Daddy's home, but Cally's gone | Papa Von Brezen !

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MessageSujet: Daddy's home, but Cally's gone | Papa Von Brezen !   Sam 22 Jan - 1:20

    Une note. Une lettre, plus exactement. Dans une jolie enveloppe, scotchée derrière. Accrochée à un verre à moitié vide, et mon nom écrit dessus en jolies lettres manuscrites. Léandre. Son rouge s’était accroché à la bordure du verre.

    L’enveloppe était désormais ouverte, sur la table, une lettre posée à sa droite. J’ai mis mes mains dans les poches de mon jean, et me suis mordu la lèvre assez fort pour empêcher mon cerveau de penser. J’avais l’étrange sensation que le sol se dérobait sous mes pieds, sans que je ne puisse rien y faire. Que j’allais tomber en m’entrainant dans une chute sans fin, une épouvantable sensation de déjà-vu étant en train de grandir en moi. Partie. Rentrée serait sans doute un mot plus exactement employable, mais elle n’était plus là. Plus là. J’ai repris la lettre pour la relire de nouveau, luttant contre les larmes qui me montaient aux yeux, insolentes. J’espérai de tout cœur que j’étais en train de rêver, que j’allais me réveiller au point et en forme, ma sœur dormant dans sa gigantesque chambre à côté de la mienne, la maison bientôt animée de cris et de rires cristallins, d’oreillers volants et de courses dans les escaliers. « Calliope… » Comme si dire son nom allait changer quelque chose, je le répète, et à chaque fois un peu plus fort. Ca n’a d’importance que parce que j’ai peur, viscéralement peur. Qu’il lui arrive quelque chose, qu’elle s’égare, se perde, ne se retrouve plus.
    Il va falloir l’annoncer. Une furieuse envie de parler, de crier était montée en moi en l’espace de quelque secondes, mais qui prévenir ? A qui le dire, et comment ? Tristan le prendrait sans doute tout aussi mal que moi, Laureline serait triste… Et les autres ? Quelle importance ?

    C’est la solitude qui m’ait ensuite tombé dessus, lourde et cruelle. L’impression infini d’être tout seul face à tout le bordel qui allait suivre, face à tous ceux qui restaient et voudraient savoir pourquoi. Pourquoi, d’ailleurs ? Est-ce que la vie ici était à ce point désagréable ?
    La lettre dans la main, je me suis assis sur une marche menant à la cuisine, regardant dans le vague en cherchant un point de repère. Bien entendu, elle n’était pas perdue et bien sûr, j’aurais l’occasion de la voir régulièrement. Et la famille, aussi. Mais à l’autre bout de la planète ou presque, toute seule dans son pays d’origine, et moi tout seul ici, avec trop d’obligations pour partir. Et puis non, en fait. Peut être pas. Qui se soucierait vraiment de mon départ ? Ca ferait sans doute un coup aux autres, sans doute seraient-ils tristes, ou déçus, mais il en faudrait plus pour déclencher un deuil local. Le départ de Cally allait sans doute faire parler de lui à la fac, mais le départ du frère prodigue, Léandre ? Qu’est-ce qui était le plus important ? Veiller sur elle, l’avoir prêt de moi, ou la laisser faire sa vie et vivre la mienne jusqu’à ce que d’elle-même, elle décide de revenir ? Les questions défilaient, insolents, et mon cœur battait la chamade jusque dans mes tempes.

    Je me suis levé d’un coup, tout semblait clair. J’ai monté les marches jusqu’au premier, puis jusqu’au deuxième, dans ma chambre. La valise était planquée sous le lit, je le savais, elle était tout ce que j’avais en arrivant ici. J’ai tout foutu dedans, d’un geste rapide, déterminé, comme si l’idée que je venais d’avoir était lumineuse et géniale, comme si elle allait résoudre tous les problèmes que je m’étais imposés jusque là.
    Et puis l’absurdité de la chose m’est apparue soudainement. Cela ne servait à rien de la suivre, quelque soit l’endroit où elle était partie. Si elle m’avait voulu avec elle, elle aurait demandé. Et c’est cette idée, que je me voyais accepter petit à petit, qui me fit me laisser glisser par terre, des larmes de tristesse mêlée d’angoisse roulant sur mes joues. J’aimais ma sœur, et si quelque chose arrivait alors que moi, pauvre grand frère illusionné, je ne cherchais pas à la retrouver, je ne me le pardonnerai jamais. Mais aussi déplaisante que fut l’idée, je ne pouvais rien faire. Rien faire du tout.

