INTRIGUE ; TOUT FEU TOUT FLAMME

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MessageSujet: INTRIGUE ; TOUT FEU TOUT FLAMME   Lun 14 Fév - 17:02

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★ TOUT FEU TOUT FLAMME ★
NOM DU PERSO ★ NOM DU PERSO ★ NOM DU PERSO
15 FEVRIER 2011 : UN INCENDIE RAVAGE LE CASINO FITZALAN-HOWARD

Bilan lourd, ce matin pour le casino Fitzalan-Howard, si les pompiers sont parvenus à maîtriser le feu et à évacuer les victimes, elle n’en restent pas moins choquées par l’évènement qui s’est déroulé la nuit dernière à l’occasion d’une soirée organisée pour la St Valentin dans le dit casino. Le feu s’est déclaré vers vingt deux heures trente, et si par chance le sinistre n’a pas causé de morts, le devis des réparations prévues pour la réhabilitation de l’établissement se chiffre à plus de £ 2 000 000. Quelques blessés on été transportés d’urgence à l’Hôpital Radcliffe et la piste criminelle n’est pas écartée… Coup dur donc pour le gérant, Edward Fitzalan-Howard, qui n’a pas souhaité commenter cette actualité.

14 FEVRIER 2011 ; 21H35 : Quelques heures plus tôt…


Alors que les clients et invités se laissent happer par les conversations, en sirotant un verre de champagne, et en tentant à tout hasard de remporter le jackpot d’une machine à sous peu coopérative, un individu n’étant pourtant pas sur les listes semble avoir réussi à déjouer la sécurité et s’est infiltré dans l’établissement. Si les rires sont pour l’instant de mise, il se pourrait bien qu’ils se transforment vite en cris de terreur…
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MessageSujet: Re: INTRIGUE ; TOUT FEU TOUT FLAMME   Sam 19 Fév - 1:37

La saint Valentin… fête commerciale, qui pourtant, rend tous les couples fous. Se faire des cadeaux, on ne pense qu’à ça. Les commerçants sont bien contents : combien de bouquets de fleurs vendus ? De roses rouges offertes ? Des milliards en même pas un jour. J’étais ce con, qui faisait parti de ceux qui voulaient faire plaisir à leur amour. Je passais chez la fleuriste du coin de chez moi, pour acheter sept roses rouges pour ma Caroll-Ann. « C’est pour la saint Valentin ? » me dit la vendeuse, âgée d’une quarantaine d’année, afin d’y mettre une petite étiquette. « Non, pour la fête des mères ! » Bien sûr que c’était pour la saint Valentin ! La fête des mères était dans un petit bout de temps, n’est-ce pas ? Enfin, pour le peu que je voyais ma mère, je n’avais pas à m’en soucier.
Sept roses rouges… Pourquoi sept ? Il parait que ce chiffre porte bonheur. Tout sourire, je laissais plus d’argent que le prix d’origine. Je sors de la boutique, et je sens mon portable vibrer. Caroll-Ann. Je venais juste de penser à elle en plus, même si je pense à elle quasiment vingt-quatre heure sur vingt-quatre. Je cliquai dessus afin de le lire. Et si je voulais publier ça sur un site très connu, j’aurai probablement écris : « Aujourd’hui, c’est la saint Valentin, je vais acheter un bouquet de roses pour celle que j’aime, et en sortant du fleuriste, un message, je le lis tout sourire, jusqu’à ce que je constate qu’en fait… elle venait de me larguer. VDM ».

Non mais imaginez ? Caroll-Ann venait de me larguer… je n’y croyais pas. Et pourtant je savais qu’un jour cela aller arriver. Dès le premier jour que je lui avais dit que je l’aimais et que je voulais qu’elle soit mienne, je savais que j’avais fait la plus grosse erreur de ma vie, et que cela ne marcherait pas entre nous. Mais merde, je l’aimais, et j’espérais qu’elle m’aime aussi. Bien que nos caractères fussent différents, mais que nous étions tous les deux avides de liberté et de sexe.
Ma journée était gâchée. J’étais énervé, voir plus que ça. Mais j’avais toujours les roses dans mes mains. Je les jetais sur la banquette arrière de ma Porsche. Et je retournais chez moi. Je n’avais rien à y faire, mais il fallait passer le temps. Il y avait aussi autre chose qui m’agaçait en ce jour qui est « si merveilleux » aux yeux des gens. Ce fichu Edward Fitz-machin bidule truc chouette, et son fichu casino auquel j’étais interdit d’accès. Il y organisait une soirée …spéciale st Valentin… histoire de bien enfoncer le couteau dans la plaie. Et bien entendu, tous mes « amis », dont Tristan, ce sadique qui prend plaisir à me rabaisser, bien qu’il est censé être mon « meilleur ami ». Je ne fais plus confiance à personne. Je n’ai plus envie de jouer à la victime. Je veux être le méchant pour une fois. J’aurai ma vengeance sur ce monde d’hypocrite et de petits bourgeois qui ont tous pour eux, quitte à devenir seul, ce que finalement, je suis déjà.

Nœud de cravate fait à la perfection sur une chemise blanche parfaitement repassée, sortie du pressing. Je mis ma veste noire moi, et remis mes cheveux en place, d’une façon assez sexy. Je n’étais pourtant pas inviter à la soirée Fitzalan-Howard, mais rien ne m’empêcher d’y aller, ou presque. J’avais envie de m’amuser ce soir, et j’avais trouvé le moyen idéal. M’incruster, comme je le fais toujours. Briquet et cigarettes en poches, j’en prends juste une que je mets dans ma bouche, et je l’allume, tout en descend les marches de mon appartement jusqu’à ma voiture de sport. A toute vitesse dans la ville, clope au bec, je zigue-zag entre les voitures qui me klaxonne, et j’arrive enfin au casino de mon plus grand ami.
La mission ? Réussir à pénétrer dans ce casino très surveillé. Mais tout à une faille, et je commence à connaitre les vices. Passer par l’entrée c’était se jeter dans le filet. Non, il fallait le faire avec plus d’intelligence. Sortant de ma voiture avec discrétion, je me dirigeais vers l’arrière du casino, coté cuisine. Je ne pouvais cependant pas rentrer, la porte blindée était fermée. Mais je savais très bien qu’il y avait toujours du personnel qui sortait pour sortir les poubelles ou pour se détendre et fumer. Dans ce cas, tout devenait plus facile. J’attendis quelques minutes, et entamai une deuxième cigarette. Un cuistot sortit justement, et cherchait dans ses poches. Je relevai les yeux vers lui, et voyant sa cigarette dans sa bouche, il ne pouvait chercher que du feu. Je lui tendis mon briquet, et lui souris brièvement avant de tirer une bouffée.

« C’est fou ce qu’il fait chaud, avec toutes ces filles dans le casino… »

Il me regarda et acquiesça d’un sourire en me rendant mon briquet avec un petit « merci » sorti de ses lèvres serrées.

« Edward m’a invité à sa soirée mais… je ne sais pas si je vais retourner à l’intérieur finalement. Tu vois, je viens de me faire larguer par ma petite amie aujourd’hui. Je sais qu’il pense à moi et qu’il aimerait que je trouve une copine ce soir, mais, je sais… Tu ferais quoi à ma place toi ? »

Toujours donner confiance aux gens. Il me regarda pensif, et puis me répondit : « A toi de voir, mais j’en ai vu des pas mal de filles dans la salle, ça pourrait toujours te faire oublier tes soucis. »

« Ouais… on peut essayer. »

Je finis ma clope, que j’écrasai ensuite par terre. Sans rien demander au cuistot, je rentrais par la porte laissé entrebâillée, vu qu’elle ne s’ouvrait que de l’intérieure. Je passais vite fait dans la grande salle, mais cela ne fit que d’augmenter la rage que j’avais en moi. Voir Caroll-Ann, au bras de ce Léandre… cet Edward, fier comme toujours… Tristan, aillant toujours une idée et des paroles blessantes derrière la tête. J’avais tiré un trais sur eux. Je n’en pouvais plus de ce beau monde. J’étais resté dans un coin de la salle, j’espérais que Caroll-Ann me cherche tout de même, et m’aperçoive quelques secondes. Je pris mon portable en main et rédigeais un sms. « Tu as joué à notre jeu, tu as gagné. J’accepte ton choix, j’espère que tu finiras ta vie avec ce cher Léandre. Il ne te mérite pas, mais il ne me reste qu’à subir. Je t’aimais… Bonne saint Valentin Chérie ».

Puis je sortis en un éclair de la salle, personne ne m’avait vu. Je pris un petit couloir, puis un autre. Il n’y avait plus de lumière où j’étais. Juste une petite salle, interdite au public et aussi très peu fréquentée du personnel du casino. Interdit de fumer dans cette pièce. Je m’en fichais, il me fallait pas dose de cette drogue qui était la seule à m’apaiser. Elle au moins, est toujours là quand j’ai besoin d’elle, pas comme certain qui vous laisse tomber.
J’étais dans une salle où ils entreposaient tous les produits ménagers. J’enfilais des gants blancs avant de prendre une bouteille d’alcool désinfectant que je répandis un peu partout dans la pièce, avant d’en verser un peu dans le couloir.

Le reste, était tout une question de précision et de temps. La fête aller être chaude, voir brûlante. Une fois que le feu prendra, ce sera dur de l’arrêter, et vu tous les rideaux que ce cher Edward a mis dans son casino, et les moquettes toujours niquels, il serait très dur de lutter contre. Chers amis, amusez vous bien. Ma cigarette presque fini, et toujours allumée, je la jetais sur l’alcool qui s’enflamma.
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MessageSujet: Re: INTRIGUE ; TOUT FEU TOUT FLAMME   Sam 19 Fév - 13:34

14 Février. Un jour comme un autre, en somme. La Saint Valentin est la plus grosse arnaque que je connaisse, et je ne m'y laisserai pas prendre. C'est bon pour les petites gens ça, qui dépensent quelques pounds pour s'acheter des cadeaux tous plus minables les uns que les autres. Je suis bien au dessus de toutes ces sottises. D'ailleurs, je ne suis pas convaincue que si je n'étais pas célibataire, ma Saint Valentin en serait illuminée. Si c'est pour recevoir des roses bon marché, aller dans un restaurant italien au comble du ringard, entendre les violons de pauvres musiciens me jouer la Vie en rose ou Ti amo, je m'en passerai volontiers. Bref, cette petite fête commerciale destinée aux bas fonds de la société ne devra pas compter sur moi ce soir. Heureusement, cette fois-ci, je romps avec la situation habituelle : je ne vais pas me morfondre devant un soap opera espagnol en mangeant de la Ben and Jerry's - ce n'est pas l'envie qui manque, néanmoins. Non, j'ai décidé de me sortir. Sûrement une terrible erreur, quand je sais que je vais probablement croiser nombre d'individus peu recommandables, l'aristocratie du coin dont j'entends plus de mal que de bien, et toute sorte d'individu qui ne devraient même pas, par bienséance, se trouver dans la même pièce que moi. Mon dieu, j'ai besoin de mon psy. Je sens que ma mégalomanie reprend de plus belle. Il faut sûrement mettre cela sur le compte de ce jour fatidique. Péniblement, je tente de m'extirper de mon canapé. Il faut que je mette un peu d'ordre à mon accoutrement. Ce soir est organisée une soirée au Casino d'un certain Edward Fitz quelque chose, encore un aristo qui n'a rien à faire de sa vie, si ce n'est faire la bringue. Je vous jure, ces gens là ne savent pas ce que c'est que le travail. Je me suis faite embrigadée dans cette soirée par un certain William Norrington. Et oui, je suis liée à une célébrité. Enfin, célébrité...tout est relatif. Jouer dans des films de vampire n'est probablement pas ce que j'appelle faire du cinéma. Mais, ce cher William m'amuse beaucoup. Depuis nos retrouvailles il y a quelques semaines, on ne se quitte plus. Soyons clairs: ce n'est que de l'amitié. Loin de moi l'idée de dépasser ce stade. William me ressemble bien trop pour cela. Il ne ferait qu'augmenter mes petits travers sur lesquels je ne préfère ne pas m'étendre. Bref, j'avais été convaincue par son regard de chien battue quand il m'avait proposé de l'accompagner. Au fond, je l'avais pris pour un compliment. Que la star Norrington m'invite à une telle soirée voulait dire que selon lui, je ne dénoterai probablement pas face à diverses célébrités ou gens plus que fortunés. Mon égo avait donc été flatté, et voilà donc pourquoi j'avais décidé d'y aller.

Après une dizaine de minute, j'étais habillée pour le grand soir. Je ne suis pas du genre à tergiverser sur ma tenue en pleurnichant : 'Ah, cette robe me grossit', 'Ce rouge à lèvres est trop clair" etc ne font pas partie de mon vocabulaire. Je portais une robe asymétrique rouge sang - je déteste passer inaperçue, notez le - longue mais cintrée, dessinant ma taille fine. En toute franchise, sans aucune prétention (ou presque), j'aurais facilement pu passer pour une déesse grecque (Il fallait sérieusement que j'appelle mon psy). Mes cheveux étaient retenus dans un chignon duquel s'échappaient quelques mèches, j'avais toujours été incapable de me coiffer à la perfection. Hého, tout le monde n'a pas son coiffeur attitré ! Un peu de rouge carmin aux lèvres, des boucles d'oreilles de perles, et un brin de parfum dans le cou, j'étais fin prête. En me regardant dans le miroir, un sourire satisfait aux lèvres, j'étais résolument parfaite. J'envoyais un petit sms à William, qui ne le lirait sûrement pas, busy comme il était, pour lui dire que j'arrivais. Nous avions fixé un rendez vous devant le casino, histoire de nous marrer un bon coup avant de faire notre entrée triomphante. Je voyais déjà tous les regards rivés sur moi, bourrés d'envie, ou d'admiration, voire même d'un savant mélange des deux. Ou peut être que je me faisais des idées. Bref, en quelques minutes, via un cab, j'arrive au casino. Il brille de mille feux. Je n'ai jamais vu quelque chose d'aussi nouveau riche, d'aussi ostentatoire. D'ailleurs, je déteste toute manifestation d'argent, et surtout dans ce type de lieu. Peut être que je devrais me faire nonne, voeux de pauvreté et de chasteté compris. Quoique.

William arrive, et fait son entrée en trombe, pour ne pas changer ses bonnes habitudes, dans une limousine. Ca ne m'étonne guère. Mais, dans ma grande bonté, je ne lui tiens pas rigueur de ces manifestations assez grossières de son compte en banque bien rempli. Après tout, il ne me prend pas de haut, nous nous traitons d'égal à égal, même si nos niveaux de vie ne sont pas les mêmes. Il sort, son sourire colgate aux lèvres. J'ai parfois l'impression que William se croit constamment dans ce fameux film dans lequel il a joué. Sauf qu'il n'y a aucune jeune fille en fleurs à impressionner. Néanmoins, il a le mérite de me faire sourire, en ce jour tragique de la Saint Valentin. Je dis tragique, parce que mine de rien, ce jour me rappelle toujours que je suis célibataire. Et que franchement, ça craint. Qu'aurait dit Nietzsche ou Sartre ? (oui, il faut tout ramener à la philo mes petiots, il n'y a que cela de vrai) Probablement que j'étais sacrément bizarre d'être célibataire, alors que j'ai tout pour ne pas l'être. Ou pas. Une fille qui va chez son psy trois fois par semaine n'est pas NORMALE. Heureusement, William ne l'est pas non plus, je n'ai pas de complexe à avoir. Je le regarde de haut en bas. Il est chic, quand même. Même si, dès qu'il va se mettre à parler, j'aurais probablement envie de lui foutre mon poing dans la tronche. Quoi, vous ne savez pas que William est horripilant ? Il a beau être mon ami, parfois, il m'exaspère. Toutefois, je tempère toujours ma colère en me disant qu'il doit avoir les mêmes sentiments à mon égard. J'ai l'honnêteté de dire que je ne suis pas non plus parfaite.

Je déclare alors, avec un ton d'aristocrate totalement surjoué :

« Monsieur William Norrington, vous êtes d'un chic. M'enfin, l'avant première de votre film de teenager, ce n'est pas ici. »

Évidemment, je plaisante. Je suis du genre à envoyer des piques, et je sais bien qu'il en fera de même. L'amitié vache. Enfin, je cesse ce vouvoiement étrange, pour dire, un grand sourire aux lèvres :

« Faisons notre entrée triomphante. »

J'attrape son bras, et nous entrons dans le fameux casino. A l'entrée, on contrôle nos invitations, bien évidemment. Il ne faudrait pas que des intrus s'introduisent ici. Cette soirée est tout de même sélective. Les petites gens se contentent de leur fish and chips en amoureux dans des pubs miteux du coin. Avoir des amis fortunés a quand même des avantages. Ainsi, nous entrons dans la grande salle, où règne déjà une atmosphère d'effervescence. Les gens se marrent à gorge déployée, les machines à sous font un boucan conséquent. J'adresse un regard complice à William, quand nous remarquons que les regards sont rivés sur nous. Forcément, avec sa renommée, et aussi les nombreux ennemis qu'il s'est fait dans le milieu, cela ne m'étonne pas. Je suis persuadée que personne ne me connaît, mais il y a un début à tout. Forcément, les philosophes incompris ne sont pas connus de la populace. Nous sommes bien au dessus de toute célébrité, nous autres. Un serveur arrive, un plateau plein de coupes de champagne. Putain, je ne veux pas boire de champ' moi. Je ne tiens pas l'alcool. Vraiment pas. Histoire d'éviter de chanter des chansons obscènes, de faire un strip tease malvenu dans ce genre de soirée, je préfère me priver de cette boisson. Je glisse à l'oreille du serveur :

« Auriez-vous...du jus de pomme ? »

Suite à un hoquet surpris, il s'éloigne, en se marrant. Pourtant, ce que je viens de dire n'est pas si drôle. Enfin, dans ce genre de lieu, c'est sûr que les gens viennent se bourrer la gueule, tout en perdant une grande partie de leurs fortunes dans des jeux tous plus idiots les uns que les autres. Il y a déjà des gens qui me semblent éméchés. Pathétique. Mon regard parcourt la salle. Les gens sont tous très chics, bien que certains se réduisent à jouer à diverses machines à sous. Cette univers du paraître a tendance à m'agacer. J'ai toujours préféré les fêtes alternatives avec des artistes bobo venus de New York qui n'écoutent que du rock indé. Cela dit, je fais un effort, pour William, et évite de piquer un scandale. Mon sourire hautain fétiche aux lèvres, je tourne la tête vers mon ami, et lui dis à l'oreille, dans un chuchotement :

« Alors, présente moi ces individus. Histoire que je me marre un peu. Montre moi la fameuse gosse de riche et son frère ! Quoique, faudrait pas que tu te fasses frapper mon petit. Enfin, ne t'inquiète pas, j'fais de la boxe. On me surnomme même Rocky dans le milieu. »

Mes mensonges sont gros comme une maison, et c'est tellement peu crédible que William doit s'en rendre compte. C'est bien le but. Tandis que je chantonne le générique de Rocky avec bien peu de discrétion, je cherche du regard ces deux fameux frères et soeurs dont il m'a déjà parlé. Il paraît qu'il drague la sister. Cela ne m'étonne qu'à moitié. Alors que je cherche ces individus, je vois un type apparemment pas vraiment dans son assiette pour parler prosaiquement, qui vient de passer en un éclair dans la salle. Sûrement une déconvenue de la Saint Valentin. Pour ma part et celle de William, nous ne risquons pas d'en avoir, célibataires que nous sommes. En tout cas, la soirée s'annonce plutôt amusante. Surtout si elle consiste à se foutre en toute impunité du cas de certaines personnes. Je ne connais pas un seul individu, et j'attends donc que notre célébrité nationale m'explique le pourquoi du comment. Let's have some fun !
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MessageSujet: Re: INTRIGUE ; TOUT FEU TOUT FLAMME   Sam 19 Fév - 17:54

Like a viiiiirgin, touch for the very fiiiirst time, si ce n’est pas vraiment le cas de William Norrington, ça ne l’empêche pas de chanter les paroles de la très célèbre chanson sous la douche, mêlant sa voix à celle de la madonne sur les choix très douteux d’une radio un peu retro dirons nous. La soirée qui s’annonce promet d’être terrible et ce dans tous les sens humainement imaginables. L’homme-qui-aurait-du-mourir-d’un-soixantième-coma-éthylique et sa très chère sœur organisent l’un des événements les plus attendus de l’année auquel bien évidemment je ne suis pas invité, donnant d’ailleurs au passage tout son sens à l’expression fête commerciale, puisqu’ils n’hésitent pas à pousser la provocation jusqu’à la célébrer la fête des amoureux, dans un casino. Nulle doute que la duchesse aura passé la soirée précédente sur internet à chercher le cavalier idéal pour remplacer l’irremplaçable William Norrington que je suis, et qu’il sera probablement soumis au tragique destin de tout ceux qu’on emprunte et jette après utilisation, -les lois de la jalousie et de la vengeance sont parfois bien cruelles- mais après tout pourquoi pas, je suis curieux de voir le résultat d’une nuit d’insomnie avouons le, les Fitzalan-Howard et la sociabilité ne sont pas vraiment synonymes. Le sourire s’accentue sur mon visage, alors que j’enfile un costume griffé qui m’a coûté une petite fortune. Pour ce qui est de ma cavalière, je n’ai certainement pas eu les même difficultés qu’Helena à trouver la perle rare. L’abruti de William Norrington qu’elle a bien tord de déconsidérer ainsi a fort heureusement une vie sociale idyllique et des amies, certes très étranges mais non dépourvues d’humour et du sens de l’amusement. Mon choix s’était porté Erin, évidence d’ailleurs plus qu’un véritable choix après l’avoir rencontrée à tout hasard en faisant mon shopping. Véritable phénomène de ma période ado pré-pubère, elle est de celles avec qui William Norrington avait construit ses premières sarbacanes et provoqué l’exaspération de leur professeurs. Toujours unis dans l’art de nous montrer exténuants, nous étions des sortes d’amis, tristement perdus de vue, et tragiquement toujours pour les deux Fitzalan-Howard qui n’avaient pas souhaité ma présence, ajoutés sur la liste d’entrée viaillepi de la soirée, grâce à un petit chèque comportant un des trop nombreux autographes que j’ai pris la sale habitude de signer avec désinvolture. La corruption est chère payée, mais pas moins à l’image de l’organisateur de la soirée.

Je noue cette fois ma cravate, et appelle mon chauffeur pour me rendre dans l’antre de l’ennemi et y rejoindre ainsi ma cavalière qui je suis certain sera tout à fait au goût de ma duchesse capricieuse préférée, même si j’aurais pu tout à fait penser à Louise dans ce genre de situation, certain qu’elle aurait su l’irriter admirablement ou lui cracher son champagne en visant le visage cette fois-ci par exemple. Adorable Louise, je ne manquerais pas de lui envoyer quelques messages pendant la soirée. Le trajet entre l’Hotel Hilton et celui de mon meilleur ami de la soirée n’est pas essentiellement long et je retrouve sans grand peine Erin, en sortant de ma limousine sous quelques crépitement d’appareils photo de quelques paparazzi que j’ai moi même appelé pour l’occasion, ravi de pouvoir contribuer à l’agacement certain d’Helena et Edward Fitzalan-Howard. Nos noms sont sur la liste je m’en suis arrangé personnellement. Si une simple parole d’Edward pourrait immédiatement me faire quitter les lieux, je sais par expérience que ce garçon est nettement plus mature que je ne peux l’être et qu’il évitera l’esclandre publique, pour peu que je me montre un tantinet raisonnable et ne touche pas cette fois-ci à son intégrité physique en usant d’un quelconque coup de poing. Si la plupart des convives pense à tord qu’il n’est qu’un aristocrate raté n’ayant à se préoccuper que de sa consommation d’alcool journalière et des question existentielles auxquelles il ferait mieux de ne pas tenter de répondre, je dois lui concéder lorsqu’il s’agit d’argent qu’il peut s’avérer d’un sérieux et d’un pragmatisme surprenant. Nulle inquiétude à avoir quant à une soirée écourtée par monsieur le Duc, j’offre un sourire made in colgate blancheur à Erin. La voix qu’elle prend me fait immédiatement rire, tant l’imitation aristocratique sardonique est imitée à la perfection. Je m’en amuse, imaginant sans le moindre problème cette réplique lancée par le frère ou la sœur Fitzalan-Howard au pauvre acteur merdique que je suis. Prenant un ton tout aussi impérieux, je lui offre mon bras.

