family meeting w/ Kenneth

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MessageSujet: family meeting w/ Kenneth   Ven 8 Nov - 0:13

Je suis à Londres pour le week-end, rentrée exprès pour faire toutes les choses que je dois faire, à savoir voir Ken, puis voir Henry. Le premier me semble le plus urgent, même si le mal est sans doute fait. Un mini pas en avant, douze pas en arrière, c'est sans doute ce qui définit le mieux ma relation avec Henry, et m'est d'avis que la réalisation par mon oncle de ma relation avec son meilleur ami va entraîner quelques pas supplémentaires dans le mauvais sens de la marche. Je soupire en glissant mon sac à mon épaule, quittant ma chambre dans l'appartement d'Alec qui est de garde aujourd'hui pour rejoindre le Vendome Bar où j'ai rendez-vous avec Kenneth. Je ne sais pas ce que je dois attendre de ce rendez-vous, et j'espère sincèrement que je vais réussir à expliquer à mon oncle tout ce que personne avant lui n'a encore voulu comprendre. Espérons que sa vie sentimentale hasardeuse et maintenant stabilisée joue en ma faveur, même si j'en doute. Aux yeux de tous, je ne suis qu'une enfant pas vraiment responsable de ses décisions. Henry lui-même semble penser que l'amour que je lui porte n'est issu que d'une crise d'ado tardive et finira par passer quand je me déciderai à le quitter pour un jeune acteur riche qui pourra me tromper allègrement avec la terre entière. Mon Dieu, j'ai besoin de boire. Aussi je m'installe en terrasse, le temps étant relativement clément pour l'instant, et commande un martini. Il est 19 heures après tout, et je suis une grande fille - bien que le plan initial ait été de boire un café, Kenneth ne m'en voudra surement. Et de toute façon, j'ai besoin de courage. Je prends une inspiration et m'arme d'un sourire quand je le vois arriver, me levant de ma chaise pour embrasser sa joue. « Hello ! » je lance en feignant la détente absolue. En réalité, j'ai surtout envie de déballer tout ce que j'ai sur le coeur, mais il vaudrait mieux pour moi que j'évite. « Tu vas bien? » « Pas mal. Avec la promo de mon dernier film, c'est Interviews sur interviews, apparitions publiques, dédicaces, et tout le tintouin. La routine, quoi. Mais toi aussi, tu dois bien connaître tout ça, maintenant! » Je souris et hoche lentement la tête, même si je n'ai pas vraiment envie de parler paillettes et autographes en ce moment. Un autre sujet me préoccupe, à mes yeux bien plus important, et je me tords les doigts d'angoisse, prenant une inspiration pour me décider à parler quand il prend les devants. « Ecoutes, je sais que la soirée n'a pas été une partie de plaisir pour toi. Ni pour Henry. Et quelque part, c'est un peu de ma faute tout ce qui s'est passé... » Il s'arrêta un moment, cherchant ses mots pour être le plus précis possible, le plus proche de ce qu'il ressentait.Le mot est faible pour qualifier la tournure catastrophique de cette soirée. Amy qui nous hurle dessus, le monde qui prend un malin plaisir à nous exécuter sur la place publique de leurs yeux noirs de haine, je ne suis pas prête d'oublier tout ça, jamais. Je soupire un peu, c'est tellement injuste. Henry m'aime, et lutte depuis plusieurs mois avec sa conscience pour tenter de s'en cacher. Et je souffre, attendant patiemment qu'il cède et me laisse l'aimer comme je le voudrais. Je déteste le savoir triste, je déteste savoir qu'il risque de prendre le large encore un peu plus, et je déteste savoir que les personnes les plus importantes dans sa vie ne sont pas d'accord avec le fait que j'en fasse, moi aussi, partie. Je pensais avoir Amy de mon côté et c'est sans doute ce qui me rend le plus triste. « Je ne voulais pas que tu souffres, je ne l'ai jamais voulu. C'est juste... Je ne sais pas trop quoi penser de toi et Henry. C'est difficile pour moi de vous imaginer ensemble. Je ne pensais pas que tu l'aimais autant...» Je me mords la langue avant qu'une remarque acerbe ne m'échappe et prends une inspiration pour tenter d'agir comme une adulte responsable qu'ils ont tous envie que je sois - mais qu'il préférerait incapable de prendre ses propres décisions.

