demeter knows best w/ nasha

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MessageSujet: demeter knows best w/ nasha   Mer 9 Sep - 0:06

Sasha venait de terminer une longue journée de travail et de répétitions et autant dire qu'elle n'aspirait qu'à une chose, rentrer et se poser devant un DVD avec son chat. Peut être moulin rouge, elle était dans sa période Elton John et Ewan McGregor n'était pas désagréable à regarder fatalement. Il avait même quelques airs de Killian Donnelly à bien y réfléchir. Mais comme chaque soir Leicester Square était bondé de touristes ce qui ne facilitait pas la circulation entre le théâtre et la bouche de métro la plus proche, aussi elle eut la désagréable expérience de se voir bousculée de façon absolument rustre par un groupe de français munis d'appareils photos et de sacs remplis de M&Ms payés le double de leur prix et provenant sans doute possible de cette abomination de la nature que représentait cette grande boutique multicolre qui faisait l'angle. Le malheureux incident eut pour triste conséquence de l'inonder du café Starbucks qu'elle tenait entre ses mains et qu'elle espérait boire sur le chemin du retour sans avoir à changer de T-shirt,  ce qui n'améliora pas vraiment son humeur en définitive. Elle jura donc sans réel ménagement et décida de s'engouffrer à terme dans la bouche de métro, en se disant que même si elle devait respirer l'air pollué et odorant du métro londonien, elle serait de retour à l'appartement bien plus rapidement que si elle s'était offert le luxe d'un taxi pour l'attendre à la sortie du théâtre, ce qui aurait pourtant été d'un bien meilleur confort. Il ne lui prendrait donc que quelques minutes pour rejoindre le quartier et faire subir à Noah l'interrogatoire qu'elle lui réservait depuis qu'elle avait trouvé un vêtement mâchouillé et non identifié entre les crocs acérés de son énorme chat.

Demeter, d'aussi loin que se souvenait Sasha n'avait jamais aimé ce snobinard de Lord Byron et pour elle, il s'agissait forcément d'une pièce à conviction à ne pas négliger pour ne pas dire essentielle à cette traque à l'indice que son esprit malade avait entrepris ces derniers temps. Pour Sasha, Demeter était dotée d'une sensibilité et d'un instinct sûr et affirmé. Pour un chat en tout cas. Et puis si elle devait être tout à fait honnête, ce qu'elle n'était pas vraiment apte à faire lorsque ça concernait Noah de près ou de loin, elle était complètement paranoïaque depuis que le chef d'orchestre au nom à particule s'était retrouvé dans la même production que le duo de l'enfer qu'elle et Noah constituaient. Alors évidemment elle n'avait pas besoin de fournir un effort particulièrement intense pour se faire des films, très réalistes au passage, sur ce qui pourrait potentiellement se produire entre son meilleur ami et ce qui pourrait ressembler à son indésirable number one à elle si on faisait dans les références Harry Potter. Bien sûr Noah n'était pas innocent dans toute cette histoire, et une partie d'elle le savait sans vouloir toutefois l'admettre. Mais cette partie d'elle ne faisait pas le poids contre la mauvaise foi et l'amour inconditionnel qu'elle portait à son meilleur ami. Car par dessus tout bien entendu, elle était inquiète. C'était bien tout le fond du problème. Noah était fragile et c'était quelque chose que Sasha avait compris très vite. Alors évidemment il avait des défauts, elle le savait d'ailleurs tout à fait capable de se frotter à Lord Byron par nostalgie pure, mais c'était pour elle, quelque chose à éviter à tout prix. Cette relation, en dehors de toute autre considérations n'avait entraîné que des mauvaises choses et son meilleur ami s'était bien vite retrouvé à broyer du noir, le cœur brisé en mille morceaux. Noah allait mieux désormais, et si elle le surprotégeait sans doute au delà du raisonnable, elle avait l'impression, qu'il avait retrouvé un peu de stabilité émotionnelle. Une stabilité émotionnelle que Lord Byron allait prendre un malin plaisir à piétiner, Sasha en était persuadée.

