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 PAK — hard to forget, hard to remember.

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MessageSujet: PAK — hard to forget, hard to remember.   Sam 5 Juil - 18:56


Polina Anatolievna Kaprianova w/ Karlie Kloss
the characterthe person
→ habite dans Canary Wharf, Londres.
→ âgé(e) de 28 ans.
→ né(e) le 2 janvier 1986 à Pripiat, RSS d'Ukraine.
→ est hôtesse de l'air.
→ un t-shirt likes boys, likes girls ou bicurious ? hétéro.
→ est actuellement célibataire.
→ pseudo : Polly.
→ âge : 17 ans.
→ comment avez-vous connu le forum ? Sur un annuaire, il me semble.
→ code : DA VINCI
→ crédits : tumblr, model-gifs.
→ de quelle couleur sont les petits pois ? rouges héhéhé



to be or not to be
30 avril 1986

Chère Galya,

Je t’écris depuis les environs de Minsk, où nous avons trouvé refuge hier chez une ancienne amie de notre défunte mère. Nous sommes à peine arrivés, mais déjà sur le point de repartir, car nous ne pouvons profiter trop longtemps de l’hospitalité de Veronika et de sa famille, qui vivent déjà à sept dans un appartement à peine plus grand que celui que nous avions à Pripiat, pour quatre. Nous avons pris le premier car suite à l’incident, et nous avons ensuite marché sur une vingtaine de kilomètres pour rejoindre la demeure de Veronika.

Je ne sais pas encore mettre des mots sur les sentiments qui me parcourent. Je suis en colère, mais surtout triste et déboussolée. Comme tu le sais, un réacteur de la centrale, à trois kilomètres seulement de Pripiat, a connu un problème, bien que je ne sache réellement pas expliquer de quoi il s’agit. C’était le 26 avril, mais nous n’avons été prévenus que le lendemain, plus de 24h après la catastrophe. Nous avons eu la chance d’être évacués dans les premiers. Je suis montée dans un car avec Alyosha et Sveta, et mon mari Anatoli nous a rejoints quelques minutes plus tard, avec la petite Polina, âgée d’à peine quatre mois. Il m’a dit l’avoir trouvée seule, en allant frapper à la porte de l’appartement voisin.

Polya est née en janvier, c’est la fille de Macha, ma voisine, et de Vassili, son époux. Ils sont russes, de Novossibirsk, mais Vassili est ingénieur et il était venu travailler sur la centrale à Pripiat. Ils vivaient sur notre palier depuis trois ans, et je m’étais liée d’affection pour Macha. Elle travaillait dans un café en centre ville. Je crois pouvoir affirmer sans trop d’hésitation que Vassili est décédé, car il travaillait justement sur un des réacteurs. Quant à Macha, nous ne l’avons vue nulle part au moment où notre immeuble était évacué. Elle a sans doute trouvé refuge dans un sous-sol. J’espère qu’il ne lui est rien arrivé de grave, et qu’elle arrivera à sortir de Pripiat, qui est devenu une zone extrêmement dangereuse.

En attendant que nous ayons un signe d’elle, nous gardons sa fille avec nous. C’est une petite fille adorable, qui ressemble beaucoup à Sveta quand elle avait son âge. De grands yeux, des mèches blondes. Elle est relativement grande pour son âge, et a un sourire d’ange. Je l’avais déjà gardée à plusieurs reprises, et c’est une des enfants les plus calmes que je connaisse. Elle pleure très peu, se contente de peu. Elle n’a pas pleuré une seule fois pendant tout le voyage en car, qui a pourtant duré plus de huit heures. Nous ne savons pas encore comment nous allons gérer son arrivée parmi nous, mais j’ai déjà le pressentiment qu’elle grandira dans notre famille.

Je te laisse déjà, car j’entends Anatoli démarrer la voiture. Une chance que nous en ayons trouvé une ! C’est celle de Serguei, le mari de Vera. Il doit nous emmener le plus au nord possible, le plus loin de Pripiat où nous pouvons aller, car il semblerait que des mauvaises radiations (je ne sais si je m’exprime en termes appropriés, tu m’excuseras, car je ne me suis pas vraiment renseignée à ce sujet) soit portées par le vent. Serguei doit nous emmener au nord de la Biélorussie, puis nous prendrons certainement un car ou un train. Nous allons certainement nous retrouver du côté de Petrozavodsk pour commencer, puis nous essayerons de rejoindre Tcheliabinsk où la mère d’Anatoli vit ainsi qu’une partie de sa famille.

