Clud the Thousand and One Nights (LUCAS&ESFIR)

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MessageSujet: Clud the Thousand and One Nights (LUCAS&ESFIR)   Sam 15 Juin - 19:03

« Tu ne peux pas me faire ça, c'est ma soirée de repos ce soir. » Ma voix est forte, la tension est en train de prendre possession de chacun de mes muscles et j'ai presque envie de hurler comme une folle. Toutefois, au fond et comme à chaque fois que Vince m'appelle, je sais que je n'arriverais pas à lui dire non et que je vais ramper comme une idiote jusqu'au club. Pourtant, je lui avais demandé gentiment cette soirée, il me la fallait absolument et voilà qu'il venait encore une fois tout foutre en l'air. « Poupée, je ne peux pas faire autrement, Kristin a voulu faire l'idiote pendant sa répétition et elle s'est froissé un muscle... Tu es l'une des meilleures et ça va être bondé comme chaque samedi soir. N'oublie pas les pourboires que tu vas te faire. » Et voilà, comment arriver à me faire craquer facilement, quand il s'agit d'argent et je ne crache absolument pas dessus. Je passe une main dans mes cheveux avant de lever les yeux devant le bâtiment devant lequel je me trouve, c'est un véritable dilemme, mais je ne peux pas faire autrement. « Okay, j'arrive d'ici une petite heure. » Sans attendre de réponse, je raccroche mon téléphone et rentre afin de rejoindre les coulisses où ma sœur est très certainement en train de m'attendre tout en stressant. Je m'arrête un moment pour l'observer, son sourire est éblouissant malgré la peur qui la tenaille, c'est souvent comme cela avant qu'elle ne monte sur scène. « Lili ma belle, je vais devoir partir. » Son regard ce pose sur moi, la tristesse est présente et je m'en veux de lui faire ressentir ça. Je suis la seule personne de notre famille à être venue et je sais bien que même si notre mère à dit qu'elle viendrait, ce n'est pas le cas. Elle est encore très certainement avec son nouveau copain qui pourrait avoir l'âge d'être le mien. Je m'en veux réellement de lui faire ça, mais je n'ai aucune autre solution. « Je m'excuse, on a besoin de moi au boulot et je n'ai pas d'autre option. » Elle acquiesce, mais la déception est plus qu'évidente alors je m'approche et la prend dans mes bras avant de déposer un baiser sur son front. Qu'est-ce que j'aimerais ne pas avoir à faire ça, à ne pas avoir à me dénudé devant des hommes salaces pour qu'elle puisse être heureuse. Mais elle est tout ce qui compte pour moi, rien d'autre n'a d'importance, je pourrais même mourir pour elle. « Je me rattrape demain, journée rien que nous, ça te va ? » Un soupir me répond avant qu'elle retourne s'asseoir devant ce qui lui sert de coiffeuse. « Okay, vas-y maintenant, je m'en voudrais que tu sois en retard. »

La salle est bondée quand j'arrive et c'est Woody, le type qui surveille l'entrée et est un peu le vigile de l'établissement qui m'a annoncé que cela risquait d'être assez chaud ce soir. J'ai du mal à me faire un chemin jusqu'à l'arrière et surtout jusqu'au vestiaire. La première fois que j'ai mis les pieds ici c'était terrible, je me sentais comme la plus grande des idiotes et surtout j'avais cette appréhension pudique de me changer devant d'autres. Mais heureusement, les filles ont rapidement réussi à me mettre en confiance et maintenant c'est presque normal, mais la honte ne s'est toujours pas totalement envoler. « Birdie, te voilà. » Je me retourne en entendant mon surnom, comme je suis la plus jeune ici et bien j'ai eu la chance de me voir affubler de ce sobriquet. Un sourire viens sur mes lèvres quand je découvre Connie dans un coin, en train de fumer sa cigarette en portant seulement un petit peignoir. « M'en parle pas, j'aurais aimé être ailleurs ce soir. » J'enlève rapidement mon manteau ainsi que mon tee-shirt avant de m'approcher du portant sur lequel se trouve mes tenues de scène. Le choix est assez conséquent maintenant que cela fait deux ans que je bosse ici, mais j'avoue que j'ai parfois du mal avec ce que l'on me demande de porter. Ce soir, Vince devra faire avec ma décision et s'il y a une réplique, la prochaine il ira se faire voir. « Il y a un code blanc ce soir. » Oh non, mais en voyant le sourire de ma collègue je comprends qu'elle ne se fiche pas de moi. C'est une manière entre nous pour parler des événements qu'il arrive d'y avoir ici et le blanc est tout simplement synonyme d'enterrement de vie de garçon. Autant dire que je déteste ce genre de truc, les types sont complètement dingues, les copains poussent le futur marié à faire des conneries et parfois ça dégénère. Voilà pourquoi je suis là à la place de Ginger ou encore Robyn, parce que je suis la jeunette et que cela devrait plaire au petit groupe. Une fois habillée, je passe rapidement devant le miroir pour me maquiller avant de mettre un coup de brosse dans mes cheveux. Cela fera l'affaire. « Je dois faire combien de passage ? » Les chaussures misent, je me redresse et jette un oeil dans le grand miroir en pied qui se trouve dans un coin. « Seulement deux ma belle, je t'en ai pris un, je sais que tu avais quelque chose de prévu et qui sais, tu finiras peut-être pas trop tard. » Un petit rire passe mes lèvres, c'est gentil de sa part, mais je sais très bien que je n'arriverais même pas à temps pour la fin de la représentation de la pièce de Liouba, je peux m'asseoir dessus. « Merci, mais ça ne changera rien, il va seulement falloir que je rattrape le coup avec ma sœur. Bon, je vais me lancer dans la fosse aux lions. » La musique m'attaque quand je quitte le vestiaire pour me diriger vers les coulisses de la scène, Vince est là avec un sourire et il m'attire dans ses bras. Il m'entraîne et pose ses mains sur mes épaules avant de jeter un coup d’œil à mon choix de tenue. « Pas mal, mais un peu plus n'aurait pas fait de mal. Maintenant, monte sur scène ma belle et fait les rêver. » Oh ça je sais faire, mais pour moi, il est où le rêve ?

