KATHARINE α hello, hello, that's awkward

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MessageSujet: KATHARINE α hello, hello, that's awkward    Lun 28 Sep - 21:01

Ce n’est pas tout, d’être une mère chevronnée. Enfin si, en réalité, c’est absolument tout, je suis une mère fantastique, mes enfants sont les plus heureux du monde, je les chéris comme je ne l’ai jamais fait avec rien avant. Je ne pourrais pas être plus heureuse qu’en ce moment, en réalité, et même Henry semble complètement soulagé et en parfaite maitrise de la situation – en tout cas autant qu’il le peut quand on sait qu’il n’est pas vraiment capable de se débarrasser de la bonne dose de stress qui l’accompagne dans sa vie de tous les jours mais avec laquelle j’ai merveilleusement bien appris à composer, ma foi. On ne peut pas dire que je ne sois pas efficace dans ce domaine, d’ailleurs. Finalement, cet accident de grossesse est la meilleure chose qui pouvait nous arriver, et je crois que malgré tout ce qu’a pu croire ou penser Henry quand je lui ai annoncé la nouvelle, on ne pouvait rêver mieux niveau timing. Les enfants sont sages, relativement sages, je passe mes journées entre la maison, les balades avec la grande poussette familiale, l’appartement de mes parents, la maison de ceux d’Henry. La vie passe à vive allure, ne me laissant ni le temps de m’ennuyer, ni même le temps de profiter à fond des jeunes années – ou même des jeunes mois – de mes enfants. J’aimerais tellement qu’ils restent petits, si petits pendant longtemps… Mais bien entendu, ce n’est pas du domaine du réalisable, et il me faut donc tristement composer avec l’idée qu’ils vont grandir et qu’un jour ma fille ingrate refusera de mettre les adorables petites robes roses que je ne peux m’empêcher de lui acheter dès que j’entre dans un magasin de vêtements pour les enfants. J’adore faire du shopping pour les jumeaux, et pour Violet aussi d’ailleurs, qui a malgré tout la fâcheuse tendance à échanger les articles que je lui offre pour des choses plus… sobres. Moins colorées. J’imagine que c’est normal, mais je n’ai jamais été du genre à porter des couleurs discrètes pour me fondre dans la masse de mes camarades, au contraire. Enchainant les remarques déplacées et les moqueries tout au long de ma scolarité, on peut dire que j’ai été vaccinée. Et d’ailleurs, je n’ai que des sentiments positifs aujourd’hui et je plains ces pauvres gens qui me voulaient malheureuse et qui n’ont réussi qu’à me pousser vers le bonheur total que je ressens pleinement aujourd’hui.

