Love under the moonlight | Nioclàs & Séraphine (hot)

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MessageSujet: Love under the moonlight | Nioclàs & Séraphine (hot)   Mer 12 Juin - 19:40



Séraphine & Nioclàs
dans : Love under the moonlight



Friday, June 14th
« I amn't kidding. I dinnae want tae be part o'... That.1 »
Clairement agacée qu'on l'ait faite venir à l'université pour lui parler de l'évènement à venir dans le département des sciences – de la biologie moléculaire, plus précisément – Séraphine ne se prive pas de faire savoir son mécontentement. C'était son jour de congé, aujourd'hui. Et le lendemain, elle ne prendrait qu'à quatorze heures. Elle avait une soirée de prévue avec son homme.
Alors autant vous dire que lui parler d'enfants dont il faudrait s'occuper n'était pas du meilleur effet.
Pour reprendre les choses dès le début, remettons les choses en place. Le vingt-deux juin suivant, le MRC (Medical Research Center), du côté des Laboratoires de Biologie Moléculaire, avait décidé d'organiser des portes ouvertes. Pour fêter l'ouverture d'un nouveau bâtiment sur le Campus Biomédical. Jusque là, rien de bien anormal. Ils pourraient parler de leurs recherches, des travaux sur lesquels ils travaillent actuellement, essayer de sensibiliser le public à l'importance de leurs travaux.
Ce qui ulcérait la jeune chercheuse, en l'occurrence, c'était la mise à disposition d'un matériel de pointe, extrêmement onéreux et particulièrement fragile, aux mains d'enfants. Ils avaient été fichus de penser à pas moins de neuf activités différentes à leur proposer, allant de la chasse au trésor – dans les labos, muimuimui – à l'observation d'ADN de banane au microscope – intérêt +3, au moins.
Évidemment, pour un événement pareil, on mettait du monde à disposition. En l'occurrence certains enseignants-chercheurs et...
Des étudiants 'volontaires', fraîchement diplômés.
Et l'Écossaise n'avait absolument aucune envie de faire partie d'une chose pareille. Et croyez moi que lorsqu'elle a décidé quelque chose, elle s'y tient très souvent. Hors de question pour elle de venir jouer les animatrices auprès de gosses en couches-culotte désireux de voir l'ADN d'un fruit. C'était ridicule. Hautement ridicule. Et elle avait autre chose à faire que d'être bénévole. Cela signifierait poser une journée de congé auprès du magasin, donc ne pas être payée, pour venir passer d'éprouvantes heures auprès d'enfants hyperactifs et diaboliques – oui, diaboliques – qui la laisseraient plus épuisée encore qu'après une longue nuit baignée dans le stupre.
Si épuisée qu'elle devrait peut-être même renoncer à livrer son corps à son compagnon ! Impensable.
Absolument impensable.

Les ongles manucurés tapotent nerveusement sur le plan de travail, alors que les iris noisette fixent avec détermination son directeur de recherches. Non. Non. Non. Il était absolument hors de question qu'elle lui rende ce service. Qu'il trouve une des greluches en licence, qui adôôôôôôre les enfants. Ou une de ces gosses de riches qui sera incapable de les contenir.

Tout bien réfléchi, la première option est la meilleure : au moins ne casseront-ils pas de matériel.
« Ye cannae ask me such a thing. Ye ken I'm working on Saturdays, especially in summer, 'cause lots o' tourists arrre beginning tae come to Cambrrridge and...2 »
L'enseignant-chercheur la coupe dans son argumentation, les oreilles agressées par l'accent de la jeune fille, qui, comme à chaque fois qu'elle est contrariée, revient en force dans son discours. Il aurait simplement aimé que son étudiante soit là, d'autant plus qu'elle ne quitterait pas l'université à la rentrée prochaine. La discussion est vite close, et les talons hauts de Séraphine peuvent de nouveau claquer dans les bâtiments déserts de biologie.
Peut-être y avait-il encore des examens.
Depuis début mai, elle avait perdu la notion du temps, et commençait à peine à la retrouver depuis qu'elle avait passé sa soutenance. L'année était terminée pour elle ; aussi avait-elle du mal à concevoir que les licences soient encore occupés à plancher.
Ou bien étaient-ils en vacances ?
À l'autre bout du monde ?
Gosses de riches.

Le smartphone vibre dans sa poche. Elle tourne au détour d'un couloir, la jupe claire caressant ses jambes au fur et à mesure de son avancée. L'écran lui annonce un message de Teddybear. Elle l'ouvre d'un mouvement du doigt, parcourt des yeux les projets que son homme a prévu pour cette soirée d'été.
Était-il déjà sorti du travail ?
Ses yeux avisent l'heure : était-il déjà si tard ?
Hmhm. Quoi qu'il en soit, il l'attend devant l'université, écrit-il.
Soit.
L'Écossaise sort sous le soleil, ses longs cheveux sombres suivant la cadence de ses pas en se balançant dans son dos. Il est déjà dix-sept heures passées, et il ne lui faut pas longtemps avant de repérer la lourde moto du jeune homme, ainsi que le large garçon qui la conduisait.
Il ne serait bientôt plus le seul d'ailleurs : bientôt à elle le permis moto ! Hahaha !
Le pas de l'étudiante s'accélère, elle tire machinalement sur son blazer clair pour le remettre en place sur son haut noir. Histoire que le décolleté soit assez marqué pour qu'elle puisse le surprendre à y perdre son nez.
Clac. Clac. Clac. Clac, clac, clac, clacclacclaclaclaclaclac!
Personne pour les voir ?
Peut-être que si.
Qu'importe.
Elle ne se jette pas sur lui mais c'est tout comme. Elle lève même une jambe derrière elle alors qu'elle s'appuie contre lui, s'empare fugacement des ses lèvres.

« Good evening, Teddy.3 » souffle-t-elle en souriant. Elle se moque gentiment du rouge qui s'étale maintenant sur les lèvres masculines, et attrape sans ménagement le casque sous lequel elle devra se dissimuler pour le trajet.
« Where are we goin' then ?4 »


__________________
1Je ne plaisante pas, je refuse de prendre part à ... Ça.
2Vous ne pouvez pas me demander une telle chose. Vous savez que je travaille le samedi, surtout l'été, avec tous ces touristes qui commencent à venir à Cambridge et...
3Bonsoir, Nounours.
4Où allons-nous, alors?


Dernière édition par Seraphine E. MacKenzie le Dim 23 Juin - 16:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Love under the moonlight | Nioclàs & Séraphine (hot)   Jeu 13 Juin - 15:39

O’Toole ! Where is that bloody paper ?! I need it by this evening !1

L’interpelé ne lève même pas le nez de son écran, occupé à corriger les erreurs, reformuler tel passage mal écrit, et à rajouter des précisions. Il ne prend pas non plus la peine de répondre à la réprimande, trop concentré sur son travail. Son téléphone vibre ; il guette du coin de l’œil celui qui l’appelle sans décrocher pour autant.
Il n’a pas de temps à perdre avec des conversations métaphysiques sur la justesse de son dernier article, tout comme il n’est pas d’humeur à refuser une cinquième invitation à l’inauguration de la nouvelle crèche de Camden. C’est à peine s’il regarde ses mails, concentré sur cet article de malheur. Il n’a plus qu’à imprimer lorsque Colin, un jeune stagiaire, s’approche timidement, manifestement intimidé.

I’m busy at the moment,” le reconduit-il immédiatement.
But that’s important.” Nioclàs grimace à l’accent upper class de ce jeune pubère, et consent à quitter son écran des yeux.

The Mayor’s just called. He doesn’t want his name to be mentioned in your article.
- Why didn’t he call me ?
- He tried but… he said you wouldn’t answer… So… what are we doing now ? Should I tell the editor or something ?2
Irrité, Nioclàs roule des yeux face à tant d’empotement et ne prend pas la peine de répondre. Il vérifie prestement que le Maire a bel et bien tenté de lui téléphoner et grommèle en gaélique, tandis que Colin reste planté comme un piquet en face de son bureau.

God, kid ! Move you ! There’s a paper to rewrite !3
Il ne donne pas davantage d’explications et a déjà quitté son siège, téléphone en main. Il rappelle le Maire, fait signe à l’un de ses collègues de le suivre dans un coin de l’open space où ils dérangeront moins les autres journalistes.
Le téléphone sonne, l’irlandais réclame à parler au maire et il est mis en attente ; il en profite pour résumer la situation brièvement au collègue qui l’a aidé sur cet article, et celui-ci n’a que le temps de jurer avant que Nioclàs n’entende le maire répondre à l’autre bout du fil.
Il débute sans agressivité, bien que fermement, en expliquant qu’un changement d’avis aussi brusque le met dans l’embarras, puis le ton monte rapidement. Bientôt, tous les travailleurs peuvent entendre l’accent irlandais retentir dans la pièce, toujours dans une langue polie qui tranche avec la dureté du ton. Finalement, il obtient gain de cause et raccroche, satisfait.
La révision d’article ne sera pas pour aujourd’hui.
Il avise l’heure, remercie son collègue de l’avoir appuyé, et regagne son bureau. Il enregistre les travaux en cours, ferme sa session, range l’ordinateur dans sa pochette et le glisse dans son sac. Quelques minutes plus tard, ses affaires sont rangées et il prend la direction de la sortie, ne s’arrêtant qu’une seconde devant Colin pour lui signifier qu’il devait « tout boucler ce soir ».
Le pauvre apprenti devra faire avec cette seule instruction ; l’irlandais a des plans et il n’est pas disposé à le guider davantage.

Le vrombissement de la 650 cm3 du jeune homme suffit à trahir ses excès de vitesse. Il arrive qu’il soit dispensé de se rendre à Londres, mais aujourd’hui, il était impératif qu’il soit au bureau ; parti à six heures de chez lui le matin-même, laissant derrière lui un chocolat chaud, quelques toasts et un mot tendre pour sa compagne, il n’a pas pu la voir encore, et il est bien décidé à rattraper cette journée loin d’elle par une soirée romantique.
Il conduit imprudemment, pour une fois, slalome entre les voitures et finalement, il parcourt la distance entre le siège du Guardian et l’Université de Cambridge bien plus vite qu’il ne faut. Il profite de son avance afin de déposer son sac dans l’appartement qu’il partage avec Séraphine, récupère la veste en cuir et le casque de la demoiselle, et arrive à l’Université à une heure où il peut raisonnablement la penser disponible.

We’re going for a ride tonight. Waiting for u outside uni.4

Le téléphone retrouve sa place dans la poche de l’irlandais, et il attend patiemment l’arrivée de Séraphine qui ne se fait pas désirer. Un sourire en coin fait son apparition sur ses lèvres, une vilaine patte tente de se glisser sur un popotin le temps du baiser, mais la demoiselle s’est déjà éloignée.

Evening, Sweetie,” souffle-t-il en réponse, un sourire dans la voix. Il est heureux de la voir, c’est certain. Il ne relève pas la moquerie, habitué aux plaisanteries de sa douce, et il attend qu’elle soit installée derrière lui pour répondre à sa question.
You’ll see. ‘tis quite far, by the way.5
Il n’attend pas de réponse et déjà, le moteur reprend son ronronnement. Il attend de sentir Séraphine bien accrochée à lui pour démarrer, et prend la direction du Nord, suivant les routes de campagne plutôt que l’autoroute. L’objectif n’est pas d’arriver à destination au plus vite mais de faire une belle balade avant, après tout.
La moto ronronne alors, pendant que les deux jeunes gens traversent la campagne environnante. Dans les lieux les plus envoûtants, Nioclàs lève légèrement le pied avant de rattraper ce ralentissement dans les zones où il n’y a rien à voir.
Et puis, il y a une ligne droite, sans véhicules devant et derrière.
Nioclàs fait un écart brusque.

Sweetie, stop it !6

A-t-elle entendu la protestation ?
Sans doute pas, avec les casques et le bruit du vent. En tout cas, le mâle est dérangé par cette main indécente qui joue avec son moelleux alors qu’il essaye de se concentrer sur sa route. Il grogne vaguement, et accélère pour arriver plus vite à destination, gagné par l’impatience.
Enfin, ils atteignent le Ship Inn, restaurant et pub où Nioclàs a décidé qu’ils passeraient la soirée, et ils peuvent se débarrasser de leur attirail de motards.
Sans un mot, il passe le bras autour de la taille de Séraphine et l’entraîne vers une table vide, où ils pourront profiter des concerts en plein air autour d’une boisson fraîche.
D’ailleurs, les premières notes qu’il perçoit lui laisse supposer qu’ils passeront une bonne soirée.
_____________

1O’Toole ! Où est ce fichu article ? J’en ai besoin ce soir !
2« Je suis occupé, là.
- Mais c’est important. Le maire vient d’appeler : il ne veut pas que son nom soit mentionné dans votre article.
- Pourquoi ne m’a-t-il pas appelé ?
- Il a essayé … mais il dit que vous n’avez pas répondu… Alors… qu’est-ce qu’on fait maintenant ? Je dois prévenir le rédac’ ou quelque chose… ?
3Nom de Dieu, gamin ! Bouge ! Y’a un article à réécrire !
4On va faire un tour ce soir. Je t’attends devant l’université.
5Tu verras. C’est un peu loin, par contre.
6Tendresse, arrête ça !


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MessageSujet: Re: Love under the moonlight | Nioclàs & Séraphine (hot)   Jeu 13 Juin - 15:46

D’un geste souple, Séraphine attrape les affaires posées dans le petit coffre de la grosse moto. Elle enfile une cuissarde, puis une seconde, pour protéger ses jambes - de si belles jambes, il serait bien dommage qu’elles soient abîmées par une erreur de conduite - avant de passer le blouson de cuir sur ses frêles épaules.
Casque.
Cheveux au vent.
Elle est prête. Et c’est avec la même souplesse que tantôt qu’elle se glisse derrière le jeune homme, s’accroche fermement à lui, et le laisse faire ronronner son moteur. Si loin qu’elle se souvienne, il avait toujours utilisé une moto pour se déplacer, déjà à Édimbourg. Elle avait eu le temps de s’habituer à sa conduite parfois aventureuse ainsi qu’aux sensations typiques de la conduite sur deux roues, croyez- moi.
Et surtout, d’y trouver son compte, à être ainsi collée tout contre lui pour ne pas tomber.
La moto prend la route, slalome dans les rues de Cambridge, avant d’arriver à proximité des bretelles d’autoroute ; la surprise la saisit lorsqu’elle s’aperçoit qu’il ne choisit pas le chemin le plus rapide mais les routes de campagne, mais aucune protestation ne vient s’échapper d’entre ses lèvres. Il ne pourrait pas l’entendre anyway.

