NO - They'll tell you now you're the lucky one

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Invité

MessageSujet: NO - They'll tell you now you're the lucky one   Mer 15 Jan - 20:46


norah oliver w/ olivia munn
the characterthe person
→ habite à Notting Hill, Londres
→ âgé(e) de 29 ans
→ né(e) le 9 mars 1985 à Los Angeles, California, USA
→ est professeure de littérature américaine à l'université de Westminster
→ un t-shirt likes boys, likes girls ou bicurious ? hétérosexuelle
→ est actuellement tata célibataire
→ pseudo : KILLER QUEEN
→ âge : 20
→ comment avez-vous connu le forum ? WHAT A FACE !
→ code : WHAT A FACE !
→ crédits : tumblr
→ de quelle couleur sont les petits pois ? WHAT A FACE !


that is the question
Rêve ou réalité, toujours est-il que vous êtes chez le psy, allongé sur ce fameux divan, à faire le bilan de votre vie merdique ou parfaite, tout en sachant qu’un développement parfait n’existe pas que nous sommes tous au mieux normalo-névrotiques. Au cours de la séance votre psychiatre aborde différents sujets et c’est en essayant d’être vraiment honnête pour une fois que vous répondez à ces quelques questions, parce qu’après tout il a de jolis cheveux.

→ Dans la vie, on cherche toujours à atteindre un but, quelque chose de vraiment personnel, un idéal de vie, un rêve, quelque chose qui vous rendrait heureux(se) finalement. Pour vous qu’est-ce que c’est ? Professionnellement, j'aimerai être quelqu'un de sincèrement reconnue et respectée dans mon milieu et je pense être en bonne voie, après tout, j'enseigne dans une université prestigieuse et j'aime ce que je fais, c'est ma passion. J'aimerai que mes neveux grandissent de la façon la plus équilibrée possible aussi, malgré leur démarrage un peu hors normes dans la vie. Je suis fière d'eux, je les aime et je veux simplement le meilleur pour eux. En vérité, je pense que je veux surtout créer un lien plus solide avec Summer, faire en sorte qu'elle ne m'en veuille pas autant.

→ Et qu’est ce qui vous bloque en fin de compte ? Sa crise d'adolescence? Ma famille de dégénérés? En fait, j'ai surtout peur qu'elle sombre si elle se lance dans la danse sérieusement, si elle retourne à LA. J'espère qu'en lui montrant quelque chose de différent, elle comprenne ce que j'essaie de lui dire. Mais je dois aussi apprendre à la laisser faire ses propre choix, elle n'est pas sa mère, je le sais. Je dois lâcher prise.

→ Je vois. Est-ce que vous avez des regrets ? Sans doute de ne pas avoir mieux su parler à ma soeur. Si on avait été plus proches, les choses auraient peut-être été différentes. Mais je n'ai pas toujours compris ce qui se passait, je n'ai pas vu au delà des paillettes et de ses mensonges. Je m'en veux de l'avoir laissée tomber en quelque sorte, même si j'en veux plus à mon père.

→ Qu’est-ce qui vous rends heureux(se) dans votre vie aujourd’hui. Une personne, une passion ? Mon métier est ma passion, ce qui est un vrai bonus. Et Jake et Summer me rendent heureuse, même s'ils me rendent folle parfois.

→ Et est-ce que vous vous sentez seul parfois ? Bien sûr, ça arrive à tout le monde non?

→ Rien d’anormal je vous rassure, mais dîtes moi, qu’est ce que vous attendez des autres, qu’ils vous aiment, qu’ils vous comprennent ou qu’ils vous respectent ? Je pense que je cherche avant tout le respect. Je me moque bien de savoir si l'on m'apprécie ou non, mais je tiens beaucoup au respect. Sans doute parce que quand on a grandi à Hollywood, ce n'est pas monnaie courante, surtout envers les femmes.

→ Et qu’est ce que vous attendez de vous même ? J'attends le meilleur, de moi-même comme des autres. Je veux rester fidèle à qui je suis, à mes valeurs, je veux bien faire mon travail et élever au mieux Summer et Jake. J'espère donc réussir à être une bonne tutrice pour eux, à bien les encadrer sans les étouffer, pour qu'ils puissent se définir et grandir dans un environnement sain et sûr. Je veux le meilleur pour moi et ma famille. High standards, I know.

