PALOMA/EZRA ♦ i'm not trying to flirt i just need the plug

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MessageSujet: PALOMA/EZRA ♦ i'm not trying to flirt i just need the plug   Lun 14 Sep - 2:59



le rp aléatoire
paloma anderson et ezra turner

Même s'il ne fréquente pas spécialement les lieux publics bondés, Ezra sait profiter des opportunités que lui offrent la vie. En l'occurrence, il s'agit du wifi d'un Starbucks. Sa connexion personnelle n'est pas au top de sa forme et plutôt que de pester des heures durant contre sa box, il s'est résolu à passer un peu de temps dehors. Hélas la technologie n'est pas aussi fiable qu'il le voudrait et la batterie de son mac ne va pas tarder à le lâcher. Il a encore une bonne trentaine à envoyer mais à chaque problème, sa solution. Il suffirait qu'il le branche sur secteur pour éviter de devoir expliquer à son éditeur pourquoi il n'a pas répondu aux nombreux messages pourtant urgents qu'il lui a envoyé. Il y a bien une prise disponible non loin de sa table. Seul hic, elle se trouve juste à côté du coude d'une jeune femme qu'il ne connaît ni d'Eve ni d'Adam. Comble de l'horreur, elle n'a pas l'air décidé à bouger mais il lui faut cette prise. Il la lui faut vraiment. Reste à savoir comment réagirait la pétillante Paloma devant l'arrivée d'un inconnu pas forcément des plus diplomates.


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♪ I think I'm gonna be sad, I think it's today, yeah. The girl that's driving me mad is going away. She's got a ticket to riiiide, she's got a ticket to riiiiiide, she's got a ticket to ride, but she don't care. ♫
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MessageSujet: Re: PALOMA/EZRA ♦ i'm not trying to flirt i just need the plug   Mar 29 Sep - 16:08

Au milieu du bordel innommable que devenait l’appartement d’Ezra se trouvait, sous une tonne de vieilles fringues, sa box internet. Le truc qui lui coutait un bras, ne ressemblait à rien et clignotait même la nuit, le réveillant sans cesse à des heures pas possible. Résultat, il avait décidé de planquer le machin au milieu de son salon pour ne plus être dérangé mais bien sur, ce qui devait arriver arriva et quelques semaines plus tard, tiré du lit par son tonitruant réveil mécanique qu’il avait cru bon d’acquérir pour 2£ dans une vieille brocante, Ez mit un pied au sol, se leva difficilement et puis ‘crack’. Instantanément, l’écrivain s’affala de nouveau sur le canapé convertible qui lui servait de lit, prit une grande inspiration, et hurla dans un coussin. Évidemment, cet incident funeste se produisait un mardi, aussi connu sous le nom de ‘jour des e-mails’, le jour où Ezra mettait de côté l’écriture pour se consacrer au côté ‘business’ de son boulot, dialoguer avec son éditeur, négocier ses articles avec des publications… impossible de passer plusieurs jours sans connexion, il allait finir par perdre définitivement le peu de sécurité l’emploi qu’il possédait.

De ce fait, Ez enfila un jean -troué à l’entrejambe sinon c’est pas drôle- et son vieux pull de Cambridge qui commençait à se faire vieux, fourra son ordinateur dans son sac et claqua la porte. Une fois dehors, il dressa mentalement une liste des endroits qui proposaient du wi-fi gratuit. Malheureusement, à cause de ses manières étranges, il s’était brouillé avec beaucoup trop de commerces du quartier et dû se résoudre à prendre le métro pour enfin trouver un endroit où entamer sa journée productive. Ezra se retrouva donc devant un Starbucks, endroit qu’il ne fréquentait que peu, il faisait en effet parti de cette catégorie de personnes trouvant leur café ‘imbuvable et hors de prix’. L’écrivain commanda rapidement une boisson au hasard et se dépêcha de s’assoir à une table où il pu enfin ouvrir son ordinateur et se mettre au travail.

Sa boîte mail était pleine à craquer, c’était ridicule. Comme d’habitude, les ‘courriers crescendos’ de son éditeur, dont les objets évoluaient tandis que la patience du bonhomme disparaissait, allant de ‘nouveaux chapitres ?’ à ‘deadline dans trois minutes’ - en capslock et à grand renfort de points d’exclamation évidemment. L’écriture du bouquin se passait plutôt bien, il était en bonne voie de terminer avec seulement huit mois de retard mais il peinait tout de même à apporter le mot de la fin à son histoire, il n’aimait pas planifier le dénouement à l’avance et se retrouvait souvent bloqué au moment d’en décider. De ce fait, son éditeur ne cessait de le harceler encore plus que d’habitude et c’était notamment pour cela qu’Ez avait extrêmement besoin d’une connexion internet aujourd’hui, il avait rendez-vous avec lui sur skype dans moins de cinq minutes.

Enfin, tout allait bien maintenant, le café n’était pas bondé, il allait donc pouvoir converser en toute tranquillité et il avait même pensé à prendre son chargeur d’ordinateur, sachant que celui-ci arrivait presque au bout de son autonomie. Dans très peu de temps à vrai dire. Maintenant en fait. Sauf que, pour une fois, Ezra avait pensé à tout…sauf à l’éventualité que la prise la plus proche soit située juste derrière la chaise de l’unique autre client, ou plutôt cliente. Ne possédant que très peu de sens commun et se foutant royalement de quelconques ‘bonnes manières’, il haussa les épaules, ramassa ses affaires et se dirigea vers la table de la jeune femme d’un pas décidé.

Une fois à destination, Ez s’installa sur le siège d’en face, posa son ordinateur sur la table -manquant de renverser tout ce qui se trouvait dessus - , dégaina son chargeur puis s’immobilisa soudainement au moment où il réalisa que cela n’allait pas être aussi simple. En effet, entre le moment où il avait quitté son emplacement précédent et celui où il s’était assis à nouveau, la jeune femme avait décidé de bouger légèrement son coude si bien qu’il recouvrait totalement l’objet tant désiré. Ainsi, à moitié allongé sur son clavier d’ordinateur, Ezra, chargeur en main avança doucement, centimètres par centimètres vers la prise, tentant de passer sous le coude de sa voisine sans qu’elle ne s’en rende compte, ce qui relevait surement de l’impossible.
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MessageSujet: Re: PALOMA/EZRA ♦ i'm not trying to flirt i just need the plug   Mer 30 Sep - 23:44


J'avais clairement besoin de mettre de l'ordre dans mes idées. Et tourner dans tous les sens dans mon petit appartement comme un lion en cage toute la journée allait probablement être assez peu efficace pour ça. Au moins, ma cage était maintenant rangée. Dans mon cas, l'un des rares avantages à être un peu sur les nerfs, c'est que ça se traduit par un rangement, voir un ménage, intensif du lieu où je me trouve - parce que oui, il m'arrive également de le faire chez les autres - je venais donc de passer près d'une heure à ranger tout ce qui traînait et à faire la poussière; mais si j'avais réussi à obtenir un bel appartement tout propre tout organisé, mes pensées étaient elles encore bien brouillées. Aussi j'attrapai mes clés, mon manteau et mon ordinateur - trio que l'on pourrait aussi appeler " petit nécessaire de survie personnel " - et sortis, pensant que l'air frais londonien - surtout à une heure aussi matinale - me ferait sûrement du bien.

Et en effet, je sentis mes épaules se dénouer quelque peu alors que l'air frais me transperçait la peau. Je m'arrêtai un instant pour profiter de l'instant. Étonnamment, j'appréciais beaucoup les matinées depuis que j'étais revenue sur Londres - ce qui semblait si loin du rythme que j'avais pris à l'université - mais j'avais assez rarement l'occasion d'en profiter tranquillement. Elles se résumaient le plus souvent à une préparation rapide pour ne pas être en retard, un café pris à la va vite et un métro bondé. Ou parfois par un invité surprise qui arrive chez moi en tentant d'entrer par effraction dans l'appartement de quelqu'un d'autre, mais c'était bien plus rare. Je décidai d'en profiter pour aller me balader à pied, pour une fois. Cela faisait longtemps que je ne m'étais pas promenée à Notting Hill sans but particulier.