« Ecoute, Ken... »  Je le fixe puis regarde ailleurs un instant, ma nervosité facilement identifiable. « Je m'en fiche. Je me fiche de ce que tu penses d'Henry et moi, je me fiche de ce que ton ex femme pense de moi et je me fiche de tout ce que les gens pensent de moi. Je t'aime, tu sais que je t'aime, mais là, c'est trop. J'ai lutté contre mon père, puis contre ma mère l'année dernière, contre mes frères aussi, je suis partie de chez moi pour pouvoir réussir à suivre ma voie, je me suis trouvée un rôle défendable, je gagne ma vie, je paye mon propre appartement, je me suis même achetée un chat, mais là, je n'ai plus envie de faire la guerre. Alors si tu ne veux pas que je sois avec Henry, très bien, je suis navrée, vraiment confuse, mais il faudra vivre avec ». Je soupire et secoue vivement la tête, replaçant une mèche blonde derrière mon oreille. « Je n'ai plus envie de faire la guerre. Je l'aime, avec tout ce que j'ai, et comme j'ai jamais aimé personne. Et tu sais quoi, Ken? De tous les gens que je côtoient, et de tous ceux qui sont ma famille, mes plus proches parents, il est le seul à ne pas me considérer comme une enfant de douze ans qui ne mériterait pas de faire ses propres choix. Je l'aime et il a changé ma vie, il m'a rendue meilleure, plus forte, plus douée, prête à vivre une vie en fonction de mes rêves et pas des convictions des autres. Même si le monde entier lui interdit d'être avec moi, je n'arrêterai jamais de lui courir après. Il me rend heureuse et je sais que je peux faire ça pour lui, le rendre heureux ». J'ai tenté de choisir mes mots mais visiblement, je cause de la peine à mon oncle, et l'espace d'un instant je suis prise de remords. J'aurais dû me taire, les laisser gérer ça tous les deux, laisser Henry me fuir et me contenter de subir une nouvelle fois son éloignement. Mais l'accumulation de tout ce qu'il s'est passé depuis quelques semaines m'empêche de réfléchir correctement, et je me sens tellement vulnérable que je ne peux m'empêcher de me dire qu'il faut que je prenne un peu d'assurance, vis à vis de moi, vis à vis d'Henry, aussi. Je n'aurais pas été une proie aussi facile pour Amy si j'avais eu un peu plus de répondant et les épaules un peu plus à même de supporter une critique qui, finalement, n'a rien de très nouveau.

« Regardes-moi Juliet... Certes, j'ai mes tords, je n'aurais pas du me montrer aussi virulent sur le net avec Henry, et je m'en excuse. Je souhaitais exprimer mes doutes et mes craintes, mais sans le vouloir, j'ai été trop loin. C'est parfois simplement difficile d'exprimer ses propres sentiments, et je suis sur que tu comprends. Mais s'il te plaît, ne fais pas comme si j'étais contre toi ou contre vous. Est-ce que je t'ai seulement dit que je m'opposais catégoriquement à votre relation? Non. Ok, j'avais certaines interrogations, mais j'estime qu'elles étaient légitimes, et je ne suis jamais montré irrespectueux ou insultant avec vous deux. Et par-dessus tout, ne me mets pas dans le même sac que tes parents! Ne t'ai-je pas toujours encouragé à accomplir tes propres rêves? Ne t'ai-je pas déjà dit d'envoyer ballader ceux qui s'opposeraient à tes propres envies? Est-ce que je t'ai déjà abandonné? Tu es ma nièce, Juliet, bien sur que je te verrais toujours comme la petite fille que je dois protéger. Mais je ne suis pas stupide au point de ne pas m'apercevoir que tu a grandis et que tu te débrouilles toute seule à la perfection. J'ose juste penser que j'ai été là quand tu en avais besoin et que je le serais encore longtemps si tu me laisses faire... Alors, je t'en prie, juges-moi sur ce que j'ai fait et dit, mais pas sur ça... » Je relève les yeux vers lui lorsque sa voix se brise, un peu rassurée par sa main qui attrape la mienne dans un geste volontairement rassurant. Je n'ai pas envie de me disputer avec Ken, tout comme je n'ai pas envie qu'il me fuit ou me fasse la tête. J'ai juste besoin de parler, de rejeter les doutes et les remises en question, pour une fois. « Tout ce que je souhaite, c'est que tu sois heureuse. Si tu me dis qu'Henry te rend heureuse et que tu peux le rendre heureux, alors je te crois. J'ai vu le regard que tu posais sur lui, j'ai vu comment il te regardait. Il ne fait aucun doute que vous tenez profondément l'un à l'autre. Je vous aime tous les deux et je ne m'opposerai pas à votre bonheur. Laisse-moi juste un petit peu de