KL ✖ she wants the d(estruction of patriarchy)

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MessageSujet: KL ✖ she wants the d(estruction of patriarchy)   Jeu 18 Juin - 11:36

Je me présente, je m'appelle Katharine Lawrence, 35 ans. Je suis né(e) le jour mois année, à Londres (Angleterre) et j'habite à Londres, dans le très particulier quartier de Chelsea. Je suis par ailleurs bisexuelle, et puisque la question vous brûle les lèvres, je suis malheureusement divorcée. Que vous dire de plus si ce n'est que dans la vie je suis  actuellement réalisatrice et que mon rêve le plus fou serait de travailler avec Lupita Nyong'O. Oh, par contre, il y a ce léger détail que vous devez savoir sur moi, je suis workaholic. Voilà, c'est tout pour l'instant. And by the way, nice to meet you!
Travel card ▬ feat. jennifer morrison
« Imagination is the golden-eyed monster that never sleeps. It must be fed; it cannot be ignored. »
─ pseudo/prénom: Morgane. ─ âge: jesus fuck... ─ fréquence de connexion: quotidienne, or something.  ─ comment avez-vous découvert ticket to ride et qu'en pensez-vous ? *tousse* ─ inventé ou pévario ? pévario.  ─ code:  Rolling Eyes  ─ crédits : tumblr.


Dernière édition par Katharine Lawrence le Jeu 13 Aoû - 21:52, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: KL ✖ she wants the d(estruction of patriarchy)   Jeu 18 Juin - 11:36


« Daddy a dit je peux ! »
Kath tire la langue à sa sœur alors que celle-ci essaie de lui arracher la caméra des mains. Elizabeth n’est évidemment pas amusée par le comportement de la benjamine, mais Kath a raison ici – daddy l’a autorisée à utiliser la caméra familiale, du haut de ses huit ans, tant qu’elle y fait attention. Alors elle lancer un regard noir à son ainée avant de continuer sur sa lancée, sortant du salon en sautillant.
« Fais attention ! » lui lance Elizabeth, et Kath lève les yeux au ciel. Elle fait toujours attention, quand on parle cinéma. C’est dans ses veines, après tout, comme tout Lawrence qui se respecte.
Alors elle sort dans le jardin, où l’attendent ses amies. Elle force Mary à se positionner devant la balançoire, et Jane près de a table de jardin, s’assurant qu’elles connaissent bien leurs lignes, avant d’allumer la caméra. Celle-ci clignote rouge alors que Kath la place devant son visage, pour bien voir le petit écran, langue légèrement sortie avec un air de concentration sur son visage.
« Et… Action ! »
Les deux fillettes se débrouillent assez bien, si l’on considère leur jeune âge et leur manque d’expérience, mais cela ne suffit pas à Kath. Elle leur demande de refaire la scène plusieurs fois, jamais satisfaite, toujours embêtée par un détail – l’avion qui passe dans le ciel, Mary qui commence sa phrase un peu trop tard, Jane qui regarde à gauche quand elle devrait rester immobile. Kath voit tout, commente tout, analyse tout. Et on recommence.
Elle se frustre, au bout d’un moment – la patience est loin d’être une vertu, pour une enfant de huit ans. Évidemment, ses amies commencent à perdre patience également, ce jeu d’actrices n’étant pas si amusant que cela lorsque Kath se prend autant au sérieux. Elle souffle un peu, tant pour montrer son mécontentement que pour chasser la mèche de cheveux blonds tombant devant ses yeux.
Daisy est à son cours de piano, et elle ne reviendra que pour diner. Kath déteste cela, parce que Daisy est la meilleure actrice qu’elle ait sous la main, et Daisy aime jouer au plateau de tournage avec Kath – elles arrivent à créer des petits films ensemble, et ensuite daddy les embrasse toutes les deux en disant qu’il est fier d’elles, qu’elles ont une grande carrière devant elles.
Mary propose de jouer à chat plutôt, et Jane approuve ce nouveau choix d’activité. Kath souffle un peu plus avant de retourner au salon pour ranger la caméra, ignorant le sourcil arqué que lui envoie Elizabeth alors qu’elle ouvre le placard et place la caméra à côté de l’appareil photo. Elizabeth est dans ce que mummy appelle l’âge bête, toujours à vouloir paraître plus grande qu’elle ne l’est, et Kath déteste cela. Cela la rend sarcastique et mauvaise, et un peu arrogante aussi avec ses livres de Sylvia Plath et Simone de Beauvoir.
Lorsqu’elle retourne dans le jardin, Mary et Jane sont déjà en train de courir partout, avec des rires et des petits glapissements suraigus. Pas exactement ce que Kath avait prévu pour cet après-midi, et elle en est presque soulagée lorsque sa mère arrive dans le jardin avec leur goûter – thé glacé et scones – et demande si quelqu’un a faim. Les fillettes s’arrêtent immédiatement de jouer et, avec une gorgée de thé, Kath se demande quel jeu elle pourra choisir une fois le goûter terminé.