Je ne comprenais pas ce qui n'allait pas chez moi. J'avais dégoté un poste dans un cabinet de détectives privés, soit exactement ce que je cherchais, dans un temps très raisonnable après mon diplôme et ça se passait bien, très bien. Bien entendu j'avais commencé par une assez longue et fastidieuse période de paperasse et de tâches assez basiques, mais j'avais finalement réussi à me faire une bonne place. Je faisais du bon travail, c'était un fait sur lequel tout le monde s'accordait, mon chef m'avait même conseillé de continuer sur cette route, que ça me mènerait loin dans ce métier. Et pourtant, ces derniers temps, je ne prenais plus autant plaisir à me lever tous les jours pour y aller. Je crois que j'étais lasse si on peut dire. Peut-être que j'avais un peu peur justement d'être lancée dans ma carrière, peur que ce soit ce que je vais faire pour tout le reste de ma vie. Je ne sais pas, quelque chose clochait sans que j'arrive encore à mettre un mot dessus. Et pourtant, à chaque pas que je faisais aujourd'hui alors que j'avais la journée de libre et pouvais faire absolument tout ce qu'il me plaisait, je n'arrivais pas à penser à autre chose qu'à un café et au boulot. J'appréciais les rues de Londres, l'air frais et les oiseaux qui chantaient. Mais j'avais plus important à faire. Et je n'arrivais pas à me détendre assez pour l'apprécier vraiment. Autant dire que j'étais bien confuse et d'un illogisme absolu.

Je décidai, face à l'échec de la promenade, de me diriger vers un autre endroit que j'aimais beaucoup dans cette ville: le Starbucks. Nous étions mardi matin, l'endroit devrait donc être plutôt tranquille. Et ils avaient à la fois du café et la wifi, deux très très bons points si vous voulez mon avis. Une fois sur place, je constatai avec plaisir que l'endroit était désert et je  m'installais avec un sourire à une table près de la fenêtre avant d'aller commander un macchiato et, je l'avoue, de me laisser tenter par un scone à la myrtille alors que le serveur préparait mon café. Munie de ma dose de caféine et de nourriture, je retournai donc à ma table et ouvrais mon ordinateur, ayant enfin tout ce qu'il me fallait pour tenir la journée - enfin si j'arrivais à tenir en place, mais dans un lieu comme celui-ci, ça devrait être possible. J'entrais le code wifi du Starbucks, et comme à mon habitude, commençai par vérifier mes mails - auxquels j'étais bien plus accro que mes textos - avant de me lancer dans quelques recherches sur un petit dossier qui m'était parvenu hier. Peut-être que travailler un peu me permettrait de me sortir le boulot de la tête, une fois que j'aurai fait le tour du dossier et envie de prendre une pause, changer un peu d'horizons, et je pourrai alors me concentrer sur la vraie question que je dois résoudre aujourd'hui : qu'est-ce que je veux vraiment ?

Tout de fois, je n'eus pas le temps d'en arriver à ce stade, puisqu'un jeune homme me coupa dans mes recherches en venant s'installer à ma table, juste en face de moi. Je relevai la tête de l'ordinateur et regardais autour de moi, peut-être le café s'était-il rempli sans que je m'en rende compte, trop absorbée dans ce que je faisais, mais non. Le café était toujours aussi désert, et pourtant ça n'avait pas empêché ce monsieur de venir me distraire. Je haussai légèrement les sourcils en reportant mon attention sur lui, m'attendant à ce qu'il me dise bonjour par exemple ou explique ce qu'il faisait là, mais il n'en fit rien, se contentant de poser assez brutalement son PC sur la table, manquant par-là de renverser mon café - mon scone se prit quelques éclaboussures mais heureusement pour la santé de cet inconnu mon ordinateur s'en sortir indemne. J'attrapai par réflexe ma tasse de café et ne la reposai que quand il eut fini de s'installer et que les principaux dangers semblèrent écartés. M'ignorant toujours royalement, mon nouveau voisin de table se mit à se pencher sur la table, au-dessus de son ordinateur et je finis par comprendre que son objectif n'était autre que la prise qui se trouvait à côté de moi. Ou derrière mon coude pour être plus précise. Coude que je ne bougeai pas d'un pouce à cette constatation, au contraire j'avais plutôt envie de bloquer encore plus le passage mais ça n'aurait pas été très civilisé. Je me contentai donc de m'adresser avec lui en haussant un peu les sourcils mais avec un sourire: « Bonjour à vous aussi. Oui, la place est libre. » et, montrant du menton son bras désespéramment tendu vers la prise j'ajoutai : « Vous avez besoin de quelque chose peut-être ? »


Dernière édition par S. Paloma Anderson le Ven 16 Oct - 23:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: PALOMA/EZRA ♦ i'm not trying to flirt i just need the plug   Ven 16 Oct - 22:03

Ezra était tellement concentré sur sa petite manoeuvre qu’il fut encore plus surpris quand sa voisine de table s’adressa à lui. Il sursauta et se recula instantanément, observant d’un oeil l’écran de son ordinateur s’assombrir, son visage se teintant d’une moue désappointée. Ez n’était pas quelqu’un de foncièrement mauvais, loin de là, il aimait sourire aux inconnus dans la rue, était plutôt extravertie et, comme chacun le sait, vouait une admiration incontrôlée pour ces créatures fascinantes qu’étaient les femmes. Ainsi, il lui était très difficile de dire non à l’une d’elles si tant est qu’elle remplissait une grille de critère qui la faisait passer de ‘banale’ à ‘extraordinaire’ - il suffisait de peu -. L’écrivain observa le jeune femme quelques instants et petit à petit, il se rendit compte à quel point elle avait l’air intéressante. Evidemment, il avait déjà tout gâché en agissant comme il l’avait fait, mais ça il ne le savait pas encore et ne s’en rendrait surement jamais compte. C’était un peu ça son problème, Ezra avait du mal à comprendre que le monde était régi par tout un tas de règles implantées dans le sens commun de chacun, ça lui passait au dessus de la tête.

 « Ton coude me gêne en fait… Il marmonna, montrant son chargeur à la jeune femme. Son éditeur allait le tuer, il était déjà en retard pour leur petit rendez vous sur skype. Rendez-vous auxquels il n’assistait déjà que très peu souvent tant il avait honte de devoir encore et encore répéter qu’il n’avait rien écrit. Mais aujourd’hui c’était différent, Ez avait enfin de bonnes nouvelles à annoncer et c’était en parti pour cela qu’il avait couru si vite jusqu’à la station de métro la plus proche puis jusqu’ici alors qu’il aurait simplement pu reporter une énième fois cette réunion par webcams interposées. Ainsi, l’urgence de la situation le poussa à faire quelque chose qu’il n’aurait surement jamais fait si la personne en face de lui n’avait pas été une fascinante demoiselle à qui il avait envie de poser un milliard de question.  « Hum…okay, désolée d’avoir été impoli et tout ça mais là j’suis vraiment en retard, faut absolument que je branche cette saleté d’ordinateur ou clairement je perds mon travail. » Ezra insista, de plus en plus stressé. Bon, il avait peut être un peu exagéré, il n’allait pas perdre son travail, juste se faire crier un peu dessus comme bien souvent.