→ Et Peut être que vous vous en demandez trop. Qu’en pense votre entourage ? Mes parents en comprennent pas vraiment pourquoi j'ai cherché à éloigner les enfants de LA ou pourquoi je les ai emmenés avec moi et, malheureusement, je crois que Summer m'en veux aussi pour ça. J'ai bon espoir qu'elle comprenne mes intentions. Jake a l'air d'apprécier ce nouvel air ceci dit.

→ Est ce que vous sentez soutenu(e) dans vos choix par votre famille et vos amis ? Pas par tout le monde comme vous le voyez. Mais à terme, je pense avoir pris les bonnes décisions.

→ Bien, nous continuerons la semaine prochaine si vous voulez bien, n’hésitez pas à m’appeler si vous avez un souci d’horaire.


Dernière édition par Norah Oliver le Mer 15 Jan - 20:49, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité

MessageSujet: Re: NO - They'll tell you now you're the lucky one   Mer 15 Jan - 20:48

to be or not to be


Before the monsters caught up to you

Nerveuse, je remonte mes lunettes épaisses sur mon nez, lançant un regard inquisiteur à mon aînée. « Je ne suis pas sûre Gi... » J'agrippe nerveusement la guitare qu'elle m'a donné il y a quelques mois, qui a appartenu à Maman avant elle. Ses jolis cheveux flottant derrière elle, elle me sourit avec toute l'assurance de ses treize ans et affirme doctement « Tu te débrouilles très bien No. Et puis, c'est pas grave si tu te trompes, je suis là. » J'hoche la tête avec un mince sourire. C'est vrai qu'elle s'est beaucoup entraînée. Et je ne joue pas beaucoup. Et je connais les paroles par coeur, je les ai apprises avec soin. Et les mots, c'est facile, c'est joli. Pincer correctement les cordes de cette grande guitare, c'est plus compliqué. Je fronce le nez en essayant de me souvenir des premiers accords, toussote et m'agite. « Tu vas te calmer oui, on va juste montrer à Papa ce qu'on a fait ! » Mais Papa est un grand musicien. Enfin, il aide les gens à devenir de grands musiciens et de grandes chanteuses. Il connaît Madonna, je l'ai vue sur une photo de lui et maman. Et Maman a été à Broadway avant de rencontrer Papa. Elle a chanté avec Barbra Streisand. Ce n'est pas juste Papa. C'est Mr Oliver, de The Oliver Music Company, le nom en grosses lettres, qui orne l'immeuble où nous le rejoignons parfois pour déjeuner. Mais je prends néanmoins une grande inspiration et sourit à ma grande soeur, qui sait bien ce qu'elle fait après tout. Nous courrons donc vers le salon, où Papa et Maman regardent un vieil épisode de Dallas. « Guys, we prepared a show for you ! » piaille Georgia. Avec enthousiasme, notre père éteint le téléviseur et désigne le grand salon d'un geste de la main. « Then we must hear ! » Souriantes et sous le regard tendre et amusé de nos parents, nous tirons deux tabourets de bar vers le centre de la pièce et je m'y hisse avec difficulté. Ma soeur me tend la guitare, s'assoit à son tour et entonne les quelques notes de Ring of Fire puis se met à chanter de sa voix étonnamment rauque pour son âge « Love, is a burning thing and it makes, a fiery ring. Bound by a wild desire, I fell into, a ring of fire. » Nous nous regardons d'un air entendu et concentré sur mes accords de guitare, je me joins à elle pour le refrain « I fell into a burning ring of fire, I went down down down and the flames went higher. And it burns burns burns, the ring of fire. The ring of fire. I fell into a burning ring of fire, I went down down down and the flames went higher. And it burns burns burns, the ring of fire. The ring of fire. » A mesure que nous poursuivons, je gagne un peu en confiance, malgré mes quelques