J’espère que tout se passe bien pour toi et ta famille, que vous êtes suffisamment loin des radiations à Magadan, et que nous aurons l’occasion de nous revoir bientôt. Dans l’espoir de pouvoir poster cette lettre et qu’elle te parvienne rapidement,

Je t’embrasse,
Ta sœur Mila
6 janvier 1987

Chère Galya,

Cela fait longtemps que je ne t’avais pas écrit, et je m’en excuse. Je t’écris pour te souhaiter une bonne nouvelle année 1987, en espérant que celle-ci t’apporte, à toi et à ta famille, santé, bonheur et prospérité. J’espère que tout se passe bien à Magadan.

Durant ces derniers mois, la vie a été très chaotique pour notre famille. Nous avons d’abord été, comme je te l’avais écrit, à Minsk, puis nous avons effectivement vécu quelques mois à Petrozavodsk, où Anatoli travaillait dans une usine et où je donnais quelques cours dans une école du quartier. Mais l’usine a fermé, et Anatoli sans travail, nous avons dû chercher un nouvel endroit où habiter, sachant que les seuls postes à pourvoir à Petrozavodsk ne correspondaient pas à ce qu’il recherchait. Nous avons donc vécu deux mois sur les routes, à dormir dans des motels sales où je faisais un peu de ménage en échange de tarifs moins chers. La vie est tellement dure, lorsque l’on a peu d’argent…

Pourtant les enfants ont l’air de bien s’en accommoder. Il faut dire qu’ils sont encore petits, Alyosha a fêté ses sept ans en octobre dernier, et Sveta ses cinq ans en juillet. Ils se font des amis partout où ils vont, et s’entendent à merveille. C’est très pratique, car cela nous permet de les faire dormir ensemble, pour éviter de payer un lit supplémentaire. Ils partagent tout, parfois même leurs vêtements ! Ils ne sont pas difficiles, de vrais petits russes, taillés dans le métal. Ils s’entendraient si bien avec leurs cousins, j’en suis persuadée.
La petite Polina ne nous cause pas trop de problèmes non plus. Elle a bien grandi, et fêté son premier anniversaire il y a quatre jours. Elle ne sait pas que nous ne sommes pas sa réelle famille, et m’appelle Maman, comme Alyosha et Sveta. Ils ne savent pas non plus, eux deux, que Polya est la fille de nos anciens voisins. Ils parlent d’elle comme de leur sœur, et s’occupent bien d’elle quand Anatoli et moi ne pouvons pas. Nous formons une jolie famille, maintenant que nous avons trouvé un logement, et du travail.

Nous sommes arrivés à Krasnoïarsk vers le 20 novembre. Il devenait vraiment urgent que nous trouvions une maison, et c’est chose faite. Nous vivons dans un grand appartement, que nous partageons avec une autre famille, les Simonov. Nadya Simonova, l’épouse, est d’une extrême gentillesse. Elle m’a trouvé un emploi dans un restaurant du centre-ville, où elle travaille elle-aussi. Nous nous relayons pour garder les enfants. Elle aussi a une fille de l’âge de Polya. D’ailleurs, elle pense que Polya est ma fille. C’est mieux ainsi, plus simple. Nous avons d’ailleurs renommé la petite. Elle s’appelle désormais comme nous : Polina Anatolievna Kaprianova.

Nous avons abandonné l’espoir de retrouver sa mère. Macha n’a donné aucun signe de vie (encore que, à travers l’immense pays qu’est l’URSS, peut-être a-t-elle essayé) et nous sommes convaincus que Vassili n’en donnera plus jamais non plus. Mais comme je te l’ai dit, j’aime m’occuper de Polya. Elle est adorable, et apprend vite. Les enfants l’adorent, et Anatoli la considère comme sa fille aussi. C’est vrai qu’elle lui ressemble un peu, d’ailleurs.

