you are not and never will be him w/ david

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MessageSujet: you are not and never will be him w/ david   Ven 5 Juin - 3:16

Des scènes supplémentaires, ces enfoirés voulaient des scènes supplémentaires. Inutile de dire que Charlie avait d'abord tenté de refuser mais une conversation téléphonique plutôt houleuse avec Katharine Lawrence puis une seconde avec l'un des producteurs lui avaient quelque peu remis les idées en place. Il se trouvait alors encore à Cannes mais il n'en avait pas pour autant sauté dans le premier avion. Ils avaient besoin de lui, fine, mais il était hors de question qu'il écourte ses vacances. Pour être tout à fait honnête, il n'avait aucune envie de remettre les pieds aux studios. Il aimait son boulot et il aimait par-dessus tout incarner Snape et savoir qu'il était peut-être, aux yeux de certains gamins et d'autres fans plus âgés, ce que le cast de la première franchise avait été pour lui. Toutefois l'accident de Nevil — un accident, il n'arrivait toujours pas à croire qu'un tel accident ait pu arriver sur le set — avait changé bien des choses. Son rapport à son rôle en premier lieu. Les dernières scènes qu'il avait dû tourner dans les premiers jours avaient été compliquées, vraiment compliquées. Il avait dû s'arrêter à plusieurs reprises pour reprendre son souffle, retrouver ses repères. Au cours des deux dernières années, il s'était habitué à avoir Nevil pas loin pour lui remonter les bretelles ou lui raconter la connerie parfaite pour le remettre dans les rails. En fait, il était arrivé plus souvent qu'il ne doive s'arrêter parce que cet imbécile le perturbait de diverses façons. Nevil avait été une constante, un paramètre essentiel à son jeu. Il avait dû se faire à l'ambiance sur le tournage ensuite, toute nouvelle. Sombre, si sombre. Le silence dans leur loge aussi, une loge qu'ils avaient fini par partager bien qu'on leur en ait attribué une chacun au départ. Le silence avait été abrutissant, tellement qu'il avait fini par apprendre à pleurer sans bruit pour ne pas le perturber. Il s'était laissé aller au chagrin dans les moments les moins propices et si la patience de Katharine avait ses limites, elle s'était montrée plus compréhensive que jamais. Tous, vraiment, tous avaient compris ou semblé comprendre combien il était difficile de continuer malgré tout parce qu'au fond, tous avaient été touché. Jessie et lui peut-être plus que les autres, parce qu'ils partageaient tous deux une complicité particulière avec Nevil. Les premiers repas à la cantine avaient été des plus moroses et il avait souvent croisé le regard bouleversé de la grande rousse, pourtant si pétillante d'ordinaire. Ils avaient tous perdu un camarade, un ami mais Charlie avait l'impression d'avoir perdu un bout de lui-même. Il ne mettait pas sa souffrance au-dessus de celle des autres, pas consciemment du moins mais il n'y avait plus suffisamment de place dans son cœur pour qui que ce soit. Ou peut-être que si, justement, et c'était le plus effrayant. Il était vide, complètement vide.

Rentrer à Londres s'était révélée être une décision presque facile à prendre. « Tu n'as plus rien à faire là » lui avait dit sa grand-mère avec une simplicité déconcertante. Elle ne l'avait pas mis à la porte, elle ne l'avait pas jugé. C'était un fait et il l'avait reconnu sans rien dire. Grams était pleine de sagesse, c'était sans doute l'âge qui voulait ça. How cliché. Il avait donc fait ses valises, dit au revoir à ses cousins et à l'atmosphère apaisante de Cannes où il avait passé presque trois semaines. William était parti avant lui, le laissant non sans lui faire promettre qu'il irait bien. Pareille perspective lui avait paru impossible au début, parce qu'il ne pouvait pas aller bien après la disparition de Nevil. Un euphémisme encore, des euphémismes partout après l'amertume pour gommer la douleur qui lui empoisonnait le cœur. Il respirait plus librement à présent et une fois arrivé en Angleterre, il avait presque été heureux de retrouver Londres. C'était chez lui, c'était son coin, peu importe combien il aurait aimé pouvoir dire le contraire. Home, a safe place, malgré tout ce qui y avait pu se passer.

Son appartement n'avait pas changé et les meubles n'avaient pas bougé. Son répondeur était plein à craquer d'encouragements et de messages de soutien de ses proches. La boîte aux lettres vomissait le courrier qui s'y était entassé mais il n'avait pas pris la peine de la vider. C'était retourner à la réalité et il voulait attendre encore un peu pour faire ça. Rester dans une ambiance de vacances, sans souci, sans deuil. Encore un peu. Pas longtemps hélas puisque les producteurs, apprenant qu'il était de retour dans la capitale, ne tardèrent pas à appeler. Le lendemain, Gallagher, aussi intransigeant qu'intrusif, vint le tirer de son lit où il s'était couché tout habiller la veille le traîner jusqu'aux studios sans ménagement. Parce qu'après tout, ils avaient tous perdu quelqu'un mais le monde ne s'était pas arrêté de tourner. Sauf le sien, apparemment. Charlie ne prononça pas un mot de tout le trajet et passa devant Bob de la sécurité sans même le saluer. Bien, il était sensé aller bien. Tu parles. « Get your shit together, son » lança Gallagher en le laissant dans une loge qui n'était pas la sienne. Well, techniquement si, c'était la sienne, c'était celle qu'on lui avait donné lorsque le tournage du second opus avait repris, à Londres cette fois. Mais ce n'était pas sa loge. Le canapé qui prenait tout un pan du mur du fond n'avait pas ou peu servi, aucune photo n'était accrochée et la pièce toute entière respirait le neuf. Personne n'était passé ici, personne n'avait plaisanté ici, personne n'avait renversé le moindre café sur la petite table là-bas, personne n'avait fait la sieste entre deux prises en cherchant à monopoliser un sac de couchage. Rien, il ne s'était rien passé ici. Pourtant, son costume était accroché à la patère et son nom se trouvait sur la porte. C'était sa loge. Sa loge sans Nevil.

La mort dans l'âme — ha, ha, how appropriate — Fitzwilliam gagna donc le set et s'appliqua à débiter ses lignes avec le ton juste, respirant comme Tamsin le lui avait appris, écoutant les recommandations prudentes de Katharine et de son assistante. Tiens, elle aussi avait changé. Holly avait disparu à nouveau mais même ça, Charlie était incapable de s'en alarmer. Peut-être lui avait-elle laissé un message, elle aussi, comme tant d'autres gens, connus ou moins connus, plus ou moins proches. Des messages qu'il n'écouterait pas, il le savait. Il se contenterait de vider son répondeur le plus rapidement possible. La sollicitude des gens, Charlie n'en avait rien à faire. Surtout celle de ses collaborateurs. Il s'était passé à peine quelques jours avant qu'ils ne remplacent Nevil par une espèce de doublure belge qui, ironiquement, ressemblait comme deux gouttes d'eau à leur ancien Sirius Black. Very sensitive. Charlie l'avait croisé plusieurs fois, refusant de lui adresser la parole. C'était puéril et quelque part, il le savait mais la seule idée de croiser le regard de ce type lui donnait envie de vomir. Dire qu'il ressemblait à Nevil était un euphémisme. Lorsqu'il l'avait vu débarqué la première fois, Charlie avait presque oublié que son meilleur ami n'était plus. Il avait manqué pour peu de lui asséner une grande claque dans le dos avant de lui proposer d'aller boire une bière devant une énième rediffusion de Doctor Who. Puis la réalité l'avait rattrapé, parce que cette connasse le rattrapait toujours. Nevil était parti, Nevil ne reviendrait pas. Nevil était mort et ce type-là, David ou peu importe son nom, n'avait de lui que son visage.

« Coupé ! » lança la réalisatrice, à son grand soulagement. Terminé, il en avait enfin terminé. Pour la journée du moins mais il penserait au lendemain plus tard. Une sale manie chez lui, que d'envisager la suite qu'une fois qu'elle lui tomberait dessus. Mais cette journée lui avait déjà coûté suffisamment d'énergie comme ça. Le visage fermé et les poings serrés, il ignora les regards inquiets du crew et l'appel de son Lucius Malfoy pour déguerpir au plus vite. Non, il ne voulait pas aller boire un verre pour se changer les idées, non il n'avait pas envie d'ouvrir son cœur à la maquilleuse ou d'écouter le pep talk de tel ou tel assistant. Il ne voulait pas les entendre, il ne voulait rien d'autre que du silence. Instantanément, il se ferma à toute présence, toute nuisance extérieure que celle de son cœur lourd qui tambourinait dans sa cage thoracique.