fausses notes maladroites et bien sûr, Gigi irradie de mille feux, si l'on peut dire. Elle est très à l'aise sous le regard de nos parents connaisseurs et l'on sent bien qu'elle s'amuse. Son enthousiasme me gagne et à la fin de la chanson, je suis presque déçue de ne pas en avoir préparé une seconde, comme ma soeur le voulait initialement. Ce n'était pas si terrible après tout. Même si je ne ferais sûrement pas ça tous les jours, c'est beaucoup de travail et de stress, je préfère encore bouquiner. Je remonte mes lunettes, qui sont dangereusement perchées sur le bord de mon nez, tandis que ma mère applaudit à tout rompre, visiblement ravie. Il faut dire que Gi a beaucoup de talent. Le silence de Papa me déroute un instant, je crains que la chanson ne lui ai pas plu ou d'avoir raté quelque chose. Je descends de mon perchoir pour me blottir dans les bras de ma mère, qui ne tarit pas d'éloges sur ses parfaites petites filles. Finalement, il se redresse, ébouriffe mes cheveux et pose un baiser sur mon front, affirmant « Tu es adorable sweety, je vois que la guitare de ta mère est entre de bonnes mains. » Mon coeur se gonfle de joie alors que je murmure un remerciement, mais mon père est déjà tourné vers Georgia, fièrement campée sur son tabouret. « Gigi, tu es fantastique, tu as vraiment une voix merveilleuse. Je... Je crois sincèrement qu'il y a une place pour toi dans l'industrie musicale actuelle. » Il lance un regard avec ma mère, qui sourit largement en me caressant distraitement les cheveux « Tu sais bien que je n'ai rien contre John, j'ai fait mon premier show à sept ans et je n'ai jamais fini l'école ! Mais il faut que ce soit quelque chose que tu veuilles faire Gi. » Partageant mon incompréhension, mon aînée fronce les sourcils « Faire quoi? » Papa s'installe sur le tabouret que j'ai laissé vide est regarde ma soeur avec un air très sérieux qui ne lui est pas coutumier « Faire de la musique darling. Tu sais que j'ai une maison de disques, je signe des artistes et je les aide à faire des disques, des tournées et devenir célèbre. Je te demande si tu veux travailler avec moi pour un album. Je pense qu'on peut faire de belles choses et que tu peux vraiment devenir quelqu'un. » Ma grande soeur fronce les sourcils un instant, pesant la question. « Je veux faire des films plus tard moi Papa. » Ma mère rit légèrement et rétorque « Tu connais des acteurs qui ne savent pas chanter toi? Ecoute, réfléchis ma puce, mais ce sera plus facile pour toi de faire un disque avec Papa que de faire du cinéma tu sais. Et ça pourra toujours venir plus tard, qui sait, tu feras des comédies musicales un jour ! » Mon père prend une mine sévère et gronde « Je veux qu'elle prenne la situation sérieusement Susie. Ce n'est pas un jeu, c'est du travail et tu dois être prête à t'investir si tu dis oui. » Georgia va devenir chanteuse. Je vois à ses yeux étincelants qu'elle est tentée, après tout, elle lit les magazines avidement et a toujours admiré la vie glamour de nos parents, toutes les paillettes du show business. Elle a essayé plus d'une fois de s'infiltrer à l'une des grandes soirées organisées par la compagnie de Papa. Je l'imagine très bien chanter comme elle vient de le faire dans de grandes salles de concerts devant des tas de gens. Moi, je ne pourrais pas, c'est effrayant. Imaginons que je fasse une bêtise. Mais Gigi ne fait jamais une fausse note et a même écrit quelques chansons, un jour où elle s'ennuyait pendant un orage. Ce n'est peut être pas assez pour faire un album, mais nul doute que les collègues de Papa sauront l'aider.