Les trois sœurs sont assises à la file indienne sur le lit d’Elizabeth, chacune s’occupant des cheveux de celle de devant. Katharine se laisse dorloter par les doigts agiles de Daisy alors qu’elle lit un magazine ventant les mérites de Jurassic Park – le film sortant dans quelques semaines. Elle tourne un peu la tête, écoutant vaguement la conversation qu’entretiennent ses sœurs. Katharine est à peine sortie de sa période où tous les garçons sont d’immondes créatures lui donnant envie de vomir, alors Daisy et Elizabeth s’extasiant sur cet acteur ou ce chanteur, très peu pour elle. Elle se contente d’apprécier le temps passé avec elles, les jolies coiffures et manucures. Ce qui est plus que suffisant, si vous lui demandez son avis.
« Comment s’est passé ton rendez-vous ? » demande subitement Daisy.
Le silence qui s’en suit arrive tout de même à surprendre Katharine, juste assez pour se retourner et faire face aux deux autres filles. Daisy a eu la même idée, apparemment, les deux plus jeunes fixant désormais Elizabeth avec des regards curieux, alors que celle-ci – mon dieu, Elizabeth, rougir ? Cela ne peut être vrai, et pourtant…
« C’était… intéressant, » est tout ce qu’elle trouve à répondre.
Ce qui, dans le langage d’Elizabeth, veut dire qu’il faut multiplier la déclaration par dix, puis par cinq, puis par vingt, et on arrivera plus ou moins à comprendre ce qu’elle veut dire. Elizabeth a cette habitude de minimaliser les choses, là où Katharine aime en faire des montagnes – comment Daisy arrive à ne pencher pour aucun de ces deux extrêmes, personne ne le comprendra jamais.
« Intéressant, hmmmmm ? » Daisy reprend, avec un petit air moqueur. « Comment il s’appelle ? »
Elizabeth hésite, le temps d’une seconde, joues encore plus rouges. « Nicholas. »
Daisy et Katharine échangent un regard complice, et Katharine commence alors à fredonner, « Lizzie and Nicholas, sitting on a tree… »
Elizabeth grogne un peu, avant d’attraper l’oreiller contre lequel elle était appuyée jusque là. D’un geste adroit, qui parle de plus d’une bataille de polochon contre petites sœurs exécrables, elle frappe à la fois Daisy et Katharine – toutes deux la regardent avec de grands yeux, bouches ouvertes en signe d’outrage, avant de fondre sur elle pour contre-attaquer.
Il n’en faut pas plus pour que les sœurs explosent de rire alors qu’elles se battent à coups d’oreillers et de chatouilles bien placées, connaissant par cœur les points faibles des autres et les utilisant à leur avantage.