L'air est frais sur ma peau nue et une fois mon passage effectué, je ne demande pas mon rêve pour quitter la scène, plus qu'un ensuite. D'ici trois heures, je serais rentré chez moi si la chance est avec moi. Connie n'est plus là, elle doit très certainement prendre la relève et je me rhabille rapidement avant de prendre un couloir détourné qui me fait atterrir près du bar. Les filles ont le droit de venir dans la salle pendant leur « pause » soit parce qu'un client en a fait la demande ou bien tout simplement pour venir boire un verre tranquillement. Quand cela est possible bien entendu. Il n'y a presque personne, seulement trois hommes qui sirotent leurs verres tout en attendant le prochain passage. C'est dans l'ombre que je m'installe sur un tabouret avant de faire un signe au barman pour qu'il me serve une bière. Encore un nouveau, il me regarde bizarrement avant que je soupire. « Mon beau, moi aussi je bosse ici alors si je n'ai pas cette bière dans la seconde crois-moi que Vince risque d'être au courant. » Il obtempère sans demander son reste, niveau âge il a quelques années de plus que moi et je suis contente de voir que je peux avoir un tant soit peu de prise sur les autres. Je ne suis pas quelqu'un de foncièrement méchante, je suis même plutôt du genre à donner ma chemise à quelqu'un dans le besoin. Ma mère me dit toujours que ma gentillesse me perdra, mais je préfère amplement en avoir un trop gros que pas du tout, elle, après tout n'a jamais vraiment été là pour s'occuper de nous. Une fois ma bouteille devant moi, j'en avale une gorgée avant de tourner mon regard vers la scène, les cris s'accentuent et je vois Connie qui fait son entrée, aguicheuse comme toujours. Cela fait des années qu'elle bosse ici, pour subvenir aux besoins de sa mère ainsi que de ses deux enfants, un peu comme moi, ce n'est pas réellement un choix de se retrouver ici. Elle a beaucoup de grâce dans ses mouvements, c'est une danseuse vraiment sublime et je ne peux pas m'empêcher de me dire que se place n'est pas ici. Mais l'on y peut rien, la vie est ainsi. Et la vie, ça peut être une véritable saloperie.
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MessageSujet: Re: Clud the Thousand and One Nights (LUCAS&ESFIR)   Mar 18 Juin - 22:00

La souffrance est en train de dériver vers son ascendant le moins séduisant. Je le sens. L'incapacité à ressentir quoi que ce soit de concret, à nommer les ressentis, les sentiments, à nommer l'impuissance qui m'habite le crâne, et tout le reste. Megan, ma sœur, un enchaînement d'absurdités toutes moins crédibles les unes que les autres, qui me laissent presque de marbre. Presque. Je suppose que le vide abyssal que je ressens est le premier signe de la détresse, violente, pure. Le temps s'écoule et me refuse la moindre grâce. La seule qui m'arrache encore de l'angoisse à l'heure actuelle, c'est perdre Grace, justement. Le fait de savoir qu'elle finira entre les mains de ses oncles, peu importe qui ils sont, ces deux hommes hyper protecteurs et hyper malsains, me donne envie de hurler de rage et de désespoir. Je réalise finalement que je n'ai rien à donner à cette enfant et que c'est ce qui me démoralise le plus. J'aurais aimé être une option dans l'esprit malade de Megan, j'aurais aimé qu'elle pense à moi, qu'elle m'envisage une seule seconde, un seul instant. Mais c'est impossible. Je suis Lucas, j'habite dans un appartement qui n'attirerait pas les souris, je vis sur un rythme impossible. J'ai une sœur dans le coma, je viens tout juste de rencontrer mon père, et la liste ne s'arrange pas quand on se risque à la poursuivre. Alors non, je n'ai jamais été une option, et je vais perdre Grace le jour où je perdrais Megan. Tout ça s'arrêtera d'un coup, et il ne me restera plus que ma misérable existence pour pleurer. Je soupire, essuyant mon dernier verre de la journée. Je ne m'occupe pas du bar ce soir, ce qui est une chance étant donné que j'ai déjà enchaîné 6 soirées de service. Les pourboires sont plus fréquents le soir, et je gagne finalement mieux ma vie sur ce rythme, mais ne pas disposer ni de l'occasion de dormir une nuit de sommeil normale, ni même de pouvoir faire autre chose que distribuer des bières et des mojitos à des jeunes riches qui sortent entre amis est parfois franchement déprimant, le nier serait idiot.