L’écrivain se fit la promesse de payer un café à la jeune femme si jamais elle acceptait de le laisser utiliser la prise malgré ses manières douteuses. En période de stress, son égoïsme prenait des proportions incroyables et affectait toutes les personnes qui avaient le malheur de croiser son chemin, famille et amis compris. Ezra vivait dans une espèce de boucle sans fin qui durait en moyenne un an, il passait huit mois environ à se morfondre sans pouvoir écrire un mot, deux mois à écrire jour et nuit et les deux mois restant à stresser comme un fou parce qu’à force de dépasser les deadlines, il réussit toujours à mettre l’intégralité de la maison d’édition dans le rush. Tout ça pour des bouquins qui n’intéresse qu’un petit cercle très fermés de gens pompeux. Cependant, cette fois là, le schéma était un peu différent, Ez faisait face à de nouveaux enjeux. Il s’était lancé dans l’écriture d’un roman plus accessible qui lui ouvrirait peut être plus loin que les portes des librairies spécialisées. De ce fait, tout s’en trouvait décuplé, des défis habituels au caractère insupportable d’Ezra.

L’écrivain arrivait donc dans la période la plus stressante pour tout auteur. Parce qu’au final, l’écriture, c’est long et on est tout le temps sous pression mais au moins on peut tranquillement rester chez soi enfermé sans avoir besoin de serrer des dizaines de mains ou de faire semblant d’avoir lu et apprécié les livres des autres. À vrai dire, tout ce qui intéressait Ez dans ces horribles soirées de lancement, c’était le buffet et l’open bar, il finissait très souvent dans un état assez lamentable, ce qui ne profitait pas à sa faible notoriété. Or, il avait décidé de faire bien cette fois, il avait le sentiment que ce roman pouvait être son gros breakthrough et qu’il serait ensuite réellement installé dans le paysage littéraire de son pays, ce qui lui permettrait même d’arrêter d’écrire des articles. Le rêve en soit. C’est ainsi en pensant à tout cela qu’Ezra avait mis sa fierté de côté pour tenter un geste d’amabilité envers la jeune femme.

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MessageSujet: Re: PALOMA/EZRA ♦ i'm not trying to flirt i just need the plug   Sam 17 Oct - 0:18



Je ne sais pas à quoi je m'attendais en tentant ces petites remarques, mais certainement pas à ça. Je n'aurais sûrement pas dû m'étonner du mouvement de recul du jeune homme, après tout, après une telle entrée en matière il n'était guère surprenant qu'un banal petit " Bonjour " le prenne par surprise. En fait, si, je sais à quoi je m'étais attendue. J'avais naïvement pensé que le jeune homme était juste absorbé dans ce qu'il faisait, et qu'il n'avait pas pris conscience de son comportement. Mes quelques mots auraient dû suffire à obtenir un petit : " Désolé, bonjour, navré de vous importuner, mais j'ai vraiment besoin de la prise si vous n'en avez pas l'utilité. " Ou quelque chose du genre. Mais c'était apparemment trop demander. A la place, j'eus droit à un mouvement de recul comme si j'avais envahi son espace - alors qu'en réalité, c'était plutôt l'inverse - suivi d'une observation de ma personne, comme s'il réalisait subitement que j'étais là. J'haussai quelque peu les sourcils et m’apprêtais à lui faire remarquer que nous n'étions pas dans un zoo mais dans un café, mais je n'en eus pas le temps, interrompue par un marmonnement que je décryptais comme :  « Ton coude me gêne en fait… ». Décidément, les compétences sociales de mon interlocuteur ne faisaient que s'améliorer. Je retenais un sarcastique " Vraiment ? " qui n'aurait probablement pas amélioré la situation, bien qu'il aurait été tout à fait approprié. Comme si ce n'était pas suffisant, il agitait son chargeur sous mon nez. Soit mon commentaire sur la prise avait été vraiment trop subtile pour lui, soit de l'extérieur j'avais vraiment l'air d'une idiote finie, sinon comment expliquer le fait qu'il semblait persuadé que je n'avais pas compris la situation. J'avais l'impression d'être devant un gamin à qui je demandais de prononcer le mot magique pour lui donner sa part de gâteau. Ce qui n'était en fait pas très loin de la situation actuelle. Contrairement à ce qu'il semblait croire, j'avais bien compris son intérêt pour la prise, et je n'avais rien contre partager cette petite source d’électricité, j'attendais juste qu'il en fasse la demande avec des mots et un minimum de politesse, ce qui me semblait bien peu demander à l'origine mais après ces quelques instants, je commençais à croire que c'était mettre la barre bien trop haute pour lui.

Mais il faut croire que tout le monde peut nous surprendre - surtout les gens que l'on vient à peine de rencontrer, j'imagine -, puisque le jeune homme s'excusa - enfin, presque - finalement : « Hum…okay, désolée d’avoir été impoli et tout ça mais là j’suis vraiment en retard, faut absolument que je branche cette saleté d’ordinateur ou clairement je perds mon travail. ». Après un petit instant de réflexion, je décidai de passer au-dessus du " et tout ça " qui enlevait quelque peu de la sincérité de ses excuses. De ce que j'avais vu jusque là, son comportement lui semblait normal et non une raison de s'excuser. Mais il n'avait pas l'air méchant, et il faisait un peu pitié avec sa précipitation, son portable complètement déchargé alors que c'était son outil de travail et son air mignon et un peu paumé, alors je choisis de laisser ma mauvaise humeur de côté et tentai de tourner cette surprenante et étrange rencontre en quelque chose de positif - l'espoir fait vivre, les amis - : « Ok, je te propose un deal. Et je me permets de te tutoyer, vu que tu fais de même avec moi, enfin, quand tu as pris la peine de m'adresser la parole... Enfin bref. Je te laisse brancher ton ordinateur tranquillement, après tout je ne voudrais pas me retrouver responsable pour ton chômage, je ne suis pas un monstre. Et le temps qu'il se charge un peu, on reprend ton arrivée à zéro: avec un bonjour, ton nom et peut-être même un sourire si c'est pas trop demandé » je répondis donc en parlant trop et trop vite comme d'habitude mais surtout en décalant mon coude pour lui laisser la place de brancher son ordinateur, tout en attrapant ma tasse de café de l'autre main - on est jamais trop prudent, brancher son ordinateur allait nécessiter qu'il se déplace et de toute évidence il avait un peu de mal avec ça.

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MessageSujet: Re: PALOMA/EZRA ♦ i'm not trying to flirt i just need the plug   Mar 20 Oct - 16:12

A l’instant même où la jeune femme prononça les mots ‘je te laisse brancher ton ordinateur’, Ezra n’entendit plus que ça et patienta fébrilement jusqu’à ce qu’elle finisse de parler. Il ne se fit pas prier et inséra au plus vite son chargeur dans la prise désormais accessible. Tout allait bien, il allait pouvoir reprendre ses activités d’ici quelques minutes. D’ailleurs…il était persuadé que sa voisine avait parlé de quelque chose en rapport avec ces quelques minutes mais comme à son habitude, Ez avait seulement gardé en mémoire l’info qui l’intéressait, il lui fallu de ce fait trente secondes de silence bien gênant pour se souvenir de ce qu’il était censé faire maintenant.

Voilà ! Faire connaissance ! Enfin, c’était ça qu’il avait compris du moins. L’écrivain se racla la gorge et réajusta ses lunettes. Ok, faire connaissance…plus difficile qu’il n’y parait. Les yeux fixés sur son clavier, il prit une grande inspiration et puis…rien. Ezra avait l’habitude de parler vite en mangeant les trois quarts de ses mots et dans un état de stress, il devenait presque incompréhensible, de ce fait il avait peur que sa petite présentation se transforme en ramassis de mots hasardeux, mêlant bégaiement et tremblements dans la voix. Il décida donc, avant toute chose, de se calmer un peu et surtout de prévenir son éditeur avant que celui-ci décide de jeter tout les progrès réalisés jusqu’ici à la poubelle.