Ses pas le menèrent machinalement à sa loge. Sa vraie loge. Celle qu'il avait partagé tout l'hiver durant avec Nevil, celle qui puait la caféine et suintait la bonne humeur. Celle aux murs couverts de photos ridicules prises durant la tournée. Celle aux piles de bouquins vacillantes. Celle à la plante mourante qu'ils avaient maintenu en vie par le plus grand des miracles. On est magique vieux, lui avait répété cet enfoiré trop casse-cou pour son propre bien. Faire ses propres cascades, il en avait rêvé à l'époque où il avait commencé, Charlie le savait. Ils en avaient parlé longuement, ils en avaient plaisanté surtout parce qu'une cascade, sur le set d'une franchise Harry Potter, signifiait s'accrocher à un balai pas plus magique qu'un autre, de puissants ventilateurs vous ébouriffant la tignasse, le tout sur fond vert. Les cascades, ici, étaient le cauchemar des coiffeurs, la terreur de l'habilleuse. Les cascades  des Maraudeurs n'étaient pas sensées faire peur aux acteurs. Ces cascades-là ne tuaient pas d'habitude. Evidemment, il avait fallu que ce petit con soit l'exception.

Charlie s'arrêta net sur le pas de la porte en découvrant les murs nus. La pièce avait été nettoyée de fond en comble. Les livres étaient à présent empilés dans un coin, soigneusement alignés. Les photos avaient disparu. La tâche de café sur le coin de la coiffeuse aussi. Envolés les souvenirs, effacés les rires. Seul le canapé, unique survivant de cet honteux nettoyage, était encore à sa place. Toujours vieux, toujours d'un immonde bleu tirant sur le gris, toujours défoncé. Leur canapé. Raide, Charlie s'avança mécaniquement jusqu'au vestige de son passage ici et s'y laissa tomber de tout son poids. Les ressorts couinèrent un peu, amenant un sourire sur son visage fatigué. Non, ça, au moins, ça n'avait pas changé. Un pull ressemblant vaguement à l'un des cardigans si laids que Nevil se plaisait à porter traînait sur l'un des accoudoirs. La gorge sèche et l’œil humide, Charlie s'en saisit et le retourna, une, deux fois. Sans doute avait-on oublié de se débarrasser de ça aussi. Il déplia le vêtement pour le rouler en boule et le déposa à nouveau sur l'accoudoir avant de s'allonger. La nuit passée avait été rude, très rude et il s'était réveillé à de nombreuses reprises pour regarder son radio-réveil ou fixé le plafond, attendant le sommeil sans pouvoir le trouver. Ce stupide canapé était presque plus agréable pour son dos que ne l'avait été son matelas et avant de s'en rendre compte, il sombra doucement, le nez contre ce pull ridicule.

Il s'éveilla en sursaut lorsque la porte s'ouvrit, livrant passage à un individu qu'il connaissait bien et pendant quelques secondes, le jeune homme se surprit à sourire. Mais quelque chose n'allait pas. Non, ça n'allait pas. Ce visage, bien qu'il semblait être trait pour trait celui de Nevil, ce visage n'appartenait pas à son meilleur ami. Il connaissait sa figure, il avait observé la myriade d'émotions qu'elle pouvait exprimer, il en connaissait les moindres recoins. Hell, il l'avait embrassé et pas qu'une seule fois. Il connaissait le visage de Nevil et ce n'était pas Nevil. Qu'est-ce que cet opportuniste foutait là ? Et, fatalement, la réponse vint d'elle-même. Holy fuck, ils n'avaient pas osé. Ils n'avaient pas osé faire ça. Charlie se redressa lentement, crispé. Ils n'avaient pas osé donner la loge de Nevil, leur loge à ce type qui n'avait rien pour lui, si ce n'était une ressemblance frappante avec un mort. Mais si, si, ils avaient dû oser. Sinon comment expliquer la présence de ce type ici ? « Eh bien, ça n'aura pas traîné » articula-t-il d'une voix rauque. Sa main effleura le cardigan avant de s'en éloigner avec dégoût. Oh. Ce n'était sans doute pas à Nevil. Certainement pas, en fait. Personne n'était assez tordu pour garder les biens d'un mec qu'on remplaçait. « Je ne savais pas que c'était ta loge » ajouta-t-il, sans pour autant se lever. Le je ne serais pas venu sinon resta coincé dans sa gorge mais il sembla raisonner dans la pièce. Loud and clear. Mieux valait que ce type ne se fasse pas trop d'illusions. « Bien installé ? » demanda-t-il d'un ton qui disait tout le désintérêt qu'il avait pour la réponse, ton qui entrait d'ailleurs en grande contradiction avec sa position, toujours assise sur ce canapé si lourd de souvenirs. Cette loge avait été à lui, à Nevil et la présence de ce mec passait presque pour intrusion dans sa vie privée. Mais ce n'était plus sa loge, Nevil n'était plus là et la raison aurait voulu qu'il déguerpisse vite fait. Oui, seulement Charlie ne réfléchissait plus rationnellement depuis plusieurs semaines et toute logique semblait l'avoir abandonné. Comme le reste d'ailleurs. Comme Nevil.

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MessageSujet: Re: you are not and never will be him w/ david   Sam 6 Juin - 2:02

S'il avait su, il se serait sûrement abstenu de revenir dans sa loge à ce moment précis. Si cela sautait aux yeux que Charlie Fitzwilliam refusait catégoriquement de lui parler, il se demandait si la façon dont il faisait en sorte d'éviter le jeune homme était aussi criante. Il avait pris l'habitude d'être présent pour le tournage de la majorité des scènes, comme pour se mettre dans l'ambiance, malgré son arrivée tardive dans le cast. Mais quand il avait appris que les scènes suivantes seraient des scènes avec Snape, il n'avait pas demandé son reste et était reparti, les écouteurs dans les oreilles et les mains enfoncées dans les poches. Il ne s'agissait même pas du regard agressif de l'acteur ou de cette ambiance gênante qui donnait envie à David de rentrer sous terre dès qu'ils étaient dans la même pièce. Non, c'est principalement qu'il assistait au tournage du film pour simplifier son travail, mais pas pour compliquer celui des autres. Alors il était parti traîner dans les rues de Londres, prendre l'air, tenter d'oublier son malaise. Tenter d'oublier ce sentiment désagréable qu'il n'était pas vraiment à sa place sur ce tournage. Sentiment qui n'était pas vraiment que du fait de Fitzwilliam, quand les membres de l'équipe avaient encore le mauvais réflexe de l'appeler Nevil. Le caractère anxieux de David faisait en plus surface de façon inquiétante ces derniers temps, celui-ci se persuadant lui-même qu'il n'arriverait jamais à avoir le niveau qu'avait Nevil et à interpréter Sirius aussi bien que lui. L'ombre de feu Nevil Munroe planait définitivement sur chaque action de son remplaçant qui le vivait très mal. Lui qui avait pour habitude d'éviter tout conflit se voyait bien à contre-cœur impliqué dans une situation un peu trop compliquée pour lui. Parce qu'il n'ignorait pas ce qui avait pu se passer entre Fitzwilliam et Munroe, sa sœur fanatique de journaux people lui avait fait des rapports qu'elle voulait passionnants. Et s'il pouvait comprendre ou du moins admettre l'état dans lequel se trouvait l'acteur de Snape, il n'appréciait pas spécialement d'être l'objet de toute cette rancœur.

Alors non. Il aurait su, il aurait évité de rentrer là, tout de suite, dans sa loge, pour aller récupérer ses affaires. Il aurait fait un tour du quartier en plus et se serait pris un truc au starbucks au passage, en priant pour que personne ne vienne lui parler. Mais les gens évitaient en principe, maintenant qu'ils avaient découvert qu'il y en avait deux avec le même visage, ils pensaient qu'il pouvait y en avoir trois et ils ne voulaient pas faire erreur. A moins que les complotistes aient réussi à convaincre les masses qu'il était un clone qui avait été réalisé en prévision. Ou un droïde. Mais il n'avait pas vraiment l'esprit à se laisser emporter par ces magnifiques théories toutes plus farfelues les unes que les autres. Il était plutôt figé, à l'entrée de sa loge. Sa loge qui était occupée. Et soudain cela lui semblait évident. Même cette loge n'était pas sa loge. Il avait en toute logique reprit l'ancienne loge de Munroe. Il n'y avait pas vraiment réfléchit, et maintenant qu'il y accordait une seconde, ça lui sautait violemment au visage. Ils n'allaient pas lui sortir une loge de nulle part, par magie. Et ce sourire entraperçu un instant qui s'était bien trop vite ravisé lui posait tranquillement un poids de plus sur le cœur et la conscience. Et, figé, il ne pouvait pas s'empêcher de dévisager Charlie. Mais la raideur de celui-ci alors qu'il se redressait le tira de ses pensées et David, restant tout de même à la porte, n'osant plus trop rentrer dans cette loge qui n'est pas vraiment la sienne, finit par baisser la tête pour regarder ses pieds alors que d'une main nerveuse il venait arracher ses écouteurs de ses oreilles. « Eh bien, ça n'aura pas traîné. » L'amertume de sa voix ressemblait à du reproche, mais David tenta de se convaincre qu'il n'y était pour rien. A part sa naïveté malvenue, il n'avait jamais réclamé cette loge, ni aucune loge d'ailleurs. Le luxe et le confort qui accompagnaient ce rôle le mettaient de toute façon légèrement mal à l'aise. « Je ne savais pas que c'était ta loge. » Il s'en doutait, évidemment. Il avait compris à l'instant où il avait vu ce foutu sourire.