Katharine frappe doucement à la porte, juste au cas où Elizabeth est en train de se reposer. Elle fait cela de plus en plus régulièrement, faire des siestes à des heures complétement aléatoires – son ventre ressemble plus à une pastèque qu’autre chose, maintenant, et cela l’épuise énormément. Alors Katharine frappe, et tend l’oreille juste au cas où. Elizabeth lui dit d’entrer, ce qu’elle fait sur la pointe des pieds, refermant doucement la porte derrière elle. Ella va se glisser sous les couvertures avec sa sœur, main posée sur son ventre. Le bébé ne bouge pas, pour l’instant, mais le réflexe de toucher le ventre d’Elizabeth est toujours là.
« Qu’est-ce qui se passe, kitten ? » Lizzie lui demande, alors que Katharine pose la tête sur son épaule.
Malgré le froid de l’hiver, il fait chaud dans la chambre d’Elizabeth, plus encore avec les deux couvertures sous lesquelles elles sont blotties. Katherine pourrait facilement faire une sieste, elle aussi, si seulement son cerveau pouvait s’arrêter de travailler pendant ne serait-ce que deux petites secondes.
« Promets-moi que tu le diras pas aux parents, » Katharine demande, et attend qu’Elizabeth hoche la tête avec un air grave, avant de continuer. « Je crois que je suis amoureuse. »
Elizabeth se met à sourire, avec l’air espiègle de la grande sœur qui aime taquiner – Katharine et Daisy ne l’ont que trop poussée à bout à cause de Nicholas, c’est de bonne guerre. « Et en quoi est-ce dramatique ? »
« C’est une fille. »
La bouche d’Elizabeth s’ouvre en un ‘oh’ de surprise, mais elle n’offre pas plus de commentaire que cela. Katharine est habituée à tout partager avec Daisy, plutôt qu’Elizabeth, l’écart d’âge un peu moins grand aidant. Mais Elizabeth étudie ce genre de choses, et Elizabeth s’y connaît sur le sujet – Katharine se dit qu’elle pourra aider, et comprendre, un peu plus facilement que n’importe qui d’autre.
« Est-ce que c’est réciproque ? » est tout ce qu’elle demande. Oui, Katharine a bien fait de venir lui en parler, elle a besoin de ce pragmatisme alors que tout en elle lui hurle ‘abort, abort mission’.
« Ella m’a embrassé à la boom de Tommy. »
Elizabeth hoche la tête, puis resserre son étreinte autour des épaules de Katharine. Celle-ci se niche un peu plus contre sa grande sœur, faisant attention de ne pas écraser son gros ventre en passant – il y a quelque chose de rassurant dans ce câlin, quelque chose qui lui dit que tout ira bien, quoi qu’il arrive.


Katharine referme son bloc-notes, le glisse dans son sac de cours avant d’attraper sa veste sur le dossier de sa chaise. Elle s’assure de n’avoir rien oublié sur sa table, mains tâtonnant les poches de son jeans pour vérifier que son portable est bien là alors qu’elle essaie de se souvenir du cours suivant, et de la classe dans lequel celui-ci a lieu. Tout est un peu vague dans sa tête, migraine n’aidant pas. Elle se dit qu’il suffit de suivre le mouvement, de toutes façons, les autres étudiants doivent savoir.
« Miss Lawrence, un mot, s’il vous plait ? »
Katharine relève la tête vers sa professeur. Ms Wang est occupée à ranger les différentes feuilles utilisée au rétroprojecteurs durant le cours, mais elle lance à Katharine un regard sans équivoque – la jeune femme n’a d’autre choix que de se diriger vers le tableau plutôt que d’imiter les autres étudiants et de fuir la classe aussi rapidement que possible. Ella attend en silence que la professeur ait rangé ses affaires, piétinant nerveusement sur place. Elle n’a rien fait de spécialement dramatique, pas qu’elle s’en souvienne. Personne n’ose jouer les trouble-fêtes avec Ms Wang, de toutes façons, elle a bien trop d’autorité pour cela.
Ms Wang s’approche d’elle, visage normalement si sérieux montrant désormais des traces d’inquiétude qui ne disent rien qui vaille. « Je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer que tu sembles plus distraite en ce moment. Ton dernier projet n’était pas aussi poussé que les autres. Es-tu en train de perdre ton intérêt pour le cinéma ? »
Katharine secoue la tête, reniflant légèrement pour s’empêcher de pleurer. En vain, évidemment. Elle n’a jamais été des plus douées pour faire le deuil, après tout.
« Mon beau-frère est – était journaliste de guerre, » commence-t-elle, larmes aux yeux. « Il était au mauvais endroit a mauvais moment et… »
Elle ne finit pas sa phrase. N’y arrive pas. Alors elle détourne le regard, et s’essuie le nez avec le dos de sa main – les larmes ne coulent pas encore, au moins, ce qui est une sorte de progrès en soit. Ms Wang pose une main compatissante sur son bras, et Katharine ne peut que laisser s’échapper un rire nerveux. Elle craque devant ses professeurs, maintenant, de mieux en mieux.
« Tu aurais du nous prévenir. »
Katharine secoue la tête à nouveau. Elle est une Lawrence, après tout, elle obtient assez de traitements de faveur comme cela sous prétexte qu’elle est la fille de, la nièce de, la cousine de. Elle ne veut pas que l’on sorte les violons et que l’ont ait pitié d’elle par dessus le tout alors qu’elle travaille tellement dur pour être plus que la réputation de sa famille.
« Je vais à l’exposition du Tate ce soir, veux-tu venir avec moi ? »
Katharine renifle une fois de plus. « Je ne veux pas de votre pitié. »
Ms Wang lui sourit, un sourire doux et compatissant – c’est une femme, après tout, et une femme de couleur à ça. Elle aussi doit connaître la pitié dans les yeux des gens, elle aussi doit être passée par là. Ce besoin de travailler dix fois plus, pour oser espérer être reconnue pour son talent.
« Ce n’est pas de la pitié. Je veux simplement m’assurer que ma meilleure élève puisse finir l’année dans les conditions les plus optimales. »
Ms Wang sourit une fois de plus et, même tristement, Katharine sourit également.