Anatoli quant à lui a trouvé un emploi de comptable dans une usine d’aluminium. Alyosha et Sveta vont à l’école du quartier. La vie semble s’être un peu stabilisée, mais cela ne fait pas encore deux mois que nous vivons ici. Je suis heureuse, pourtant, et j’ai le sentiment que cela va durer. Certes, la vie est rude, même lorsque l’on a un toit, et un travail. Mais les enfants me donnent de l’espoir chaque jour. Ils sont si innocents, si naïfs, ils s’émerveillent devant les choses simples. J’espère qu’ils garderont toujours ce sourire. Et puis nous avons de quoi manger, et des amis sur qui compter. J’ai aussi le sentiment un peu égoïste et orgueilleux d’avoir sauvé quelqu’un. Pardonne-moi pour ces basses pensées, il faut bien que je le dise à quelqu’un, comme nous ne pouvons en parler à personne.

Je te laisse, toujours en te souhaitant le meilleur que la vie puisse t’offrir. Profite de ta famille, et tu peux maintenant répondre à l’adresse au dos de l’enveloppe, car je sais que nous resterons encore longtemps ici.

Je t’embrasse,
Mila


29 novembre 1989

Chère Galya,

Une fois de plus, nous reprenons la route. Notre vie à Krasnoïarsk était pourtant belle et heureuse, mais le destin a voulu qu’Anatoli perde une fois de plus son emploi. Nous nous dirigeons cette fois vers l’Ouest, en espérant pouvoir refaire notre vie à Saint-Pétersbourg.

J’aimerais t’écrire plus, mais le temps presse, et il me reste tant à faire. Les enfants ont grandi, Alyosha fêtait ses neuf ans il y a dix jours. Sveta a sept ans maintenant, et la petite Polya presque quatre ans. Ils s’entendent tellement bien. Alyosha dit qu’il veut être astronaute, Sveta quant à elle aimerait être infirmière. Polya parle déjà très bien, et commence à écrire. Elle dessine aussi, beaucoup. Des paysages très colorés. Nous disons en rigolant qu’elle deviendra aventurière. Elle en a toutes les qualités ! Elle court, saute, danse… Elle est pleine de vie et de joie ! C’est notre rayon de soleil. Evidemment, nous n’avons eu aucun signe de ses parents. Cela n’a plus vraiment d’importance, à présent.

Nous avons récemment fait un portrait de notre famille, dont je te joins une copie pour que tu puisses voir à quoi nous ressemblons. Je n’ai pas tellement changé, juste vieilli. Usée un peu prématurément par la vie qui ne joue pas en notre faveur. Excuse mes rides, et mon air fatigué. A trente ans, j’aimerais pourtant être plus belle. Tu as trois ans de plus que moi et pourtant, je suis persuadée que l’on t’en donnerait cinq de moins.

Je te laisse déjà, car j’entends Sveta ranger des affaires, et j’ai peur qu’elle casse quelque chose. Je t’enverrai de nos nouvelles quand nous serons arrivés et installés. Comment allez-vous, à Magadan ? J’espère que la vie y est plus clémente qu’ici. Tu souhaiteras un bon anniversaire à Yulia de ma part, si toutefois cette lettre vous parvient avant le 18 décembre.

Je t’embrasse,
Mila

18 août 1992

Chère Galya,

J’imagine déjà le regard surpris que tu poseras sur cette enveloppe. Un timbre hollandais ! Nous sommes arrivés à Amsterdam il y a deux semaines. Nous dormons dans une petite pension de famille, avant d’obtenir des visas pour l’Angleterre. Anatoli y est déjà, comptable dans une entreprise qui travaille avec la Russie, justement. Pourtant, depuis l’effondrement de l’URSS, l’économie y est moribonde, et je doute que cette entreprise résiste longtemps.

En attendant, les enfants et moi perfectionnons notre anglais. Polya, qui n’a que six ans, est déjà excellente ! Alyosha et Sveta ont un fort accent russe, mais je suis sûre qu’il s’estompera avec le temps. Quant à moi, j’avais pris quelques cours il y a des années, et je me débrouille. Il le faut bien, si nous voulons aller vivre au Royayme Uni ! Anatoli travaille à Londres, la capitale. Les photos qu’il nous envoie sont magnifiques. Londres est tellement, tellement différente des grandes villes de l’Union soviétique ! Il y a une âme dans cette ville, une véritable âme. Pas comme dans les blocs d’immeubles dégoûtants construits pour y loger les pauvres à travers la Mère Patrie.