Bonheur total qui, à l’heure actuelle, me manque un peu. Pas que je sois malheureuse, non, mais l’angoisse – bon, le stress, disons – me ronge l’estomac – et les ongles. Je suis dans le train, seule, ce qui fait vraiment bizarre d’ailleurs et j’espère que la baby sitter que j’ai embauchée est vraiment très précautionneuse et très attentive, j’ai demandé expressément à Henry de rentrer plus tôt pour la surprendre si nécessaire en train de dormir sur le canapé pendant que les jumeaux font je ne sais quelle bêtise dans la maison. Pour ma part, je dois aller voir Katharine. Le dernier film est sorti, et si je suis tombée enceinte à un relativement bon moment – pour filmer les scènes de la grossesse d’Alice Longbottom puis pour prendre un congé pendant la promotion qui de toute évidence s’est très bien tenue sans moi, même si certains fans que je suivais attentivement sur twitter m’ont regrettée – et il est temps de penser à l’avenir. Je veux être sur le dernier film tant que de besoin, mais pour ça faut-il sans doute que j’aille voir ma patronne – si on peut vraiment la qualifier ainsi – pour voir avec elle les modalités de mon retour et le calendrier de reprise du travail. Je ne suis pas exactement sûre qu’elle va m’accueillir avec le sourire, cela dit, sachant que je ne l’ai pas vue depuis que j’ai accouché des enfants de son ex-beau-frère. Et pourtant, même si c’est sans doute utopique, j’aimerais vraiment que l’on puisse être amies et s’entendre, elle et moi, ne serait-ce que pour Henry et par respect pour son histoire passée. Je n’ai évidemment pas eu le courage d’avertir Katharine du sujet de mon déplacement mais ai plutôt préféré arriver à l’improviste, ce qui est totalement contraire au professionnalisme et à la logique humaine – un peu comme moi. Je soupire, devant la porte, et frappe finalement trois coups secs, en espérant, vue l’heure, qu’elle ne soit pas occupée à quoi que ce soit de bien plus important que moi – autant dire que les chances sont minces pour que je sois exaucée. « Bonjour Katharine », je murmure quand elle ouvre la porte en m’armant du sourire le plus ridicule de mon existence sans doute, à mi-chemin entre l’initiative de bon cœur et le sourire forcé destiné à dissimuler une gêne extrême. « Est-ce que je vous dérange ? » Je m’étais pourtant suggéré, avant de partir, d’utiliser le tutoiement pour tenter de me mettre sur un pied d’égalité avec elle dès le départ. Ne manquerait plus qu'elle me réponde oui et tout sera parfaitement raté, du début à la fin.
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MessageSujet: Re: KATHARINE α hello, hello, that's awkward    Mer 30 Sep - 23:35

Katharine n’a que très peu l’habitude de rester chez elle. Une habitude qui ne s’est qu’amplifiée depuis son divorce, depuis qu’elle a emménagé dans une maison qui lui semble bien trop grande. Les filles en ont fait leur petit cocon sans problème, jouets trainant un peu partout, fleurs sauvages dans un verre d’eau, dessins sur le frigo – aucun problème de ce côté-là, même si le divorce les a quelque peu perturbées. Le divorce a énormément perturbé Katharine, et elle ne sait pas vraiment quoi faire de cette chambre trop grande au lit trop grand, de cette cuisine qu’elle n’utilise jamais, de ce jardin qui n’accueille de des mauvaises herbes. Peut-être qu’elle finira par craquer et adopter ce chiot que les filles ont toujours voulu. Peut-être qu’elle finira par arrêter de travailler dix fois trop pour ne jamais être chez elle.

Elle ne sait que faire lors du peu de jours de congés qu’elle s’accorde – les filles passant le week-end chez leur père, la fille au pair vadrouillant ici ou là jusqu’aux petites heures de la nuit. Katharine lui envie cette facilité déconcertante avec laquelle elle semble s’approprier sa propre vie – sortir avec des amis, aller danser, boire, s’amuser. Katharine ne connaît rien de tout cela, n’a plus vécu cela depuis qu’elle est sortie de l’université. Les soirées étudiantes sont devenues des galas de charité, la happy hour s’est transformé en champagne hors de prix que l’on sirote du bout des lèvres. Elle devrait appeler Edward ; il est le seul à la sortir de ses idées noires, ne serait que pour une heure ou deux.

Elle soupire alors qu’elle réajuste ses lunettes sur son nez, stylo rouge coincé entre les dents. Un scénariste vient tout juste de lui envoyer la version finale d’un script, alors elle se permet de faire quelques corrections de plus, perfectionnisme oblige. Les jours de congés n’en sont jamais vraiment, avec elle. Katharine ne sait pas comment se reposer, ne rien faire, s’ennuyer. Elle a besoin de rester active, de faire quelque chose, cerveau et corps en éternel mouvement.