« Tragiquement non, mais comme tu peux le voir, même recevoir une invitation de la part de son pire ennemi, n’est pas chose impossible pour William Norrington. Pourquoi diable n’a tu pas profité de ma limousine Erin, il m’avait semblé pourtant que tu aimais le faste et les manifestation ostensibles de richesse. Somptueuse robe. »

Et encore un sourire. Nous présentons nos cartons d’invitation au vigile qui nous laisse entrer sans la moindre résistance après un haussement de sourcil intrigué. Je range le mien songeant à la décoration qu’il pourrait offrir à mon réfrigérateur. Nous nous mêlons à la masse d’invités et je subtilise une coupe de champagne trônant sur le plateau d’un serveur sans la moindre gêne. Boire aux frais d’un(e) Fitzalan-Howard ? Voilà quelque chose dont j’avais toujours rêvé. L’air ambiant empeste Chanel et Valentino, mais la qualité du champagne et quelques visages connus me mettent instinctivement à l’aise. Un serveur s’approche d’Erin et celle-ci commande un jus de pomme ce qui me suscite un sourire et des yeux levés au ciel.

« Je ne vois honnêtement pas pourquoi tu te prives de boisson, que risque-tu après tout ? De monter sur l’estrade et de chanter Poker Face ? » Oui probablement, mais l’idée me semble même agréable évoquée de la sorte, il ne faudrait pas qu’on s’ennuie en compagnie des convives du duc, la starlette Henley n’étant hélas plus là pour me divertir en sarcasmes. Les fêtes de la haute sont tellement moins fun sans ma meilleure ennemie préférée, il faudrait que j’obtienne son nouveau numéro de téléphone portable, histoire de ne pas perdre la main avec les insultes intelligentes. Lexia reviens. Je pique un petit four et m’avance dans la masse de gens pour enfin croiser Melany et son charmant accompagnateur. Sourire colgate aux lèvres, je prend sa main et dépose un baiser sur elle avant de me lancer dans un étonnant petit numéro d’acteur, jouant incontestablement dans le délire aristocratique foutage de gueule de la soirée.

« Quelle surprise très chère ! Vous ici, et en si charmante compagnie et dans le casino de ce cher Edward Fitzalan-Howard Trahisooon! » Je termine la phrase un peu plus bas d’un ton légèrement grinçant et accusateur qu’elle seule peut entendre avant de continuer en souriant à Noé. « Présente donc ce jeune homme à ton meilleur ami impudente, nous n’avons pas encore eu l’honneur de l’être. Pour ma part, je ne crois pas que tu connaisses Erin, amie d’enfance, elle m’a tout appris jusqu’à la seconde utilisation de l’effaceur d’encre. »

Je jette un regard bienveillant au dit Noé, avant de m’éloigner en lançant un clin d’œil à Melany, Erin et moi avons d’autres chats à fouetter et plus exactement d’autres gens à saluer. Je m’empare d’une coupe de champagne et l’offre à ma cavalière, tentant de dédramatiser la situation. Qu’elle boive après tout, l’humeur n’était elle pas à la fête et à l’amusement ? Le comble que cela serait si un Fitzalan-Howard se mettait en tête de réprimander une personne loin de la sobriété ! La réplique d’Erin fuse, et elle veut que je lui présente la haute société. Mes yeux parcourent la salle et au bout d’un tintement de coupe et d’un sourire absolument commercial, j’aperçois Edward Fitzalan-Howard, que je désigne avec ma propre coupe.

« L’organisateur de la soirée. S’il vient à te demander en quelle charmante compagnie tu es, évite le nom Norrington, c’est juste un conseil. Lui ne fait pas de boxe, mais m’a déjà démoli le nez une fois. » Mon regard acéré balaye le cortège aristocratique et trouve cette fois la sœur accompagné par un frisé faisant le cinéma petit budget, et les seconds rôles dans les grand budgets, et dire que je m’attendais à mieux. « Et voilà la sœur, qu’il serait bien malpoli de ma part de ne pas saluer, tu m’accompagnes ? Après tout tu fais de la boxe tu as dit. » Je l’entraîne à ma suite, affichant déjà un sourire hypocrite rongé par une pointe de jalousie, savoureux mélange de saveurs pour une réplique elle même subtilement acide. Même cinéma, que pour Melany, j’offre un baisemain cette fois-ci terriblement ironique.

« Madame a donc décidé de bouder et de rester en famille pour la St Valentin, plutôt que d’avoir à excuser son comportement exécrable à la soirée donnée pour le nouvel an, charmant. » Je me tourne cette fois-ci vers son cavalier auquel je tend une chaleureuse poignée de main, attitude destiné à camoufler ma jalousie, au profil d’une humiliation qui ne pourra me faire que du bien. « Et voici son cavalier, dont le visage ne me semble pas inconnu d’ailleurs, voyons voyons… » Je fais mine de réfléchir d’une manière abominablement théâtrale avant d’ajouter après un bref regard à Erin. « La pub coca-cola ? Ah non je sais ! Schwarzkopf la qualité professionnelle, pour cheveux sec et frisés ! » Je passe ma main dans les cheveux de Christopher et lui caresse la tête puis me met à rire. « Je suis convaincu, j’achète, tu es incontestablement un acteur d’exception, promis à une très grande carrière, qu’en pense tu Erin ? » Regard vers Helena cette fois, je prend une intonation tout aussi joyeuse. « Erin voulait faire ta connaissance, je n’ai pas pu pas lui refuser après tout je lui ai tellement parlé de toi et ton frère qu’elle a cru au début que je parlais de mes cousins germain ! Erin Helena, Helena Erin... » Je fais tinter ma coupe contre celle d’Helena et lance sur le ton de la conversation, avec hypocrisie s’entend. « Tu remercieras Edward pour l’invitation, bien que j’avoue que j’aurais préféré que celle-ci ait été rédigée de sa main, elle aurait constitué un trophée sympathique à accoler à un golden globe par exemple. Salue le de ma part, je ne voudrais pas gâcher sa St Valentin en compagnie d’une bonne bouteille de Dom. » Entrée théâtrale, sortie théâtrale, je prend le bras d’Erin et m’éclipse avant d’être moi même consumé par la jalousie qui m’assaille bien malgré moi. Enfin à distance, je peste.

« Le frère est tout aussi agréable, ce qui explique soudain mieux nos rapports. Je crois que je vais avoir besoin d’une autre dose d’alcool, mais cette fois tu m’accompagnes, quitte à faire un duo sur Lady Gaga. » Je prend deux coupes lui en tend une, et me dirige vers une machine à sous, malade à l’idée d’offrir mon fric à cette famille de sombres cons, mais trop irrité pour rester les bras croisé en attendant, qu’elle daigne m’offrir une nouvelle scène de scandales ou de jalousie, oui j’ose espérer qu’elle en souffre autant que moi. Je me reprend. William Norrington n’est par habitude pas atteint par les attitudes Fitzalan-Howardiennes, il n’y a par ailleurs aucune raison pour que cela change. Ou presque. Je jette un coup d’œil à Erin et lui offre un sourire, avant de prendre à nouveau la parole.

« Excuse moi une minute, j’ai une affaire de haute importance à régler avant la fin de la soirée. » Ton solennel, je m’éloigne dans une dernière courbette pour enfin commencer la traque aux Fitzalan-Howard, entreprise risquée avec d’énormes possibilité de courir à l’échafaud, tant pis, je l’aperçois, elle seule pour une fois. Alors qu’elle ne m’a pas vu je me glisse derrière elle et attrape sa main pour l’entraîner un peu plus loin, à l’abris du regard de son imbécile de frère et de son crétin de cavalier made in meetic à-fric-nity. « Tu voulais rendre un Norrington jaloux ? Mission accomplie. » Je me penche un instant vers elle puis capture ses lèvres entraîné par une fougue jalouse avant de m’éloigner d’elle risquant une gifle si elle parvient à reprendre ses esprits avant que je n’ai le temps de m’en aller. « Passe une bonne soirée Helena. »
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MessageSujet: Re: INTRIGUE ; TOUT FEU TOUT FLAMME   Lun 21 Fév - 11:45

Le saint Valentin n'était pas la journée la plus gaie de mon année. Cette fois-ci elle allait être différente."Fêter" ça avec quelqu'un était une bonne motivation : bien s'habiller, se coiffer, faire l'effort de danser, juste pour lui faire plaisir, pour qu'il, ou elle, passe une agréable soirée en notre compagnie. J'étais assez mal-à-l'aise car je ne savais pas à quoi m'attendre.

Une journée parait terriblement longue quand on a quelque chose de prévu le soir même. Heureusement pour moi, la plupart des personnes avec qui je bossais ce jour-là allait aussi à cette soirée. D'ailleurs, ne me demandez pas comment j'avais fait pour y être invitée, je n'en savais pas grand-chose. Peut-être simplement parce que mon cavalier connaissait le gérant ? Ce dernier, je ne le connaissais pas personnellement, mais William m'en avait déjà tellement parlé que j'avais l'impression de parfaitement bien le connaitre. Enfin, s'il ressemblait au portrait plus que péjoratif que m'en avait fait Will', je sentais que la soirée allait être longue. Mais peut-être que ce soir, j'aurais l'occasion de m'en faire moi-même une opinion. Et puis de toute façon, en tant qu'homme richissime, il devait forcément avoir des manières absolument courtoises avec ses invités. Mais pour l'instant, ce n'était pas vraiment le sujet. J'avais carrément autre chose en tête que les manières de ce cher Edward Fitzalan-Howard. Au nom d'ailleurs carrément imprononçable.

Marguerite de Saez en fond sonore. Chanson qui pour moi était une ... peut-être pas émouvante mais, disons une très belle déclaration d'amour. Marguerite c'est mes coups d'jus, c'est mes coups d'foudre, c'est mes coups d'blues, c'est pas vraiment un bon coup mais c'est dans l'mille à tous les coups. C'est comme un parfum de nocturnes qui auraient l'goût des levers du jour, parce qu'elle elle dit jamais « je t'aime », parce que sans équivoque aucune, la liberté au bout des doigts, entre le marteau et l'enclume, c'est la luciole au fond des nuits, c'est comme rouler sans le permis. Sérieusement, je trouvais ça vraiment beau. Cru, certes, mais tellement beau à la fois. Et ... est-ce que j'étais encore en train de faire carrément autre chose que ce que je devais faire principalement ... C'est-à-dire me préparer ? J'avais déjà pris ma douche, manquait la coiffure, le maquillage habituel et.. et quoi ? J'oubliai toujours quelque chose lorsque j'en avais le plus besoin. J'allais quand même commencer par me coiffer. Pour une fois, j'étais motivée à la faire correctement. Ne pas lui plaire serait une atteinte à ma dignité personnelle.. Non, pas à ce point-là. Une demie d'heure plus tard, j'avais terminé ma coiffure. Voilà, c'était bientôt l'heure. Et en tant que fille qui se respecte, j'étais sûrement en retard. Il me restait à me maquiller, à retrouver mes chaussures, à enfiler ma robe ... Et à déstresser peut-être aussi ? De plus, j'avais le don pour perdre du temps. Entre le fait de changer de CD pour passer de Damien Saez à Indochine ou encore Bob Marley. Et surtout, quelle idée j'avais eu de faire une coiffure aussi compliquée ? Rien que pour ça j'avais mis trente minutes. Mais en contrepartie j'étais vraiment satisfaite du résultat. J'avais réussi à maitriser toutes les boucles que j'avais fait avec mon fer et j'avais réussi à placer le serre-tête/élastique dans mes boucles d'abord coiffé d'un chignon plutôt brouillon. Classe et pourtant décontracté ... Ou pas.

Je restais un instant planté à fixer mon reflet dans le miroir. Histoire de faire contraste avec ma robe blanche j'optais pour un maquillage foncé. Foncé = noir, si vous n'aviez pas vraiment bien compris. Je commençais par tracé un trait de crayon noir au-dessus de mon œil et au-dessous. J'appliquais ensuite une dose non négligeable de mascara. Tout ça dans le seul but évidemment d'accentuer au maximum mes yeux et de me donner un regard charbonneux et envoutant. Faut croire que je connaissais bien mon métier que je connaissais parfaitement tous les trucs et astuces nécessaires pour un maquillage réussi et surtout pour avoir le résultat recherché. Le maquillage étant terminé je pris délicatement la robe et l'enfilais en essayant de ne pas l'abimer. Je n'avais pas l'habitude de dépenser des fortunes dans des fringues mais j'avais eu un réel coup de cœur pour cette robe et bien que la note fusse salée au final, j'étais assez fière de mon achat. J'enfilais donc cette robe au décolleté ... inratable ?

Je me levais et me postais face au miroir à pied de ma chambre et fixais mon reflet, assez satisfaite du résultat. Pour ne pas jurer avec ma tenue blanche, j'enfilais une paire de louboutin blanc aussi. Je fis quelques pas sur le sol en carrelage du salon en attrapant au passage mes boucles d'oreilles et le bracelet que je me dépêchais d'enfiler. J'entendis sonner et une boule se forma aux creux de mon ventre, inutilement, certes. Je mis une dernière touche de gloss que je glissais dans ma pochette en compagnie de mon portable. J'éteignis toutes les lumières et j'ouvris la porte rapidement. Je claquais la porte derrière moi et souris à Noé. Je déposais un baiser sur sa joue et ne put m'empêcher de le détailler du coin de l'œil. « Bonsoir »

Tout en saisissant son bras, je lui fis faire demi-tour. Je pénétrais dans l'habitacle du véhicule en premier, très vitre suivit par mon cavalier. Durant tout le trajet, ne regard ne font que se croiser, mais personnellement, je ne prononçais pas un mot. En vérité, j'étais encore un peu stressée et je le serrais certainement tout au long de la soirée. Je ne savais pas très bien ce qui me rendait comme ça. La présence de Noé, le fait d'être avec lui pour la St Valentin ou le fait de savoir que j'allais passer la soirée avec des gens qui n'étaient pas du même monde que moi/ Beaucoup allaient sérieusement se demander ce que je fichais ici. Je n'étais pas comme eux. Et toutes ces interrogations et affirmation formaient une boule dans ma gorge qui m'empêchait purement et simplement de prononcer le moindre mot. Une fois de plus, j'avais terriblement envie de m'enfuir pour retrouver mon petit chez moi douillet et normal. Cependant, quand nous fumes arrêté devant le Casino la seule chose que je pus murmurer ce fut un petit 'waw'. J'étais émerveillée devant cet étalage de richesse parfaitement accordé. C'était absolument magnifique. Je devais surement avoir des étoiles plein les yeux et je donnais certainement à Noé une bonne occasion de se foutre de moi et de se rendre compte qu'encore une fois, son monde d'or et d'argent n’était absolument pas le mien.

Il faut une seule coupe de champagne pour que déjà je croise mon meilleur ami. « Quelle surprise très chère ! Vous ici, et en si charmante compagnie et dans le casino de ce cher Edward Fitzalan-Howard Trahisooon! » Il ne pouvait vraiment pas s'empêcher de se foutre de la gueule de tout le monde, surtout de ces aristo' en baisant ma main. Moi ? Je m'étais contentée d'éclater de rire et de pousser le jeu en faisant une révérence plutôt insolente. Il déteignait sérieusement sur moi. « Présente donc ce jeune homme à ton meilleur ami impudente, nous n'avons pas encore eu l'honneur de l'être. Pour ma part, je ne crois pas que tu connaisses Erin, amie d'enfance, elle m'a tout appris jusqu'à la seconde utilisation de l'effaceur d'encre. » Je secouais la tête, je n'avais jamais entendu parler d'Erin. « Enchanté Erin. Alors euh, Noé, William mon meilleur ami, William, Noé mon ... euh ... » Vous l'aurez certainement compris je n'avais pas désigné Noé comme mon petit ami. L'était-il ? Ne l'était-il pas ? Rien n'était sûr.

Mais William tournait déjà les talons suivi d'Erin. Et moi ? Et bien je restais en compagnie de l'homme que je n'avais su présenter que comme "Noé". Je fis la moue et bus une gorgée de champagne. Les bulles dansèrent contre mon palet. Cependant, je sentis mes doigts recommencer à trembler légèrement. Je pris alors très soudainement la main de Noé. Je me contentais de lui adresser un sourire et de commencer à marcher sans but précis. Peut-être que j'avais simplement besoin de me "promener" main dans la main avec lui. « Je ... Tu le dis si ça te gêne que ... que je te prenne la main comme ça.» Melany, ou l'art de passer pour une personne pas du tout sûre d'elle.

Tout ça me donnait affreusement envie de m'en aller.

Spoiler:
 


Dernière édition par Melany J. Hemingway le Lun 21 Fév - 21:44, édité 20 fois
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MessageSujet: Re: INTRIGUE ; TOUT FEU TOUT FLAMME   Lun 21 Fév - 11:58

Jour de repos pour les collégiens, lycées, et tout ce genre de personne qui sont à l’école, encore, tandis que moi, je bossais et j’avais un dur et long photoshoot avec une grande star américaine à préparer. Putain, si j’avais su, j’me serais levé plus tôt. La panique était présente, je n’avais plus de pellicule, les décors, n’étaient pas encore installés, mon appareil n’était pas prêt, et je n’étais surtout pas lever. Ouais, c’est mon rêve qui m’a réveillé. Je jette un œil au réveil, putain, il a pas sonné. Je me lève en vitesse, dévoilant à la pouffe dans mon lit, mon corps encore nu de nos bêtises sexuelles de la veille au soir. Je me dirige vers la douche. L’endroit le plus beau du monde en sensation. Oui bon d’accord, j’ai tourné à la beuh hier soir, mais bon, j’ai des restes sûrement. L’eau chaude coulait sur moi, réveillant tous les frissons de mon corps. Marchant à travers mon appartement, je cherchais des fringues pour me rendre à ce fucking photoshoot. Il était attendu depuis si longtemps par les fans et les gens de la ville.

J’arrivais en retard, manque de bol, la star était déjà prête, et les vêtements qu’elle avait choisis, étaient tellement dénudés, qu’elle avait froid la pauvre. La jeune femme était une grande artiste, devenu une icône pour les gays et les bis. Une artiste pop, électro sur les bords. Je m’excusai de mon retard, l’accueillant à bras ouverts. On se connaissait bien à vrai dire. Je suis mannequin occasionnellement, et elle, une grande amatrice de mode, ce qui fait que nous nous sommes beaucoup croisés lord des défiles ou elle était, et ou je défilais. Elle était une artiste que je défends, et que j’admire tellement.

Le shooting photo pouvait commencer. Nous étions opérationnels, elle, elle était tout simplement magnifique, moi j’étais en train de baver en la regardant. J’avais une putain d’envie de l’aimer. Mais tout le monde, tous mes proches, dont elle, savent que je déteste tout ce qui se rapporte à l’amour. Comme on dit, trop d’amour tue l’amour, sauf que le trop plein d’amour que je ressentais pour cette fille qui m’avait tapé dans l’œil en remuant son cul dans la rue, m’a éclaté à la gueule, et la seule chose qui à été ruinée dans cette histoire, c’est mon cœur, mon âme, tout ce qu’il y avait de beau en moi. Maintenant, je vis pour moi, pour la baise, pour la beuh, pour mes amis aussi. Tout le monde dit qu’il sera la pour l’autre, mais c’est dans les situations les plus dures à gravir, les plus dures à surmonter que l’on trouve ses vrais amis. Quand elle m’a quitté, cette pute de blondasse, seuls mes vrais amis ont été la pour moi. Ceux qui se prétendaient amis avec moi, on bien vite tourné les talons face à la tristesse qui m’envahissait. Moi, maintenant, je sais pour qui je serais la, je sais pour qui je serais absent. C’est dur comme phrase, comme propos, mais c’est la stricte vérité.

Après la séance photo, nous avons été boire un café. Je suis assez médiatisé dans la ville, c’est vrai. Je défile pour des grands sans que le métier de mannequin soit inscrit sur mon CV, c’est sur, mais je n’aime pas ce trop plein de monde autour de moi. Je vois les fans, ça me fait super plaisir, mais les paparazzis, je ne les aime pas tant que ça. Ils sont gentils avec moi, mais quand je vois ce qu’ils sont capables de faire, à certaines célébrités, je me dis que j’apprécie ma modeste notoriété. Bref. J’avais décidé de sortir ce soir. Seul, ou pas, mais je sortirai. Je rentrai chez moi, sélectionner mes fringues pour la soirée. J’avais entendu parler d’une soirée ayant pour thème la saint-Valentin, j’avais bien évidemment prévu d’y aller accompagné, mais par qui… ? La rencontre de Melany me donnait envie de l’aimer, de l’inviter, de lui montrer que je ne suis pas qu’un riche qui pète plus haut que son cul, et qui ne sait pas se montrer courtois et aimant. Je décidai donc de l’appeler. Messagerie. Putain. Tout d’un coup, le souvenir s’empara de moi, je lui avais demandé au cours de notre rencontre au bar de l’hôtel Hilton. J’irai la chercher devant chez elle, qu’elle soit prête ou non, en pyjama ou non, qu’elle ai oublié ou non, elle m’y accompagnerait.

Arrivé devant chez elle, à peine avais-je sonné qu’elle avait pris quelques minutes pour ouvrir la porte, et la voici face à moi, magnifique comme ça son habitude, dans une magnifique robe blanche, certainement d’un grand créateur. Le baiser qu’elle me fit sur la joue était purement parfait, divin. Sur la route, aucuns mots ne se firent apparitions, bizarrement. À peine fûmes nous arrivés dans la salle que son meilleur ami, d’après ce que je compris, arriva en face de nous. « Présente donc ce jeune homme à ton meilleur ami impudente, nous n'avons pas encore eu l'honneur de l'être. Pour ma part, je ne crois pas que tu connaisses Erin, amie d'enfance, elle m'a tout appris jusqu'à la seconde utilisation de l'effaceur d'encre. » J’étais enchanté, mais je ne savais que dire. Je me contentai de le saluer d’un geste de la tête. Je profitai de l’occasion pour passer un bras autour de la taille de la belle blonde, timidement. « Est-ce que tu veux un verre ma belle ? »


Dernière édition par Noé M. Spencer le Lun 21 Fév - 23:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: INTRIGUE ; TOUT FEU TOUT FLAMME   Lun 21 Fév - 22:02


Cette soirée de la Saint Valentin n'était décidément qu'une vaste connerie. Certes ; Helena n'était pas du genre à refuser de faire la fête pour quelque occasion - voire aucune d'ailleurs - mais pas cette foutue fête commerciale et ringarde ! La saint Valentin ; ce n'était bon que pour les amoureux transis ; fiers d'étaler leur amour dégoulinant aux yeux des gens. A de maintes reprises elle avait décidé de ne pas s'y rendre. Mais le simple fait qu'elle se produisait dans le majestueux casino d'Edward l'obligeait à se montrer présente ; et faillir à son devoir était bien hors de question. Elle serait là ; quel qu'en soit finalement sa désapprobation ; et devrait en plus se montrer souriante. Quelle fête de merde ! Malgré sa haine contre ce jour rendu si spécial par la société de consommation qu'elle adorait tant d'habitude ; son égo l'obligeait à se montrer présentable aux yeux des gens ; et à faire honneur à celui qui serait son cavalier. Elle avait choisi de réserver cette satisfaction à l'une de ses connaissances masculines qu'elle pouvait plus communément désignée de "ami". Pas véritablement ; disons plutôt nouvelle connaissance. C'était sur un agréable concours de circonstances qu'ils s'étaient tous deux retrouvés ensembles à cette soirée ; elle avait par ailleurs offert une entrée pour le moins VIP au très chanceux jeune homme tenant son bras. Vêtue d'une tenue bustier dans un style sobre mais non moins élégant (porter des robes extravagantes d'un rouge pétant était désormais exclu pour elle ; consciente qu'elles avaient tendance à un peu trop attirer le champagne) ; elle avait élégamment bouclé ses cheveux afin de ne pas sembler trop négligée. Après tout ; la perfection était l'atout principal des Fitzalan-Howard ; il fallait donc lui faire honneur. L'entrée de la demoiselle et de son cavalier tout aussi élégant ne se fit pas sur un tapis rouge ; pas plus que devant les crépitements des appareils photos ; puisqu'ils avaient l'honneur d'être dans les premiers invités. Normal ; me direz-vous ; au vue du lien de parenté existant entre le chanceux organisateur de la soirée et la demoiselle. Lorsqu'elle le vit dans la salle ; d'ailleurs ; en compagnie de la jolie Alice ; elle ne résista toutefois pas à l'envie d'aller le féliciter sur l'agencement du magnifique casino redécoré pour l'occasion ; bien qu'elle sache pertinemment que ce n'était pas de son simple fait.