Ez adressa à la jeune femme un sourire sincère, il avait plutôt apprécié sa répartie, le fait qu’elle ne se laisse pas faire par ses manières inhabituelles contrairement à beaucoup d’autres qui sont si déstabilisés qu’ils n’osent rien dire. Son ordinateur retrouvait la vie doucement mais surement et il décida de ce fait d’envoyer un rapide sms à son éditeur pour le prévenir de la situation, bien que celui-ci ne soit pas des plus compréhensifs et n’accepterait surement pas sa piètre excuse. Au moins, cette fois il avait de bonnes nouvelles à lui annoncer. A vrai dire, au fond, Ezra était presque content d’avoir retardé un peu le rendez-vous, il savait que malgré que son livre soit terminé, c’était seulement d’après lui et au final, ce n’est jamais l’auteur qui décide dans ce monde. Ainsi, rien n’empêchait son rigide patron de lui demander expressément de changer la fin pour quelque chose de plus ‘vendeur’ voir même d’effacer/rajouter/réécrire entièrement un chapitre.

L’écrivain avala sa dernière gorgée de café, il allait un peu mieux et était disposé à discuter. Cela pourrait même lui faire du bien. « Alors, bonjour…moi c’est Ezra, j’ai vingt-neuf ans et là juste ce matin, je viens de finir d’écrire mon euh…troisième bouquin et là j’ai rendez-vous sur skype avec mon éditeur qui me déteste déjà et j’suis en retard d’une demi-heure, du coup..désolé d’etre arrivé si brusquement. Hum…je crois que c’est tout. » Il parlait vite, mais au moins c’était correct et il avait même réussi à formuler des excuses un peu plus civilisées. Un coup d’oeil à leurs deux tasses vides lui rappela sa petite promesse mentale faite quelque instants plus tôt et il se leva. « J’arrive tout de suite » dit-il avant de se diriger vers le comptoir.

Le café était toujours presque vide et Ez pu donc accéder rapidement à la caisse avant de revenir vers la petite table, deux boissons en main. « Tiens, je suis gentil en vrai. » Il affirma, pointant le gobelet du doigt, comme une preuve de ce qu’il avançait. Il reprit place en face de la jeune fille et lança un regard à son téléphone. Pas de nouveaux messages. Bon.
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MessageSujet: Re: PALOMA/EZRA ♦ i'm not trying to flirt i just need the plug   Sam 24 Oct - 14:08



On aurait pu croire que je venais d'ouvrir la porte de la cage d'un lion tellement le jeune homme se jeta sur la prise à l'instant même où j'arrêtai de parler. Apparemment "je te laisse brancher ton ordinateur" étaient des mots magiques dans le doux monde du Starbucks. Après quoi, je ne sais pas vraiment ce qui se passa dans sa tête, peut-être réfléchissait-il à ma proposition ou se concentrait pour se souvenir de son propre nom. En tout cas, ça résulta en un silence un peu gênant et étrange. Il sembla avoir une petite révélation - peut-être son esprit venait de revenir sur Terre ou dans l'instant présent - et sembla se décider enfin à interagir avec moi, du moins par la voix puisque ses yeux étaient eux fixés sur son clavier. Je m'étais retrouvée face à un bien étrange spécimen apparemment, timide du moins. Il prit une grande inspiration, j'eus l'espoir de pouvoir finalement l'appeler par son nom et non partir en courant et fuir cette étrange situation, mais non. Je haussai légèrement les sourcils, envisageant finalement de laisser tomber ma piètre tentative de sociabilisation, quand il il me regarda finalement et m'adressa un beau sourire. Juste avant d'envoyer un message sur son téléphone. Décidément, nous n'allions jamais nous en sortir. J'avais déjà eu moins de mal à approcher un chat sauvage.

Je me retournai donc vers mon ordinateur, décidée à me replonger dans mon propre travail - au moins le temps que mon voisin soit en mesure de m'adresser la parole à voix haute, mais assez rapidement je fus interrompue par sa voix, qui débita rapidement: « Alors, bonjour… moi c’est Ezra, j’ai vingt-neuf ans et là juste ce matin, je viens de finir d’écrire mon euh… troisième bouquin et là j’ai rendez-vous sur skype avec mon éditeur qui me déteste déjà et j’suis en retard d’une demi-heure, du coup... désolé d’être arrivé si brusquement. Hum… je crois que c’est tout. » Je relevais les yeux vers lui et souris. On aurait dit la présentation d'un élève le premier jour de classe, mais au moins ça semblait sincère. C'était donc un auteur, je dois avouer que sur ce point-là il me prenait bien par surprise. Je m'apprêtais à lui répondre, et à me présenter à mon tour, mais il ne m'en laissa pas le temps, se contentant d'un petit « J’arrive tout de suite » avant de se lever et de se diriger vers le comptoir. Il avait des manières étranges et bafouillait pas mal, mais mine de rien, je commençais à apprécier le jeune homme, enfin Ezra, maintenant que je connaissais son nom.

Je le suivais des yeux alors qu'il allait se recommander du café et notais avec un tantinet de surprise et de plaisir que c'est avec deux tasses qu'il revint finalement à notre petite table. « Tiens, je suis gentil en vrai. » répliqua-t-il en indiquant du doigt l'un des gobelets. Mon sourire s'élargit à cette remarque, un peu cavalière mais vraie. « Je n'en ai jamais douté. Enfin, presque jamais. » je répondis, encore souriante et attrapant ce nouveau gobelet - un café gratuit, de bon matin, ça ne se refuse pas. J'en bus une petite gorgée alors qu'il vérifiait son téléphone, sûrement en attente de nouvelles de son éditeur. « Moi, c'est Paloma. Enchantée Ezra. » me présentai-je finalement avant d'ajouter en soulevant légèrement ma tasse « Et merci pour le café. » Je jetai un oeil sur son téléphone et demandais : « Pas de nouvelles de votre éditeur alors ? Il faut croire que vous êtes coincé avec moi. » Logiquement, vu ses coups d’œil répétés et son peu de respect pour les règles de politesse, j'imagine que si son éditeur avait répondu, il serait déjà sur son téléphone ou ordinateur tout en m'ignorant complètement. Alors autant que je profite de mes quelques minutes d'attention, surtout que sa courte présentation m'avait assez intiguée. « Écrivain alors... » je poursuivis donc en touillant tranquillement mon café « De quoi parlent vos livres, si ce n'est pas trop indiscret ? Je dois avouer qu'il ne me semble pas en avoir déjà lu. »
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MessageSujet: Re: PALOMA/EZRA ♦ i'm not trying to flirt i just need the plug   Sam 31 Oct - 1:37

Elle était drôle, Paloma. Et puis son prénom avait cette petite touche de fantaisie qui plaisait beaucoup à Ezra. Son éditeur n’avait pas l’air de se soucier de lui et il préféra donc déposer son téléphone sur la table pour accorder un peu plus d’attention à son interlocutrice. Il avala une gorgée de café pour cacher un sourire narquois, elle continuait à lui parler avec ce ton très formel tandis qu’il s’adressait à elle comme il s’adressait à tout le monde, le plus familièrement possible, ce qui donnait un air presque absurde à leur conversation. Parler de ses livres lui faisait très plaisir, il n’en avait que peu souvent l’occasion, à part aux soirées de lancement. Peu de gens s’y intéressent, certains de ses amis ne savent même pas qu’il a déjà été publié plusieurs fois. Cependant, Ezra était extrêmement fier de son travail et avait une habitude assez particulière, il aimait garder un exemplaire d’un de ses ouvrages dans son sac, tout le temps, au cas où. Aujourd’hui, il avait Pond avec lui, son deuxième livre. Bien que son éditeur ai décidé de le vendre comme le premier, décidant que son réel premier travail, Thoughts, n’avait aucun intérêt et rendait son utilisation fréquente de produits illicites bien trop obvious et risquerait de le discréditer. Les exemplaires restants de ce bouquin ci s’usent donc dans un carton poussiéreux chez lui.