temps pour m'y habituer, c'est tout... » J'acquiesce lentement et laisse ma main dans la sienne, essuyant mes yeux humides quand mon regard croise le sien. « Je suis désolée, je ne voulais pas te blesser. Tu ne m'as jamais laissée tomber, ce n'est pas ce que je sous-entendais, et je sais bien que tu n'as jamais porté sur moi le jugement que Papa pouvait avoir. Simplement, je suis lassée de faire la guerre à tout le monde. Je pensais avoir Amy de mon côté, mais... » Je me crispe un peu et hausse une épaule. « Henry est très influençable. Il est persuadé, comme le monde entier, que de cette relation ne pourra découler que du négatif, parce que je suis jeune, parce que je finirai par le quitter ou tout simplement parce qu'on ne pourra jamais être ensemble. Alors parfois, quand les gens viennent lui parler pour lui expliquer que ce qu'il fait est mal, ça l'éloigne de moi encore un peu plus. Je ne veux pas arrêter de me battre pour cette relation et j'espère qu'un jour il me laissera entrer complètement dans sa vie mais tu sais, c'est difficile de mener la guerre toute seule. Surtout quand le monde entier te prend pour une enfant vulgaire qui ne sait pas ce qu'elle veut. » Je soupire un peu et replace mes cheveux d'un geste de la main. « Je suis désolée que ça tombe sur toi, désolée que tu ne puisses pas exprimer ou poser tes doutes comme tous les autres, mais c'est de mon oncle Ken compréhensif et supportif dont j'ai besoin maintenant, pas d'une autre personne qui doute de moi ». Je souris un peu tristement et hausse une épaule. « Tu m'as toujours mieux comprise que tout le monde, c'est pour ça que j'en demande plus. Je suis mal habituée. » Je ris un peu entre les larmes et prends une profonde inspiration pour me calmer, l'émotion me faisant trembler légèrement.

Mon discours l'émeut visiblement et je culpabilise un peu, mais me trouve rassurée lorsqu'il s'approche pour m'entourer de ses bras protecteurs. « Alors, à partir de maintenant, considère que je suis une branche à laquelle tu peux t'accrocher, une bouée de sauvetage toujours à tes côtés. Je vais mettre mes doutes au placard. Bref, tonton Ken est là. » Il essuie mes larmes et je ris doucement, hochant vivement la tête pour lui montrer que j'ai compris. Je ne lui en veux pas, l'inverse serait injuste, c'est au monde que j'en veux parce que le monde m'empêche de vivre les choses que j'ai envie de vivre tranquillement, parce que le monde juge sans chercher à comprendre. Mes parents, mes frères, l'intégralité de la faculté d'Oxford, tous n'ont jamais eu que ça en tête, me dénigrer et remettre en cause ce que je voulais ou pensais. Mais c'est terminé, maintenant, tout ça est terminé. « Et si tu as besoin que je vienne botter le c*l d'Henry parce qu'il t'a ennuyé, n'hésite surtout pas! » Je ris un peu et essuie les larmes qu'il reste sur mes joues pour lui offrir un sourire soulagé. « Ca ira, le pauvre, je crois que je le traumatise déjà assez toute seule pour en rajouter une louche, honnêtement. Je ne lui ai pas laissé beaucoup de répit depuis Oxford, tu sais. Je ne doute pas du fait que supporter une Juliet amoureuse ne soit pas des plus aisés tous les jours. » Il finit par abandonner cela dit et je lui en suis infiniment reconnaissante, m’autorisant un sourire radieux pour lui prouver à quel point la situation me va. Je n’aurais jamais rien eu contre le fait que Ken torture un peu mes petits amis, bien au contraire, mais Henry est différent. Henry est un adulte, Henry est compliqué, Henry a besoin qu’on ne le remette pas en question toutes les trente secondes sans quoi il finit par croire lui-même qu’il n’est pas dans ses bons droits. Je sais l’influence que pourrait avoir Ken sur lui, même de manière involontaire et sans la moindre intention de nuire, et perdre Henry aujourd’hui n’est pas quelque chose que j’envisage. Je sais qu’il se plait à dire que nous ne formons pas un couple, pourtant j’ai l’impression qu’il est avec moi et surtout, que je suis avec lui. Je suis restée très seule ces dernières semaines, en partie pour lui, parce que je l’aime et que je veux lui montrer que ça compte plus que le sexe pour moi. Je suis amoureuse de lui, mon cœur s’emballe quand je pense à lui, quand j’entends sa voix, son nom, quand je vois ses yeux, et je ne peux pas faire autrement que craindre, non sans douleur, le jour où je finirai par le perdre parce que je