Lorsqu’elle rencontre Garrett pour la première fois, c’est dans l’auditorium plein à craquer alors qu’il vient discuter de son métier et de ses projets devant les étudiants de dernière année. Katharine a déjà entendu parler de lui, bien entendu, tout le monde a déjà entendu parler de lui – l’étoile montante du cinéma anglais, l’enfant star avec centaines de statuettes dorées à venir. Katharine apprécie son talent, son traitement de l’image, la façon qu’il a de capturer le quotidien et d’en faire une œuvre d’art. Autant dire que lorsqu’il parle devant eux et évoquer mille et un souvenirs de tournage, la jeune femme est charmée.
Elle échange un regard complice avec sa voisine alors que tous applaudissent à la fin de son discours. La salle se vide petit à petit, mais Katharine est parmi les rares personnes à descendre les escaliers plutôt qu’à sortir – Ms Wang est toujours là, en train de discuter tranquillement avec Garrett Fitzgerald, et Katharine décide qu’il s’agit d’un moment parfait pour utiliser son réseau de connaissances. Elle se glisse aux côtés de la professeur, tout sourire, et attend qu’on la remarque. Quelques secondes, tout au plus.
« Mr Fitzgerald, » annonce Ms Wang, se tournant légèrement vers Katharine pour attirer l’attention sur elle et pour l’introduire au sein de la conversation. « Laissez-moi vous présenter Katharine Lawrence, une de nos élèves les plus brillantes. »
Garrett lui offre un sourire des plus charmeurs, et le cœur de Katharine manque un battement. « Lawrence ? Avec un nom pareil, vous ne pouvez qu’être brillante. »
Katharine sourit également, ravale la remarque sur son talent étant beaucoup plus que son arbre généalogique. « C’est un plaisir de vous rencontrer. Je tiens à dire que le plan-séquence dans votre dernier film était à couper le souffle. »
« Le projet de fin d’étude de Katharine est un plan-séquence de vingt minutes, » Ms Wang ajoute fièrement. Katharine tente, tant bien que mal, de ne pas rougir sous les compliments de sa mentor, mais ses joues se teintent tout de même de rouge avec le regard impressionné que lui lance Garrett.
Cela les lance bien entendu dans une conversation sur les difficultés d’une telle technique cinématographique. Si quelques autres étudiants étaient restés après le cours afin de discuter avec Garrett, ils finissent tous pas déserter l’auditorium eux aussi. Katharine ne sait pas exactement combien de temps ils restent à discuter, mais même Ms Wang se retire à un moment donné, les laissant seuls dans la salle. Katharine ne peut s’empêcher de rire nerveusement lorsqu’elle se rend compte de cela alors qu’elle se tourne pour poser une question à sa professeur et se rend compte que celle-ci n’est plus à ses côtés.
« On a fait fuir tout le monde, » constate-t-elle avec un petit rire.
Garrett regarde sa montre, et soupire. « Je vais devoir fuir également, j’en ai bien peur. » Il hésite, le temps d’une seconde, avant d’ajouter, « On peut continuer cette discussion autour d’un café, si tu veux. »
C’est ainsi que Katharine enregistre le numéro de Garrett Fizgerald dans son téléphone, et a rendez-vous avec lui le vendredi suivant dans un petit café de Portobello. The rest, as they say, is history.