« Bien installé ? » Et si son ton laissait clairement entendre qu'il se fichait bien de savoir s'il était bien installé, David ne savait pas trop ce qu'il pouvait faire d'autre que répondre. Il voulait bien garder la tête basse et se fondre dans le paysage pour ne pas ennuyer Fitzwilliam, mais là, il était dans sa loge. Qui n'était pas vraiment sa loge. Mais il n'allait pas non plus récupérer sagement ses affaires et s'enfuir comme un voleur. Parce qu'il avait beau faire des efforts et n'avoir que peu d'amour propre, il refusait de se plier à tout les caprices de l'acteur. « Je... Je me suis pas vraiment installé en fait, j'avais juste besoin d'un endroit pour poser mes affaires quand je suis au studio... » Il passa une main gênée dans sa barbe de quelques jours. Parler aux gens qui n'ont pas envie de l'écouter, ce n'était pas vraiment quelque chose qu'il avait l'habitude de faire. Principalement parce qu'il parlait peu. Et encore moins quand ça n'était pas requis. Il ne parlait pas vraiment pour s'écouter... Mais en même temps, s'il pouvait s'expliquer. S'il pouvait tenter d'une façon ou d'une autre de rattraper la chose. S'il pouvait réussir à convaincre qu'il n'y était pour rien, ou au moins qu'il n'essayait pas de remplacer réellement son prédécesseur. « Si tu veux, j'peux te laisser la loge hein, si tu préfères... » Une main hésitante dans les cheveux, il osait enfin lever les yeux de ses chaussures sans toutefois oser entrer un peu plus dans la loge ou se mettre plus à l'aise. Parce qu'il n'était pas à l'aise. Et il avait beau en vouloir légèrement à Charlie parce qu'il n'avait fait que rentrer dans la loge qu'on lui avait attribuée et que cela semblait suffire à ce qu'il lui en tienne rigueur, il s'était promis d'être compréhensif et d'accepter les crises de l'acteur, si ça lui permettait à un moment ou à un autre de faire son deuil. Alors il tenta un sourire plus ou moins convaincant, plus gêné que réellement encourageant. Au point où il en était de toute façon. « Vu que j'ai pas amené d'affaires à moi, j'aurais rien à déménager, donc c'est pas trop gênant... »

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MessageSujet: Re: you are not and never will be him w/ david   Jeu 25 Juin - 1:07

Il savait que rentrer à Londres amènerait son lot d'emmerdes, il le savait mais comme le disait si souvent sa mère, on ne fait pas ce qu'on veut dans la vie, Charlie. Plutôt ironique dans la bouche d'une femme issue d'un milieu si privilégié et select. Le cynisme n'aidait pas non plus, c'est certain mais les semaines passant, c'était surtout devenu un automatisme. Tout valait mieux que des larmes ou pire, le silence. Alors l'ironie lui d'armure et la bouteille, de béquille. Il était suffisamment en forme pour revenir en Angleterre ou en tout cas, capable de s'en convaincre. Une fois arrivé, c'était tout autre chose et si personne n'avait daigné le déloger de son lit, il aurait probablement commencé à prendre racine. Il avait changé les draps pourtant, depuis cette stupide nuit, et il avait rangé, il avait nettoyé, il avait vécu depuis cette nuit mais son appartement empestait encore Nevil. D'ailleurs certaines de ses affaires traînaient là et Charlie, grand con qu'il était, les avait fixé sans bouger, sans oser les toucher. La présence de Nevil était encore accrochée dans l'air et il pouvait prétendre le contraire mais il avait terriblement envie de s'y cramponner, de courir ici et là comme un dératé en ouvrant les mains. Il ne saisirait rien que des objets inanimés, sans volonté. Autant tenter d'attraper de la fumée.

Revenir aux studios n'était pas si terrible, sur le papier mais revoir ces couloirs et les décors qui avaient été les témoins de leurs conneries l'avait blessé plus qu'il ne l'aurait voulu. Et cette loge, cette foutue loge. Cette loge vide, nettoyée lui donnait envie de vomir. Mais ce n'était rien à côté de cette seconde de confusion face au nouveau Sirius Black qui ressemblait tant à Nevil. Il s'en voulut d'abord, brièvement. Nevil était parti et il ne reviendrait pas, il le savait parfaitement. Il avait vu son corps sur le sol, sans vie. Il s'était rendu à son enterrement. Il avait enlacé sa mère éplorée pendant de longues minutes et il avait échangé un regard tout aussi long avec son père, stoïque même dans le deuil. Il était parti en vrille parce que Nevil n'était plus là, alors pourquoi diable se mettait-il à croire que c'était lui, sur le pas de cette porte. Ce visage avait peut-être de grands airs de ressemblance avec le sien mais l'expression de profonde gêne n'était pas la même, loin de là. Nevil n'aurait pas été mal à l'aise en sa présence, pas maintenant, pas alors qu'ils étaient passés au-dessus de cette fameuse nuit. Ce n'était pas Nevil, c'était David. David, le nouveau propriétaire de cette loge. Charlie ne put retenir les mots qui jaillirent de sa bouche, ironiques et durs. Ce n'était probablement pas sa faute mais il était là et si quelqu'un devait endosser la responsabilité de ce ménage, autant que ce soit lui. Lui qui portait le visage d'un homme stupidement disparu. Charlie en avait voulu à la terre entière les premiers jours. Aux producteurs, aux techniciens, à Katharine et même au reste du cast. Il avait refusé de les voir, refusé de leur adresser la parole. Il avait ignoré les quelques coups de fil de Jessie et avait délibérément laissé Leo frapper à la porte de son appartement sans lui répondre. Il les avait laissé de côté parce qu'il ne voulait pas partager leur peine ni la sienne. Il leur avait mentalement reproché d'insister puis d'abandonner. Puis sa colère s'était dirigée contre Nevil, contre cet imbécile pas capable d'exécuter une cascade sans y laisser la vie, contre cet idiot qui défiait toute logique. Plus personne ne mourrait sur un plateau de tournage en 2015. Personne sauf Nevil, parce qu'il ne rentrait pas dans les normes et qu'il lui fallait être l'exception. L'imbécile. Et aujourd'hui, Charlie devait côtoyer quelqu'un qui lui ressemblait comme deux gouttes d'eau. C'était trop facile, trop tentant. Il ne connaissait pas ce type mais ça n'avait pas d'importance. Il était là et c'était suffisant pour faire remonter à la surface toute cette douleur. Et la frustration, oh la frustration. Toutes ces heures passées à ruminer sa fureur et son chagrin sans pouvoir en parler au principal intéressé. Il aurait pu versé dans le mélo et avoir de longues discussions silencieuses avec sa pierre tombale. Ou pire, s'adresser à lui, à voix haute, au cimetière mais depuis les funérailles, Charlie n'avait pas osé y mettre les pieds. Il n'en avait pas eu la force. Hurler contre son oreiller après un énième verre de trop était beaucoup, beaucoup plus simple.

Alors non, il n'avait pas envie d'être conciliant ni aimable. Il ne pouvait pas. Il n'avait jamais été courtois et poli avec Nevil, ils s'étaient entendus tout de suite très vite, presque comme s'ils s'étaient connus dès l'enfance. Il n'y avait jamais eu de juste milieu et ce visage, god ce visage, ce visage lui rappelait les premières lectures en commun du script, les premiers rires et les échanges complices, muets ou presque. Mais ce n'était pas la même tête. Ce n'était pas la même personne. Nevil ne se serait jamais écrasé ainsi. David, lui, cherchait à s'expliquer. Objectivement, c'était ridicule et si Charlie avait été capable de raisonner rationnellement, il aurait vite compris que l'autre était presque aussi embarrassé que lui. Peut-être même plus. Mais comment rester logique face à ce visage ? Il déglutit avec difficultés et baissa les yeux sur le cardigan qui lui avait servi d'oreiller jusque-là. Non, ce n'était pas à Nevil, plus rien n'était à Nevil, simplement les souvenirs. Même la porte annonçait déjà très certainement le changement de propriétaire. Et il était là, sans oser reprendre ses droits. Pire même, il voulait les lui céder. Et puis quoi, ils deviendraient les meilleurs amis du monde parce que David, god bless him, avait su reconnaître combien ils souffraient ? Ha, ha. Non. D'autant plus qu'on l'accuserait de vouloir le faire fuir, on lui reprocherait de ne pas le mettre à l'aise. Mais s'était-on soucié de savoir s'il était à l'aise, lui ? Il se redressa pour découvrir le petit sourire gauche de l'autre homme. Non, Nevil n'aurait jamais souri comme ça et c'était bien ça le problème. « Tu peux la garder, je ne voudrais pas te mettre à la porte » répliqua-t-il, avec un rictus amer. Oh, il aurait bien aimé le foutre dehors, si. Si seulement Nevil avait été là pour reprendre la place qui lui était due, chose qui n'arriverait pas. Alors il allait devoir faire avec mais ça ne signifiait pas pour autant qu'il était prêt à accueillir ce remplaçant à bras ouverts. Oh non. « Ce n'est pas comme s'il allait revenir de toute façon. Puisque tu es là » ajouta-t-il et au moment où les mots franchirent ses lèvres, il réalisa combien c'était tordu. Il le blamait, lui, cet inconnu, du décès d'un type qu'il n'avait probablement jamais croisé de toute sa vie. Comme s'il avait un quelconque rapport avec l'accident. Comme si c'était de sa faute. Un peu, si, songea-t-il instinctivement en levant de nouveau les yeux vers lui. Beaucoup même, avait envie de hurler une partie de lui. Mais ce n'était pas Nevil. David, il s'appelait David. « Je- je voulais pas, c'est pas- » Il s'arrêta, conscient qu'il ignorait que dire. Et pourquoi s'expliquer d'ailleurs ? Il n'avait pas l'intention de faire ami-ami avec ce mec. « C'est pas ce que je voulais dire » lâcha-t-il en un seul souffle. Ce n'était pas tout à fait la vérité. C'était surtout ce qu'il ne voulait pas penser. Parce qu'il l'avait dit et il l'avait dit si vite et si bien qu'il était impossible de ne pas l'en croire persuadé. Et c'était le cas, pitoyablement.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: you are not and never will be him w/ david   Mer 1 Juil - 0:07

