Douce-amère — Tamsin

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MessageSujet: Douce-amère — Tamsin   Ven 3 Juil - 23:02

Inlassablement, la scène se déroulait encore et encore, à travers mon esprit. Ce que j’avais fait. Ce que j’aurais pu répondre. Ce que je n’avais pas dit. L’expression de Gaby qui n’était pas celle à laquelle je m’attendais, même si j’étais incapable de définir ce que je voulais non plus. Me rendre au théâtre avait définitivement été une mauvaise idée, et sa réaction avait été suffisamment franche pour me le faire comprendre. J’étais bousculée, désarçonnée par mes pensées qui étaient désormais incapable de s’organiser, ajouté à cela mon cœur battant qui me laissait avec l’impression d’avoir couru le marathon de New York. Combien de fois avais-je imaginé nos retrouvailles, sans jamais vraiment y croire ? Les versions variaient, selon mon humeur et mon état d’esprit, n’était pas toujours des plus positives, mais ne me laissaient jamais avec l’amertume d’avoir loupé le coche. Les années passées aux Etats Unis avaient laissé en arrière fond ce désir de croiser Gaby à chaque coin de rue, parce que j’avais bien emmagasiné que dans la ville de Los Angeles, ce serait chose impossible. C’était la résignation qui m’avait permise de ne pas trop m’y raccrocher finalement, même s’il m’arrivait fréquemment d’y songer avec nostalgie. Cependant, depuis mon retour à Londres, l’irrésistible envie de retrouver son visage encadré par sa chevelure blonde avait été plus forte que tout, comme une brûlure qu’on ne soulage qu’au contact de l’eau fraîche. C’était ce qui s’était passé en quelque sorte. Ne dit-on pas également que passer une blessure comme celle ci sous l’eau la rend encore plus douloureuse ensuite ?

Mon estomac était contracté depuis que j’avais quitté le théâtre, face à la fatalité plus cruelle que jamais : si je voulais retrouver les traits de Gaby, la réciproque n’était pas forcément vrai. La passé allait de paire avec bien sûr, mais…

Peut être que, j’avais éventuellement espéré…

Je gravis les dernières marches et gagnais l’étage où se trouvait notre appartement – enfin, celui de Tamsin, dans lequel j’avais élu domicile. J’avais des revenus assez confortables à présent pour trouver un logement décent, mais dans le principe, habiter chez ma meilleure amie était une perspective beaucoup plus réjouissante. Elle était après tout la première personne, après mon père, que j’avais informé de mon retour au bercail. Avant de franchir le seuil de la porte, je me promis de ne rien révéler de mon escapade à mon amie. J’avais un peu honte, au fond, je le savais, je ne pouvais que m’en prendre à moi même…

Au moment même où je la croisai dans le salon, je la saluai :

- Je suis allée voir Gaby aujourd’hui… comme souvent, j’étais incapable de garder ce genre d’informations pour moi. Quelque part, je cherchais à être rassurée, réconfortée. Il n’y avait bien que Tam qui avait ce pouvoir là. A mon avis, le ton que j’avais employé devait en dire long sur l’ambiance générale de cette confrontation… Et donc, je crois qu’on ne se reverra plus, du coup… continuai-je, avec beaucoup plus d’incertitudes dans le timbre.

Le dire à haute voix me fit désagréablement comprendre que j’avais eu une chance. Et que je l’avais gâché.
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MessageSujet: Re: Douce-amère — Tamsin   Dim 5 Juil - 20:00



CARA & TAMSIN
❝ Douce-amère ❞

Je devais bien avouer qu’avoir Cara à la maison me faisait du bien. Déjà, je n’avais pas vu ma meilleure amie depuis près de deux ans et, malgré tout, il y avait une énorme différence entre la voir réellement et la voir via Facetime, il fallait bien l’avouer. Et puis, avoir une présence chez moi me rassurait, aussi. Je n’étais plus seule, et j’avais toujours exécré ce sentiment de solitude. Oh, je n’allais pas forcément mieux pour autant. Mais avec elle vivant dans mon appartement, j’étais bien obligée de me bouger un peu, au lieu de passer mon temps libre dans mon lit, me protégeant du monde extérieur à l’aide de ma couette. Non, je devais sortir de ce lit, me lever, m’habiller et manger, aussi. Ensuite, mon talent de comédienne faisait le reste. Et peut-être même qu’au fil du temps, j’arriverais à me convaincre moi-même que tout allait pour le mieux. Que j’étais heureuse, que rien ne s’était produit. Que cet homme ne m’avait pas droguée, avant de me suivre dans la rue. Qu’il n’avait pas eu dans l’intention de m’amener dans une ruelle sombre pour profiter de mon corps inconscient. Que mon Nemesis n’était pas celui qui m’avait sauvée la vie. Lorsque Cara avait vu ma mine déconfite, j’avais tout de suite mis ma baisse de moral sur le dos de William. Après tout, il se tapait le fiancé de mon meilleur ami, et c’était limite s’il ne le hurlait pas à la terre entière. Je ne lui mentais pas vraiment, après tout, William ne m’aidait clairement pas à me sentir mieux, au contraire même.