Cette anecdote a marqué un vrai tournant dans nos vies, c'est le jour où ma soeur a officiellement décidé de prendre la voie de cette industrie sans pitié, c'est le jour où nos parents l'ont jeté avec insouciance dans la gueule du loup. Bien sûr, c'est devenu un moment des plus adorables, maintes fois racontées en interview. Je m'en souviens avec bien moins de faste et sans doute plus d'exactitude que Georgia. J'ai continué à jouer de la guitare en dilettante, sans jamais attirer l'attention de mon ponte de la musique de père, pour mon plus grand plaisir d'ailleurs. Je suis bien montée sur scène avec Gigi Oliver, star de la country pop alors que j'avais à peine onze ans et ce fut un des moments les plus terrifiants de ma vie. Nous avons bien sûr chanté Ring of Fire, avivant la tendresse dans les coeurs des fans et j'ai promis qu'on ne m'y reprendrait plus. J'aurais largement préféré aider les auteurs et Gi à trouver de bonnes paroles plutôt que de me donner en spectacle de la sorte. Je ne suis pas vraiment faite pour les projecteurs. Et en vérité, Georgia ne l'est pas non plus.

You should've thought twice 'fore you let it all go

Tapotant nerveusement sur le volant de ma voiture, je remonte mes lunettes de soleil sur mon front pour éviter à mes mèches folles de tomber sur mon visage. J'observe l'entrée du grand bâtiment blanc, dont la longue allée centrale est bordée de palmiers et où de grandes pelouses s'étirent à l'infini. Cet endroit ressemble à n'importe quel autre bâtisse du coin et l'océan en arrière plan donne tout de la carte postale idyllique de la cité des anges au lieu. Même le nom est trompeur. St Rita Health Center. On dirait le nom d'un institut de SPA. Ou de médecine alternative. Rien n'indique qu'il s'agit d'un centre d'addictologie et que les gens viennent ici en cure. A voir les deux femmes, au bronzage et à la manucure impeccables, qui discutent sur l'un des bancs dans le grand jardin, on ne soupçonne rien. Je suppose que c'est le but, qu'on ne puisse pas juger d'après les apparences. Tout le monde doit avoir une seconde chance. Dans la mesure où il a 1000$ par mois à débourser pour s'offrir cet établissement premium dans le domaine de la désintoxication. Suivi psychologique, séjour reposant à Bali, relaxation, acupuncture, thalasso-thérapie, yoga, nutrition tout est mis en oeuvre pour que les patients - enfin, les membres comme ils les appellent, puisqu'ils tiennent plus du country club qu'alcooliques anonymes - retrouvent leur santé et leur sobriété. Leur taux de rechute est l'un des plus bas dans les instituts privés de l'état de Californie. Ce qui est une statistique intéressante, pour dire le moins. Je ronge l'ongle de mon pouce, hésitant à venir directement à la réception. Je ne suis pas beaucoup venue, du moins sans les enfants. Mais je suppose que ça ne se fait pas d'attendre dans la voiture, cachée derrière une rangée d'arbustes. Je devrais être en cours d'histoire des courants littéraires à cette heure. Je suis une étudiante brillante merde, pas un voiturier. Mais il est apparemment important que toute la famille montre son soutien et ma présence est d'autant plus bienvenue que Georgia me considère toujours comme un pilier et qu'elle est rassurée par ma présence. Ma soeur est sa psyché fragile dictent apparemment les règles.

Je sors finalement de la voiture, dont je fais claquer la porte avec une virulence qui ne m'est pas coutumière. Je suis Norah, calme, patiente, mesurée, sarcastique, intelligente et compréhensive. La petite soeur sans histoire de l'étoile filante de la country, comme elle a été surnommée dans le portrait qui a été fait d'elle aux CMAs l'année de son entrée en rehab. Touchant vraiment. J'inspire calmement et m'avance vers la porte vitrée qui s'ouvre automatique à mon approche. Je force un sourire à la réceptionniste, qui m'informe que miss Oliver m'attend dans le petit salon. Pas la salle d'attente non, le petit salon, comme dans une sorte de manoir digne d'un roman de Jane Austen. Dans lequel ma soeur ne souffrirait pas d'une sévère addiction à la cocaïne et d'alcoolisme mais de mélancolie. Parfois, le monde que je passe mes journées à étudier et ceux dans lesquels j'ai toujours aimé me plonger me semblent une échappatoire rêvée. Mais les murs pastels du salon et sa décoration ultra moderne m'arrachent à toute comparaison avec la littérature anglaise du XIX° siècle. Gi est assise dans un fauteuil en cuir blanc, dans lequel elle semble se fondre, avec sa longue robe de la même couleur, si ce n'était pour ses longues mèches dorées et sa peau hâlée. Elle porte de grandes lunettes de soleil qui couvrent la moitié de son visage aminci par des années d'addiction et, maintenant, un régime aussi strict que sain. Cela a le don de m'agacer et me semble être un caprice de diva. Ou bien s'imagine-t-elle que des paparazzis guettent à la sortie. J'éprouve presque un pincement au coeur à cette pensée. Ma soeur a vécu sous le feu des projecteurs depuis l'âge de treize ans, me forçant à grandir là où elle est restée une éternelle ado. Elle est habituée à l'attention, si ce n'est l'amour, du public et de la presse. Elle risque d'être cruellement ramenée à la réalité. Nul doute qu'elle consulte les site people et sait qu'on ne parle plus d'elle depuis des années mais Georgia a toujours été déterminée et je ne serais pas étonnée qu'elle tente un come back. Ce serait sans doute une idée désastreuse, mais nous n'y sommes pas.