Il était donc nécessaire de procéder à une petite intervention qui ne se ferait pas sans une pizza et un verre de vin. Sur le chemin du retour, elle acheta donc une bouteille, le chargeant par sms de procéder à la commande avant son arrivée imminente. Sasha mourrait de faim, et serait sans doute une bien meilleure amie une fois restaurée. « Je suis é-pui-sée. » Lâcha t-elle en passant la porte d'entrée. Elle déposa ensuite la bouteille sur la table basse et s'empara de deux verres. « Enjolras est tellement peu professionnel, je me demande comment ça peut passer avec Lord Byron qui est somme toute très exigeant...  Quoi qu'il à l'air un peu ailleurs ces derniers temps, comme s'il était préoccupé par autre chose que sa baguette magique et sa légendaire intransigeance. » Ca ne l'empêchait pas d'être exigeant et insupportable, mais ça Sasha allait l'occulter pour les besoin de son interrogatoire. « Comment s'est passé ta journée ? » Elle demanda finalement en optant pour la subtilité. Le vin d'abord, les confessions ensuite.
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MessageSujet: Re: demeter knows best w/ nasha   Lun 11 Jan - 0:39

Il y avait quelque chose de foncièrement atroce dans le fait d’affronter au quotidien, couplé au travail et à la pression de devoir monter sur scène, un sentiment amer de culpabilité et de regrets mêlés.
Parce que oui, Noah culpabilisait. Comme toute personne un minimum sensée qui remettait le couvert avec l’un de ses ex à vrai dire - et comme toute personne un minimum sensée qui avait eu le coeur brisé par ce même ex. Il savait reconnaître une mauvaise idée quand il en voyait une - le léger problème dans cette histoire résidait dans le fait qu’il ne parvenait pas pour autant à agir en conséquence. Pratique. Terriblement pratique. Travailler sur le même spectacle que Sasha n’arrangeait probablement rien à la chose. En leur solide dizaine d’années d’amitié, s’il y avait une chose qu’il avait appris, c’est qu’elle avait toujours raison - contrairement à ce que pouvaient bien penser toutes ces personnes qui la trouvaient parfois intransigeante, souvent un peu trop prompte à catégoriser les gens. A tout moment, elle était susceptible d’apprendre ce qui s’était passé dans la loge avec Raphael. Ou pire encore, et plus probable encore: à tout moment, elle était susceptible de deviner ce qui s’était passé dans la loge avec Raphael. Il n’était pas tout à fait prêt à vivre la leçon de morale qu’elle allait lui faire traverser.
Sûrement que son attitude en pâtissait. Il s’efforçait de ne pas trop penser à ses années de carrières passées - à combien elles avaient été brillantes, loin de toute terreur et de toute blessure - mais il ne pouvait pas s’empêcher de remarquer qu’il passait moins de temps en compagnie du casting, moins de temps à traîner dans les loges et aux abords du théâtre pour se laisser aller à une forme tout particulièrement impérative de sociabilité. Il finissait de travailler, et filait droit jusqu’à son appartement. Ou jusqu’à celui de Sven. Ou jusqu’à celui de ces types qu’il rencontrait, parfois, et qu’il quittait au petit matin - et qui, parfois, à vrai dire, échouaient chez Sasha et lui. Ils n’avaient jamais été le genre de colocataires qui se cachent leurs aventures et font grand cas de la tranquillité de l’autre - après tout, leur métier consistait en quelques sortes à être aussi bruyant que possible. Dans tous les cas, il quittait le théâtre dans le but presque avoué de se réfugier ailleurs - n’importe où, mais ailleurs.
Et aujourd’hui, en l’occurence, l’appartement qu’il partageait avec Sasha.