    « Je t'avoue qu'une soirée version Saint Valentin ne me tentait absolument pas et c'est pas peu dire ! mais ça promet d'être encore grandiose ! » lui lança-t-elle tout en jetant un dernier regard au casino qui se dressait devant eux ; majestueux. « Au fait ; je ne t'ai pas présenté mon cavalier. Christopher ; Edward. L'inverse est aussi vrai. » La seule autre présence féminine de la soirée était la jolie Alice ; rendue toute aussi belle par sa robe de soirée ; à qui elle adressa un franc sourire. « Salut Alice ♥ . »

La vision du couple étrange que formait Alice et Edward avait le don de la mettre de bonne humeur. C'était finalement pour des personnes comme eux que la saint Valentin avait été crée ; et elle ne voyait dorénavant plus où était le mal. Consciente que les invités allaient bien finir par débarquer ; et ce plus vite encore qu'elle ne l'aurait voulu ; elle décida de laisser au jeune couple toute l'intimité dont ils pouvaient avoir besoin ; même si étaler leur amour aux yeux des personnes foulant ce casino des pieds ne devait que leur faire plaisir. Elle se rendit toutefois vite compte que ce fut une erreur. Certes elle gardait un souvenir assez agréable (ou tout du moins pas l'inverse !) de sa rencontre avec Christopher ; néanmoins elle n'avait absolument rien à lui dire ; et la conversation se résumait à des simples banalités. Disons qu'au moins ; elle n'avait pas à feindre le bonheur parfait ; durant cette fête qu'elle exécrait. Ce fut tout de même une joie intense lorsque les portes commencèrent à s'ouvrir ; et que le peuple les rejoignit ; deux par deux ; dans un défilement ininterrompu. Elle se plaisait à examiner les têtes entrantes ; reconnaissant parmi eux Nolan ; cet être quel exécrait sans véritablement le connaître ; simplement par sa capacité à haïr Edward et à le crier haut et fort même à sa soeur ; Mélany ensuite ; accompagnée de ... de Noé ? Helena retint une grimace de dégout à la vue de cet homme qui ; peu de temps auparavant ; avait partagé son lit. C'était sans doute ce qui constituait l'une des pires erreurs de la jeune femme ; lors d'une soirée un peu trop alcoolisée. En temps normal ; elle se serait sans doute amusée à jouer l'hypocrite en sa si douce compagnie ; et c'était d'ailleurs ce qu'elle s'apprêtait à faire ; tournant alors son visage vers son cavalier dorénavant silencieux.

    « Il est important que je te présente une ... très ancienne connaissance. Tu me suis ; Christo... » la voix d'Helena se brisa alors qu'elle aperçut son tout nouveau meilleur ennemi ; qui répondait au désagréable nom de William Norrington. Décidément ; il ne manquait plus que lui pour assombrir ce tableau déjà bien morbide.

Consciente que ce nouveau mutisme devrait surprendre Christopher plus que de coutume ; elle se forgea un nouveau sourire sur le visage ; destiné à tromper cette compagnie d'hypocrites. A dire vrai ; cette vision n'avait pas même été envisageable et ... diable ; que pouvait donc foutre un abruti pareil à une soirée d'Edward ?! N'étaient-ils pas censés se haïr tous les deux ? Quelle trahison si il avait ne serait-ce qu'osé lui envoyer une invitation ! Puis le regard de la belle se tourna vers la cavalière de ce si pitoyable acteur simplement capable de fanfaronner en gesticulant ; exactement de la même manière dont il exécutait son ridicule baise-main à Mélany. Elle semblait certes bien jolie et toute aussi gentille (ou pas[) ; néanmoins son visage lui était donc inconnu ; elle comprit alors que ce n'était pas non plus par son fait que William avait pu obtenir une invitation. Si Edward se cachait derrière tout ça ; en tous cas ; il risquait de le payer cher.

    « Quel crétin ! Comment a-t-il osé se pointer ici ! » pesta-t-elle ; en oubliant presque la présence de son cavalier à ses côtés. Décidément le pauvre ; il se retrouvait face à un couple d'êtres prétentieux et égocentriques ; et devait s'en accommoder tant bien que mal. « Excuse-moi ; je ne pense néanmoins pas te présenter l'être dont je viens de te dresser un bref portrait ; comme tu as pu le comprendre de toi même ; il n'en vaut pas la peine. »

Lorsque son regard se tourna à nouveau vers l'endroit où William aurait du se trouver ; elle fut assez surprise de le voir à quelques mètres d'elle seulement. Il avait eut au moins la délicatesse de trainer avec lui sa brunâsse ; qui écopa d'un regard pour le moins noir de la part d'Helena. Non seulement il avait osé exiger avoir son nom sur la liste des invités ; se montrer à sa vue en compagnie d'une trainée d'une femme ; et en plus il se sentait obligé de se recouvrir d'un faste d'hypocrisie pour aller la saluer ; elle ; la demoiselle dont il avait si sauvagement trainé le nom dans la boue. Après avoir agacé le frère et écopé d'un bon coup de poing de sa part (avant de le rendre ; bien évidemment) ; il s'en prenait désormais à la soeur. Les Fitzalan-Howard étaient à ses yeux les cibles à abattre ; et il se ridiculisait bien souvent à tenter vainement de mettre ses menaces à exécution. Finalement ; il ne faisait que compter sur les autres pour tenter de le défendre ; promenant ses petits fours ; et demandant à qui veut bien l'entendre s'il veut les goûter. Là ; elle pouvait voir toute l'étendue de son talent. William n'était rien d'autre qu'un acteur pitoyablement misérable ; qui préfère se fuir plutôt que d'affronter les foudres qu'il avait lui même provoqué. Et maintenant ; il revenait à la charge ; insultant tant Helena que son pauvre cavalier qui ; finalement ; n'avait rien demandé. C'est néanmoins avec sourires qu'elle accueillit toutes ses remarques dégradantes ; auxquelles elle répondit toutefois sans attendre.

    « Si j'avais voulu rester en famille William ; crois moi que tu ne serais pas ici à tenter pitoyablement de m'énerver. J'ignore d'ailleurs à quoi est due ta présence à cette petite soirée ; mais s'il n'en était tenu qu'à mon bon vouloir ; et si je n'avais pas (à ton image) une once de dignité ; sache que tu serais déjà dehors en compagnie de ... ta charmante cavalière. » répondit-elle tout en adressant un sourire hypocrite à la demoiselle qui servait de faire valoir à cet acteur lamentable. Elle vit William se tourner vers Christopher ; et à cet instant même elle prédit le massacre. Incapable ; néanmoins ; de rester silencieuse devant un tel discours ; elle reprit la parole « William ; s'il y a bien une qualité que j'apprécie chez les hommes ; c'est de savoir s'arrêter a la porte du ridicule. Toi ; tu n'en es pas capable. Je te conseille donc de le faire ; avant de perdre toute la fierté qu'il te reste ; s'il t'en reste une d'ailleurs. » Alors que William faisait galamment les présentations ; le regard agacé d'Helena se tourna vers la demoiselle alors prénommée Erin ; et sembla pris par une lueur de pitié. « Erin ; je te respecte. J'aurais honte d'être vue en pareil compagnie. J'ai une fois été accompagné par cet imbécile ; ça s'est fini en coup de poings et ce fut la pire erreur de ma vie. Alors ... bonne chance pour la suite ; j'ose espérer que ton futur proche sera préférable » Puis ce qui devait arriver arriva. L'éloge d'Edward made by William. Ce fut une fois de plus très glorieux ; bien trop en tout cas pour qu'elle n'y accorde la moindre importance. Elle n'eut même pas à se questionner sur le bienfait d'une potentielle réponse ; puisque William ; sans doute conscient de la furie qui risquait bien vite de s'abattre sur lui ; s'était éloigné sans dire un mot de plus ; entrainant Erin avec lui comme si elle eut été un vulgaire chien de compagnie. Finalement ; valait-elle mieux ? C'est vers Christopher que l'attention d'Helena se focalisa alors ; et qu'elle lui annonça ; d'une voix pleine de regrets : « Je suis sincèrement désolée. Je ne sais pas ce qui lui prend. Enfin si ; je sais ; il est toujours comme ça. William Norrington ; l'être le plus détestable que cette Terre n'ai jamais porté. Enfin ; j'imagine que tu l'as déjà vu ... »

Ils parlèrent encore quelque temps ; passant d'un sujet à un autre avec une banalité déconcertante ; puis il eut la brillante idée d'aller chercher quelque chose à boire. Helena l'en remercia d'avance ; heureuse de sa toute nouvelle solitude qui lui permettrait de pester tranquillement contre cet imbécile de William et sa ... et sa brunâsse. Elle ne s'attendait sacrément pas à la présence de cet être répugnant ; moins encore aussi bien accompagné. Elle aurait adoré en frapper l'un des deux ; consciente néanmoins qu'elle n'en aurait ni l'occasion ni le temps ; et que sa dignité d'aristocrate le lui interdisait. Cette soirée était organisée par Edward ; il était donc hors de question de la gâcher pour une bête histoire de jalousie ou de vengeance non prise ; même si l'esprit était à la violence. Elle manqua pousser un cri lorsqu'elle se sentit poussée en arrière ; et sa tête à peine retournée ; elle reconnut la tignasse de ce très cher William. Elle ne put même pas se débattre ; poussée par la simple curiosité. Alors qu'il l'avait insultée et humiliée quelques minutes auparavant ; voilà qu'il la tirait par la main elle ne savait où. Un tel revirement de situation ne pouvait que l'intriguer. Ses stupides paroles ; tant fausses qu'égocentriques ; eurent sur elle l'effet d'une douche glacée ; mêlée au délicat réconfort d'un baiser. Baiser qui suivit d'ailleurs ; auquel elle n'eut la force ni d'adhérer ; ni de se rebeller. Puis un stupide "bonne soirée" ; et hop ; envolé le William ; laissant sa belle presque sous le choc ; seule dans un des rares coins sombres du casino pour l'occasion très éclairé ; l'esprit trop embrumé pour qu'elle ne sache même où elle se trouvait. Elle ne savait même pas que penser de ce si soudain baiser ; gage de son amitié ; de son amour ? Elle n'avait aucune certitude ; aucune autre que ... sa haine ! Monsieur se permettait de se pointer à une soirée où il n'était pas invité ; de rendre jalouse son ami en se trimballant avec une vulgaire poupée brune ; d'humilier la soeur Fitzalan-Howard et de s'en prendre au frère ; de l'insulter presque ; puis de l'embrasser ? Non ; non ; cet homme n'était qu'un ... qu'un ... Il n'y avait même pas de mot assez fort. Il jouait avec elle ; bien conscient de ses sentiments ; il se servait de ça pour la faire souffrir. Puis il l'abandonnait. A nouveau. Helena se lança à sa suite à peine fut-il partie ; et l'agrippa par le bras pour le forcer à ses retourner. Ils étaient presque en plein milieu du casino ; lieu donc où il reçut une gifle monumentale.

    « William ! » asséna-t-elle presque en criant. Elle jeta un oeil autour d'eux ; avant de lâcher le jeune homme et de baisser d'un ton ; le hurlement toujours présent dans ses yeux. « Tu te prends pour qui ; de jouer comme ça avec les gens ? Ne recommence plus jamais ça. » L'ordre cingla ; clair ; net ; et précis. Puis elle se délaissa complètement de William ; humiliation suprême lancé à cet homme si égocentrique et désormais rejeté ; pour apporter un tout nouveau regard à Erin ; cette fois plus calme que le précédent. « Je suis réellement navrée ; de t'avoir ainsi amoché ton si charmant cavalier. Je te laisse dorénavant en paix profiter de cette soirée avec lui ; et ce avec grand soulagement ; crois moi. » Dernier regard dédaigneux vers William ; puis elle se détourna ; énervée ; plus colérique que jamais ; mais aussi et surtout bien heureuse d'avoir pu frapper ainsi sur le fantasme de sa violence.

Le pauvre Christopher ne devait sans doute rien comprendre à ce qui se produisait sous ses yeux ; tel un ridicule spectacle comique de l'ancien temps ; Helena délaissa donc avec grande joie la présence de William pour rejoindre celui qu'elle avait choisi comme cavalier. Elle lui agrippa la main dans un geste simplement amical ; avant de l'entrainer de force vers des tables de jeu.

    « Ca t'arrive de jouer Christopher ? » lui demanda-t-elle amicalement ; sachant qu'elle en était bien incapable en tous cas. « Personnellement ; ce n'est pas mon truc … mais il faut bien un début à tout. » Alice passa près d'eux ; elle stoppa donc sa course ; s'excusant à nouveau auprès de Christopher. « Christopher ; je m'éloigne quelques minutes. Demande à préparer la table pendant ce temps ; j'arrive. » Helena rejoignit la jeune femme ; bien curieuse de la voir sans la présence d'Edward ; mais heureuse que ce soit le cas ; puisque l'objet de son énervement n'était autre que son pire ennemi. Bref ; c'était bien plus facile d'en parler à la douce Alice ; qui l'avait toujours soutenue. « Alice ; merde ; dis moi qu'Edward m'a pas fais l'affront d'inviter cet imbécile de William ?! » sa question lui sembla inutile et la réponse évidente ; elle calma donc son si soudain énervement au profit d'une vague impression incompréhensive. « T'es pas avec Edward toi ? » Elle ne laissa toutefois pas même à Alice le temps d'en placer une ; bien trop accaparée par son nouveau problème. « Alice ; j'ai sérieusement besoin de toi ! William vient de m'embrasser ; et moi je lui ai foutu une claque ! Tu peux me dire ce qui se passe dans ma tête ? C'est un abruti fini ; et il est obligé de s'intéresser à moi ... Comment un homme aussi insupportable ; qui m'agace autant ; peut-il me plaire comme ça ? Et surtout ; pourquoi ma seule preuve d'amour a été de lui foutre une gifle ? » Helena était mentalement aussi perdue qu'en témoignait ses paroles confuses ; et c'est en jetant un dernier oeil à Christopher qu'elle conclut avec Alice. « Je dois te laisser ; j'ai un cavalier qui m'attend moi ... il me semble que toi aussi d'ailleurs. Tu n'es pas sérieuse ; d'abandonner ainsi mon cher frère. »

Nouveau sourire sincère à Alice ; puis à ce charmant cavalier qu'elle rejoint ; qui finalement ne lui sert que d'homme de substitution. Inutile de mentir ; tant que William n'en a pas la preuve ; elle se fiche éperdument de Christopher comme de n'importe quel autre cavalier qu'elle aurait pu trouver. Seul rendre encore plus jaloux cet imbécile de Norrington semble être dans ses projets. Un orgueilleux envieux et rejeté ; voilà un cocktail explosif qu'elle se plaisait à voir évoluer.



Dernière édition par Helena I. Fitzalan-Howard le Mar 22 Fév - 18:04, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: INTRIGUE ; TOUT FEU TOUT FLAMME   Mar 22 Fév - 14:55

14 février. Soirée déjà bien avancée, je n'avais d'autre choix que d'activer le mouvement et de me préparer, après tout c'était la... Saint Valentin. Sans exécrer particulièrement cette fête, je n'y avais jamais trouvé un quelconque intérêt, si ce n'est budgétaire et commercial pour les magasins évidement. Oui commercial, c'était le mot je pense. Celui qui résumait le mieux cette fête. Vaine et un semblant ridicule à mon avis. D'ailleurs, mes anciennes petites amies avaient bien souvent soufferts de mon manque d'investissement quant à ce jour qu'elles jugeaient pour la plupart, si particulier. L'absence de chocolats ou de pendentifs en argent faisant de moi le pire gougea que le monde ait connu et me renvoyant bientôt au statut de célibataire, chaque année. Ainsi donc ce jour ne représentait pour moi rien de particulier si ce n'est une célébration à budget, faussement divertissante, ridicule à souhait et surtout niaise au possible. Si en plus les commerçants n'en faisaient pas tout un plat et qu'elle ne me rappelait pas de désagréables souvenirs, je pense même que je la passerais outre. Seulement et constituant la date anniversaire (si je puis ici m'exprimer en ces mots) de la première séparation de mes parents et, évoquant plus en moi des bris de verre, des pantalons et vêtements divers parsemant la chaussée et une porte qui claque, que d' immondes cœurs roses et banderoles assorties, accrochés aux murs d'une salle, je me voyais malheureusement contraint de la notifier ; aussi inutile puis-je la trouver. Poussant au plus haut point le ridicule de la situation, j'entreprenais alors de barrer d'une croix rouge ce jour si précieux de ce début d'année et, offrant une rose, furtivement arrachée du bouquet de mon voisin de palier (oui, j'étais retourné momentanément à l'hôtel, ma villa subissant actuellement de gros travaux de rénovation et de modernisation surtout) je la tendais à la jolie femme de chambre qui, ayant partagé mon lit la nuit précédente s'en trouva toute émoustillée. Qu'elle ne se fasse pourtant aucune idée la pauvre, elle n'était comme toutes les autres que destinée à un usage unique. Où serait l'intérêt de jouir plusieurs fois de la même femme alors qu'on se sait capable d'en ramener une différente chaque soir ? Bon d'accord, j'exagérais peut-être un peu, je n'étais pas si macho, au fond. Et comme tout le monde, une fois amoureux je saurais me ranger, j'essayerais de le faire, du moins j'osais l'espérer. En attendant j'en profitais, qui pourrait m'en blâmer ? De toute manière je m'en moquais. Adressant tout de même un sourire poli à la jolie demoiselle, je m'enfermais ensuite dans ma chambre, pour en ressortir près d'une heure plus tard, frais comme un gardon ! Rapide l'animal, pas vrai ? Je n'étais pas du genre à passer des heures dans ma salle de bain de toute façon! j'étais naturellement charmant et je n'avais besoin d'aucun faste, prêt à l'emploi. A contrario de toutes ces célébrités et je cite ici les hommes, accordons nos violons, qui passaient des heures dans leur salle de bain, à se reluquer et hésiter sur leur tenue (probablement le genre de truc que ferait Norrington) et leur after-shave, j'avais besoin d'à peine quelques minutes. Quand on sait ce qu'on vaut et ce qu'on veut, pourquoi se prendre la tête ? Puis, j'étais attendu et je ne ferais en aucun cas l'affront à ma cavalière de la faire poireauter. Elle avait beaucoup trop de classe et se montrait trop sympathique avec moi pour cela. Pour une fois que je ne voulais pas sauter sur une créature de son genre sans même la connaître et que je me contentais au contraire, d'apprécier sa compagnie sans aucune arrière pensée, je n'allais pas risquer de tout gâcher en arrivant en retard, ce serait ridicule.

Fidèle adepte du « rien ne sert de courir, il faut partir à point », je partais et arrivais au casino juste à temps, ne laissant pas à ma sympathique cavalière le temps de s'ennuyer, ni même le loisir de m'attendre. Lui déposant une bise conventionnelle sur les deux joues, je lui souriais ensuite, lui emboîtant le pas, tandis qu'elle m'entraînait au centre de la salle des jeux. Visiblement les premiers arrivés, (ce qui dans un sens était tout à fait logique puisque Helena n'était autre que la sœur cadette de l'instigateur de la soirée) elle en profita pour me présenter à son frère, auquel je m'empressais d'adresser une poignée de main formelle, destinée à le saluer, avant de faire de même avec la jeune femme qui l'accompagnait. Nous éloignant ensuite pour laisser à ce qui me semblait un couple, un semblant d'intimité, nous engagions alors une conversation qui, à ma grande infortune, se trouva bientôt tuée dans l'œuf. Banalités diverses et sans grands intérêts, nous n'avions de toute évidence pas grand-chose à nous dire. C'était tout le désavantage d'accompagner à une telle soirée une jeune femme certes, sympathique, drôle et jolie, mais que l'on connaissait à peine. Décidant alors et d'un comme un accord visuel de garder le silence, nous commencions tous deux à scruter la salle qui se remplissait peu à peu, pour le plus grand plaisir d'Helena qui ne cessait de sourire. En même temps normal. La soirée de son frère semblait être vouée au succès, elle ne pouvait que s'en réjouir. Dissipant pourtant ce radieux sourire, elle recentrait bientôt son attention sur moi, m'assurant qu'elle devait absolument me parler de quelqu'un tandis que j'apercevais quant à moi, une vieille connaissance. Melany, ma maquilleuse. Ou la fille la plus drôle qui m'ait été donné de rencontrer. Répondant alors à son sourire par un signe de main amical, j'avais à peine le temps de la saluer que déjà, mon sourire se dissipait, bientôt assombri par la vision de cet... abruti.

Abruti qui s'empressait d'ailleurs de se diriger vers Helena et de lui baiser la main; nous offrant le même spectacle identique et ridicule qu'il avait offert à Melany quelques secondes plus tôt. Moins loquace que d'ordinaire, Helena semblait se perdre peu à peu dans un mutisme soudain, les traits du visage crispés et tentant visiblement de garder son calme, sourires faussement polies et complaisants à l'appel. Ainsi connaissait-elle et entretenait donc de par ses soupirs agacés, son regard furibond et ses répliques sanglantes, des déboires avec ce cher William ? ô personnalité tant exécrée, tant adulée à la fois, acteur numéro un des productions pour adolescentes; faussement talentueux, faussement intelligent et faussement populaire de par son profil de gendre parfait et son sourire « email-diamants » à deux balles ?! Je te déteste sans même te connaître. Pauvre moi, Pauvre elle, pauvres nous.

Sans que je n'eusse le temps de comprendre ce qu'il se passait, il me tendait une poignée de main enjouée et assurée, la fausseté lui collant décidément à la peau. Sarcasmes. Dénigrement de mon cursus, de ma carrière, de ma personne et maintenant de ma chevelure ? Bravo mon petit, ton niveau de stupidité égale la quantité de fond de teint blanchâtre que tu as du étaler sur ton visage pour ressembler un tant soit peu au personnage qui t'a rendu célèbre. Elle est immense pensais-je. Certain personnage nous colle à la peau, je pouvais le concevoir, je trouvais seulement cela regrettable qu'il ne sache pas passer outre et essayer de faire quelque chose de plus concret et décisif en somme. Ne voulant pourtant et en aucun cas causer de tort à mes charmants hôtes à qui je ne voulais aucun mal, je lui adressais pourtant un sourire de complaisance, avant de lui répondre « le piètre comédien, pardon que dis-je le vain amateur que je suis ne puis qu'appuyer tes propos et tirer sa révérence au MONSTRE de talent que tu es ! » un sourire faussement amusé à l'appel. «Connard !» Lâchais-je finalement et presque de manière inaudible, (je ne voulais en aucun cas qu'Helena ne me sache exaspéré et probablement un peu jaloux de ce crétin, j'en descendrais probablement dans son estime) tandis qu'elle se confondait en excuses, à la fois surprise et confuse par ce qui venait de se passer.

« T'en fais pas va. Ce genre de situation, tout ça... je commence à avoir l'habitude. Tu sais, on te ridiculise souvent quand tu es un peu connu ou en charmante compagnie, comme je le suis ce soir. Ça énerve. Mais encore une fois ne t'inquiètes pas. Ces mots ne m'ont en aucun cas blessé, ni même heurté dans ma sensibilité. Je suis simplement navré pour lui. Il colle décidément à sa réputation d'éternel abruti, stupide, provoquant et sans intérêt. Si toutefois tu l'apprécies, oublies ce que je viens de dire ».