Avec une grâce certaine, Gigi ôte ses ridicules montures puis se lève et fond vers moi, claquant deux bises dans l'air autour de mes joues « Norah ! Ca me fait vraiment très plaisir que tu sois venue. » Avec gravité, elle saisit mes épaules et me regarde droit dans les yeux. Le dramatique de la situation me ferait presque rire s'il ne m'inquiétait pas autant. « Sincèrement, ta sollicitude me touche et je sais que tu as fais des efforts pour venir aujourd'hui. Mais il était important que ce soit toi qui viennes me chercher, j'en avais besoin. » Je ne sais toujours pas pourquoi, mais c'est ainsi. Sans doute ne voulait-elle pas affronter le regard de Daddy et savait que Ma n'aurait pas le courage de venir dans cet endroit. Pour changer, je suis la seule à être là et à vouloir me charger du sale boulot. Je souris légèrement, ne sachant pas vraiment si cette solennité est un bon signe ou non. Ma soeur a toujours eu le sens de la mise en scène après tout. « Are you ready to go? » Elle hoche lentement la tête et une accompagnatrice - une infirmière en somme - nous escorte jusqu'à la sortie où Georgia signe un formulaire de sortie, qui l'engage à être suivie psychologiquement à se rendre à des meetings hebdomadaires pour les deux années à venir et tout manquement se soldera par un retour dans cette prison dorée. Peut-être que cette mesure dissuasive fera son effet. Ou peut-être que ce sera le sourire de son fils, un garçon éveillé et adorable qu'elle a vu grandir principalement lors de ses visites ici. Je redoute quelque peu la réaction de Summer, la fillette est vive et intelligente et a déjà beaucoup souffert de la relation tumultueuse de ses parents et des incartades de sa mère. Fort heureusement, ce n'est pas elle qui l'a trouvé évanouie dans la salle de bains familiale de bon matin, quand le moment de la faire entrer en désintox est venue. Encore une fois, il semblerait que j'ai cultivé mon don d'être au bon endroit au bon moment.

« How's the family then? » Son ton est enjoué et elle chantonne l'air qui passe à la radio, dont j'ai monté le son pour remplir le silence. Coincée dans les embouteillages qui font la réputation de ma ville natale, je lance un regard abasourdi à ma grande soeur et rit, sans pouvoir m'en empêcher, sans m'arrêter. Je ris, fort, à en pleurer, sous ses yeux écarquillés et elle n'a de cesse de répéter « What's wrong? Did I say something funny? » ce qui ne fait que me relancer. Je parviens à retrouver mon calme pour faire avancer la voiture de quelques mètres et prendre la sortie pour Beverly Hills. Ne pouvant m'en empêcher, je lâche d'un ton mordant. « Oh we're fiiiiine, very together and not all torn apart by the stupid shit you've pulled in the past ten years. » Je ne devrais pas. C'est méchant et gratuit. Ca n'aide pas Gigi sur le chemin de la guérison. Je vois du coin de l'oeil ses grands yeux bruns s'emplirent de larmes, sa nature hypersensible justement offensée par mes paroles blessantes. « Okay, okay, I'm sorry Gi... It's just, it's hard okay? I'm going to college, I'm keeping an eye on your kids so mum doesn't turn them into little Barbie dolls who sing and dance, I'm tired and hungry and nervous. » J'inspire profondément et souris, plus sincèrement et plus largement. « Les enfants vont bien, vraiment. Jake est très calme, il ne parle pas beaucoup mais il est malin, il se débrouille très à l'école et je lui lis Harry Potter, il adore. Summer est une vraie petite princesse, je parie qu'elle a grandi depuis la dernière fois qu'on est venus te voir. On leur a expliqué que tu rentrais, mais que vous restiez dans la maison de Grams et GrandPa. Ce sera plus facile pour eux et ils n'auront pas à changer d'école ou quoi. Et... » Cet inhabituel flot de paroles s'interrompt quand je prends conscience de ce que je m'apprête à dire. Je coupe donc court en affirmant simplement. « Ca sera mieux pour tout le monde. » Georgia est peut-être une ancienne addict qui n'a pas tellement fréquenté les bancs de l'école et commis des erreurs plus grosses qu'elle, mais ça ne la rend pas stupide. « Et vous pourrez tous me surveiller comme ça. Je ne suis pas stupide No. Et je sais que vous avez raison et que c'est les seules conditions acceptables pour que je puisse vivre avec mes enfants. » Elle n'était pas aussi concernée par leur proximité il n'y a pas si longtemps, mais je tiens ma langue. Gigi a fait des efforts. A accepté d'aller en rehab, d'y rester aussi longtemps que nécessaire et de redevenir sobre. Elle a confié au personnel de St Rita qu'elle voulait juste se remettre doucement au travail, profiter de ses enfants et prendre la vie jour après jour. Step by step. Mon intuition me dit que cela ne ressemble nullement à mon impulsive et ambitieuse grande soeur, qui a toujours vécu pour ses rêves de gloire. Elle était faite pour la chanson, la musique, avait un vrai don mais madame n'a rien voulu savoir et s'est entêtée à se lancer dans la télévision et le cinéma, pour en arriver ici aujourd'hui. Je doute qu'elle abandonne la partie aussi facilement. Je peux me tromper, elle acceptera peut-être de travailler dans la compagnie de Papa, de se poser. Mais les étoiles filantes se doivent bien de brûler et de s'écraser, ne puis-je m'empêcher de me dire en me garant dans l'allée de la maison familiale. Je suppose que je ne tarderai pas à être fixée.