    J’ai jeté un œil sur ma valise prête, et me suis contenté de la pousser du lit. Je rangerai plus tard, quelle importance, de toute façon ? Personne ne dirait quoi que ce soit. La porte du bas à claqué, sonnant le moment des révélations. Le moment de l’annonce, le moment qui fait mal. J’ai replié la lettre en 4, l’enfonçant dans la poche intérieure de ma veste de costume, le spécial rendez vous d’affaire, et je me suis relevé. Doucement, comme un vieillard fatigué, me hissant sur mes jambes comme accablé par la lourde tache qui m’attendait. J’ai soupiré, ravalant les larmes qui menaçaient de plus en plus de m’échapper. Maintenant il n’était plus question que d’être fort, déterminé. Cohérent.

    J’ai redescendu les marches que je venais de monter, et suis tombé nez à nez avec mon père, l’air fatigué mais plutôt satisfait, qui venait de passer la porte de la maison. « Bonsoir. » J’ai soupiré de nouveau, ne sachant que dire, peu habitué des séances démonstratives avec mon père. J’aurais préféré que ma mère rentre sans doute, pour la prendre dans mes bras, lui expliquer ma détresse. Pour eux, c’était plus facile de comprendre que Cally voulait voyager, vivre son indépendance. Pour eux, c’était un peu triste, mais une fois l’habitude installée, ils seraient dans le rythme, habitués. Pour eux, les voyages n’étaient pas un problème. « Cally est… » J’ai voulu terminé ma phrase mais ma voix m’a manquée. J’ai inspiré de nouveau, regardant mon père, mes mains glissées dans les poches de mon pantalon. « Cally est partie. Vivre sa vie en Autriche. » J’ai haussé une épaule, baissant les yeux vers le sol. C’était sa fille chérie. Sans doute allait-il recevoir un coup sur la tête, même s’il se ferait à l’idée plus vite que moi. « Elle est partie… Comme ça. » J’ai fermé les yeux, une douleur infinie s’emparant de chacun de mes membres.
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MessageSujet: Re: Daddy's home, but Cally's gone | Papa Von Brezen !   Ven 28 Jan - 1:46

Matthew avait passé une bonne journée. Il s’était levé comme tous les matins à 7 heures et était parti avant que ses enfants n’aient pu ne serait-ce que penser au fait qu’ils pourraient peut être se réveiller. Il serait bien allé leur faire un bisou avant de partir, même s’ils dormaient, mais Léandre n’avaient pas totalement tord lorsqu’il disait qu’ils avaient 21 et 24 ans… Mais Matthew se rappelait encore comme ils étaient mignons et obéissants une vingtaine d’années auparavant. Le temps passait décidemment trop vite.

Matthew était arrivé à 9 heures à l’ambassade, avait passé quelques coups de fils importants et houspillé quelques assistants (une des choses qu’il aimait le plus dans son métier) qui, d’après lui, pensaient être en train de vendre des bigs macs chez Mc Do alors qu’ils négociaient des accords primordiaux entre l’Autriche et le Royaume Uni. L’après midi, il avait été à un rendez vous à Downing Street duquel était ressorti que les taxes imposées aux importateurs de textile autrichiens seraient baissées de 10%. C’était une négociation inespérée que Matthew était ravi d’avoir mené à bien avec aussi peu de résistance du côté adverse, pourtant universellement reconnu comme radin. Après avoir prévenu Vienne de cette prouesse, Matthew décida qu’il en avait assez fait pour la journée et qu’il était temps de rentrer chez lui.

Il était ravi à l’idée de voir ses enfants, qu’il osait espérer levés à présent. Il avait l’impression d’avoir raté une partie de leur éducation à cause de son travail et tentait de le réparer maintenant même si ce n’était pas chose aisée. En effet, si ses enfants étaient en général adorables et agréables, il sentait bien que la confiance qu’ils lui portaient était plus ou moins limitée. Il en souffrait, mais essayait de le réparer plutôt que de se lamenter sur son sort.