Les paysages défilent et la jeune fille en profite pleinement, connaissant assez bien l’Irlandais pour se douter qu’il ne laisse jamais ses choix au hasard - parfois à l’instinct plus qu’à la logique certes, mais pas au hasard.
Happée par certains paysages, elle reste sage, les jambes serrées pour rester stable et ne pas bouger, par crainte de déranger Nioclàs dans sa conduite. Dans d’autres, toutefois, elle se risque une main impudente, glissant gentiment contre le haut du blouson, puis moins gentiment sous le blouson. Elle n’est pas folle et reste accrochée d’un bras, et ne tente pas de balade plus aventureuse par crainte du cocktail mortel que cela pourrait faire avec la vitesse.
Du bout de l’ongle, elle effleure le tissu dissimulé par le cuir, se glisse contre la chair moelleuse ; elle n’entend bien sûr pas les protestations, mais sent l’écart fait sur la route.
Douche froide?
Non, pas vraiment. Ne s’est-il pas déjà prouvé être un monstre de self-control?
Néanmoins, elle préfère ne pas pousser le vice à vérifier qu’il soit capable de rester concentré malgré les meilleures - ou les pires - des attentions. Aussi ses mains retrouvent-elles sagement place, nouées contre l’abdomen ou agrippée en haut du torse, mademoiselle la diplômée remettant ses viles intentions à plus tard.
La vitesse lui semble augmenter ensuite, comme si, et on le comprend tous, Nioclàs n’avait qu’une envie : arriver au plus vite à destination. Et ils ne tardent plus maintenant. Située à environ quarante-cinq minutes au nord de Cambridge, la Ship Inn accueillait ce week-end là une sorte de mini-festival, avec des concerts d’artistes plus ou moins connus de la scène folklorique britannique ; ça promettait bière, danse, et chants. Une petite soirée bien sympathique au terme de laquelle la petite chose qu’elle est risque fort de tomber d’épuisement, retenue dans les bras d’un ours certes ronchon mais surtout protecteur.

La semelle de la chaussure touche le sol, Séraphine soulève le casque, secoue la tête en mode l’Oréal dans l’espoir de remettre un peu ses cheveux en place. Elle se défait de la veste en cuir, tire sur son blaser froissé par le trajet, puis lève une de ses interminables jambes pour l’appuyer contre un objet quelconque - pourvu que ce soit en hauteur - avant d’entreprendre de les libérer de l’insupportable emprise des cuissardes.
Lentement, la peau claire se découvre, les cuisses sont à nouveau libres de sentir les pans de la jupe les caresser ; les mollets peuvent de nouveau flirter avec la brise légère qui saura rafraîchir cette paisible soirée annonçant l’arrivée prochaine de l’été. Et la paire de nus-pieds vient à nouveau souligner la finesse de ses pieds, promettant autant de confort immédiat que de douleur s’il lui venait l’idée de trop danser.
Encore quelques secondes, la jeune fille vérifie que tout soit parfait, qu’elle soit présentable. Puis, décidant que c’est le cas, avance, confiante en son côté irrésistible, au bras de l’homme qui l’accompagne.
Au bras?
Pas tout à fait. Le bras autour de sa taille l’incite à glisser le sien autour de celle de l’Irlandais, avec une coordination trahissant les années de vie commune. Le balancier des hanches vient parfois heurter le corps qui la retient, et, avant d’arriver à la table qu’il lorgne, elle laisse sa tête se poser contre son épaule, dans un geste à la fois tendre et paresseux.

Ils ne se détachent l’un de l’autre que lorsqu’il est temps de s’asseoir et, après une courte hésitation, la jeune fille décide de s’installer face à lui ; ainsi, elle s’évitera des mains baladeuses, elle lui évitera des mains baladeuses, et ils pourront se parler face à face. Et puis, elle se connaissait : il ne lui faudrait pas bien longtemps pour décider ensuite que les genoux de l’Ours Irlandais sont bien plus confortables que la dure chaise maltraitant son adorable popotin.
Et ça serait le début de la fin.
Déjà les notes flottent dans l’air, qui s’emplit de la mélodie annonciatrice de sons bien meilleurs. Car elle a bien compris ce qu’il se passe ici et connait assez bien l’homme avec lequel elle vit pour pressentir la suite. Sans doute un petit concert, ou une soirée dansante, un évènement promotionnel pour attirer les citadins hors de leur ville et faire connaître un peu plus cette auberge déjà réputée. Et pour eux, ça serait l’occasion de se retrouver après une longue semaine, avant un dur week-end. Profiter l’un de l’autre dans cette vie à la cadence soutenue, où le temps passé avec l’autre semble toujours trop court.
Un sourire aussi fin qu’inconscient aux lèvres, Séraphine pose les yeux sur le visage anguleux, aux traits dont elle serait bien incapable de se lasser. Ses doigts cherchent la large paume, pour lier leurs mains - sale habitude qu’elle a de toujours lui tenir la main, parfois même dans des moments improbables.

Ses yeux jaugent ensuite sur les paysages alentours, plein de calme et de sérénité, si loin de leur vie effrénée, si loin de la ville toujours agitée. Un endroit charmant qui n’était pas encore pris d’assaut par la population alentours, mais ça ne saurait tarder. Le couple était un peu en avance, dirait-on.
« I would have thought you’d be wanting tae stay home and tae have... fun with each other.1 » commente-t-elle sans le regarder, les prunelles occupées à suivre le mouvement d’un vol d’hirondelles. Elle se tourne vers lui, un éclat espiègle brillant dans ses iris, le sourire paisible s’étalant sur son visage jusqu’à trouver ce côté malicieux qui lui sied si bien. « How did you choose this inn? What’s going tae happen?2 »
Le double sens est sans réelle équivoque. Plus que savoir simplement le programme officiel de la soirée, la jeune fille s’enquiert des intentions de l’homme. Des intentions qui sont probablement peu chastes, connaissant la bête. Même si elle se doute que le but premier de leur présence ici est de passer un bon moment.
Cela fait longtemps qu’ils n’ont pas pu aller danser, tous les deux, et la musique permet à Séraphine d’envisager quelques pas de danse - et probablement plus - dans l’herbe, là bas. Enfin, encore fallait-il que la musique s’y prête...
« What kind o’ music will they be playing ?3 » enchaîne-t-elle finalement, ses doigts serrant ceux de la grosse patte dans un geste non-conscient, mais laissant paraître les espoirs de la toute jeune diplômée.
Will we kiss on a corner and dance through the night?4


_____________

1J’aurais pensé que tu voudrais qu’on reste à la maison et qu’on... S’amuse un peu tous les deux.
2Pourquoi as-tu choisi cette auberge? Quel programme pour ce soir? (littéralement : que va-t-il se passer, mais l’ambiguité ne transparaîtrait pas en français)
3Quel type de musique vont-ils jouer?
4Nous embrasserons-nous dans un coin et danserons-nous toute la nuit? (dérivé de paroles de Fairytales of New York, the Pogues)
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MessageSujet: Re: Love under the moonlight | Nioclàs & Séraphine (hot)   Ven 14 Juin - 12:40

L’oeil critique du journaliste parcourt les alentours, alors qu’il s’assure que le cadre est conforme à ses attentes. Il suit le cours d’eau des yeux, s’attarde sur le bâtiment du Ship Inn, appréhende le nombre de personnes présentes, l’ambiance festive qui se profile à peine. A priori, pas de déception à prévoir. Loin de la ville, ils pourront pleinement profiter l’un de l’aute, à l’abris du rythme citadin effréné.
Les heurts occasionnels n’incommodent pas le jeune homme, au contraire, et il a un instant d’hésitation avant de laisser sa petite chose - d’un mètre soixante-dix ui ui ui - se détacher de lui. Il prend place et une lueur amusée éclaire son regard lorsqu’il sent plus qu’il ne voit l’hésitation de Séraphine avant qu’elle ne s’assoie. Elle décide de s’installer face à lui, ce qu’il regrette.
Ce sera donc un début de soirée sage, à moins qu’un pied indisipliné ne s’en mêle. Pour l’heure, ce n’est pas sa préoccupation. Il continue de scruter les alentours, et ne reporte son attention sur Séraphine qu’en sentant la rencontre des mains. Il referme les doigts autour de la main blanche avec affection, et détaille le visage dont il n’a pu profiter de la journée. Malgré la sérénité dans laquelle elle berce, il relève les traces violacés sous ses yeux, trahissant la fatigue issue d’une vie trop pleine pour lui laisser le temps de souffler. Même ainsi, il la trouve incroyablement belle. La peau claire, les traits fins, les lèvres réhaussées de carmin qu’il a encore envie d’embrasser, le mutin, qui souligne chacune de ses provocations davantage encore...
Il est bien, en cet instant, avec elle. Et il ne regrette pas d’avoir opté pour une soirée paisible ; ils en ont bien besoin, compte tenu de leur rythme de vie. Ce sera l’occasion pour eux de s’immerger, loin de leur travail et de leurs études.

Puis, les paroles de Séraphine se font entendre, et il hausse un sourcil sceptique. Un sourire en coin essaye de s’étaler sur sa face, et il le réprime tant bien que mal pour ne pas trahir son amusement. Ils auraient pu passer la soirée à l’appartement, oui ; mais tout comme elle a préféré s'asseoir face à lui afin d’éviter des débordements précoces, il a favorisé la soirée détente-festive plutôt qu’amusement libidineux.
Il faut bien ça pour préserver la flemme après sept ans de vie de couple.
Au moins pourront-ils se retrouver tranquillement, discuter autour d’une bière et profiter d’une soirée envoûtante, jusqu’à retomber dans les bras l’un de l’autre avec la même émotion que la première fois - ou presque. La remarque n’a pas l’air d’appeler de réponse, aussi en profite-t-il pour rester silencieux, laissant la jeune femme poursuivre.
Cette fois, c’est un sourire plus large qui dévoile les dents régulières de l’irlandais. Il presse un peu plus la main dans la sienne, et l’amène à ses lèvres pour l’embrasser.
I missed you today...” commence-t-il, tout en guettant que le serveur les ait bien remarqués. “And I thought it’d be a good idea to take some time to breathe, you know.1
Il est rare qu’ils trouvent plus d’une heure pour eux, ces derniers temps, et cette soirée sera une excellente occasion de profiter l’un de l’autre.
Il marque une pause le temps que le serveur leur confie les menus, et lâche la main de Séraphine afin de feuilleter la carte.
By now, I hope we can have a wee drink, eat tasty food, listen to good folk music and just have good time,2” conclut-il avec légèreté. Il est rare qu’il soit ainsi en quête de repos, et il est également peu probable que son humeur romantique tienne toute la soirée.
Même si, pour l’heure, il n’est qu’Ours en guimauve. Il laisse Séraphine râler contre les prix sans relever, s’enquiert de son choix après quelques minutes, et hèle finalement un serveur pour que celui-ci penne leur commande : une pinte de bière pour l’un, un demi de cidre pour l’autre, et une assiette de canard pané, accompagné de pommes de terre et de chou caramélisé - ce-dernier ayant décidé Nioclàs à faire son choix.
Il capte le regard réprobateur de Séraphine - oui ça va encore coûter cher - mais ne s’en formalise pas. Après au moins deux heures sans rien grignoter, il sent les protestations de son estomac et il est bien décidé à y remédier.

Profitant que leurs mains soient de nouveau libres, il reprend tout naturellement celle de Séraphine dans la sienne, répétant un geste auquel il a été habitué au cours des dernières années, tandis qu’il vient effleurer la peau claire du bout des doigts de sa main libre. Le silence retombe comme il observe autour d’eux, suit des yeux un groupe de quadragénères au look vintage qui s’installe à une table non loin. Dans un mouvement inconscient, l’une de ses jambes s’allonge jusqu’à rencontrer celles de Séraphine au moment où le serveur revient avec les boissons.
Cheers,” lâche-t-il poliment avant de reporter son attention sur sa brune. “I got busy today. I had to deal with the mayor of London. There’s a political conflict between the mayor of Cambridge and him, about the new film that will be shot in town. He wants to promote the attractivity of his city, you know, and wants me to write an article to denounce how unfair ‘tis not to shoot in London. Whatever. I had a meal with him then, and he told me they do be making a new Harry Potter universe movie.3” La conclusion est prononcée avec une pointe de cynisme. Sept livres et huit films, n’est-ce pas déjà assez ?
La machine hollywoodienne n’a manifestement pas assez profité du filon, et trouve encore des fans de cette britisherie pour grossir ses bénéfices, dans une histoire vue et revue. Par principe, l’irlandais s’est même refusé à lire la saga du sorcier à lunettes. Qu’il s’agisse des Maraudeurs ne lui fait donc pas le moindre effet, tout comme il n’éprouve aucune impatience à voir une bande de touristes vêtus en “robes de sorciers” - qui ressemblent davantage à des capes d’ailleurs - envahir les rues de sa ville.
Seriously, how can people become so mad at this series ? This is almost a childish fairytale... I bet you 80% of the customers here are fans.4”, ajoute-t-il enfin, avant de trinquer et de goûter à sa bière.

_____________
1Tu m’as manqué aujourd’hui...
Et j’ai pensé que ce serait une bonne idée de faire un break, tu vois.
2Alors j’espère qu’on va boire un coup, manger de bons plats, écouter de la musique folk de qualité et simplement passer du bon temps.
3Merci.
J’ai eu beaucoup de travail, aujourd’hui. J’ai eu affaire au maire de Londres. Il est en conflit politique avec le maire de Cambridge, à propos du nouveau film tourné en ville. Il voulait promouvoir l’attractivité de sa ville, tu sais, et que j’écrive un article pour dénoncer qu’il est injuste que le tournage ne se fasse pas à Londres. Bref, j’ai donc déjeuner avec lui, et il m’a annoncé qu’ils faisaient un nouveau film sur l’univers d’Harry Potter.
4Sérieusement, comment les gens peuvent-ils être fanatiques à ce point ? C’est presque un conte pour enfant... Je te parie que 80% des personnes ici présentes sont fans.

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MessageSujet: Re: Love under the moonlight | Nioclàs & Séraphine (hot)   Sam 15 Juin - 21:46

Un peu de temps pour souffler.
Comme de coutume, Nioclàs choisit le bon moment. La fin de l'année marque encore les traits tirées de celle qui a multiplié les nuits blanches sur des écrits universitaires ; l'esprit encore occupé par les résultats de l'année, tourné vers l'avenir rempli de tubes à essais et de bibliothèques, elle n'a pas encore rattrapé toute la fatigue accumulée. La vie d'étudiant salarié est difficile, d'autant plus quand on doit gérer une vie de couple en parallèle. Il ne manquerait plus qu'un marmot au tableau, et le sommeil deviendrait une option.
En tout cas, une soirée paisible comme celle qui se profile est plus que bienvenue. Le côté pragmatique de la jeune fille vient même se faire une place dans tout cela, lui soufflant qu'elle pourrait se livrer aux affres de la nuit sans culpabilité, puisqu'elle ne reprenait le travail qu'à quatorze heures. Une longue matinée pour compléter une nuit trop courte, voici qui saurait la remettre d'aplomb. Ou commencer, au moins, à la ramener sur le chemin d'une fatigue moins exacerbée.
Les mains se délient et des yeux, Séraphine parcourt la carte. Très vite, la lèvre supérieure se lève légèrement, signe de son mécontentement : boire un verre et manger copieusement ? Ce serait pour plus tard. Connaissant l'appétit de l'homme, il vaudrait mieux qu'ils ne se contentent que d'un seul plat. Elle picorerait dedans.
« … Theirrr prices arrre outrrrrrageously high...1 » grogne-t-elle, sans écouter son accent qui s'amuse à faire des siennes. Elle relève les yeux sur le serveur qui revient, commande un demi de cidre, tique en entendant la commande de son compagnon. Nulle surprise dans son regard, mais un agacement certain tout de même présent. Elle hésite à réclamer deux couverts au serveur, mais n'en fait finalement rien ; elle taperait dedans avec ses doigts manucurés, ça serait l'occasion de jouer un peu.

