre impromptue avec un sourire, un conseil parfois, une journée meilleure qu'avant la rencontre. Mais il fallait parfois faire des efforts particuliers, des premiers pas pour ça. Aussi je répondis d'un ton plus doux, comme on aurait brandi un drapeau blanc de trêve : « Sûre de toi ? Si le trafic est bon, on devrait être au stade dans cinq minutes. Ça ne me dérange pas de t'y déposer et si on y met toutes les deux du nôtre, on devrait pouvoir ne pas s'entretuer, je pense. » Je tournais la tête vers elle, un léger sourire sur les lèvres à ce dernier propos, qui était bien une petite et piètre tentative d'humour et non une pic dissimulée. Je ne pouvais pas la forcer à rester - et ne souhaitais pas la forcer, de toute manière -, je comprendrais donc tout à fait qu'elle s'obstine à me demander de m'arrêter - ou tente de sauter de la voiture en marche, qui sait - mais au moins j'aurai essayé, un peu tard mais sincèrement essayé tout de même.
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MessageSujet: Re: Adventure time ◊ Paloma   Mar 5 Avr - 21:27




Je me concentrais sur la conduite, nerveusement, tandis qu'un silence tendu envahissait la voiture. Toute la tension qui s'accumulait entre nous depuis son arrivée - ou plutôt son intrusion - dans le véhicule semblait s'être déployée dans l'air, trouvant parfaitement sa place dans cette attente, cet anormal calme. Je la ressentais presque physiquement, pourtant je la contenais. Seul mon doigt tapotant sur le volant et mon dos un peu trop droit pour être naturel signalaient mon état à un oeil attentif. Je savais que je ne pouvais rien faire d'autre qu'à attendre : j'avais fait un pas vers elle pour finalement désamorcer cette situation dans laquelle on s'empêtrait, c'était à elle de se décider désormais. Alors je concentrais mon esprit sur la route. Décider de tourner, vérifier ses rétros, activer son clignotant... « Ouais, okay » lança-t-elle comme de rien. Je crus même percevoir un haussement d'épaule du coin de l’œil et je retins de justesse un sourire face à cette réponse - ce serait très sûrement mal interprété et il était bien trop tôt pour se remettre déjà à envenimer la situation. Aussi je gardai un visage aussi impassible que possible, en continuant simplement de conduire.

La jeune femme ne semblait toutefois déjà plus s'en soucier, occupée à reprendre le contrôle de l'autoradio. Après quelques zappages, elle sembla trouver satisfaction et se réinstalla confortablement sur le siège passager. « t’écoute quoi comme musique ? » alla-t-elle même jusqu'à demander. J'appréciais l'effort, bien que je ne doutais pas que ma réponse n'influerait en rien sur les choix de musique pour ce trajet, mais jusqu'à présent ses choix étaient loin d'être horribles alors je pouvais faire avec. Alors que je prenais quelques instants pour réfléchir à la question, et réfléchir à quels groupes elle pourrait connaître aussi, tant qu'à faire - ce qui était assez étonnant, en y pensant: nous ne devions pas avoir une si grande différence d'âge et pourtant je pensais, agissais comme s'il y avait un monde entre nous deux -, elle reprit la parole : « Pourquoi tu fais ça ? Genre tu me ramènes et tout, alors que t’aurais pu juste me poser à une station de métro en fait. ». Sa question, surgie tout à coup, bien loin de notre discussion musicale, me prit au dépourvu. Il était logique qu'elle se la pose, pourtant. Je tournai la tête vers elle, l'observant longuement avant de me rappeler que c'était tout à fait irresponsable de ma part - j'étais tout de même toujours au volant. Je n'avais pas de réponse précise à lui donner. À partir du moment où elle avait surgi, sautant dans ma voiture et me criant de démarrer, je m'étais sentie en partie responsable de son sort, et ce n'était pas mon genre de refuser d'aider quelqu'un qui me le demandait, ou de juste l'abandonner quelques mètres plus loin, sans en savoir plus, sans m'en mêler. En partie par curiosité - ne pas savoir pourquoi elle s'était retrouvée là, à courir jusqu'à la voiture d'une inconnue m'aurait sûrement intrigué longtemps, je l'admets. Surtout pour ne pas m'inquiéter, m'assurer qu'elle aille bien d'une certaine manière. Alors je ne la connaissais pas réellement, c'est vrai, mais son chemin avait tout de même croisé ma route et je ne pouvais me contenter de l'ignorer. Mais derrière tout ça, mon envie de l'aider, elle en particulier, venait de plus loin. Elle ne me croirait sûrement pas, mais malgré le fait qu'elle m'agaçait profondément, son manque de respect, son insolence - peut-être en partie à cause de cette dernière aussi - elle me rappelait un peu la personne que j'avais été à une époque. Oh, nous étions bien différentes mais j'aurais pu me retrouver à sa place. J'avais le don de me fourrer dans des situations pires à une époque. Et j'avais eu de la chance d'être bien tombée, sur les bonnes personnes, qui m'avaient aidée. Sans ça, je n'en serais sûrement pas là aujourd'hui alors je comprenais, un peu.