Katharine vérifie une dernière fois dans le miroir que sa coiffure est bien en place, aucune mèche rebelle ne venait ruiner son chignon. Elle réajuste son rouge à lèvres, et place comme il le faut ses boucles d’oreille. Elle n’a jamais vraiment fait parti de ses femmes qui prennent des heures à se préparer chaque jour – non pas qu’il y ait un problème avec cela, ce n’est juste pas son genre – mais elle doit être présentable ce soir. Après tout, le tout Londres sera là pour célébrer l’avant-première du dernier film de Garrett, alors Katharine se doit d’être une femme modèle à ses côté, ne serait-ce que pour les photographies.
Elle enfile ses talons hauts, avant de descendre les escaliers. La jeune fille au pair est de corvée babysitting ce soir, et elle tient Anne dans ses bras pour ne pas que l’enfant court partout et risque ruiner les tenues de ses parents. Katharine dépose un baiser sonore sur la joue de sa fille, et rit légèrement de la trace rouge laissée par son maquillage. Elle l’efface de son pouce, tout en rappelant à leur au pair de téléphoner en cas d’urgence, et d’appeler leur agent si jamais ils n’entendent pas la sonnerie de leur téléphone. La jeune fille hoche la tête, avant d’aller occuper Anne au salon, pour ne pas que l’enfant pleure en voyant partir ses parents.
Garrett offre alors son bras à Katharine, et tous deux sortent de la maison. Une limousine les attend déjà dans la rue, et avec eux leur agent. Il discute avec Garrett des différentes interviews qui auront lieu sur le tapis rouge, et des meilleures réponses à donner, phrases à dire, sujet à éviter. Katharine n’écoute que distraitement, et joue avec son téléphone pendant tout le trajet les menant à Leicester Square.
Les flashs des appareils photo crépitent lorsqu’ils sortent de la voiture, journalistes et fans hurlant leurs noms, et Katharine affiche son sourire le plus professionnel alors qu’elle salue la foule. Garrett est dans son élément, bien entendu, ayant toujours aimé être sur les devants de la scène, sous les feux des projecteurs. Parfois, Katharine se demande pourquoi il n’est pas plutôt devenu acteur, s’il aime tellement être le centre de l’attention – des pensées aigries qu’elle refoule assez rapidement. Elle aime son mari, après tout, et refuse de comparer leurs filmographies, leurs côtes de popularité. Elle n’en a pas fini, sinon. Elle sait très bien lequel des deux serait en tête.
Alors elle sourit aux journalistes, joue la femme-objet comme elle sait si bien le faire. La BBC lui a proposé de réaliser une mini-série, six épisodes pour un drame historique sur lequel elle commencera à travailler dans quelques mois. Alors elle se concentre là-dessus, pour tenir le coup et survivre cette soirée. Tellement absorbée dans ses pensées que la question d’un journaliste la prend en traitre au moment où elle s’y attend le moins.
« Que pensez-vous des critiques que votre sœur a fait au sujet de ce film ? »
Toutes ces années dans le milieu lui ont permis d’être maitre de ses émotions, alors elle ne bronche même pas, pas un haussement de sourcil, pas un tic dans la joue. Evidemment, elle sait qu’Elizabeth n’a jamais été très tendre avec Garrett et sa filmographie, et ne se tait jamais d’en faire la critique sur son site féministe, criant à la misogynie et même, parfois, au racisme non dissimulé dans ses films. Katharine et elle se sont disputées à maintes reprises sur le sujet, et cela finit toujours en un silence radio de plusieurs semaines, et Katharine faisant l’autruche.
(Elle sait que sa sœur a raison mais…)
(Pour le meilleur et pour le pire, qu’ils disaient.)
Alors elle sourit à la caméra, ne se laisse pas avoir comme une débutante. « Ma sœur, comme tout à chacun, est limite d’émettre la critique qu’elle souhaite. Je ne vais pas la forcer à changer d’avis, tout comme je ne veux pas influencer le public. Toute critique est bonne à prendre, après tout. N’est-ce pas, chéri ? »
Garrett sourit lui aussi, mais cela ressemble plus à une grimace qu’autre chose. Toute critique est bonne à prendre, sauf lorsque l’on s’appelle Garrett Fitzgerald – dans ce cas-là, seules les critiques positives sont bonnes à prendre, et tout le négatif finit au fond d’une bouteille de brandy lorsqu’Anne est endormie. Dire que Garrett et Elizabeth ne s’entendent pas serait d’ailleurs l’euphémisme du siècle. Ils ne se sont plus adressés la parole depuis le mariage, et les repas de Noël n’en sont que glaciaux, d’autant plus lorsque l’on sait que Katharine ne porte pas plus le mari de Daisy dans son cœur.
Une famille unie et soudée.