La patte revient chercher la main claire, qui se laisse volontiers envelopper ; silencieuse, elle ne cherche pas à lancer le sujet de conversation, guettant avec un léger sourire les yeux bleus, la ligne de mâchoire, avant de suivre son regard vers les quadragénaires. D'autres groupes arrivent, de tous les âges, des adolescents boutonneux aux anciens soucieux de sortir de leur ennui quotidien.
Les ongles se plantent fugacement dans la large paume ; si Séraphine ne sursaute pas, elle est intriguée par le contact entrepris contre ses jambes. Elle se demande si Nioclàs a eu ce mouvement de manière intentionnelle, mais n'a pas vraiment le temps de le jauger de son air interrogateur que le serveur arrive déjà avec leur commande. Avec les boissons du moins.
« Cheers.2 » souffle-t-elle en même temps que l'Irlandais, pour remercier l'employé, avant de poser à nouveau les yeux sur le visage anguleux. Et c'est avec attention qu'elle l'écoute parler boulot, d'autant plus qu'il dérive sur les événements qui allaient très prochainement se dérouler en ville.
Un film Harry Potter, hein. Elle n'en avait pas entendu parler, mais sans doute la nouvelle se répandrait-elle comme une traînée de poudre dans les jours suivants. Ça ne surprendrait personne. Et cette évidence n'empêche pas l'Écossaise de remarquer le cynisme dont le jeune homme fait preuve. Elle s'en amuse même, silencieuse, le regard pétillant, un sourire étirant ses lèvres carmines.
Bad Teddybear.
Contrairement à lui, elle avait lu la saga. Par pur esprit de contradiction, comme vous devez vous en douter, car ce genre d'ouvrages hérétiques n'étaient pas tellement accepté sous le toit des MacKenzie. Elle n'avait pourtant vu aucun film et trouvait qu'une production supplémentaire ne contribuait qu'à la dénaturation de l'oeuvre au nom du profit. Un concept qu'elle comprenait, certes, mais qui pouvait très vite conduire à la haine des fans, des jeunes et des moins jeunes en général. Elle entendait d'ici le cri de certains, qui se plaindrait d'un phénomène trop « commercial »...
Elle en était fatiguée d'avance.

« Dinnae be such an old cynical prick.3 » taquine-t-elle gentiment, après avoir trinqué distraitement. « It's nonsense, but people like it, and they'll find fans in cities like Cambridge or Oxford, where the generation who read the books is studying by now.4 »
Ses lèvres trouvent le liquide sucré, et elle s'en délecte une seconde avant de hausser les épaules. « Y'ken, it'll be work for ye, money for both of us. Ye could go and shot on set, couldn't ye ?5 »
Nouvelle taquinerie. Pour un cinéphile, se rendre sur le plateau d'une adaptation d'une œuvre pour laquelle il ne manifestait qu'un intérêt modéré tenait plus du masochisme qu'autre chose. La jeune fille glisse alors son escarpin contre la jambe venue s'aventurer plus tôt, sage et joueuse à la fois.
« Talking of nonsense things... Have you heard of Family Friendly Open Day ? It'll happen next Saturday in the department of molecular biology.6 » Une nouvelle gorgée de cidre. Les idées se succèdent dans la tête de la jeune fille, qui fait des liens qui ne sont pas toujours attendus, mais qui ont une certaine logique.
« Ye'll never guess what they asked me tae do during this event.7 » Une petite pause pour le suspense, qui ne sert à rien, mais qui permet aux deux jeunes adultes d'entendre les rires extraverties d'une bande d'adolescents installés un peu plus loin. « Taking carrre o' the kids that will be there.8 » Elle grimace, comme s'il s'agissait de la pire ignominie possible en ce bas-monde.
« Can ye imagine that ? Kids, for God's sake !9 » râle-t-elle. « As if theirrr place were in a laborrratory, amongst billions o' pounds worth equipment !10 »
La tête dodeline, les boucles s'envolent dans un mouvement qu'elle ne calcule pas vraiment, agacée qu'elle est par la nouvelle qu'on lui avait apprise un peu plus tôt dans la journée. « It'd be completly irrrrresponsible. More than just shooting a less-than-ordinary movie in town, wouldn't it?11 »

_____________

1C'est hors de prix...
2Merci.
3Ne fais pas ton vieux con (c'est pas tout à fait ça, mais j'ai pas trouvé mieux).
4Ca n'a pas de sens, mais les gens aiment ça, et c'est dans des villes comme Cambrigde ou Oxford, où étudie actuellement la génération qui a lu les livres, qu'ils trouveront les fans.
5Tu sais, ça sera plus de travail pour toi, plus d'argent pour nous. Tu pourrais même faire un reportage sur le lieu du tournage, tu crois pas ?
6A propos de choses insensées... Tu as entendu parler des Portes Ouvertes Amies de la Famille ? Ça aura lieu samedi prochain au département de biologie moléculaire.
7Tu ne devineras jamais ce qu'ils m'ont demandé de prendre en charge pendant cet événement.
8M'occuper des gosses qui seront là.
9Non mais t'imagine ? Des gosses, bordel !
10Comme si leur place était dans un laboratoire, au milieu d'un équipement coûtant une fortune !
11Ce sera complètement irresponsable. Davantage que le tournage d'un film minable en ville, tu ne penses pas ?
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MessageSujet: Re: Love under the moonlight | Nioclàs & Séraphine (hot)   Dim 16 Juin - 19:54

Un vieux con cynique, hein ?
Un grognement répond à la moquerie, plus pour la forme qu’autre chose ; et il est évident à son attitude qu’il ne l’a pas mal pris. La remarque revient de plus en plus souvent, à mesure qu’il s’enfonce dans un cynisme qui n’est pas de son âge. Son métier de journaliste n’a pas amélioré la chose, qui plus est. Il en a conscience et ne saurait se fâcher pour si peu.
Il guette, plus par habitude qu’autre chose, le mouvement du verre contre les lèvres de la jeune femme, aperçoit un bout de langue qui passe sur une lèvre, son regard bleu plus pétillant que d’ordinaire. Toujours ces petits gestes qu’il apprécie, qui contribuent au charme de la demoiselle…
Et ça lui permet d’encaisser les provocations et les moqueries.
Il la fixe avec scepticisme sur sa proposition de faire un reportage sur le tournage, et préfère boire une longue gorgée de bière plutôt que de répondre. Oui, il pourrait se faire pas mal de sous là-dessus. En a-t-il envie ? Rien de moins sûr. Se perdre au milieu d’adolescents boutonneux à interviewer, supporter leurs égos de starlettes montantes, passer ensuite des heures en montage pour nettoyer les boutons d’acné et supprimer les propos inappropriés des jeunes célébrités pour qu’ils passent mieux à l’écran ou sur papier…
Très peu pour lui.
Il préfère encore se passer de viande pendant une semaine.

Le jeu du pied contre sa jambe permet cependant à l’ours d’encaisser la moquerie, et il savoure son breuvage amer tout en écoutant la nouvelle du jour. Il hoche la tête en signe d’approbation à la question, même si ça n’attendait sans doute pas de réponse. En tant que journaliste sur le secteur, il est au courant de la plupart des évènements, y compris les plus anodins. C’est parfois à se demander comment il ne sature pas.
Quoi qu’il en soit, sa face d’ours amusé trahit le fait qu’il devine déjà ce que la jeune femme va lui annoncer. Si le laboratoire organise des visites, il leur faut immanquablement des volontaires pour faire l’animation et empêcher les demi-portions de mettre en miettes leur équipement hors de prix. Nioclàs suppose, d’ailleurs, que c’est de ça qu’elle veut parler : le risque pour le matériel. Et à nul moment il ne se doute qu’on peut avoir demandé à l’Ecossaise d’animer la journée en compagnie du personnel de l’université.
Il fronce les sourcils à la question rhétorique, devinant ce qu’il n’ose imaginer, et la suite tombe, manquant de le faire s’étouffer dans sa bière. Il est encore en train de tousser et de se rincer la gorge qu’elle continue de développer, laissant son accent chanter plus encore que de coutume.
« It would, indeed. You taking care of chisellers, they don’t know what they do be doing… I’ll prepare your apology letter to the parents, if you want to1 », raille-t-il gentiment. Que voulez-vous, ce n’est jamais qu’un prêté pour un rendu. Non content, il insiste même, sans se soucier de l’accueil de ses paroles. « By the way, it cannot be worse than letting you work in the labs.2 »
Aouch.
Le coup est parti sous la table, provoquant l’hilarité du jeune homme qui ramène ses jambes à lui et se frotte un tibia endolori sans cesser de ricaner. Pourtant, ses propos ne sont pas si injustifiés ! Combien de fois Séraphine a-t-elle cassé assiettes ou verres par maladresse ?
Et évidemment, c’est au moment où il est à moitié vautré sur la table que le serveur revient et pose sur la table le plat commandé plus tôt et abandonne les couverts là.
Quelle erreur n’a-t-il pas fait !
Déjà, la main manucurée s’empare des couverts et le temps que le mâle se redresse, sa compagne a déjà tiré l’assiette à elle et pique dans un morceau de chou caramélisé – ça l’aurait étonné – et le glisse entre ses dents dans cette attitude provocatrice qui lui sied tant.
« I do not agree at all at all. This is my dinner.3 » Son mécontentement est palpable cette fois, néanmoins. S’il est une chose que Nioclàs ne partage pas, c’est son repas. C’est donc spontanément qu’il se redresse et essaye d’attraper la main de Séraphine pour lui reprendre les couverts… en vain.
Bon.
Aux grands maux, les grands remèdes.

Contrarié, l’irlandais se redresse, fait le tour de la table et prendre la chaise à côté de celle de Séraphine pour s’y installer. De là, il n’a plus le moindre mal à coincer les mains de la jeune femme – il est donc trèèès près – et sans la faire lâcher les couverts, les utilise au contraire en manipulant les mains de Séraphine.
Le mâle s’impose.
Malgré la résistance qu’il rencontre, il essaye de contraindre la jeune femme à couper un morceau de viande, peine avec les positions improbables des mains, et rouspète contre le manque de docilité de Séraphine.
« Will you let me eat ?4 » râle-t-il par plaisanterie, avant de l’embrasser le temps de la déconcerter… sans succès. Il devrait savoir, pourtant, qu’un baiser un peu doux ne suffit plus à la faire céder. Alors ses lèvres trouvent le chemin de la mâchoire et atteignent l’oreille, lascivement. « Would you let me eat, or I’ll…5 » La fin de la menace est à peine audible, soucieux qu’il est de ne pas laisser n’importe qui surprendre les propos indécents qu’il peut glisser à celle qui partage son quotidien.
Et il lâche les mains de la jeune femme avant de tendre autoritairement la main, paume vers le haut, dans un geste sans ambigüté.

_____________
1En effet. Ils ne savent pas ce qu'ils font en te confiant des enfants... Je peux préparer ta lettre d'excuse aux parents, si tu veux.
2Enfin, ça en peut pas être pire que de te laisser travailler dans les labos.
3Je ne suis pas du tout d'accord. C'est mon repas.
4Tu vas me laisser manger, oui ?
5Vas-tu me laisser manger ou je vais...
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MessageSujet: Re: Love under the moonlight | Nioclàs & Séraphine (hot)   Dim 16 Juin - 20:48

Sa maladresse ?
Comment osait-il comparer sa maladresse aux doigts boudinés et tout crasseux d'enfants qui allaient pourrir leur matériel ? Elle lui ferait savoir que jamais elle n'avait brisé le moindre tube à essai, non monsieur ! Trop concentrée pour cela, ignorant superbement le monde alentour. C'était autre chose à la maison, où le mouvement d'un certain popotin attirait son regard, ou lorsqu'une vilaine patte venait la déconcentrer en se perdant dans son décolleté !
Un regard assassin vient fusiller le jeune homme, signe du net mécontentement sinon de la vexation de la demoiselle.
Mécontentement qui atteint son paroxysme lorsqu'il s'en prend à son professionnalisme et à ses capacités. Un paroxysme qu'elle souligne par un coup plus sec, sous la table, du bout de son escarpin contre le tibia du journalisme.
Non mais oh. Il y a des sujets avec lesquels on ne plaisante pas. Et c'est qu'il se marre en plus ! Ooooh il a bien fait d'écarter ses jambes, sans quoi il aurait fini avec d'autres coups pour lui reprocher son hilarité.
Mais l'instrument de sa vengeance ne tarde pas à arriver ; le timing du serveur est parfait, et c'est d'un geste rapide que la jeune fille s'empare des couverts.
Elle connait bien l'ours. Elle sait qu'il y a deux choses, dans sa vie, qu'il ne partage pas : sa Tendresse et sa nourriture. Pas forcément dans cet ordre, par ailleurs. L'assiette tirée à elle, elle ne tarde pas à planter la fourchette dans un morceau de chou, qu'elle porte délicatement à ses lèvres dans un regard tout ce qu'il y a de plus provocateur. Il fait alors savoir son désaccord, mais elle ne l'écouterait pour rien au monde.
Hey, elle aussi a faim.
Et ils sont endettés jusqu'au cou.
Alors on fait des économies comme on peut. Quand on vit avec un morphale comme lui, il fallait parfois forcer à l'économie sur la nourriture, et c'était ici un moyen comme un autre.
Pingre, Séraphine ? Si peu.
La main blanche s'échappe de la grosse patte qui ne se referme que sur le vide, et la jeune fille en profite pour amener un autre morceau à ses lèvres. Nomnomnom.