Elle barre quelques mots, rouge flashant sur le blanc de la feuille, et griffonne des corrections lorsque trois coups à la porte viennent la surprendre. Katharine plisse les yeux, aussi bien pour envoyer un regard meurtrier à la porte d’entrée que pour tenter de se souvenir d’un quelconque rendez-vous qu’elle pourrait avoir ce jour-ci. Elle n’est pas du genre à oublier ce genre de choses facilement, mais une erreur est si vite arrivée… Enfin, pas aujourd’hui. Son agenda reste étrangement vide, et Katharine lève les yeux au ciel alors qu’elle abandonne script et stylo pour aller accueillir le visiteur. Ne manquerait plus que ce soit une voisine souhaitant faire ami-ami, ou le facteur ayant un problème avec le courrier. Ou pire. Katharine est habituée au pire, avec les visites surprises.

Et, bon, d’accord, ce n’est pas vraiment le pire. Mais Juliet sur le perron, ce n’est pas vraiment le mieux non plus. Katharine s’efforce de ne pas faire de grimace à la vue de son actrice, et garde une expression parfaitement neutre alors qu’elle ouvre la porte – juste assez pour rester polie tout en mettant les choses au clair sur la situation et ô combien Katharine déteste chaque seconde de cette rencontre. Elle sait, techniquement, qu’elle est particulièrement injuste dans son traitement de Juliet – la jeune femme est irréprochable dans son travail, jamais un mot plus haut que l’autre sur le plateau de tournage, jamais une remarque acerbe pour l’équipe. Elle sait aussi que Juliet n’est pas Jessie. Elle peut se passer de l’une durant la tournée de promotion des films, mais décidément pas de l’autre. Elle le sait, tout cela, mais…

Mais, mais, mais. Mais il est impossible pour Katharine de voir plus loin que la fille que Henry a engrossée, impossible de voir plus loin que la fille remplaçant désormais sa sœur. Une version plus jeune, plus vivante de sa sœur – avec un plus grand succès aussi, là où Daisy ne jouait qu’avec des petites troupes de théâtre. Katharine regarde Juliet, et elle ne voit qu’une version améliorée de Daisy dans les yeux d’Henry, et celui lui donne autant envie de vomir que de s’arracher les yeux. Un psy, un vrai, lui dirait qu’Henry a finalement tourné la page et fait son deuil, et qu’il faut voir cela de manière positive – qu’il est tant de faire son deuil, elle aussi, qu’il est temps de tourner la page.

C’est pour cela qu’elle refuse de voir un psy, un vrai.

Katharine n’a jamais aimé qu’on lui donne des ordres.

« Bonjour, » se contente-t-elle de répondre, sans un sourire, sans même un battement de cils. Elle se demande ce que Juliet vient faire ici, et comment elle ose la déranger lors d’un jour de congés. Katharine, malgré sa réputation, a toujours été très ouverte à ce sujet – ses acteurs peuvent venir la voir en dehors du plateau lorsqu’ils le souhaitent, et elle les accueillera à bras ouverts pour discuter du film ou répondre à leurs questions. Dans la limite du raisonnable, bien entendu. Alors Juliet, à son domicile, un samedi après-midi ? Merci, mais non merci. « Oui, » répond-t-elle de sa voix la plus froide, menton un peu plus relevé par principe.

Mais, par principe également, elle ouvre la porte pour laisser entrer Juliet. Peut-être doit elle prononcer les mots à voix haute pour que Juliet puisse passer dans l’encadrement de la porte – on ne sait jamais, avec les suceurs de sang de ce genre. Katharine rirait presque de ses propres pensées, mais cela se lirait sur son visage et bien loin de là cette idée. Alors, elle se contente d’un signe de la main, afin d’indiquer la direction du salon, alors que la voix de Lizzie lui rappelle gentiment de faire attention. On s’est débarrassé de Garrett pour les diners familiaux, alors on va éviter de se lancer dans une guerre avec une autre branche de la famille.