Il était nerveux - il le savait. Parfois, il sentait ramper sous sa peau le besoin urgent de prendre une cigarette pour au moins tenter de se détendre - une vieille croyance qu’il entretenait farouchement depuis son adolescence, la véritable efficacité de la nicotine. Il y renonçait, systématiquement, tout à sa morale de chanteur - mais à défaut, il avait légèrement mais sûrement augmenté sa consommation d’alcool. A l’instant où Sasha poussa la porte d’entrée, il était en train de siroter une bière, enroulé dans son plaid, sur le canapé. D’une façon hautement originale, le Roi Lion tournait sur la télévision à un volume probablement un petit peu vexatoire pour leurs voisins - et lui, il mit une solide dizaine de secondes à relever la tête des extraordinaires explorations du cimetière d’éléphants par Simba et Nala pour décrocher un sourire à la jeune femme. Puis même un rire à sa première déclaration. Parce que même au fond du trou - ou presque - Sasha avait ce pouvoir là. Sasha pouvait le rendre heureux, même quelques secondes - et pouvait lui faire abandonner sans aucun scrupule le fond de sa bouteille de bière pour filer droit chercher un tire-bouchon pour ouvrir le vin qu’elle leur avait amené. Et même que, pendant une demi-seconde, il songea à faire une blague plus ou moins subtile sur l’association de Raphael aux mots « baguette magique ». Too soon for dirty jokes, too soon. Autant éviter la mention de celui que Sasha ne surnommait absolument pas affectueusement « Lord Byron », pour ne pas attiser les soupçons. Ou peut-être que c’était la pire manière du monde de réagir…? Ouais. Peut-être. Toujours est-il que, comme par délicatesse envers lui-même, il s’abstint, se contentant de refermer le tiroir et d’attraper deux verres à pieds en ricanant un « Belle entrée » admirateur.
Ce n’est qu’une fois revenu sur le canapé qu’il abandonna ses trouvailles sur la table basse, s’enroula à nouveau dans son vieux plaid et poursuivit: « Tranquillement. Pas grand chose à signaler. La routine, on va dire, tout se passe bien. » Est-ce qu’il avait, là aussi, l’air encore plus louche? Probablement - c’est ainsi qu’il ajouta immédiatement: « Enfin aussi bien que possible pour un retour sur scène. Qu’est-ce que t’a fait Enjolras? » Un bref rire: « Cela dit, c’est normal qu’il soit mauvais… tu peux pas jouer décemment Enjolras sans te taper Grantaire… » Son histoire avec Sven avait forcément ajouté à leur jeu. Non? En tous cas, il aimait à y penser. Après tout, c’était une façon comme une autre de rentrer dans le personnage… sans mauvais jeu de mot… okay, avec mauvais jeu de mot. En tous cas, il avait été ravi de servir au jeu d’acteur de son Enjolras de l’époque. Euphémisme. Comme persuadé que ces petites remarques suffiraient à soigneusement écarter les remarques sur Raphael De Lacy, il entreprit de se pencher vers la table pour déboucher la bouteille, verser le vin. « Merci pour ça au fait. Tu es déprimée au point de vouloir noyer ton chagrin dans l’alcool, ou bien…? » qu’il souffla avec un sourire en coin, relevant à nouveau la tête vers la jeune femme.
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MessageSujet: Re: demeter knows best w/ nasha   Mar 12 Jan - 22:47

La routine. Sasha s'était attendue à ce genre de réponse de la part de son meilleur ami et colocataire. Comme à son habitude, il cherchait à éviter le sujet et à en dire le moins possible, tout en sachant pertinemment qu'elle finirait par l'avoir à l'usure, parce que c'était principalement comme ça que ça fonctionnait entre eux et ce depuis des années. Sasha était experte dans l'art d'extirper une information, et Noah pas très doué pour mentir de manière générale. Pour un acteur, il était amusant de voir à quel point il pataugeait dans la semoule lorsqu'il se retrouvait à devoir cacher la vérité à un proche, enfin surtout avec Sasha qui le maniait un peu trop bien aussi. Contente d'être rentrée et de retrouver l'ambiance apaisante de leur appartement, la rouquine affichait une étonnante bonne humeur. Muni de deux verres de vin, Noah fit de nouveau apparition dans la pièce en tentant d'effacer l'air coupable qu'il affichait sans s'en rendre compte sous les yeux de sa très observatrice meilleure amie. Sasha s'installa alors près de lui tandis qu'il retrouvait son plaid de feignasse, et posa sa tête sur son épaule. La discussion qui allait suivre ne serait pas de tout repos, autant s'installer confortablement. Lorsqu'il recentra la conversation sur ce crétin d'Enjolras, il parvint cependant à la distraire le temps d'un soufflement agacé et d'un regard dirigé vers le ciel. La grande faiblesse de Sasha, c'était qu'elle ne pouvait pas s'empêcher de tailler un costard aux jeunes prétentieux privilégiés qui manquaient cruellement de professionnalisme alors qu'elle en avait à revendre. Et comme l'occasion lui était offerte sur un plateau d'argent, elle n'allait certainement pas taire le flot de critiques qu'elle avait à formuler à l'encontre de cet incompétent.