Matthew entra donc dans sa voiture, mis un CD au hasard et démarra. C’est en chantant à tue tête « She waaaas aaaa Daaaaay triipppeeeeer » qu’il se lança dans les embouteillages de fin de journée habituels. Vivre à Oxford était un choix qui pouvait paraître étrange, dans la mesure où Matthew et sa femme travaillaient tous les deux à Londres. Mais toute la petite famille Von Brezen préférait le cadre plus calme et moins bruyant d’Oxford à celui de Londres. Sans compter que leur villa d’Oxford était bien plus spacieuse que celle de Londres.

C’est avec soulagement que Matthew vit le panneau annonçant qu’il entrait dans la ville d’Oxford. Il se gara devant la maison, attrapa ses clés et sortit de la voiture. Une petite bruine tombait as usual. C’était le seul vrai désavantage que Matt trouvait à l’Angleterre : la pluie. Il était parfaitement impossible de faire trois pas dehors sans finir complètement trempé, comme à la sortie d’une douche.

Une fois entré, Matthew posa son manteau et sa veste de costard, enleva son costard et cria de toutes ses forces :
« LEANDRE ! CALLY ! VOUS ÊTES LAAAAA ? »
Aucune réponse ne parvint à ses oreilles. C’était le défaut de ses grandes villas, on ne savait jamais qui était là et Matthew passait son temps à s’égosiller sans recevoir de réponse pour la bonne et simple raison que les chambres des enfants étaient au deuxième étage, et que la maison était trop bien insonorisée pour laisser passer des bruits.

Alors qu’il allait se lancer dans l’escalier, il vit Léandre en descendre. Il était tout pale et semblait à deux doigts de pleurer. Il murmura un « bonsoir » qui manquait d’entrain puis il dit, après quelques balbutiements, ces trois mots terribles.

« Cally est partie »

Cally-est-partie.
Callyestpartie.
Cally. Partie.

Cette phrase résonnait en boucle dans l’esprit de Matthew. Partie ? Comment ça partie ? Sa fille à lui ? A cause de lui ? Partie où ? Cela, Léandre l’avait dit. Elle était partie en Autriche. Mais chez qui ? Des questions se bousculaient dans l’esprit de Matthew, il n’avait pas à percevoir la réalité de ces paroles. Il se doutait que le choc avait du être bien pire pour Léandre qui était bien plus proche de sa sœur qu’elle ne l’était de son père, mais cette réalité là aussi avait du mal à intégrer son cerveau. Il était totalement choqué, mais tenta de reprendre ses esprit, il le devait, pour Léandre. Le bonheur qu’il avait éprouvé quelques heures plus tôt en réussissant cette négociation lui semblait on ne peut plus lointain. Il s’éclaircit la gorge.

« Léandre… Vient dans la cuisine et raconte moi tout. Je suis son père nom de dieu ! Elle aurait pu me… »

Sa voix se brisa. Même s’il n’avait pas été très proche de ses enfants pendant un temps, il restait leur papa et la définition même de la fonction de papa était de s’inquiéter pour ses enfants.

Il emmena Léandre dans la cuisine. Il n’avait jamais été très bon pour les consolations, surtout quand il était lui aussi en état de choc, mais lorsqu’il lui arrivait quelque chose, il avait besoin de manger quelque chose. Il prépara donc deux tasses de chocolat chaud spécial Von Brezen, sortit des marshmallows et des gâteaux d’un placard puis s’assit en face de son fils en posant une tasse devant chacun d’eux.

« Raconte. Tout ce que tu sais. Avant que ta mère rentre » dit-il en attrapant un marshmallow. « S’il te plait. »
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MessageSujet: Re: Daddy's home, but Cally's gone | Papa Von Brezen !   Mer 2 Fév - 15:45

La douleur de mon père s’ajouta à la mienne, alourdissant le fardeau qu’elle venait de m’infliger. Comment lui dire, lui expliquer, à lui ? C’était impossible. Il fallait que quelqu’un le fasse pour moi. Nous étions trop jeunes et lui trop loin de nos réalités. Nous avions toujours été aussi indépendants que proches de nos parents, d’aussi loin que je me souvienne, et ça n’était pas prêt de changer. J’aimais mes parents plus que tout, je savais que Cally aussi, et nous chérissions ces liens familiaux qui étaient les nôtres. Mais mes parents étaient trop dans leurs mondes pour comprendre. Calliope était trop compliquée. Ils ne pouvaient pas imaginer ce qu’elle avait traversé, les états par lesquels elle était passée. Et ça n’était pas à moi de le leur expliquer. Elle ne le ferait sans doute jamais, mais moi non plus : j’aurais trop l’impression de la trahir, de dévoiler une part d’elle-même que moi-même je n’étais pas censé connaitre.

Je ne savais pas quoi faire, et je restais planté devant mon père comme s’il allait trouver la solution. Mais au lieu de ça, mon père cherchait lui aussi des explications. Si j’avais été dans mon état normal, sa requête m’aurait semblé tout à fait normale, mais j’étais tellement à bout que ses demandes réquisitionnaient un effort inimaginable de bonne volonté que je n’étais pas en mesure de fournir. Je me suis tu, me laissant d’abord embarquer à la cuisine, ou il farfouilla dans les affaires et la bouffe pour cuisiner quelque chose qui, sans doute le pensait-il, me changerait les idées suffisamment longtemps pour que je puisse reprendre mes esprits. Ce que je tentai désespérément de faire, cherchant une explication suffisamment satisfaisante à lui sortir sans avoir besoin de déballer les secrets sentimentaux de la vie particulièrement débauchée de ma petite sœur.

« Papa… » J’ai froncé le nez, inspirant pour rester zen. D’autant que je sache, j’étais le pilier normalement constitué dans cette maison, et celui surtout qui serait capable de ne pas se montrer trop inquiet au sujet de sa sœur, du moins l’espérais-je. « Assieds-toi cinq minutes tu veux ». J’ai regardé la tasse qu’il me tendait, laissant un flot de souvenirs flous mais heureux me revenir à l’esprit. Calliope aurait tué pour un chocolat comme ça après une dure journée de cours. J’ai ravalé la haine mêlée de tristesse assassine qui s’emparait de moi au fur et à mesure que je réalisais qu’elle ne rentrerait pas. Plus. Terminée, la vie Oxfordienne, terminée les allers-retours à la fac à l’heure du déjeuner. Terminé. Quelques semaines plus tôt à peine, nous célébrions l’annonce d’un départ à Paris pour les vacances de Noël. Tout semblait presque parfait, et ces quinze jours avaient d’ailleurs hébergés de nombreux souvenirs. Mais qu’en serait-il maintenant ? Retournée en Autriche, elle allait faire sa vie comme bon lui semblait là bas. Et moi, j’avais trop d’attaches ici désormais. Ne serait-ce qu’avec le boulot, et les amis rencontrés, la maison. Je comptais m’installer, je comptais faire quelque chose de mes 24 ans, et non pas rester là à voyager entre les pays sans aucune attache. Suivre ma sœur n’était malheureusement pas un plan de vie future et je savais que si elle était partie c’était pour une bonne raison, non pas pour le plaisir de faire souffrir les gens.

« Elle avait besoin d’un retour aux sources, il faut que tu comprennes. » Les mots s’échappaient tous seuls, sans que je n’y porte plus d’intérêt que ça. Je n’y croyais pas moi-même, n’écoutant pas un mot de ce que je disais, perdu dans mes pensées. Partie. Quelles étaient les chances pour que je la revois dans l’année à venir ? J’avais besoin d’elle, besoin de veiller sur elle, sans quoi je ne me sentais pas suffisamment complet. L’adaptation allait être difficile, je n’en doutais pas. Malheureusement, le choix n’était pas le mien. Elle avait choisi pour moi, sans m’en parler, sans me prévenir. Sans dire au revoir, sans expliquer. Et maintenant, il fallait que j’assume le poids de sa décision devant mon père, qui semblait aussi perdu que moi à ce moment précis.
« Je crois qu’elle avait besoin de faire le point. Elle n’a pas laissé plus d’explications que ça… » Je me gardais de montrer la lettre, trop personnelle, trop intime. J’ai attrapé ma tasse pour boire une gorgée comme si elle avait contenu un alcool fort qui m’aurait permis d’oublier toute cette merde.
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MessageSujet: Re: Daddy's home, but Cally's gone | Papa Von Brezen !   Dim 6 Mar - 14:16

Calliope. Ma fille. Partie. Je parlais avec Léandre et pourtant j’étais totalement ailleurs. J’aurais du être là pour mon fils. J’aurais du appeler ma femme. J’aurais du courir à l’aéroport chercher Cally tout en sachant bien qu’il était trop tard. Mais j’en étais incapable. Je ne pouvais rien faire de plus que préparer un goûter et écouter mon fils. Mais ce n’était pas comme ça que ça devait se passer. Non. J’aurais du réagir avec plus de calme et m’occuper de mon fils avant tout. Pourquoi n’en avais-je pas été capable ? Peut être parce que cela me donnait l’impression d’être un père absolument nul. Mais elle ne serait pas partie pour ça. Quand ça se passait mal entre nous deux Calliope était rarement vraiment bouleversée. Jamais en fait. Un problème avec Léandre ? Je lui jetais un coup d’œil. Non. Il ne l’aurait pas laissée partir. Mon fils n’était pas du genre à avoir des problèmes avec les gens qu’il rencontrait.

Mais quel était le problème alors ? Ma femme aurait certainement fait face à la situation mieux que moi, mais que pouvais-je y faire ? Je restais moi malgré tout. Je ne savais pas réagir à ce genre de situations de crises, je n’avais jamais été capable de consoler quelqu’un à qui il était arrivé plus qu’un vague accident et une jambe dans le plâtre. Tout le monde le savait. Mais ce n’est pas pour ça que « tout le monde » ne s’attendait pas à ce que je réagisse mieux en apprenant le départ de ma fille.

Léandre me demanda alors de m’asseoir ce que je fis sans résister. Je grappillais quelques marshmallows, par gourmandise, pour m’occuper les mains, attendant qu’il me révèle les tenants et les aboutissants du départ de Calliope. Il était fixé sur sa tasse de chocolat chaud, semblant chercher ses mots. Je trempais un marshmallow dans mon chocolat. Une vague de souvenirs me submergea. Calliope, furieuse pour une raison x, y ou z, lançant un gâteau sur moi avant d’exploser de rire. Calliope, ayant passé une mauvaise journée, me demandant un chocolat chaud. Calliope, se comparant elle-même à Veruca de Charlie et la Chocolaterie. Tout ces souvenirs et bien d’autres me firent esquisser un sourire. Comment pouvais-je sourire compte tenu des évènements ? Je me sentis immédiatement extrêmement coupable. Léandre releva la tête.

« Elle avait besoin d’un retour aux sources, il faut que tu comprennes. Je crois qu’elle avait besoin de faire le point. Elle n’a pas laissé plus d’explications que ça… »

Un retour aux sources ? Comment ça ? Des questions continuaient à se bousculer dans ma tête mais je sentais qu’elles exaspéraient Léandre qui devait s’en poser au moins autant. Mais ne pas avoir de réponse m’était insupportable. Où était passée ma femme ? Il était presque 18h, elle ferait mieux que moi face à la situation. Encore une fois, j’eu honte de cette pensée au moment où elle me traversa l’esprit. Non. J’y arriverais tout seul. Pourquoi pas après tout ?

« Et toi ? Ça va ? Tu tiens le coup ? »

C’était à présent ce qui me préoccupait le plus. Je connaissais assez Cally pour savoir qu’elle se débrouillerait. Elle n’avait jamais vraiment écouté ses parents, ça n’allait pas commencer d’un coup. Elle était assez indépendante pour y arriver. Mais Léandre ? Comment ferait-il sans elle ? Il avait des amis, plein d’amis en fait, en ville mais pourrait –il réussir sans elle ? Oui, il y arriverait. Mais il commencerait par souffrir énormément. Ce qui était tout compte fait assez normal.

« Tu sais chez qui elle est à Vienne ? Je veux juste m’assurer de sa sécurité Léandre. Elle a peut être 21 ans, elle est peut être très débrouillarde, mais elle reste ma fille. Je lui fais confiance, mais je ne supporterais pas de rester sans nouvelles. »

Non. Je ne le pourrais pas. A cette idée, une larme coula sur mon visage. Je l’essuyais rapidement, avant que Léandre ne puisse la voir. Cally ne changerait jamais. Moi non plus.
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MessageSujet: Re: Daddy's home, but Cally's gone | Papa Von Brezen !   Dim 20 Mar - 15:17