Je restais cependant vague et clôturais bien rapidement le sujet, n'ayant ni l'envie ni la patience de m'étendre sur celui-ci. Lui expliquer pourquoi j'exécrais cet acteur à midinettes en revenait presque à dresser mon portrait après tout, à la différence près que j'étais plus malin et regardant sur les scénarios, m'enfin. La conversation redevenant bientôt inexistante, j'entrepris d'aller nous chercher quelque chose à boire, l'atmosphère était devenue définitivement trop pesante et... j'avais besoin de m'isoler un peu. Je n'avais pas la moindre idée de ce qui pouvait bien se passer entre Norrington et Helena et je m'en moquais à dire vrai, mais une chose était sûre je n'avais aucune envie de me retrouver au cœur de tout ça, ça sentait la tension amoureuse à plein nez et cela ne me disait rien qui vaille. Verre furtivement consommé en solo au comptoir, brèves salutations à quelques connaissances et deux coupes de champagne à la main, je m'apprêtais bientôt à rejoindre ma cavalière qui, quittant pour je ne sais quelle raison sa position initiale se retrouvait désormais au beau milieu de la pièce, assenant une énorme gifle à son interlocuteur, lui brisant presque les tympans dans le même temps. Esquissant alors un sourire que je ne saurais juger autre que jubilatoire, j'observais la scène de loin, attendant patiemment qu'elle se termine et que ma cavalière ne se décide finalement à me rejoindre. Chose qu'elle fit, à peine quelques minutes plus tard. Lui tendant son verre, désolé pour elle et compatissant bien que je ne sache ce qui avait pu se passer et n'en ai cure, je levais légèrement ma coupe avant de trinquer avec elle et de me laisser entraîner vers les machines à sous, où elle me proposa de jouer. Claquer mon fric dans des passe-temps ridicules et où les chances de perdre de l'argent étaient quasiment assurées ? J'adorais ça voyons ! J'en avais même fait l'une de mes activités préférées, aussi fus-je légèrement surpris qu'elle ose me poser la question. D'un autre côté, elle ne me connaissait pas vraiment...

Me laissant pourtant et à peine le temps de lui répondre, elle s'éloignait de nouveau, me promettant qu'elle ne serait pas longue. Vidant alors mon verre d'un trait, je le déposais sur le plateau d'un serveur, tombant à pic, et en reprenait un autre. Après tout, les consommations étaient gratuites, pourquoi se priver ? Et puis quitte à passer ma soirée à attendre ma cavalière, autant le faire en bonne compagnie, la meilleure qui soit même. A savoir, le champagne haute gamme. J'aurais certes pu me résoudre à parcourir la salle, à la recherche d'une quelconque fille candide à séduire, mais je n'en avais ni le goût, ni l'envie. De toute manière, elles n'étaient pas si jolies, ou du moins les jolies étaient prises. Qu'on me prenne pour le toutou de la duchesse ? Que mon nom apparaisse dès demain dans les journaux et qu'on me qualifie comme étant son nouveau jouet ? Peu importe. On parlerait de moi de toute façon et, la promotion de mon nouveau film démarrant bientôt, c'était tout ce que je souhaitais. Faste et notoriété quand vous nous tenez...



Dernière édition par Christopher N. Mac-Adam le Mer 23 Fév - 16:33, édité 13 fois
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MessageSujet: Re: INTRIGUE ; TOUT FEU TOUT FLAMME   Jeu 24 Fév - 22:59

Quatorze février deux mille quinze, je suis devenue exactement ce que je ne voulais pas devenir. Il n’a pas vraiment changé, moi trop, c’est bien ce qui est dramatique. Aujourd’hui, nous organisons comme une petite foire dans son casino. Luxe et faste qui n’étonnent plus personne, rien ne semble vraiment avoir changé ces dernières années, si ce n’est la marque de ma voiture. Qu’on remplace une Twingo par une Porsche, du champagne bon marché par du Dom Pérignon, et ma capacité m’exprimer en langage courant, par un jargon aristocratique pompeux et rarement apprécié en somme. Pour beaucoup je ne suis qu’une arriviste s’étant entichée du portefeuille bien approvisionné d’un noble maniaco-dépressif, alcoolique et peu fréquentable. Je suis effectivement et cruellement soumise aux lois de l’hypocrisie de la vie en société, chose à laquelle j’aurais du m’attendre sans doute en cliquant sur sa demande de relation sur facebook, si je n’avais pas préféré espérer pouvoir l’abstraire de ce monde qui n’est tragiquement pas fait pour nous. Autant dire que ce n’est pas ce qui se passe. L’angoisse serre ma gorge, lui sert quelques poignées de main, sourit, inchangé. Sa main effleure une coupe de champagne, les invités jasent, lui s’adonne à son rituel de convenances, montrant un visage qui n’est pas le sien, mais que l’habitude rend sinistrement réaliste. Je hausse un sourcil, l’imite, prenant lentement conscience de l’immondice sociale qui se trame sous mes yeux. Les regards sont avides, acérés, les paroles suintantes et acerbes. Je lâche mon verre, j’en ai assez, j’en ai assez. Je m’approche de lui, empoigne son verre, puis le jette violemment sur le sol. Le bruit du fracas fait taire les conversations, les regards éberlués s’ensuivent. « Arrête, Edward, Arrête. Je t’en prie, tu vaux mieux que ça. » Je l’entraîne un peu plus loin, continue la conversation. « On vaut mieux que ça, on doit pas continuer comme ça, ça va tout détruire, c’est pas ce qu’on veut je le sais. J’en peux plus, toi non plus, il faut que ça cesse, maintenant. »

Maintenant. Quatorze février deux mille onze, mauvais rêves, je ne préfère pas tenter une interprétation. La logique veut que j’oublie tout ça, et que j’entame la journée comme une autre, mais si l’humeur est à la fête et au réjouissances mon humeur risque elle, ne pas être en parfait accord avec le thème de la soirée. Mauvaises réminiscences, plaies pas toujours guéries, je dois sourire, il ne faudrait pas choquer ceux qui songent à la vie parfaite qu’on doit mener lui et moi. J’ai beau avoir abandonné lâchement l’idée de la perfection, elle vient me titiller parfois. Ma tristesse est injuste, puisque j’ai Edward, lui même la dernière chose qu’il m’a toujours resté, mais je ne sais faire preuve de délectation. Phénomène social en lui même, bête de foire, homme bouffé, par les préjugés et les stéréotypes qu’on lui assigne et auxquels il se soumet parfois lui même, Edward est de ces gens qu’au final on peut perdre à tout moment et avec lesquels on est jamais certain de pouvoir se transposer dans un futur plus ou moins éloigné. Cette vie là lui convient plus par principe que par envie, il s’y noie sans nul doute, et je ne suis pas certaine de lui suffire à l’avenir. Le bonheur est court dérisoire, la vie l’enseigne à toute personne faisant l’incommensurable erreur de se laisser aller à une quelconque naïveté. Connement, lui me donne envie d’y croire sans pourtant parvenir à me rassurer. De tout les choix que j’avais pu faire, jamais je n’avais eu affaire à de telles perspectives de perte de contrôle, aujourd’hui je suis heureuse, mais terrifiée. Pas à l’idée qu’on vole sa Porsche avant qu’il ait eu le temps de me l’offrir, ni même à celle que Jodie Anderson arrache ma robe et me lance des jurons en découvrant l’identité de mon cavalier, juste terrifiée à l’idée que cette société finisse par le détruire et qu’il ne soit pas capable de la fuir avant que cela n’arrive, pire je suis terrifiée à l’idée d’en devenir moi-même un élément qu’il finirait par exécrer autant qu’elle.

Tout le monde s’active, moi aussi, le chaos s’installe dans ma tête, l’important c’est probablement que personne ne le sache, chose tellement facile en somme que de dissimuler un malaise pour peu qu’on soit capable de sourire et de déverser quelques sarcasmes ou compliments pour ne pas attirer l’attention sur le reste. J’enfile une robe, un artifice à la hauteur des espérances de mes amies qui auront au moins le plaisir d’avoir eu cette victoire sur ma personne. Mon regard se pose sur Edward, déjà prêt, je lui souris, tristement, avant de m’emparer de son bras. Je reste silencieuse, puis soupire comme incapable d’amorcer une conversation. Il ne nous reste que quelques instants de solitude avant que ne se joue une nouvelle fois le même théâtre dont évidemment personne se lasse. « Saint Valentin ? » Je ris. « Drôle d’ironie que de la célébrer ensemble. » Nul doute que si Valentin avait pu avoir les ressources cognitives suffisantes pour haïr Edward, il l’aurait fait sans se priver, heureusement pour lui à l’époque, il n’avait pas eu le loisir de découvrir la terrible alchimie qu’il y avait eu entre nous, puisque gardée jalousement par mon inconscient jusque là. Au courant pour son idée de mariage déco nuggets et sauce andalouse, j’avais préféré ne pas y songer, jugeant probablement qu’il s’agissait d’une lubie étrange qu’il avait bien vite abandonnée, parce qu’irréaliste ou irréalisable. Quitte à passer ma vie avec une personne psychiquement aussi dérangée que moi, j’imagine que j’aurais pu moi même succomber à un tel coup de folie, mais il n’avait jamais abordé le sujet et c’était sans doute la chose à faire, bien que mes rêves se soient chargé d’imaginer pour moi la continuité de notre relation et de la perte d’identité dont j’aurais été capable, pour le suivre dans une voie qui n’est sûrement pas faite pour moi. Je l’entraîne vers le hall ou les invités affluent et ou le faste reprend ses droits sur la sincérité. Un pas de plus et nous y seront. « Promet moi qu’après le festival d’hypocrisies qu’on va te servir, j’aurais le droit à ma crêpe en forme de cœur. Mais mis à part ça, jolie cravate.» Je ris puis, dépose un baiser au coin de ses lèvres m’avançant vers la foule ou nous croisons Helena et son cavalier. L’humeur de la duchesse est réellement bonne et suffit presque à me décrocher un sourire sincère, alors qu’elle félicite déjà son frère pour l’agencement du casino. « Amusez vous bien ! » je finis par lancer alors qu’elle s’éloigne déjà avec le dénommé Christopher. Alors que je met en tête de retourner à mon rôle de potiche guimauve et en pleine crise existentielle auprès de mon propre cavalier, j’aperçois une tête blonde trop bien identifiée accompagnée d’une tête rousse qui l’est tout autant, Jodie Anderson est ici, et ce traître de Freddy l’a amené. Je lâche le bras d’Edward aussi vite que je le peux et grommèle vaguement. « Je vais te chercher à boire. » ou plutôt te fuir, pour sauver ma tête. Je navigue entre les convives pour rejoindre le bar ou je croise ce qui s’apparente à notre célèbre serveur de fast food. « Freddy ! Je t’aurais bien demandé de faire péter quelques Chicken Dips pour l’occasion, mais je me contenterai de te questionner brièvement sur le pourquoi du comment, il a pu te passer par la tête d’inviter Jodie Anderson en sachant que je ne lui ai absolument pas dit pour ce que tu sais et tragiquement ce qu’elle ne devrait pas savoir. Tu veux un moyen de te faire pardonner ? Tiens là à distance, j’aimerai ne pas avoir à éviter Edw…Jodie, qu’est ce que tu fais là ? Peu importe comme tu vois je fais le service, je ne voudrais pas perturber votre soirée en AMOUREUX. » Petite blague à part, je souris à Fred et Jodie, avant de m’éloigner, deux verres à la main. Voilà une situation bien stressante à laquelle je n’aurais jamais imaginé avoir à faire face de mon vivant. Regards paranoïaques sur les côtés, je manque presque de renverser le contenu des coupes de champagne sur la robe d’Helena, qui furieuse me pose une question dont la simplicité de la réponse aurait du lui apparaître facilement, si elle n’était pas elle même énervée.

« Edward n’inviterait jamais William de son plein grès, et même sous la torture, je doute qu’il le fasse également, tu n’as donc pas à t’inquiéter sur ce point. » L’idée d’Edward donnant un carton d’invitation à William Norrington était une idée tout à fait excentrique et qu’elle puisse l’imaginer me fait presque rire. Elle me pose une question tout à fait pertinente, puis recommence à débiter une histoire selon laquelle, William l’aurait embrassé et elle administré une gifle. Un sourire vient s’esquisser au coin de mes lèvres, et je me souviens d’une scène presque identique ou ma propre gifle avait atterrit sur la joue d’Edward pour un baiser. « Pour ce qui est de la gifle, je pense qu’elle est méritée, après si tu cherches une signification particulière au geste, sache que dans une situation identique qui implique ton frère cette fois, j’ai réagi de la même manière. Probablement l’auto protection féminine contre l’implication sentimentale. Mais dis moi, tu parles de preuve d’amour ? » J’ouvre les yeux, assez étonnée qu’on puisse aimer William Norrington. Helena décide d’aller rejoindre son partenaire pour la soirée, chose que je devrais probablement faire après un calcul préalable pour éviter la trajectoire qui mène droit à Jodie Anderson. Après un regard avisé sur les côtés, devant et derrière, je saisis le bras de mon cavalier que j’entraîne dans un endroit un peu moins exposé comme dans un mauvais film d’action. « Je suis officiellement poursuivie par une de tes groupies. Même les aristocrates maniérés dans ton genre, ont besoin de vacances, je propose la fuite en Alaska qui a un jour fait partie de tes projets, on pourrait aussi commencer le yoga, bouffer cinq fruits et légumes par jours, apprendre la cuisine traditionnelle, se marier là bas, ne jamais revenir, envoyer des cartes postales à tes fans, arrêter l’hypocrisie parce qu’on tiendra pas comme ça, je veux pas te perdre, alors si il faut qu’on fasse un truc complètement dingue, alors ça m’intéresse. Je t’aime, vraiment pour ce que tu es, ces gens méritent pas que tu restes pour eux. » Mes mots s’épuisent, je l’embrasse, peut être devant Jodie, j’en sais rien, la fuite même avec un une touffe de cheveux en moins n’en reste pas moins séduisante.
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MessageSujet: Re: INTRIGUE ; TOUT FEU TOUT FLAMME   Jeu 24 Fév - 23:45

Langage ampoulé contre haine grandissante. Mon éducation me dicte aussi bien les mots que la manière de penser, joyeux pantin désarticulé à verre de Dom Périgon et sourire hypocrite, pauvre noble frayant sans cesse avec le mal et le pire, les jérémiades et le cynisme, la solitude et l’Enfer. Je ne peux plus supporter. Je ne peux plus supporter les regards, aussi bien d’antipathie que de contentement, la cordialité affichée d’amis autoproclamés, cajoleries constantes d’êtres au mépris n’ayant d’égal que le mien. Je ne supporte plus les poignées de mains et les regards se voulant lascifs, de créatures uniquement intéressées, projections sur ma personne du gendre ou mari idéal à portefeuille démesuré, délires et fantasmes cristallisés sur peau que je préférerais arracher. Et je ne supporte plus l’insoutenable vérité, ces leurres qui ne font plus illusion, les pensées emplissant l’être en son entier, et la conclusion que tout ceci n’est que vain. Vain. Vain, l’instruction, la politesse, le sang, l’argent, la confiance, la dérision, l’adoration, cette perfection qui ne brille que dans sa laideur, d’un idéal tiré de l’unique vision d’une population en mal de figure à haïr et à vénérer, sans jugement, sans réflexion, sans considération. Vain, ce désir de contenter tout à chacun, la mère nasillarde, le père absent, les clients impitoyables, les observateurs rendus primitifs par ce qu’on appelle si ironiquement l’apogée de l’évolution humaine : le dollar américain, le latex et la démence. Vain, de me contrôler, me rabaisser, m’étouffer, d’invectives qui me rongent et d’une folie qui me fait trébucher, inlassablement, aux pieds d’individus qui donneraient tout pour pouvoir m’infliger le coup fatal. Ils n’ont pas besoin de moi, de mes belles manières et ma propension au néant, des clichés qu’ils m’imposent en toute impunité et que je suis comme on d’accroche à ses derniers lambeaux d’humanité. Et j’ai encore moins besoin d’eux. Ma lâcheté me fait continuer, ma nausée me supplie de tout arrêter. Je ne peux plus supporter. Rancœur, dégoût, haine, horreur. Je suis saturé, gavé, écœuré, bouffé jusqu’à la moelle d’une envie de gerber devenue entêtante, de rétines brûlées par ma gueule infâme et ma cour abrutie, chant insupportable de mouches prêtes à se jeter sur la plus malodorante des pourritures, bourdonnements et crasse vulgaire qui sera à jamais plus attirante que tous les diamants du monde. C’est dit. L’aristocrate en a assez, son corps étriqué gronde et implose, pleurnichements ridicules de bébé braillard sur ce qui est pourtant entrain de le détruire, sur ce dont on ne peut que rire, de cette comédie humaine qui finira apparemment en suicide ou bain de sang, choisissons consciencieusement les prochaines victimes. Ce n’est malheureusement pas le matériau qui manque. St. Valentin. Des joueurs à la pelle, des hypocrites par centaines, et un gérant au bord de la rupture. La soirée peut commencer.

Cravate. Les articulations s’agitent, je la noue en passant rapidement en revue tous les préparatifs. Boissons, décoration, musique, invités, sécurité. D’immenses failles dans chaque domaine, pour un esprit aussi maniaque – sans vilain jeu de mot – que le mien, mais cela devrait cependant faire l’affaire. De toute façon pas le temps de jouer les perfectionnistes. Alice apparaissant dans le reflet du miroir, je ne peux m’empêcher de sourire. Amante et meilleure amie, étonnant de voir à quel point deux esprits particulièrement déviants sont capables de s’accorder. À la perfection. Et si l’on ne pouvait absolument pas me traiter de romantique, il est cependant évident que j’aurais préféré passer la soirée en tête à tête avec celle-ci, quoi que pour une raison à ne pas imputer à la date. Quatorze février. Un jour ordinaire, mis à part pour les commerçants. La fatigue se lit clairement sous mes yeux, j’arrive cependant à dessiner une figure plus ou moins avenante sur mon visage. Il est temps d’y aller. Saluer les invités, reprendre la danse de l’hypocrisie, lancer des critiques à peine voilées enrobées de louanges maniérées. Je pourrais fuir. Fermer le casino, prendre des vacances à durée indéterminée, quitter un monde que j’exècre chaque jour un peu plus. Mais je n’en fais rien. L’esprit hurle et le corps se courbe, obéissance idiote aux chemins préétablis, direction l’Enfer. Porte, couloir, ascenseur, couloir, escalier. Alice parle, et je suis incapable de lui répondre. Tenter de rester calme. Tenter de faire comme si tout ceci était normal. Tenter de se coller un sourire sur ce faciès infâme, histoire d’éviter les faux-pas et les injures, leur fournir exactement ce qu’ils attentent, de quoi alimenter les mauvaises langues pour des mois à venir, à moins que les conspirateurs ne soient tous plus que des cadavres putrescents et dévorés par les larves. Se mêler à une foule fascinée par les tissus, couleurs et serveurs qui les entourent. L’ostentatoire a de cet avantage que son but indéniablement lucratif est un style en soi. Plus que quelques secondes, pour entamer la mêlée. « En forme de cœur ? Forme bien trop simple pour mon indéniable talent en matière de crêpes, je préfère plutôt tenter un Cupidon, histoire de pimenter le challenge. ». Sourire triste. Un peu d’ironie sucrée avant le plongeon parmi les carnivores. Elle ne veut pas de ça, je ne veux pas de ça. La solution est assez enfantine que pour ne pas oser la mettre en œuvre, j’essaye de me convaincre que cette vie en vaut la peine, discernement après montée haineuse, mais sitôt Alice partie, l’évidence de la vacuité d’une telle existence occupe toutes mes pensées. Mauvaise humeur, besoin d’un verre.

Edward Henri Thomas Fitzalan-Howard, au bar. Autant leur donner ce qu’ils désirent, collons à notre personnage jusqu’aux dernières secondes, ne faillissions pas avant le baisser de rideau, méritons les applaudissements d’une foule adoratrice de pathétisme. Une flûte de champagne, et puis une autre. Ces nobles possèdent une descente bien trop impressionnante. Voltiger parmi les invités, serrer les mains, questionner, complimenter, faire comme si on s’intéressait à leur petite vie emplie de drames dignes de la pire émission de M6, dont je me fiche comme de la pauvreté dans le monde, soyons réalistes, soyons égoïstes. Je quitte l’emplacement, sers des mains, projeté d’un coin à l’autre de la pièce, sans même chercher à y trouver la moindre logique. « Adonis, quelle délicieuse surprise que de te voir ici, et accompagné d’une jeune… femme ! Tu m’en vois ravi, il faut croire que tu as décidé d’arrêter les porn stars français, c’est bien, belle preuve de maturité. ». Regard à sa cavalière. « Quoi que… ». On finit son verre et on poursuit. « Helena, je n’ai pas pu te parler tout à l’heure… ». Bras passé autour de ses épaules, confidences fraternelles, compagnon qu’on éclipse. « Je suis heureux que tu n’aies pas choisi Norrintgon pour t’accompagner à cette soirée. Quoi que l’aspect capillaire et cinématographique de ce nouveau cavalier me rend quelque peu perplexe. Je sais que c’est une chose bien ardue à mettre en œuvre, mais tente d’avoir à ton bras quelqu’un qui le mérite, et non un vulgaire accessoire plus encombrant qu’utile… Aucune référence à un événement passé, bien sûr . ». Les mots s’échappent sans même que je ne tente de les arrêter, bulles de champagnes et aberrations, elle ne m’en voudra pas. Je n’ai jamais réellement compris sa propension à lier des relations avec ce que je considère comme des ratés ou des profiteurs, peut-être n’est-elle simplement que le digne reflet de son grand frère. Mais pas le temps de s’appesantir. Où se trouve donc ce cher William Norrington… ? Tentative de destruction avec le maximum de dégâts collatéraux avortée, Alice vient me repêcher. Soulagement et rancœur. Presque envie de m’enfuir pour poursuivre un comportement immature et mesquin, à la mesure de ceux que je fréquente. Messes basses, baiser, elle propose ce à quoi je pense constamment depuis des jours, ou sans doute serait-il plus exact de parler en années. Sans vouloir se l’avouer. « J’allais justement te le proposer, peut-être la poésie en moins. Je peux apprêter une Twingo et un jet privé en moins d’une heure, je veux juste partir, arrêter de me faire dicter mes propres actes par des gens que j’exècre autant qu’ils me méprisent. Pas besoin de tout ça, après tout, il y a aussi des MacDonald’s en Alaska… ». Je la tiens contre moi, poursuivant dans les confidences, ne me préoccupant pas de ceux nous entourant. Une seule solution, la fuite. C’est tellement simple. Et cela me suffirait. On se détache, on fronce les sourcils.