« Que me vaut, hm, » pause pour effet, « le plaisir de ta visite ? » Faire attention, d’accord. Mais ce n’est pas parce que Katharine ne peut pas déclencher la guerre qu’elle ne gagnera pas cette bataille.
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MessageSujet: Re: KATHARINE α hello, hello, that's awkward    Jeu 15 Oct - 23:57

J’aurais sans doute mieux fait de ne pas venir, en tout cas c’est ce que mon inconscient me répète en boucle à l’intérieur de mon esprit embrouillé par le stress. Je me tiens là, en face de Katharine qui a l’air aussi heureuse de me voir que si elle était face à un cadavre ou au pire ennemi de son enfance, et je ne sais pas franchement ce que je préfère entre ces deux options. J’ai beau me dire que je suis devenue maman, en passe d’être mariée, que ma vie roule sur des rails et que j’ai gagné en assurance, en maturité et en bonheur, il me suffit de la regarder pour redevenir cette étudiante harcelée et maltraitée que j’étais quand j’ai rencontré Henry et qu’il m’a sauvée, ne lui déplaise. D’ailleurs, c’est sans doute aussi en partie à cause de mon amour et futur mari que je suis si angoissée devant la porte de Katharine, parce qu’il me semble lui-même assez traumatisé et effrayé à l’évocation de son ex-belle-sœur – ou peut être est-elle encore sa belle sœur ? Je ne sais pas franchement vraiment, en réalité. J’imagine qu’à la place de Katharine, je me détesterais, moi aussi. Si ma sœur avait épousé un homme, été assassinée, et que l’homme l’avait remplacée des années plus tard par une jeunette blonde et trop fertile pour se maitriser – oui, je l’aurais sans doute détestée. Mais d’un autre côté, je pense que j’aurais été capable de m’y faire, avec le temps, avec le sérieux, avec le recul. Je ne sais pas. Je suis de nature à connaitre les gens avant de juger. Mais Katharine ne fonctionne pas vraiment comme moi, et inutile d’avoir fait de longues études de psychologie pour comprendre qu’en dehors, sans doute, des intérêts d’Henry, nous n’avons pas grand-chose en commun au niveau caractère. C’est donc normal, sans doute, que j’angoisse à la perspective de me retrouver face à elle sur un terrain qui en plus n’est absolument pas professionnel, et dans le cadre duquel nous ne serons que l’une face à l’autre. Katharine m’impressionne, mais je sais aussi qu’elle reconnait mon talent d’actrice et qu’il est plus facile de la côtoyer quand nos relations sont exclusivement professionnelles. Mais aujourd’hui, si c’est de mon avenir professionnel dont je viens discuter, il s’agit aussi de mon avenir personnel et des évolutions diverses suivies par ma vie ces derniers temps.

Evidemment, comme j’ai demandé si je la dérangeais, elle ne manque pas de me répondre oui. Je m’ordonne de ne pas lui tendre la perche à de si faciles réponses qui me donnent instantanément envie de prendre mes jambes à mon cou pour faire demi-tour en repartant aussi vite que je suis arrivée. Mais je ne vais pas faire ça, je ne vais pas fuir, ni me réfugier derrière mon professeur de futur mari. Je prends une longue inspiration et observe avec un étonnement non dissimulé la porte qu’elle ouvre un peu plus de manière à me laisser entrer. J’évite de trop réfléchir alors que je franchis la distance qui me sépare de son… antre, me figurant une pauvre proie qui se dirige vers sa morte certaine à l’intérieur du terrier impressionnant d’un gigantesque rongeur. Je me mords l’intérieur de la joue pour éviter de rire en imaginant Katharine en rongeur menaçant et reprends mon sérieux à l’aide d’une grande respiration qui me donne le courage de marcher – ou plutôt de tanguer – jusqu’au salon, où je me laisse très rapidement tomber sur le canapé, sans attendre d’y avoir été invitée, parce que le stress pourrait ordonner soudainement à mes jambes de cesser de fonctionner, ce qui serait somme toute assez humiliant – et regrettable. Je lui offre un sourire que j’espère toujours cordial et non pas comme une mimique atroce de sourire forcé. Elle me demande que lui vaut le plaisir de ma visite et je ne peux retenir un rire nerveux qui m’échappe sans que je ne m’y attende réellement. Je me suis promis de jouer franc jeu, et je doute que prétendre soit la meilleure solution. Au contraire, rentrer dans son jeu ne me permettra que de récolter plus de piques du genre. Je prends donc une nouvelle inspiration, pose mes mains un peu tremblantes sur mes genoux et la regarde, en gardant l’air bienveillant que j’arrive à lui servir. « Je sais bien que ça ne vous pas plaisir de me voir », je note, en prenant grandement sur moi. « Je ne suis pas complètement idiote ». Oups. J’aurais peut être mieux fait de retenir mon aplomb et mon élan sur celle là, pour être honnête. Je grimace un peu et secoue la tête, comme pour effacer ce que je viens de dire. « Je ne suis pas là pour vous embêter, simplement pour discuter de la suite des films, du troisième, de la reprise, et de ma place, si vous le voulez bien », j’explique, maladroite. J’aimerais réellement pouvoir m’entendre avec tous ces gens qui composent plus ou moins la famille d’Henry, mais je doute que ce soit un jour possible. Cela dit, je suis loin d'être ingrate, et Katharine m'a apporté énormément au niveau professionnel.
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MessageSujet: Re: KATHARINE α hello, hello, that's awkward    Sam 31 Oct - 16:27