Sauf que tout ne se passe pas comme prévu.
Elle le voit se lever, et a tout de même un mouvement de recul, incontrôlé, à son approche ; pas de crainte réelle, sachant que Nioclàs ne s'en prendrait pas à elle – quand bien même volait-elle sa nourriture – mais un vieux réflexe auquel elle avait été conditionnée. Il s'installe tout près d'elle et elle ne comprend ses intentions que trop tard. Elle tente d'échapper au bras qui s'enroule autour de ses épaules pour pouvoir se saisir d'une de ses mains, mais se retrouve immédiatement prisonnière.
Nooooooooon !
La lutte s'installe alors. Elle ne peut s'imposer par la force – ça se saurait si elle en était capable – et tente alors de mettre autant de bâtons dans les roues du garçon que possible. Il ne lui faut pas beaucoup d'effort pour cela, forcée qu'elle est de renoncer à une tenue correcte des couverts par la poigne de Nioclàs. Et cela suffit pour le faire galérer, aussi l'Écossaise décide de laisser ses mains molles, rendant la tâche sans doute plus pénible.
Alors, qui avait le contrôle ?
Elle l'entend râler, se laisse embrasser, ricane même face à la naïveté dont il fait preuve ; pense-t-il vraiment qu'une méthode aussi peu évoluée pourrait venir à bout de son entêtement de sa volonté de vengeance ? Que nenni, mister, vous la connaissez bien mal...
Oh my, vous la connaissez si bien !
Séraphine frémit bien malgré elle en sentant les lèvres trouver le chemin de sa mâchoire, jusqu'à glisser contre son oreille. Enflure. Et je ne vous explique même pas l'effet que provoquent les mots bien peu décents sur la demoiselle. Toujours sensible à ce genre de petites phrases déplacées, elle ne peut s'empêcher de rosir. Ah oui. C'était comme ça. Il voulait la jouer comme ça.

Enfin libre de ses mouvements, la jeune fille observe la main tendue autoritairement. Il devait pourtant savoir qu'elle ne cédait jamais à ce genre de choses... D'un mouvement du poignet, elle reprend un morceau de chou, et le glisse entre ses lèvres, les yeux plongés dans le bleu de ceux du jeune homme.
« I dare you.1 » répond-t-elle simplement au jeu de provocation. « And I'll have you know that if ye dinnae want us tae run out o' money by the end o' the month, we need tae save money. And I'm hungry as well. 2»
Hm ?
La patte qui s'égare sur sa cuisse, à peine attentive à ce qu'elle vient de dire, semble relever le défi. Un sourcil se hausse sur le visage d'albâtre et elle baisse les yeux sur la vilaine main baladeuse. « … Nioclàs, cannae ye wait a minute ? We haven't had fun yet !3 » râle-t-elle pour le jeu plus qu'autre chose, comme en témoigne le sourire sur son visage. Discours contradictoire. Sa spécialité. « If it is what ye're yearning for, we could've stayed home, y'ken.4 »
Un reproche qui n'en est pas un.
C'est un second dare à peine dissimulé derrière des râleries amusées.
Cap ou pas cap ?

_____________

1Pas cap.
2Et je te ferais savoir que si tu ne veux pas qu'on soit à sec à la fin du mois, on ferait bien d'économiser. Et j'ai faim, moi aussi.
3… Nioclàs, ne peux-tu donc pas attendre un instant ? On ne s'est même pas encore amusé !
4Si c'est ce à quoi tu aspires, on aurait tout aussi bien pu rester à la maison, tu sais.
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MessageSujet: Re: Love under the moonlight | Nioclàs & Séraphine (hot)   Dim 16 Juin - 22:43

Les sourires se rencontrent comme la patte de l’ours répond à la provocation et la réprimande rétorque à l’invitation. A l’instar d’un adolescent découvrant ses premiers amours, il teste les limites, voit jusqu’où la parole s’accorde avec le geste. Elle le met au défi, aussi s’engaillardit-il au point d’aventurer sa main contre une cuisse qu’il connaît bien. Elles lui faisaient déjà envie, toute à l’heure, lorsqu’elle s’est débarrassée de ses cuissardes ; et il saisit l’occasion d’y poser la paume avec assurance.
La remarque sur le fait qu’elle ait faim et qu’ils manquent d’argent lui est passé par-dessus la tête ; il est prêt à se nourrir d’amour et de bière fraîche pour ce soir. Enfin, si Séraphine le laisse faire. Alors qu’il guette un signe d’approbation, il voit le sourcil se hausser, et la réponse se formuler. Accompagnée de ce sourire qui le fait craquer.
Il rit au faux reproche, sans que sa main ne quitte sa place, pesant le pour et le contre de la situation.
Devait-il insister, relever le défi ?
Ou laisser là ces amusements peu chastes et revenir à l’assaut plus tard dans la soirée ?
Le dilemme n’est pas des plus simples pour l’ours partagé entre ses deux passions.

Finalement, si le bras reste autour des épaules, la paume quitte son confortable appui et s’empare du couteau pour couper un morceau de canard qu’il attrape entre ses doigts et met dans sa bouche, incapable de résister à l’appel de l’estomac.
« We wouldn’t be eating  such a good pan fried duck if we had stayed home,1 » commente-t-il paisiblement, feignant l’indifférence vis-à-vis de la promesse qu’il vient de lui susurrer à l’oreille.
Et faisant mine de ne pas percevoir les reproches qui n’en sont pas.
Parce que dans tous les cas, il est évident qu’où qu’ils aillent, il cherche toujours la même chose ; c’est indissociable de leur vie de couple. Tout comme sa patience légendaire rend inévitable qu’il lui fasse des avances plus ou moins suggestives à un moment précoce de la soirée. Ça donne le ton, et ça leur donne une motivation pour se chercher pendant les heures – ou les minutes selon – suivantes, jusqu’à ce que l’impatience atteigne son comble.
Il s’empare de la fourchette le temps de piquer dans un morceau de chou, manifestement pas pressé d’ajouter quoi que ce soit, préférant déguster son plat. Il remarque qu’on les fixe d’un air un peu outré d’une telle familiarité dans un lieu public, mais n’y prête qu’une attention réduite. Il a l’habitude d’être mal perçu par les Sassenachs. Un regard qui fait un déclic dans son esprit, comme si soudain, il éprouvait le besoin d’en ajouter à la provocation.
Alors qu’il est retombé dans une chaste attitude, il revient à l’attaque de la chair qui, non marquée, a dû être délaissée depuis un peu trop longtemps. Les lèvres de l’irlandais retrouvent le bas de l’oreille, s’attardent bien trop contre la peau, et s’il ne la marque pas, il ne retient pas une langue de venir l’effleurer.
« Maybe it’s time for us to have fun, indeed, don’t you think ?2 »

Le bras qui était sagement autour des épaules entre en mouvement, et la main vient rencontrer les cotes de Séraphine, le pouce à une hauteur devenant quasi indécente, n’attendant qu’une faiblesse de l’homme pour amorcer un geste bien moins chaste de cette main baladeuse.
Une faiblesse qui n’a pas encore lieu, car si la provocation est bien présente, l’humeur n’est pas encore assez libidineuse pour cela. N’est-ce pas un jeu, après tout, auquel ils s’adonnent en permanence avec plaisir ? Loin des tracas du quotidien, des problèmes de vie et des complications professionnels, la légèreté dans laquelle ils se retrouvent leur permet de se former une bulle d’où toutes ces difficultés sont absentes, sans que la finalité de la chose soit si évidente.
La fourchette est rendue à la jeune femme qui commence à attaquer le plat avec les doigts par des gestes qui pourraient faire céder le mâle à ses bas instincts, mais il décide de regarder ailleurs, de se concentrer sur l’assiette qui se vide plus rapidement que prévu.
A deux, forcément…
Au moins, ça aura l’avantage de les libérer plus vite. Au loin, la musique se fait plus entraînante et ne se tait pas depuis leur arrivée. Quelques curieux ont commencé à se rapprocher pendant que les paresseux restent à table, à siroter leur boisson ou goûter leur plat. Et nul doute que parmi ceux-ci, deux jeunes gens aspirent à rejoindre l’audience. Ils n’attendent que la fin de leur repas partagé, sans doute, et occupent le temps dans leurs jeux incorrects.

« Shall we go ?3 », questionne-t-il lorsque la dernière bouchée est avalée. Aucune équivoque, le regard pétillant et le sourire au coin des lèvres signifient bien à Séraphine qu’il l’invite à s’amuser de façon innocente ; et donc à rejoindre la scène.
Il quitte son siège, ne se soucie pas de la bière entamée et lui tend la main galamment. Les doigts liés, les deux jeunes gens s’approchent donc du groupe qui fait son concert. Les mains se lâchent pour laisser les corps se serrer, s’enlacer, et ils profitent de la musique et de leurs présences, bientôt agités par le même sens du rythme, le même besoin de s’accorder sur ces notes, de s’épancher sur ces mélodies.
Le public s’élargit peu à peu ; deux personnes, puis trois, puis dix et vingt ; ils se réunissent les uns après les autres, forment dans un coin un groupe d’appréciateurs, assis dans l’herbe ; de l’autre côté, un couple romantique se tient isolé. Quelques personnes, timidement, agitent la tête ou tapent du pied en cadence. Et puis, peu à peu, la foule se laisse transporter par la musique.
Le morceau s’éteint, et le chanteur prend le temps d’adresser quelques paroles à l’assemblée.
L’opportunité qu’il attendait se présente enfin.
Nioclàs se tourne vers Séraphine, écoute les premières notes du morceau, et lui tend la main dans une invitation sans détour.

Il l’entraîne.

La mélodie est entraînante ; suffisamment pour qu’il n’ait pas à la guider, tout au plus à se déhancher en rythme face à elle. Une main se faufile contre la taille, s’enhardit vers les reins où elle y trouve une place idéale. Habitués à leur partenaire, ils n’ont aucun mal à accorder leurs pas. A peine en retrait par rapport au reste de l’audience, il est évident qu’ils ne cherchent pas l’attention mais le partage d’un bon moment.
Les yeux bleus tombent dans le regard noisette, et comme si cette danse les coupait du monde, l’irlandais s’oublie à couver Séraphine d’un regard amoureux pour la première fois de la soirée.
Je t’aime.
La déclaration silencieuse est accompagnée de cette communion dans la danse. Les corps s’effleurent, se frottent un peu trop parfois, loin de toute gêne et de toute pudeur, avant de s’éloigner de nouveau, jamais trop. Dans un ralentissement du tempo, l’irlandais s’autorise un moment de faiblesse, ralentit ses mouvements pour goûter à la chair du cou de Séraphine, avec plus d’affection que de désir.
Ce dernier est bien assez exprimé par le reste de son attitude, avec cette main, qui a trouvé le temps de descendre plus bas que la limite de la convenance, et ce besoin de ramener régulièrement la jeune femme au plus près.
Toujours en quête de sa chaleur et de son parfum.

_________
1On ne mangerait pas un si bon canard si nous étions restez à la maison.
2Peut-être qu’il est temps pour nous de s’amuser, tu ne crois pas ?
3On peut y aller ?
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MessageSujet: Re: Love under the moonlight | Nioclàs & Séraphine (hot)   Lun 17 Juin - 10:34

Truth... or Dare?
Le jeu de la provocation n’est qu’un moyen comme un autre d’alimenter la flamme, de se témoigner une affection impudique sous le regard réprobateur des bien-pensants. Les mains glissent, se rencontrent, se repoussent, se lient, dans des gestes bien peu chastes. Ou bien si? Car la large paume qui se pose contre ses côtes reste sage, malgré la tentation à portée ; sans doute même la jeune fille ne croit-elle pas à sa réserve, puisqu’une main blanche vient tenter de couvrir la patte d’ours, comme pour le retenir.
Loin l’attitude indécente du jeune homme qui attrapait tantôt un morceau de canard avec ses doigts ; loin les attitudes outrées des Sassenachs qui désaprouve une telle démonstration d’affection en public ; loin les attitudes bienséantes habituelles, où le jeu des apparences était loi pour arriver à la réussite. Ils pouvaient savourer une pause bien méritée loin de leur vie au rythme endiablé pour permettre à leur amour et leur passion de s’exprimer d’une même voix.
Séraphine ne prend pas la peine de répondre à la provocation supplémentaire de son compagnon. S’amuser, hein? Oh oui, l’amusement commençait à s’inviter, mais elle comptait bien pousser le vice de l’impatience à son paroxysme, jusqu’à faire céder le mâle. Car il est bien connu que jamais la demoiselle n’est en mesure de céder en premier lieu aux avances qu’on lui fait ; ce n’est que par égard envers l’homme qu’elle accepte de se livrer à l’acte d’amour qui les lierait corps et âme.
Ainsi donc, la voici qui délaisse la parole pour un langage d’un autre ordre, uniquement langue qu’elle était parvenue à apprendre au fil du temps, en plus de sa langue maternelle : les mots du corps. Du bout des doigts manucurés, privés d’une fourchette qui lui aurait permis de conserver toute la bienséance nécessaire dans une soirée, elle attrape un autre morceau de chou et le glisse sans équivoque entre ses lèvres ; et la voici qui suçote la pulpe de ses doigts, promettant un jeu de langue insoutenable si on ne lui permettait pas d’avoir accès à des couverts dans un futur proche. Ne saviez-vous pas? L’Écossaise a ce jeu bien peu décent d’aimer manger avec les doigts, et, fidèle à sa maladresse et son manque d’adresse, a vite tendance à s’en mettre partout. Une pâtisserie laissera des traces de sucre et de miel sur sa peau, et elle s’enquerra de se débarrasser de la désagéable sensation collante dans des coups de langues qui rendraient fou le plus saints des hommes.
Et vous l’aurez deviné : Nioclàs est loin d’être un saint homme.
Il pressent sans nul doute la suite dès lors qu’il la voit piocher dans l’assiette, puisque voici les couverts rendus à la jeune fille. Les lèvres carmines se pincent dans une moue déçue, alors que la voici frustrée de son jeu de mains - jeu de calins.