A l’inverse, Pond s’est plutôt bien vendu dans le cercle littéraire londonien, Ez a même donné quelques interviews pour des magazines spécialisés. Il aime parler de celui-ci, en particulier du travail d’observation de plusieurs mois qu’il a du effectuer pour apporter un maximum de détails à son histoire. De ce fait, à l’instant même où Paloma lui demanda de quoi parlait ses livres, il plongea la main dans son sac et en sortit le petit volume d’une centaine de pages, couverture sobre, pas d’image, un simple blanc et son nom et le titre.  « Ça me surprend pas, personne lit mes bouquins, enfin, pas grand monde quoi… » Ezra dit en soupirant, ça ne l’embêtait pas plus que ça, il avait trouvé son public après tout, mais il était de fait qu’il rêvait de toucher un peu plus de monde avec ses mots.  « Enfin, puisque tu m’en parles, j’ai ça sur moi, c’est mon deuxième livre, il s’appelle Pond. Rien à voir avec Doctor Who.» L’écrivain enchaîna, ne pouvant s’empêcher de rire à sa propre blague.

Une autre gorgée de café et il se décida à en dire un peu plus à Paloma.  « Ok alors, Pond en gros c’est l’histoire d’un gars un peu nul qui va tout les jours peindre l’étang qui est en face de chez lui, je te préviens tout de suite, il se passe rien du tout de plus, c’est pas mal chiant. » Il était évident qu’Ez n’était pas le roi du marketing, c’était surement la raison pour laquelle son éditeur l’empêchait de parler et lui ordonnait de se contenter de sourire et de serrer un maximum de mains à ses lancements. [color=cadetblue] « J’vais t’en lire un bout, ce sera plus explicite. » Ezra décida, et ouvrit le livre à une page au hasard. Il n’avait pas lu son propre boulot depuis des mois. Avant, il prenait plaisir à relire ses écrits, il en était même très fier mais son affreux blocage lui avait fait perdre toute confiance en son talent, si bien qu’il s’était mis à détester tout ses précédents bouquins sans raison apparente. Aujourd’hui était donc un grand jour, Ez reprenait contact avec des pages qu’il n’avait pas touchées depuis longtemps, des pages dont il avait été si fier auparavant. Il se sentit apaisé dès les premiers mots, comme s’il rentrait chez lui, ça faisait un bien fou.
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MessageSujet: Re: PALOMA/EZRA ♦ i'm not trying to flirt i just need the plug   Sam 7 Nov - 15:03


Je ne pus m'empêcher de sourire légèrement lorsqu'il déposa son téléphone sur la table et sembla s'en désintéresser quelque peu. Apparemment, je valais quelques minutes d'attention, ce qui était étonnamment flatteur. J'avais naturellement repris le vouvoiement avec le jeune homme, sans même m'en rendre compte, alors que lui parlait comme si on se connaissait déjà. Sûrement parlait-il ainsi avec tout le monde. Je me demandais comment il agissait, quels mots il employait avec les personnes réellement proches de lui. Ça ne me concernait pas, bien entendu, mais ça ne m'empêchait pas d'être curieuse. Je bus une autre petite gorgée de ce doux et gratuit café alors qu'il plongeait dans son sac - c'était apparemment nécessaire pour répondre à mon anodine petite question sur ce qu'il écrivait. Il en sortit un petit volume très sobre, très clair, avec juste quelques mots inscrits: un titre, un nom. Qui ne laissait presque rien transparaître de son contenu. Ça m'avait toujours encore plus donné envie de les ouvrir, les feuilleter, lire quelques lignes perdues au milieu des pages, en découvrir par moi-même les thèmes et secrets. Celui était apparemment né dans l'esprit de mon étrange voisin de table, puisque je reconnaissais son prénom sur la couverture. Ezra Turner. « Ça me surprend pas, personne lit mes bouquins, enfin, pas grand monde quoi… » répondit-il finalement, me coupant dans mon observation. Je relevais les yeux. Je me demandais s'il était déçu, triste de ne pas pouvoir partager son oeuvre avec un plus large public. Il n'avait pas l'air tant touché à cet instant, mais les apparences sont souvent trompeuses, surtout lorsque l'on parle de presque-inconnus. « Enfin, puisque tu m’en parles, j’ai ça sur moi, c’est mon deuxième livre, il s’appelle Pond. Rien à voir avec Doctor Who. » Je souriais à cette remarque. Pas de lien évident alors, mais même inconsciemment ce devait au moins être un petit clin d’œil d'avoir appelé son livre ainsi, non ? Surtout si même lui y voyait mine de rien une connexion et en jouait.  « Ok alors, Pond en gros c’est l’histoire d’un gars un peu nul qui va tout les jours peindre l’étang qui est en face de chez lui, je te préviens tout de suite, il se passe rien du tout de plus, c’est pas mal chiant. » Je haussai les sourcils à cette dernière remarque, étonné du peu de crédit que le jeune homme donnait à son propre livre. J'osais espérer qu'il n'en parlait pas ainsi quand il était censé en faire la promotion, sinon il n'était guère étonnant que peu de monde le connaisse. Pour ma part, ce court résumé m'avait surtout intrigué. Je n'avais pas besoin d'énormément d'action dans mes livres - quoi que quelques auteurs avaient tout de même réussi à me faire abandonner faute de patience - et l'idée de base pouvait être intéressante avec un personnage bien développé. Et un livre bien écrit, bien entendu. Ce que j'allais très vite découvrir puisque malgré sa piètre opinion du livre, Ezra décida de m'en faire la lecture: « J’vais t’en lire un bout, ce sera plus explicite. » lança-t-il avant d'ouvrir le livre, apparemment au hasard et d'en commencer la lecture.

Je l'observais un instant, plongé dans la lecture de ses propres mots, étant moi-même de plus  en plus intriguée par le jeune homme. Il semblait avoir une relation étrange avec ses écrits. Il avait beau les dénigrer dans ses paroles, à cet instant, on ne pouvait douter qu'ils avaient une place importante dans son cœur. Je fermais finalement les yeux, tentant de me concentrer sur les mots dont j'avais quelque peu perdu le fil, sachant que ça ferait sûrement mauvaise impression de ne pas avoir écouté alors qu'il relisait un extrait juste pour moi. Et puis, j'avais envie d'écouter, de savoir ce que ce livre contenait et valait réellement. Je me laissais doucement bercée par sa lecture. Sa voix était étrangement calme et apaisante quand il lisait. Peut-être était-il plus assuré, plus posé en tout cas. Je clignais un instant des yeux quand sa voix s'arrêta et que je dus rebasculer dans la réalité. Je me tournai vers lui et réalisai qu'il s'attendait sûrement à un avis, un commentaire, une réponse, quelque chose en fait. La session lecture m'avait mise dans un état un peu étrange, et je décidai de commencer par une longue gorgée de café et une dernière petite bouchée de scone pour émerger. L'esprit un peu plus vif et ancré à ce monde, je pris finalement la parole:  « Je ne trouve pas ça chiant personnellement. ». Je ne disais pas ça pour le rassurer ou par pur plaisir de contradiction, non, c'était sincère. Je ne comprenais pas pourquoi il avait une aussi mauvaise estime de son travail, c'était pas mal du tout au contraire. Pour détendre l'atmosphère, j'ajoutais avec un sourire:  « Certes, il n'y a pas de jolie écossaise aux  roux flamboyant. Mais c'est un défaut partagé par de nombreux bouquins. » Et certes je n'étais pas drôle, mais c'était là aussi un défaut partagé par de nombreuses personnes. Je repris un peu plus sérieusement: « Pour de vrai, j'aime bien. Il faudra que je me procure un exemplaire, voir ce que vaut le texte intégral. » Je me retins d'ajouter, voir si c'est aussi chiant que ce que les gens disent, j'ai eu droit à une très mauvaise critique quand on me l'a présenté. J'avais fait suffisamment de mauvaises blagues pour le moment. Et Il ne me connaissait pas encore suffisamment pour avoir à supporter le fait que j'ai un très mauvais sens de l'humour et que je suis complètement têtue - seule raison pour laquelle je persiste encore avec mes blagues. « Même si ça me manquera sûrement de plus avoir l'auteur sous la main pour me le lire. » j'ajoutai sans vraiment réfléchir. Mon côté un peu formel commençait à s'effacer. Cette petite séance de lecture m'avait décidément détendue et je ne sais pas, découvrir ses écrits me faisait me sentir un peu moins inconnue avec le jeune homme.