suis trop jeune, trop entourée, trop tout. « Ok, ok, je ne l'embêterais pas. Ou juste un peu, par principe. En tout cas, tu sais où me trouver si t'as besoin. Et si tu veux des dossiers sur Henry, j'en ai quelques uns en stock! » Je ris à cœur joie cette fois ci et note précieusement l’information pour m’en souvenir en temps utiles. Je connais déjà un peu les effets de l’alcool sur ce pauvre Henry Howard mais je serai ravie d’en apprendre un peu plus. « Et alors, comment se passe le tournage? Les autres acteurs sont sympas? Les producteurs ne vous en font pas trop bavé? Parce que je les connais, moi! Sous prétexte qu'ils ont sous la main de jeunes talents, ils en profitent pour les faire trimmer à fond! Et le fait d'avoir déjà des fans, ça te fait quoi? » Je hausse une épaule et me mords la lèvre, lui offrant le regard émerveillé d’une petite fille de 5 ans qui découvre Disneyland. « C’est… magnifique. Tu sais, Katharine ne me porte même pas tellement dans son cœur et il y a quelques personnes dans l’équipe qui me sont un peu désagréables, mais c’est tellement irréel, et tellement réel à la fois que je refuse juste de me plaindre de peur que tout s’arrête. J’adore chaque journée que je passe à tourner, et j’espère vraiment que ça ne s’arrêtera jamais ». Je ris de nouveau en hochant la tête. Il est tellement facile de réaliser la dose de bonheur qui m’étreint le cœur quand je me souviens des années noires d’Oxford que je ne peux être que positive, rayonnante et ravie. « Dis, tu n'es pas sans savoir que je me marie dans peu de temps, et je voulais te parler d'une chose. Je pense que je vais demander à Henry d'être mon témoin, et c'est certainement au bras d'Aileen que j'irais à l'autel. Mais j'aimerais beaucoup- et Jim est d'accord - que ce soit toi la gardienne de nos alliances jusqu'au mariage et que tu nous les présentes pendant la cérémonie. Qu'est-ce que tu en penses? Bien sur, c'est nous qui nous chargerons de les acheter. Tu auras juste à bien les conserver jusqu'au jour J et à revêtir tes habits de lumière pour être la plus belle!» Je me mords la lèvre et lui saute littéralement au cou – pas de petites réactions quand on en vient à parler de mariage et d’alliance, sans mentionner le fait qu’Henry sera là, que j’aurais le droit à une robe magnifique et hors de prix et que je présenterai les alliances à mon oncle préféré le jour de son mariage. Plutôt mille fois qu’une. « Ouiiiii », je lui hurle dans l’oreille en riant. « J’adorerai, tu t’en doutes », je lance en frappant dans mes mains.

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Dernière édition par Juliet K. Russell le Dim 17 Nov - 21:45, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: family meeting w/ Kenneth   Dim 10 Nov - 18:42

Et voilà, il allait être en retard! Tout ça parce que l'interview qu'il devait passer avant d'aller à son rendez-vous s'était éternisé. Il avait pourtant bien précisé qu'il n'avait que peu de temps à leur accorder et que cela devait être rapide. Mais ce sont de véritables escrocs. Dès qu'il chope une célébrité, ils la retiennent le plus possible. Même si Kenneth était habitué à ce genre de déboires, cela ne l'avait guère enchanté, et le problème était que son agent n'avait pu se déplacer avec lui, et donc n'avait pu l'aider à s'éclipser en temps et en heure. Enfin, bon, ce n'était que quelques minutes de retard, Juliet ne lui en voudrait certainement pas pour ça. Il indiqua rapidement l'endroit où il devait se rendre à son chauffeur et monta dans la voiture. Regardant par la fenêtre d'un air distrait, il repensa à la soirée qui avait eu lieu chez lui. Un vrai carnage, pas de doute. Mais les soirées à la villa n'avaient jamais été de tout repos. Le seul souci, c'est qu'il n'y avait pas tous ses proches d'ordinaire... Il est vrai que la relation qui liait son meilleur ami Henry à sa nièce Juliet l'avait profondément perturbé. A la fête, il n'avait rien dit, beaucoup trop à fleur de peau, et certainement pas prêt à en parler. Mais c'est sur internet qu'il avait déversé son trop plein d'émotions. Il avait certainement paru agressif et amer, mais en réalité, il était surtout perdu dans ses sentiments. "Vous êtes arrivé, Monsieur Nixon." Déjà? Kenneth ne pensait pas que le bar était aussi proche. Le remerciant d'un signe de tête, il descendit, silencieux. Pour une fois, il n'était pas sur de ce qu'il