C'était un dur équilibre pour David. David qui ne savait pas s'imposer. David qui n'osait pas s'énerver contre les autres. David qui tentait toujours de faire plaisir à tout le monde. Mais il avait fini par comprendre que ça n'était pas possible. Il n'avait jamais plu à tout le monde, loin de là. A essayer de plaire au plus grand nombre, on finir par irriter tout le monde. A essayer d'être le plus neutre possible, on en devient inintéressant. A refuser de s'imposer, on finit par faire partie du décor. Et il ne pouvait pas. Pas aujourd'hui, pas maintenant qu'on lui avait offert une telle opportunité. Il ne pouvait plus faire partie du décor. Il devait trouver l'équilibre. L'équilibre entre cette volonté de satisfaire tout le monde, et celle de ne pas se laisser marcher sur les pieds. Parce que cela devenait nécessaire. S'il voulait survivre, s'il ne voulait pas se faire écraser. S'il voulait garder la tête hors de l'eau, il devait apprendre à dire non. Sa sœur le lui avait répété avec un peu trop d'insistance, et elle continuait de l'appeler sur Skype tous les soirs pour vérifier qu'il ne s'était pas laissé faire. Il n'était plus ce gosse paumé d'un collège quelconque sans aucune responsabilité. Il était aujourd'hui un acteur médiocre auquel une chance impensable avait été donnée. Et il n'avait pas le choix. Il devait réussir à s'imposer. S'imposer. Affirmer ses choix, ses envies, ses valeurs. Affirmer son existence pour ne pas être jusqu'à la fin de ses jours associé à ce Nevil Munroe. L'association de leurs noms aurait pu lui être très favorable mais il était hors de question qu'il abuse ainsi de l'image d'un acteur décédé. Même s'il avait accepté ce boulot, il avait une morale. Il avait certes besoin de ce job pour pouvoir enfin mener une vie qui ne se limitait pas à quelques rôles inintéressants et des boulots minables lui permettant de se nourrir, de survivre.

Il n'avait pas encore atteint l'équilibre. Il n'était pas encore prêt. Parce que les autres n'étaient pas encore prêts pour lui. Parce que les autres espéraient encore un instant en le voyant qu'il soit un autre. Parce qu'il estimait que la période de deuil n'était pas passée. Et même si cela signifiait devoir faire un rapport falsifié de sa journée à sa sœur adorée s'il voulait éviter les remontrances, il préférait laisser aux autres le temps. Et il préférait se laisser le temps. C'était loin d'être totalement altruiste. S'imposer et dire non n'est pas évident quand le simple fait que des gens vous adresse la parole vous donne envie de faire demi-tour et de partir en courant. Oh, il y avait travailler. Et contrairement à quand il était un gosse, il n'avait pas vraiment envie de s'enfuir dès qu'on lui adressait la parole. Mais il se disait simplement parfois qu'il aurait préféré être muet pour ne pas avoir à répondre aux gens. Et sans mains pour que l'on n'essaie pas de lui apprendre le langage des signes. Parfois. Parfois, il aurait aimé s'énerver facilement contre les autres et laisser ses émotions parler à sa place. Mais il n'a jamais appris le faire. Il a toujours regardé son père qui s'emportait bêtement sans jamais comprendre. Et les réactions de Fitzwilliam le laissent tout aussi perplexe. Et cela ne lui plait pas de ne rien comprendre, d'autant plus quand il fait des efforts. Mais il sert les dents et il fait avec. Parce qu'il sait bien que ça ne sert à rien de secouer les gens qui ne vont pas bien. Il sait bien que leur ordonner d'aller mieux, ça n'est jamais concluant. « Tu peux la garder, je ne voudrais pas te mettre à la porte » Il hausse les épaules. Il aura essayé. Il ne va pas non plus lui forcer la main. Ce n'était qu'une proposition désintéressée. « Ce n'est pas comme s'il allait revenir de toute façon. Puisque tu es là. » Il se dit un instant que c'est évident. Ce n'est pas la loge qu'il veut, c'est l'homme qui y vivait. Même s'il avait espéré que la loge puisse combler ne serait-ce qu'un peu ce vide dans la vie de l'acteur. Mais c'est seulement un instant qu'il perçoit la logique du jeune homme. Cette loge sans la présence de son ami ne vaut rien. Et l'instant d'après, il réalise que c'est lui qu'il blâme pour cette absence. Comme si le fait qu'il le remplace l'empêchait de retrouver celui qu'il avait perdu. Et David ne peut s'empêcher de serrer un peu les poings. Pour un peu, il serait sur le point de s'énerver. Mais il respire calmement, il s'efforce de garder son calme, parce qu'il sait très bien qu'il n'est pas capable de s'énerver réellement contre quelqu'un.

« Je- je voulais pas, c'est pas- » Il ne peut pas s'empêcher de hausser un sourcil dubitatif. Dubitatif et plutôt étonné. Il ne s'attendait vraiment pas à ce que Fitzwilliam revienne sur ses mots. Ce n'était pas vraiment son genre. Il était ce genre de personne qui donnaient l'impression d'être suffisamment sûrs d'eux pour ne jamais douter de leurs propos. Ce genre de personne qui ne doutaient jamais du fait qu'ils aient raison et ne ressentaient que trop rarement le besoin de s'excuser. Mais après tout, il s'était peut-être fait une fausse idée du jeune homme. Peut-être. Mais il préférait estimer qu'il s'était juste rendu compte qu'il allait trop loin. Même pour ce nouveau venu dans l'équipe du film. Même pour ce remplaçant qui semblait lui passer toutes ses sautes d'humeur. Parce qu'il en avait l'habitude. Qu'on profite de son manque de répartie jusqu'à ce que ce ne soit plus possible. Jusqu'à ce qu'il n'ai plu rien à offrir. « C'est pas ce que je voulais dire. » Mais il prononce ces excuses avec bien moins de conviction que son reproche et David ne retint pas un soupir. « Si, c'est ce que tu voulais dire. » Il s'étonne lui-même de son ton, plus froid qu'à son habitude. Comme si ce léger énervement face à la mauvaise foi de Fitwilliam commençait à prendre le pas sur sa retenue habituelle. « Mais vu que je ne vois pas bien comment je pourrais le ramener, j'ai du mal à me sentir responsable pour son absence. » Son ton abrupte l'intrigue lui-même. Mais il fait comme il peut pour rester aussi aimable qu'il l'a toujours été tout en refusant de se laisser écraser. Et son co-acteur ne lui rend définitivement pas la tâche facile. « Et même si je voulais m'excuser d'exister, je ne sais pas vraiment comment je pourrais me faire pardonner le simple fait d'exister. » Et même s'il se sent un brin énervé, il n'est pas capable de le laisser transparaître dans sa voix. Il sonne juste comme un père de famille qui met les points sur les i. Même si ce n'est pas franchement l'impression qu'il espérait donner. Il n'a pas envie de s'emporter, mais peut-être que la seule solution pour que Fitzwilliam le lâche enfin est de le confronter au fait qu'il n'a pas de raison valable de lui en vouloir.