Tourner dans la campagne anglaise a toujours quelque chose d’agréable – et pas juste parce que Katharine et les filles passent quelques semaines dans une maison de campagne pour des vacances bien méritées. Loin de la ville. Loin de Garrett. Non, il y a quelque chose d’autre sur ses tournages, quelque chose de plus qui ne vient qu’avec des costumes d’époque et l’odeur des chevaux au petit matin. Katharine aime ce genre de tournage plus que les studios, prés et champs s’étalant sur des kilomètres, lunettes de soleil sur la tête et baskets aux pieds. On est bien loin du glamour de Londres, mais cela ne dérange pas Katharine. Bien au contraire.
Elle aboie des ordres à tout va, pour perdre le moins de temps possible. Ils ont trois scènes à tourner avant que le soleil ne tombe, et elle ne veut pas recommencer demain et perdre plus de temps (et d’argent) qu’il n’en faut. Les acteurs sont encore dans leurs loges, avec les maquilleurs et coiffeurs, ce qui leur donne environ une demi-heure avant que toutes les caméras soient en place, les figurants à leur marque, l’équipe prête à tourner.
Katharine vérifie pour ce qui semble être la centième fois l’éclairage et le cadrage, avant de retourner derrière la caméra. Elle s’efforce de ne pas montrer son impatience, mais ses doigts pianotent tout de même contre sa cuisse – elle a un mauvais pressentiment, et déteste cela. La dernière fois que cela est arrivée, l’actrice principale est tombée dans des escaliers, s’est cassé la jambe, et ils ont dû repousser le tournage de six semaines. Autant dire que Katharine aimerait bien qu’un tel incident ne se reproduise pas de sitôt.
Ils sont au milieu d’une scène, tout se passant pour le mieux dans le meilleur des mondes (pour l’instant) lorsqu’une voiture apparaît de nul part et s’arrête à côté des loges des artistes. Katharine est sur le point d’hurler – elle n’a pas besoin de cela aujourd’hui, vraiment – lorsqu’elle reconnaît la silhouette sortant de la voiture. Se retournant vers l’équipe de tournage, elle leur donne dix minutes de pause, et pas une de plus, avant de s’approcher d’Elizabeth sur le parking.
Sa sœur a les traits tirés, yeux cachés derrière d’énormes lunettes de soleil lui avalant la moitié du visage. Ses mains tremblent, et la boule dans l’estomac de Katharine n’en est que plus lourde.
« Elizabeth ? » demande-t-elle, voix hésitante.
« Katharine… » Il y a un sanglot au fond de sa gorge – les lunettes en place pour cacher ses yeux rouges et non les protéger du soleil. « Katharine, c’est Daisy… »
Et n’a pas besoin d’en dire plus. « Non… Non. »
« Kitten… » Elizabeth s’approche, semble vouloir la prendre dans ses bras, mais Katharine recule d’un pas, lève les bras en signe de protestation. Elle secoue la tête, et refuse de traiter l’information. Non, cela ne peut pas être vrai. Pas Daisy, pas alors qu’elles se sont parlé au téléphone la veille. La première de sa pièce de théâtre est dans deux semaines. Ils ont des placés au premier rang. Pas Daisy. Pas…
« Non… Pas Daisy. Non, Lizzie, non… »
Ses mots se font plus hachés, hystériques, alors qu’elle retient à peine un sanglot. Celui-ci lui échappe au moment où elle s’y attend le moins, et Katharine pressent ses mains contre sa bouche comme pour s’efforcer de se taire, pour ne pas émettre un son de plus. Les larmes coulent le long de ses joues alors qu’un autre sanglot fait trembler tout son corps, et elle s’effondre contre Elizabeth. Sa sœur la serre contre elle, tellement fort que cela en ferait presque mal, si la douleur avait une quelconque importance à ce moment-là.
Mais le cerveau de Katharine hurle une autre peine – Daisy, Daisy, non, Daisy, non – alors qu’elle fond en sanglot dans le cou de sa sœur. Elizabeth pleure elle aussi, un peu plus calmement peut-être. Katharine lui envie ce sang-froid.