J’étais déjà habillée – enfin, d’un simple bas de jogging et tee-shirt, il ne fallait pas trop m’en demander non plus – et bien confortablement installée dans le canapé, lorsque j’entendis le déclic de la serrure, m’indiquant le retour de Cara à la maison. L’histoire entre Gaby et Cara s’était terminée lorsque la jeune femme avait suivi une opportunité à Los Angeles. Ayant été mise – par Cara, justement – dans la même situation lorsque j’étais avec William, je comprenais parfaitement ce qu’il se passait. « Elle ne va pas t’en vouloir toute sa vie d’être partie à LA, non ? » Je fis une petite moue à mes mots, avant de tapoter sur le canapé, à côté de moi, l’invitant à s’y asseoir. « Tu avais une superbe opportunité et … » Je marquai une pause, avant de reprendre. « Peut-être que vous auriez quand même rompus, si tu étais restée, tu sais ? » annonçai-je dans un bref haussement d’épaule. « Enfin, regarde William et moi. Ça faisait deux ans qu’on était ensemble lorsque tu m’as proposé de te rejoindre. J’ai dit non et … » Nouvelle pause, je roulai des yeux. « Il m’a trompée avant de rompre.» repris-je avant de lâcher un rire un peu amère.
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MessageSujet: Re: Douce-amère — Tamsin   Sam 11 Juil - 23:18

Le tourbillon de mes pensées m’empêchait de réfléchir convenablement, mon esprit était resté là bas, au théâtre. Je m’étais à attendu à une réaction de surprise de la part de Gaby, fatalement, mais elle ne correspondait pas à mes attentes, et j’avais du mal à l’admettre. J’avais à la fois très envie de retourner là bas pour tenter de réparer les choses, tant peu que cela soi possible, mais l’idée qu’elle puisse de nouveau se comporter comme elle l’avait fait était une menace trop importante pour que j’y prenne le risque. J’avais beaucoup attendu cette nouvelle rencontre, et maintenant qu’elle n’était plus l’objet de mon imagination, je voulais qu’elle recommence, encore et encore, mais dans un contexte plus favorable. Elle n’avait clairement pas envie de me voir. Elle avait fait son choix désormais, comme j’avais fait le mien des années plus tôt, et j’en vins à me demander si elle ne voulait pas d’une certaine façon me faire payer mon départ. Ce que souleva plus ou moins Tamsin quelques instants plus tard. La voir aller dans mon sens enleva un léger poids de ma poitrine, ainsi que me libérer d’une éventuelle culpabilité. C’était bien mais ce n’était pas suffisant. Je me laissais néanmoins tomber lourdement à ses côtés, dans un soupir qui en disait long – c’était vraiment la merde. Je m’enfonçai un peu plus dans les coussins tout en écoutant son raisonnement. Je ne regrettai pourtant pas ma décision – il y en avait bien assez qui le faisait à ma place – et ça avait été un véritable tremplin à ma carrière. Pourquoi des personnes comme Gaby et papa ne pouvait pas simplement l’admettre ?

- Non mais alors, celui-là… maugréai-je dès que j’entendis parler de William. C’était à peu près mon comportement à chaque fois que j’entendais parler de lui, même si j’avais été beaucoup plus virulente les premières fois. La façon dont il se comportait… C’était un sale con, c’est tout.

Son humeur paraissait aussi morose que la mienne, malgré ses mots de réconforts. On allait pas allez très loin comme ça.