« - Je rêve ou… Il y a comme une odeur de brûlé, ici ? »


Dernière édition par Edward H. Fitzalan-Howard le Lun 28 Fév - 20:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: INTRIGUE ; TOUT FEU TOUT FLAMME   Sam 26 Fév - 2:47

Début de journée d'une banalité affligeante. L'inévitable dispute matinale avec le crétin fini, la créature lobotomisée et hydro-cephallique qui me sert de frère, qui a aujourd'hui trouvé le moyen de renverser son verre de jus d'orange sur ma chemise, blanche de surcroit. ''Sans le faire exprès'', évidemment. On suppose qu'il ne fait pas non plus exprès de laisser la bouteille de lait vide dans le frigo, ou d'oublier de noter la liste des courses qu'il faut racheter du nutella. J'imagine qu'il se met un point d'honneur à trouver chaque jour une nouvelle façon de rendre mes matinées les moins agréables possibles. Enfin, aussi détestable qu'il soit, je dois bien admettre que je suis impressionnée par ses capacités d'innovation.
Soit, je suis finalement arrivée en cours, de mauvaise humeur, laquelle n'allait certainement pas s'améliorer à la vue de Rose Margaret Foster dans les couloirs du campus. Je n'ai jamais vraiment compris ce que cette fille avait contre moi. Je ne lui ai jamais rien fait, pourtant... Bon, j'avoue n'avoir pas toujours été d'une extrême délicatesse envers elle, et puis... Ah tiens, c'est vrai que j'ai aussi embrassé son mec à une soirée, en étant tout à fait consciente qu'elle sortait avec lui... Néanmoins, pour ma défense, je dirais que j'avais un peu trop d'alcool dans le sang et qu'on fait tous d'incroyables conneries quand on est bourrés. Autre explication, elle peut tout simplement juste être jalouse, ce qui fait qu'elle ne rate jamais une occasion de me rabaisser. Réaction typique, on est pas des filles pour rien.
Rose s'approche de moi, et je crains déjà le pire. Je la toise d'un regard dédaigneux et lui lance:

« Tiens, Rose ! Mais quelle heureuuuuse surprise ! Quel bon vent t'amène ? »

« Hey, Jodie! On se voit samedi au bal que ton idôle de toujours organise, j'imagine ? »

« QUOI ? Edward Fitzalan-Howard? Une soirée? »

« T'es pas au courant ? Ca m'étonne qu'une personne de ta...notoriété, n'ait pas mérité une invitation... »


Ironie et sarcasmes sous le masque de gentillesse beaucoup trop exagérée.
J'admets que mon admiration pour le duc Fitzalan-Howard passe difficilement inaperçue, peut-être à cause du fait que je suis tout simplement incapable de m'empêcher d'associer son nom à toute une série d'adjectifs valorisants. En effet, il est vrai qu'à force de parler du beau, classe, charismatique Edward Fitzalan-Howard, l'homme, le vrai, ça ne doit pas m'étonner que mon attitude de groupie ne soit plus un secret pour personne.
Alors comme ça, il organise une soirée, et je ne suis pas invitée ? Pas si étonnant, en fait, j'ai beau être irrévocablement fan de lui, Edward ignore jusqu'à mon existence. Enfin, pas exactement. La seule fois où lui et moi avons eu l'occasion de faire connaissance, c'était la veille de la nouvelle année, autour d'un paquet de chicken dips. Follement romantique. Le problème, c'est que les quelques verres qu'il avait probablement dans le nez ne vont pas l'aider à se souvenir de la « merveilleuse » soirée passée en ma compagnie. Quoi qu'il en soit, il est hors de question que je me laisse descendre par cette pimbêche, ça lui ferait trop plaisir de me voir rendre les armes si facilement.
Je me reprends, souris, la regarde droit dans les yeux et lui dis de mon ton le plus assuré:

« Aaaaah ! Tu parles de cette soirée là! Ahah, bien sûr que j'y vais. Allez, je te laisse, j'ai des choses à faire. A samedi, donc! »

Phrases que je regrette aussitôt. Je tourne les talons avec pour seule envie celle de me taper la tête contre le mur. C'est ça, Jodie, enfonce toi encore plus. T'as qu'à lui dire que c'est toi la fiancée du Fitzalan-Howard, tant que t'y es. Quitte à raconter n'importe quoi... Et tu vas lui dire quoi quand elle viendra te demander la raison de ta mystérieuse absence lors de la soirée ? Prétexter une soudaine et malencontreuse intoxication alimentaire ? Et sinon, y'a moyen de trouver une excuse plus débile, tu crois ?


Dans le bus pour retourner chez moi, je cherche désespérément la solution qui me permettrait d'échapper à une réputation de mythomane jusqu'à la fin de ma vie estudiantine. Il faudrait que je trouve vraiment un moyen de me faire inviter à ce bal, mais inutile de me leurrer. Les fréquentations d'Edward Fitzalan-Howard appartiennent sûrement toutes à un milieu bien plus aisé que le mien, mangent du caviar au petit déjeuner, font régulièrement leur shopping chez Louis Vuiton et n'ont pas besoin d'économiser 3 mois de salaire de job d'étudiant pour se payer une malheureuse petite semaine de vacances à l'étranger. Peut-être que j'abuse un peu des stéréotypes, mais il est clair que ce n'est pas le genre de personnes avec qui j'ai l'habitude de partager mes temps de midi. Qui s'intéresserait à la vulgaire étudiante, serveuse dans un Night Club toujours fauchée que je suis ?

Idée de survie numéro une: Rentrer par effraction. Sauf que, dans un casino, c'est pas gagné.
Idée de survie numéro deux: Baratiner le videur. Ce qui reviendrait à me prendre le pire bide de ma vie, et cela publiquement. Alors merci mais non merci.
Idée de survie numéro trois: Aller voir sur e-bay si quelqu'un vend son invit'. C'est beau de rêver, Jodie.

Retour au point de départ, sans grande amélioration de la situation, malgré mes longues cogitations intérieures.
C'est au moment où j'étais en train d'envisager une séquestration volontaire ou une fuite en Afghanistan que, telle une fulgurance, l'idée miraculeuse est venue à moi au moment où j'ai aperçu le McDonald à travers la vitre. FREDDY ! La voilà, ma solution !
Il y a peu de temps, j'avais surpris Edward en train de demander à Freddy d'être témoin à son mariage, pour je ne sais quelle raison, d'ailleurs. Ce qui veut donc dire que Freddy, même si il ne correspond pas exactement au style de personnes décrites ci-dessus, sera certainement un invité de choix, aussi boutonneux, inconnu et peu classe soit-il.
Je descends du bus et me précipite vers le fastfood. Restaurant presque vide, parfait. Comme ça personne ne me verra entrain d'organiser un « rencard » avec un spécimen techniquement situé beaucoup plus bas que moi sur l'échelle sociale. Sans compter que le spécimen en question est roux, et travaille chez McDo. Enfin, c'est toujours mieux qu'un exil à l'autre bout du monde.
Je m'approche donc avec un sourire séducteur d'un Freddy qui rougit à la seconde où je capte son regard. Je sais qu'il en pince pour moi, ça se voit à sa manière de paniquer quand je me trouve à moins de 10 mètres de lui. D'une voix plus mielleuse que quand je lui demande « un milkshake vanille-fraise, s'il te plait. » ou « un cheeseburger, mais tu seras gentil d'enlever le cornichon et les oignons, merci. », je le fixe, mets le décolleté en évidence déclare:

« Salut Frederic. Enfin, tu permets que je t'appelle Freddy ? Je me présente, moi c'est Jodie Anderson. » Genre, il était pas au courant...
« Dis, je viens de me rendre compte que je ne faisais rien le soir du 14 février. Or, c'est la St-Valentin.. Alors, si tu n'as rien de prévu, t'as envie de passer la soirée avec moi ? »

A voir la tête de Freddy, il semble au bord de l'évanouissement. Normal, c'est pas tous les jours que ses rêves deviennent réalité. J'enchaine, avec les battements de cils de rigueur :

« Oh, mais j'y pense ! Le duc Fitzalan-Howard t'a invité au bal qu'il organise, non ? Tu sais quoi ? Ca me ferait très plaisir d'être ta cavalière. »

Il ne dit rien, a les yeux grands ouverts et je perçois un léger signe de tête que je prends pour un oui.

« Génial. Passe me prendre à 20H00 ! Ciao ! »

Il ne réagit toujours pas. Il est peut-être en bug complet, j'sais pas. Je fais demi-tour et marque un temps d'arrêt en prenant conscience que j'ai oublié un léger détail.

« Euuuuh... Au fait, même si la date peut porter à confusion, je tiens à préciser que nous allons à ce bal en tant qu'amis, bien sûr. »

Précision faite, je quitte l'établissement, heureuse même si pas très fière, sur le coup. Quelqu'un de non averti pourrait penser que je ne suis qu'une sale profiteuse qui n'agit que par intérêt, mais ce n'est qu'à moitié vrai. En ayant accepté de l'accompagner au bal – même si la proposition venait plus de moi qu'autre chose, mais soit. Timide comme il est, il n'aurait jamais osé me le demander – non seulement, je réalise son rêve le plus beau, mais en plus, je lui donne l'occasion de se créer une vie sociale à peu près correcte. J'suis trop sympa, en fait. Le fait que je me serve de lui pour pouvoir rentrer à une soirée super-privée et découvrir qui est la mystérieuse future madame Fitzalan-Howard, ça, c'est accessoire.

Quelques jours plus tard

C'est le grand soir. Aujourd'hui, j'ai mis beaucoup plus de temps que d'habitude pour être nickel. Robe noire, légèrement décolletée, boucles d'oreilles, maquillage de soirée et parfum, pour me fondre dans la masse, même si ma robe aura sans doute couté la moitié du quart du prix de celles des autres filles présentes.
J'arrive au casino au bras de Freddy, qui, si si, peut presque paraitre séduisant quand il est bien habillé. Les boutons en moins, une teinture brune et du charisme en plus, j'irais même jusqu'à dire qu'il est plutôt mon genre. Mais y'a encore du boulot avant d'obtenir un tel résultat. A l'entrée, les invitations sont contrôlées. Evidemment... Je suis bien placée pour savoir qu'ils ne laissent pas rentrer n'importe qui.
Une fois à l'intérieur, j'ai l'étrange impression de ne pas du tout être à ma place parmi cette bande de richards, venus ici pour jouer, dépenser en trois minutes la somme que je gagnerais en deux mois de salaire. Le monde est décidément injuste. J'essaie néanmoins d'avoir l'air la plus à l'aise possible, mais vas-y pour faire une tête normale quand on te propose des zakouskis de toutes les formes et de toutes les couleurs, toi pour qui les apéros ont toujours été composés de chips au paprika Lays et de saucisses Zwan. Vas-y pour rester naturelle devant les robes chic, glamour, parfaites, cousues dans les tissus les plus fins, toi qui achète tes vêtements chez H&M et Zara.
J'erre aux côtés de Freddy dans cette foule de gens, désespérément à la recherche d'un quelconque visage connu. Ca me ferait même plaisir de voir Rose, tiens. Au moins, j'aurais quelqu'un à qui parler.
La soirée bat son plein, et j'ai de plus en plus l'impression d'avoir le mot « incruste » écrit en grand sur le front. Freddy s'éloigne pour aller nous chercher à boire, me permettant d'admirer à loisir l'architecture du casino, n'ayant rien d'autre de beaucoup plus constructif à faire. Je le regarde s'éloigner, et réagis au moment où je vois une blonde l'accoster au bar. Paniquée à l'idée qu'il pourrait me fausse compagnie pour cette fille sortie de nulle part, je le rejoins et le trouve en train de parler avec...

« Alice ?! Mais qu'est ce que tu fais là ? »

Ca, pour une surprise, c'est une surprise. Comment elle a bien pu se dégoter une invitation ? Aux dernières nouvelles, elle m'avait dit qu'elle ne connaissait pas du tout Edward Fitzalan-Howard, si ce n'est qu'elle avait peut-être bien déjà entendu ce nom quelque part. Bonheur, j'ai enfin trouvé quelqu'un d'à peu près normal avec qui passer la soirée. Ou pas, visiblement. Sans m'avoir laissé le temps de poser la moindre question supplémentaire, elle s'en va. Je me retourne vers Freddy, étonnée.

« Ca alors ! Vous vous connaissez ? »

Il hoche la tête, mais son air mal à l'aise me fait comprendre que je n'aurai pas droit à de plus amples explications. Ce qui ne m'empêche pas de me poser beaucoup de questions. Sa présence ici a quelque chose d'étrange que je n'arrive pas à m'expliquer. Je décide donc de la surveiller du regard pour comprendre ce qu'elle mijote, tout en sirotant mon verre de champagne. Elle discute avec des gens qu'elle semble bien connaître, puis s'empare du bras de notre hôte et l'amène plus loin. J'empoigne Freddy pour m'approcher et voir ce qu'il se passe. Eh bien, je n'ai pas été déçue. Après une longue tirade, je la vois qui se penche sur Edward et l'embrasse. Rien que ça.

« Freddy, est ce que j'ai bien vu ce que je crois avoir vu...? »

Il semblerait, en effet. Furieuse, je fonce vers le couple, me plante devant Alice et hurle:

« Mais enfin ! Qu'est ce qui t'a pris ? Je t'ai pourtant dit qu'Edward allait bientôt se marier, non ? On peut savoir ce que tu fabr... ?! »

C'est à ce moment que la révélation que j'aurais préféré avoir une minute plus tôt m'est venue. La voilà, la raison pour laquelle elle est ici. La voilà, la raison pour laquelle elle connait Freddy. La voilà, la raison pour laquelle elle essaye de m'éviter depuis le début de la soirée. C'est tout simplement parce que la future Madame Fitzalan-Howard, c'est elle.

« Je... Et à part ça, tu ne connaissais pas du tout Edward, hein ? Pourquoi tu m'as menti comme ça, Alice ? » Et pourquoi tu ne m'as pas empêchée de m'humilier publiquement, Alice ? Ne sachant plus où me mettre, je préfère nettement évacuer ma frustration sur une victime toute choisie plutôt que d'essayer de me calmer.

« Et toi, Freddy. Tu savais depuis le début, et tu ne m'as rien dit ?! T'as gagné: Tout est fini entre nous! Bien que ça n'ait jamais vraiment commencé, au fond. »

Silence dans les alentours, une bonne partie des invités a les yeux rivés sur nous. Et c'est dans ce genre de moment que, je vous l'affirme, on regrette vraiment de ne pas pouvoir disparaître sur commande.
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MessageSujet: Re: INTRIGUE ; TOUT FEU TOUT FLAMME   Mar 1 Mar - 21:13

Ce jour n'était pas censé être particulièrement agréable, ni fort désagréable d'ailleurs, juste une journée comme les autres, un peu plus déprimante puisque l'on pouvait voir gazouiller et pulluler autour les couples, plus amoureux que jamais, exposant à la face du monde leur bonheur parfait. Je me suis toujours senti en marge de tous ces gens, ceux qui suivent le calendrier, ceux qui parviennent à réussir chaque étape d'une vie merveilleuse : études brillantes, boulot au salaire plus que confortable, mariage, acquisition d'un pavillon en banlieue, enfant, une promotion, un autre enfant, de beaux voyages autour du monde, un autre enfant, etc. Non, je ne pense pas que ma vie suivra ce schéma là. Car plus j'avance, et plus le gouffre s'étend, je n'ai absolument rien à voir avec ces gens, et j'ai fini par vivre avec. Oui, je m'en accommode, parce qu'au fond, il n'y a pas d'autre choix. Je suis parfois lucide, mais je préfère ne pas l'être trop, parce qu'il suffirait d'une pichenette pour me faire tomber, alors que chaque jour que Dieu fait, je me prends d'innombrables coups. Des coups bas, des coups tordus, des messes basses, des insultes, des humiliations. Je préfère mettre de la distance, ou j'aurais l'impression que chaque rire est moqueur, à devenir tellement paranoïaque que je finirais par me rendre à l'université avec une kalachnikov, las de voir tous ces êtres bien pensants et confortablement installés dans un système qui les favorise alors qu'ils n'ont aucun mérite, pour leur donner le châtiment qu'ils méritent. Mais bien heureusement pour eux, c'est quelque chose qui ne pourra jamais arriver. Je suis trop gentil et innocent pour ça.

_____


« Salut Frederic. Enfin, tu permets que je t'appelle Freddy ? Je me présente, moi c'est Jodie Anderson. »

Un ange parle. ME parle. Je crois rêver. La journée ne s'annonçait guère palpitante, elle était même plutôt normale d'ailleurs, entre rires moqueurs, rougissements, odeur de friture, irritabilité des clients, et celle de mon manager. Non, rien d'inhabituel, pouvant laisser présager d'un tel miracle. Dieu existe, Jésus aussi, Marie et tous les saints, ils sont là, avec moi ! A deux doigts de faire un signe de croix, elle reprend la parole, ornant l'atmosphère de son timbre mélodieux. Je ne suis pas loin de la syncope, mais ça ne serait pas très viril de tomber dans les pommes, enfin, pour le coup, dans les frites... Mais il faut dire qu'elle ne m'aide pas vraiment à garder les pieds sur terre. « Dis, je viens de me rendre compte que je ne faisais rien le soir du 14 février. Or, c'est la St-Valentin.. Alors, si tu n'as rien de prévu, t'as envie de passer la soirée avec moi ? »

Bon, reprenons du début. On rembobine. J'ai raté combien d'épisodes ? Qu'est-ce qu'il m'arrive ? J'ai été touché par la grâce divine ? J'ai reçu le saint esprit ? Je fais partie des élus ? Jodie, non, la magnifique Jodie, me demande de passer la soirée avec elle ? Non. Je n'y crois pas. C'est trop beau pour être vrai. Et pourtant, je ne suis pas en train d'halluciner, je n'ai pas pris de drogue, et je n'ai rien mangé depuis quelques heures, alors si quelqu'un avait mis une quelconque substance illicite et hallucinogène dans mon verre ou dans ma nourriture, les effets se seraient ressentis bien plus tôt. « Oh, mais j'y pense ! Le duc Fitzalan-Howard t'a invité au bal qu'il organise, non ? Tu sais quoi ? Ca me ferait très plaisir d'être ta cavalière. » Je n'y avais absolument pas pensé. Pas eu le temps, à vrai dire. Je suis trop absorbé par la contemplation de ses cils et par mes vaines tentatives de trouver une hypothèse logique à ce soudain coup du destin. Je me contente d'opiner du chef, d'un air absent. « Génial. Passe me prendre à 20H00 ! Ciao ! » Je ne réalise toujours pas, et ne bouge d'un iota. Trop tard ! Elle s'éloigne déjà, alors que j'ai à peine commencé à organiser une réponse un minimum sensée dans mon cerveau embrumé de bleu ciel et de rose, fallait s'y attendre, mais quand même. Ma déception est grande, de n'avoir pas pu articuler un seul mot. Et lorsque tout espoir était perdu...

« Euuuuh... Au fait, même si la date peut porter à confusion, je tiens à préciser que nous allons à ce bal en tant qu'amis, bien sûr. »

Mais cette précision n'anéantit pas mon état de grâce. Non. Pour plusieurs raisons : d'abord, Jodie Anderson, LA Jodie Anderson, est venue me parler. Elle m'a ensuite proposé de passer la Saint Valentin avec elle. Et elle a même été jusqu'à accepter d'être ma cavalière au bal organisé par Edward ! Si ce n'est pas le plus beau jour de ma vie, c'est certainement l'un des plus merveilleux. Il ne me reste que trente minutes de travail, en plus ! Tout est parfait, je me sens pousser des ailes, j'ai envie de chanter, de danser, de faire virevolter les sachets de frites, sortes de confettis improvisés, pour entamer un numéro de claquettes savamment préparé... Bref, la joie absolue, chose qui m'était inaccessible jusqu'alors. Je ne réfléchis pas plus longuement à l'incongruité de la situation, ni aux réelles motivations de Jodie, parce que j'ai envie de profiter de cet éclat de bonheur dans une vie bien fade jusque là, faite de frites et de vin.

_____


Elle est magnifique. Encore une fois, je suis muet, mais ça ne semble pas la déranger. J'ai juste un grand sourire que je tente d'atténuer, tant ça me donne l'air d'un benêt (en tout cas d'après mémé), mais c'est peut-être pire que mieux, étant donné que j'ai déjà fait quelques tentatives infructueuses devant le miroir, tandis que je m'habillais. J'ai sorti le grand jeu, mon plus beau costume, j'ai même été chez le coiffeur juste avant, bref, j'ai voulu mettre toutes les chances de mon côté. J'imaginais la conversation que l'on pouvait avoir, Jodie et moi, en préparant des questions et des réponses qui ne me feraient pas passer pour le dernier des idiots, mais dès que je l'ai aperçue, je ne m'en souvenais plus. Alors je me tais. A part un "Bonsoir..." timide et un "tu es vraiment très... très belle..." tombé à plat, rien ne traverse mes lèvres. Mais je bouillonne, à l'intérieur. C'est la chance de ma vie, je ne dois pas la laisser passer ! Malheureusement, je mets bien trop de temps à choisir mes mots et mes sujets de conversation, si bien qu'on n'échange pas un mot, ou presque. J'ai besoin d'un coup de pouce, de quelque chose pour me calmer. A boire ! Oui, très bonne idée ! Je pourrais étaler ma culture d'œnologue confirmé, pour entamer un sujet sur lequel je suis incollable ! Bien sûr ! Ragaillardi par cette perspective rassurante, je me dirige avec enthousiasme vers le bar. Bientôt rejoint par une blonde, qui n'est autre que la future mariée.

J'allais l'accueillir avec un franc sourire, mais à mesure qu'elle me débite ses paroles, j'essaie d'assembler le tout de manière cohérente dans ma tête, parce que je ne comprends pas ce qu'elle veut dire par "... inviter Jodie Anderson en sachant que je ne lui ai absolument pas dit pour ce que tu sais et tragiquement ce qu’elle ne devrait pas savoir ..." Je reste d'ailleurs bloqué là dessus, jusqu'à ce que Jodie arrive subitement. Alice file à l'anglaise, me laissant avec une Jodie étonnée que je connaisse Alice. Surtout que cette dernière m'a plusieurs fois fait remarquer que ma cavalière inespérée d'un soir était particulièrement fatigante, quand elle s'y mettait. Pour éviter tout dégât collatéral, et pour ne pas m'enfoncer dans un marasme qui était pour moi aussi très trouble, je me contente de hocher la tête, en me posant toutes les questions du monde. Elle m'entraîne dans sa tentative d'espionnage, observant Alice et Edward se parler... Donc Jodie n'était absolument pas au courant. Ils s'embrassent, occasionnant la fureur d'une jeune femme qui n'avait plus grand chose à voir avec un ange... La révélation me vient, un peu avant qu'elle même ne comprenne tout. Jodie est amoureuse d'Edward. C'est pour ça qu'Alice se plaignait tant de leur amitié, et des difficultés qu'il y avait pour elle, le fait qu'elle devait cacher sa relation avec Edward, jusqu'à supprimer Jodie de ses amis ! Je n'avais pas compris, à l'époque, ou alors, je ne voulais pas comprendre. Jodie était folle d'Edward. Et Alice ne lui avait absolument rien dit. Je sors de notre "cachette" pour les rejoindre tous les trois, souhaitant calmer Jodie, mais ne trouvant absolument aucun moyen de le faire. Surtout lorsqu'elle me balance à la figure sa colère, subissant au passage une douche froide très désagréable. Si ce n'était que ça. Mais l'attention est désormais rivée sur nous, et comme à chaque fois dans de pareilles circonstances, je me mets à rougir, incapable de prononcer un mot. Je ne m'excuse pas, je n'essaie pas d'arranger les choses avec Jodie, j'en suis incapable, même un "désolé" ne sortirait pas de ma gorge.

Et dans cette atmosphère plus que tendue, électrique, une odeur de brûlé vient chatouiller les narines.



Dernière édition par Frederic A. O'Connor le Mer 23 Mar - 22:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: INTRIGUE ; TOUT FEU TOUT FLAMME   Ven 4 Mar - 15:19

Jeudi. Un jour chargé pour Rose, dont les cours ne sont certes pas excessivement nombreux mais condensés sur quelques journées stratégiques de la semaine. Le jeudi est donc un de ces jours là, où entre Histoire contemporaine et Etudes des civilisations antiques, la jeune femme n'a pas beaucoup de temps à elle. Elle consulte son Blackberry au détour d'un couloir et voit s'afficher un message de sa nouvelle connaissance, le messire Faure. Elle en fréquente du beau monde la petite Foster, enfin façon de parler, elle ne connaît pas tellement Tristan. Toujours est-il que les lettres affichent bel et bien la phrase suivante « Je crois que je nous ai trouvé un truc à faire samedi, en tout bien tout honneur of course. » La brunette esquisse un sourire, on ne peut pas dire que ce qu'elle sache de Tristan Faure puisse se résumer au bien et à l'honneur...

Sa route croise toutefois celle de Jodie Anderson, le prototype de la blonde peroxydée avec un exemplaire de Closer à la place de la matière grise et une garde-robe de Barbie sur les trottoirs... Méchante Rose? Oh si peu, si peu... L'agaçante jeune fille l'aborde avec une hypocrisie mielleuse et ô combien mal maîtrisée. Tout le monde ne peut pas avoir le mensonge et la dissimulation dans le sang. Mesquine, l'étudiante en histoire glisse un mot au sujet de la soirée à laquelle elle vient de se faire inviter, sachant pertinemment que la blonde est une véritable groupie du Duc mais qu'elle ne pourra jamais aller à la fête... Bien qu'elle s'évertue à faire croire le contraire...