L’assiette se termine rapidement. Vite rassasiée, avec son appétit de moineau, elle grignote plus qu’elle ne mange et abandonne finalement le mâle à sa sacro-sainte nourriture en buvant son demi de cidre. Grand bien lui prend-il d’avoir mangé un peu avant de reprendre la débauche de la boisson, quand on connait sa tenue à l’alcool ! Certes tient-elle mieux que du temps de son adolescence où après quelques gorgées déjà commençait-elle à ressentir les effets de la boisson, mais sa faible corpulence et son métabolisme ne lui permettait pas de suivre un débit élevé.
En général, les effets secondaires arrivaient suffisamment tôt, toutefois, pour l’empêcher de boire jusqu’à rouler sous la table - soit dit en passant, elle roule souvent sous la table, accompagnée, avant d’atteindre le degré d’alcoolémie décrit par cette expression, haha.
Les yeux guettant les artistes qui se produisaient alors, elle attend la fin du repas, callée contre l’homme, glissant ses mains curieuses contre des poignées d’amour moelleuses, se risque à effleurer une cuisse, joue avec les cheveux clairs, s’échappe aux reproches potentiels de son sourire mutin, à faire craquer les plus hardis des durs à cuire.
Et elle trouve réponse dans le regard pétillant du jeune homme qui l’invite à abandonner ici leurs boissons pour mieux profiter de la musique qui se fait entendre. Les yeux noisette se posent sur la main qu’on lui tend, et les doigts blancs viennent s’entrelacer à ceux de Nioclàs ; elle tire à peine sur la force du garçon pour se lever, le bruit de ses talons hauts se meurt dans l’herbe fraîche. Arrivée près du groupe, elle se laisse entourer des bras de l’homme, la tête reposant paresseusement sur son épaule.
Pas très longtemps toutefois.
D’un doigt agité, elle suit déjà le rythme, remue légèrement contre le grand homme en se laissant porter par la mélodie. Les paupières se ferment, et Séraphine réduit son monde à la seule présence qui l’entoure, la seule musique qui vient à ses oreilles, la seule odeur sauvage mêlée de senteurs musquées à laquelle s’ajoute celle de l’herbe, aux seules saveurs qui excitent encore ses papilles.
Les yeux ne se rouvrent que lorsque les instruments se taisent et que le chanteur leur adresse quelques mots. Le calme les entoure alors, dans un mouvement paisible qui transporte la jeune fille plus qu’elle ne l’aurait pensé. Une vraie pause dans leur vie. Elle le ressentait ainsi et ne s’en abandonnait que davantage à l’homme qui avait eu l’idée bienheureuse de les mener ici.
Les bras s’écartent quand la musique repart, et la jeune fille tourne son visage vers Nioclàs, vers sa main, et un nouveau sourire vient dévoiler ses dents blanches ; l’invitation acceptée d’un mouvement de la main, elle se laisse entrainer dans les plaisirs de la danse. D’une main sur l’épaule de l’Irlandais, l’autre sur un des bras qui la retient, elle laisse la mélodie l’emporter, s’accorde aux mouvements de son cavalier dans une attitude sage, plonge ses yeux dans les siens pour ne plus s’en défaire.
Le monde n’existe à nouveau plus autour d’eux ; seules les deux billes bleues attirent son attention, et c’est inconsciemment qu’elle lui rend un regard au moins aussi affectueux que le sien, d’une passion qui n’a su diminuer depuis les premiers jours. Les corps trouvent écho dans les mouvements l’un de l’autre, d’un déhanché trop marqué à l’égarement d’une vilaine patte sous la limite de la convenance, d’un sourire en coin à la caresse d’une main sur une joue râpeuse.
Quel faible homme est-il pour céder ainsi au désir et à l’affection ! Séraphine frémit de sentir les lèvres se perdre contre sa chair, d’être ramenée au plus près du corps chaud ; un mouvement de ses hanches s’accorde tant au tempo qu’à l’attitude du mâle, dont elle cherche les lèvres pour témoigner de leur affection mutuelle. Le vide de mots est riche de sens, accompagné qu’il est des gestes parfois anodins d’un point de vue extérieur, mais chacun essentiel à sa manière pour les jeunes gens qui se cherchent.
L’exclamation d’une quinquagénaire découvrant l’impudeur des deux celtes?
C’est tout juste si la jeune fille l’entend ; et si c’est bien le cas, elle choisit de l’ignorer, renfermant un peu plus sa bulle de paix autour d’eux. Un cocon de douceur et de tendresse dans lequel ils pourront évoluer sans se soucier du regard des autres.
Ils n’étaient que jaloux d’un amour sincère et sans cesse renouvelé.
Après un baiser duquel ne subsiste qu’affection et bons sentiments, l’Écossaise se laisse à nouveau entourer des deux bras, et vient se blottir tout contre lui ; elle ne suit plus vraiment le rythme de la musique traditionnelle, se contentant de respirer sa présence dans une étreinte comme ils n’en partagent que trop peu.
Manque de temps.
La joue écrasée contre l’épaule, les lèvres effleurant à peine le cou musculeux, elle garde les yeux clos et entoure le buste de ses frêles petits bras. Une paire de lèvres vient se glisser contre son oreille et, dans un baiser juste sous le pavillon comme elle a l’habitude de sentir faire, elle entend une proposition se faire, loin des amusements indécents auxquels ils se livraient plus tôt.
Se promener, et profiter du temps dégagé, des journées allongées leur permettant de s’abandonner plus longtemps à l’astre solaire? Une idée séduisante, certes, et elle hoche lentement la tête, sa main retrouvant place dans celle du jeune homme pour se laisser entrainer un peu à l’écart d’autres festivaliers. Elle retient son compagnon une seconde, le temps de se défaire des escarpins qui pourraient torturer ses pauvres pieds, et, une fois les chaussures dans une main et les pieds profitant de la fraîcheur de l’herbe, elle suit le mouvement imprimé par le mâle, doigts entrelacés aux siens.
Quelques dizaines de mètres les séparent des autres quand, d’un mouvement de hanches, elle vient se coller contre lui, cherchant silencieusement la présence d’un bras pour ceinturer sa taille. A nouveau, la tête vient chercher le confort d’une épaule et le couple poursuit son chemin jusqu’à la rivière. C’est à ce moment que Séraphine s’échappe de l’emprise réclamée plus tôt et, abandonnant ses chaussures au bord, s’approche de la berge, jauge la profondeur, et glisse ses pieds dans l’eau claire.
Et s’assied.
« Come !1 » appelle-t-elle avec un sourire. « Look, the sun’s heading down already !2 » D’un mouvement de la main, elle désigne les cieux virant d’ores et déjà à leur panoplie de couleurs roses et orangées, ainsi que le soleil qui décline lentement.
Combien de temps cela faisait-il qu’ils n’avaient assisté à un coucher de soleil ? Le plus marquant dont ils avaient pu profiter restait celui de la plage d’Édimbourg, sept années plus tôt et, au delà de l’aspect romantique de la chose, il y avait un petit quelque chose de symbolique pour elle, dans l’évènement quotidien du coucher de l’astre.
Et puis pouvoir en profiter avec un bras autour des épaules et deux paires de pieds dans l’eau, ça n’a pas d’prix.

_____________

1Viens !
2Regarde, le soleil commence déjà à se coucher !
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MessageSujet: Re: Love under the moonlight | Nioclàs & Séraphine (hot)   Mar 18 Juin - 17:51

En réponse à l’écho de sentiments, les lèvres se lient d’un baiser impudique, insouciantes des exclamations ou des reproches qui peuvent se faire entendre.
Quelle importance ?
Quel mal peut-il y avoir à s’exprimer un attachement durable, malgré le regard des autres ?
Quel mal à communiquer dans le langage qu’ils maîtrisent et comprennent le mieux, loin de l’équivoque d’un parole imprécise ou d’un mot maladroit ?
Les bras de l’homme entourent la jeune femme, tendres et possessifs, et le couple en oublie la musique. Elle ne devient plus qu’un prétexte pour se lier, alors qu’ils se pressent l’un contre l’autre dans un besoin de profiter des instants partagés, trop épars et trop courts.
D’ailleurs, Nioclàs se sent bientôt mal à l’aise au milieu de cette foule. Les personnes autour sont de trop. Il n’éprouve pas de gêne réelle à faire des démonstrations en public, mais les regards qui se posent sur eux ou les discussions diverses qui leur parviennent sont autant d’intrusions dans leur cocon.
I’d like to go on a walk,1” propose-t-il d’une voix douce, après un baiser perdu sous une oreille. Ses pas s’arrêtent, et ils s’éloignent de la foule, main dans la main. Le jeune homme ne s’arrête que le temps pour Séraphine de retirer ses souliers, et il répond à la demande silencieuse en passant le bras autour de sa taille.


Il avance sans voir les quelques fleurs qui commencent à s’épanouir, sans voir l’écureuil qui s’enfuit dans un arbre, sans voir non plus les quelques insectes et papillons bourdonnant autour des plantes. La musique s’estompe progressivement pour n’être plus qu’une mélodie lointaine lorsqu’ils atteignent le bord de l’eau.
Suivant l’exemple de Séraphine, Nioclàs retire ses chaussures, retrousse son pantalon en dévoilant la pilosité de ses tibias, et trouve sa place tout contre la jeune femme, les pieds flottant dans l’eau. Un bras s’enroule autour de la jeune femme, une main se saisit de sa jumelle féminine, et la joue râpeuse trouve une place de choix contre la chevelure soyeuse.
Sept ans.
Sept ans qu’ils ont assisté à leur premier coucher de soleil ensemble ; ont-ils, depuis, pris le temps de s’arrêter ainsi face à l’astre déclinant, occupés à vivre qu’ils étaient ? D’émotion, Nioclàs resserre son étreinte sur Séraphine, le regard perdu vers le dégradé de couleur qui ciselle le ciel. Une douce mélancolie le prend au souvenir de cette fin de journée, à Édimbourg, et au chemin parcouru depuis. Il embrasse la tempe de sa compagne, et retrouve la position précédente.
I love you,2” murmure-t-il alors, dans un besoin d’exprimer les sentiments qui lui serrent les entrailles avec la même prégnance qu’au premier jour.
Des mots dont la valeur n’est plus à prouver, mais qui sont bien insuffisants pour ce jeune homme, toujours désireux d’accompagner l’acte à la parole. Une longue minute s’écoule avant qu’il ne se décide à briser cette langueur à laquelle ils s’abandonnent. Sa main trouve une place contre la joue de Séraphine, ses lèvres se lient à leurs homologues carmines, avec cette tendresse mêlée d’impatience dont il fait souvent preuve. Les langues se mêlent, s’emmêlent, se détachent à la seconde où un sourire se fait sentir, annonciateur des mauvaises intentions de l’irlandais.
Il se laisse aller en arrière, entraînant Séraphine dans sa chute, s’interdisant de briser ce baiser qui prend des proportions indécentes.
La patience de Nioclàs serait-elle arrivée à bout ?
On pourrait y croire, alors qu’il se presse contre son écossaise, que les mains se lient, que des doigts se frayent un passage sous un chemisier pour effleurer la fraîcheur de la peau claire. Une remarque soufflé par la jeune femme prouve qu’en effet, ses intentions laissent peu de doute.
Et pourtant, rien ne dérape. Malgré la tentation à portée de main, les caresses ne se font pas indécentes ; malgré la saveur fruitée de ses lèvres, il ne réclame pas à goûter au fruit défendu. Aucun geste ne vient réclamer davantage, aussi ne donne-t-il rien de plus. Rien de plus qu’un baiser amoureux, qu’une main affectueuse, ou que la chaleur protectrice de son corps.
Ils ont la nuit devant eux, pourquoi se précipiter ? Il préfère laisser le désir s’épanouir en des sentiments plus chaleureux, par lesquels ils se retrouveront avec davantage de plaisir encore.

I am !” proteste-t-il entre deux baisers d’un ton faussement offusqué lorsqu'elle lui fait remarquer qu'il ne va plus se comporter sagement. “We’ve already experimented grass. You know ‘tisn’t my favourite playground.3
L’ironie et la mauvaise foi de la réponse ne peuvent échapper à Séraphine ; combien de fois, en week-end ou en vacances, l’a-t-il entraînée dans les herbes folles ? Il est légitime de penser que les mêmes envies l’animent ce soir.
Mais non.
Il se résoud finalement, de longues minutes plus tard, à se détacher d’elle et à se redresser. Non pas que le moment soit désagréable, mais la musique continue de lui faire envie, et il a une bière qui se réchauffe à leur table et qu’il finirait bien. Il aide donc Séraphine à faire de même, la débarasse d’une brindille coincée dans ses cheveux d’ébène - quel dommage qu’elle les ai lissés... ! - et les deux amants, chacun ses chaussures à la main, retrouvent le chemin du festival.
Le retour se fait moins calmement, alors qu’une vilaine patte rencontre un popotin appétissant ou que la jeune femme est subitement retenue par le mâle désireux de goûter encore à se baisers. Bien loin, la tendresse qui les berçait un instant plus tôt ; le jeu reprend ses droits et le mâle éconduit - méui méui - est désormais décidé à attiser la flamme du désir de la demoiselle, jusqu’à ce qu’elle se livre à lui sans hésiter.
Il se calme néanmoins dès qu’ils retrouvent la civilisation, et c’est un couple comme un autre qui retrouve la table abandonnée plus tôt. Etrangement, personne n’a pris la place ; sans doute la bière tiédie était-elle dissuasive. D’ailleurs, Nioclàs y trempe à peine les lèvres qu’une grimace l’enlaidit, accompagné d’un “Yew” des plus explicites. Il pèse une seconde le pour et le contre d’une nouvelle commande, interroge Séraphine qui lui rappelle aigrement l’état de leurs finances.
C’est donc dans un soupir que Nioclàs lui demande si elle peut réclamer pour lui un verre d’eau - parce que le chou caramélisé lui a donné soif - pendant qu’il va évacuer la demi-pinte avalée plus tôt.


_____
1J’aimerais faire un tour
2Je t’aime
parce que cette phrase n’est pas du tout universellement connue
3Mais si ! On l’a déjà fait dans l’herbe. Tu sais que ce n’est pas mon terrain de jeu favori.
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MessageSujet: Re: Love under the moonlight | Nioclàs & Séraphine (hot)   Mer 19 Juin - 7:47

Dans un élan de tendresse, les corps se serrent l’un contre l’autre, sages, blottie dans une posture affectueuse ; les regards se perdent avec émotion sur l’horizon, alors que les nuages se colorent et que, lentement, très lentement, le soleil disparaît. La lumière est toutefois toujours présente et baigne les paysages dans un mélange de pastels chaudes, donnant brillance et éclat aux cheveux sombres.
Une voix se lèvent, les joues se colorent, comme à chaque fois que ces mots, plus rares qu’on ne le pense, lui sont adressés, et c’est avec surprise que la jeune fille constate que l’homme a décidé de laisser le silence reprendre ses droits. Une douce illusion qu’il arrive à maintenir, jusqu’à ce qu’il vienne capturer ses lèvres d’un baiser qu’elle connait bien mais dont elle ne se lasse pas. Des saveurs tendres lui parviennent, teintées de ce désir indissociable de leur union, qui mène le tout à prendre une tournure beaucoup moins... Décente.
Chaste est le mot exact.
Le couple bascule dans l’herbe fraîche et rase, Séraphine sentant la douce texture de l’herbe contre la peau de son bras ; ses cheveux se mêlent à la terre sans qu’elle ne s’en offusque, les yeux se ferment, et les corps se pressent. D’une main, elle lie ses doigts aux siens dans cette vieille habitude parfois bien embêtante, amène volontiers ses hanches contre les siennes. Cela ne l’empêche pas de détacher un instant ses lèvres des siennes, juste le temps de faire une remarque.
« Ye’re not being well-behaved anymore, are ye?1 » souffle alors l’Écossaise ; elle n’oppose toutefois de résistance, malgré la raillerie amorcée. Une sorte de rappel à l’ordre, également, d’une jeune fille soucieuse de repousser l’instant pour mieux profiter de la soirée. Ils auraient tout le temps de vivre leur vie de couple plus tard, non? Voici sans doute la signification de ces mains blanches qui restent sages, l’une contre l’épaule, l’autre serrant fermement sa jumelle.
Elle l’entend protester à la remarque et ne peut s’empêcher de sourire, moqueuse ; la mauvaise foi dont il fait preuve la pousse même à renchérir :
« But I do like grass...2 » fait-elle remarquer. La texture, l’odeur, le contact avec la fraicheur du sol, et surtout de nombreux souvenirs de jeunes gens battifolant dans les hautes herbes sans crainte d’y croiser le moindre pokémon.
Et les lèvres de se lier de nouveau, laissant les mains trouver leurs marques, chercher le point faible qu’elles devinent. Aucun dérapage et après quelques instants de jeux, ils se détachent l’un de l’autre, non sans un regard affectueux. Elle saisit la main tendue pour l’aider à se redresser, se moque à nouveau de lui et du rouge passion qui s’est tartiné tout autour de ses lèvres - c’est que la jeune femme fait les choses bien. Elle l’aide même à s’en débarrasser, sans se soucier de ses lèvres nues, se voit déchargée de la présence d’une brindille dans sa chevelure d’ébène, et, main dans la main, chaussures dans l’autre, ils retrouvent le chemin qui saura les mener à leurs boissons chaudes.