Alors j'erre, comme une âme en peine qui ne sait pas vraiment quoi faire de ses mauvaises habitudes. J'allume une cigarette en parcourant les trottoirs peuplés de Londres. Et si j'appelais Megan ? Pour tout régler ? Et si je passais la nuit à l'hôpital avec ma sœur, et si, et si. Je ne sais pas ce qui pourrait arranger ma situation. Je pourrais appeler mon père, ce serait sans doute assez drôle. Allo, Papa ? On se connait depuis deux minutes trente mais si tu savais tout ce qu'il se passe dans ma vie qui mérite qu'on rit un coup. Tu serais fier, sûrement. Je ne fais tellement pas parti de ce monde de chanceux. Ma vie n'est qu'une suite de mauvais timing. Si je n'avais pas été volé à mon père par une mère râtée, alcoolique, incapable de surmonter un drame pour son fils, je n'en serai sans doute pas là ? J'aurais continué la fac, persévéré. Mais les choses se sont déroulées autrement. Je n'ai jamais été intéressé par les cours de la fac, même si j'aurais sans aucun doute pu me forcer et réussir, même, assez bien sans doute. Bianca y a tenu, pendant un temps, tentant en vain de me raisonner. Je ne suis pas aussi idiot qu'on pourrait le croire, et j'ai beaucoup lu étant plus jeune. J'aurais pu avoir un métier en or, une vie plus stable, et être posé, aussi. Mais l’enchaînement des choses s'est fait autrement, et aujourd'hui, je ne suis pas stable, et plus encore, je n'ai rien. Pas de métier dont je puisse être fier, pas de petite-amie régulière à aimer, personne à protéger. Juste ce vide insupportable qui refuse de se remplir. J'écrase ma cigarette devant ce bar à strip-tease que je ne connais que de nom. Je ne suis jamais entré là, n'y trouvant qu'un intérêt limité, mais ce soir pourquoi pas ? J'ai envie de boire, de m'asseoir, d'oublier. J'en ai assez. Je soupire, poussant la porte sans ménagement, dégainant ma carte d'identité dans l'hypothèse où qui que ce soit ait envie de m'emmerder ce soir, alors que je n'en ai vraiment pas besoin.


Je trouve bien rapidement ma place. L'ambiance est glauque, un peu, la lumière si basse que j'ai, dans un premier temps, du mal à distinguer où je marche. Je soupire, me laisse tomber sur un tabouret au bar et commande un whisky. Je ne devrais même pas me payer ce genre de luxe, mais ce soir, j'ai envie de tout foutre en l'air, moi y compris, et boire du whisky qui n'a pas le goût de pisse de chat m'aidera sans aucun doute à éviter les conneries. Je soupire, dépose ma tête dans ma main pour observer le show des filles qui défilent, sous les gloussements appréciatifs d'un groupe d'amis, vraisemblablement en pleine célébration d'un enterrement de vie de garçon. Je ricane, siffle mon verre d'un trait et en commande un autre immédiatement après, ne me lassant pas de l'alcool fort le long de ma gorge. Le temps file, et les verres aussi. Finalement, je ne suis tiré de mes rêveries maussades que par une fille qui s'installe sur la chaise à côté de la mienne. J'ai l'impression que c'est une des danseuses, ce qu'elle confirme bien rapidement en précisant qui elle est au barman. Je la laisse râler un peu, observant la scène du coin de l'oeil. Elle est jolie, cela va sans dire. Je plisse le front, avant d'approcher légèrement, quand elle s'empare de sa bière. « Je vous proposerai bien de vous l'offrir mais je suppose qu'elle ne va pas vous coûter grand chose », j'observe, assez finement. « Vous dansez, non ? » J'indique la scène d'un signe de tête. Elle ferait un excellent modèle photo, sans le moindre doute.  
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