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MessageSujet: Re: you are not and never will be him w/ david   Mer 9 Sep - 2:40

Réaliser que la vie continuait était des plus douloureux et égoïstement, Charlie avait voulu prétendre pendant un temps que ce n'était pas le cas. Il avait trouvé refuge dans ces instants hors du temps, inspirés par l'alcool et les visages d'une foule inconnue, à divaguer à la suite de ses amis en prétendant que tout allait bien. Tout n'allait pas bien, il n'allait pas bien, pour la simple raison que la vie continuait et il s'en rendait cruellement compte. Nevil avait disparu au moment même où les choses s'amélioraient entre eux, où enfin ils commençaient à retrouver cette complicité unique qui amusait leurs camarades et rendait certains fans hystériques. Au moment même où il se prenait à penser qu'il pourrait exister entre eux plus qu’une simple amitié, si belle fut-elle, tout avait basculé. Il était mort et tous les euphémismes du monde n’avaient pu atténué le gouffre que cet événement avait ouvert en Charlie. Il s’était senti vide, si vide les premières semaines. Vide et fatigué, au point où il n’arrivait même plus à feindre la moindre petite émotion. Il avait pleuré à s’en faire mal, hurlé dans son oreiller à s’en rompre les cordes vocales sans parvenir à ressentir une quelconque douleur, comme s’il ne réalisait pas vraiment. Leo et Patrick avaient tâché de lui changer les idées et il avait suivi le mouvement sans protester, bien trop heureux de trouver un semblant d’activité. Adolescent, il n’avait jamais été vraiment très sociable, il n’était pas le type qu’on invitait en premier à une fête. Il n’était pas le type qu’on invitait à une fête tout court en fait. Il n’aimait même pas particulièrement ça et à vingt-quatre ans bien sonnés, il n’appréciait toujours pas mais il avait appris à accueillir l’insensibilité de l’ivresse avec ce qui ressemblait à de la joie. Ou du soulagement peut-être. Sans ses proches, sans l’insistance de William et du reste de sa famille, il serait probablement encore occupé à soigner une énième gueule de bois sur un sofa inconnu. C’était à eux qu’il devait de s’être relevé ou, en tout cas, de songer à le faire, parce que la vie continuait, parce qu’il n’avait pas le droit de tout laisser tomber. Nevil n’était plus là, alors il lui devait bien de continuer à vivre. Au moins pour lui or some shit like that. Il ne savait plus très si c’était Aisling ou bien Tamsin qui avait eu ces mots, très vrais d’ailleurs et pourtant dénués de sens. Aisling peut-être, Aisling sûrement.

Mais voilà, il avait fallu qu’un abruti décide de caster un type qui lui ressemblait comme deux gouttes d’eau. C’était l’idée la plus cruelle qu’un membre du crew ait pu avoir. Pourquoi ce type-là, pourquoi ne pas préférer quelqu’un de plus connu, une valeur sûre ? Charlie était conscient que ce genre de réflexions n’étaient rien sinon destinées à blesser et peut-être, oui peut-être bien que ça lui avait échappé en présence d’oreilles indiscrètes. Peut-être bien qu’il s’était dit qu’en rendant la vie impossible au nouveau venu au visage si familier, il partirait. Mais son départ ne ramènerait pas Nevil. Ce n’était pas pour autant qu’il avait arrêté. Il savait, il savait que ce David au nom imprononçable n’avait été engagé que pour sa ressemblance physique si frappante avec Nevil. On ne s’était sans doute pas attardé sur son parcours une fois que sa photo avait apparu et en d’autres circonstances, Charlie aurait sans doute compris. Il avait beau n’avoir que vingt-quatre ans, il évoluait dans ce milieu depuis bien trop longtemps pour avoir gardé un semblant de naïveté. Show must go on and all that jazz. Mais c’était son coeur qui était en jeu cette fois, son coeur qui s’arrêtait de battre pour une seconde ou deux chaque fois qu’il apercevait ce type.

Ils avaient poussé le sadisme jusqu’à lui donner l’ancienne loge de Nevil. Ce dernier aurait probablement trouvé ça très drôle mais Charlie n’avait pas envie de rire, pas le moins du monde. Il aurait voulu disparaître, laissé les murs l’avaler pour se repaître de leurs souvenirs, des odeurs de thé et de scones qu’ils avaient dévoré entre deux prises, des siestes et des nuits passées ici, courtes mais mémorables. Il aurait aimé plus de temps pour encaisser mais c’était précisément ce dont ils manquaient tous, sur ce tournage. Du temps. Après toutes les erreurs, les incidents, après tous les sermons de Katharine Lawrence et les coups de fil affolés des gens d’en haut. Ils n’avaient plus le temps de s’apitoyer et Charlie en était réduit à broyer du noir en comptant les minutes.

Il ne s’attendait pas vraiment à le voir débarquer. Lui, David et ce stupide visage qu’il connaissait par coeur sans que ce soit vraiment le cas. Ses mimiques lui étaient étrangères, semblaient presque déplacées à vrai dire. Cela soulevait chez Charlie une colère dont il peinait à comprendre la véritable origine. Ce qui lui restait de rationalité savait que David n’y était pour rien mais c’était trop peu, trop faible pour le convaincre. Pas alors qu’il était là, devant lui, dans cette pièce qui avait connu tant de rires et de joie. Pas alors qu’il avait récupéré tout ce qui appartenait à Nevil dans ces murs. Ce n’était pas juste et Charlie était incapable de penser différemment. Ce n’était pas ce qu’il voulait pourtant, ce n’était pas non plus ce qu’il était. Beaucoup de gens s’accordaient à dire qu’il était un garçon charmant, agréable à connaître et côtoyer. Il était incapable de faire du mal à une mouche mais les mots glissaient, acérés, entre ses lèvres sans qu’il songe une seule seconde à les retenir. Et le ton presque paternaliste de son tout nouveau camarade n’aidait pas vraiment à le faire changer d’avis. Le croyait-il stupide ? Charlie était tout à fait conscient de l’aspect définitif de la situation. Il savait qu’il n’aurait plus l’occasion de partager le moindre regard de connivence en interview avec Nevil, il savait qu’il ne l’attendrait plus au bout du tapis rouge pour une énième photo ridicule, il savait qu’il ne verrait plus jamais son numéro et le selfie immonde qu’il lui avait assigné dans son répertoire s’afficher sur l’écran de son téléphone à des heures improbables. Il le savait, merde, et l’autre s’imaginait que ça avait un rapport avec lui ? Well. David n’avait pas tort, loin de là et cela ne faisait rien pour apaiser Charlie qui pinça les lèvres, très droit sur le canapé. « Personne ne t’a demandé de t’excuser » articula-t-il avec une froideur qui ne lui ressemblait pas. Mais si, si, lui voulait des excuses. De n’importe qui, at this point. N’importe qui pour endosser la responsabilité de l’absence de Nevil et puisque David lui ressemblait tant, il n’aurait qu’à l’endosser. Oh god, c’était complètement ridicule. Ridicule et tordu. Il eut soudain l’impression qu’une chape de plomb lui tombait sur les épaules et il s’affaissa, perdant immédiatement de sa superbe. « Je ne t’ai pas demandé de t’excuser mais c’est- c’est- » Fucked up, so, so fucked up. Le garçon si jovial ressemblait à présent à une épave, dérivant au gré des vents. Avant de décrocher son premier rôle, il était certain de ce qu’il voulait faire, de qui il voulait être. Bien sûr, il subsistait des zones d’ombres à l’époque, des questions restées en suspend. Préférait-il les femmes, les hommes, serait-il capable de quitter ses parents avant d’avoir vingt-cinq ans, mais ça n’avait pas d’importance. Il avait un plan, des projets, une vie toute tracée. Le cinéma avait tout chamboulé, cette saga aussi. Il aurait pu rester un petit acteur de la BBC, tournant mini-séries et téléfilms après de très bons débuts. Mais il avait enfilé le costume de Snape, rencontré tous ces gens, visité tous ces endroits. Il avait ri aux larmes avec certaines de ses co-stars, partagé leurs mauvais moments, assisté à leur déchéance et il s’était perdu en route. « Tu lui ressembles tellement, t’as pas idée. C’est monstrueux » lâcha-t-il, les yeux rivés sur le sol. Monstrueux, terrifiant, angoissant. Le simple fait qu’il ait cru voir Nevil en levant les yeux quelques minutes plus tôt était éloquent. Et on s’attendait à ce qu’il continue de tourner avec ce type qu’il ne connaissait pas alors qu’il avait l’impression de l’avoir déjà vu vivre pendant presque deux ans ? Non. Non, il ne pouvait pas, pas comme avant en tout cas.

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you can count on me ♡ If you're tossin' and you're turnin' And you just can't fall asleep, I'll sing a song beside you And if you ever forget how much you really mean to me, Every day I will remind you. Oh, We find out what we're made of When we are called to help our friends in need. You can count on me like 1, 2, 3 I'll be there And I know when I need it I can count on you like 4, 3, 2, You'll be there 'Cause that's what friends are supposed to do
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MessageSujet: Re: you are not and never will be him w/ david   Dim 27 Sep - 17:50

Il lui arrivait de réussir à faire le premier pas. De réussir à franchir cette ligne invisible et inexplicable qui se dressait entre lui et le monde. Que ce fut pour discuter avec quelqu'un qui lui plaisait vraiment ou pour taper du pied et refuser de se laisser écraser. Il lui arrivait parfois de réussir à surmonter les battements irrationnels de son cœur et l'envie de se planquer sous terre. Il lui arrivait parfois de ravaler ses doutes et la petite voix au fond de sa tête qui lui gueulait que tout le monde s'en foutait de ce qu'il en pensait, de la vie et du reste. Il arrivait parfois à faire entendre sa voix et à formuler ce qu'il pensait de façon compréhensible. Il arrivait parfois à s'intégrer. Mais il lui suffisait d'un rien pour qu'il perde son courage trop brièvement acquis. Il lui suiffait de peu pour qu'il se rappelle de toutes les raisons qui le poussaient à ne pas trop se faire remarquer en société. Il lui suffisait de peu pour que la petite voix au fond de son crâne vienne lui faire remarquer qu'il avait été ridicule, qu'il avait fait quelque chose de travers, que les autres riraient tous de lui ou le mépriseraient. Et s'il ne voulait pas écouter cette voix, il ne pouvait pas y faire grand chose. Elle résonnait au fond de son crâne et, qu'il le veuille ou non, il ne pouvait s'empêcher de la croire. Au moins un peu. Suffisamment pour avoir envie à nouveau de se cacher sous terre ou de s'enfuir en courant. Mais vu qu'il ne pouvait faire ni l'un ni l'autre, parce que ça aurait été encore plus étrange, il se contentait généralement d'enfoncer ses mains dans ses poches. Comme si cela suffisait à rétablir par magie une barrière suffisante entre lui et le reste du monde. Comme si cela suffisait à cacher sa gêne et son incapacité sociale.