Réalisant que j'étais restée silencieuse bien plus longtemps que je ne le souhaitais, je glissais un regard sur ma jeune passagère avant de répondre : « Tu ne me croiras peut-être pas, mais... Je me soucie réellement de ce qui peut t'arriver. Même si je te connais pas encore vraiment. ». Je ne savais pas pourquoi j'avais employé le terme 'encore', c'était irréfléchi, incohérent. Je ne la reverrai sûrement jamais après aujourd'hui. « Et tu me rappelles un peu moi, plus jeune. Je sais ce que c'est que de se retrouver dans le pétrin et devoir parier sur l'aide d'un inconnu. » je continuais même si je m'attendais à ce qu'elle soit pour le moins dubitative quant à ce parallèle entre nous. Ce n'était pas grave qu'elle ne me croit pas, elle avait posé la question, c'était la réponse la plus sincère que je pouvais lui donner, à cet instant. « Et pour la musique, j'écoute plutôt du rock. » j'ajoutai sur un ton plus léger, on allait pas se lancer dans une session émotions et nostalgie, tout de même. Je me retournai vers elle avec un sourire et demandai : « Et toi, qu'est-ce qu'il te plaît ? », lui offrant une porte de sortie sur un plateau si elle préférait ignorer ma réponse quelque peu mélodramatique. Mais de ce que j'avais vu jusque-là, elle ne résisterait probablement pas à la tentation de faire au moins un commentaire.


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MessageSujet: Re: Adventure time ◊ Paloma   Mer 6 Avr - 17:02

Elle ne releva pas au début, avant de porter une attention plus particulière à la suite de ses paroles. Elle cessa de se concentrer sur les paroles de la chanson qui était actuellement en train de passer dans la voiture.

- Ah ouais, genre ? questionna t-elle, presque avide de poursuivre cette conversation. Toi aussi, tu voles des robes dans les magasins, à des heures perdues ? Elle avait bien compris que non, vu tout le topo qu’elle lui avait balancé, mais elle restait curieuse de savoir. Autant, elle avait fait pire qu’elle, et elle voulait même pas lui dire ! Enfin, j’mens fous, tu fais ce que tu veux, elle, elle allait pas la juger pour ça. J’ai sûrement fait pire ! N’importe qui n’aurait pas aimé s’en vanter aussi ouvertement, mais elle n’était pas n’importe qui. Elle était Reese, et elle s’autorisait tout, quand elle en avait envie ! Elle commençait à avoir un sacré tableau de chasse, maintenant qu’elle y pensait, dont elle n’était donc pas peu fière. Sa copine Terry, peut-être dans son genre, pouvait éventuellement la battre. Mais bon, c’est cool, j’avais pas spécialement pour délire d’aller voir les flics, pour une robe qui me va bien. Merci, lui dit-elle du bout des lèvres, et après l’ambiance pesante qu’il avait régné, venant de sa bouche, ce n’était pas n’importe quoi.

C’était un revirement de situation pour le moins incongru, mais pas pour le moins négatif. La jeune femme savait lutter, mais n’était pas spécialement prise de tête, donc tant qu’on ne l’emmerdait pas finalement, c’était tout ce qui l’importait. Si Paloma l’avait compris, ça ne pouvait que fonctionner.

- J’aime pas ce qui est mauvais, lui appris t-elle. C’était une évidence, d’une grande subjectivité, et en effet chacun en avait sa définition. J’écoute de tout si ça me plaît, après, ce que je préfère, ce sont les vieux groupes. C’est souvent de la merde maintenant. La vie est bien trop courte pour écouter des navets sérieux !

Se détruire les oreilles à coup de mauvais rap, no way. Surtout quand on savait qu’il y avait des types, en bas, qui avaient de vrais textes, qui n’avaient rien à voir avec les bouses qu’on leur pondait souvent à la radio. Paloma emprunta bientôt la route qu’elle connaissait par cœur, pour l’avoir emprunté des dizaines et des dizaines de fois, depuis qu’elle était toute petite. Elle était toujours en train de discuter via textos avec Paige, l’organisation se faisant de plus en plus précise, pour se retrouver ensuite.

- On est bientôt arrivées, l’informa t-elle, et quelques secondes plus tard, elle pointa l’horizon, au loin. Il y a le stade, là bas. Quelques mères encore, et elles purent l’apercevoir, au loin. Tu vas faire quoi ensuite, sauver une autre demoiselle en détresse ? Elle était tout indiquée pour, elle venait de passer le test avec brio. Quand même, se coltiner Reese, ce n’était pas une mince affaire.

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