allait dire. Lui, le mec grande gueule ayant toujours son mot à dire ou une bonne réplique, se sentait tout petit face à la conversation qui allait suivre. Se dirigeant vers le bar qui était à quelques mètres de la voiture, il aperçut sa nièce en terrasse et la rejoignit sans tarder. Il lui rendit son sourire avec tendresse, sentant bien qu'elle était plus nerveuse qu'elle voulait le faire croire. Après tout, il la connaissait bien, sa petite Juliet. « Hello ! » Il se laissa embrasser sur  la joue, et à son tour, l'embrassa sur la front. « Bonsoir, Sweetheart. » Répondit-il d'une voix douce. Il s'assit en face de sa nièce, et alpaguant un serveur qui passait, lui commanda un whisky avec glaçons. Après tout, lui aussi avait besoin de courage. « Tu vas bien? » Posant son regard gris-bleu sur sa nièce, il sourit. « Pas mal. Avec la promo de mon dernier film, c'est Interviews sur interviews, apparitions publiques, dédicaces, et tout le tintouin. La routine, quoi. Mais toi aussi, tu dois bien connaître tout ça, maintenant! » Bien évidemment, il avait clairement évité le sujet de la fête. Et même s'il avait très envie de savoir comment elle s'en sortait sur le tournage des Maraudeurs, si elle s'entendait bien avec les autres acteurs, si elle se faisait à cette reconnaissance des fans, il sentait bien que le cœur n'y était pas. Ils en avaient gros sur le cœur tous les deux, il n'y avait aucun doute. Le tout était de savoir s'ils allaient oser se lancer. Kenneth soupira et son sourire disparut lentement pour laisser place à une expression plus inquiète, plus préoccupée. Il passa une main dans ses cheveux et finit par reprendre la parole. « Ecoutes, je sais que la soirée n'a pas été une partie de plaisir pour toi. Ni pour Henry. Et quelque part, c'est un peu de ma faute tout ce qui s'est passé... » Il s'arrêta un moment, cherchant ses mots pour être le plus précis possible, le plus proche de ce qu'il ressentait. « Je ne voulais pas que tu souffres, je ne l'ai jamais voulu. C'est juste... Je ne sais pas trop quoi penser de toi et Henry. C'est difficile pour moi de vous imaginer ensemble. Je ne pensais pas que tu l'aimais autant...»Il s'attendait bien sûr à ce que Juliet réagisse, peut-être même plus fortement qu'il n'y aurait pensé, mais il ne pensait pas qu'il s'en prendrait autant en plein figure. « Ecoute, Ken... » Elle évite de le regarder dans les yeux, et même s'il sent que c'est parce qu'elle est nerveuse, il ne peut s'empêcher de penser que ce qu'était sur le point de dire n'allait pas lui plaire du tout.  « Je m'en fiche. Je me fiche de ce que tu penses d'Henry et moi, je me fiche de ce que ton ex femme pense de moi et je me fiche de tout ce que les gens pensent de moi. Je t'aime, tu sais que je t'aime, mais là, c'est trop. J'ai lutté contre mon père, puis contre ma mère l'année dernière, contre mes frères aussi, je suis partie de chez moi pour pouvoir réussir à suivre ma voie, je me suis trouvée un rôle défendable, je gagne ma vie, je paye mon propre appartement, je me suis même achetée un chat, mais là, je n'ai plus envie de faire la guerre. Alors si tu ne veux pas que je sois avec Henry, très bien, je suis navrée, vraiment confuse, mais il faudra vivre avec ». Kenneth restait immobile, incapable de dire quoi que ce soit. Il n'avait jamais senti autant d'amertume et de lassitude dans la voix de sa nièce. Et ses paroles lui fendaient littéralement le cœur. Cela le touchait énormément, et même s'il comprenait qu'elle soit déçue de ses proches, il avait l'impression de prendre pour les autres. Et pire que tout, elle semblait croire que même son oncle favori était contre elle. Alors oui, l'acteur se sentait blessé par ses paroles. Mais il n'en dirait rien. D'ordinaire, même quand on lui faisait des reproches ou qu'on lui cassait du sucre sur le dos, il se contentait d'encaisser et de garder ce sourire, qui faisait qu'on pouvait lui pardonner. Mais aujourd'hui, il n'avait pas envie de sourire. C'était une chose que de se faire engueuler par son ex-femme, mais là, il s'agissait de sa nièce. Sa Juliet. Sa petite Juliet. Rien ne pouvait plus le toucher. « Je n'ai plus envie de faire la guerre. Je l'aime, avec tout ce que j'ai, et comme j'ai jamais aimé personne. Et tu sais quoi, Ken? De tous les gens que je côtoient, et de tous ceux qui sont ma famille, mes plus proches parents, il est le seul à ne pas me