Alors quand Charlie lui répondit simplement que personne ne lui avait demandé de s'excuser, la froideur du ton suffit à glacer. Et il plongea les mains dans ses poches, avec cette moue un peu renfrognée sur son visage qui était sensée dissimuler le fait qu'il soit paumé. Parce qu'il était sûr d'avoir compris. Il comprenait très bien les gens. A force de rester à l'écart, de ne pas trop parler, il avait le don pour comprendre ce qu'il se passait autour de lui. Pas forcément comprendre pourquoi cela se passait comme ça, mais c'était une autre question. Il se savait capable de jauger les gens, il se savait capable de savoir ce qu'on attendait de lui même quand il était incapable de se montrer à la hauteur. Et voilà que Charlie lui affirmait qu'il ne lui demandait pas de s'excuser. Comme s'il ne lui reprochait rien. Comme s'il ne lui tenait pas rigueur du simple fait qu'il existe depuis le premier jour où il était apparut sur le plateau. Et David avait beau savoir qu'il ne s'agissait là que de mauvaise foi de la part de l'autre acteur, il ne pouvait s'empêcher de se sentir con. Comme s'il était allé trop loin. Comme s'il avait trop parlé. Comme s'il aurait mieux fait de se taire, comme toujours. « Je ne t’ai pas demandé de t’excuser mais c’est- c’est- » Le regard de David quitta alors ses chaussures pour se poser sur celui qui s'était installé dans son canapé avec de toute évidence l'intention d'y rester. Charlie cherchait ses mots et il n'avait pas l'impression que c'était quelque chose d'habituel chez lui. Parce qu'il n'hésitait pas d'habitude, quand il lui assénait quelques piques pour lui faire comprendre qu'il n'avait rien à faire dans le casting. Il sort alors une main de sa poche pour la passer dans ses cheveux. Mi-ennuyé, mi-intrigué. Il ne sait décidément pas à quoi s'attendre avec le brun, et il s'attend toujours à se prendre un projectile dangereux dans la tête. Parce que Charlie semble tellement le détester qu'il pourrait en venir à des méthodes plus radicales pour se débarrasser de lui. Vu qu'apparemment tout le mépris du monde ne suffisait pas à le faire abandonner.

« Tu lui ressembles tellement, t’as pas idée. C’est monstrueux. » Et il semblait que c'était la seule explication que Charlie lui lâcherait. Et il ne put étonnamment pas retenir un léger soupir. Parce qu'il le savait bien. Il savait bien que ça n'était pas facile. Il ne comprenait certainement pas à quel point cela pouvait être difficile, certes. Il ne comprend certainement pas ce qu'il y avait eu entre les deux hommes. Il ne comprenait pas forcément à quel point cela pouvait être douloureux pour Charlie, mais les autres membre de l'équipe qui avaient été proches de Nevil avaient réussi pour la plupart à passer à autre chose. Et si certain se trompaient encore de prénom quand ils l'appelaient, rares étaient ceux qui lui en voulait pour avoir accepté le rôle. Certains doutaient de ses qualités d'acteur, et il ne pouvait pas franchement leur en tenir rigueur, mais ils semblaient tous être passé au delà de leur deuil. Tous sauf Charlie. Les autres ne voyaient pas en lui un fantôme, sauf Charlie. Et ses tripes avaient beau lui gueuler de ne pas s'approcher de cet homme qui était bien trop imprévisible pour lui, il ne pouvait pas s'empêcher de faire un pas vers lui. C'était sa loge après tout. Et la façon dont Charlie refuse de lui adresser le moindre regard... Alors il s'accroupit à côté de lui, mais pas trop prêt non plus. Un coude sur l'accoudoir du canapé. Il s'accroupit parce qu'il n'allait pas non plus s'asseoir à côté du brun. Mais il s'accroupit parce que Charlie avait l'air d'avoir besoin de parler. Et si, de toute évidence, il n'était pas celui avec qui il rêvait de parler, il était le seul dans le coin pour le moment. Il était le seul dans le coin, et c'était sa loge. « Mais je ne peux rien y faire... Les autres ont réussi à passer à autre chose... Et à part le fait qu'on se ressemble physiquement, j'ai cru comprendre qu'on n'avait rien en commun. Alors je ne vois pas ce que je peux faire pour que tu arrêtes de le voir quand tu me vois moi... » Et il était hors de question qu'il abandonne le projet. Il était hors de question qu'il abandonne son rôle. Il était hors de question qu'il foute en l'air cette chance qui lui avait été donné. Et il comptait sur Charlie pour comprendre ça. Qu'il n'allait pas ruiner sa vie simplement parce qu'une de ses co-stars ne supportait pas de le voir endosser le rôle de Sirius. Il voulait bien chercher une solution, mais il ne voulait pas non plus se sacrifier pour la "bonne" cause.
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MessageSujet: Re: you are not and never will be him w/ david   Mar 6 Oct - 14:29

Difficile d'ignorer les souvenirs en étant ici, assis sur ce canapé qui avait connu tant de pauses devant Doctor Who, entendu tant de débats aussi ridicules que profonds après quelques bières. Difficile de se dire que non, ça n'arriverait plus, surtout lorsqu'il lui faisait finalement face. Bien sûr qu'il savait que David n'avait rien demandé, bien sûr qu'il se doutait qu'on l'avait appelé d'abord parce qu'il lui ressemblait et c'était précisément ce qui mettait Charlie hors de lui. Il n'y avait pas plus violent comme réalisation, on aurait tout aussi bien pu l'agresser à coup de yes, Nevil's dead, really dead, dead dead dead, now move on. C'était ce qu'il représentait, ce grand échalas, posté sur le pas de la porte comme un crétin. Son malaise rendait les choses encore plus compliquées parce que jamais, ô grand jamais Nevil n'avait été si emprunté, si gauche en sa présence. Pas même le jour où ils s'étaient rencontrés. Une petite partie de lui, une minuscule, ridicule partie de lui avait certainement espéré retrouvé ça, sans vouloir l'admettre. Un peu comme une seconde chance, mais dans quel but ? Nevil n'était plus, leur amitié avait disparu avec lui mais ses sentiments, eux, étaient encore de la partie. Awesome. Juste au moment où ils semblaient prêts à s'entendre à nouveau comme au premier jour, la vie avait décidé de changer leurs plans et il détestait, il détestait cet espoir infime qui l'avait investi sans qu'il s'en rende compte. C'était malsain et tordu, et il avait du mal à comprendre comment il avait pu seulement y penser. Oui, ils se ressemblaient, ils se ressemblaient tellement que c'en était douloureux mais David n'était pas Nevil, ne serait jamais Nevil.

Et qu'était-il, lui, sinon un pauvre type pathétique, accroché à ses souvenirs ? Merde, il était tombé amoureux de son meilleur pote, which was a whole new level of fucked up. Surtout pour lui, surtout après toutes ces petites plaisanteries qu'ils avaient partagé devant les caméras pour faire marronner leurs fans. La réalité avait dépassé la fiction and all that shit. Il était même incapable de pointer du doigt l'exact moment où ses sentiments avaient changé, où leur relation avait pris la mauvaise direction. Parce que c'était assurément une mauvaise direction. Charlie n'avait connu que des échecs de ce côté-là et il avait de toute évidence cherché les embrouilles. C'était digne du scénario d'une mauvaise romcom, un vrai téléfilm, à la différence près qu'il n'aurait pas droit à son happy ending, lui. Et ce type, fraîchement embauché par des producteurs sans scrupules, le lui rappelait chaque fois que leurs regards se croisaient. Le détester avait donc semblé la bonne chose à faire. De toute manière, Snape et Black ne pouvaient pas se sentir, et personne ne leur demandait d'interagir plus que ça. Les gens comprendraient, pendant la promo. On comprenait son besoin de distance, son silence et sa mauvaise humeur. On le comprenait. Tout le monde, sans exception, respectait son deuil. Well, pas tout le monde, non. Big fat lie. David semblait décidé à lui pourrir la vie, avec ses questions et son insupportable petit air de défi. Mais après tout, peut-être que tout ça ne tenait plus vraiment du chagrin et plutôt du caprice. Nevil ne reviendrait pas et il allait devoir composer avec David à présent.