Katharine s’est toujours félicitée de ne pas être des plus impulsives. Elle agit rarement sans réfléchir, et calcule les risques avant de prendre une décision. Elle est souvent colérique, certes, mais c’est plus par irritation que par impatience, lorsque les choses ne vont pas comme elle le souhaite sur un plateau de tournage – trop de risques encourus pour sa réputation, sa carrière, elle ne peut laisser passer un écart de travers.
Katharine n’est pas une femme impulsive et colérique de nature. Cela ne l’empêche pas de jeter des assiettes au visage de son mari. Il a le réflexe de s’abaisser à temps, et la porcelaine explose en mille morceaux contre le frigo alors qu’elle attrape une assiette de plus et vise à nouveau.
Cet idiot fait l’erreur de lui sourire, comme s’il est soudainement Brad Pitt dans Mr and Mrs Smith et que la situation lui semble hilarante. Connard. L’assiette siffle à quelques centimètres de sa tête. Katharine s’en veut de viser si mal.
« Je t’ai soutenu depuis le départ ! J’ai mis ma carrière en pause pour toi ! » Une assiette de plus. « Tout ça pour que t’aille ouvrir les jambes de la première venue ? »
Katharine attrape un bol, pour un peu de variété. Garrett pousse un juron en l’évitant, alors elle attrape un autre bol – beaucoup plus aérodynamique, apparemment – et vise à nouveau.
« Je t’ai jamais rien demandé, chérie… »
« Menteur ! » Le bol fait un vol plané. « Je le voyais bien à ta tête, ta peur que je finisse par t’éclipser. Qu’une femme finisse par t’éclipser. L’outrage ! »
« Quoi, tu vas me sortir l’argument Elizabeth, maintenant ? »
Fuck le bol. Les doigts de Katharine se plient alors qu’elle remémore les conseils que lui avait donné Daisy, alors qu’elles n’étaient qu’enfants – poings fermés, pouce dehors. Le poing part d’un seul coup, et elle entend plus qu’elle ne sent les os se briser sous le coup. Elle l’achève d’un coup de genou bien placé, et obtient une certaine satisfaction (et une satisfaction certaine) lorsqu’il tombe à genoux devant elle, les deux mains contre son nez ensanglanté.
« Pétasse ! »
Katharine se force de ne pas lui en foutre une de plus. La violence n’a jamais été son point fort, après tout, et cela ne peut que se retourner contre elle – ne manquerait plus que le connard porte plainte, et elle peut dire au revoir à la garde des filles. Non, elle respire un bon coup et avance d’un pas, et ne peut que sourire lorsque Garrett se recule légèrement. Bien. Qu’il sache qui porte la culotte dans leur couple, tout à coup.
« Maintenant écoute-moi. Tu as vingt minutes pour prendre tes affaires et te barrer d’ici. Je ne veux plus te voir, plus t’entendre, je ne veux plus rien avoir à faire avec toi. Et si tu oses demander la garde des filles, je peux t’assurer que mes avocats ne te louperont pas. Est-ce bien clair ? »
Il hoche la tête, pitoyable.
Elle a hâte d’appeler Lizzie.


Katharine tient Emily dans ses bras, l’enfant parfaitement calée contre sa hanche, alors qu’elle visionne les dailies de la veille. Rares sont les moments où la mère de famille et la réalisatrice se rencontrent, mais la nouvelle fille au pair s’est montrée être une catastrophe, et Katharine est donc en pleines recherches de la candidate idéale. Ce qui est plus ardu que prévu, évidemment – rares sont les jeunes filles acceptant de s’adapter aux horaires hors-normes que lui imposent son travail. Mais mieux vaut cela que de laisser les filles vivre chez leur père pour une semaine ou deux. Ne manquerait plus que l’une d’elles trouve une capote usagée ou un soutien-gorge qui n’a rien à foutre là, et cela serait le drame assuré.
Donc, oui, Katharine préfère prendre les filles avec elle au travail. Emily est dans sa période où elle veut toujours être à bras, malgré ses six ans, mais au moins Anne et Charlotte sont sages. Habituées à harceler les acteurs entre deux prises, mais sages. L’assistante de Katharine est aux petits soins pour elles, de toutes façons, elles ne peuvent donc manquer de rien. Encore mieux que la gouvernante la mieux payée du pays.
« Okay, ça m’a l’air correct, » dit-elle une fois son visionnage terminé.
L’équipe autour d’elle soupire de soulagement, aussi discrètement que possible. Katharine ne relève pas – elle sait très bien qu’elle n’y va pas de main morte avec eux, mais entre la pression des critiques, la pression qu’elle se donne à elle-même, et tous les problèmes qu’ils ont déjà rencontrés sur le plateau, Katharine ne peut se permettre un pas de travers. Surtout pas lorsque les médias ne cessent de remettre en question le choix de réalisateur – certains toujours convaincus que la production aurait dû choisir Garrett, et non Katharine, pour filmer la trilogie. Elle a fait ses preuves, déjà, mais elle n’en reste pas moins une femme – évidemment, que l’on questionnera toujours sa légitimité. Elle n’en attend pas moins d’eux, malheureusement.