De mouvements déplacés en baisers passionnés, la route n’est pas sans embuche et c’est presque étonnant de les voir arriver sans encombre. Ils s’installent à nouveau, face à face, mais la bière tiédie, si appréciée des anglais, n’est pas au goût de l’Irlandais qui préfère en commander une autre...
… Jusqu’au regard assassin de sa belle. Ils n’ont pas partagé le repas pour qu’il puisse dépenser les économies ainsi faites en boisson. Elle boira son cidre tiède, qu’à cela ne tienne : payé pour payé...  Il décide alors de se rabattre sur un verre d’eau, avant de partir vers d’autres contrées : celles de l’homme qui subit les conséquences rénales de la bière.
Quelle douce erreur fait-il là ! Laisser une jeune femme sans défense seule à table, alors que des hommes de tous âges et de toutes situations matrimoniales sont en quête de chair fraîche à goûter ! Certes, il y a chair plus fraîche que celle de Séraphine, mais tout de même. Ainsi, elle a à peine le temps de sortir son nécessaire à maquillage - un tube de rouge à lèvres et un miroir de poche - que déjà un autre homme décide de s’asseoir face à elle.
Le tube encore contre ses lèvres, elle ne lève que vaguement les yeux sur lui ; la trentaine, les yeux sombres et le teint pâle. Une paire de lunette carrées sur le nez, cheveux un peu en bataille de celui qui veut rester branché. La chemise achève de le classer dans la catégorie cadre d’entreprise célibataire car encore dans les jupes de sa mère. Pourtant, ne vous en déplaise - n’en déplaise à Nioclàs, surtout -, Séraphine ne l’éconduit pas. Connaissant l’avantage qu’elle peut tirer de la situation, elle termine sa mise en beauté et, d’un geste ambiguë, s’appuie en avant sur la table.
Sourire charmeur.
Vue sur le décolleté.
Pas de fausse note : le bonhomme tombe tête la première dedans.
« May I offer you a drink?
- Sure you may. I’m craving for a pint o’ beer.3 »
Il hèle un serveur. Elle a du mal à réprimer un sourire en coin lorsqu’elle voit ce dernier s’affairer. Pourvu qu’il fasse vite et que la commande arrive avant le retour de Nioclàs. La voici alors contrainte de supporter l’haleine chargée de l’anglais venu espérer ses faveurs, de l’écouter d’une oreille. Il essaie de lui faire du charme et, en l’entendant déblatérer ses idéaux, ses compliments maladroits, et son envie d’avoir des enfants - oui oui, en cinq minutes - elle comprend bien vite pourquoi le bonhomme est célibataire.

Le serveur arrive alors, enfin, sauvant la jeune fille d’une mort certaine - par ennui. Il pose la pinte de bière devant elle, surpris de la voir accompagnée d’un autre homme, mais ne dit rien ; pire, une fois qu’on lui a réglé la note, il se hâte de s’éloigner en voyant l’ours irlandais revenir au loin. Séraphine le voit à son tour et lui fait un signe de la main, sans plus se préoccuper du fils de bonne famille, toujours assis en face d’elle.
« Welcome back, Teddy ! See, this lovely gentleman offered me a pint o’ beer. Freshly cold. 4» fait-elle de ce sourire mutin.
Séraphine. Sans scrupule.

__________________________
1On n'arrive plus à se tenir, hm?
2Mais j'aime l'herbe...
3Je vous offre un verre?
- Volontiers. Je me damnerais pour une bière.
4Te revoilà, Nounours ! Regarde, ce charmant jeune homme m'a offert une pinte de bière ! Délicieusement fraîche (Froidement fraîche, littéralement, ou fraîchement froide).
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MessageSujet: Re: Love under the moonlight | Nioclàs & Séraphine (hot)   Mer 19 Juin - 17:41

L’irlandais n’est pas inquiet lorsqu’il laisse Séraphine seule, mais peut-être devrait-il l’être... Il n’est pas rare que des mâles concurrents, appercevant la demoiselle seule, décident qu’il serait opportun de la séduire. Tout du moins d’essayer. Il n’y pense pas, pour l’instant, et se perd simplement dans le restaurant. On lui indique la direction des toilettes, mais à peine pose-t-il la main sur la poignée que des bruits des plus explicites le dissuadent d’entrer.
Bonbonbon...
Il n’a plus qu’à attendre ou s’attaquer aux toilettes des femmes.
Les toilettes des femmes lui semblent une excellente option, d’ailleurs, après deux ou trois minutes interminables perdues à patienter. Faisant fi de la bienséance et du savoir-vivre, l’homme prend donc la porte d’à côté et ne se préoccupe guère des réflexions qui lui sont adressées par cette dame se lavant les mains.
Il est des moments où un homme doit braver l’ennemi sans peur.
Son courage est récompensé d’une vessie soulagée - poésie bonjour - et le mâle victorieux, tout de même contrarié de cette infortune, retourne à l’extérieur où une nouvelle mauvaise surprise l’attend.


Pauvre William. Ce n’était vraiment pas sa journée.
Il y avait cru, pourtant ! Il s’était levé de bonne humeur, avait enfilé sa plus belle chemise pour retrouver sa fiancée à midi, pendant la pause déjeuner. Enfin, fiancée n’était pas le terme exact. Elle le serait après le repas, seulement, une fois qu’il lui aurait fait sa demande, un genou à terre, au milieu de la brasserie - ui ui - où il comptait l’emmener.
C’était un joli programme et une belle journée en prévision.
Sauf que bien entendu, rien ne s’était passé comme prévu.
La demande avait été faite, et au lieu de lui sauter au cou d’émotion, sa petite-amie lui avait ri au nez avant de partir en lui laissant la note.

C’est ce qui avait conduit le jeune homme là.
Il frôlait les trente ans, rêvait d’un beau mariage depuis des années, et désespérait de trouver une fille qui l’accepte pour ce qu’il était. Alors, après ce revers de fortune, il avait décidé que ce soir, il oublierait ses malheurs avec une belle jeune femme. Il mettrait à l’épreuve ses charmes, la conquérirait et l’emmènerait avec lui, lui ferait traverser discrètement le salon de sa mère, comme un adolescent vivant ses premières amours ; et ils partageraient une unique nuit de plaisir, pour s’oublier dès le lendemain.
Cette résolution faite, il prit la route pour le Brandon Inn Ship, ayant eu vent du festival qui y avait lieu ce jour. Le genre de célébrations où il trouverait sans mal une jeune femme prête à la débauche, n’est-ce pas.
Il arriva un peu tard, alors que le soleil avait déjà cédé sa place à la lune. Les tables étaient occupées, les gens semblaient tous accompagnés, et il se sentit subitement idiot d’être là, seul et sans ami à rejoindre. Il se risqua vers les tables, avec l’espoir fou d’y trouver un compagnon solitaire, lorsque ses yeux tombèrent sur une femme seule.
Il y vit une chance.

Pauvre William.
Il crut que la mise en avant du décolleté était un encouragement. Il crut que la bière délaissée était un oubli du client précédent. Il crut même, fol espoir, qu’il avait une chance. Elle se laissa offrir un verre ; il pensa qu’il la charmait. Elle l’écouta parler ; il s’imagina qu’il lui plaisait.
Il prit en assurance, peu à peu, se permit même un clin d’oeil de connivence, avant de s’ébourriffer davantage les cheveux d’un geste maladroit.
Et puis, elle reprit la parole.

Teddy ?
Intrigué, il suivit le regard noisette et aperçut un colosse - soyons francs, face à son mètre soixante-douze et son absence d’activité sportive, il vit tout de suite en Nioclàs une armoire à glace - s’approcher d’eux. Sourcils froncés, poings serrés, il avait l’air rien moins qu’amical, pour sûr.
I’m sorry... I didn’ mean... I... well …
- What the feck are you doing there ?1
A cet instant, William comprit.
Il comprit qu’il ne pouvait plus se laisser marcher sur les pieds.
Il comprit qu’il ne pouvait rester passif, face à cette brute venue l’attraper par le col.
Il comprit qu’il ne pouvait se laisser arracher à son siège sans protester, sans se défendre.
I beg your pardon, Sir. I didn’t see your name on the seat,2” protesta-t-il avec véhémence, son accent anglais s’exprimant avec arrogance et mépris.

Il n’en faut pas plus à Nioclàs pour décocher un coup à cet intrus, avant de l’envoyer balader à quelques mètres de là, furieux.
Le coup fut douloureux. Assez pour sonner quelques secondes William. Il tint à peine sur ses jambes lorsqu’il fut repoussé violemment vers la table d’à côté, et prit le temps de se remettre sans entendre le juron en gaélique craché par l’irlandais - son accent l’avait tout de suite trahi.
Il semblâ pourtant que ce coup ne fût pas suffisant à calmer le britannique.
Pouvait-il se laisser malmener de la sorte, comme un lycéen ?


‘tisn’t funny, Sweetie ! You-3
Le reproche se meurt dans la gorge de Nioclàs à l’instant où une masse lui saute sur le dos et essaye de l’étrangler.
Da fuq ?
Le gringalet a décidé de se montrer teigneux, apparemment.
Ses efforts ne le conduiront pas bien loin, pourtant. Une main aggripe son oreille, un coup d’épaule achève de le faire tomber - pas sur la table parce qu’il y a la sacro-sainte bière - et un coup de pied trouve son estomac sans mal.
Will you piss off, amadàn !?
Fuck you, bastard.4
Ne pas se laisser faire.

L’erreur qu’il n’a pas faite, malheureux !
Quelques part, dans l’esprit de Nioclàs, une digue cède pour laisser la colère se déverser sans mal, et il lève déjà le genou pour asséner un nouveau coup, lorsque Séraphine s’interpose. Heureusement pour William, d’ailleurs, car l’irlandais s’interrompt aux paroles de la jeune femme, avant de jeter un regard mauvais à l’inconnu qui, de peur, s’était recroquevillé sur lui-même. Ah, pas de doute, un Sassenach pure souche.
Contrarié, frustré, Nioclàs se détourne cependant de cette demi-portion et se rassoie à sa place, à l’affût de toute nouvelle provocation.
You’re a fuckin’ coward.5

Hm.
Celui-là ne tient vraiment pas à la vie.
______________________
1Je suis désolé... Je ne voulais pas... Je... enfin …
- Qu'est-ce que tu fiche là ?
2Pardonnez-moi, Monsieur.Je n'ai pas vu votre nom sur le siège.2
3A quoi tu joues, Tendresse ?! Tu-
4Tu vas dégager, crétin !?
Va te faire foutre, connard.
5T'es un putain de lâche.
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MessageSujet: Re: Love under the moonlight | Nioclàs & Séraphine (hot)   Mer 19 Juin - 18:07

Rien ne tourne vraiment comme la jeune fille avait pu l’anticiper.
Habituellement, face à la largeur d’épaule de son Irlandais, les jeunes hommes tombés entre ses griffes ne restaient pas bien longtemps dans les environs. Ils marmonnaient, fusillaient l’Écossaise du regard en comprenant qu’elle les avait berné par sa passivité. Mais il était rare qu’ils décident de tenir tête au contraire. Séraphine observe l’anglais se décomposer face à l’ours mécontent qui s’approche, mais n’ajoute rien. Elle laisse le mâle s’imposer et se débarrasser de l’intrus.
Tout serait comme on pouvait s’y attendre : Nioclàs lèverait le ton, laisserait l’excès de testostérone s’exprimer, et elle capterait tous les phéromones alors émis. Le malheureux serait écarté et les deux jeunes gens pourraient se laisser aller à la bière fraîche et à leurs désirs les plus inavouables.
Mais non. D’un coup, monsieur le Sassenach décide qu’il ne se laissera pas faire ; comme s’il était en position de force et pouvait jouer à cela face à l’Irlandais. Un haussement de sourcils marque le visage d’albâtre, sans qu’un mot ne passe les lèvres carmines, et elle assiste au premier coup sans intervenir. A peine guette-t-elle autour d’eux pour qu’aucun problème ne se déclare, qu’aucun vigile ne s’en mêle. Elle voit bien les quadragénaires aperçus plus tôt et leurs airs réprobateurs, mais fait comme si elle n’avait rien vu. Qu’importe.
Un sourire un peu amusé sur les lèvres, elle échange un regard avec Nioclàs, qui lui fait la morale comme à une enfant. Roh, il n’était pas drôle. N’y gagnaient-ils pas? Lui avait une bière fraîche gratuite, elle avait pu s’occuper le temps de son absence. Ce n’était pas comme si cet avorton était en mesure de leur causer des ennuis...
… Si?
Elle aperçoit le garçon bondir sur le dos de l’ours, et ses lèvres s’ourlent en un sourire un peu plus amusé. Huhu. Il y croyait, le pauvre garçon. Tout ça pour accéder aux charmes d’une jolie fille... Tss.
Pof, il est renversé et mis par terre. Il est rappelé à l’ordre. Et à peine a-t-il rouvert les lèvres que le sourire disparaît de celles de la jeune fille, ainsi que les couleurs de son visage. Elle se lève aussi sec et n’a que le temps de s’interposer avant que Nioclàs ne recommence à frapper.
Ne jamais jurer quand il est déjà en colère.

Les bras devant elle, ses mains rencontre le buste du mâle, alors qu’elle se place entre lui et sa victime, de justesse.
« He’s had enough.1 » souffle-t-elle. « He did nae mean it.2 »
Les yeux noisette guettent la lueur bleue, l’étincelle qui lui indiquera l’abandon de la manche. Enfin se détourne-t-il alors, et la jeune fille laisse s’échapper un soupir de soulagement. Une bière fraîche et des mains baladeuses, voilà le remède dont l’irlandais aurait besoin pour cesser de grogner.
Sauf que non.
Une fois encore, elle anticipe mal ; l’anglais venu tenter d’approcher la rose empoisonné a l’air d’être un tenace et il poursuit la provocation.
Sauf que cette fois, ce n’est pas vraiment Nioclàs qui viendra lui faire comprendre qu’on doit causer correct et les laisser tranquille. Saisissant la pinte abandonnée tantôt, réchauffée par le soleil, la jeune fille s’avance et, sans hésiter une seconde, la renverse sur l’homme toujours à moitié à terre. Elle pose ensuite la choppe, sourde aux protestations, et s’empare de celle de cidre, à la même température.
« I will nae accept you being that rude with my man. Shut the feck up and get aeff. 3» siffle-t-elle, menaçant sans détour le malencontreux William. Quel dilemme pour ce dernier ! Devait-il continuer de s’affirmer face à ce couple de celtes passionnés, ou devait-il rester un gentleman et refuser d’affronter cette donzelle qui, après la passivité, préférait se dresser entre ces deux hommes pour les empêcher de se battre comme des chiffonniers?
Il faut dire qu’il comprend mieux, maintenant, pourquoi l’homme s’est énervé face à lui. On s’est joué de lui. Alors le voici qui abandonne, humilié, et se redresse pour s’éloigner.