Il ne lui devait aucun explication, du moins il n'avait pas l'impression de lui en devoir. Mais la culpabilité était bien là, sournoise, tapie dans un coin de sa tête. Parce que Charlie n'était pas comme ça, il n'envoyait pas les gens sur les roses, il ne se montrait pas si dur sans raison. On pouvait compter sur les doigts de la main ses manifestations de grossièreté en public et il s'était toujours excusé immédiatement. C'était différent cette fois, ou plutôt il aurait aimé que ce soit différent. Il aurait aimé pouvoir s'enfermer dans sa rancœur et ne rien dire, ne rien expliquer but here he was, s'excusant, s'expliquant. Sa voix lui semblait presque étrangère, un peu comme si elle ne lui appartenait pas vraiment. Énoncer la vérité toute crue, comme ça, n'était pas aussi réconfortant qu'il l'avait espéré. Ça ne changeait rien, strictement rien. Il était toujours le même garçon, rongé par les regrets. Les choses auraient pu être différentes s'il s'était déclaré plus tôt, s'il l'avait emmené dîner au lieu de s'envoyer en l'air dans sa chambre après une pizza et trois bières, s'il l'avait mis en retard ce jour-là, si ─ mais il était trop tard. Tout ce qu'il avait à faire, c'était accepté que c'était fini tout en côtoyant un mec qui lui ressemblait comme deux gouttes d'eau pour encore au moins un an. Si ce n'était plus, parce qu'après tout, ils évoluaient dans le même milieu.

Le croiser tous les jours, voir son visage dans les magazines et sur un écran, il pouvait gérer. Ça ne serait pas aussi facile à faire qu'à dire mais il subsisterait une certaine distance salutaire.  Le savoir si proche, soudain, le mettait mal à l'aise. Charlie sursauta lorsqu'il s'accroupit face à lui, une main posée sur l'accoudoir du sofa. Fitzwilliam fixa un instant les doigts étrangers, si semblables à ceux qui ébouriffaient ses cheveux ou masquaient sa vue par pure envie d'emmerder, il y a quelques semaines de ça. Ce n'était pas Nevil, ce n'était pas Nevil, ce n'était définitivement pas Nevil. Il ferma les yeux une seconde pour retrouver un semblant de courage puis reporta son attention sur le visage tellement familier. God, so unfair. Des milliers, hell, des millions de gens perdaient leurs proches un jour ou l'autre et la plupart n'avait pas à travailler avec des fantômes si réels. « Les autres » répéta-t-il en ricanant sèchement. Les autres, Jessie, Leo, Patrick et le reste du cast, les autres n'avaient jamais vu Nevil comme lui le voyait. C'était égoïste peut-être et probablement offensant on some level mais il était incapable de prendre en considération les états d'âme de ses camarades. « Les autres n'aimaient pas Nevil comme je l'aime » reprit-il sans réfléchir, cette fois sans la moindre agressivité. Qu'est-ce qu'il lui prenait, à faire pareille confession à quelqu'un qu'il ne connaissait absolument pas ? For all he knew, David pourrait courir trouver le premier journaliste venu pour lui faire part de son scoop. Et alors, lui demanda l'agaçante voix de sa conscience. Oui, et alors ? Alors il n'était peut-être pas prêt à faire son coming out, pas tout de suite, pas alors qu'il ignorait quels mots employer pour en parler, pas alors qu'il était si incertain. Mais qu'on dise qu'il était amoureux de l'un de ses camarades de jeu ? Well. Ce n'était pas ce qui le dérangeait, au contraire. Bien sûr, ça remettrait en question tout ce qu'ils avaient pu dire à la presse tous les deux, tous les démentis, les transitions not so smooth en interviews pour changer de sujet et laisser une part de mystère. Mais ça n'était pas si important. Il pourrait vivre en sachant que le reste du monde était au courant de ses sentiments pour Nevil Munroe. Le reste du monde, excepté la personne qui lui ressemblait le plus. Physiquement, that is. Pour le reste, c'était une autre histoire. « Alors il n'y a rien à faire. Rien. Je vais continuer à le voir chaque fois que tu auras le malheur de croiser mon chemin ou de dire piss off the way he did. C'est comme ça et il n'y a rien que tu puisses faire » Et, réalisa-t-il, ça non plus, ça ne le dérangeait pas. Il avait encore besoin de le voir, de rechercher sa présence alors qu'il n'était plus. So, so, so fucked up. « Mais ne t'inquiète pas, je suis un grand garçon, je sais ce que j'ai à faire et je n'ai pas l'intention de te suivre partout, I'm not that pathetic. Je ne compte pas mettre la saga en péril ou quoi que ce soit. Juste, arrête d'attendre que je "passe à autre chose" — il leva les mains en deux guillemets moqueurs — parce que je ne suis pas Jessie ou Leo. Nevil n'était pas juste mon pote et il va me falloir un peu plus qu'une pause de deux semaines et une boîte de chocolats pour oublier » Surtout quand je t'ai sous les yeux, eut-il envie d'ajouter mais il se retint, conscient qu'il frisait cette fois l'agressivité. Il était presque certain qu'on finirait par lui remonter les bretelles s'il continuait à se montrer agacé par la seule présence de Vanderberghe, ce qui n'était pas du tout ce qu'il désirait. Mais après tout, ce n'était qu'un autre point de la longue liste des choses qu'il n'avait jamais voulu, ne voulait pas voir arriver.

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you can count on me ♡ If you're tossin' and you're turnin' And you just can't fall asleep, I'll sing a song beside you And if you ever forget how much you really mean to me, Every day I will remind you. Oh, We find out what we're made of When we are called to help our friends in need. You can count on me like 1, 2, 3 I'll be there And I know when I need it I can count on you like 4, 3, 2, You'll be there 'Cause that's what friends are supposed to do
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MessageSujet: Re: you are not and never will be him w/ david   Sam 10 Oct - 0:49

« Les autres » Le ricanement qui suivit était bien trop sec. Bien trop amer. Les autres n'était apparemment pas une référence pour Charlie et certainement pas des modèles à suivre. « Les autres n'aimaient pas Nevil comme je l'aime » Et David se contente de hausser un sourcil. Parce qu'il avait cru comprendre que Nevil et Charlie, c'était particulier. Pas qu'on lui en ai vraiment parlé. Pas qu'il ai suivit les rumeurs et ce genre de conneries qui avait suivit le tournage du premier film ou sa promo. Pas qu'il ai tenté de rattraper sur Internet ce qu'il avait pu louper avant de rejoindre le tournage. Non, il l'avait juste compris à la façon dont les autres évitaient le sujet parfois, et surtout au comportement de Charlie. Parce qu'il ne pouvait pas agir comme cela sans aucune raison. Il n'avait pas l'air d'être ce genre de mec. Il n'avait pas l'air d'être un salaud fini qui se comporte aussi mal que possible avec les autres. Il n'avait pas l'air du genre à jouer usuellement les divas parce qu'on avait attribué une loge à quelqu'un alors qu'il n'en avait pas envie. La façon dont le reste du cast l'appréciait lui faisait se dire que, décidément, la mort de Nevil lui avait mis un coup. Il le comprenait d'une certaine façon. Perdre un proche, ce n'était pas une période difficile. Mais pour qu'il continue à lui en vouloir ainsi, même quand les autres avaient pour la plupart fini par s'habituer à sa présence. Il devait il y avoir quelque chose en plus. Quelque chose que les autres ignoraient ou taisaient. Il n'en savait trop rien. Et il avait beau voir que quelque chose n'allait pas, il était de ceux qui ne savent pas mettre le doigt sur le problème exact. Et quand il avait l'impression de comprendre, il était persuadé d'être à côté de la plaque.