Nous avons décidé de quitter la Russie quelques temps après la chute de l’URSS. Il n’y avait plus rien pour nous, là-bas. Notre si beau pays, défiguré par les constructions insalubres et les usines à l’abandon. Plus de métiers, plus d’argent. Nikolai et toi êtes chanceux d’avoir un bon emploi, et j’espère que tes enfants seront capables d’en trouver un. Je suis persuadée que la situation économique de la Russie s’améliorera, mais pendant combien de temps encore continuera-t-elle à s’empirer ? Je ne voulais pas ça pour ma famille. Il nous a fallu du temps avant de trouver un endroit où déménager. L’Europe, évidemment. Les Etats-Unis, le Canada, très peu pour nous. Trop loin, trop cher, et surtout trop hostiles envers nous. Je n’avais pas envie d’être soit détestée par la population, soit prise en pitié. Nous le sommes déjà ici, mais dans une moindre mesure, j’en suis sûre. Les enfants, en tout cas, n’en souffrent pas du tout. La barrière de la langue est parfois problématique, mais nous faisons avec.

Bientôt nous vivrons à Londres, et, je le dis à chaque fois, j’espère que ce sera enfin la fin de tous nos déplacements. Je suis encore relativement jeune, et j’ai peur que nous soyons forcés à re-déménager, encore et encore. Prie bien pour moi, maintenant que nous avons officiellement le droit.

Il faut aussi que je t’avoue que nous avons quitté la Russie car une nouvelle m’inquiétait. Dans une ville aussi grande que Saint-Pétersbourg, tu trouveras sans doute cela stupide, car il y règne une sorte d’anonymat, mais tout de même. Je t’avais écris, peu après notre arrivée, que je travaillais dans un hôpital en tant que femme de chambre. Figure-toi qu’en regardant le registre… J’ai vu le nom de Macha Antonieva. La mère biologique de Polya. En essayant de me persuader que ce n’était pas elle, j’ai continué à faire semblant quelques jours… Mais impossible de ne pas y penser. J’avais l’impression de la voir à tous les coins de rue. Il est vrai qu’à une époque, j’aurais rendu Polya à sa mère. Mais plus maintenant. J’ai élevé cette enfant ! Je l’aime comme ma propre fille, et il est hors de question que je m’en sépare. J’ai appris que Macha Antonieva vivait à Saint Pétersbourg, à une dizaine de minutes de chez nous. J’ai prié Anatoli de trouver vite un emploi à l’étranger.

Certains pourraient trouver ma décision injuste, égoïste. Mais ne serait-ce pas égoïste de la part de Macha de vouloir récupérer la fille dont j’ai pris soin pendant tant d’années ? A qui j’ai appris à marcher, parler, compter, lire ! Je veux garder Polya dans ma famille. Comment ferais-je sans elle ? Polya croit qu’Anatoli et moi sommes ses parents. Nous le sommes, moralement parlant. Nous avons élevé cette enfant, et nous l’élèverons encore, jusqu’à ce qu’elle vole de ses propres ailes. Biologiquement, c’est une autre histoire. Mais Macha n’a pas vu sa fille depuis six ans, et Vassili est mort. Six ans… On pourrait penser que six ans passent rapidement. Que ce n’est pas une longue période de temps. Mais après tout ce que nous avons vécu, tout ce que nous avons traversé ensemble ; jamais je n’accepterai de me séparer de Polya. C’est ma fille à présent. C’est d’ailleurs marqué sur ses papiers d’identité. Nous avons tout fait refaire, de manière à l’enregistrer légalement comme notre fille. Nous avons prétendu que tous nos papiers étaient restés à Pripiat, ce qui est vrai, en soit, mais nous avons tout de même un peu triché. Je t’explique ceci car tu es la seule personne à qui je puisse faire une confiance aveugle, en dehors de mon époux.