- Enfin ouais, en tout cas, on est certainement que toutes les deux à le penser, mon père m’en a pas encore reparlé, mais y’a forcément un moment où il ne va plus pouvoir s’en empêcher… Qu’est-ce que j’avais hâte. Whouhou. Je lui demande pas de me sauter dans les bras à Gaby, mais je sais pas, j’avais espéré… J’avais espéré. Je n’allais pas au bout de ma pensée. Elle a toujours su a quel point ma carrière est importante pour moi, surtout qu’elle a toujours été aux premières loges, terminai-je avec une pointe d’ironie, parce qu’elle c’était elle-même retrouvée au cœur de la tourmente.

Je fermai les yeux quelques secondes, résolument décidée à croupir toute ma vie ici, avant de me convaincre qu’il y avait meilleure solution quand même. Et beaucoup plus radicale.

- Y’a au moins un super avantage à être reconnu, soulignai-je, c’est qu’on a le compte en banque qui va avec, et je compte bien le vider de moitié dans la téquila ce soir ! Dis adieu à ton jogging, et va enfiler ta robe la plus sexy, on va faire la fête ! m’exclamai-je ragaillardie tout à coup par la prochaine soirée à venir.
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MessageSujet: Re: Douce-amère — Tamsin   Sam 25 Juil - 23:53



CARA & TAMSIN
❝ Douce-amère ❞

Le point positif d’avoir Cara comme meilleure amie, c’était que nous nous comprenions. Nous avions les mêmes ambitions, la même passion pour notre carrière et celle-ci passait donc généralement en premier. Lorsque Cara avait eu l’opportunité de travailler sur un film aux Etats-Unis, je n’avais pu que m’enthousiasmer pour elle. Elle vivait un rêve, quelque chose qui lui tenait énormément à cœur et qui lancerait sa carrière à coup sûr. Cara n’était pas comme moi, elle n’avait pas ma longue carrière derrière elle, ni le succès qui allait avec. Si j’étais connue dans l’Europe entière, avant son départ pour Los Angeles, cela n’avait pas été son cas. Qui pourrait donc la blâmer d’avoir choisi ce tremplin plutôt que de rester croupir à Londres, alors qu’il y avait tellement mieux ailleurs pour elle ? Et bien, apparemment, c’était le cas de son ex petite amie et de son père. Tous deux avaient dû mal à accepter et à lui pardonner son brutal départ. Pour autant, si je pouvais à la rigueur comprendre son père – j’étais, après tout très proche du mien et disons simplement qu’il aurait été très triste d’apprendre mon départ pour un autre continent et donc de ne pas pouvoir me voir durant de longs mois – je n’arrivais toujours pas à comprendre la rancœur que pouvait avoir Gaby à son égard. Qui disait qu’elles seraient restées ensemble, si Cara n’était pas partie à l’étranger ? Je ne pouvais que citer l’exemple de William pour lui faire comprendre mon point de vue. Alors qu’une actrice avait quitté le film dans lequel elle jouait, Cara m’avait proposé de la rejoindre à Los Angeles. Pour tout dire, je n’en avais même pas parlé à William. Il m’aurait d’ailleurs probablement encouragée à faire mes valises – si j’avais été de mauvaise foi, j’aurai même dit qu’il n’aurait été que trop heureux de me voir partir et le laisser seul avec son frère, mais non, nous resterons sur une version un peu plus optimiste disant qu’il m’aurait encouragée pour le bien de ma carrière, comme je l’avais toujours fait avec lui.

Et ce n’était même pas parce que je prenais mon rôle de meilleure amie à cœur que je lui disais tout ça, mais bien parce que je le pensais – en même temps, s’il y avait une chose pour laquelle j’étais connue de mes proches, c’était bien ma franchise. « En même temps, est-ce qu’elle ne savait pas à quoi s’attendre en sortant avec toi ? » posai-je rhétoriquement la question. « Tu es une femme talentueuse et promise à un brillant avenir dans le cinéma. Elle savait à quel point ta carrière était importante. Et je suis désolée, mais elle aurait dû se montrer plus supportive à ton égard, plutôt que d’avoir maintenant toute cette rancune et cette amertume. » soufflai-je, un peu agacée. Parce que oui, je la trouvais bien injuste. Si elle ne s’était pas dit que sortir avec Cara voulait dire qu’un jour elle pourrait aller naviguer vers d’autres horizons, c’était son problème à elle, pas celui de ma meilleure amie. Cara n’avait donc pas à en pâtir. Ce n’était pas de sa faute à elle, si elle n’avait pas été soutenue et que sa petite amie ne s’était pas montrée enthousiaste et heureuse pour elle. Je forçai cependant un petit rire à sa proposition, avant de me mordiller la lèvre inférieure. Je n’étais pas allée en boîte de nuit depuis … enfin voilà, depuis l’incident. D’une manière générale, je ne sortais plus trop, d’ailleurs. « Si tu me promets qu’on rentrera toutes les deux ensemble et que tu ne m’adonneras pas lâchement pour une fille ou un mec rencontré là-bas, alors okay ! » finissai-je par répondre dans un grand sourire. Après tout, si je n’étais pas seule … rien ne devrait m’arriver, non ?
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MessageSujet: Re: Douce-amère — Tamsin   Lun 31 Aoû - 23:01