Bien.
Maintenant, la jeune fille devait s’occuper de calmer son ours brun, pour le transformer en ours en peluche. Elle oublie l’idée précédente de s’installer face à lui et vient se glisser à ses côtés, se faisant une place sous un de ses bras pour le cajôler.
Au moins, il ne pouvait pas se plaindre de pouvoir tremper ses lèvres dans une bière fraîche pour se calmer. Tout n’était pas tout noir. Et puis, émoustillée par toute cette démonstration de virilité, il ne pouvait qu’être heureux d’avoir une Séraphine toute slutty contre lui. Même si, pour le moment, il était plus occupé à grogner qu’à la peloter.
Elle, par contre, ne se gêne pas ; un bras se cale contre la taille masculine, la tête trouve sa place contre son épaule, la seconde main se pose sur le torse, glisse, vient  se perdre le long de la chemise, défait le premier bouton qu’elle rencontre, se faufile sous le tissu en effleurant la ceinture, joue avec le moelleux...
Bref, elle s’occupe. Elle l’abandonne même un instant, partant justement se soulager à son tour, le sachant beaucoup trop ronchon pour qu’aucune femme ne se risque à l’approcher. Elle revient peu après, et se réinstalle près de lui, sac à main sur les genoux. Elle retrouve sa place, ses occupations, à cela près qu’aucun bras ne vient plus s’enrouler autour de lui.
Les grognements s’espacent, lentement. La jeune fille sent l’homme se détendre et décide à cet instant de poser ses lèvres contre la ligne de mâchoire. Elle l’effleure à peine, au point que le rouge à lèvres ne se dépose que très peu contre la chair. Elle remonte, se presse contre lui, ferme les yeux une seconde avant de laisser sa voix, sussurée, caresser l’oreille de l’ours, alors qu’elle s’empare d’une des mains qu’elle espère assez souple pour lui permettre de l’amener sur le sac cité plus tôt.
A-t-il remarqué qu’il était entrouvert? Sent-il le tissu, à l’intérieur, dont la texture ne peut le tromper?  
« There is a dare ye’re supposed tae honor, remember?4 » questionne-t-elle sans attendre de réponse particulière, du moins sans attendre à ce qu’il utilise ses cordes vocales pour lui faire savoir ses intentions.
Alors, Nounours?
Cap ou pas cap?


_____________

1Il a eu son compte.
2Il ne voulait pas dire ça.
3Je ne tolèrerai pas que tu sois si grossier envers mon homme. Ferme ta gueule et dégage. (aeff = off, avec l'accent xD)
4Tu as un défi à honorer, tu te souviens?
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MessageSujet: Re: Love under the moonlight | Nioclàs & Séraphine (hot)   Mer 19 Juin - 20:29

Nulle arme n’est aussi efficace que la grossièreté contre Nioclàs. Vous êtes sûr à tous les coups de le mettre hors de ses gonds. Et heureusement que Séraphine a pris les devants, sans quoi il se serait relevé de son siège et aurait achevé de mettre en morceau ce crétin.
Il reste sagement assis, pourtant, et observe la manœuvre de Séraphine. Moins énervé, sans doute eût-il ri. Là, il se contente de surveiller d’un œil froid que la demi-portion ne retourne pas sa frustration contre la jeune femme ; après tout, c’est l’apanage des hommes faibles que de se défouler sur plus faible que soi. Et s’il est une chose que Nioclàs n’acceptera plus, c’est qu’on lève le moindre petit doigt contre Séraphine.
Il semble qu’une seule bière renversée suffise à calmer l’anglais, et pendant que ce-dernier déguerpit en vitesse, Nioclàs avale une gorgée de la boisson servie à ses frais, grommelant entre ses dents en gaélique, oscillant entre râleries inutiles et insultes inintelligibles.
Il aurait pu prendre la chose avec humour, féliciter Séraphine pour sa malice et ses mauvais tours ; mais il a fallu qu’il se mette en colère, et que ça dégénère face à la mauvaise volonté de l’intrus.
Maintenant, l’irlandais n’est plus que mauvaise humeur et grognements, se terrant dans le silence le plus absolu, en apparence indifférent à l’attitude de la petite chose qui se cale contre lui. En apparence, seulement, car la bière fraîche lui rappelle que tout ceci n’a pas été un sacrifice vain - musique héroïque en fond - et que la jeune femme a agi pour une bonne cause.
Qui plus est, il est difficile à Nioclàs de rester insensible aux cajoleries dont il est l’objet. Lentement, il laisse toute cette douceur faire fondre son humeur d’ours, s’abandonne aux attentions mielleuses dont elle le couvre, bien qu’il n’y réponde pas pour l’instant. C’est tout de même elle qui l’a mis dans le pétrin, alors il peut bien profiter cinq minutes de ces câlineries avant de se laisser entraîner là où elle essaye de le faire venir.

Il ne se doute pas un instant des intentions qui habitent la jeune femme lorsqu’elle l’abandonne quelques minutes. Il la suit du regard une seconde, accroche le balancier de ses hanches avec un sourire en coin, et se perd de nouveau dans la bière, encore plus ronchon maintenant qu’elle l’a délaissé.
Elle ne se fait néanmoins pas attendre, et au retour de sa promise, l’irlandais se fait moins désagréable, cesse de répondre d’un grognement à chaque contact, et fini par oublier partiellement sa colère précédente. Il n’a donc aucun geste de recul lorsqu’elle se serre contre lui, ne proteste pas au contact des lèvres, et ne résiste pas lorsqu’elle se saisit de sa main pour la guider vers son sac. Alors, ses sourcils ne se froncent que d’incompréhension en rencontrant un morceau de tissu, mal assuré de ne pas confondre réalité et fantasmes.
Mais n’est-ce pas là le genre d’invitations silencieuses auxquels Séraphine fait fréquemment appel ?
Il porte un regard mi-interrogateur, mi-suppliant, empli de l’espoir qu’il s’agisse bien de ce qu’il pense identifier.
« There is a dare ye’re supposed tae honor, remember?1 »
L’effet est immédiat : les oreilles de l’irlandais tournent au cramoisi, et il l’embrasse sans la moindre douceur, avec une passion nerveuse caractéristique de celui qui puise son énergie dans l’énervement.
Un défi à honorer ?
Il est vrai qu’il lui a soufflé cette promesse au creux de l’oreille, un peu plus tôt ; et que ses désirs n’ont pas changé depuis. Il gratifie la jeune femme d’un sourire prédateur, manifestement décidé à répondre aux avances explicites dont il est l’objet, mais il n’a pas l’air décidé à changer de lieu tout de suite, comme l’indiques ses lèvres venant de nouveau chercher la chair de la jeune femme, ou sa main qui, loin d’être prude, s’aventure vers l’intérieur d’une cuisse avec une assurance que seule l’habitude de Séraphine peut devancer.
Penaud, il croise les yeux noisettes dès qu’il sent les doigts de la jeune femme retenir les siens, pesant sa détermination, et comprend bien vite qu’elle n’est pas disposée à se laisser approcher de la sorte au vu et au su de tous. Il tente de l’amadouer par ses baisers, se perd dans son cou alors que sa main essaye de remonter encore ; mais la résistance de Tendresse ne fléchit pas.

Ceci suffira à convaincre le mâle qu’il est temps pour eux de quitter les festivités, même s’ils n’en ont que peu profité. Il pousse un soupir résigné, laisse sur la table le règlement du repas et des boissons - sauf la dernière bière -, abandonne encore sa boisson à moitié pleine, et prend une direction différente de précédemment.
Plus question de profiter de la rivière et du coucher de soleil ; désormais, il veut du calme et de l’intimité. Enfin, pour le second point, on repassera. Il n’y a que des étendues d’herbe à perte de vue, et il va être difficile pour eux de trouver un recoin où se dissimuler.
Enfin, ce problème ne le serait que si ces deux-là avaient une notion un tant soit peu développée de pudeur...
Ce soir, la nuit sera leur seule protection et la lune l’unique guetteur.
A peine un buisson les dissimule-t-il ; arbitrairement, cédant à l’impatience, il s’arrête lorsqu’il se sent suffisamment éloigné de la population et entraîne Séraphine dans l’herbe dans des gestes qui n’accepteront plus la moindre contradiction.
L’homme n’est plus d’humeur à essuyer des refus.

Il ne tombe pas dans la précipitation, mais il ne s’abandonne pas à la langueur.
Les lèvres se lient résolument cette fois, avec un empressement qui ne laisse aucune illusion quant à la suite de la soirée. La chevelure d’ébène retrouve l’herbe, et la patte de l’ours retrouve la route précédemment tracée sans une hésitation, répondant au besoin qu’a l’homme d’assouvir ses désirs au plus tôt, las de l’attente qu’ils se sont imposés.
Un sourire s’épanouit sur sa face quand il a confirmation qu’il s’agissait du sous-vêtement de la jeune femme auquel il a touché dans le sac à main, et ça n’encourage qu’encore plus son humeur libidineuse.
Dare, se retient-il de souffler en réponse aux premiers couinements.
Il ne s’attarde pourtant pas ; ni en geste, ni en réponse, soucieux de répondre au plus vite à l’invitation qui lui a été faite. La boucle de la ceinture est dénouée, la jupe est remontée ; la brutalité s’installe par les coups de reins, l’amour s’exprime dans les heurts et la sauvagerie.
L’homme en revient à son animalité primaire, ramène sa partenaire aux seuls plaisirs de la chair dans une impétuosité imposante.
Ma femme, scandent les hanches scellées, alors que l’homme s’évertue à arracher le son de la voix de Séraphine.
Pourtant, ça ne les empêchera pas de s’accorder pleinement, insouciants des conséquences, insouciants du monde qui les entoure, indifférents à la veille et au lendemain. Les voix se répondent parfois, l’espace d’un mot ; les regards se captent, découvrent une intensité des sentiments partagés ; les sourires se croisent avec émotion ; et c’est dans un ballet orchestré sur la mélodie de leur amour qu’ils se lient corps et âmes.

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MessageSujet: Re: Love under the moonlight | Nioclàs & Séraphine (hot)   Mer 19 Juin - 22:26

Ca l’avait toujours faite craquer. Voir les petites oreilles d’ours changer de couleur, à des degrés souvent divers, jusqu’à atteindre la nuance cramoisie. Une réaction physique qu’elle avait toujours trouvée adorable, craquante. Autrement plus que d’autres réactions bien moins glamour - mais bien plus nécessaire. Et c’est ce genre de petites choses, habituelles et pourtant imprévisibles, qui permettent à l’attendrissement de rester intarrissable.
Les lèvres se nouent pourtant sans qu’une seule note discordante de douceur n’y trouve sa place ; elle ressent l’évacuation d’une colère frustrée, d’un besoin de se soulager d’une autre façon que celle qui avait manqué de l’emporter précédemment. Ce n’est pas pour autant qu’elle s’offusque de son attitude, loin s’en faut. Elle lui rend douceur pour chaque morceau de colère, affection pour toute démonstration de sa nervosité. Elle tente de demeurer calme quand tout n’est qu’énervement et que la passion tente de se frayer un chemin.
Si aucun des deux ne garde la tête froide, elle basculera sur la table sans autre forme de cérémonie ni considération pour quelque forme de pudeur.
Et le comportement du mâle n’est pas pour lui donner tort : le sourire ne la trompe pas, et voici les lèvres puis la main indécente lui donnent raison. Elle ne se laisse toutefois pas faire. Une première fois, elle repousse l’araignée indélicate ; les regards se jaugent, il tente de l’amadouer. Une seconde fois, la voici qui écarte la bête, avec moins de douceur, mais plus de lubricité dans le regard.
Time for us to leave.
Elle le laisse payer leurs consommations, gratifie la tablée de quinquagénaires d’un sourire plein de malice, s’empare de la large patte pour suivre la direction qu’il impose. La verdure ne lui semble que rarement aussi enviable, riche de promesses libidineuses et de caresses impétueuses. Des promesses que l’homme tiendra si l’herbe ne le fait pas ; déjà la précipite-t-il derrière ce buisson, et c’est avec un petit ricanement, un léger gloussement impatient peut-être, qu’elle cède volontiers aux envies brutales qui lui sont imposées.

De regards échangés en lèvres liées, c’est avec passion qu’ils se transportent l’un et l’autre, qu’ils se désirent et s’apprivoisent, qu’ils se trouvent et se retrouvent. Une voix s’élève, seule d’abord, dans une tentative de discrétion toute relative. Comment résister à la présence qui l’émeut au plus profond de son être, comment ne pas vouloir lui faire entendre l’amour qu’il éveille en elle?
Mais elle ne reste pas seule très longtemps, et c’est de concert que les voix s’emmêlent. Ils s’aiment dans un acte pur et sincère, brutal et primaire, se soulagent, se joignent, se rejoignent ; elle subit sa possessivité, il suit les exigences du corps d’une femme, elle s’abandonne à sa volonté et il l’amène en récompense jusqu’au sommet de l’allégresse. D’un ultime mouvement des reins, elle voit le fruit défendu tomber de l’Arbre de Vie et éclater sur leurs corps unis, les aspergeant de l’amour qu’ils partagent.