J’espère que tu comprendras ma décision concernant Polya, et que tu accepteras de venir nous rendre visite, lorsque nous habiterons à Londres. J’espère que tout va bien en Russie.

Je t’embrasse
Mila

12 mars 2012

Chère Galya,

Je suis Polya, la fille de Mila. Nous ne nous sommes jamais rencontrées, à mon grand désarroi, mais Maman parlait souvent de vous. Elle se rappelait avec bonheur et nostalgie votre enfance, et j’ai toujours eu le sentiment de vous connaître réellement, malgré les milliers de kilomètres nous séparant. A l’ère de la technologie, Maman restait fidèle à votre correspondance, et attendait vos lettres avec impatience. Elle se délectait de leur lecture, y passait des heures, les relisant une fois, deux fois, vingt fois. Elle m’a plusieurs fois récité des lettres que vous lui envoyiez lorsque j’avais du mal à m’endormir le soir. Elle vous aimait tellement.

Je vous écris aujourd’hui, par lettre, car j’imagine que c’est ce qu’elle aurait préféré, pour vous annoncer le décès de ma mère, votre sœur. Elle est morte dans son sommeil, hier, succombant à une attaque. D’après les médecins, elle est partie dans la douceur, sans souffrir, et, dans ma douleur, je m’en réjouis. C’était, et vous le savez aussi bien, sinon mieux que moi, une femme formidable, qui avait la main sur le cœur, une femme altruiste et instruite, une mère admirable qui faisait ma fierté. Sous son apparence froide et ferme de Russe, se cachait le plus grand et beau cœur qu’il m’ait été donné de connaître. Je suis encore jeune, mais je suis persuadée que jamais il ne me sera donné de rencontrer une personne aussi merveilleuse qu’elle.

Ainsi j’espère que vous serez présente à la cérémonie d’inhumation, le 20 mars, à Londres. Bien qu’elle n’ait vécu ici que 20 ans, elle s’y plaisait tellement et disait souvent qu’elle voulait y finir sa vie. La vie est cruelle, de l’avoir emportée à 53 ans à peine, mais elle est aussi, dans une certaine mesure, bien faite. Maman avait traversé tellement d’épreuves… Elle est partie, je le sais, sereine.

J’espère ainsi vous voir, dans quelques jours, à l’enterrement. J’espère que cette lettre vous parviendra suffisamment tôt, et que je l’ai suffisamment affranchie. Si jamais vous ne pouviez pas venir, car je mesure l’urgence de la situation, vous en seriez évidemment excusée.
Je vous souhaite du courage dans cette douleur qui est maintenant la votre aussi. Vous êtes, bien entendu, toujours la bienvenue à Londres.

Affectueusement,
Polina
19 mars 2012

Chère Polina,

J’ai reçu ta lettre ce matin et je ne peux malheureusement pas me rendre à l’enterrement de ta mère. J’en suis profondément attristée, tant nous nous entendions bien. Cela faisait tant d’années que nous ne nous étions pas revues, et j’aurais aimé pouvoir la serrer dans mes bras une dernière fois. Nous n’avons jamais trouvé l’occasion de le faire, et je le regrette amèrement aujourd’hui.

Cependant il y a une autre chose que je regretterais si je ne le faisais pas, et mon cœur me dicte de le faire. J’ai comme l’impression de trahir ta mère, mais c’est une chose importante. Ne m’en veux pas, même si tu trouveras sans doute cela odieux de ma part. Ta mère était une femme formidable, et ce que tu vas découvrir dans les lettres que je joins à celle-ci ne doit pas t’en faire douter. Seulement je ne peux garder le silence plus longtemps, et j’espère que tu pardonneras ta tante de soulager sa conscience.

Polya, ne m’en veux pas. N’en veut pas à ta mère. Ce qu’elle a fait était discutable, mais pour ton bien, j’en suis sûre. Pour le sien aussi, évidemment, mais elle avait dû faire face à tellement de traumatisme, que cela aurait été la goutte de trop. Elle ne s’en serait jamais relevée. Je sais qu’elle a vécu dans le remords, la peur, le regret tout le temps de sa vie après qu’elle ait fait ceci. Mais tu l’as aidée à avancer, grâce à ton amour.

Autant que ta mère Polina, tu es une femme formidable. Les descriptions qu’elle me faisait de toi sont, je n’en doute pas un instant, fidèles à la réalité. Elles sont toutes élogieuses. Tu as la vie devant toi, Polina. Ne laisse pas ton passé la gâcher.

Je t’embrasse,
Ta tante Galina

PS : à lire après avoir lu les lettres
Il existait une Macha Antonieva, de l’âge qu’aurait ta mère, vivant à Novossibirsk en 2000. Je ne sais s’il s’agit réellement d’elle.  Je ne sais si elle habite encore à Novossibirsk. Ta mère n’avait cessé de la traquer, pour connaître ses moindres déplacements, je ne sais comment. Après 2000, elle a arrêté. Il est possible qu’il s’agisse de ta mère, mais il est aussi possible que ce soit une autre femme. Je n’ai aucun renseignement précis. Je te dis ceci car je sais que tu chercheras à la retrouver. S’il te plaît, ne gâche pas ta vie à ceci. Je comprendrais que tu essayes de reprendre contact avec elle, et serait hypocrite de dire que je n’y avais pas pensé en t’envoyant ces lettres. Mais tu as ta vie à Londres aussi, tes amis, ta famille à présent. Pèse précautionneusement le pour et le contre, avant de te lancer dans cette aventure. Je serais tout de même à ta disposition si tu as besoin d’aide.




Dernière édition par Polina A. Kaprianova le Dim 6 Juil - 23:40, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: PAK — hard to forget, hard to remember.   Sam 5 Juil - 18:56


that is the question
Rêve ou réalité, toujours est-il que vous êtes chez le psy, allongé sur ce fameux divan, à faire le bilan de votre vie merdique ou parfaite, tout en sachant qu’un développement parfait n’existe pas que nous sommes tous au mieux normalo-névrotiques. Au cours de la séance votre psychiatre aborde différents sujets et c’est en essayant d’être vraiment honnête pour une fois que vous répondez à ces quelques questions, parce qu’après tout il a de jolis cheveux.

→ Dans la vie, on cherche toujours à atteindre un but, quelque chose de vraiment personnel, un idéal de vie, un rêve, quelque chose qui vous rendrait heureux(se) finalement. Pour vous qu’est-ce que c’est ? Evidemment, rencontrer ma mère. Mes frères et sœurs, peut-être, si j’en ai. J’aurais peut-être aussi voulu essayer de comprendre ce qui a poussé Mila à faire ça, mais j’ai l’impression de le comprendre déjà.

→ Et qu’est ce qui vous bloque en fin de compte ? Tout est tellement difficile… Je ne sais pas par où commencer. Galina, ma tante, m’a offert son aide, mais comment aborder le sujet ? Et où aller ? Je suis retournée cinq fois en Russie depuis que j’ai appris à propos de ma mère, mais je n’ai rien fait, parce que je n’ose pas, et je ne sais pas. Je suis vraiment déboussolée. Et puis… Il y a aussi le fait que j’aimais Mila. Je l’aimais comme ma mère, puisque je pensais qu’elle l’étais. Evidemment, maintenant que je sais qu’elle ne l’est pas, je suis un peu amère à son sujet… Mais tout de même, je veux dire, c’est elle qui m’a élevée. Concrètement, elle n’a pas fait grand-chose de mal.

→ Je vois. Est-ce que vous avez des regrets ? Beaucoup. Des regrets d’avoir envoyé cette lettre à Galina, puis d’avoir lu celles que ma mère lui avait envoyées. Parfois je crois qu’il vaut mieux rester dans l’ignorance… Aucun regret par contre ne de pas avoir compris de moi-même que Mila n’était pas ma mère, elle a tellement bien joué le jeu… Elle ne l’a pas fait par cruauté, elle l’a fait au final parce qu’elle avait l’impression qu’elle me perdait. Je veux dire, quand elle a décidé de quitter la Russie. Et évidemment le fait que maintenant, je ne sais pas quoi faire, vers qui me tourner. A chaque fois que je vais en Russie je reste à pleurer dans ma chambre d’hôtel.

→ Qu’est-ce qui vous rends heureux(se) dans votre vie aujourd’hui. Une personne, une passion ? Mon travail. Mes collègues sont tellement nombreux, et pourtant ce sont tous mes amis. Oh, j’ai d’autres amis, mais ceux de la compagnie ont juste plus de valeur à mes yeux, dans un sens. Bien sûr, ma famille… enfin, ce qu’il en reste, compte aussi beaucoup pour moi. Sveta est là pour moi. Je lui ai dit à propos de Mila. Elle est vraiment compréhensive, même si elle ne peut pas trop comprendre. Alyosha, lui, ne sait pas. Enfin je ne lui ai rien dit, en tout cas. Mais il a toujours été le meilleur des grands frères. Anatoli, lui, il sait. Mais depuis la mort de Mila, il s’est remarié et vit à Birmingham, alors je ne le vois que peu, et je n’ai jamais osé aborder le sujet avec lui. J’ai pris un peu de distance par rapport à eux depuis les lettres, mais ils sont vraiment adorables.

→ Et est-ce que vous vous sentez seul parfois ? Malgré tout oui. Parce que j’ai l’impression d’être coincée là-dedans, vous voyez ? Je suis une des rares à savoir. Et alors que je me sentais entourée et aimée avec Mila et Anatoli, et mes frères et sœurs ; maintenant j’ai l’impression d’être seule, comme privée de ma réelle famille. Et le fait de me dire que ma mère est sans doute morte renforce ce sentiment, parce que j’ai l’impression que les maigres recherches entamées ne mèneront probablement qu’à une tombe froide de Sibérie. Et cet espoir, ridicule, d’avoir peut-être encore de la famille… Je veux dire, une vraie sœur. Une qui aurait la même mère. Pas le même père… Il y a ça aussi. Je sais que mon père est mort. Je ne l’ai jamais connu… Mais ça me fait terriblement mal. Il me manque, bizarrement. Vous penserez que c’est uniquement psychologique, un blocage ou quelque chose ? Peut-être, oui. Mais quand même… C’est… C’est compliqué.

→ Rien d’anormal je vous rassure, mais dîtes moi, qu’est ce que vous attendez des autres, qu’ils vous aiment, qu’ils vous comprennent ou qu’ils vous respectent ?? Les trois ? Je ne me suis jamais sentie si livrée à moi-même que maintenant. Qu’ils m’aiment, je sais que ma famille ici fait ça pour moi. J’imagine que Galina, en Russie, m’aime suffisamment, ou pensait que c’était de l’amour, pour m’avouer ce genre de secret. Qu’ils me comprennent est impossible, dans la mesure où ils n’ont pas vécu ça. Ils essayent de comprendre… Enfin, Sveta et Galina. Elles essayent de comprendre, j’ai l’impression. Mais à quoi bon ? Elles ne se mêlent pas de mes affaires, elles ne savent vraiment rien. Seulement la partie émergée de l’iceberg, je dirais ? … Excusez-moi docteur, je raconte un peu n’importe quoi… C’est l’émotion. Je n’ai jamais parlé de ça. J’ai du mal à vraiment mettre des mots sur ce que je ressens.

→ Et qu’est ce que vous attendez de vous même ? Trouver le courage d’aller jusqu’au bout de mes démarches. Trouver ma mère, même si ça ne dépend pas uniquement de moi. J’aimerais faire tout ce que je peux… Peut-être pour me dire au final que malgré tout, j’aurais tout fait pour la retrouver, et que si je n’y suis pas arrivée ce n’est pas que ma faute. Sans doute être moins défaitiste, aussi, alors.

→ Et Peut être que vous vous en demandez trop. Qu’en pense votre entourage ? Vous écoutez ce que je vous dis ? Seulement Sveta le sait, et Galina, mais elle vit près de Vladivostok, en Russie. Elles pensent toutes les deux qu’il faudrait que je retrouve ma mère… Mais il est aussi fort probable qu’elles disent ça pour me faire plaisir. Pour que j’ai l’impression d’être soutenue. Elles ne peuvent pas dire objectivement ce qu’elles pensent de cette affaire, si ? Elles doivent me soutenir… C’est comme ça, une famille. Enfin. C’est marrant. Ce serait comme ça une famille en Russie. Liée.

→ Est ce que vous sentez soutenu(e) dans vos choix par votre famille et vos amis ? Vous ne prenez pas des notes de ce que je dis ? Je viens de vous le dire, à l’instant ! Oui et non. J’ai l’impression que le soutien qu’on m’apporte n’est pas… Oh, je ne trouve pas mes mots. Pas vrai ? Je ne sais pas, je ne sais pas… Je vous ai déjà tout dit à ce sujet.

→ Bien, nous continuerons la semaine prochaine si vous voulez bien, n’hésitez pas à m’appeler si vous avez un souci d’horaire.


Dernière édition par Polina A. Kaprianova le Sam 12 Juil - 11:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: PAK — hard to forget, hard to remember.   Sam 5 Juil - 19:02

Hello bienvenu et bonne chance pour ta fiche
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MessageSujet: Re: PAK — hard to forget, hard to remember.   Sam 5 Juil - 21:40

bienvenuuuuuuue sur ttr ! bon courage pour ta fiche ! j'adore le pseudo
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MessageSujet: Re: PAK — hard to forget, hard to remember.   Sam 5 Juil - 21:50

Merci vous deux
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MessageSujet: Re: PAK — hard to forget, hard to remember.   Sam 5 Juil - 22:21


Bienvenue sur TTR !
Bon courage pour ta fiche & si tu as des questions n'hésite pas à nous mpotter
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MessageSujet: Re: PAK — hard to forget, hard to remember.   Sam 5 Juil - 22:54

Citation :
→ né(e) le 2 janvier 1986 à Pripiat, RSS d'Ukraine.

4 mois après tu ne serais jamais née dans cette ville Arrow

Bienvenue sur TTR & bonne chance pour ta fiche tu es la première hôtesse de l'air ici
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MessageSujet: Re: PAK — hard to forget, hard to remember.   Sam 5 Juil - 23:40

Hihi oui je sais, ça fait partie de l'histoire du perso   

Merci vous deuuux
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MessageSujet: Re: PAK — hard to forget, hard to remember.   Dim 6 Juil - 14:13

une hôtesse de l'air, c'est original ça
bienvenue
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MessageSujet: Re: PAK — hard to forget, hard to remember.   Dim 6 Juil - 15:22

Bienvenue parmi nous
J'adore le côté histoire que tu as voulu apporter, j'ai hâte de lire

N'hésite pas à nous rejoindre sur la box de temps en temps, et si tu as la moindre question, le staff est à ta disposition !
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MessageSujet: Re: PAK — hard to forget, hard to remember.   Dim 6 Juil - 16:49

Merci à vous !  
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MessageSujet: Re: PAK — hard to forget, hard to remember.   Lun 7 Juil - 10:27

Bienvenue ici (a)
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MessageSujet: Re: PAK — hard to forget, hard to remember.   Lun 7 Juil - 14:21

Bienvenue à toiiii    
J'aime déjà beaucoup ce que tu as écrit. J'ai dévoré les lettres et j'ai hate de voir ton personnage en action en rp   
Et si t'as la moindre question, n'hésites pas à nous contacter   
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MessageSujet: Re: PAK — hard to forget, hard to remember.   Lun 7 Juil - 18:50

Oooh merci beaucoup, ça me fait plaisir

J'ai hâte de pouvoir rp héhé
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MessageSujet: Re: PAK — hard to forget, hard to remember.   Ven 11 Juil - 12:50

tu as jusqu'à demain normalement, est-ce que tu veux un délai ?
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MessageSujet: Re: PAK — hard to forget, hard to remember.   Sam 12 Juil - 11:06

Non, merci, j'ai finiiii
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MessageSujet: Re: PAK — hard to forget, hard to remember.   Sam 12 Juil - 13:25

waaaw j'adore ton histoire, ta façon d'écrire, ton personnage.... je te valide donc sans hésiter !
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MessageSujet: Re: PAK — hard to forget, hard to remember.   Sam 12 Juil - 16:06

Oooh merci beaucoup beaucoup beaucoup   
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MessageSujet: Re: PAK — hard to forget, hard to remember.   

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PAK — hard to forget, hard to remember.
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