Katharine n’a jamais être une mauvaise boss. Évidemment, elle a sa petite réputation sur les plateaux de tournages, et mieux vaut la caresser dans le sens du poil, surtout lorsqu’elle est de mauvaise humeur. Mais cela vient surtout de la pression, à la fois des médias et d’elle-même, sur ses épaules à longueurs de journées – en tant que « fille de… », en tant qu’ex-femme de Garrett Fitzgerald, en tant que femme tout court. Elle sait que le moindre faux pas peut lui coûter sa carrière et sa notoriété, et elle travaille bien plus qu’il ne le faudrait (ou qu’il est bon pour sa santé, d’ailleurs) afin que l’on continue de la prendre au sérieux en tant que réalisatrice.

Alors, oui, elle est dure avec ses acteurs parfois. Elle ne tolère aucun retard. Elle n’apprécie pas forcément lorsqu’une scène est ratée et que l’on prend du retard dans le calendrier. Mais elle n’a jamais été cruelle envers ses employés, et est toujours à l’écoute lorsqu’ils ont des problèmes, des questions. Katharine se force d’ailleurs d’avoir des relations parfaitement professionnelles sur le plateau avec Leopold, sachant très bien qu’on l’accuse déjà assez de favoritisme comme cela, pas besoin d’en rajouter une couche.

Oui, Katharine est stricte mais juste. Oui, Katherine fait de son mieux.

Juliet est l’exception à la règle, voilà tout. Et peut-on vraiment blâmer Katharine pour ses jugements hâtifs, lorsque l’on connaît l’histoire familiale si funeste des Lawrences ? Lorsque l’on sait que Katharine n’a jamais réussi à faire le deuil de sa sœur, là où Elizabeth et Henry ont tous deux su se reconstruire après la perte de leur moitié ? Elle qui ne voit en Juliet qu’une pâle copie de Daisy, qu’un replacement de dernière minute pour combler un vide dans la vie d’Henry.

Mais le divorce de Katharine est encore frais dans son esprit, lui aussi, et elle connaît une chose ou deux sur le besoin de faire bonne figure « au moins pour les enfants… » alors elle laisse entrer Juliet, en se disant que Violet n’aimerait sans doute pas que sa tante et sa belle-mère reste fâchée. En se disant qu’elle doit garder des relations cordiales avec les Howards, ne serait-ce que parce que ses filles adorent Violet, et qu’elle ne veut pas être celle qui séparerait les cousines une bonne fois pour toute. Priorités, que voulez-vous.