Le jour venu, en pianotant sur son ordinateur pour régler les derniers détails avec Tristan sur Facebook, Rose se demande donc si l'insupportable peste a trouvé un moyen de s'infiltrer à la soirée des Fitzalan-Howard. Cela ne l'étonnerait pas plus que ça, cette fille désire désespérément se faire remarquer par son amour fantasmé. Ou se faire remarquer tout court même... La demoiselle enfile une robe bustier beige Burberry, que sa mère lui avait acheté il y a quelques temps. Pas complètement démodée, mais peut-être déjà vue, la tenue lui va toutefois comme un gant. Elle possède peu de robe chic, mais fort heureusement son pragmatisme inouïe lui permet d'avoir la bonne robe pour la bonne circonstance. Etre toujours prête et ne pas se laisser surprendre.

Quelques traces de poudre, traits de crayon et fard à paupières plus tard, Rose farfouille dans les tréfonds de sa penderie pour trouver la paire de chaussures, qu'elle possède sans doute mais sur laquelle elle n'arrive pas à mettre la main. Une fois parée de cet indispensable accessoire pour arpenter les rues, elle fourre téléphone, portefeuille et clé dans une pochette, enfile un manteau, qui se trouve être de la même marque et de la même couleur que sa robe par un heureux hasard et quitte finalement son appartement. Elle sera certainement en retard, mais il faut dire que le fin mot de l'histoire a été réglé au dernier moment. Et puis c'est chic, non?

Une fois devant le casino, elle sort un petit carton que lui a envoyé Tristan la veille puis s'avance vers les grands gorilles qui gardent l'entrée. La jeune femme leur sert un sourire aimable, auquel on ne lui répond que par des visages fermés. Chouette, belle ambiance. Elle laisse son manteau à la blonde du vestiaire, qui s'avère déjà plus sympathique. Rose n'a jamais mis les pieds dans le casino des Fitzalan-Howard et les lieux sont finement décorés, pas trop tapageurs, assez élégants. C'est assez étrange, on ne peut pas vraiment classer cet endroit dans une catégorie de décoration. C'est une sorte de mélange, de neutralité indéfinissable. En n'y prêtant pas attention, cela ne dérange pas mais pour les yeux entraînes de Rose Foster, il lui semblait que quelque chose cloche.

Les gens sont hypocrites, faussement souriants et véritablement opportunistes. Combien sont là pour des raisons financières ou sociales? Combien sont vraiment là en amoureux? Combien détestent Edward et Helena? Un petit sourire franchit les lèvres de l'étudiante quand elle voit quelques têtes connues. Noé Spencer, elle ne s'y attendait pas à ça. Quoique, il doit photographier assez de filles en petite tenue pour être invité à ce type d'événements. En passant à côté de lui, elle effleure sa main et lui glisse un sourire en coin, en souvenir d'un jeu passé et par ennui.

Mais Rose a vu Christopher Mac-Adam et c'est vers son énergumène d'ami qu'elle entend se diriger. C'est apparemment la duchesse en personne qui vient de le quitter. Aurait-il revu à la hausse ses critères en matière de femmes? Cela étonnerait beaucoup la petite brune, mais sait-on jamais... Elle attrape une coupe de champagne qui a la bonne idée de passer par là et fond derrière son ancien camarade et lui souffle quelques mots à l'oreille.
« Alors on préfère les bourgeoises maintenant? T'as raison, c'est plus classe que Suzi avec un i »

Plaisanterie un peu recyclée, mais vu le mortel ennui qui semble s'abattre sur l'assistance, c'est toujours mieux que rien. Et puis il faut bien entamer la conversation, c'est là l'essentiel. Rose n'a pas le courage d'affronter cette foule de charognards en jupes et costards sans un peu de champagne dans le sang et une discussion un tant soit peu amusante. Un peu commère, la jeune Foster jette un regard vers une silhouette blonde bien connue en pleine agitation face à un Duc morne, une fille canon et un rouquin. Belle scène, un peu surréaliste et qui s'annonce prometteuse.
« Je rêve ou la petite Jodie nous tape un scandale? Aurait-elle découvert que le Duc Fitzalan-Howard ignore jusqu'à son existence et sort avec une autre fille? »

Elle ne sait pas si Chris connaît la petite peste qui cause bien des murmures dans l'assistance, la brunette lui pose donc la question et s'apprête à lui en dresser un portrait au vitriol le cas échéant. Cette soirée promet d'être riche en rebondissements... Et c'est alors qu'elle note la présence de son cavalier, qui pimente la conversation au sujet de la groupie du Duc d'une remarque bien sentie. La jeune femme rit, présente rapidement les deux garçons et laisse la conversation défiler, Jodie Anderson se révélant un sujet idéal pour lier entre elles quelques mauvaises langues.

Rose tourne alors la tête brusquement, les narines titillées par une odeur bizarre. Une porte adjacente est ouverte et une lumière semble allumée dans une salle secondaire. Une lumière mouvante... Il se passe des choses louches, ou alors la troisième coupe de champagne que la jeune femme boit sans s'en rendre compte a des effets hallucinogènes...


Dernière édition par Rose M. Foster le Sam 5 Mar - 15:24, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: INTRIGUE ; TOUT FEU TOUT FLAMME   Ven 4 Mar - 15:24

Retour aux soirées mondaines, et ce sans Calliope cette fois-ci, cela me semble étrange et pourtant la meilleure chose à faire. L’oubli de son départ par l’alcool, ne m’avait offert qu’un violent mal de crâne, quant à la solitude que je m’étais imposée, en évitant la faculté on ne peut pas dire qu’elle ait eu comme une bonne influence sur mes notes du semestre. Tristan Faure, brillant élève en philosophie, préférant passer ses nuits en compagnie d’inconnues, crachant sur l’espèce humaine, s’attirant la peine et la consternation de sa propre sœur. Beau tableau. Jamais je ne me suis senti aussi loin d’elle, Laureline ne me reconnaît pas, et derrière ses airs assurés et les sourires qu’elle déverse, je lui fait sans doute peur. Le passé à de sales tendances à se répéter, dans mon cas, il vaudrait sans doute mieux l’éviter. Ce soir c’est Edward Fitzalan-Howard qui invite, je ne peux sciemment pas manquer ça.

Le problème de la cavalière est toujours le même, les ajustements parfois douloureux, je n’allais pas déroger à la règle en invitant Caroll-Ann, cavalière logique et prédestinée, mais plutôt une inconnue au bataillon de mondains que constituent mes connaissances. Rose Foster, compagne de beuveries étudiantes, adepte des commérages et des plans foireux, un peu de nouveauté en somme, n’en déplaise. Facebook nous avait accordé, pour ce qui était des invitations, en revanche j’en avais fait mon affaire. Costume enfilé, cravaté nouée, je rejoins Rose au casino, ou déjà, l’étudiante semble se sentir à son aise, naviguant vers un acteur dont je n’aurais pas su définir la filmographie pour plaisanter bruyamment. J’offre un sourire au jeune homme en guise de salut, bien que de toute évidence, son existence ne me soit pas d’un grand intérêt. Sa cavalière en revanche étire mon sourire et je fais tinter ma coupe contre la sienne.

« Encore un acteur, tu les collectionnes, dis moi tu étudies le droit ou l’art dramatique, on ne te voit pas tellement à la fac en ce moment. » Sourire, j’avale une gorgée de ma coupe avant d’ajouter sur le ton de la confidence. « J’ai été acteur moi aussi, dans le porno. » Je ris puis boit une nouvelle gorgée, avant d’entendre pas très loin de nous un sarcasme fuser sur les pornstar français. Apollon est donc ici, et une fois de plus en train de se chamailler avec l’organisateur de la soirée. Inséparables. Le duc s’avance vers nous, probablement suivit par le coup de poing ou de boule de MacNeil qui menace, pour ne pas changer les bonnes vielles habitudes. « La pornstar française en question à les oreilles qui sifflent, comme tout le monde ici je suppose. » Je prend un faux air las, admirant la scène de complicité fraternelle touchante, que nous offrent le duc et sa petite sœur, avant que celui-ci ne disparaisse une nouvelle fois. Je soupire après avoir vidé ma coupe, manquant de recracher le contenu sur la robe d’Helena quant une folle se met à hurler devant toute l’assemblée. Les explications de Rose suivent, il s’agit de Jodie Anderson. Nom qui me dit quelque chose, blonde probablement déjà croisée à une soirée quelconque, et tragiquement éprise du duc, apparemment. Je ricane.

« Il semblerait, je m’étonne même qu’elle ait été invitée, le rouquin n’est il pas d’ailleurs serveur au Macdonald ? Vous laissez entrer des gens bien étranges à vos soirées mondaines… » Haussement de sourcil, j’attrape le bras de Rose et lance joyeusement. « J’ai d’autres gens à te présenter, tu me suis ? » Je ne lui laisse pas vraiment le temps de répondre et l’entraîne ailleurs, en piquant deux coupes pleines sur le plateau d’un serveur. Erin est seule et je hausse un sourcil, se serait elle amenée ici sans cavalier, ou l’aurait il plantée pour une autre. « ERIN. Que fait une jeune femme aussi prisée que toi, seule sans cavalier ? Rose je te présente son éminence Erin, grande philosophe, un peu mégalo, mais tout à fait sympathique, bonne descente aussi, pour entrer dans les détails les plus glorieux. » Mon regard se pose alors sur l’entrée ou cette fois je vois apparaître Léandre et Caroll-Ann, au bras l’un de l’autre, triste spectacle, quant on connaît les rapport de ma sœur avec le gendre idéal et la réputation de la féline Caroll-Ann à ce genre de soirée. « Incident diplomatique, pas vraiment joli à voir, je règle ça et je reviens. » Rapide échange de textos avec Laureline, je négocie une entrée théâtrale de ma grippée de sœur qui trouvera sans aucune doute la force d’enfiler une robe superbe pour aller récupérer celui qui aurait sans doute du être son cavalier. Je m’avance vers Léandre et Caroll-Ann et ne prend pas la moindre pincette. « Vous deux ensemble ? Dîtes moi seulement par quel sinistre hasard cette association infâme a pu se produire…Caroll-Ann, les robes aussi échancrées te vont toujours à ravir, tu me suis une minute ? » Je l’entraîne à l’écart et lui lance d’une voix sérieuse. « Ne me dis pas que tu t’es mis en tête de dépraver Mr Perfect. » Je dépose un baiser sur la joue de Caroll-Ann, avant de la rendre à ce que je ne peux pas décemment appeler son cavalier. Peut être aurais-je du finalement l’inviter. Alors que je tente de rejoindre Rose et Erin, je croise Apollon visiblement échaudé par sa conversation avec le duc suivi de près par Lolita. « Apollon Lolita ! je ne pensais pas que vous vous connaissiez. Je suis au courant pour les insultes sur les Pornstar, je compatis honnêtement. » Regard amusé, je les embrasse chacun leur tour avant de rire. « Deux filles m’attendent un peu plus loin, ce serait mal poli de les laisser seule, mais vous pouvez toujours venir boire un verre avec nous. »
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MessageSujet: Re: INTRIGUE ; TOUT FEU TOUT FLAMME   Dim 6 Mar - 15:30

14 février. Date à la con. Une date à la con de plus dans le calendrier. Mais celle là plus particulièrement. Connerie de Saint Valentin. Commercial, inutile, ridicule. Oui, vous l'aviez compris, cette date était pour moi d'un ennui profond. J'avais passé la dernière semaine à me préparer mentalement à devoir, "officiellement", passer cette date en couple. Bon sang, j'y prenez sérieusement sur moi avec Nolan. Je ne voulais qu'une chose : m'en débarrasser. Une bonne fois, pour toute. Il n'avait rien en commun avec les gens que j'aimais. Il n'était pas méchant, il semblait avide de liberté sans l'être, il ne me blessait pas, il était incapable de me garder. Autrement dit, pas pour moi. Mais briser son petit cœur était un passe temps amusant. Plaisanterie qui, d'ailleurs, avait assez duré.

Allongée sur mon lit, boxer et tee-shirt informe, j'attrapais mon téléphone et envoyait un texto à mon "petit ami". Accusé de réception, soupir de satisfaction. Joyeuse Saint Valentin Nolan ! Je n'avais absolument aucun remords à faire ça. Bien au contraire en faites. Briser son petit cœur n'est qu'un jeu. Un jeu de plus. Je suis une salope, je sais. Et je l'assume parfaitement. Sérieusement, soit il était vraiment atteint, soit vraiment accro. Je penchais pour une sinistre association des deux. J'avais été distante, froide, j'avais disparue pendant deux mois sans donner de nouvelles, j'étais revenue du jour au lendemain sans l'en avertir... Et non, il n'avait pas compris le message. Ce 14 février était censé définitivement l'achever. Et j'espérais que ça soit le cas d'ailleurs. Non mais.

J'appelais Conchita et lui demandais de me monter un thé avant d'aller chercher ma robe pour ce soir. Le duc organisait une soirée au casino et j'y étais conviée. Bien sur, pour l'occasion, je me devais d'être superbe. Parfaite. Et j'avais exactement ce qu'il fallait pour ça. Une robe Valentino haute couture délicatement échancrée, beige. Superbe. Mais pour le moment, ma robe se trouve toujours chez le couturier qui y apporte les dernières retouches pour qu'elle soit vraiment bien ajustée. Rien d'intéressant me direz vous, je fais refaire des détails. Mais tout de même. Une Jenzell se doit d'être parfaite en toutes circonstances et je compte bien briller en ce soir du quatorze février. J'entends Ludwig qui rentre alors que Conchita se prépare pour aller chercher ma robe. Très honnêtement, je pense qu'elle doit craquer pour le couturier, cela fait des semaines qu'elle y va elle même. Avant, elle se contentait d'y envoyer Ludwig. Ou alors c'est Ludwig qui s'est tapé le couturier avant de le virer sans façon, ce qui a inévitablement crée des tensions. A réflexion, je ne sais pas si je préfère que ça soit ma femme de ménage ou mon frère qui se tape le mec qui refait mes robes. Chassons plutôt ces pensées de mon esprit, voulez-vous ?

Fermant la porte de ma chambre, je lance le dernier CD de Green Day sur ma chaîne Hi-Fi. Volume poussé à fond, je m'attarde sous la douche, chantant en cœur avec Billie Joe Amstrong. Putain, ce que j'aime ce mec, ce que j'aime ce groupe. Je m'attarde sous la douche, profitant du contact de l'eau chaude sur ma peau et du parfum de mon gel douche. Conchita frappe à la porte, me signalant que ma robe est prête et je m'arrache à regret à mon paradis embué. Brushing, crème en tout genre et me voilà fin prête à m'habiller. Ma robe est parfaite. Divine. Elle plaira, je le sais, je le sens. Maquillage, coiffure et me voilà parée. Mon cavalier ne devrait plus tarder. Je descends attendre au salon, m'emparant au passage de mon étole dorée pour agrémenter ma tenue beige. Je me suis surpassée aujourd'hui. Je veux être rayonnante. Et je le serais. Voilà Léandre d'ailleurs, très élégant, comme toujours. Échange de bises puis nous voilà en route pour le casino d'Edward. Nous n'échangeons que très peu sur le trajet. Je me demande ce qu'il a en tête. La réaction de Laureline sans doute. J'avais été assez surprise, d'ailleurs, que ces deux là n'aillent pas à cette soirée ensemble. Mais bon. Tristan m'ayant, encore, laissé tomber, je ne pouvais décemment pas me pointer au bras de mon frère. Nolan était hors course, Emrys non envisageable après la débâcle d'Halloween et Enzio déjà vu. Le choix de Léandre, petit frère de notre très regrettée Calliope, était donc parfaitement judicieux. Et sans trop de risque, si l'on en croyait sa réputation. Il suffirait de quelques sourires et la soirée passerait rapidement. Je n'en doutais pas, d'ailleurs.

La salle me semble déjà comble alors que nous nous fondons dans la masse. Au bras de Léandre, j'observe ce qui se passe autour. Soudain, Tristan fond sur nous comme un aigle sur sa proie. « Vous deux ensemble ? Dîtes moi seulement par quel sinistre hasard cette association infâme a pu se produire…Caroll-Ann, les robes aussi échancrées te vont toujours à ravir, tu me suis une minute ? » Wow. Visiblement Miss Faure n'était pas hors course et mon cavalier ne plaisait pas à mon meilleur ami. Que cela lui serve de leçon pour ne pas m'avoir accompagner. Il m'entraîne un instant à part. « Ne me dis pas que tu t’es mis en tête de dépraver Mr Perfect. » « color=hotpink]J'avais besoin d'un cavalier. Rien d'autre. Ne viens pas me parler pour laisser le champ libre à ta sœur. Tu sais très bien que j'avais besoin d'un cavalier comme Léandre.[/color] » Ma voix est sans appel. Oui, je lui en veux. Un peu. Tristan dépose un baiser sur ma joue et je viens rejoindre Léandre. « color=hotpink]Je suis persuadée que Laureline ne va pas tarder à faire son apparition. En attendant... tu me fais danser ?[/color] » Je m'apprête à donner ma pochette à une préposée au vestiaire quand mon téléphone sonne. Texto. De Nolan. Qu'est-ce qu'il veut encore celui là ? Je lis rapidement le texto, étouffe un léger rire et le montre à Léandre. « Pitoyable... Enfin, allons danser ! » Mission réussie. Avec un peu de chance, je vais même pouvoir m'amuser.


Dernière édition par Caroll-Ann Jenzell le Sam 26 Mar - 23:28, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: INTRIGUE ; TOUT FEU TOUT FLAMME   Mar 8 Mar - 23:13

Je sais par avance, et de manière déterminée, que cette soirée n’emportera rien de bon. Je sais que quelque chose se passe, qu’un tournant s’opère, mais je n’y peux rien. C’est plus fort que moi. L’incroyable envie de faire scandale n’est motivée que par un espoir criant : celui que Cally, perdue dans son monde de bisounours à l’autre bout de la planète, jette un œil aux derniers potins d’Oxford et réalise Ô combien son départ a eu des conséquences néfastes. Je ne suis même pas persuadé d’avoir envie qu’elle revienne, j’ai juste envie qu’elle souffre. Terriblement égoïste et indigne d’un grand frère protecteur que jadis je fus, je n’ai aujourd’hui qu’une funeste obsession, retourner la douleur qui m’a été infligée.
Je n’ai pas la prétention de croire que ma présence ici sera commentée aux divers journaux télévisés du monde, mais je sais d’intime conviction que Calliope regarde toujours le blog des TroubleMakers, et que ma venue ici avec Caroll-Ann ce soir ne restera pas ignorée.
L’évidence aurait voulu que j’invite la sœur de mon meilleure amie plutôt que sa propre meilleure amie, mais la jeune femme ne semblait pas particulièrement charmée par le fait de venir. Qui sait, peut être sera-t-elle là ce soir, mais mon obsession franche pour la douleur ressentie depuis des semaines obsèdent le moindre recoin de mon esprit, me bloquant l’accès à toute autre forme de réflexion. Se faire voir, tomber dans l’excès, souffrir moins ou plus, tout l’enjeu est là, simple et réducteur. Je la déteste autant que je déplore son départ. Je l’aime autant que je ne veux plus jamais la voir. Ma sœur a toujours fonctionné de la même façon, mais jamais encore ne m’avait-elle juste abandonné, sans autre forme de procès, sans nouvelle, sans rien. Rien du tout. Pas un signe de vie, pas une lettre, pas un texto, un appel. Elle aurait aussi bien pu être morte que je n’en aurais pas su plus.

Ma mère monte dans ma chambre aux alentours de 18 heures, les traits tirés par la fatigue. Elle ne s’inquiète plus, elle sait que Cally est chez une tante. Pas par elle directement, bien évidemment, mais par la tante. « Tu te prépares, mon chéri ? » Je hausse une épaule, la franche démotivation se laissant lire sur mon visage. « Je n’en ai pas pour longtemps. » Elle effleure des doigts le costume Hugo Boss que je me suis payé un peu plus tôt dans la journée, qui a coûté une fortune et qui est accroché, emballé, au porte-manteau qui trône à côté de mon lit. « C’est un excellent choix… » Elle pose sa main sur mon épaule, sachant très bien que je prends toujours ce genre de remarques à cœur. Bien entendu, je sais déjà que le choix est bon. Je sais que n’importe qui serait fantastique dans un costume pareil. Mais l’entendre me conforte. « Merci Maman ». Je planque d’un coup de coude violent le journal qui, posé sur mon lit, laisse apercevoir un certain nombre d’appartements disponibles et entourés en rouge. J’espère déménager, si je trouve un endroit convenable. Mais pourtant, je préfère qu’ils l’ignorent.


Il est 20 heures piles lorsque je sonne à la porte de Caroll-Ann, qui visiblement était déjà prête puisqu’elle apparait immédiatement sur le perron. Ravissante ne serait pas même un mot suffisant pour la décrire à ce moment là : Caroll-Ann est sublime. Une beauté rare, brute, travaillée, pesée. La beauté de Laureline est différente : elle est pure, involontaire. Je ne peux cependant m’empêcher de remarquer que Tristan s’entoure toujours des plus belles femmes de ce monde, et me demande comme il fait. Nous échangeons une bise rapide, les quelques banalités d’usage, puis retournons camper la limousine qui nous déposera devant le casino. Je n’ai pas fait les choses à moitié, nous méritons ce qu’il y a de mieux et prendrons donc ce qu’il y a de mieux.

Nous entrons dans le casino un petit moment plus tard. Les gens sont déjà là, s’affairent, dansent, mangent, se retrouvent. J’aperçois d’ores et déjà des têtes qu’il m’est plus ou moins agréable de voir, mais pas de trace apparente ou directe de Laureline. L’idée m’inquiète bien plus que ce que je ne veux m’avouer. Je sais qu’elle serait déçue, très déçue, si elle me voit ou me sait ici, or mon but n’étant pas de passer inaperçu, je sais que l’inévitable se produira rapidement.

C’est Tristan qui nous saute dessus le premier, à peine sommes-nous en train de nous débarrasser de nos affaires. « Ne fais pas comme si l’idée te semblait à ce point choquante, tu es le premier à vouloir m’emmener dans les recoins sombres de ton monde de débauche », réplique-je à Tristan, sans aucune once d’humour, mais plein de sincérité. Son idée toujours suggérée avec le comique nécessaire a fini par me séduire au-delà de ce que j’aurais pu imaginer. Il m’arrache un instant ma cavalière, normal, c’est elle qu’il faut mettre en garde. Dans cette histoire et selon mon cher meilleur ami, je ne suis que la proie faible et en danger. Il peut bien penser ce qu’il veut, pour être franc, je m’en fiche. Je stoppe un serveur qui met un verre à ma disposition, visiblement pas un truc transcendant ni fort ; c’est parfait. J’attends que Caroll-Ann revienne pour que l’on se débarrasse de nos affaires. La vue de Tristan la contrarie sans doute un peu, ce qui m’amène à m’interroger sur la nature des sentiments qu’elle lui porte. Je passe au dessus, une fois de plus, peu m’importe. « Tristan a dit que sa sœur venait ? » Elle s’apprête à donner son sac lorsque son portable s’anime des frasques de son ex, qu’elle veut visiblement oublier. « En voilà un qui te semble bien accroché », je ne peux m’empêcher de remarquer. Je sais que Tristan se moque facilement de Nolan mais ne le connaissant pas personnellement, je ne me prononcerai pas sur la chose. « Le gratin est là ce soir, il doit se sentir particulièrement mal. Et il le sera encore plus en voyant comme tu étais charmante ce soir. » Simple constatation, qui n’a aucune nuance. Elle me demande de l’emmener danser, ce que je fais sans me faire prier. « Bien entendu, si tu veux bien m’accorder cette danse ». Je prends sa main et l’entraine, jetant des coups d’œil discrets autour de nous. Edward est là – évidemment, et sa très chère sœur aussi, ce qui me déstabilise pour une demie-seconde. Toujours pas de signe extérieur de Laureline, je souffle un peu. Je ne veux rien laisser paraitre, par peur d’être inadapté, blessant, ou de passer pour un idiot, mais si Tristan semble si sceptique et presque inquiet, c’est sans doute qu’il en sait plus qu’il n’en laisse paraitre. Secouant la tête, revenant à des pensées moins angoissantes, je m’arrête au milieu de la piste de danse et entoure ma cavalière de mes bras pour la faire danser, comme prévu. Cette fête me semble d’autant plus désuète et stupide que l’amour a tout juste quitté ma vie en même temps que ma sœur.