You and I walk a fragile line, never ever thought I'd see it break

Je prends une profonde inspiration, regardant Jake fureter autour du sapin, faisant semblant d'arranger la décoration pour essayer de lire les noms inscrits sur les paquets qui s'amassent déjà sous le sapin. Cela fait des années qu'il essaie de deviner à l'avance quels cadeaux il a bien pu recevoir cette année et il n'est jamais parvenu à faire la bonne déduction, mais il ne perd pas espoir, même à 15 ans bien tassés. Je souris et un pincement au coeur se fait ressentir. Je m'en veux affreusement pour ce que je vais faire. Noël est dans tout juste une semaine, nous sommes tous un peu trop enthousiastes à cette idée et ma mère s'entraîne pour les repas du 24 et du 25 en nous gavant un peu plus chaque jour, comme pour préparer nos estomacs aux avalanches de mets qui ne tarderont pas. Demain, la maison de disques de papa organise une soirée, où nous nous rendrons tous et Summer est on ne peut plus enthousiaste à l'idée que Selena Gomez sera peut-être là. Elle risque d'être dans de moins bonnes dispositions d'ici peu. Mais il faut que je leur dise. Alors que nous nous installons finalement à table, je m'éclaircis la gorge, avale une gorgée d'eau et annonce de ma voix professorale « J'ai quelque chose d'important à vous dire. » Les regards se tournent vers moi, quasiment simultanés, je sens l'oeil inquisiteur de mon mère et l'air inquiet de maman, mais les ignore et préfère regarder mes neveux. « J'ai eu une offre d'emploi à Londres, c'est vraiment une excellente opportunité et ils veulent que je vienne dès début janvier pour assurer les cours du prochain semestre. » Sans laisser le temps à quiconque de s'extasier ou de me féliciter, j'ajoute d'une traite « Et je pense que Summer et Jake devraient venir avec moi. » La bombe est lâchée. Je n'ai qu'à en observer les dégâts maintenant.

La réaction horrifiée de ma nièce ne tarde pas, comme je m'y attendais. « QUOI ? No way, no f...reaking way it's happening! » Je me tais, attendant de voir les réactions des autres membres de ma famille. Je scrute notamment mon père, qui a adopté son air "business" où il pèse le pour et le contre de la proposition. Et réfléchit au meilleur moyen de la démonter point par point si elle ne lui convient pas. Jake s'est retiré dans un silence ahuri et je devine qu'il peine à assimiler l'information, que j'ai largué assez brutalement il faut bien l'admettre. Finalement, ma mère secoue met fin à la torpeur qui nous gagnait en s'exclamant « Tu veux emmener Summer et Jake avec toi, à Londres ? » Je hoche la tête simplement, connaissant les penchants dramatiques de ma chère maman et sachant qu'elle ne s'en tiendra pas là. Elle éclate finalement de rire, exprimant donc clairement son avis sur la question. « Oh dear » Son fou rire se prolonge et le reste de la tablée la fixe d'un air circonspect, tandis que je fais de mon mieux pour garder un air impassible. J'aurais dû me douter qu'elle ne me prendrait pas au sérieux. Ce n'est pas comme si c'était la première fois. « It's a good one ! Je commence enfin à me faire à ton sens d'humour, Norah baby, aren't you glad? » Je soupire légèrement et échange un bref regard avec Daddy, qui m'invite à répondre et à m'expliquer d'avantage d'un discret signe de tête. « I'm not kidding Mom. Je pense sincèrement que c'est la meilleure chose à faire. » Je regarde mes neveux tour à tour et reprend, aussi calmement que possible et essayer d'ignorer l'hystérie qui bout en Summer « C'est le moment idéal pour vous de changer d'air, ça vous fera du bien de voir un autre environnement, de vous ouvrir à de nouveaux horizons. Je sais que tu penses que ta vie est à L.A et dans l'entertainement Summer, que tu as de grands projets et je les respecte et te soutiens, vraiment. Mais c'est le moment où jamais pour toi de découvrir d'autre chose, de sortir un peu des sentiers battus. Et c'est une expérience unique et enrichissante pour vous deux. » Je cherche l'appui de Jake, qui je le sais ne sera pas si difficile à convaincre. Il passe déjà le plus clair de son temps à parler à ses amis via écrans interposés de toute manière et il s'est toujours montré très adaptable pour un Oliver. Mon père reste plongé dans le silence, méditant clairement cette important question et pesant à l'avance chaque mot qu'il prononcera. And his word tends to be law.