Ce qui ne veut pas dire qu’elle doit se forcer d’être l’hôte la plus parfaite, celle qui ferait rougir de honte n’importe quel personnage d’en haut dans Dowtown Abbey. Ah celaà non. Alors Katharine ne demande même pas si Juliet souhaite quelque chose à boire, là où elle n’aurait aucun problème à mettre la théière à chauffer si elle avait d’autres invités, et à ouvrir une boite de gâteaux pour l’occasion. Elle vit avec trois filles et une fille au pair, les étagères de la cuisine regorgent de petites douceurs qu’elle pourrait servir avec un thé fumant, si l’envie lui prenait. Un autre jour, peut-être.

Elle se permet un regard critique vers Juliet alors qu’elle s’installe dans l’un des fauteuils, jambes soigneusement croisées aux chevilles, mains délicatement posées sur ses cuisses. La jeune femme semble fatigue, cette fatigue qui vient avec la naissance d’un enfant et qui ne part jamais vraiment – le genre que l’on remarque facilement, et que seul le travaille d’un maquilleur professionnel peut cacher. Juliet n’est pas une maquilleuse professionnelle, et le violet sous ses yeux se remarque facilement, même à la lumière naturelle. Katharine pourrait éprouver de l’empathie pour elle, mais elle s’en trouve bien incapable.

Un sourire sarcastique se dessine néanmoins sur ses lèvres lorsque Juliet perd sa patience le temps d’une seconde et répond effrontément à sa question. Elle a de l’audace, au moins, c’est déjà quelque chose. Katharine se retient alors de répondre d’une remarque sur la couleur de cheveux qu’elles ont en commun, et les stéréotypes qui vont avec – ne manquerait plus qu’elle donne l’illusion d’une complicité entre elle et Juliet, qu’elle tente de créer des liens autres que leurs liens avec Henry.

Et puis vient le moment où Juliet explique la raison de sa visite. Katharine ne peut qu’hausser un sourcil parce que – vraiment ? La déranger, dans le calme de sa vie privée, pour de telles broutilles ? Elle ne vient presque à vouloir mettre Juliet dehors, et lui rappeler gentiment qu’il existe tout un département pour cela au sein de la production des films. Mais Katharine prend sur elle, l’image de la patronne modèle et généreuse – enfin, presque. Elle n’arrive pas vraiment à se défaire du sarcasme dans sa voix, mais peut-on là aussi lui en vouloir ?

« Tu as signé un contrat pour les trois films. Ce contrat tient toujours, il me semble, à moins que tu ais décidé de le rompre. Ce qui ne serait pas dans ton intérêt, mais passons… » Remplacer l’un de leurs acteurs a été assez difficile comme cela, surtout étant donné les circonstances. Katharine ne veut même pas imaginer le désastre que serait le leur s’ils devaient soudainement ouvrir les castings pour une nouvelle Alice Longbottom. Katharine se permet alors un sourire un peu plus sarcastique, mais non dirigé vers Juliet cette fois, « Et puis je ne suis pas Joss Whedon, je ne vais pas te renvoyer parce que tu as fondé une famille. »

Katharine décroise et recroise ses jambes, s’installant un peu plus confortablement dans son fauteuil. Elle lève la main, si ce n’est pour offrir un vague geste du poignet alors qu’elle ajoute, « Libre à toi de renégocier ton contrat maintenant si tu le souhaites. Ce n’est pas comme si tu étais vitale pour la promotion du film, après tout. On s’est très bien passés de toi durant l’été. »

Méchant ? Sans doute. Mais également réaliste – Alice est un personnage important, mais non l’un des personnages centraux du film. Katharine aurait bien plus de problèmes si Leo ou Jessie avaient manqué à l’appel durant leur tournée mondiale. L’absence de Juliet, quant à elle, s’est à peine faite remarquée – surtout avec un casting aussi large que le leur. Alors, tant qu’elle arrive à l’heure pour les tournages et ne laisse pas ses mioches influencer ses performances devant la caméra, Katharine se fiche bien de savoir si Juliet serait de la partie pour les interviews et autres tapis rouges. Sérieusement, il s’agit bien là du cadet de ses soucis lorsque l’on parle des Marauders.
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