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MessageSujet: Re: PALOMA/EZRA ♦ i'm not trying to flirt i just need the plug   Lun 30 Nov - 23:19

Au fil des mots, Ezra reprenait goût à sa plume, un petit sourire en coin se dessinant sur son visage quand un paragraphe ou une simple phrase le replongeait dans les conditions d’écriture de son premier vrai ouvrage. Il n’avait pas envie de s’arrêter tant le bonheur qui le traversait était intense mais il se souvint soudainement qu’il avait un public et ne voulu pas ennuyer plus que ça la charmante jeune femme en face de lui. Quand elle lui avoua avoir trouvé ces quelques pages plutôt intéressantes, il ne pu s’empêcher de lui adresser un grand sourire sincère, un peu naïf, ses joues avaient même rougit un peu au doux son d’un compliment sur ses écrits. Ez posa le livre devant lui et redressa ses lunettes avant de boire une longue gorgée de café trop chaud.  « Ah, je pourrais écrire des centaines de pages sur Amy, je suis sure que ça se vendrait mieux que ça » Répondit-il à a remarque de Paloma, en pointant son bouquin du doigt. Il avait toujours adoré Amy Pond, pour pleins de raisons mais surtout parce qu’elle lui rappelait sa meilleure amie Eileen, une autre rousse indomptable à la répartie sans faille.

Quand elle exprima son envie de lire l’intégralité des cent pages, le sourire d’Ezra s’agrandit -si c’était seulement possible de sourire encore plus- et il s’empressa de sortir son vieux stylo plume de son sac avant de gribouiller quelques mots sur la page de garde de l’exemplaire qu’il avait amené jusqu’ici. Un sobre ‘Pour Paloma, en plus du café. Ezra (le gars du Starbucks)’ avant de lui tendre. [color=cadetblue] « Pour toi, j’en ai des cartons à la maison. » Il dit en haussant les épaules. C’était l’inconvénient d’être écrivain, trimballer des dizaines d’exemplaires de ses propres livres. Au début, pour blaguer, Ez avait chaque année offert ses livres à tous ses proches pour Noël jusqu’à ce que ça ne fasse plus rire personne et qu’il se voit obligé de trouver un autre destin à tout ces cartons intacts.

En prenant bien soin de faire le plus vite possible, Ezra déverrouilla son téléphone qui venait tout juste de vibrer, son éditeur avait reporté leur rendez-vous à demain ce qui le fit souffler. De ce fait, il n’avait pas vraiment besoin de rester là et aurait pu tranquillement rentrer chez lui mais sa journée commençait seulement à devenir intéressante et il refusait de quitter Paloma avant d’avoir un peu plus appris à la connaître. Il aimait tant rencontrer du monde, se balader dans Londres et croiser une tête connue à chaque coin de rue, ça faisait tout son bonheur. Son ordinateur chargeait tranquillement, il avait certes, quelques mails à envoyer mais ceux-ci pouvaient attendre demain en vue de la nonchalance inhabituelle de son éditeur.  « Et bah, maintenant que tu sais pleins de trucs sur moi, je peux te demander ce que tu fais dans la vie ? » Ez demanda, non par politesse mais réellement intéressé.

L’écrivain hésita à sortir son carnet de notes de son sac au moment où il posa cette question à Paloma, voilà une habitude dont il avait du mal à se défaire, prendre des notes sur les gens, notes qu’il utilisait ensuite pour construire les personnages de ses futurs livres. C’était quelque chose qui déstabilisait pas mal certains de ses amis et qui faisait carrément peur aux personnes qu’il ne connaissait que peu et avec qui il se permettait de faire cela. Dès le début, Paloma l’avait intéressée mais justement, elle était presque trop intéressante pour risquer de la voir s’en aller à cause de quelques mots sur un calepin.

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MessageSujet: Re: PALOMA/EZRA ♦ i'm not trying to flirt i just need the plug   Mar 1 Déc - 0:09



À la vue de l'immense sourire qui s'étalait sur son visage au fil de mes commentaires, je fus vraiment ravie de l'avoir interrogé sur ses ouvrages. Et je ne pus m'empêcher de sourire à mon tour, à croire que c'était contagieux. C'était rare de rencontrer des inconnus qui venaient égayer votre journée, rare et précieux. Sans compter que faire rougir un inconnu avec juste quelques mots est toujours un délice. « Ah, je pourrais écrire des centaines de pages sur Amy, je suis sûre que ça se vendrait mieux que ça » me répondit-il finalement, un peu perdu dans ses pensées je crois - peut-être à rêver de s'envoler dans une boîte bleue, qui sait -, mais je notais que même là, il en profitait pour rabaisser son oeuvre. Je me demandai une fois encore ce qui l'avait poussé à en arriver là, à avoir une si piètre estime de ce qu'il faisait, alors qu'il se débrouillait plutôt bien. Il était difficile de réussir à faire éditer son livre, encore plus plusieurs. Et il continuait à écrire. Qu'est-ce qui le conduisait à écrire encore alors qu'il était incapable de reconnaître que ce qu'il faisait avait de la valeur ? Cherchait-il désespéramment à finalement écrire un ouvrage valable à ses yeux ? Mais dans ce cas, pourquoi prendre la peine de publier les autres ? Avait-il peur de reconnaître qu'il estimait son travail par peur des critiques qu'il pourrait recevoir ensuite, niant l'espoir par peur de l'échec d'une certaine manière ? Je plissais doucement les yeux en l'observant. Il y avait tant de questions que j'avais envie de lui poser. Et l'intégralité d'entre elles était absolument déplacée par rapport à la situation.

Je secouai la tête et revins à la réalité alors qu'il était en train d'écrire quelques mots manuscrits à l'intérieur de son livre. Livre qu'il me tendit. « Pour toi, j’en ai des cartons à la maison. » Je le pris, surprise, je dois bien le reconnaître, et un sourire sincère se dessinant sur mon visage. Je ne pouvais guère concurrencer avec le sien, mais tout de même. J'appréciais réellement ce geste de générosité de la part d'un homme que je venais à peine de rencontrer. Je le remerciais dans un souffle. Je pensai l'espace d'un instant que s'il distribuait aussi facilement ses ouvrages, peut-être avait-il plus de succès qu'il le croyait, juste faisait beaucoup moins de vente, mais ce n'était probablement pas le moment pour ce genre de commentaire, ça gâcherait un peu mes remerciements qui n'auraient pu être plus sincères. Je baissais les yeux vers le petit ouvrage qui dorénavant m'appartenait et soulevai doucement la couverture pour lire les quelques lignes qu'il avait tracé sur la page de garde:  ‘Pour Paloma, en plus du café. Ezra (le gars du Starbucks)’. Un petit mot simple, sobre, mais qui m'arracha un nouveau sourire. Je ne pensais pas avoir besoin de cette parenthèse pour me souvenir de qui il était. J'espérais que non, pensais-je ensuite en fronçant un peu les sourcils. On venait certes de se rencontrer, mais j'avais l'impression de commencer à le connaître et mine de rien, je voulais le connaître. C'était presque vexant au fond qu'il pense que je ne me souviendrai pas de lui. Je ne savais juste pas si c'était vexant pour lui ou pour moi. Avait-il autant d'estime pour lui-même que pour ses écrits ?