L’écrin rouge souligne toujours la poitrine de la jeune fille, étonnamment. La chair de son buste est pourtant largement visible, le chemisier défait. Il faut dire que ce n’est que partie remise : chemise ouverte, épaules marquées, le jeune homme a eu son lot d’aventures pendant cette étreinte.
C’est sans régularité que la poitrine rebondit se soulève, Séraphine tentant de retrouver son souffle. Ses yeux, incapable d’observer le plafond d’étoiles, préfèrent rester fermés ; sa main cherche tout de même à se lier à celle de l’Irlandais, dans un silence éloquant quant aux sentiments qui l’animent.
L’animalité de leur union avec ce côté amour brut, pur, sans fioriture, sans se soucier des conventions sociales, est un aspect de leur relation qui lui plait. Loin d’eux l’idée selon laquelle la douceur et la tendresse doivent être maîtres. Les instincts premiers reprennent leurs droits, et c’est une des nombreuses façons qui leur permettent de céder au désir de l’autre. Non pas que la délicatesse soit incapable de s’inviter lorsqu’il est temps pour eux de se retrouver, mais avouons que ce n’est pas la manière privilégiée qu’ils ont de s’aimer.
« I love ye. » s’échappe la déclaration d’entre ses lèvres ; des sentiments livrés nus, comme ses lèvres, comme leurs corps auraient du l’être, se dit-elle. Ses yeux s’ouvrent, chargés d’émotions inchangées depuis les premiers jours ; inchangées dans leur transport, mais infiniment mûries et renforcées par les années. Elle lui offre un de ses plus beaux sourires et vient trouver le confort de ses bras, non pas pour chercher sa douceur, mais son odeur, sa chaleur... Et tant d’autres choses.
Du bout des ongles, elle retrace un parcours imaginaire sur la chair, s’amuse des poils collés par la sueur contre la peau, mais aucun doute quant à ses intentions ; il peut sans doute le deviner, après ces années de vie commune, la vérité derrière ces gestes tendres.
Elle n’en a jamais assez.
Et elle n’a bientôt plus la patience d’attendre. Ils sont seuls, allongés dans l’herbe fraîche, loin de tous regards indiscrets, livrés à la seule beauté de la nuit, aussi pousse-t-elle sur une jambe pour venir sur lui, installant un genou de part et d’autre du grand homme. Le sourire mutin sur ses lèvres en dit plus long encore que le jeu de ses ongles, et c’est un long baiser langoureux qu’elle vient cueillir. Elle laisse son chemisier glisser le long de ses bras et l’envoie sur le côté, ses cheveux sombres restant seul manteau pour couvrir ses épaules. Un geste de la tête renvoie la chevelure derrière elle, un mouvement de ses hanches réclame sans équivoque. Elle pousse le tissu des muscles du garçon, détache ses lèvres des siennes et se laisse entraîner à nouveau dans une danse d’un autre genre que celle à laquelle ils s’étaient livrée au rythme de la musique du festival.
Qu’importe qu’il s’accorde à son humeur ou qu’il exprime sa volonté. Elle s’y conforme avec une adaptabilité étonnante, le forçant toutefois à garder ses doigts liés aux siens. Jusqu’au bout, où ses ongles finiront même par tenter de lascérer la peau de sa main.

La chemise qui couvre ses épaules n’est pas la sienne. La fraîcheur de la nuit, venue de la mer du Nord, vient caresser sa peau sous l’étoffe claire, mais elle ne se plaint pas, petite chose enveloppée dans un vêtement trop grand. Rêveuse, elle a abandonné l’homme à sa somnolence, avec l’intention de le laisser dormir un peu, avant de l’éveiller pour qu’ils puissent rentrer. Mais les mains qui accrochent son corps frêle lui prouve qu’il a lutté contre la nature masculine, qui, selon les dires populaires, aurait du le faire sombrer.
Et elle sait comme, dans son cas, cela peut souvent se révéler vrai.
« I dinnae want anything to change. Ever.1 » souffle-t-elle, telle l’enfant capricieuse qui a peur du changement. Bien sûr, elle ne parle à aucun moment de leur situation professionnelle qui, elle l’espère, ne verra qu’une évolution positive se profiler. Elle s’exprime plutôt sur leur relation, qui la touche comme au premier jour, qui lui semble aujourd’hui plus essentielle que jamais.
Aurait-elle été capable d’aller si loin sans lui?
Aurait-elle pu ne serait-ce que s’échapper de sa ville natale sans lui?
Sa main s’empare de la sienne, dans un excès de sentimentalisme comme elle en vivait assez rarement. Mais ce soir s’impose comme un jour où elle a envie de hurler son bonheur au monde.
Le bonheur d’être avec un homme qu’elle aimait de tout son coeur.

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MessageSujet: Re: Love under the moonlight | Nioclàs & Séraphine (hot)   Dim 23 Juin - 21:15

Les lèvres de l’homme rencontrent une épaule, une joue, dans un contraste détonnant particulièrement avec la brutalité précédente. Loin, l’ours sauvage ; il n’est plus qu’attendrissement et intérêt pervers, les mains suivent les lignes du corps de la femme, le regard s’appesentit sur le sous-vêtement qu’il n’a pas arraché, pris d’impatience qu’il était.
Voici pourtant qu’une main douce s’empare de sa patte, dans un geste anodin et néanmoins empli de sens. Le sourire euphorique qui flotte sur ses lèvres s’élargit à la déclaration de Séraphine, réponse tardive à celle qui lui a faite plus tôt. A son tour de taire ses sentiments dans un regard qui vaut toutes les déclarations.
La frustration n’est plus de mise, et bercé dans une aura de bonne humeur, l’irlandais reste à l’affût des faits et gestes de Séraphine, dans l’attente de la suite. Il ne se fait pas d’illusion ; lorsque la soirée se déroule aussi bien et que les premiers accords se réalisent sans fausse note, il est rare qu’ils restreignent leurs débordements libidineux. Il frémit au contact des ongles contre son torse, désireux de les sentir encore s’accrocher à sa chair sous la force de ses sentiments ; il déglutit alors que ses pupilles se dilatent, désireux de basculer de nouveau dans l’herbe fraîche pour faire résonner les sens dans une passion commune.
Il est devancé dans ses idées, cependant ; déjà, la jeune femme trouve une place de choix, à califourchon sur lui, et sa réclamation ne laisse pas l’homme indifférent, comblé de se savoir, malgré les années, toujours l’objet d’un désir impérissable.

Tout s’enchaîne avec une facilité coutumière ; les vêtements sont partiellement abandonnés, les caresses se font indécentes, les désirs deviennent incandescents. Le mâle quitte le confort de l’herbe pour se redresser, chercher pleinement le contact de son amante.
La main qui enserre la sienne ne semble pas le déranger. Il ne cherche pas à se dégager de cette prise, n’y trouve qu’un encouragement ; et de nouveau, ils basculent et s’abandonnent dans les bras de l’autre.
Faux-semblants et sens du paraître ne sont plus de mise, dès lors qu’ils s’unissent par leur seuls sentiments. Aucune hypocrisie dans les soupirs de plaisir, aucun mensonge dans la fièvre des corps. Et l’absence de tendresse qui caractérise alors leur étreinte n’est rien d’autre que la preuve de l’abandon volontaire à la passion qui les consument l’un pour l’autre, l’autre pour l’un, jamais rassasiée et en perpétuel renouvellement.
Peut-être montre-t-il plus de retenue, cette fois, répondant instinctivement à l’humeur apaisée de sa compagne et ne subissant plus les restes de sa colère. Les corps s’enlacent dans l’herbe frémissante de ce spectacle auquel elle n’est guère habituée ; et les astres nocturnes apportent leur protection, le ciel sombre sa bénédiction.


Le souffle irrégulier de l’homme s’apaise peu à peu, et l’idée l’effleure une seconde de se laisser aller à la somnolence qui le prend. Quoi de plus facile, après tout, bercé qu’il est par l’endorphine et réconforté par la présence de sa Tendresse. Yeux clos, il devine la jeune femme qui s’assoie à ses côtés, s’enroule dans sa chemise, et il ne peut se résoudre à la laisser seule face à la nuit.
Le jeune homme se redresse alors à son tour, luttant contre sa nature d’homme, et trouve une place derrière Séraphine qu’il entoure de ses bras, son nez se perdant une seconde dans le creux de son cou dans le seul but de capter ce parfum vanillé dont elle ne se défait jamais. Il se félicite intérieurement d’avoir proposé cette soirée ; malgré l’incident précédent, il est ravi d’être venu, de retrouver Séraphine dans un environnement festif et détendu.
Depuis combien de temps n’ont-ils pas profité ainsi l’un de l’autre ?
Leurs dernières vacances, sans doute ; ou leur dernier week-end amoureux.
Autant dire que cela remonte à loin, compte tenu des difficultés financières et d’emploi du temps auquel ils sont soumis ces dernières années.
Rien ne saurait perturber le bonheur de cet instant, en tout cas, et les doigts de Nioclàs pressent la main qui rencontre la sienne, en même temps que les paroles de la jeune femme le touchent aussi sûrement que la déclaration échappée plus tôt.
Que rien ne change.
Pas besoin d’explications pour qu’il y voit le sens dans lequel elle utilise cette phrase. Elle sonne tellement juste avec ses aspirations qu’il ne pourrait pas l’interpréter autrement, de toute façon.

Neither do I,1” répond-il sobrement, resserrant son étreinte. Pouvoir l’aimer, pendant des années encore ; partager avec elle les joies et les peines, surmonter les difficultés de la vie, se lever et découvrir son sourire ou son air grognon ; subir sa maladresse, profiter de sa tendresse...
Ah, ça ! S’il s’était douté, dix ans plus tôt, où cela le mènerait que de lui refuser un demi de cidre...
Aucun regret, pourtant. Au contraire, le bonheur dans lequel ils vivaient lui paraît presque insuffisant. Incomplet. Et c’est sans doute ceci qui le pousse, dans la foulée, à ajouter à voix basse : “I want you to be my wife.2

La déclaration est suivie d’un soupir résigné qu’il ne retient pas. Car, ne vous trompez pas, il ne fait pas une demande en mariage. Depuis le temps, il a compris que les projets d’avenir de Séraphine n’impliquent ni mariage - il faudrait passer par l’église pour ça - ni enfants - elle ne les porte pas dans son coeur. Sa remarque n’est jamais que l’expression d’un souhait qu’il croit irréalisable.
D’ailleurs, il se rend compte de son erreur, et embrasse Séraphine sur la nuque, laisse une patte de perdre vers le décolleté, désireuse de trouver le contact de cet écrin rouge, et d’éventuellement offrir une porte de sortie à la jeune femme. Elle n’aurait pas besoin de répondre, n’aurait qu’à se laisser entraîner, taire son opinion à ce sujet à travers des plaintes de plaisir ; esquiver la question en lui faisant savoir son amour malgré tout.
Cela vaudrait mieux pour elle comme pour lui, au final.
Pas de refus.
Pas de blessure.
Juste cette certitude, qui les enchaînent l’un à l’autre, de se savoir aimé avec autant de force qu’ils peuvent aimer. Le mariage ne serait qu’une officialisation, un acte d’union symbolique. Si Nioclàs y tient, il n’insistera cependant pas ce soir. L’instant est trop plaisant pour qu’il se risque à briser l’alchimie, et c’est ce qu’il s’évertue à faire comprendre à Séraphine par ses gestes tendres et ses baisers impatients.
Aime moi comme je t’aime.
Abandonne-toi à moi


Ensuite, ils pourront reprendre la route, rentrer chez eux et retrouver un semblant d’intimité ; et faire de nouveau subir aux voisins leurs sentiments débordants.

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1Moi non plus.
2Je veux que tu sois ma femme.
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MessageSujet: Re: Love under the moonlight | Nioclàs & Séraphine (hot)   Mar 25 Juin - 10:19

Le silence et la tranquillité dans lesquels ils baignent sont autant de témoins de l'affection qu'ils se portent l'un à l'autre. Aucun mot n'a besoin d'être échangé pour leur permettre de se retrouver ou de se comprendre. Certes, une parole se perd parfois, coule entre les lèvres et résonne dans le silence de la nuit ; pourtant, elle ne véhicule rien d'autre que l'expression de sentiments connus et affirmés d'une façon différente un peu plus tôt.
Le souhait que la jeune fille livre à la nuit est lourd de sens. Que rien ne change dans leur vie de couple implique un amour intarissable, un désir infiniment vivace, une complicité éternelle. Cela implique également que leur statut d'égal à égal, de jeunes gens livres et attachés à la fois reste inchangé – et cela comprenait bien sûr l'arrivée d'enfants et le délicat sujet du mariage.
Cela vous surprend-t-il ? Séraphine n'est pas de ces jeunes filles en fleur rêvant de robes blanches et de bouquets de roses. Son allergie notoire à tout ce qui touche au religieux y est bien sûr pour quelque chose, je ne vous le cache pas. Elle n'envisage pas une union simplement légale, et s'est très vite positionnée sur le sujet, chose qui est bien sûr connue de son compagnon.
Peut-être est-ce la raison pour laquelle la déclaration, tendre et spontanée, qu'il lui fait n'a pas l'effet qu'on pourrait escompter. Loin de sauter de joie, l'Écossaise se raidit, cherche rapidement une porte de sortie pour ne pas faire subir le poids du refus au jeune homme. Une telle demande a toujours un petit quelque chose d'officiel, et il est toujours délicat de décliner en affirmant toutefois des sentiments d'une force qu'aucune institution ne saurait rendre avec précision.
Le soupir résigné qu'il pousse ensuite lui échappe, occupée qu'elle est à tenter de cacher le soudain malaise dans les bras protecteurs qui l'entourent. Il faut dire que l'offre que l'Ours lui fait par ses baisers tendres et ses mains indécentes n'est qu'une façon comme une autre d'éviter le sujet.
Il sait comme il est sensible de parler de ce genre de choses avec elle.
Et elle lui est reconnaissante de lui permettre ainsi d'esquiver sans avoir à passer par la pénible étape du refus.

L'alchimie se fait une nouvelle fois, alors que les inépuisables jeunes gens, force de la jeunesse en poche, se laissent porter, lentement, vers l'expression de sentiments par un langage qui n'a rien de pudique. Il la fait sienne alors qu'elle se livre à lui, ils s'unissent sans s'unir, s'aiment sans se le dire.
Auraient-ils réellement besoin d'un acte symbolique pour sceller l'attachement qui, sans cesse, se rappelle à eux et leur permet d'avancer main dans la main sans se lasser ?
Main dans la main...
Comme dans l'étreinte où, malgré les liens déjà exprimés par le corps, les doigts s'entrelacent une fois encore, refusant de se lâcher.

Dans le silence de la nuit, il est difficile de se détacher pour retourner à une vie d'obligations et de frustrations. Dès le lendemain, tout reprendrait. Le travail, le temps partagé, les quelques mots échangés. Mais les messages qui circuleront d'un smartphone à l'autre seront autant de mots amoureux dissimulés derrière les provocations libidineuses, des échanges qui rappelleront au couple que l'attachement qu'ils éprouvent l'un pour l'autre est toujours aussi vivace, toujours aussi présent, et que c'est sans cesse renouvelé qu'il pourra perdurer.
Les chaussures toujours à la main, le chemisier mal reboutonné, les cheveux en bataille, l'Écossaise reprend le chemin de leur véhicule en silence. Une veste passe sur ses épaules, pour la protéger du froid qui commence à mordre sa chair autant que pour assurer sa sécurité pendant le trajet. Les longues jambes apparaissent à nouveau, sous la jupe relevée, pour mieux disparaître, engoncées qu'elles se retrouvent dans les cuissardes de motard. Le casque aplanit la chevelure et enfin la voici qui chevauche l'engin sans pudeur, accrochée qu'elle est à son compagnon pour retourner dans le petit nid qu'ils se sont construit.
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MessageSujet: Re: Love under the moonlight | Nioclàs & Séraphine (hot)   

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