« Ce qu'il m'a fait ? Tu plaisantes j'espère ? » Elle écarquilla les yeux. « Il a obtenu le rôle que je voulais. Mon audition était très objectivement meilleure que la sienne. On est au théâtre, pendant des années des hommes ont joué des rôles de femmes et ça n'a jamais gêné personne, je ne comprends pas en quoi ce serait un problème dans la situation inverse, et pourquoi il était nécessaire de caster ce gosse de riche insupportable pour jouer Enjolras sous prétexte qu'il a un accent un peu français et des boucles. »

Mais Sasha n'était pas du genre à oublier qu'elle avait une conversation bien plus intéressante sur le feu et elle oublia bien vite la source de son agacement pour se concentrer sur ce qu'il y avait de plus important pour elle. Noah. On pouvait reprocher à l'actrice d'être égocentrique, pour avoir un égo énorme elle en avait un, mais elle n'était pas égoïste, pas avec Noah en tout cas. Attentive, elle était surtout très attentionnée lorsqu'il s'agissait de rapporter le dîner en revenant du travail ou encore une bonne bouteille lorsqu'une soirée confidences se profilait. Elle savait reconnaître les signes d'un Noah stressé ou triste et agissait toujours avec beaucoup d'empathie et sans fioritures, ce qui en aurait étonné plus d'un en dehors des proches de l'actrice. Les gens avaient tendance à ne s'arrêter qu'aux apparences avec elle, et Sasha les laissait faire sans s'en offusquer, heureuse avec les quelques personnes qui constituaient son entourage proche et sincère parce que pour elle ils valaient tous les amis du monde. Elle n'avait pas vraiment besoin qu'Enjolras ou Lord Byron l'apprécient, vraiment pas.

« Mais non, je ne compte pas noyer mon chagrin dans l'alcool, juste un verre pour qu'on puise discuter de toi et Lord Byron bien confortablement. Tu m'en parles pas autant que tu devrais, j'ai le droit de trouver ça complètement louche… Et puis tu sais que je m'inquiète, c'est pas comme si t'étais complètement passé à autre chose, et puis même. Il est là, tu es là, je suis là et Demeter aussi d'ailleurs. Ce chat a un sixième sens tu sais bien... » Et une sacré haine pour un certain type de chemise. « Est-ce que tu le vois ? » Alors que Sasha aurait d'ordinaire insisté un peu plus dans l'art des sous entendus, l'inquiétude prit le pas sur le reste. Il fallait qu'elle lui demande, quitte à retrouver ses anciennes méthodes un peu plus tard. Elle se devait de lui demander purement et simplement, honnêtement surtout, lui laisser une chance de lui en parler si il en avait la moindre envie plutôt que de le laisser ruminer. A Noah de décider de ces choses là. Au fond, elle espérait qu'il saisirait la chance d'avoir une conversation franche sur le sujet et sans appréhension plutôt que l'éternel jeu du chat et de la souris. Évidemment, elle n'approuverait pas, pas du tout même, mais l'idée qu'il puisse lui cacher quelque chose d'aussi important lui briserait le coeur. Pas parce qu'elle se sentirait évaluée négativement dans son rôle de confidente, mais parce qu'elle n'aimerait pas qu'il ait à traverser une aussi sale période seul, sans l'opportunité de bénéficier d'un peu de soutien moral.
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MessageSujet: Re: demeter knows best w/ nasha   Ven 22 Jan - 21:43

Sasha et lui étaient branchés sur la même fréquence - ils l’avaient toujours été, leur semblait-il parfois. Ils se comprenaient d’un regard, pouvaient anticiper les réactions de l’autres. Ce n’était pas tant qu’ils s’étaient appris par coeur au fil des années, plutôt qu’ils avaient immédiatement eu l’instinct de l’autre. Parfois, en ne plaisantant qu’à moitié, ils se qualifiaient d’âmes soeurs. L’un apportait à l’autre tout ce qu’il pouvait demander d’une personne. Leurs affinités, en réalité, ne s’arrêtaient qu’au domaine du physique - ils l’avaient appris plus ou moins à leurs dépens à l’instant où, adolescents, ils avaient confondu leur parfaite amitié avec autre chose. La plupart du temps, Noah en était heureux. Hors de sa famille, il avait toujours ressenti une fausse impression de solitude - mais aux côtés de Sasha il pouvait être serein et entier. Mais parfois, elle le regardait et il lui semblait qu’elle pouvait lire tout ce qu’il tentait de lui cacher. Elle savait. Toujours. Et lui, il se plongeait dans une sorte de honte désespérée de gamin prêt à mentir farouchement pour ne pas avouer tout ce dont il avait honte.
Ricaner sur ce pauvre Enjolras, définitivement rhabillé pour l’hiver par les nombreuses critiques de la jeune femme, n’était que façade. Il aurait fallu être aveugle pour ne pas s’en rendre compte - Noah n’était pas aveugle, et sentait distinctement l’épée de Damocles juste au-dessus de sa tête. Sa propre légèreté n’était que mauvais jeu d’acteur. Il attendait la réprimande, et les questions. Il le voyait dans son attitude, le voyait dans son regard. Oh, bien sûr, elle n’avait aucun moyen d’être au courant de l’échange honteux qu’il avait eu avec Raphael dans sa loge - de combien il avait été rattrapé par les hormones et les regrets, adolescent pitoyable qu’il se révélait être par moment. Elle avait sûrement, en revanche, reconnu la honte. Et lui, il riait jaune en soufflant: « Tu aurais été sublime en Enjolras. » - comme pour meubler, comme pour attendre le moment auquel elle se déciderait enfin à dire ce qu’elle avait sur le coeur, toujours enroulé dans son plaid sur le canapé.
A peine eut-il finit de verser les deux verres de vin qu’elles s’abattirent, les questions - et il eut une sorte de tressaillement nerveux, réussissant comme par miracle à ne rien renverser et à ne rien casser. Il inspira profondément, laissant quelques secondes s’écouler dans le silence, avant de reposer la bouteille sur le dernier numéro du Evening Standard. Son visage avait adopté une expression nerveuse et, même sans être capable d’y faire quoi que ce soit pour y remédier, il prit grand soin de ne pas se tourner complètement vers Sasha quand il lui tendit son verre, s’empara du sien, trinqua en silence. Est-ce qu’il voyait Raphael. Il n’était même pas certain de pouvoir répondre à cette question. Les choses étaient bien plus compliquées que cela - un oui ne conviendrait en rien, un non non plus. Vraiment, comment qualifier le fait qu’ils s’évitaient comme la peste, mais avaient réussi d’une façon ou d’une autre à remettre honteusement le couvert contre la porte d’une loge…? Le déroulé des évènements avait été tellement absurde, même lui ne se sentait pas capable de l’expliquer. Il ne savait pas quel réflexe l’avait amené à répondre au baiser que lui avait volé Raphael. Il ne savait pas comment définir cette action de l’autre homme. Les choses étaient arrivées, spontanées et stupides, au nez et à la barbe de toute forme de logique ou de raison. Par instants, il lui arrivait même de se demander si tout cela n’avait pas été qu’un type tout particulièrement vicieux d’hallucination. Il inspira profondément, descendit une large portion de son propre verre. Le silence qu’il entretenait pour le moment ne faisait que l’enfoncer un peu plus - il en avait parfaitement conscience, mais réunir ses pensées pour formuler une phrase était encore trop difficile. D’ailleurs, il n’était même pas certain d’avoir envie d’en parler. Même à Sasha. Ou plutôt, surtout à Sasha. Après tout, elle avait passé des mois entiers à le mettre en garde contre le nature de sa relation avec le chef d’orchestre. Ce n’était sûrement que l’amour qu’ils se portaient, elle et lui, qui la retenait de lui lancer un « je te l’avais dit » bien senti.
« Pas plus que tu ne le vois… » qu’il finit par souffler. Son intonation manquait de naturel, sa voix manquait de force, aussi, et, presque blanche, elle avait clairement un petit quelque chose d’un aveu de faiblesse. Il en était là, à mentir à Sasha pour ne pas avoir à faire face à ses problèmes. Quel était le mot pour cela, déjà? Ah, oui. Pitoyable. Exactement. « C’est du passé. Cette histoire. Tu le sais, je le sais, il le sait. » Il descendit une nouvelle gorgée de vin, et fixa pendant quelques instants le contenu de son verre. Quand il reposa enfin ce dernier, ce fut pour mieux resserrer sa couverture sur ses épaules. Après un nouveau silence lourd de sens, il ajouta: « On a fait… suffisamment d’erreurs, lui et moi. C’est fini. » Est-ce qu’il avait l’air d’y croire parfaitement lui-même? Probablement pas. Il ruminait trop souvent son passé avec Raphael - et, bien à ses dépens, son présent avec Raphael - pour pouvoir se prétendre parfaitement remis de cette histoire. Curieusement, leur rupture était encore plus difficile à accepter que celle qu’il avait traversé avec Tony. Sûrement à cause de tout ce qui avait suivi - la rechute dans ses travers d’adolescents, la pression du Phantom, son accident, la pause forcée dans sa carrière, la perte de la parfaite mobilité de l’une de ses jambes. Il n’aurait simplement jamais pensé que cette histoire-là suffirait à le bouffer de honte comme cela, au point de l’empêcher de regarder Sasha dans les yeux. Qu’est-ce qu’il avait à perdre, après tout. Elle savait certainement. Elle voyait certainement. Comme s’il tendait le bâton pour se faire battre, il glissa dans un murmure: « Pourquoi? » Aussitôt, sa main jaillit de nouveau des tréfonds de son plaid pour s’emparer du verre. Il n’avait jamais été un gros buveur - peut-être qu’il allait basculer de ce côté-là, l’occasion semblait opportune.
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MessageSujet: Re: demeter knows best w/ nasha   Mar 29 Mar - 15:13

Sasha n'était pas idiote, et Noah en avait parfaitement conscience, et ce même lorsqu'il agissait comme si elle l'était. Aussi il savait pertinemment que ses tentatives pour éviter son regard, et sa façon un peu trop désespérée de se rattacher au sujet de conversation précédent, n'allait pas l'aider le moins du monde à affronter sa meilleure amie, bourrée d'inquiétudes à son sujet. Sasha était du genre à cuisiner jusqu'à ce qu'elle obtienne l'information. Et la plupart du temps, elle n'avait aucun scrupule à le faire, persuadée d'agir pour le bien de ses proches, et dans le cas présent de Noah. D'autre fois en revanche, elle aurait espéré qu'il s'ouvre à elle de lui même, qu'il n'ait pas peur d'aborder certains sujets plus difficiles avec celle qui aurait tout donné pour lui en l’occurrence. Après tout, elle avait prouvé après toutes ces années qu'elle saurait l'écouter en toutes circonstances, et qu'elle ne le jugerait pas négativement, même pour ça. Elle avait beau désapprouver complètement une incartade avec Raphael, avoir parallèlement un caractère de merde et l'intransigeance d'une diva franchement insupportable qui ne connait pas grand chose à l'amour, elle ne lui tournerait pas le dos, comprendrait même qu'il puisse en avoir envie fatalement. Si il y avait quelque chose dont Sasha était sûre, c'était bien qu'il n'avait pas tourné la page réellement et que le revoir pourrait tout à fait raviver ces sentiments qu'il ne suffit pas de vouloir oublier pour oublier vraiment. Il n'y avait rien d'anormal à ça, rien de condamnable non plus. Et à vrai dire, il était beaucoup plus aisé de blâmer Raphael pour ces sentiments qu'il n'avait pas non plus hésité à faire bourgeonner avant de tout arrêter trop brusquement. Sasha n'avait jamais douté de ce qui était bon pour Noah, presque instinctivement, et sûrement à cause de son caractère affirmé, elle avait tendance à voir les choses de façon trop rigide. Autoritaire et impitoyable, Sasha voyait souvent une situation de façon absolue, manquait probablement d'une nuance que son manque d'expérience dans le domaine des sentiments ne lui offrait pas d'avoir. Raphael n'avait jamais rendu Noah heureux et l'avait même poussé à des extrêmes dangereux, cette simple constatation lui avait donc suffit pour décréter que cette relation n'avait rien de bon pour eux. Et c'était probablement le cas. Mais quelque part, postée devant lui avec son verre de vin, face au regard fuyant de son alter ego, elle avait l'impression de ne pas être l'interlocutrice la plus indiquée. L'amour était un concept étrange pour la comédienne, dont l’intransigeance maladive avait sûrement limité les excès et la passion virevoltante des relations comme celles qu'avait entretenu Noah avec les hommes de sa vie. Alors qu'ils étaient si similaires sur tant d'autres points, cette différence effrayait parfois Sasha qui ne voulait pas voir des barrières se dessiner puis s’ériger entre eux.