Je relevai les yeux vers le jeune homme, qui avait profité de mon inattention pour reporter sa propre attention sur son téléphone. Il n'y passa toutefois qu'un petit instant avant de reporter son attention sur ma personne, par le regard et par une question, simple et si vaste à la fois :  « Et bah, maintenant que tu sais pleins de trucs sur moi, je peux te demander ce que tu fais dans la vie ? » Pleins de trucs sur lui était peut-être un peu exagéré. Au contraire, j'avais l'impression que ma tête tout entière fourmillait de questions que je voulais lui poser. Mais il semblait vouloir sincèrement s'intéresser à ce que je faisais, ce qui n'était pas très courant non plus, et pour être tout à fait honnête, j'avais peur que l'assommer de questions soit mal pris. Après tout, ce n'était pas un interrogatoire, mais une discussion. Il semblait donc logique que je prenne à mon tour la parole pour parler de moi. Même si à mes yeux, ma vie était bien moins intéressante que celle d'un inconnu, écrivain, un peu brusque mais sincère et gentil, et avec il semblerait des problèmes d'estime de soi et de son travail. Inconnu qui voulait aussi en savoir plus sur ma vie. « Je... » commençai-je avec comme vous le voyez une grande confiance.  « Je suis détective privée. » C'était à vrai dire la première fois que je le formulais ainsi. Mais c'était vrai désormais.  « Ça fait maintenant un peu plus d'un an je dirais que je bosse pour ce cabinet de détectives privés londonien. » Ou comment expliquer son travail de la manière la plus inintéressante possible. C'est bien, au lieu de le faire fuir par peur de ton inquisition, tu vas juste le faire mourir d'ennui. Original. Mais il est difficile d'expliquer à un presque-inconnu ce que l'on fait quand soi-même on est un peu perdu sur le plan professionnel. Plus d'un an. C'était étrange, j'avais du mal à réaliser, ça semblait si court et tellement long à la fois. Mon regard se perdit un peu tandis que je laissais mes pensées filer. Quand mes yeux rencontrèrent ceux d'Ezra à nouveau, j'ajoutai : « En vérité, par certains aspects, je crois que ça se rapproche du métier d'écrivain. J'imagine que pour ton boulot aussi, il faut comprendre les gens. Leur fonctionnement. Leurs secrets, ce qu'ils cherchent réellement, ce qui les pousse à agir... » À mon habitude, j'avais formulé à voix haute mes pensées, sans prendre le temps de réfléchir à ce que je disais. Je croyais en l'importance de la sincérité et la franchise, dans presque toutes les situations à vrai dire, mais dans le cas présent, je me permettais de commenter un domaine que je connaissais peu après de quelqu'un qui vivait en plein dedans. Dans une situation où la plupart des gens se seraient probablement contenté d'une conversation bateau (et un peu rasoire, soyons honnêtes). Une discussion courtoise et polie d'inconnus partageant juste une table. Mais ça faisait bien longtemps (enfin, quelques minutes) que l'on avait dépassé ça, non ? « Enfin, c'est le cas dans l'image que je me fais du métier d'écrivain. La réalité est peut-être différente. » ajoutai-je tout de même.


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MessageSujet: Re: PALOMA/EZRA ♦ i'm not trying to flirt i just need the plug   Jeu 10 Déc - 0:30

En tant qu’écrivain, les deux tiers du boulot d’Ezra se concentrait dans la recherche d’inspiration et le rassemblement de pistes diverses et variées pour construire un roman. Son sujet préféré, c’était les gens, il adorait ça, étudier les gens, de ses amis ou d’inconnus d’ailleurs. Il avait toujours un petit carnet dans son sac, prêt à noter le moindre geste, son, vêtement qu’il jugeait intéressant. C’est donc tout naturellement qu’il se retrouva bien vite carnet en main à l’instant même ou Paloma prononça les mots ‘détective privé’. Ez avait envie de lui poser mille questions sur son métier, sur ce que ça faisait d’étudier les personnalités de cette façon, d’éplucher des informations… Il se demandait si la profession était aussi excitante que dans les films, mais c’était rarement le cas. D’ailleurs, il s’était toujours dit que son propre métier était représenté de manière assez réaliste dans le paysage culturel, où était-ce juste lui qui correspondait à tout les stéréotypes ? Bof, il s’aimait bien comme ça, à faire la drama queen et à jouer à l’artiste déchu dans son grand loft aux murs blancs, son tourne-disque et ses cigarettes menthol.

« C’est tellement passionnant ce que tu me racontes, j’suis fan » Ezra fit, visiblement très enthousiaste. Il nota quelques mots sur son carnet et avala une gorgée de café désormais tiède. Il était là depuis beaucoup plus longtemps qu’il ne pensait mais ne ressentait absolument pas le besoin de partir, son ordinateur et ses e-mails avait disparus au fin fond de son esprit pour laisser place à tout ce nouveau matériel d’écriture que lui offrait Paloma. Elle n’avait pas tort, leurs métiers respectifs possédaient de nombreux points communs, chose qu’Ez était lui même en train de confirmer à l’instant même. C’était amusant, il ne s’était jamais considéré comme un genre de ‘détective’ mais après tout pourquoi pas, il passait bien son temps à prendre des notes sur tout un chacun et commençait à en savoir beaucoup sur les comportements humains. « T’as raison, enfin, c’est comme ça que je le vois. Avant d’écrire, y’a toujours un temps de recherche d’infos, comme une enquête en somme » Ezra acquiesça, c’était sa période préférée, la recherche, avant le stress des deadlines et des pertes d’inspirations momentanées ou parfois beaucoup plus longues.

Pour le moment, Ez écrivait discrètement, le carnet à moitié sous la table mais à vrai dire, il commençait à se demander si Paloma ne l’avait pas de toute manière remarqué en vue de ses probables qualités d’observatrice. Son roman en phase de passer en post-production ne voulait en rien dire qu’il aurait enfin le temps de se reposer, en effet, il était déjà en plein boulot sur le prochain et avait déjà commencé à récupérer des bribes d’idées de partout et était plutôt pour transformer cette rencontre fortuite en petite séance de stimulation d’inspiration. Néanmoins, il lui fallait pour cela l’accord de la jeune femme.  « Ecoute j’ai un truc à te proposer… » Ez commença doucement, un peu hésitant.  « Est-ce que…ça t’ennuierait de répondre à deux trois questions, histoire que je récupère quelques infos qui puissent servir à mon prochain bouquin ? » Il espérait de tout coeur qu’elle accepte, il ne voulait pas seulement en savoir plus sur son métier mais sur ses capacités et techniques d’analyse, sa manière de voir le monde…Tout ce qui pourrait lui être bénéfique pour construire une personnalité fictive aussi réaliste que possible.