Summer m'a interrompu à plusieurs reprises mais je tenais à aller au bout de mon propos, avant de la laisser exploser. « Unbelievable! » Ce qui ne manque pas donc. « Tu respectes mes projets et me soutiens, vraiment ? Et c'est pour ça que tu veux que je découvre autre chose ? Makes total sense, oui oui, tout à fait. Dis plutôt que tu me soutenais, avant, avant que je ne sais pas quoi t'arrives. Tout à coup, tu crois que c'est parce que t'as un diplôme d'une grande université que tu es mieux qualifiée que moi pour savoir ce qui est meilleur pour moi et ce que je dois faire de ma vie ? » Daddy tente de la tempérer mais je l'arrête d'un geste de la main. Mieux vaut qu'elle déverse sa bile en une fois, je le vivrai peut-être un peu mieux. « Well, you're wrong. Je sais ce que je veux dans ma vie and this is the best place where I can get it. Tu sais très bien que je veux aller à UCLA, je t'ai montré la brochure et tout, I already told you about everything. Et quand je t'en avais parlé, tu m'avais encouragée. Et là tu me dis que "je pense" que ma vie est à LA... Et qu'en est-il de mes amis, hein ? Et de Keith ? Heck, on verrait même plus Grams and GrandPa. Why would you want to do this to us? Et what gives you the right to do so ? For all I know, you're not our mom. »  J'attendais cette phrase assassine, dont ma nièce n'a pourtant jamais été friande mais qu'elle a tendance à utiliser dans ses plus mauvais moments. Et je me doutais qu'elle digérerait mal la nouvelle. « That's enough. » lâche tranquillement mon père. Il se redresse et continue d'une voix détachée, une voix que je connais bien. Celle qu'il utilise avec Gigi depuis des années, celle qui lui permet de rester calme. « Jeune fille, tu ne parlera pas ainsi à ta tante et tu n'auras pas ce genre de comportement à ma table. » Ses yeux perçants scrute Summer un instant avant de se reporter sur moi. « Tu es sûre de toi Norah? Je sais que je ne suis pas souvent là et que tu as eu une grande part dans l'éducation de ces enfants, mais c'est beaucoup de responsabilités d'en prendre la charge, dans un pays inconnu. » Déterminée, je hoche la tête deux fois, soutenant le regard d'acier de mon père qui parvient encore à me faire sentir minuscule. « Bien. C'est une bonne idée. » Je masque mon incrédulité devant la facilité avec laquelle il s'est rangé de mon côté, tandis que ma mère se dresse brusquement pour prendre sa petite fille dans ses bras et s'écrie « Je ne crois pas non ! » Evidemment. Ma mère ne pouvait pas approuver qu'on lui enlève son enfant chérie, son substitut pour Georgia depuis qu'elle a sombré. Je reste calme, inspire lentement, ce qui laisse le temps à l'esprit vif de ma nièce de trouver un contre-argument. « What about school? Comment est-ce qu'on va faire ? Everything about the Brits is super complicated. Je ne veux pas perdre une année... » Bien sûr, c'est ce qui la tracasse. Je retiens une ombre de sourire sarcastique, ne souhaitant pas envenimer la situation. « Ce que je propose donc c'est qu'on finisse cette année ici, then sure, we'll move to London. » J'hausse un sourcil, me demandant si elle espère vraiment faire basculer mon jugement et celui de mon père aussi facilement. « Il n'y a aucun problème pour rejoindre un lycée au second semestre, en prenant les cours qui correspondent à ton cursus ici. Le système est légèrement différent, mais les maths et la littérature, ça marche pareil partout Summer. » D'une voix plus douce j'ajoute en retenant ma main qui s'avance naturellement vers la sienne. « This doesn't change your future hon, it's an opportunity. » Mes yeux se posent finalement sur mon neveu, qui a été très silencieux jusqu'alors. Il n'a jamais été friand de paroles inutiles et fait preuve d'une sérénité qui me réconforte. Au moins, je n'ai pas que des ennemis. Mais il faut dire que Jake a toujours été plus proche de moi et de mon tempérament. « Jake? What do you think? » Les regards se braquent vers lui et il prend le temps de peser ses mots, pour ne pas provoquer sa soeur déjà à crans. « Je suis encore un peu sous le choc, il faut que je prenne le temps de m'adapter. Mais, je ne suis pas contre... »