« Je te dirai ça quand j’aurais réalisé ce qu’elle m’a… » Je me suis coupé net dans mes appréciations profondément égoïstes. Cally ne m’avait rien fait à moi, elle était partie pour elle, pour fuir. Les dégâts allaient être multiples. Je ne pouvais m’empêcher de penser à Laureline, à Tristan, ou à Julia. Autant de personnes qui souffriraient de son absence. Mais ça n’était rien, comparé au vide qui serait créé pour la famille. La maison me paraissait déjà vide, les conversations nettement moins animées. Plus rien ne me retenait ici maintenant qu’elle était partie.
Notre vie me semblait un vaste cache-cache dont elle aurait été l’instigatrice. Elle fuyait, je courais, la retrouvais. La reconstruisais tant bien que mal, et finissait toujours seul dans ma chambre, une lettre à la main, pas d’explications. Mes yeux pour pleurer. « Quand j’aurais réalisé qu’elle est vraiment partie. Excuse-moi, mais pour le moment… Ca n’est pas tellement enregistré dans mon cerveau. »
Ca n’était pas complètement vrai, au demeurant. J’avais la sensation étrange qu’une partie de moi venait d’être sauvagement arrachée. Cette fois, le départ de ma sœur était différent, parce qu’il m’était impossible de la suivre. Je n’étais plus le jeune étudiant de l’époque, sans responsabilités et sans attaches, dont le cœur vient d’être brisé et qui peut se permettre n’importe quoi. Il fallait que je sois à mon poste le lendemain matin à l’heure, pour faire mon boulot comme d’habitude, sans geindre ou rouspéter.

Les raisons de son départ se résumaient-elles à Tristan ? A l’amour qu’elle lui portait sans vouloir l’avouer, au fait que choisir était trop difficile ? « Excuse-moi une minute… » Je me suis levé de ma chaise, attrapant mon portable qui trainait dans un coin. Nouveau SMS dans la tornade de ceux que j’avais déjà envoyé, mais rien n’y faisait, personne ne voulait me répondre. J’ai tenté d’appeler Tristan, pour savoir si quelque chose s’était passé, mais là encore, je ne me suis heurté qu’à la voix joyeuse de ma sœur sur sa messagerie, réveillant en moi les pires sentiments de peur, d’angoisse, de culpabilité. Ou diable pouvait-elle être passée ? Pourquoi s’être montrée aussi cruelle ? Ignorait-elle les conséquences éventuelles de ses actes ? Elle était intelligente, elle savait qu’elle avait trop à perdre, et trop de blessures à infliger. Il devait y avoir une raison, une raison fondamentalement douloureuse.

« Ca ne répond pas. Toujours pas. » J’ai secoué la tête, reprenant place. Je n’attendais pas de réconfort venant de mes parents. Ils seraient de toute façon tous les deux bouleversés, mon père encore plus parce qu’il voyait en Cally sa petite protégée, sa fille chérie, la prunelle de ses yeux. La lettre, dans ma poche intérieure gauche, semblait peser une tonne. Je ne savais pas quoi faire, comment me comporter ou comment réagir. Face à mon père, sans doute plus perdu que moi. Mais il ignorait lui, les histoires que Calliope avait vécu à Berlin. L’explosion, l’alcool, la drogue, toutes ces choses, parties intégrantes de sa vie passée, et dont j’avais réussi non seulement à la sortir mais en plus l’écarter. S’il savait, il serait sans doute déjà parti à sa recherche. Peu importe.

« Je n’ai pas la moindre idée d’où elle se trouve, Papa. Elle m’a juste dit qu’elle partait pour Vienne. Mais c’est une adulte responsable… » J’ai froncé le nez, peu convaincu par ma propre réplique. « Majeure. Elle saurait se débrouiller. Et elle finira par revenir. Je crois… J’espère. » Je ne devais pas être très convaincant, car le mensonge éhonté que je venais de sortir ne semblait pas avoir pris. « Tu devrais peut être le dire à Maman », ai-je lancé, mal à l’aise, en avalant une gorgée de mon chocolat sans savoir quoi ajouter ou que faire d’autre, ni comment me montrer réconfortant. « Il vaut mieux qu’elle ne l’apprenne pas en passant la porte… » Peut être était-ce à moi de le faire, après tout. Ou peut-être était-ce trop tard. Elle allait arriver, l’apprendre, et là il faudrait que je sois suffisamment fort pour tenter de la réconforter. Mes liens avec ma mère étaient relativement proches de ceux qu’entretenaient Cally et mon père.
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MessageSujet: Re: Daddy's home, but Cally's gone | Papa Von Brezen !   Dim 17 Avr - 19:49

J’avais terriblement honte. Je n’étais même pas capable de consoler mon fils après le départ de sa sœur. Je ne pensais qu’à moi, qu’au fait que ma fifille chérie était partie. Son départ me donnait l’impression de ne rien valoir en tant que père, mais je ne faisais que le confirmer lorsque je regardais Léandre se décomposer sans être capable d’autre chose que de lui donner trois chamallows et un chocolat chaud.