considérer comme une enfant de douze ans qui ne mériterait pas de faire ses propres choix. Je l'aime et il a changé ma vie, il m'a rendue meilleure, plus forte, plus douée, prête à vivre une vie en fonction de mes rêves et pas des convictions des autres. Même si le monde entier lui interdit d'être avec moi, je n'arrêterai jamais de lui courir après. Il me rend heureuse et je sais que je peux faire ça pour lui, le rendre heureux ». Kenneth prit quelques instants pour digérer ce qu'il venait d'entendre. Il voyait bien que la jeune femme souffrait de la situation, et il aurait été stupide de ne pas s'apercevoir qu'elle aimait vraiment Henry. Il fallait qu'il trouve pour les mots justes pour exprimer ce que lui, avait sur le cœur. La regardant avec des yeux embrumés, il se racla la gorge comme pour se donner de la contenance. « Regardes-moi Juliet... Certes, j'ai mes tords, je n'aurais pas du me montrer aussi virulent sur le net avec Henry, et je m'en excuse. Je souhaitais exprimer mes doutes et mes craintes, mais sans le vouloir, j'ai été trop loin. C'est parfois simplement difficile d'exprimer ses propres sentiments, et je suis sur que tu comprends. Mais s'il te plaît, ne fais pas comme si j'étais contre toi ou contre vous. Est-ce que je t'ai seulement dit que je m'opposais catégoriquement à votre relation? Non. Ok, j'avais certaines interrogations, mais j'estime qu'elles étaient légitimes, et je ne suis jamais montré irrespectueux ou insultant avec vous deux. Et par-dessus tout, ne me mets pas dans le même sac que tes parents! Ne t'ai-je pas toujours encouragé à accomplir tes propres rêves? Ne t'ai-je pas déjà dit d'envoyer ballader ceux qui s'opposeraient à tes propres envies? Est-ce que je t'ai déjà abandonné? Tu es ma nièce, Juliet, bien sur que je te verrais toujours comme la petite fille que je dois protéger. Mais je ne suis pas stupide au point de ne pas m'apercevoir que tu a grandis et que tu te débrouilles toute seule à la perfection. J'ose juste penser que j'ai été là quand tu en avais besoin et que je le serais encore longtemps si tu me laisses faire... Alors, je t'en prie, juges-moi sur ce que j'ai fait et dit, mais pas sur ça... » Sa voix se brisa tandis qu'il soupirait tristement. Attrapant la main de Juliet, il la serra entre la sienne et reprit doucement: « Tout ce que je souhaite, c'est que tu sois heureuse. Si tu me dis qu'Henry te rend heureuse et que tu peux le rendre heureux, alors je te crois. J'ai vu le regard que tu posais sur lui, j'ai vu comment il te regardait. Il ne fait aucun doute que vous tenez profondément l'un à l'autre. Je vous aime tous les deux et je ne m'opposerai pas à votre bonheur. Laisse-moi juste un petit peu de temps pour m'y habituer, c'est tout... » Il savait qu'il y était peut-être aller un peu fort, mais c'était réellement ce qu'il ressentait sur l'instant. Et il voulait être aussi sincère qu'elle l'avait été. Il serra sa main pour montrer son soutien et la laissa répondre. « Je suis désolée, je ne voulais pas te blesser. Tu ne m'as jamais laissée tomber, ce n'est pas ce que je sous-entendais, et je sais bien que tu n'as jamais porté sur moi le jugement que Papa pouvait avoir. Simplement, je suis lassée de faire la guerre à tout le monde. Je pensais avoir Amy de mon côté, mais...  »Ken soupira et haussa les sourcils à l'évocation d'Amy et de sa désastreuse apparition à la fête. Il ne put s'empêcher d'ajouter quelque chose, se sentant concerné par tout ce qui touchait de près ou de loin son ex-femme. Il avait beau ne plus l'aimer comme avant, il n'empêche qu'au fond il l'appréciait encore. « Je te l'accorde, Amy n'aurait jamais du dire ce qu'elle a dit. Et je ne veux surtout pas la défendre. Mais sincèrement, j'ai du mal à croire qu'elle pensait vraiment ses paroles. Si tel est le cas, alors c'est que nous n'avions vraiment pas grand chose à faire ensemble... Mais j'en doute. » Il se tut pour la laisser continuer, essayant d'accrocher son regard une fois de plus. « Henry est très influençable. Il est persuadé, comme le monde entier, que de cette relation ne pourra découler que du négatif, parce que je suis jeune, parce que je finirai par le quitter ou tout simplement parce qu'on ne pourra jamais être ensemble. Alors parfois, quand les gens viennent lui parler pour lui expliquer que ce qu'il fait est mal, ça l'éloigne de moi encore un peu plus. Je ne veux pas arrêter de me battre pour cette relation et j'espère qu'un jour il me laissera entrer complètement dans sa vie mais tu sais, c'est difficile de mener la guerre toute seule. Surtout quand le monde entier te prend pour une enfant vulgaire qui ne sait pas ce qu'elle veut. » Ses paroles ne l'étonnent guère en ce qui concerne Henry. Il avait toujours tendance à se poser trop de questions et à ne pas simplement profiter de l'instant présent. Ken le lui avait déjà dit. Mais bizarrement, ses conseils en amour étaient très peu suivis. Allez savoir pourquoi. « Ne t'inquiètes pas pour Henry, tiens. Il va bien finir par ouvrir les yeux et se laissait un peu faire. Et puis, il a toujours été un peu long à la détente, tu sais... » L'acteur esquissa à nouveau un sourire qui se voulait doux, avec une pointe d'amusement. Il aimait beaucoup taquiner son meilleur ami sur ses défauts, sans toutefois jamais se montrer blessant. Un simple jeu, voilà tout. Et puis, Ken n'était pas réputé pour son trop grand sérieux, bien au contraire. Il laissa finir sa nièce, finissant son verre d'un trait par la même occasion. Pas question de gâcher. « Je suis désolée que ça tombe sur toi, désolée que tu ne puisses pas exprimer ou poser tes doutes comme tous les autres, mais c'est de mon oncle Ken compréhensif et supportif dont j'ai besoin maintenant, pas d'une autre personne qui doute de moi »  Kenneth eut de nouveau son regard triste quelques secondes. Il comprenait maintenant pourquoi Juliet tenait tant à ce rendez-vous. Elle cherchait désespérément quelqu'un pour l'épauler, pour lui dire que ce qu'elle faisait était bien ou tout simplement pour la prendre dans ses bras. « Tu m'as toujours mieux comprise que tout le monde, c'est pour ça que j'en demande plus. Je suis mal habituée. » Je joints mon sourire le  plus éclatant à son rire, puis, poussé par ses propres émotions, l'acteur se leva et fit la chose qu'il avait eu envie de faire depuis le début de leur conversation. Il la prit dans ses bras, l'entourant de toute sa tendresse, cherchant à la consoler comme une enfant, tout en sachant qu'elle n'en était plus une. Les clients autour les regardaient d'un œil attendri ou perplexe, se demandant bien le lien qui pouvait les lier. Ken en profita alors pour glisser quelques mots à l'oreille de Juliet. « Alors, à partir de maintenant, considère que je suis une branche à laquelle tu peux t'accrocher, une bouée de sauvetage toujours à tes côtés. Je vais mettre mes doutes au placard. Bref, tonton Ken est là. » La relâchant tout doucement, il essuya les larmes qui coulaient sur les joues de sa nièce et rajouta sur un ton plus léger. « Et si tu as besoin que je vienne botter le c*l d'Henry parce qu'il t'a ennuyé, n'hésite surtout pas! » Il reprit sa place sur la chaise, commandant un deuxième whisky. La voir rire de nouveau lui mit du baume au cœur et le confortait dans sa décision de la soutenir quoi qu'il lui en coutait. Enfin, il retrouvait sa Juliet souriante pétillante. « Ca ira, le pauvre, je crois que je le traumatise déjà assez toute seule pour en rajouter une louche, honnêtement. Je ne lui ai pas laissé beaucoup de répit depuis Oxford, tu sais. Je ne doute pas du fait que supporter une Juliet amoureuse ne soit pas des plus aisés tous les jours. » Cette remarque fit sourire son oncle. Il avait presque envie de dire que TOUTES les femmes amoureuses étaient terriblement déterminées et ne lâchaient jamais le morceau. Mais, au fond, cela ne déplaisait pas forcément aux hommes. Vouloir se sentir désiré n'était pas une envie réservée aux femmes... «  Ok, ok, je ne l'embêterais pas. Ou juste un peu, par principe. En tout cas, tu sais où me trouver si t'as besoin. Et si tu veux des dossiers sur Henry, j'en ai quelques uns en stock! » Il se remémora quelques soirées étudiantes bien arrosées, où il traînait Henry pour s'amuser... La belle époque. A présent que cette conversation était réglée, ils pouvaient maintenant parler de choses plus légères, mais néanmoins tout aussi capitales. « Et alors, comment se passe le tournage? Les autres acteurs sont sympas? Les producteurs ne vous en font pas trop bavé?  Parce que je les connais, moi! Sous prétexte qu'ils ont sous la main de jeunes talents, ils en profitent pour les faire trimmer à fond! Et le fait d'avoir déjà des fans, ça te fait quoi? » Beaucoup de questions en une seule phrase. Mais Kenneth était très curieux, et voulait tout savoir de ce tournage qui faisait beaucoup de bruits dans le petit monde des acteurs britanniques. Dire qu'on ne l'y avait pas invité. M'enfin, il avait beaucoup de choses à faire en ce moment, alors ce n'était peut-être pas une bonne idée. « C’est… magnifique. Tu sais, Katharine ne me porte même pas tellement dans son cœur et il y a quelques personnes dans l’équipe qui me sont un peu désagréables, mais c’est tellement irréel, et tellement réel à la fois que je refuse juste de me plaindre de peur que tout s’arrête. J’adore chaque journée que je passe à tourner, et j’espère vraiment que ça ne s’arrêtera jamais ». Ken sourit d'autant plus qu'elle riait. Cela lui faisait extrêmement plaisir de la voir ainsi rayonnante et heureuse! Il ne doutait qu'elle ferait une excellente actrice et qu'elle irait loin. Après tout, il le lui avait toujours dit! D'ailleurs, en parlant de choses à faire, il devait parler absolument demander à Juliet une chose cruciale. « Dis, tu n'es pas sans savoir que je me marie dans peu de temps, et je voulais te parler d'une chose. Je pense que je vais demander à Henry d'être mon témoin, et c'est certainement au bras d'Aileen que j'irais à l'autel. Mais j'aimerais beaucoup- et Jim est d'accord - que ce soit toi la gardienne de nos alliances jusqu'au mariage et que tu nous les présentes pendant la cérémonie. Qu'est-ce que tu en penses? Bien sur, c'est nous qui nous chargerons de les acheter. Tu auras juste à bien les conserver jusqu'au jour J et à revêtir tes habits de lumière pour être la plus belle!» Cela lui tenait très à cœur, et il espérait vraiment qu'elle accepte, parce que ça signifiait vraiment tout son amour pour elle. Anxieux, il attendit sa réaction -qui ne tarda pas à arriver. Lorsqu'elle lui sauta au coup, Ken se mit à rire de joie, serrant contre lui la jeune femme avec tendresse. Cela le rassurait et le soulageait, car ça ne voulait dire qu'une chose! « Ouiiiii » lui hurla-t-elle dans l'oreille, lui trouant pratiquement les timpans. Au comble du bonheur, son cœur battait si fort qu'il lui semblait qu'il allait sortir de sa poitrine. Rien ne pouvait lui faire plus plaisir! Se détachant d'elle doucement, il l'embrassa sur le front. Il était sur que Jim serait content lui aussi. Lui aussi aimait beaucoup la nièce de Ken et il savait la relation qui reliait ses deux-là. « J’adorerai, tu t’en doutes ». Prenant ses mains dans les siennes, Kenneth la regarda avec des yeux brillants. « Merci, Sweetheart! Tu ne peux pas savoir combien ça me fait plaisir que tu acceptes! Et puis, je suis sûr que tu seras magnifique. D'ailleurs, si tu veux, on se fera une séance shopping avec Aileen et tu pourrais venir aussi... J'aimerais bien avoir vos deux avis pour mon costume. Qu'en penses-tu?» Au moment où il lui posait la question, son téléphone se mit à vibrer. Jetant un coup d'œil rapide, il vit qu'i s'agissait d'un message de son fiancé, stressé comme à son habitude. "Sorry Love, j'ai besoin de toi. C'est pour le mariage, y'a un truc qui cloche pour la réservation de l'orchestre." Kenneth soupira. Encore un problème! Il n'en sortirait donc jamais de ces préparatifs? Et puis, il ne se souvenait plus de cette histoire d'orchestre. Pourtant, c'était lui qui s'occupait des divertissements... Bah, il haussa les épaules et répondit qu'il ne tarderait pas à rentrer. Se tournant vers Juliet, il fit une mine désolée et lui dit: "Je suis désolée, Juliet, mais je vais devoir y aller. Apparemment y'a une urgence à la maison. Et tu connais Jim. Il fait toujours tout un foin pour rien..." Se levant, il déposa de l'argent sur la table pour payer ses consommations ainsi que celles de sa nièce. Pas question qu'une femme qu'il a invité paye ses verres! Bref, il prit sa nièce dans ses bras et l'embrassa sur la joue avant de prendre son visage entre ses mains. "A très bientôt, ma chérie. Ne fais pas de bêtises et prends soin de toi. On se recontacte pour le mariage, d'accord?" Sur ce, il lui dit au revoir et se dirigea vers la rue où son chauffeur l'attendait pour rentrer chez lui. Décidemment, cette conversation avait été forte en émotions! Il se sentait lessivé, mais dans le bon sens. Libéré et heureux.

FIN

AWW YOU MAKE ME CRY BABY:
 
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family meeting w/ Kenneth
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