Les paroles de Tamsin me rassuraient. Du moins, j’étais en train de me convaincre que c’était le cas. Des regrets, je pouvais en avoir pour beaucoup de choses, mais en tout cas pas celui de mon départ précipité. En revanche, dès que ça concernait Gaby, j’avais tellement appris à culpabiliser qu’à présent, je ne voyais pas comment faire autrement en pensant à elle. Tamsin avait beau me conforter dans l’idée que je n’avais pas fait de mauvais choix, je voyais toujours cette petite ombre menaçante qui planait au dessus de ma tête. Elle me disait que ce n’était pas parce que mon amie me soutenait, que j’étais aussi innocente que la blanche colombe, et à vrai dire, je commençais à en avoir assez de devoir me torturer l’esprit à propos d’une fille, qui visiblement ne me portait plus dans son cœur. J’en vins à avoir la pensée déplaisante, qu’effectivement, tout avait été bien plus simple aux Etats Unis, où j’étais loin de toutes ces considérations. C’était lâche, mais lorsqu’en même temps, on voyait le résultat de ma franchise, je me disais que je ne devais certainement pas être la seule à vouloir choisir cette option.

- C’est bizarre, parce que, maintenant… je laissai un peu traîner mes mots, pas certaine d’avoir envie d’aller jusqu’au bout, avant de me lancer tout de même, et bien j’ai l’impression que ce n’est pas terminé… Ce n’était pas un point final, mais plutôt la page d’un livre qu’on aurait arraché. J’avais cherché à avoir la conscience tranquille, en rencontrant de nouveau Gaby. C’était en effet raté.

Je regrettai presque aussitôt d’avoir fait part de mes doutes à mon amie, car une réaction n’allait probablement pas tarder à suivre. D’un autre côté, si ce n’était pas à Tamsin que je pouvais parler en toute liberté, à qui d’autre ?

Pour éviter de rester toutes les deux moroses toute la soirée, il n’y avait pas trente six solution. Tamsin accueilli ma proposition avec positive, mais sans pour autant être au summum de l’enthousiasme. Ou alors, c’était l’impression que j’en avais, parce que j’avais passé une sale journée, et que j’avais le moral dans les chaussettes.

- Promets moi toi, de ne pas m’abandonner lâchement pour un garçon, rétorquai-je à mon tour, tout sourire, pour essayer de lui communiquer la bonne humeur que j’essayais de récupérer. Pas question de lâcher l’affaire ! Parce que ce soir, tu vas être à tomber !

J’attrapai sa main pour pouvoir l’entraîner à ma suite dans sa chambre. Avec le dressing qu’elle avait, on allait sûrement trouver la tenue idéal, mais vu toutes les fringues qu’elle avait justement… ça allait probablement prendre un certain temps !

- On devrait trouver la robe parfaite pour ça, sans attendre, j’ouvris son armoire, qui regorgeait de vêtements, tout en fronçant légèrement les sourcils. Qu’est-ce qui pouvait faire sexy, mais pas trop quand même, pour pouvoir passer la soirée entre copines, sans se faire alpaguer par un gros relou, toutes les cinq minutes ?
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MessageSujet: Re: Douce-amère — Tamsin   Mer 30 Sep - 19:21



CARA & TAMSIN
❝ Douce-amère ❞

Je comprenais parfaitement Cara. C’était d’ailleurs probablement l’une des nombreuses raisons de notre amitié. Nous étions très similaires et nous comprenions. Je n’ai jamais été une grande romantique, croyant au prince charmant et à ce genre de choses. Pour tout dire, avant William, je n’avais été amoureuse que d’une seule personne, Chris. Mais mon meilleur ami étant homosexuel, même moi je n’avais pas de chance avec lui. Autant dire que l’amour, je l’avais toujours laissé un peu de côté, préférant me focaliser sur ma carrière fleurissante. J’étais carriériste et ambitieuse. Je l’avais toujours été, et le resterais probablement toute ma vie. Bien entendu que j’enviais l’amour de mes parents, mais peut-être que ce n’était tout simplement pas pour moi. Après tout, je l’avais bien vu avec William, entretenir une relation n’était pas une mince affaire et amenait plus de complications qu’autre chose. Mais dans mon imaginaire, j’ai toujours pensé que l’homme idéal pour moi serait une personne qui me soutiendrait envers et contre tout. Il serait là pour moi, m’encouragerait, me chouchouterait. Il me redonnerait la force et la motivation, lorsque le moral ne serait plus là. Bref, une personne qui m’accepterait exactement telle que j’étais, et qui n’essayerait jamais de me changer. Et peut-être était-ce pour cette raison que j’avais bien du mal avec Gaby. L’ex de ma meilleure amie ne gardait que de la rancœur et de l’amertume à son égard, simplement parce qu’elle était ambitieuse. Après tout, Cara était partie à Los Angeles après une incroyable proposition, et elle n’aurait pas dû lui en vouloir d’avoir favorisé sa carrière. Au contraire, elle aurait dû la soutenir. En tout cas, c’était mon opinion sur le sujet. Je fronçai cependant des sourcils à ses mots. « Qu’est-ce que tu veux dire par « ce n’est pas terminé » ? » lui demandai-je d’une petite voix, même si je me doutais de sa réponse. Mais je ne voulais pas qu’elle ait de faux espoirs, et se retrouve ensuite déçue et triste.

Quand vint sa proposition de sortir, je me retrouvais mal à l’aise. Je ne sortais plus beaucoup, ces derniers temps, principalement par peur de revivre la même chose que … Enfin voilà, je ne sortais plus vraiment, encore moins le soir. Mais si Cara promettait de rester avec moi, je devrais m’en sortir, non ? Je souris à sa réponse, avant de lâcher un petit rire. « Non, ne t’inquiète pas pour ça ! Je ne suis pas d’humeur, ces derniers temps ! » dis-je en roulant un peu des yeux, tentant de dédramatiser la chose. La vérité était qu’à part avec Leo – et une fois avec William – je ne couchais tout simplement plus. Mais Cara n’avait pas besoin de le savoir. Je la suivais ensuite dans ma chambre, à la recherche d’une tenue que je pourrais porter ce soir. J’ouvrais mon dressing en grand, avant de chercher avec attention et de sortir une jolie petite robe noire, sans décolleté, et classe, surtout. « T’en penses quoi ? » lui demandai-je en la lui montrant.
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MessageSujet: Re: Douce-amère — Tamsin   Sam 10 Oct - 12:21

C’était pour cela que j’avais songé garder mes déboires pour moi, en rentrant à l’appartement. Conserver mes émotions, n’était pas forcément la meilleure idée, je le savais, parce que ça faisait bien longtemps que je n’étais plus objective, encore moins, dès que ça touchait Gaby, de près ou de loin. Je prétendais le contraire, pour faire bonne figure, pour m’en convaincre aussi, probablement. Mais l’évoquer à Tamsin, c’était prendre le risque d’avoir parfaitement conscience qu’elle ne laisserait rien passer. Sa dernière question en était la preuve, parce qu’elle cherchait à me faire cracher la morceau, morceau dont je n’avais même pas réalisé encore qu’il était en train de m’étouffer. Ma meilleure amie avait une longueur d’avance sur ce que j’étais en train de vivre, ressentir et penser… et c’était aussi flippant que rassurant à la fois. Je ne savais pas si j’avais envie de répondre, parce que j’allais m’embourber là dedans, et il n’y allait rien en sortir de bon. Notre histoire d’amour avec Gabriel avait pris l’eau, et il n’y avait rien à ajouter à cela. Elle était peut être là, la solution.

- On a jamais eu de point final, fis-je en haussant les épaules. Je voulais prendre soin de bien choisir mes mots, les soupeser, parce que Tam ne laisserait rien passer. Sa réaction, ça me laisse clairement penser que tout est resté en suspens, au moment où je suis partie, et ce n’était pas le but. Je la respecte assez pour ça, malgré ce que tout le monde à l’air de penser, conclus-je avec une aigreur non dissimulée. Mais bon, je crois qu’elle s’en balance, là aussi elle avait été on ne peut plus claire.

Plutôt coupé court. Je choisis de faire abstraction de la morosité de Tamsin, bien décidée à nous vider l’esprit à toutes les deux. Là dessus, elle savait qu’elle pouvait me faire confiance. Je me mis à fredonner un air de musique que nous aimions toutes les deux, tandis qu’elle s’attelait elle aussi à choisir sa tenue. Très bien ! Son implication nouvelle était le premier pas vers une soirée réussie.

- Toutes tes robes te vont de toute façon, on est d’accord, répondis-je à sa première suggestion. Comme c’était plus fort que moi, je fis également mes recherches de mon côté, deux modèles un peu plus voyants, sans en faire trop non plus. La première une rouge, fourreau, qui descendait jusqu’en bas de ses genoux. Avec des escarpins vernis aux pieds, elle allait faire un tabac ! La seconde, quant à elle, avait un décolleté plus plongeant. Tout dépend du message que tu as envie de faire passer, déclarai-je, le timbre mystérieux, et dans un petit haussement de sourcil. La perspective d’aller m’amuser avec Tam me rendait légèrement mutine, comme s’il m’était vital de retrouver une insouciance perdue depuis bien longtemps, le temps de quelques heures, sur une piste de danse.
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MessageSujet: Re: Douce-amère — Tamsin   Ven 1 Jan - 23:44



CARA & TAMSIN
❝ Douce-amère ❞


Je n’étais pas particulièrement à l’aise à l’idée de sortir, ce soir. Pour tout dire, je me serais parfaitement contentée de passer une soirée avachie dans mon canapé, à côté de ma meilleure amie, devant une comédie à l’eau de rose. On se serait alors gavée de glace et marshmallow – remède que je considérais comme idéal pour son cœur brisé – accompagnés peut-être d’un ou de deux verres de vin rouge. Oui, cela aurait été parfait. Mais Cara avait envie de sortir et d’ordinaire, j’étais la première à être partante. Ne pas le faire … cela aurait voulu dire accepter d’en donner la raison, ce dont je n’étais absolument pas prête. Même s’il s’agissait de Cara. Peut-être aussi surtout parce qu’il s’agissait de Cara. Même si elle ne le dirait pas – il s’agissait de ma meilleure amie, après tout – je verrais bien dans son regard cette petite lueur de « en même temps, c'est pas surprenant, t’as pas mal abusé ces derniers temps avec les mecs » – car, oui, une lueur dans les yeux pouvait en dire beaucoup. Alors il valait mieux faire semblant. J’étais une actrice dûment récompensée pour mon travail, après tout, donc qui mieux que moi pouvait faire semblant, le temps d’une soirée, que tout allait bien ? Personne, exactement. Et puis, Cara n’allait pas très bien, à cause de Gaby et de la fin de leur histoire. Sortir lui ferait du bien. « Bien entendu que tu la respectes. » Je roulai un peu des yeux, à l’idée que quelqu’un puisse penser autrement. « En tout cas, c’est ce que je pense. Donc c’est bien la preuve que tout le monde ne pense pas le contraire. » Je lui lançai un petit sourire, avant de hausser d’une épaule.

Je partis alors dans ma chambre, à la recherche de la robe que je porterai. Je devais bien avouer que je cherchais tout sauf quelque chose de provocant. Ressortant avec une robe noire en col montant – et dont la longueur était parfaitement raisonnable, puisqu’elle m’arrivait à peine au-dessus des genoux – je lui demandai ce qu’elle en pensait, avant de lui lancer un sourire franc à sa réponse. Oui, c’était vrai : toutes mes robes m’allaient à la perfection. « Humm … Je veux passer le message « Je suis avec ma meilleure amie et ne compte absolument pas la laisser en plan pour partir avec un mec » » répondis-je avant de lâcher un petit rire. Après avoir obtenue son approbation, je décidai donc de la mettre. Je m’habillai rapidement, avant d’en faire de même pour le maquillage – quelque chose de léger … après tout, pas de drague ce soir, et il valait mieux ne pas tenter le diable. Une fois que nous fûmes prêtes, j’attrapai les clés de l’appartement. « Allez ! Let’s have some fun ! » m’exclamai-je, jetant un dernier coup d’œil à l’intérieur, le cœur battant. La soirée allait être longue, c’était certain.

CARA & TAMSIN
❝ to be continued ... ❞

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