Aussi, elle prit une intonation plus douce pour ouvrir son cœur dans une tentative finalement très loin de ses méthodes habituelles, sûrement très maladroite aussi. Vulnérable en somme, elle s'y essaya. « Parce que je me doute que c'est difficile pour toi, et que si ça arrive, j'ai pas envie que tu me le caches, parce que tu as peur d'une leçon de morale, ou bien que je ne comprenne pas. » Comment lui faire comprendre qu'elle aimerait parfois qu'il s'ouvre à elle, sans avoir à le forcer à passer aux aveux comme un enfant pris en faute, comme si il s'était agi d'un crime impardonnable ? « Tu sais que tu peux rien me cacher. Et tu sais aussi que je peux te faire avouer n'importe sous pression, parce que un je te connais par cœur et deux, j'ai souvent du très bon vin à l'appui. Mais tu pourrais aussi le faire parce que tu en as envie, au lieu d'éviter de me regarder et d'avoir l'air d'avoir couché avec Raphael de Lacy. » Sasha referma sa main sur son verre et pris une inspiration avant d'ajouter à bout de forces. « Ce que tu as très certainement fait d'ailleurs, pour avoir l'air aussi nerveux. » Chassez le naturel, il revient au galop. Sasha n'était décidément pas faite pour la subtilité avec Noah, et elle s'étonnait d'ailleurs de s'être retenue d'ajouter un ou deux putain à ses répliques inquisitrices. Son inquiétude avait tendance à grandement influencer son vocabulaire d'ordinaire. Preuve, qu'elle faisait là un effort considérable. Mais elle était à deux doigts de céder devant son attitude du mec qui prétend ne pas avoir chassé la souris avec la souris dans la gueule. L'histoire de leur vie, fatalement. Elle se retint de lui demander si c'était bien au moins, pour ne pas l'achever tout de suite. Elle voulait lui laisser une chance de s'expliquer, de s'exprimer surtout. C'était après tout, le but de son ton plus doux, même si largement compensé par un commentaire déductif sur son attitude et le mensonge qu'il tentait de lui servir combinés.
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