Summer fusille du regard son jeune frère et je devine qu'il paiera très cher cet affront quand ils auront l'occasion de se parler en tête à tête. Mais je lui suis reconnaissante de sa prise de position, toute mesurée soit-elle. Vexée, ma nièce se replie aussi dignement que possible, non sans faire entendre une dernière fois son avis. « Bon ben, it's settled, Jake va avec Norah à Londres. Moi je reste ici. Parce qu'il n'est pas question que j'y aille. End of discussion. Merci Grams pour le dîner, c'était parfait jusqu'à ce que ta fille gâche tout. Now if you don't mind je vais retrouver mes amis. » Elle quitte la salle à manger sans que personne n'essaie de la retenir, ce qui ne se solderait d'ailleurs que par une crise encore plus virulente. Dans un soupir, je porte mon verre de vin à mes lèvres et en prends une lampée avant de lâcher d'un ton plat, ne manquant pas de m'attirer un regard courroucé de ma mère « Well that went well. » Mon père daigne même froncer des sourcils et rétorque. « Il faut qu'on parle Norah. Follow me to my study please. » The study. Le temple de la discussion sévère. Je prends mon verre et le suis, me doutant que je vais passer un moment fort agréable.


Dernière édition par Norah Oliver le Lun 3 Fév - 0:26, édité 4 fois
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité

MessageSujet: Re: NO - They'll tell you now you're the lucky one   Mer 15 Jan - 20:55


Je vais adorer te rendre folle Arrow
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité

MessageSujet: Re: NO - They'll tell you now you're the lucky one   Mer 15 Jan - 20:56

omggggggggggggggggggggggg






TON AVATAR EST TROP BEAU ON PEUT SE MARIER ? :7caro:
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité

MessageSujet: Re: NO - They'll tell you now you're the lucky one   Mer 15 Jan - 20:58

Be nice to your auntie

héhé, t'as vuuuuu?
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité

MessageSujet: Re: NO - They'll tell you now you're the lucky one   Mer 15 Jan - 21:00

ma demande est très sérieuse (je dois absolument voir the newsroom now klazrhilzrte)
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité

MessageSujet: Re: NO - They'll tell you now you're the lucky one   Mer 15 Jan - 21:13

Yes you muuuuust Et pour le mariage, faut voir Arrow
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité

MessageSujet: Re: NO - They'll tell you now you're the lucky one   Mer 15 Jan - 23:08

rebienvenue ici ^^
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité

MessageSujet: Re: NO - They'll tell you now you're the lucky one   Jeu 16 Jan - 13:21

Reeee!  heart   
Tu me prêtes tes lunettes de soleil?    
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité

MessageSujet: Re: NO - They'll tell you now you're the lucky one   Jeu 16 Jan - 18:05

Merci Roxy

Huhu, ça va que c'est toi hein, je te les prête. Mais tu me les rends hein
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité

MessageSujet: Re: NO - They'll tell you now you're the lucky one   Ven 17 Jan - 18:48

re
edit: tes initiales me perturbent;;; I'm No'  Arrow king WHAT A FACE ! 
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Invité

MessageSujet: Re: NO - They'll tell you now you're the lucky one   Ven 24 Jan - 23:25

mouahahah troooop bon choix pour Olivia
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: NO - They'll tell you now you're the lucky one   

Revenir en haut Aller en bas
 
NO - They'll tell you now you're the lucky one
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» La bande dessinée
» Lucky mâle type Beagle (paris)
» LUCKY CANICHE MALE DE 1 AN CSCA BEZIERS 34500 (HERAULT)
» Balbuzard pêcheur (étape par étape)
» [TERMINÉ] Lucky meeting. [Alex Parker]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Ticket To Ride :: flood & hors-jeu :: this train terminates at morden :: ARCHIVES 2012-2013-
Sauter vers: