Conference Break | Lexia & Séraphine

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MessageSujet: Conference Break | Lexia & Séraphine   Dim 16 Juin - 11:09



Séraphine & Lexia
dans : Conference Break


Tuesday, June 18th
« Coming ! Can't ye be waiting one more minute ?1 »
Voici Séraphine qui râle, de bon matin. Comme souvent. Elle n'est qu'assez rarement de bonne humeur, au réveil, et ça se ressent très vite. Ronchonne dès le réveil, elle ne communique que par grommellements indistincts jusqu'à avaler sa tasse de chocolat chaud. Ensuite... Ensuite ça peut dépendre de trop de paramètre pour pouvoir faire preuve d'exactitude.
Coincée dans la salle de bain, pressée par son compagnon, la jeune fille finit d'apposer une touche de couleur carmine sur ses lèvres, vérifie dans le miroir que sa tenue est correcte, sort en trombe, en quête de ses cuissardes. Une paire d'escarpins à la main, qu'elle installera dans le top case de la moto, elle attrape rapidement son blouson de cuir, la serviette dans laquelle elle a mis ses affaires, vérifie qu'elle n'oublie rien et suit le grand ours qui attend que sa petite chose ait enfin fini de se préparer.
« Here, Teddy, I'm here, dinnae do such a face.2 » conclut-elle en passant devant lui, clefs à la main ; la porte de l'appartement est fermée à clef, et voici le couple qui dévale les escaliers.
Aujourd'hui, cap sur Oxford. Lui pour le travail, elle... Aussi. Il y avait un colloque autour de la bio-informatique et de la biologie calculatoire à l'Université, qu'elle n'aurait raté pour rien au monde. Cela touchait directement à son domaine d'études, et quand elle avait su que Nioclàs devait se déplacer là-bas pour un article – ou un reportage ? – elle avait sauté sur l'occasion.
Le boulot ? Elle rattraperait ses heures dans les semaines suivantes, compromis auquel elle était parvenu après de longs pourparlers avec sa patronne. L'avantage de l'été qui se profilait, c'était qu'elle pouvait rattraper plus facilement les heures, quitte à faire des remplacements et cumuler deux services dans la journée. Après tout, elle n'avait pas à étudier en parallèle pendant trois mois, ça serait toujours plus reposant.

Elle enjambe souplement la moto, s'installe contre le dos du mâle, l'entoure de ses bras. Toutes leurs affaires rangées, ils peuvent partir, casque sur la tête, cheveux au vent, avec en bruit de fond celui du moteur. La route qui les sépare d'Oxford est longue, malgré la conduite rapide du jeune homme, et ce n'est qu'aux alentours de neuf heures qu'ils arrivent en ville.
Arrivée devant l'université, la jeune fille descend lestement, ôte ses cuissardes avec des gestes qui trahissent l'habitude, enfile sa paire d'escarpins, récupère sa serviette et range le casque et les bottes pour ne pas s'encombrer. Un rapide baiser qui forcera l'Irlandais à ôter son casque avant de se séparer, vérification que son iphone est bien dans la poche de son blouson et la jeune fille laisse ses talons claquer sur l'allée, traverse les carrés de verdure, la jupe sombre se soulevant légèrement sous l'effet du vent. Elle tire nerveusement sur son chemisier clair, entre dans les locaux, suit les panneaux indiquant le colloque.
Carte étudiante en main, elle parvient à entrer sans avoir à payer, et part en quête d'une place dans l'amphithéâtre déjà plein. Elle joue des hanches pour se frayer un chemin jusqu'à une place repérée au loin.
Partie à sept heures, et elle arrivait encore à ne pas arriver assez en avance pour une colloque débutant à neuf heures trente... Elle ignore le regard intéressé d'un jeune homme sur son postérieur et s'installe, sortant son petit ordinateur de sa serviette pour pouvoir prendre des notes constructives pendant les différentes conférences.

La première conférence commence, sous le regard attentif de l'Écossaise, qui ne se prive pas de taper sur son clavier. Certaines questions fusent de l'assistance, plus ou moins pertinentes, et elle prête une oreille particulièrement intéressée aux réponses de conférenciers.
Une conférence.
Deux conférences.
Séraphine jette un œil à sa montre. Une pause repas était prévue à la fin de la troisième conférence. Elle avait déjà repéré la cafétéria sur son chemin entre l'entrée et l'amphithéâtre, et irait voir si on pouvait acheter quelques menues choses pas trop chères à manger. Sinon elle sauterait le repas, ça ne serait pas non plus la fin du monde.
La dernière conférence traine un peu en longueur, et la jeune fille ne se fait pas prier pour la pause qui est ensuite décrétée. Elle se faufile, toujours en jouant des hanches, mallette à la main, et c'est avec soulagement qu'elle se retrouve détachée de la masse grouillante de chercheurs et d'étudiants. Beaucoup iront sans doute dans les restaurants alentours, puisqu'ils peuvent se le permettre... Elle ne cherche pas longtemps et pousse la porte de la cafétéria, où quelques groupes d'étudiants occupés à réviser leurs partiels sont déjà installés.
Parfait.
Ça promettait du calme.

Elle s'avance du comptoir, se force à sourire. Elle n'était pas d'ici, et, même si Cambridge n'était pas écrit sur son front, son accent pouvait faire qu'on la croit venir de l'Université d'Édimbourg – qui était tout de même classée 22e mondiale.
« Hi. I'd like a... » Ses yeux guettent la carte sur le côté. Hm. « … Coleslaw with tap water. 3»
Les boissons ? Hors de prix. L'eau du robinet ferait l'affaire. Et le coleslaw était le moins cher – et le moins gras de ce qu'ils proposaient, bonté divine, même Nioclàs ne mangerait pas quelque chose d'aussi gras. Une fois servie, elle s'installe à une table encore libre... Juste au moment où d'autres participants à la conférence trouvent la cafétéria. Bien. Grognant du bruit qui commence à arriver dans le lieu, elle commence à manger son repas, silencieuse ; le vibreur de son smartphone l'informe d'un message qui vient d'arriver.
Don't you forget to eat.4
Un sourire se dessine fugacement sur le visage de la jeune fille qui prend une photo de son frugal repas comme preuve. Elle tapote sur son clavier, quand elle entend, à proximité, une étudiante – de première année, certainement – commenter à haute voix avec une de ses amies :
« I will ne'er understand why people take pictures of what they eat... Ridiculous! 5»
L'accent upper-class de la jeune fille, teinté d'intonation typiquement British, écorche les oreilles de Séraphine qui fusille la jeune fille du regard mauvais avant d'envoyer son texto.
I haven't.6

_____________________________

1 J'arrive, tu peux pas attendre encore une minute ?
2 Là, Nounours, je suis là, ne fais pas cette tête.
3 Bonjour, je vais prendre... Un coleslaw avec de l'eau.
4 N'oublie pas de manger.
5 Je ne comprendrai jamais les gens qui prennent de photos de ce qu'ils mangent... C'est ridicule !
6 Je n'ai pas oublié.


Dernière édition par Seraphine E. MacKenzie le Dim 16 Juin - 13:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Conference Break | Lexia & Séraphine   Dim 16 Juin - 12:32


 I am selfish, private and easily bored. Will this be a problem?

Aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours été habituée aux conférences scientifiques d’Oxford. Ironique, sachant que je suis bien incapable de comprendre un simple problème de mathématiques. Pas tant que cela, venant de la fille du ô si brillant Professeur Henley. Toujours au fond de la salle, toujours avec un livre dans les mains pour passer le temps - c’est ainsi que j’ai avalé toute la bibliographie de Tolkien dès le plus jeune âge. Aujourd’hui, comme lorsque j’étais enfant, la même routine. Venir, m’installer au fond de la salle, prendre un air sérieux mais ne rien écouter. Sauf quand c’est au tour de Daddy de prendre la parole, bien sur, et faire semblant de comprendre, moue sérieuse aux lèvres. On y croirait presque.

Alors, quand on annonce l’heure du déjeuner, je suis la première à sauter sur mes pieds et sortir de la salle, téléphone portable en main, envoyant des signaux de détresse à Tristan pour qu’il vienne me sortir de là. En vain. Daddy me rejoint assez rapidement, passant un bras autour de mes épaules, et je dépose un baiser rouge sur sa joue rugueuse, que j’efface du pouce avec un petit rire. L’art de l’apparence que l’on maitrise à la perfection, l’image de famille parfaite que nous donnons au tout Oxford. Il est rejoint rapidement pas certains confrère et je me joue au jeu comme toujours, sourires et demi-mots. Oh que j’ai grandi, une vraie femme désormais, et qu’ils sont fiers que j’ai ma propre carrière maintenant, un véritable travail de professeur et non plus ces idioties télévisées. Je me force de ne pas lever les yeux au ciel et échappe de peu aux pincements de joues. Ces hommes m’ont vu grandir, comme de vieux oncles éloignés, alors je subis leurs paroles et sourires en coin, ne serait-ce que pour faire plaisir à Daddy - et pour travailler sur notre réputation, bien entendu.

Après quelques minutes, je finis par poser une main sur le torse de Daddy, et il hoche simplement la tête et m’embrasse la tempe, me redonnant ainsi ma liberté. Je m’excuse, promets de revenir les voir plus tard, et m’échappe aussi vite que possible sans courir. Je connais Oxford comme ma poche et trouve rapidement une cafétéria libre de tout maitre de conférence, afin de passer ma pause déjeuner au calme et loin de tous ces discours scientifiques qui me donnent la migraine. Je fais la queue, comme tout le monde, et sourit à la serveuse lorsqu’elle me tend ma salade et mon thé glacé. Je regarde alors autour de moi, cherchant une table libre, mais soupire en voyant le nom d’étudiants présents. Je pense, l’espace d’un instant, aller m’installer dehors et mange à l’ombre d’un arbre dans le patio, mais crains me retrouver face à un autre de ces professeurs m’ayant connue lorsque j’avais une grille de barbelés sur les dents. Non merci.

Dans un soupir, je m’approche d’une table à peu près libre, où se trouve une seule jeune femme, à peu près mon âge et des cheveux encore plus sombres que les miens. Pas de quoi me rend sociable pour autant, merci bien. Je suis à quelques pas à peine de la table lorsque j’entends une autre fille parler, voix pseudo-moqueuse et ironique, et lève les yeux au ciel. L’art du cynisme ne se maitrise pas dans un claquement de doigts et ses faux airs de Queen Bee ne se pas pour me convaincre. Surtout avec le combo pomme-bouteille d’eau devant elle sur la table.

- Au moins elle mange, elle.

Je la vois ouvrir la bouche pour répliquer, avant que ses yeux ne s’agrandisse un peu en se posant sur moi, et un petit rictus s’affiche sur mes lèvres. Mon ancienne réputation a du bon, parfois. Je laisse tomber mon livre - Stardust de Neil Gaiman, dans le genre classique dont je ne me lasse pas - sur la table à côté de la jolie brunette, et s’installe comme si de rien n’était. Comme si le monde m’appartenait, comme toujours avec moi. Je bois une gorgée, sourit à un texto de Tristan, avant de ne jeter un oeil à la demoiselle. Dans un sursaut de gentillesse qui ne vient d’on se sait où, je lui tends une main parfaitement manucurée et attends qu’elle la serre.

- Lexia Henley, j’annonce simplement.

Peut-être reconnaitra-t-elle mon nom. Peut-être reconnaitra-t-elle celui de mon père. Elle a l’aura de scientifique-qui-passe-toutes-ses-heures-dans-un-labo, après tout, donc cela ne m’étonnerait pas que George Henley ne lui soit pas inconnu. Pas que cela ait la moindre importance, de toute façon.
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MessageSujet: Re: Conference Break | Lexia & Séraphine   Dim 16 Juin - 13:43

Le regard mauvais de Séraphine trouve écho dans la voix sèche d'une jeune femme de son âge. L'Écossaise pose les yeux sur la nouvelle protagoniste, mitigée quant à son intervention dans cette situation. Elle aurait pu jouer la carte de l'indifférence, comme elle le faisait souvent, ou rembarrer elle-même Miss Pomme. Cependant, son implication nouvelle n'était pas faite de mauvaises intentions – sans doute pas, ou bien son cheminement de pensée promettait d'être bien particulier, et échappait-il complètement à la jeune femme.
La remarque faite sur le fait qu'elle mangeait, contrairement à d'autres, lui parut toutefois extraordinairement ironique, surtout quand on savait que son compagnon, jamais rassasié de formes trop menues à son goût, s’enquérait de vérifier qu'elle mange. Même si elle sentait venir à des miles à la ronde une remarque sur le fait qu'une seule salade n'était pas suffisante pour faire un repas.
L'avis de Séraphine sur la personne de Lexia commence à se faire lorsqu'elle la voit s'installer face à elle, sans bonjour ni rien, sans même songer à vérifier qu'elle soit seule et qu'elle n'attende personne. Des règles de politesse basiques bafouées au profit d'une attitude... De personne qui se comportait comme chez elle. Hmhm. D'un coup de fourchette, elle porte une bouchée de sa salade aux lèvres, après avoir posé son smartphone près d'elle sur la table – puisqu'elle savait qu'il ne tarderait sans doute pas à sonner à nouveau, avec une photo d'un plat riche et d'une mention ça, c'est un vrai repas, ou quelque chose dans ce goût-là. Ou pas.

Le livre posé sur la table a attiré son attention et, comme Lexia a remarqué l'air fatiguée d'une scientifique un peu trop prise par le travail, elle constate le goût littéraire de la jeune femme, qui dénote avec le nom qu'elle lui annonce.
Henley.
Oui, elle connaissait le nom. Une conférence avait été faite par George Henley juste avant le repas, et Séraphine avait lu plusieurs de ses travaux dans le cadre de son travail de recherches. Étrangement, cela ne collait pas à l'idée de la littéraire qu'elle s'était faite une demi-seconde plus tôt en voyant l'ouvrage sur la table.
« Seraphine MacKenzie. Nice to meet you.1 » se présente-t-elle à son tour, avec cet accent typique des régions du nord. Un nom nettement moins connu, voire pas du tout. Elle n'était même pas étudiante à Oxford. Peut-être serait-ce un nom un peu plus reconnu d'ici quelques années, mais pour l'heure...
« Henley... Do ye happen tae be having any connections with the Mr Henley who delivered a lecture earlier today ?2 » questionne-t-elle pour assouvir sa curiosité.
Si oui, ça ne changerait rien de toute façon. À peine cela expliquerait-il la raison pour laquelle cette jeune femme avait une attitude digne de ces enfants gâtés nés avec une cuillère d'argent dans la bouche. Les maîtres de conférence et professeurs des universités n'étaient pas de ceux à plaindre sur le plan financier. Était-ce mérité ? Leur réussite, peut-être. Elle ne pouvait pas pousser la mauvaise foi jusqu'à penser que la réussite d'une personne n'était due qu'au pécule investi à la base – après tout, elle comptait bien arriver à leur niveau social. Mais la réussite de leurs enfants...
Hm.
Ne partons pas sur ces sujets délicats. Peut-être Lexia était-elle fréquentable, quand bien même serait-elle liée à ce brillant homme. Elle n'était pas du genre à juger les gens sur leurs origines, sociales ou éthniques – même si elle a quand même beaucoup de mal avec les gosses de riches, ne nous le cachons pas. Après tout, si on l'avait jugée sur ce même point, elle n'en serait pas où elle était aujourd'hui. Quand bien même cela lui était-il arrivé de croiser le regard méprisant d'enseignants connaissant sa situation.

« Ye seem tae be more of a literary freak... How do ye come to such a colloquium ?3 »
Autant faire connaissance, puisqu'elle s'était imposée à sa table.
Elle lui tiendrait compagnie, et de meilleure façon que son smartphone, quand bien même ce dernier savait se montrer bien utile quand un certain Irlandais lui manquait trop.

______________________

1Séraphine MacKenzie. Enchantée.
2Henley... Seriez-vous liée à ce Mr Henley qui a donné une conférence plus tôt aujourd'hui ?
3Vous avez l'air d'être plutôt du genre littéraire... Pourquoi assister à un colloque de ce genre ? (How est en Écosse souvent utilisé pour remplacer le why, ça surprend souvent :') )
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MessageSujet: Re: Conference Break | Lexia & Séraphine   Dim 16 Juin - 17:17

Je me pense chez moi partout, et Oxford n’échappe pas à la règle. J’y ai après tout passé toutes mes années universitaire, ainsi que les derniers mois à errer dans les rues étudiantes entre deux cours et une rédaction de roman. Il en devient (presque) difficile de croire que j’ai bien été éduquée, entre politesse et étiquette, lorsque mes talents de fille à papa remontent ainsi à la surface. Mais, après tout, le but d’une cafétéria est bien de se mélanger aux autres sans rester seul dans son coin, alors je ne suis qu’à moitié en faute. En déplaise à la demoiselle. Pour faire bien, je réponds d’un sourire qui se veut sincère lorsqu’elle se présente à son tour. J’aurais sans doute oublié nom et visage dès demain, mais mon amie à usage unique suffira pour l’instant. Surtout avec un prénom aussi original que le sien, ainsi que son accent écossais à couper au couteau, qui titillent ma curiosité. Un jour, j’arrêterais de penser en terme de dimension poétique de certains mots et noms. Un jour, pas aujourd’hui.

- Daughter,1 je réponds simplement, me pointant moi-même du doigt.

Je ne relève pas le fait qu’elle semble contraire l’identité de mon père au profil du mien. Ce genre de choses, ne pas être reconnue, ne l’était plus arrivé depuis de trop longs mois, et l’anonymat me plait bien plus que je n’oserais jamais l’admettre. Pour cette inconnue, je suis simplement Lexia, fille sans manières d’un professeur réputé, et cela me convient parfaitement. Il n’y a rien de plus à contraire à mon sujet, de toute façon.
Je retourne à ma salade, mettant de côté les olives du bout de la fourchette et croquant dans une rondelle de carotte tranquillement, tout en regardant autour de moi. Seulement maintenant il me vient à l’esprit que je pourrais très bien connaitre quelqu’un d’autre dans la salle et ainsi soulager l’inconnue de ma présence pas-vraiment-désirée. Mais tous les visages me restent inconnus, et je manque d’échapper un soupir de plus. Le département de littérature est déjà fermé pour l’été, évidemment, alors faibles étaient les chances pour moi de retrouver une connaissance. Tant pis, autant continuer à jouer la fille sociable avec l’autre brunette.
Je relève néanmoins la tête avec surprise lorsqu’elle m’adresse la parole, parce qu’elle essaie en effet de faire connaissance, comme si de rien n’était. J’essaie de ne pas froncer les sourcils tout de même, mais le geste me décontenance plus que je ne le voudrais. Je n’arrive pas à me souvenir de la dernière fois où j’ai commencé une discussion avec n parfait inconnu, juste dans le but de discuter. C’en est triste à mourir.

- Moral support, je réponds simplement dans un premier temps, sourire amusé aux lèvres. I’ve always been there for my father’s lectures. I think he hoped I would follow his path at some point.2

Je pointe le livre devant moi comme fin de phrase. On dit que la pomme ne tombe jamais loin de l’arbre. Une chose est sure, la personne ayant inventé l’adage n’a jamais rencontré les Henleys. On évitera néanmoins de préciser que ces conférences, j’y assiste depuis les couches-culottes, assez grande pour me débrouiller toute seule et rester sagement dans un coin. Plus que vouloir me transmettre son domaine d’études, je crois bien que mon père m’a toujours prise pour son porte-bonheur (même si cette simple pensée me fait lever les yeux au ciel, les Henleys ne faisant pas dans cette mièvrerie sentimentale).
Je fourre quelques légumes de plus dans ma bouche, avant de ne souvenir que la bienséance veut que je continue la discussion. Urg, trop de formalités pour une parfaite inconnue que je ne reverrais sans doute jamais, vraiment...

- Enjoying the conference so far? Et puis, dans un élan de curiosité que je n’arrive à réfréner, Are you a grad student here?3

______________
1 "Sa fille."
2 "Soutien moral. ... J'ai toujours été présente pour les conférences de mon père. Je crois qu'il espérait que je suivrais son exemple à un moment donné."
3 "Tu apprécies la conférence pour l'instant? ... Est-ce que tu étudies ici?"
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MessageSujet: Re: Conference Break | Lexia & Séraphine   Dim 16 Juin - 19:53

La fille.
Ceci expliquait bien des choses, donc, comme la jeune femme l'avait pressenti. Elle ne fait toutefois aucun commentaire, encore moins désobligeant, à ce sujet, connaissant la délicatesse de sa position si les choses venaient à s'envenimer. Et étant donné qu'elle ignorait totalement qui était précisément cette femme, il valait mieux éviter de partir en ce sens.
Peu sociable ? Peu appréciée ? Séraphine remarque la surprise sur le visage en face d'elle, si fugace soit-elle, et s'interroge tout naturellement sur sa cause ; n'était-elle donc ainsi pas habituée à ce qu'on lui parle spontanément ? Elle venait s'installer à la même table que quelqu'un et s'attendait à être ignorée ? Hm, voici une jeune fille trop habituée aux sorties huppées où on ne reste qu'entre jeunes de bonne famille, qu'entre personnes se connaissant. Sans doute était-elle inconnue des pubs aux noms douteux fleurissant dans certaines villes, et dans lesquelles on faisait parfois des rencontres aussi inattendues que déterminantes.
La raison de sa présence ici ne tarde pas à se faire entendre. Soutien moral. Tiens donc. Un grand garçon comme George Henley n'était-il pas un habitué des conférences et des colloques, et ne devrait-il pas avoir surmonté le trac des débuts ? Peut-être n'était-ce qu'exagération de la jeune fille, sans doute traînée à ce colloque sans avoir forcément envie d'y assister. Elle n'avait apparemment pas suivi le chemin tracé par Papa et n'avait donc aucune autre raison d'être présence.
Le soutien moral lui paraissait être une excuse bien faible.
Les yeux noisette se tournent naturellement vers le livre, alors que Séraphine poursuit son repas en silence, attentive. Elle hoche lentement la tête en signe qu'elle a compris le sous-entendu, fourre une fourchetée entre ses lèvres. Le téléphone sonne, elle le jauge une demi-seconde à peine, le temps de voir le nom. Sans surprise. Elle n'avait même pas besoin de l'ouvrir pour savoir son contenu. Alors décida-t-elle que Nioclàs pouvait bien attendre qu'elle finisse son repas, occupé qu'il devait être avec des collègues.
Et puis, ce n'était pas poli de s'occuper de ses textos quand on fait connaissance avec quelqu'un.

Et puis, elle faisait l'effort de relancer leur conversation, qui devenait par la sorte un véritable échange comme Séraphine n'en avait qu'avec peu de gens. Avec les collègues, ça ne compte pas vraiment.
« D'ye mean the colloquium ?1 » s'enquiert-elle, étonnée de l'inexactitude du terme utilisé par la littéraire. « I am, aye. It relates tae my field o' studies and opens new perspectives in lots of scientific works. It is progress in the making, isn't it ? It's kind of exciting.2 »
La question suivante ne lui a pas échappée mais répondre à la première lui avait semblé plus importante, histoire de ne pas l'oublier. Encore une fourchetée enfournée avec la grâce d'une colombe paraplégique et la jeune fille reprend, non sans quelques difficultés à avaler.
« I'm not. I'm graduated from Cambridge.3 » Elle ignore les regards hostiles des Miss Pomme qui se sont tournés vers elle quand elle a prononcé ces noms. « I'm working on molecular biology and could nae afford tae miss such à colloquium on the subject.4 » ajoute-t-elle alors avant de manger encore un peu de salade.
« Ye're nae hostile tae Cambridge students are ye ?5 » s'inquiète-t-elle ensuite vaguement, jaugeant Lexia d'un regard à peine méfiant. N'ayant elle-même pas vraiment d'hostilité vis à vis d'étudiants venant d'Oxford – un truc de Sassenachs, que voulez-vous – elle ne s'attendait que rarement à se reprendre la rivalité universitaire en pleine face. Elle se se sentait pas concernée par tout cela. Qu'importe, finalement, quelle université était la meilleure ? Elles étaient toutes deux prestigieuses et produisaient l'élite de la nation, voilà tout.

______________________

1Vous voulez dire le colloque?
2C'est le cas oui. Cela concerne mon domaine de recherches and ouvre de nouvelles perspectives pour de nombreux travaux scientifiques. Il s'agit de progrès en cours de réalisation, vous ne pensez pas? C'est fascinant.
3Non, je suis diplômée de Cambridge.
4Je travaille en biologie moléculaire et ne pouvait me permettre de rater un tel colloque sur le sujet.
5Vous n'êtes pas hostile aux étudiants de Cambridge, si?
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