« Quand j’aurais réalisé qu’elle est vraiment partie. Excuse-moi, mais pour le moment… Ca n’est pas tellement enregistré dans mon cerveau. »

J’attrapais ma tasse de chocolat et me cachais derrière. Le départ de Calliope me semblait tout autant irréel. J’avais toujours l’impression qu’elle allait passer la porte et entrer dans la cuisine pour me raconter sa vie, en omettant les choses intéressantes, et me réclamer quelque chose. Si seulement elle avait pu passer le pas de la porte en cet instant elle aurait tout ce qu’elle aurait demandé, d’une ligne de téléphone personnelle à un écureuil.

« Je pense que c’est assez normal. J’ai l’impression qu’elle va arriver dans la cuisine d’un moment à l’autre tout en sachant pertinemment que ça n’arrivera pas. C’est assez bizarre… »

Léandre se leva alors. Je l’entendis pianoter sur son portable. Evidemment. Nous n’étions pas les seuls concernés. Cally avait de nombreux amis à Oxford qui devaient être affectés de son départ. Des amis qui ne répondaient pas au téléphone apparemment.

« Ils auront tes messages plus tard. Ils ne peuvent pas se douter. Si ? »

J’avais l’impression de ne pas tout comprendre à cette histoire. Il me manquait évidemment des épisodes. Je ne connaissais pas toute la vie de mes enfants, et surtout pas leurs parties les plus sombres. Calliope avait aussi bien pu avoir des problèmes de couples que de drogue sans que je n’aie jamais été au courant. Je lui faisais confiance et je n’avais jamais envisagé qu’elle puisse avoir ce genre-là de problèmes. Mais je remettais tout en question. Je ne voyais aucune raison dans ce qu’elle m’avait raconté de sa vie pour qu’elle soit partie comme ça. Peut être n’y en avait il pas après tout.

« Léandre, tu sais aussi bien que moi que l’on ne devient pas responsable comme ça, en un clin d’œil le jour de ses 18 ans. La majorité c’est un joli mot pour dire que tu n’es plus obligé de rester chez tes parents et que tu peux voter. Ça ne veut pas dire que tu es CAPABLE de partir de chez tes parents ou de voter. Tu essaies de te convaincre toi-même. Tu sais aussi bien que moi que Vienne est une grande ville. Je lui donne une semaine pour se manifester. Après je pars la chercher. Quitte à ce que tout le monde dise que je suis le père le plus chiant du monde. Quitte à ce qu’elle m’envoie chier. Je m’en fous. Sérieusement. »

Un monologue pour pas grand-chose. Mon inquiétude qui ressortait toute seule, sans contrôle. J’étais un papa-poule, j’étais comme ça, et ne pas savoir où était ma fille et avec qui m’insupportait. C’est alors que Léandre me rappela que ma femme n’était pas au courant. Il fallait que je l’appelle. Tout de suite. Elle était tout aussi concernée que moi. J’imaginais l’appel. « Salut chérie, ça va, pas trop dure la journée. Ah, au fait, Calliope est rentrée vivre en Autriche, on ne sait pas pourquoi et on ne sait pas où. On se voit tout à l’heure. Je t’aime aussi. » Non. Je ne me voyais pas l’appeler. Et pourtant, il fallait que je le fasse.

« Tu as raison. Attends deux secondes. »

J’attrapais mon portable et appuyais longtemps sur le 7, ce qui appelait directement ma femme. Après quelques sonneries je tombais sur son répondeur. Je décidais de laisser un message. En espérant que ma voix ne l’alerte pas trop.

« Allo chérie, c’est Matthew. Rappelle-moi au plus vite et rentre à la maison. C’est important. Très important »


Ma voix se brisa et j’appuyai sur le bouton rouge.

« Je ne pouvais pas lui dire par un simple message sur son répondeur. Elle ne devrait pas tarder, son portable n’est jamais loin d’elle… »
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MessageSujet: Re: Daddy's home, but Cally's gone | Papa Von Brezen !   

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