Dernière édition par Léandre T. Von Brezen le Dim 27 Mar - 20:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: INTRIGUE ; TOUT FEU TOUT FLAMME   Dim 20 Mar - 23:01

L’utilité de la saint Valentin m’avait toujours parut assez limité. Les filles se faisaient belles, les garçons se ruinaient et les commerciaux s’enrichissaient. C’était à peu près tout. Je ne l’avais jamais fêté. J’avais toujours rompu avec mes petits amis le 13 février et repris la relation le 15 pour éviter ces idioties. Le 14 février était une date bidon et inutile. Et pourtant, pour la première fois de ma vie, je m’apprêtais à aller à une soirée pour cet événement. Mais pas n’importe quelle soirée. Celle d’Edward Fitzalan-Howard, riche de service à Oxford, gamin dépressif, alcoolique et insupportable. Certes, peu de choses étaient supportables de mon point de vue dans cette ville mais tout de même. A mon habitude, je jugeais les gens sans les connaitre. La seule chose que je savais sur lui était sa relation avec Alice Anderson et je comptais m’en servir.

Les Troubles Makers m’avaient donné une mission et j’avais tout prévu. « Embrasser un homme en couple ou en phase de l’être ». Parfait. Une mission à ma hauteur. Pour donner un peu de grandiloquence au défi, j’avais décidé de la mener à bien avec notre hôte, Fitzalan-Howard, une fois acceptée, si je l’étais, dans la bande des TM, je pourrais railler allègrement la Porsche de celui qui deviendrait certainement un de mes pires ennemis. On apprenait beaucoup de choses au Mc Do, ce petit serveur, Frederic, avait la langue bien trop pendue, et cet Edward attirait beaucoup trop l’attention en demandant des chicken dips au lieu de nuggets. Pour une commère comme moi, savoir qui était dans son cœur avait demandé environ un quart d’heure. Dommage pour lui, sa soirée serait un fiasco.

Ma tenue avait été aussi l’objet d’une réflexion intense. Comment me faire remarquer le plus possible ? Sans évidemment sombrer dans le ridicule ou le simple moche. En passant devant un petit magasin, je trouvai la réponse à sa question : une robe longue bustier bleue nuit accompagnée d’une veste courte argentée et d’un sac de la même couleur. Parfait.

Le jour de l’évènement, je mis la robe en question, laissai mes cheveux tomber sur mes épaules et ajoutai quelques bijoux : des pendants d’oreilles et un collier assorti en argent. Une paire d’escarpins et un passage par la case « maquillage » plus tard, j’étais fin prête. J’attrapais mon sac, mis une petite brosse à cheveux, un paquet de cigarette, mes clés et un peu d’argent dedans, et sortit de l’appartement que je partageais avec Stephanie. Une demi-heure plus tard, un taxi me déposait devant le casino. Je respirais à fond et m’approchais.

Quelqu’un vérifiait les invitations à l’entrée. Merde. Je n’avais pas pensé à ça. C’est alors que je le vis. Edward. Il était seul. Tant pis. Alice serait dans le coin et ne pourrait rater ce qui allait se passer. De toutes les façons, personne ne le raterait. C’était absolument hors de question. Je m’avançais vers l’entrée. Lorsque le portier me demanda mon invitation, je le regardais d’un air hautain et lui dit :

« Je dois voir M. Fitzalan-Howard, et je le verrais même si vous tentez de m’en empêcher, je ne vous conseille même pas d’essayer. »

J’avançais donc, et me dépêchait d’aller me planter devant Edward avant que quiconque n’ai eu le temps de m’en empêcher. Je vérifiais que tout le monde me regardait. Oui. Manifestement ils savaient tous pour Alice et Edward, ils les avaient vu ensemble et se demandaient maintenant qui était cette nouvelle jeune femme. Je suis Lucy mes chéris, regardez moi bien, vous risquez d’entendre parler de moi.
Je m’approchai alors un peu plus, je me penchai, et j’embrassai Edward. Il avait l’air très surprit et ne bougea pas pendant quelques instants avant de commencer à se débattre. Je reculais alors un peu, jetais un regard autour de moi et dis d’une voix forte :

« Alors. Tu as honte de moi maintenant ? Amusant quand on y pense. Très amusant. Où est ta chérie ? Il faut que je lui parle. Ah mais ne me regarde pas comme ça. Tu sais très bien ce que tu as fait. Non, je ne suis pas une mythomane folle, même si c’est que tu vas essayer de faire croire à tout le monde pour reprendre un peu de contenance. »

Je me redressais et le regardais comme si j’étais infiniment supérieure à lui. Chose absolument stupide. Il levait un petit doigt et je n’avais pas le temps de finir ma réplique. Je bluffais totalement. Est-ce qu’il s’en rendrait compte ? Je comptais sur la chance pour cela. Je décidai de continuer mon plan, malgré les nombreux vigiles présents. Edward ne dut pas vraiment comprendre comment ni pourquoi, mais trente secondes plus tard, la marque de ma main était imprimée sur sa joue. Oups. Un peu fort. Tant pis. Ça en rajouterait au côté scandaleux de l’histoire.

« Ne me regarde pas de cet air innocent Edward. Je suis enceinte. ENCEINTE tu m’entends. Tu comprends ce que ça veut dire ? Je vais te le dire moi. Ça veut dire que j’ai un mini Edward dans le ventre. Et tu OSES te pavaner avec cette Alice. Malin. C’est la dernière fois que tu me vois mon vieux, mais garde sur ta conscience cet enfant. »

Je me retournai et regardai tous les regards fixés sur nous. Mon défi devrait être considéré comme réussi par les Trouble Makers. Du moins je l’espérais. Je ne savais pas qui était dans cette bande, et il suffisait qu’Edward ou Alice y soit pour que mes efforts aient été inutiles. Je relevai la tête et je sortis. Partir seule avant de me faire chasser par les vigiles était vraiment une bonne idée. Au passage je repérais Alice dans un coin du hall. Dommage chérie, c’est la vie. Une fois dehors, je montais dans un taxi. La soirée avait été bien remplie. J’envoyais un sms au numéro de contact des Trouble Makers, « Alors, vous avez entendu parler de moi ? ».
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MessageSujet: Re: INTRIGUE ; TOUT FEU TOUT FLAMME   Sam 26 Mar - 11:03


Deux jours plus tôt...

Allongée dans notre lit, je poussai un soupir d'exaspération. Bon sang, mais où se trouvait Darcy ? Sortant de celui avec pour seule tenue les sous-vêtements affriolants que j'avais achetés et enfilés spécialement pour lui, je me dirigeai en direction du salon, à la table duquel il s'était installé, des tas de papiers sous le nez. Je levai les yeux au ciel. Sûrement des contrats qui valaient des millions, et qui, selon mon très cher époux, ne pouvaient pas attendre. Qu'à cela ne tienne, ils attendraient ! J'avais de bien meilleurs projets pour lui ce soir. M'approchant d'une démarche qui se voulait féline, je m'installai à côté de Darcy – non sans l'avoir au préalable observé une nouvelle fois pour voir s'il avait remarqué la façon dont j'étais (peu) vêtue. Posant une main sur sa cuisse, je déclarai, tout en soupirant :

« Je m'ennuie, Darcy. »

Il me connaissait par coeur et il savait que, lorsque je prononçais ces mots, j'attendais de lui qu'il m'occupe – ou qu'il me fasse l'amour, si vous préférez. Ma main remontant le long de sa cuisse, mes lèvres se déposèrent dans son cou, sur lequel je déposai de légers baisers. Si mes mots, eux, n'étaient pas assez clairs, mes gestes, eux, le seraient. Posant sa main sur la mienne, Darcy retira celle-ci de sa cuisse, avant de s'échapper de l'emprise de mes lèvres.

« Miranda, » souffle-t-il, l'air visiblement très agacé. « C'est pas le moment. »

Quel rabat-joie.Je soupirai, agacée, et surtout vexée d'être traitée de la sorte. Ainsi, ces contrats comptaient plus que moi ? Jamais, Richard ne m'aurait repoussée de la sorte. Pas que je dise que ses sentiments pour moi étaient plus forts que ceux de Darcy, non... Mais sexuellement, au moins, j'avais été comblée avec lui. Ce qui était bien loin d'être le cas avec mon tendre époux.

« Si t'étais pas aussi con, je finirai par croire que je suis vraiment repoussante. »

Ce qui, entre nous, était loin d'être le cas, et je le savais pertinemment puisque bon nombre d'hommes savaient apprécier ma beauté. A vrai dire, la plupart des hommes le faisaient, sauf peut-être Darcy. Quelle ironie du sort. J'avais probablement épousé l'homme le plus con et le plus aveugle de cette fichue planète. Soupirant de nouveau, je cherchai un moyen de distraire Darcy – n'importe lequel. Non pas que j'avais encore envie qu'il me fasse l'amour, non – vu comment il venait de me traiter, il pouvait toujours courir – mais plutôt parce que j'avais besoin d'attention. Comme toujours. Je détestais être mise de côté, et surtout être ignorée comme il le faisait. Il n'avait rien répondu à ma remarque, et avait replongé son nez dans la pile de papiers qui s'étalaient sur la table. Me redressant, et me penchant vers ceux-ci, je vis, posé un peu plus à l'écart, un papier qui attira mon attention. C'était, à vrai dire, un carton d'invitation pour la soirée de Saint-Valentin qui se tiendrait au Casino Fitzalan-Howard. Cet endroit, je n'y avais été qu'une seule fois et ce, après la mort de Richard. Je me rappelais encore avoir claqué une somme plutôt conséquente dans les différents jeux. Contrairement à ce qu'on aurait pu croire, ça m'avait fait un bien fou. Ca m'avait permis d'oublier, le temps d'une soirée, que toute cette aventure était terminée et que, jamais plus, je ne verrai Richard. Reposant l'invitation sur la table, je demandai à Darcy :

« T'as prévu quoi, pour la St-Valentin ? »
« Miranda, tu crois franchement que c'est le moment de- »
« Oh, mais laisse ces contrats de côté, veux-tu ? »

Tout en parlant, je m'installai sur la table, en profitant pour exhiber mes sous-vêtements qui m'avaient couté une petite fortune sous le nez de Darcy. Lui lançant un regard malicieux, je repris :

« Alors, cette St-Valentin ? »
« Diner, et on passerait le reste de la soirée ici, je suppose. »
« A faire l'amour ? »
« A faire ce que tu veux Miranda. On fera ce que tu veux », répondit-il, l'air visiblement de plus en plus agacé par mon attitude. Un sourire se dessina sur mes lèvres. Saisissant le carton d'invitation, je l'agitai sous le nez de Darcy, avant de lui demander :
« Et pourquoi on y irai pas, au lieu d'aller au restaurant ? Ca pourrait changer. On pourrait dépenser tout notre argent, jouer au petit couple modèle, et finir le reste de la nuit à faire l'amour sauvagement. » J'esquissai un nouveau sourire. Bien sûr, je le provoquais. Et il le savait pertinemment. Au lieu de tenir compte de ma dernière remarque, il me répondit juste :
« C'est ce que tu veux ? Passer la soirée là bas ? » Son ton laissait présager un objection. Quoi ? Qu'y avait-il de si terrible là bas ? Il avait peur de croiser des gens qu'il aurait préféré éviter, peut-être ? Formidable ! Dans ce cas, nous y irions !
« Oui, c'est ce que je veux Darcy. »
« Très bien, » capitula-t-il. Un nouveau sourire se dessina sur mes lèvres.
« Je t'attendrais dans la chambre. Essaie de faire vite. », ajoutai-je, un nouveau sourire aux lèvres.

Me redressant, j'en profitai pour laisser à Darcy le soin d'admirer mes sous-vêtements, avant de quitter la pièce et de retourner dans notre lit, où je l'attendais.

Le soir de la St-Valentin...

Enfilant une longue robe verte au dos nu que j'avais achetée spécialement pour l'occasion, je pouvais entendre Darcy soupirer alors qu'il se préparait dans l'autre pièce. Le rejoignant, je lui vint bien vite en aide avec ses boutons de manchette histoire de – peut-être – le voir de meilleure humeur. Ce faisant, je relevai les yeux vers lui, posant mon regard dans le sien. Serait-il d'une compagnie agréable, ce soir ? J'espérais bien, sans quoi, l'alcool m'aiderait très probablement à le décoincer et à se lâcher un peu plus. Retournant dans la salle de bains, je démêlais une dernière fois mes cheveux pour les laisser détachés, retouchait à mon maquillage, enfilai mes chaussures, et j'étais fin prête. Satisfaite de ma tenue, je retournai dans la chambre dans laquelle Darcy m'attendait, assis sur le lit.

« Souris mon chéri, tu auras à ton bras la plus belle fille de la soirée ! », lui lançai-je pour plaisanter – ou pas.

Ni une ni deux, bras dessus bras dessous, nous quittâmes les lieux afin de nous rendre à la soirée à laquelle beaucoup de monde était déjà arrivé... et de laquelle repartait une jeune fille et ce, de façon plutôt hâtive. Je lançai un regard rapide à celle-ci, la voyant fuir les lieux le plus rapidement possible. Que s'était-il passé ? Je n'en avais aucune idée. Darcy et moi avions probablement loupé les meilleurs des scandales, et j'en étais déçue. Oh, loin de moi l'idée de faire un scandale moi-même – j'avais une réputation à tenir. Mais je devais reconnaître qu'effectivement, j'aimais à voir les histoire des uns et des autres exposées au grand jour.
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MessageSujet: Re: INTRIGUE ; TOUT FEU TOUT FLAMME   Sam 26 Mar - 17:35

Retour sur terre, une culture audiovisuelle au point, Ludwig semble être d’humeur à sortir, et pour cause, bien que je n’aime que très moyennement les endroits dans lesquels on ne laisse pas entrer une personne ne possédant pas la très célèbre tenue correcte exigée, apprendre que mon très célèbre ami Darcy Orwell s’était mis en tête de faire sa première soirée mondaine en compagnie de sa nouvelle femme, m’avait convaincu de sortir mon plus beau costume. Alors que ma charmante sœur a tout bonnement subtilisé le futur petit copain sexy de Laureline, j’imagine qu’elle pourra aisément me servir de cavalière. De plus je n’ai aucun envie de passer ma soirée sur mon vaio à regarder des séries ou faire du rp, en sachant que cet abruti de bordel de merde de grosse bouse censée être sous garantie de VAIO coloris blanc grisé, qui vient de me perdre les vulgaires trois cent mots que je viens d’écrire alors que je suis dans une période de non inspiration qui semble se prolonger. Après tout pourquoi garder un ordinateur de merde pareil ? Après tout, j’ai pas mal d’argent, ce n’est pas comme si il restait sept euros sur mon comptes en banque, et qu’on soit ce mois de merde ou il y a trente et un jours au lieu de trente. Oui, pourquoi cette chose est-elle toujours en vie ? N’aurait-elle pas une place de choix noyée au fond de la piscine ? Si bien sur. Je rabat le clapet de cette chose à 800 euros, et l’empoigne fermement. L’envie de le broyer en le jetant violemment contre le sol, mord mes muscles, empoisonne jusqu’à mon système sanguin. Si ma mère s’occupait un tant soit peu de ma vie au lieu de m’envoyer du fric, elle me dirait probablement de me calmer et d’arrêter mes conneries, que l’argent ne pousse pas sous la queue d’un cheval, et qu’on ne jette pas un ordinateur dans une piscine, mais elle n’est pas là et je me dirige vers le jardin. La frénésie occasionnée par ma rage irradie mon corps, je vais céder. Impulsion, action, réaction. Je jette le VAIO à l’eau. Sensation d’extrême plénitude, un instant je suis heureux. Mes muscles se détendent, heure du décès 23H55.

J’arrive chez Laureline, et jamais la jeune femme n’aura vu un Ludwig si bien vêtu, et pour cause, mon costume utilisé pour le mariage de mon meilleur ami est d’une élégance rare. Personne ne va me reconnaître ce soir, je ne suis ni de bonne humeur, ni habillé en Jedi. Laureline est habillée d’une éblouissante robe rouge, et je lui souris tout de même.

« Chose promis chose due, pas de tenue de superman. C’est un immense honneur. Ce Léandre ne va pas résister à cette robe, j’en suis certain. » Il faut bien l’encourager, surtout quand on sait que niveau robes courtes, décolletées et échancrées ma petite sœur excelle. Sans perdre plus de temps, nous nous dirigeons vers le Casino, ou j’entame déjà quelques repérages. L’éternelle bande à momo, le duc et l’ex fiancée de mon meilleur ami, deux trois zigotos qu’il ne m’a pas été donné de connaître. Apollon MacNeil et une escort-girl et enfin pour le plus grand plaisir de ma cavalière le fameux (et sexy !) Léandre accompagné de ce qui doit être ma sœur à en juger par le décolleté, dansant fiévreusement au milieu de la salle.

« AMAYGAD. Bon je t’aurais bien accompagnée, mais la suisse c’est mon pays préferé, et…tiens tiens tiens, voilà Darcy et une blonde…Si t’as besoin de le rendre jaloux, je peux faire mon coming out inversé et te déclarer ma flamme, un sms et j’accours. » Je lui tapote sur l’épaule avant de zizaguer dans la foule pour me retrouver auprès du couple de jeunes mariés, un sourire malsain et moqueur sur le bord des lèvres.

« Darcyyyyyyy, te voilà enfin mon chou, je sais que tu es timide, alors j’ai décidé de te faciliter la tâche en me ramenant ici en sachant que t’y serais accompagné de… » Je laisse un sourire apparaître au coin de mes lèvres avant de prendre la main de madame Orwell, pour la baiser. « Cette charmante dame Orwell. Ludwig, l’ex petit ami gay pour vous servir, enchanté de faire enfin votre connaissance ! » Sourire jovial, je suis clairement amusé. « Une question me brûle cependant les lèvres, comment vous êtes vous rencontrés ? C’est vrai la dernière fois que j’ai vu Darcy, il y a un an à peine il traînait avec une vampire bizarre de mon cercle d’amis, pas vraiment dangereuse non plutôt assoiffée de jus de tomates, mais un mariage si vite, vous m’impressionnez ! »

Je sirote tranquillement mon champagne en leur lançant un regard intéressé. Je pourrais appréhender la réaction de Darcy, mais ça n’a jamais été tellement dans mes habitudes. Il me connaît. Je sors mon téléphone portable et envoie un texto à Laureline assez rapidement, « Comment se passent les opérations ? ».
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MessageSujet: Re: INTRIGUE ; TOUT FEU TOUT FLAMME   Jeu 31 Mar - 1:43

    Il y a clairement quelque chose d'agaçant dans toute cette histoire, sans qu'il ne soit vraiment possible de dire si c'est l'attitude de Miranda, cette magnifique robe verte largement trop sexy pour les circonstances, cette sortie qui n'a jamais fait partie de ses plans de rêves ou encore le risque d'y croiser quelqu'un d'indésirable. C'est tout cela, parce que chacun des éléments pris à part n'a rien de se dramatique. En fait, c'est plutôt devenu une habitude pour Darcy de créer des drames là où il n'y en a pas. Loin de lui l'hystérie, mais il sait en revanche se montrer d'une froideur qui n'a strictement rien à envier au Pôle Nord. Cette attitude l'agace lui le premier, mais il ne parvient pas à en sortir. Sans pouvoir sortir de l'eau, on apprend simplement à nager. Il y a beau avoir lu tous les manuels du monde sur le sujet, il faut simplement le découvrir au beau milieu de l'action. C'est ce que Darcy, très précisément, s'exténue à faire : tenter de découvrir quel est le secret pour survivre dans un monde aussi absurde qu'est le leur. Ces réflexions sont graves et vont loin, mais elles l'ont complètement envahi depuis des mois. Il n'y a rien qui n'y change quoi que ce soit malgré les nombreuses tentatives qu'il met en œuvre. Il serait bien faux de croire qu'il se complait dans ce malheur, dans ce néant qui ne fait que s'agrandir. En vérité, Darcy n'attend que le jour où il fera un peu moins sombre tout autour de lui.

    En attendant que ce jour n'arrive, la vie continue sans prendre de pincettes. Mais Darcy éprouve cette sincère volonté de combler Miranda et de lui faire plaisir. Il aurait, bien entendu, espérer que son plaisir se trouver n'importe où ailleurs qu'à cette soirée stupide, mais il ne peut pas l'en blâmer ! Il a toujours su qu'elle aimait les soirées mondaines dans ce genre, qu'elle aimait exhiber son argent, son corps pour pousser un peu plus loin la réflexion, et encore bien plus que tout, elle a toujours aimé jouer la comédie. N'est-ce pas d'ailleurs ce qu'ils font, une fois de plus ? On ne le croirait pas de Darcy, mais il aurait largement préféré rester tranquillement chez eux à profiter d'une soirée à deux, à tenter de diminuer le chemin qu'il y a entre lui et sa femme, à ... vraiment essayer d'améliorer l'état de leur relation. C'est un truc étrange, comme si plus leur couple était superficiel, plus cela semblait enthousiasmé Miranda de le montrer au grand public... Non pas la réalité, mais bien ce qui est monté de toute pièce.

    « Souris mon chéri, tu auras à ton bras la plus belle fille de la soirée ! », réclame Miranda alors qu'ils mettent tout juste le pied à destination. Cette remarque extirpe tout de même un franc sourire de la part de Darcy qui glisse son bras autour de la taille de sa femme avant d'aller poser un baiser dans son cou. Elle n'a pas tord sur ce coup-là ; elle n'a définitivement rien à envier à quiconque qui soit ici ce soir. Miranda est extrêmement jolie et désirable. N'importe quel homme se scierait en deux pour...

    Mais quand il entend son nom beuglé de façon absolument déplacée, il n'y a pas même l'ombre d'un doute dans son esprit quant à l'identité du nouveau venu, même s'il ne l'a pas encore vu de ses yeux vus ! Qui d'autre, dites moi, mais qui d'autres pour avoir ce culot et ce manque de jugement ? Parce que Miranda se retourne, trop curieuse pour faire obstacle de cet appel à l'hystérie mais qui pourrait l'en blâmer, il se retourne aussi. Ludwig, putain, encore. Inutile de spécifier que Darcy regrette déjà la moindre parole qu'il a pu prononcée en sa compagnie lorsqu'ils se sont vus précédemment dans la journée. Quel manque de jugement de sa part, puisqu'on parle de cela ! Et ce plaisir que le blondinet prend à le mettre en boite devant sa femme, impossible de ne pas y voir un lien plus que direct. L'espèce d'humanité dont Ludwig a fait preuve aujourd'hui ne peut qu'être démolie par une mesquinerie encore plus grande à présent. Comment a-t-il bien pu s'imaginer quelque chose de différent de cela ? Et puis toutes ces questions ! Ludwig ne sait donc jamais quand s'arrêter.

    « C'est bon, on a compris. Tu peux te calmer, il n'y a personne à impressionner ! » Dit-il avec autorité, enfin quelque chose s'en rapprochant. Darcy ne cherche pas vraiment à contrôler la situation, il cherche seulement à éviter d'y mourir étouffé. « Ludwig, Miranda. Miranda, Ludwig. » Poursuit-il, avec un air tout spécialement blasé signé Orwell et il ajoute dans la seconde suivante à l'adresse du blondinet : « On s'est rencontrés sur un tournage, merci de t'inquiéter pour nous, je te souhaite une agréable soirée. »

    Franchement de mauvais poil, Darcy jette un coup d'oeil assez explicite à Miranda, dans le sens " tu viens ? je n'ai pas l'intention de supporter sa gueule plus longtemps ! ". La jeune femme, pourtant, semble bien déterminée à en savoir davantage ou simplement est-ce pour lui faire payer toutes ces fois où il n'a pas agit précisément comme elle l'aurait espéré. Darcy roule les yeux et s'éloigne vers le bar à quelques mètres de là. Un verre, s'iouplait, parce que c'est une question de vie ou de mort ! Ne vous ai-je jamais dit à quel point Ludwig inspire des sentiments extrêmes au pauvre Darcy ?