Dernière édition par Katharine Lawrence le Jeu 13 Aoû - 21:50, édité 12 fois
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MessageSujet: Re: KL ✖ she wants the d(estruction of patriarchy)   Jeu 18 Juin - 11:42

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MessageSujet: Re: KL ✖ she wants the d(estruction of patriarchy)   Jeu 18 Juin - 11:43

Salut toi
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MessageSujet: Re: KL ✖ she wants the d(estruction of patriarchy)   Jeu 18 Juin - 11:46


ahahahahahah[...]

Nope. J'ai rien d'autre à dire Arrow
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MessageSujet: Re: KL ✖ she wants the d(estruction of patriarchy)   Jeu 18 Juin - 11:49

afro
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MessageSujet: Re: KL ✖ she wants the d(estruction of patriarchy)   Jeu 18 Juin - 11:54

oooh ça c'est un bon choix
Bienvenue parmi nous et hell yeah Katharine est là
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MessageSujet: Re: KL ✖ she wants the d(estruction of patriarchy)   Jeu 18 Juin - 12:48

/me t'a reconnue au titre Arrow et omg yes yes yeeeees evanouissement

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
you can count on me ♡ If you're tossin' and you're turnin' And you just can't fall asleep, I'll sing a song beside you And if you ever forget how much you really mean to me, Every day I will remind you. Oh, We find out what we're made of When we are called to help our friends in need. You can count on me like 1, 2, 3 I'll be there And I know when I need it I can count on you like 4, 3, 2, You'll be there 'Cause that's what friends are supposed to do
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MessageSujet: Re: KL ✖ she wants the d(estruction of patriarchy)   Jeu 18 Juin - 13:26

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MessageSujet: Re: KL ✖ she wants the d(estruction of patriarchy)   Jeu 18 Juin - 14:26

OMGGGGGGGGGG, welcome baaaaack
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MessageSujet: Re: KL ✖ she wants the d(estruction of patriarchy)   Jeu 18 Juin - 18:15

LE TITRE (marry me Arrow Arrow)

rebienvenue parmis nous
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MessageSujet: Re: KL ✖ she wants the d(estruction of patriarchy)   Jeu 18 Juin - 19:01

Lyall O. Walters a écrit:
(marry me Arrow Arrow)

prends un ticket et attends ton tour Arrow

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
you can count on me ♡ If you're tossin' and you're turnin' And you just can't fall asleep, I'll sing a song beside you And if you ever forget how much you really mean to me, Every day I will remind you. Oh, We find out what we're made of When we are called to help our friends in need. You can count on me like 1, 2, 3 I'll be there And I know when I need it I can count on you like 4, 3, 2, You'll be there 'Cause that's what friends are supposed to do
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MessageSujet: Re: KL ✖ she wants the d(estruction of patriarchy)   Jeu 18 Juin - 21:16

Moi je peux avoir un ticket aussi ?
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MessageSujet: Re: KL ✖ she wants the d(estruction of patriarchy)   Ven 19 Juin - 0:54

Bienvenuuuuuue 
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MessageSujet: Re: KL ✖ she wants the d(estruction of patriarchy)   Ven 19 Juin - 1:15

Bienvenue et bon courage pour ta fiche
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MessageSujet: Re: KL ✖ she wants the d(estruction of patriarchy)   Sam 20 Juin - 18:54

LE TITRE + MY BOSS = TOI JE T'AIME ET J'AI HÂTE DE POUVOIR RPER AVEC TOI
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MessageSujet: Re: KL ✖ she wants the d(estruction of patriarchy)   Lun 29 Juin - 15:44

Welcome heart
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MessageSujet: Re: KL ✖ she wants the d(estruction of patriarchy)   Jeu 13 Aoû - 22:13

VALIDEEEEE
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MessageSujet: Re: KL ✖ she wants the d(estruction of patriarchy)   Jeu 13 Aoû - 22:17

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MessageSujet: Re: KL ✖ she wants the d(estruction of patriarchy)   Jeu 13 Aoû - 22:19

   

PS : VA RP PUIS FAIRE DICK, NOW
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MessageSujet: Re: KL ✖ she wants the d(estruction of patriarchy)   

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KL ✖ she wants the d(estruction of patriarchy)
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