Ezra avait remarqué que Paloma n’était pas seulement venue dans ce Starbucks pour profiter d’une boisson chaude, elle avait l’air d’avoir, elle aussi, beaucoup de travail et il ne voulait pas l’importuner en la martelant d’interrogations qui finiraient surement par devenir loufoques au fil du temps. Ainsi, il ne manqua pas de noter dans un coin de sa tête de lui faire cadeau d’une de ses toutes nouvelles cartes de visite très design, imprimées sur du papier annoncé comme ‘luxueux’ sur le site internet -et beaucoup trop cher-, pour être sur de garder contact avec elle et pourquoi pas la voir à nouveau pour discuter un peu plus.
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MessageSujet: Re: PALOMA/EZRA ♦ i'm not trying to flirt i just need the plug   Jeu 17 Déc - 11:42



Toutefois, je m'étais inquiétée pour rien. Ezra ne se vexa absolument pas de mon parallèle potentiellement hasardeux, bien au contraire. « C’est tellement passionnant ce que tu me racontes, j’suis fan » me répondit-il avec un enthousiasme surprenant, en inscrivant encore quelques mots sur le carnet qu'il avait sorti après que j'ai commencé à m'exprimer. « T’as raison, enfin, c’est comme ça que je le vois. Avant d’écrire, y’a toujours un temps de recherche d’infos, comme une enquête en somme » ajouta-t-il même et un petit sourire se dessina au coin de mes lèvres. Je ne répondis pas toutefois, trop occupée à observer le jeune homme qui avait décidément des comportements bien étranges, et de nombreuses facettes quelques peu contradictoires, mais n'est-ce pas le cas de tous les êtres humains ? Tous ceux dignes d'intérêt du moins, mais ce n'est que mon humble avis personnel. Je me demandais ce qu'il pouvait bien noter sur son petit carnet, plus ou moins caché par la table. Peut-être faussait-il son enthousiasme et s'occupait en griffonnant quelque dessin. À dire vrai, je n'y croyais pas vraiment. Ce n'était pas le genre à mentir sur son avis, pas de cette manière, bien que je ne le connaissais que depuis peu, j'avais le sentiment que si je l'ennuyais il ne prendrait pas de gants pour le dire franchement. Peut-être était-il juste incapable de se concentrer sur une seule tâche à la fois. C'était plausible vu le bonhomme. Ou peut-être écrivait-il justement sur notre conversation? Si c'était le cas, je dois avouer que je serais bien curieuse de lire les quelques notes prises..

Je n'eus pas le temps de m'interroger plus longuement, car Ezra repris alors la parole pour confirmer ma dernière hypothèse. « Ecoute j’ai un truc à te proposer… » commença-t-il d'une fois douce mais hésitante, et je relevais instantanément les yeux - pétillants de curiosité - vers lui, intriguée. « Est-ce que…ça t’ennuierait de répondre à deux trois questions, histoire que je récupère quelques infos qui puissent servir à mon prochain bouquin ? » Je me doutais que les auteurs avaient souvent des inspirations pour leur personnage, mais je ne pensais pas qu'ils les rencontraient par hasard dans des Starbucks. Pour être honnête, c'est surtout que la proposition me surprit quelque peu, pourtant elle était dans la continuation logique de ce qui précédait, mais je ne savais pas quoi y répondre. D'un côté, j'étais flattée que ce que je fais puisse l'intéresser au point qu'il lance une telle demande. D'un autre, je me demandais bien ce qu'il allait pouvoir écrire, ce que j'allais bien pouvoir lui raconter d'intéressant aussi, si le personnage final dans son bouquin serait bien et un millier d'autres questions défilèrent dans mon esprit, examinant des possibilités plus au moins probables des implications de sa demande. Je la considérais quelques instants, hésitante avant de me lancer finalement, espérant qu'il n'ait pas mal interprété mon silence : « Si j'accepte, est-ce que j'aurai le droit de jeter un oeil à tes notes ? Et de te poser des questions aussi ? » J'avais ajouté la seconde question naturellement, sans réfléchir. « Je vais probablement dire oui quoi qu'il en soit, mais... Avouons que ce serait plus sympa si c'était réciproque, non ? » continuai-je avec un sourire un peu taquin. Il faut dire que ce serait probablement étrange de me retrouver devant ce presque-inconnu à répondre à des questions probablement assez personnelles s'il comptait se servir de cet entretien comme source d'inspiration pour un bouquin. J'aurai sûrement un peu l'impression de subir un interrogatoire. La probabilité qu'une telle conversation finisse par un malaise général était assez élevée, et pourtant, je ne pensais pas que ça se déroulerait ainsi. Je ne sais pas pourquoi, mais après cette dizaine de minutes d'improbable conversation, j'avais un peu l'impression qu'on pouvait parler de presque tout et malgré tout se sentir bien, à l'aise.

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MessageSujet: Re: PALOMA/EZRA ♦ i'm not trying to flirt i just need the plug   Lun 1 Fév - 23:38

Maintenant qu’il en savait un peu plus sur Paloma, Ezra se demandait si elle voulait également le questionner par simple déformation professionnelle ou si elle était réellement encline à faire connaissance avec lui. Dans tout les cas, il était d’accord, après tout, il n’était pas du genre secret et appréciait raconter sa vie à n’importe qui, ce qui n’était d’ailleurs pas du gout de tout le monde. De ce fait, il sautait en général sur l’occasion quand quelqu’un se montrait ne serait-ce qu’un tant soit peu intéressé.  Quant à ses notes, c’était la même chose, rien de secret là dedans, les détails les plus importants allait surement finir dans son bouquin.  « Bon, et bah marché conclu ! En voilà une expérience intéressante ! » Ezra adorait ce genre de situations qui rythmaient la routine par leur allure romanesque, il regrettait régulièrement de ne pas être un personnage de papier, plutôt qu’une personne physique avec des soucis de personne physique. Des soucis pas très palpitants comme payer les factures et respecter des deadlines.

Une fois le deal passé, Ez se mit instantanément en full-on investigation mode. Il remonta ses lunettes sur son nez du bout du doigt, croisa les jambes et tria mentalement le flot de questions qui noyaient progressivement son esprit.  « Ok, d’abord, j’aimerais bien que tu me dises trois infos complètement hasardeuses sur toi, des détails insignifiants, ce genre de truc…» Ça c’était une de ses questions préférées, il adorait les détails sans importances, les petites précisions. L’écrivain croyait dur comme fer à une théorie qu’il avait publié dans un magazine pompeux il y a quelques années, La théorie de l’astérisque. D’une simplicité extrême, cette théorie évoquait le fait qu’il est important de considérer que tout nom -et donc toute personne- porte une astérisque. Ezra Turner, c’est donc Ezra Turner*, avec ce truc en plus, qu’il faut aller lire tout en bas de la page, en tout petit, si on veut savoir ce que c’est.

C’était à l’astérisque qu’Ezra aimait s’intéresser quand il créait des personnages, c’était même devenu une technique anti-manque d’inspiration chez lui. Prenez un archétype, ajoutez-y une astérisque et vous obtenez un personnage beaucoup plus intéressant et agréable à traiter. En repensant à cette théorie, Ez prit ensuite la peine de l’expliquer à Paloma, de façon à ce qu’elle comprenne un peu mieux le pourquoi de sa question et termina son petit exposé en y glissant une habile publicité pour le magazine qui avait bien voulu publier l’essai en question.

 « Ah oui au fait ! Je peux te prendre en photo ? » Fit-il soudainement, alors qu’il avait déjà dégainé son vieux polaroïd qui ne le quittait jamais. Un objet très spécial déniché alors qu’il vivait à New-York, il n’était resté que quelques mois mais avait ramené tout un tas d’objets farfelus dont cette vieille relique qui, par miracle, fonctionnait encore. La photographie n’était pas un art qui l’intéressait plus que ça, il s’y adonnait de temps à autres mais s’en servait surtout comme énième outil pour l’écriture. Ainsi, on pouvait voir sur les murs de son appartement, des dizaines de mood boards pour tout et n’importe quoi: visages, endroits, vêtements… Et bientôt, s’il récoltait son accord bien sur, Paloma prendrait place sur l’un de ces tableaux.

*Ezra collectionne les cactus, il leur parle comme à des animaux de compagnie.


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