Dernière édition par Darcy J. Orwell le Ven 1 Avr - 5:13, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: INTRIGUE ; TOUT FEU TOUT FLAMME   Jeu 31 Mar - 3:20

Terrible journée, terrible journée.
On était le quatorze Février, tout le monde était de sortie, sauf moi. C'aurait été un choix personnel, ça ne m'aurait pas dérangée. Le fait était que je n'avais pas vraiment eu le choix. Fièvre et maux de tête m'embrouillant la vue, éternuements à la file et une envie de vomir constante, je n'étais sûrement pas dans un état pour fêter une occasion aussi lucrative que romantique, n'ayant en plus personne avec qui la passer. Triste sort, j'aurais presque pitié de moi-même. Si je n'étais pas dans un état pareil, aurais-je accepté l'invitation de Ludwig tout juste pour ne pas passer la soirée seule? Très possible. Il avait beau être l'être le plus excentrique qu'il m'ait eu donné de connaître, sa compagnie avait quelque chose de plaisant mine de rien.

Le message que je reçus l'après-midi (et qui me réveillai de mon peu profond sommeil) de la part de ma censée meilleure amie Parisienne n'arrangea pas les choses. Franchement, bonne année en Février? Elle se foutait de moi, oui. J'avais voulu la revoir pendant les dernières vacances à Paris mais elle m'avait tout bonnement évitée. Et c'était seulement maintenant qu'elle se souvenait de mon existence. Comme je me sentais aimée ! Ses amies en avaient peut être marre de l'écouter blablater sur sa vie sentimentale alors elle revenait vers moi. Parce qu'en plus d'un décalage horaire de plus d'un mois, elle avait fait preuve d'un tact sans pareil en m'annonçant qu'elle avait un valentin et pour me demander si j'en avais un et comment ça se passait pour moi. Biensûr, les questions n'était qu'une certaine forme de politesse, elle n'en avait que faire de ma vie à présent, elle voulait juste parler de sa belle personne. Mais je n'avais pas envie de faire semblant, d'être là pour elle encore alors qu'elle m'avait lâchée depuis que j'avais emménagé à Oxford. A croire que la distance me permettait enfin de savoir qui tenait vraiment à moi et étonnemment ce n'était pas ma meilleure amie, ni mon meilleur ami d'ailleurs. Et je me rendormis.

Le soir était déjà tombé quand je me levai, en sueur. J'avais faim mais aucune envie de manger et même pas le courage de sortir de mon lit. Tout ce que je voulais était de sombrer dans le sommeil encore. C'était moins pénible, dans tous les sens. Mais je n'y arrivai pas. Je finis alors par demander que Bridget m'apporte la soupe qu'elle voulait me faire ingurgiter depuis ce matin.
« Où est Tristan? » la questionnai-je alors qu'elle m'aidait à m'installer dans la salle de séjour en fin de compte. « Parti. » m'informa-t-elle. Yeux écarquillées, boule dans la gorge, j'imaginai le pire pendant une fraction de secondes puis je me rappelai, la soirée. « Il est venu vous dire au revoir mais vous dormiez. » Je hochai la tête sans plus.

Léandre au bras de Caroll-Ann ? Ne me dis pas que tu vas laisser passer ça, tu es une Faure.
Qui, que, quoi? Je restai figée face à l'écran de mon téléphone, essayant d'assembler les pièces du puzzle.
Mais oui biensûr. Pourquoi ne l'avais-je pas compris plus tôt? Ca ne pouvait être que l'idée de Caroll-Ann. AH AH AH. Elle m'en voulait encore d'avoir invité Nolan au bal d'Halloween? Ca c'est de la maturité ou je ne m'y connais pas. Déjà, à l'époque j'arrivais à peine, je n'étais absolument pas au courant de ce qui se tramait entre ces deux là. Vraiment, si j'avais su, je ne l'aurais jamais fait. Non non, ce n'était pas que je craignais Caroll-Ann ou je ne sais quoi. Mais plutôt parce qu'il n'en avait pas valu la peine. Sérieusement. Juger d'après les apparences et les réputations n'était pas de mon genre. Mais là j'avoue que sa réputation de fils à papa qui se croit mieux que tout le monde sans raison lui collait parfaitement. Pour peu, il aurait collé parfaitement au profil d'un Trouble Maker mais je n'estimais pas qu'il était capable de faire preuve d'autant d'inventivité qu'eux et ce ne serait pas Tristan qui me contredirait sur ce point. Qui plus est, ce Nolan n'avait même pas eu la décence de me remercier. Après tout, qui sait, si j'avais pas fait cette petite apparition à ses côtés, Caroll-Ann n'aurait peut être jamais voulu de lui réellement. Je ne contestais pas la possibilité qu'il puisse peut être s'avérer être une personne adorable avec elle. Mais les personnes qui se prennent pour je ne sais quoi (et qui le font mal) ont tendance à cacher derrière cette façade une personne bien naïve et peu sure d'elle. Pas que j'en ai en fin de compte quelque chose à faire du pauvre garçon. Mais tout ça pour dire que c'était ridicule qu'elle m'en veuille encore pour une honnête erreur de ma part, surtout après ne pas s'être gênée pour me foutre un coup que je n'étais pas prête à lui pardonner tant ça avait touché ma dignité plus qu'autre chose. Mais alors là, parader au bras de Léandre le soir de la Saint Valentin à une fête organisée par le fiancé de celle qui se rapproche le plus d'une meilleure amie pour moi, il n'était pas question que je laisse ça passer. Léandre biensûr n'était pas non plus des plus innocents. Soit elle l'avait poussé à l'inviter et il avait cédé, soit elle lui avait demandé de l'accompagner et il avait accepté. Dans les deux cas de figures il était fautif, pas de doute là-dessus. Oui oui, je m'emballais, guidée par une colère dictée par un cumul considérable de choses pas tout à fait agréables qui m'arrivaient depuis quelques temps. ET ALORS? J'avais mes raisons. Et à ce point là, je n'en avais que faire de réagir excessivement. Les faits étaient des faits, pas la peine de continuer de chercher des excuses à tout, de se dire que ça passerait. J'allais me reprendre, dire à Ludwig que c'était d'accord et y aller à cette soirée. Ca allait être ce que ça allait être, il fallait que j'y sois et que je fasse quelque chose. Marre d'attendre que les choses s'améliorent et que ça lui passe. Si Léandre était d'humeur à sortir avec la première nymphomane qui voulait l'utiliser (peut être même dans tous les sens du terme), libre à lui. Mais qu'il me le dise en face. Qu'il arrête de me faire espérer avec ses sourires, ses sms, ses invitations à aller prendre l'air, ses discussions autour d'un café et sa constante présence dans ma vie. D'accord, il avait dit à Tristan que je lui plaisais, on avait remarqué, merci. Mais après? Qu'est-ce qui venait après? J'avais besoin de savoir et j'allais le savoir ce soir, d'une façon ou d'une autre. Si toute cette histoire l'amusait, moi pas. Je ne contrôlais plus rien dans ma vie, plus rien. Voilà trois jours que je ratais les cours parce que j'étais trop malade. Voilà plus d'un mois qu'elle était partie, laissant mon frère -que j'avais d'ailleurs stupidement encouragé à ouvrir son coeur à une fille aussi instable que notre chère mère- profondément blessé et son propre frère brisé sans que je puisse l'aider pour autant et surtout n'osant réellement rien tenter craignant le rejet. Aussi, il y a eu l'histoire des Trouble Makers qui m'avaient subtilisé ma belle dissertation la veille même du dernier délai pour la rendre. Ce n'était pas bien pesant comparé au reste mais c'était quand même quelque chose de signifiant. Et maintenant ça. Il fallait que je fasse quelque chose et que j'arrête de subir. J'avais pourtant été vraiment décidée à le faire tout juste après le coup des Trouble Makers mais là encore, ce n'était pas allée plus loin que quelques idées, rien de concret. Alors il allait falloir agir au lieu de se promettre de le faire sans pour autant s'y mettre. Et ça commençait ce soir, au Casino d'Edward Fitzalan-Howard.

La préparation ne prit miraculeusement pas autant de temps que je l'aurais pensé. Une quantité considérable de comprimés avalée, douche, cheveux, maquillage. La robe que j'allais mettre vint s'imposer à moi comme une évidence. A croire qu'en fin de compte, acheter des choses tout simplement parce que je les trouve belles finit par servir. Rouge, remarquable, magnifique. Je rêvais depuis longtemps de lui trouver la parfaite occasion et maintenant c'était fait. À peine le temps de trouver un collier, un sac et des chaussures assortis, Ludwig était déjà là. Surprenant de le voir habillé d'un costume, encore plus étonnant était le manque d'enthousiasme qu'il montrait. Je n'osai cependant pas faire la remarque, ni lui en demander la cause. Quelque chose le contrariait mais il ne semblait pas vouloir en parler. « Ta tenue de Jedi n'aurait pourtant pas fait tâche ! Ca te va parfaitement le costume en tout cas. Et merci. » lui dis-je un sourire aux lèvres.

Une fois sur place, je cherchai des yeux des têtes connues et il y en avait certainement. Alice était splendide avec son charmant fiancé, je lui fis un signe de la main, espérant qu'elle me verrait. J'aperçus enfin Tristan discutant avec Rose et une jeune fille que je ne connaissais que de vue mais qui à en croire Facebook s’appelait Erin. J'essayai de ne pas chercher Léandre des yeux, voulant éviter un pic de jalousie plus violent mais comment ne pas le remarquer avec la sulfureuse Caroll-Ann au milieu de la salle. Des pulsions de meurtre (façon de parler) me prenaient et je me contenais difficilement de ne pas faire une scène. Qu'étais-je stupide de croire que ma présence ici changerait quelque chose, il semblait passer une excellente soirée en sa compagnie. Tant mieux pour lui, je leur souhaitais tout le bonheur du monde. « Vas-y. Bonne chance ! Et ne t'inquiète pas pour moi mais merci quand même. » répondis-je à Ludwig, mes yeux toujours posés sur Léandre et Caroll-Ann. J'aurais dû rester chez moi, ça faisait moins mal que d'être là et de les voir ensemble.

J'hésitai. Je ne me voyais pas aller lui parler tout comme je ne me voyais pas rester plantée là toute seule. Je voulais aller voir Alice mais elle semblait occupée. Tristan en avait l'air aussi. Oh qu'importe. Un serveur me proposai un verre de champagne, ce que je ne refusai pas. Et direction le coin où se tenait mon frangin et ses deux amies. « Bonsoir, bonsoir vous trois ! » leur lançai-je d'une bonne humeur que Tristan savait sûrement fausse. « On s'amuse bien ? »

Je sentis mon sac vibrer. « Excusez-moi. » Je consultai mon téléphone, c'était Ludwig. « Pitoyablement. Et pour toi ça se passe comment? » tapai-je en guise de réponse.


Dernière édition par Laureline M. Faure le Mer 26 Oct - 17:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: INTRIGUE ; TOUT FEU TOUT FLAMME   Jeu 14 Avr - 22:19

Tout commençait peu à peu à s’embraser. Ah ah ah ! Quel beau spectacle. Du rouge, du orange, et même du bleu, quand certaines matières se mélangeaient aux flammes. Mon sourire était fier. Toute ma fierté résidait dans ce que j’étais en train d’accomplir. Et quel accomplissement ! Faire brûler ce fichu casion de ce fichu Fitz- je m’en fiche de comment il s’appelle, vous savez de qui je parle. De toute manière, cet homme était rayé de ma vie. Son casino serait bientôt supprimé des cartes.
Il était à présent temps pour moi de fuir. La chaleur se faisait à son plus haut ici. Mais tout n’était pas encore fait. Il fallait que je sorte d’ici, avant de me faire carboniser aussi, mais dans la plus haute discrétion. Dans tous ces cris de frayeurs auxquels je m’éloignais en m’enfonçant dans les « coulisses », je parvins à trouver une pièce plongée dans le noir, donnant accès à une fenêtre. Par chance, elle n’était pas très haute. Je n’allumais pas la lumière pour n’éveiller l’attention de personne susceptible de m’apercevoir. J’ouvris la fenêtre, et fit un bon. Aie, je me tordis légèrement la cheville, mais je parvins tout de même à ma tirer d’affaire, et à aller me cacher plus loin dans les buissons. Tout le monde courrait dans tous les sens. Ils criaient au feu. Les pompiers venaient seulement d’arriver, mais, vu le peu qu’ils étaient, ils prendraient du temps à éteindre toutes ces flammes. Le casino avait encore devant lui de bonnes heures à brûler.
Alors mon petit Edward ? Dégouté, non ? Ma vengeance était parfaite. Et qui pourrait retrouver ma trace ? Les indices possibles devaient à cette heure ci être bien carbonisés.
Je restais encore un bout de temps dans ces buissons, et je commençais à penser aux potentielles victimes. Sur ma liste, je voulais y voir en premier lui Edward, bien sûr, et puis ensuite Caroll-Ann… et puis, le reste aussi ! Je m’en fiche des gens. Ils m’ont tous trahis un jour où l’autre. Tien, ce bon vieux Tristan… ce qu’il peut être méprisable parfois. Bon, bien sûr, ce n’est pas tout le temps les personnes que l’on veut voir blessées qui le sont.
Le plus important était que j’eu pu me venger de l’autre aristocrate à la grosse tête.

Une fois que j’en avais assez de voir tout cela brûler, et pour ne pas rester trop longtemps ici au cas où ils feraient des enquêtes, je partis, passant par la forêt, avant de rejoindre un boulevard, où je pris le taxi pour rentrer chez moi. Je pouvais très bien passer pour une de ces victimes de l’incendie, après tout ! J’étais aussi en costard, comme les autres…
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MessageSujet: Re: INTRIGUE ; TOUT FEU TOUT FLAMME   Lun 2 Mai - 15:18

Après une délibération sous contrôle d'huissier de justice (Charlotto) par une video conférence skype et un gobelet starbucks contenant quelques bouts de papier avec les noms des personnages participant à l'intrigue, nous avons élaboré le bilan des victimes de l'incident du casino Fitzalan-Howard. De ce fait nous pouvons dès lors affirmer que : Léandre, Miranda, Helena, Alice, Noé, Melany, Apollon, Caroll-Ann, William & Freddy sont les malheureuses victimes de l'incendie (murs qui s'effondrent, asphyxie, chutes, bras cassé, chevilles foulées, inconscience, peut importe comment vous vous débrouillez le résultat sera le même vous serez évacuez vers l'hôpital par les secours)

Je vous rappelle que vous n'avez plus qu'un post à faire pour cette intrigue, vous partirez donc des réponses de vos camardes pour déboucher sur l'évacuation des secours, et pour ceux qui sont inconscients vous pouvez vous arrêter au choc qui vous a fait tomber dans les vapes. Cependant j'aimerais que CETTE FOIS, vous prépariez votre réponse à l'avance qu'on puisse enfin terminer cette intrigue. Je rappelle que ceux qui auront rédigé les deux posts pour l'intrigue qu'ils seront récompensé par un lieux très spécial qui ne pourra pas être débloqué par le défi des votes !
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MessageSujet: Re: INTRIGUE ; TOUT FEU TOUT FLAMME   Mar 3 Mai - 23:14

La Saint-Valentin ? Je m'en fichais pas mal moi, je n'avais personne avec qui la fêter de toute façon ! J'étais venue seule - d'ailleurs et en y repensant je ne savais même pas ce que je faisais là, ni même pour quelle sombre raison j'avais reçu un carton d'invitation. Je n'aurais prochainement plus aucun type de lien avec cette famille de toute façon. Je retomberais dans l'anonymat; je perdrais tout; notoriété et argent, tout disparaîtrai bientôt. Les joies de la séparation, en somme. J'avais eu mon heure de gloire - ou ce qui y ressemblait du moins -, mais le vent avait tourné, autant l'accepter. D'ailleurs, les choses avaient déjà commencé à changer. Je ne savais pas si les choses s'étaient déjà ébruitées et si les rumeurs sur mon mariage bancal allaient bon train ou non; mais les gens commençaient déjà à m'éviter. Amis d'Adrian, connaissances faites grâce à lui ou midinettes qui me fréquentaient et feignaient être mes amies lorsque j'étais en sa compagnie; tous m'avaient ignoré. Refusant même de me saluer. Loin d'en être affligé pour autant, je les avais vite oubliés, jugeant qu'ils n'en valaient pas la peine. N'empêche, j'avais l'air maligne moi, assise seule dans un coin, mon verre à la main. Dans le genre pathétique, on ne faisait pas mieux. Mais quoi de mieux que l'alcool pour oublier n'est-ce pas ? C'est surement ce que certains penseraient - pensaient de moi - à cet instant; mais qu'ils ne s'en formalisent pas pour autant, je n'étais pas venu pour m'enivrer; cette coupe était d'ailleurs ma première. Ma dernière, sans doute. J'en avais assez de cette ambiance, de ce milieu, cette petite sauterie transpirait l'hypocrisie. Je n'avais pas besoin de ça. Pas ce soir. Aussi et dans un accès d'exaspération, décidais-je d'attraper mon sac et de quitter cette soirée. Après être allée me rafraîchir préalablement cependant. De même, j'avais une envie pressante.

Ni une, ni deux je me levais donc et rejoignais les toilettes du casino. Il y avait la queue. Je dus patienter dix bonnes minutes. Il faudra que quelqu'un m'explique un jour, pourquoi diable les femmes ont-elles toutes et toujours envie d'aller aux toilettes en même temps ? J'attendais donc mon tour, bien sagement. Une fois chose faite, je prenais ma place. Pourtant et tandis que je retouchais mon maquillage ( - oui et bien quoi ? La coquetterie n'était pas un crime à ce que je sache ! - ) j'entendis bientôt des cris s'échapper des quatre coins du casino. Mais que se passait-il bon sang ? ! Les portes claquaient, les gens hurlaient. Une cohue incessante semblait se précipiter vers ce qui devait être les sorties de secours du casino. J'étais seule dans les toilettes. Il faisait tout à coup et anormalement chaud. Quelque peu inquiétée moi-même, j'attrapais alors mes affaires et me dirigeais vers la sortie des cabinets. Posant ma main sur la poignée, je reculais cependant, celle-ci me brûlant vivement la paume de la main. Un cri de douleur sortit brusquement de ma gorge et je passais instinctivement ma main sous l'eau froide, histoire de la soulager un tant soit peu. L'eau s'arrêta de couler cinq minutes plus tard, la brûlure demeurant insupportable cependant. Une odeur prenante, de fumée, de brûlé ou je ne sais quoi vint ensuite me chatouiller les narines. Je n'avais plus de temps à perdre, je devais sortir d'ici, j'en étais consciente. Toutefois, j'avais peur de comprendre. Je ne voulais pas comprendre, ni même imaginer ce qui était en train de se passer ici. [...] Il y avait le feu. Le casino était en feu ! Et moi ? J'étais prise au piège.

« AU SECOURS ! JE SUIS LA ! HEY ? Y'A QUELQU'UN ? ! » commençais-je à hurler « JE SUIS BLOQUÉE DANS LES TOILETTES. LA POIGNÉE EST HORS D'USAGE. AIIIIIIDE-MOI ! ». Pas de réponse. Le casino semblait désert. Mais que faisaient les pompiers ?! Ce n'était pas possible, non ! Ça ne pouvait pas finir comme ça ! Ma liberté à peine retrouvée. NON ! C'était trop con. Désespérée je commençais alors à donner des coups de pied dans la porte, tentant tant bien que mal de la faire céder tout en m'égosillant dans le même temps. « AIDEZ-MOI ! OUVREZ CETTE PUTA*N DE PORTE ! AIDEZ-MOI ! AIDEZ-MOI !! ». Je frappais et hurlais de cette manière, dix bonnes minutes encore quand, à bout de force, je m'effondrais sur le sol. Les joues perlées de larmes, je craquais complètement bredouillant un dernier et presque inaudible « aidez-moi », auquel je donnais des airs de supplication. Supplier, oui c'est ça: je suppliais. Peu croyante, j'en venais presque à prier et espérer un miracle. Qu'on m'aide, je voulais simplement qu'on m'aide. N'importe qui, n'importe quoi, n'importe comment, mais qu'on me sorte de là. Parce que ça ne pouvait pas finir maintenant, pas comme ça.

D'accord. Souffler. Je devais souffler et par-dessus tout, je devais retrouver mon calme. Quand bien même des centaines de pensées ( - toutes plus macabres les unes que les autres - ) se bousculaient dans mon esprit, je devais retrouver mes esprits et trouver un moyen de sortir d'ici. Ou au moins, une façon de rester en vie jusqu'à ce qu'on vienne m'en sortir. Réfléchi Julia, réfléchi pensais-je alors. [...] EURÊKA ! La porte. Je devais bloquer le dessous de la porte avec un tissu et disposer un linge humide sur mon visage aussi, peut-être même me coucher sur le sol. Je ne savais pas si cela fonctionnerait ou non, mais c'est ce que les gens faisaient dans les films, et puis je n'avais pas d'autre solution à portée de main. Le plus calmement possible, je me relevais donc, essuyant les quelques larmes qui coulaient encore. Puis dans un geste calme je faisais un tour d'horizon. Pas de tissu; pas de serviette. Rien. Hormis un sécheur automatique pour les mains et du papier toilette. Logique ! Mais c'était bien ma veine... Ah moins que... non je l'avais laissé à la maison. Bon surtout pas de panique.

« Mon manteau fera sûrement l'affaire ! » bredouillais-je tout en disposant le dit-manteau sous la porte. J'avais bien peur que ce ne fusse trop tard, malheureusement. J'exécutais cependant mon plan, étape par étape, espérant désespérément que ça marche. Allongée sur le sol, mon visage contre le carrelage, appuyant un mouchoir humide sur ma bouche et mon nez; j'attendais que ça se passe. Les minutes passèrent. L'attente était interminable, l'air plus suffocant que jamais. Je toussais à n'en plus finir, la fumée s'infiltrant peu à peu dans mes poumons. Mes forces se dissipaient, ma vue se brouillait peu à peu. Et c'est alors que mes yeux se fermèrent, tandis que je gisais sur le sol, inconsciente.



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MessageSujet: Re: INTRIGUE ; TOUT FEU TOUT FLAMME   Mer 4 Mai - 22:20

« Est-ce que tu veux un verre ma belle ? » Encore à peine capable de parler, je me murais dans un silence certainement aussi désagréable pour moi que pour Noé. Je n'avais finalement pas envie d'être ici et j'aurais largement préféré être ailleurs. Pour toute réponse, je me bornais à prendre un autre verre quand un serveur passa à notre hauteur. Ce n'était pas Noé qui m'énervai, c'était simplement d'être là. Je me mis alors à réfléchir à ce qui m'avait poussé à venir ici. Je n'avais pas le droit d'en vouloir à Noé de m'y avoir invité, après tout, j'étais certaine que cela partait d'une bonne intention. Seulement voilà, j'étais très mal à l'aise et j'aurais donné beaucoup pour tout simplement me casser d'ici en vitesse. Avant de s'en aller, William avait dit quelque chose dans l'oreille de Noé.Chose que je n'avais pas entendu vu que mes oreilles bourdonnaient. Je ne me sentais vraiment pas bien. J'avais l'impression étrange et désagréable d'être malade. Comme si je couvais une très vilaine grippe. Je secouais la tête, hésitant entre finir ma coupe de champagne et arrêter de boire parce que j'avais l'impression de mourir de chaud. Ils peuvent pas baisser le chauffage ?

uc
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MessageSujet: Re: INTRIGUE ; TOUT FEU TOUT FLAMME   

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