« Alors il n'y a rien à faire. Rien. Je vais continuer à le voir chaque fois que tu auras le malheur de croiser mon chemin ou de dire piss off the way he did. C'est comme ça et il n'y a rien que tu puisses faire » Et David ne peut pas s'empêcher de froncer le nez. Parce qu'il n'a jamais apprécier être mêlé à des trucs auxquels il ne peut rien faire. Il n'aime pas voir ce qu'il voit sur le visage de Charlie quand leurs regards se croisent par mégarde. Il n'aime voir ce qu'il voit et ne rien pouvoir y changer. Pas que ça le dérange vraiment. Pas que ça lui hérisse le poil ou quoi que ce soit, qu'on le prenne pour quelqu'un d'autre au premier abord. Il a accepté l'idée en acceptant le rôle. C'est bien pour ça qu'on l'a choisit. Mais il n'aime pas ce que cela implique avec Charlie. Ce mépris palpable. Ce mépris sur lequel il n'avait aucune maîtrise. Pas que David ai l'habitude de savoir gérer les autres et l'opinion qu'ils pouvaient avoir de lui. Mais il n'aimait pas qu'on le déteste sans qu'il n'y soit pour rien. « Mais ne t'inquiète pas, je suis un grand garçon, je sais ce que j'ai à faire et je n'ai pas l'intention de te suivre partout, I'm not that pathetic. Je ne compte pas mettre la saga en péril ou quoi que ce soit. Juste, arrête d'attendre que je "passe à autre chose" parce que je ne suis pas Jessie ou Leo. Nevil n'était pas juste mon pote et il va me falloir un peu plus qu'une pause de deux semaines et une boîte de chocolats pour oublier »

David soupire alors. Pas vraiment dépité, juste déçu sûrement. Il sait bien que Charlie ne le suivra pas partout. Du moins il suppose. Vu qu'il a d'usage plutôt tendance à le fuir. Et qu'ils n'ont cette conversation que parce qu'il ignorait à qui l'on avait réattribué la loge. Alors non, il ne s'inquiète pas trop de l'idée que Charlie le suive partout. Et il ne s'inquiète pas non plus du fait qu'il mette la saga en péril. Parce qu'il est sûrement trop professionnel pour ça. Ou du moins, il doit se croire trop professionnel pour ça. Pourrir l'envie de David de venir jouer n'était pas pourrir la série. Et malgré son inadéquation sociale, le jeune homme avait la peau dure. Et qu'il ai ou non envie de se lever pour supporter les regards lourds des autres acteurs, il ne se permettrait jamais de louper une journée de tournage. Et sa sœur lui ayant fait promettre de ne pas oublier ses problèmes dans l'alcool, il ne pouvait même pas être suffisamment ivre pour ne pas penser à se réveiller ou ne pas être en état de jouer quoi que ce soit. Alors non, l'attitude de Charlie, même si elle lui pourrissait le moral, ne pourrirait certainement pas le tournage. Il connaissait sûrement les limites à ne pas franchir. « Je t'ai pas demandé d'oublier... » Mais débattre avec Charlie de la façon dont il devait gérer son deuil ne servirait à rien. David n'avait pas envie de jouer les donneurs de leçon. Il n'était pas en position de le faire. Mais il ne voulait certainement pas que Charlie oublie Nevil. Il voulait juste qu'il arrête d'en vouloir au monde entier pour des choses auxquelles personne ne pouvait rien.

« Et si les choses te vont comme ça alors... » Et il haussa les épaules avec une légère moue. Comme s'il abandonnait. Comme s'il abandonnait la notion de faire des efforts avec Charlie. Bien sûr, personne n'était crédule. Lui le dernier. Il savait bien qu'il était incapable faire comme si de rien n'était. Il était incapable d'ignorer simplement le mépris des autres. Et s'il restait impassible parce qu'il avait appris à ne pas se faire remarquer, il n'en était pas moins affecté par l'attitude de l'autre acteur. Non, il n'aurait pas envie de venir jouer les scènes où Snape et Sirius se croisaient. Définitivement pas. Mais il serait là à l'heure, et souriant. Comme toujours. Comme toujours il fermait sa gueule et faisait ce qu'il était sensé faire. Ce qu'il avait besoin de faire pour avoir une vie décente. Mais il espérait tout de même avoir la paix et le droit de se sentir chez lui parfois. Au moins dans sa loge. « Si les choses te vont comme ça, tu comprendras que c'est ma loge maintenant... » Le ton était un peu froid. Et il se dit que Charlie a sur lui l'effet d'une mauvaise grippe. Il ne savait jamais ce qu'il voulait, faire un effort et être compréhensif, ou remettre les points sur les i et arrêter de se laisser écraser par cet acteur à qui il n'avait décidément rien fait de mal. A moitié faussement calme, et à moitié cassant. Fuyant, en tout cas. Parce que Charlie le mettait définitivement mal à l'aise.
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MessageSujet: Re: you are not and never will be him w/ david   Ven 20 Nov - 0:10

Pourquoi lui faire un tel aveu, à lui, of all people ? La logique voulait qu'il se confie à Jessie, qu'il en parle peut-être à Aisling ou un autre de ses amis. Pas à cet inconnu dont chaque mouvement lui rappelait douloureusement l'être disparu. Rien de mieux pour rendre les choses encore plus compliqués entre eux. Charlie était un professionnel, il était dans le milieu depuis suffisamment longtemps pour savoir que ses états d'âme ne comptaient pas, à la longue, parce qu'il n'était pas plus important que le film. Rien n'arrêtait la saga, pas même la mort et ah, l'ironie n'était certainement pas passée inaperçue chez certains, à commencer par Rowling — même si elle avait fait savoir sa peine sur Twitter et dans des messages plus personnels. Rien n'arrêtait le cinéma, the show must go on and all that shit. Ça ne signifiait pas que Charlie pouvait tout encaisser. Il était capable de beaucoup de choses, mentir et nier comptant parmi les premières, mais faire face à ce visage tous les jours ? Ca semblait au-dessus de ses forces. Dieu merci, les scènes les plus importants impliquant leurs deux rôles avaient déjà été tourné. Il suffirait de serrer les dents pour celles qui restaient, surtout après pareil aveu.

Qu'est-ce qui lui prenait, franchement ? Venir ici, déjà, tenait du masochisme le plus pur et avouer qu'il était tombé amoureux d'un homme, d'un partenaire à l'écran en plus ? Conneries, conneries, conneries. Il tournait en rond depuis des semaines et force était d'admettre que ça avait fini par lui monter à la tête. Il aurait dû en parler à quelqu'un, comme l'avait suggéré sa mère, bien loin d'imaginer que son fils ne pleurait pas uniquement un ami. En parler à quelqu'un au lieu de vider son sac comme ça. Rien n'empêchait David de courir répéter tout ce qu'il venait d'entendre aux tabloïds qui en feraient leurs choux gras. Il voyait déjà les gros titres, narrant tout le côté tragique de cette histoire, le coming out survenu trop tard et toutes les occasions manquées. C'était ce que ferait Charlie, à sa place, ne serait-ce que pour se venger — à juste titre. Et, vraiment, ça ne lui ressemblait. Ce ressentiment, cette amertume, ce n'était pas lui mais il n'arrivait pas à passer au-dessus. Chaque fois qu'il fermait les yeux pour trouver le courage d'avancer, les souvenirs défilaient, imprimés sur ses paupières lourdes. Il ne pouvait, pas maintenant. Et pourtant, il le devait. Nevil n'était plus là et on avait engagé David pour le remplacer. C'était net, définitif.

Il se redressa, serrant les dents. Après tout, il ne restait qu'un film et il n'avait même pas à prétendre être ami avec ce type. On leur demanderait peut-être de poser sur la même photo de groupe mais personne n'oserait les mettre devant les journalistes au même moment. Ce serait trop étrange, trop awkward. Charlie feindrait la politesse, se forcerait à sourire chaque fois que quelqu'un aurait l'indélicatesse d'évoquer la ressemblance entre le disparu et le nouveau venu. Mais passer à autre chose ? C'était trop lui demander, surtout ici, dans cette loge construite sur un an et demi de complicité.

Il secoua la tête, les oreilles résonnant de ces mots si simples et pourtant si durs à entendre. On le traitait avec le plus grand soin depuis la mort de Nevil, jamais un mot plus haut que l'autre, pas un reproche, ni de regard désapprobateur, pas même un vague froncement de sourcils. Mais même les poupées de porcelaine finissaient par se lasser. C'était peut-être de ça, dont il avait tant besoin pour trouver la force de repartir. Qu'on le malmène un peu, qu'on lui balance la vérité toute nue, toute crue en plein visage. Sans fioriture, sans détour. Nevil ne reviendrait pas et c'était la loge de David à présent, comme il l'avait si bien dit.

Charlie bondit sur ses pieds, étouffant soudain. Il frissonna et son coeur tambourina de plus belle dans sa poitrine. Il n'avait rien à faire ici, il n'était pas le bienvenu ici. Parce qu'il n'était pas là pour une rediffusion de Doctor Who, qu'aucune bière ne l'attendait et que Nevil n'avait pas gardé dans un coin de sa tête une blague débile à lui raconter entre deux scènes. C'était fini. « Je... je vais m'en aller » bredouilla-t-il en baissant la tête. Le pull était toujours là, entre ses mains. Quand l'avait-il saisi, il n'aurait su le dire. Réflexe à la con. « Tiens, c'est certainement à toi » Il le lui tendit, incapable de croiser son regard. C'était trop tôt et il avait été idiot de venir jusque-là. Pourquoi, sinon dans l'idée de se torturer encore un peu. Peut-être qu'il était temps d'en parler à quelqu'un. William, peut-être, saurait prêter une oreille attentive après avoir été la main secourable qui l'avait relevé, en France. Il eut un dernier regard pour la pièce, si étrangère, si nette. Propre de tout souvenir, débarrassée des rires et des odeurs familières. « A ta place, j'éviterais de renverser quoi que ce soit sur la coiffeuse, c'est une horreur à nettoyer » ajouta Charlie après un instant d'hésitation. Face à quelqu'un d'autre, il aurait accompagné le conseil d'un sourire mais c'était trop tôt. Si tant est qu'un jour, ce visage ne lui donne plus envie de fondre en larmes.

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